... Et pour quelques dollars de plus - (Per qualche dollaro in più) - 1965 - Sergio Leone

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Vixare
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Messagepar Vixare » 24 sept. 2007 0:43

mortimer a écrit :mais l’affrontement cependant me paraît inéluctable (et ce malgré l’argent) car on sent bien que l’indien ne veut plus fuir (Luigi Pistilli lui rapporte d’ailleurs des paroles qu’il à tenu en ce sens lorsqu’il évoquait ces deux hommes qu’il vaudrait mieux avoir raide mort derrière eux plutôt que vivant en face d’eux). Pistilli agit ainsi car il pense que l’indien dont l’équilibre mental est très fortement perturbé à besoin de ce rappel à l’ordre, il est effrayé par l’impassibilité de Gian Maria Volonté. Mais ce dernier n’est pas égaré dans quelques sombres pensées de son esprit il à en fait décidé (argent ou pas d’en finir ici avec Mortimer). Pourquoi ? parce que le goût de la vengeance ne lui est pas inconnu (n’a-t-il pas dés le début du film montré combien il connaissait ce sentiment en tuant le directeur de la prison avec un sentiment de revanche qu’il ne peut s’empêcher de dissimuler). A-t-il flairé l’odeur de la vengeance sur Mortimer ? Possible. Ou bien est-il curieux ? Curieux de sa force sur l’autre ? L’indien aime les démonstrations de puissance (ne le dit-il pas au seul garde de la prison qu’il laisse en vie au début justement) ou curieux tout simplement de savoir quel secret Mortimer trimbale avec lui ?


Donc je pousuis dans ma tentative "d'illumination" de ma vision dans le film :lol: Si je récapitule, l'Indien libère ( volontairement ) le manchot et Mortimer et envoit ses hommes à leur recherche, non pas pour créer une diversion et ensuite pouvoir s'enfuir avec Nino et le butin mais pour dégraisser l'effectif tout en sachant qu'à la fin, le duel avec Mortimer est ineluctable.

Or : je viens de me refaire les dernières scènes, je cite :

Nino vient de libérer Mortimer et le Manchot, il va voir l'Indien
"Je sais que tu n'aime pas beaucoup les questions l'Indien mais pourquoi fais tu ça ?"
"Depuis quand sais-tu que le Manchot est un chasseur de prime ? [...] et cela s'applique à l'autre aussi. Et alors il m'est venu une idée ... utilisons-les, contre ses 2 là je crois qu'il sera difficile à un seul d'entre nous de sauver sa peau, mais cette question ne concerne ni toi, ni moi car toi et moi serons déjà loin, avec tous les dollars "
Pusi quand Groggy part avec les autres à la recherche du manchot et de Mortimer, Indio dit à Nino : " C'est réglé, prépare vite les cheveaux"

Les intentions de l'Indien m'ont l'air claires, non ? Il veut fuir avec Nino sans laisser de trace, et peu importe le sort de sa bande qu'il sait déjà enterrée seulement après l'avoir guider sur les traces d'Eastwood et Van Cleef, il espère simplement pouvoir disparaître sans laisser de trace. En outre, lorsque Nino passe le pas de la porte, blessé à mort par Groggy, l'Indien me semble très surpris, se voyant déjà partit et n'ayant pas vu venir la réflexion de Groggy. De plus, quand dans la cave où il se retrouve avec Groggy, le coffre vide, l'Indien me paraît assez désemparé du regard, il cherche et ne sait pas où donner de la tête lorsqu'il se rend compte de la situation ( quelques rires, puis grosse inquiétude, changement d'expression sur le visage ), pareil lorsqu'il attend Mortimer et Manchot au rez de chaussée, l'air abattu sur sa table, il ne me semble pas du tout s'être préparé au duel qu'il sait dès lors obligé ( et là il se concentre seulement ).
Je doute qu'il y ait quelque chose de plus réfléchit dans cette scène et je rejoins donc Sartana ( en attendant la réplique de Mortimer :lol: )
" Leboeuf j'te conseille de pas te trouver sur ma route ou tu t'rendras compte que j'suis pas encore fini et que j'ai encore une bonne dose de dynamite dans les poings !"

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Messagepar mortimer » 24 sept. 2007 11:00

Inisfree a écrit :
Là où je suis moins d'accord, c'est sur la difficulté à vaincre le « méchant ». « C'est du lourd ». Certes, mais chez Léone, je n'ai jamais véritablement crains pour le héros. Dans le film qui nous intéresse, Le manchot a des yeux derrière la tête, des oreilles de chat, il est partout en même temps et ne commet (presque) jamais d'erreurs. Lors du duel final, il occupe une position idéale et on sait qu'il ne peut pas perdre. Mortimer pourrait mourir, pas le manchot qui a fait, en quelque sorte, échec et mat Indio.


c'est vrai que le manchot occupe une position idéale et que l'on ne craint pas grand chose pour lui, tu as raison :wink:


Vixare a écrit :
Les intentions de l'Indien m'ont l'air claires, non ? [...]Je doute qu'il y ait quelque chose de plus réfléchit dans cette scène et je rejoins donc Sartana ( en attendant la réplique de Mortimer :lol: )


salut Vixare :lol: :wink:

Bon je suppose que tu as constaté qu’entre ce que dis l’indien et ce qu’il fait il y a au final une énorme différence…

(C’est d’ailleurs typique chez Leone, les personnages mentent ou déguisent sans cesse la vérité)

C’est pourquoi je n’accorde pas tant d’importance que cela aux paroles qu’il adresse aux autres lorsqu’il s’agit d’annoncer ses intentions (il est trop malin pour dévoiler son jeu, je te renvoi à l’attaque de la banque : dont pourtant Mortimer et la manchot pensaient avoir compris la façon de procéder de l’indien).

De plus je le vois mal annoncer aux autres qu’il souhaite leur mort ! il se contente donc de leur servir le boniment habituel en leur faisant croire qu’ils sont ses associés. Je te renvoi par exemple au sort qu’il à réservé au menuisier qui lui a donné l’indication du coffre (sans doute lui avait-il promis là encore une association)

S’il est surpris c’est effectivement parce que l’argent n’est plus là (cela il ne l’avait pas prévu) Pour autant avait-il prévu de fuir avec l’argent ? c’est possible en effet mais avec les deux autres derrière lui le problème reste inchangé. Je crois plutôt qu’il demande à Mario Brega de sceller les chevaux car en bon stratège il à prévu deux possibilité : fuir ou combattre pour en finir une fois pour toute. Mais il est alors rattrapé par les événements : Brega meurt, Luigi Pistilli se pointe et annonce qu’il sait tout, tandis que les deux malfrats découvrent que l’argent n’est plus là. L’énorme scène d’éclat de rire (qui succède à la stupeur d’avoir été trompé) me semble annoncer que de toute façon les deux hommes ne sont pas dupes l’un de l’autre, c’est bien à une nouvelle association de circonstance qu’il faudra avoir recours (pistilli jette alors dédaigneusement une arme à Gian Maria Volonté) et l’indien se dit qu’il avait bien raison de s’attendre à un ultime règlement de compte en cet endroit.

Luigi Pistilli qui lui n'a pas réfléchit à une telle situation donne des signes de panique, il interpelle l'indien dont l'étonnante passivité lui semble folle. Pourquoi l'indien ne regarde-t-il pas aux fenêtres ? parce qu'il connaît à fond les lieux (la meilleure preuve en est la sortie qu'il choisit de prendre en surprenant Mortimer). Pourquoi l'indien ne tente-t-il pas quelque chose ? parce qu'il à déjà réfléchi à cette situation (il l'avait bel et bien prévu, au passage Leone nous livre une belle métaphore : Gian Maria Volonté s'empare d'un insecte qu'il fait tourner en rond comme une bourrique, l'insecte est estropié il ne peut aller bien loin, et lorsque retentit à l'extérieur le dernier coup de feu, l'indien éjecte l'insecte de la table, à votre avis dans l'esprit de Gian Maria Volonté qui est l'insecte ? :wink: )

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Messagepar Sartana » 24 sept. 2007 12:00

mortimer a écrit :S’il est surpris c’est effectivement parce que l’argent n’est plus là (cela il ne l’avait pas prévu) Pour autant avait-il prévu de fuir avec l’argent ? c’est possible en effet mais avec les deux autres derrière lui le problème reste inchangé. Je crois plutôt qu’il demande à Mario Brega de sceller les chevaux car en bon stratège il à prévu deux possibilité : fuir ou combattre pour en finir une fois pour toute. Mais il est alors rattrapé par les événements : Brega meurt, Luigi Pistilli se pointe et annonce qu’il sait tout, tandis que les deux malfrats découvrent que l’argent n’est plus là. L’énorme scène d’éclat de rire (qui succède à la stupeur d’avoir été trompé) me semble annoncer que de toute façon les deux hommes ne sont pas dupes l’un de l’autre, c’est bien à une nouvelle association de circonstance qu’il faudra avoir recours (pistilli jette alors dédaigneusement une arme à Gian Maria Volonté) et l’indien se dit qu’il avait bien raison de s’attendre à un ultime règlement de compte en cet endroit.

Belle démonstration, mais qui me semble fumeuse : l'indien est un stratège, bon. Il est malin, oui. Mais de là à faire sceller les chevaux par Brega "juste au cas où", me parait indigne de l'indien (qui ne fait rien par hasard, comme tu l'as dit), et ne colle pas à la situation où il renvoit tous ses hommes à la poursuite des bounty hunter. Il fait cela afin d'avoir un certain temps pour disparaitre, une autre explication me parait tirée par les cheveux...

mortimer a écrit :Luigi Pistilli qui lui n'a pas réfléchit à une telle situation donne des signes de panique, il interpelle l'indien dont l'étonnante passivité lui semble folle. Pourquoi l'indien ne regarde-t-il pas aux fenêtres ? parce qu'il connaît à fond les lieux (la meilleure preuve en est la sortie qu'il choisit de prendre en surprenant Mortimer). Pourquoi l'indien ne tente-t-il pas quelque chose ? parce qu'il à déjà réfléchi à cette situation (il l'avait bel et bien prévu, au passage Leone nous livre une belle métaphore : Gian Maria Volonté s'empare d'un insecte qu'il fait tourner en rond comme une bourrique, l'insecte est estropié il ne peut aller bien loin, et lorsque retentit à l'extérieur le dernier coup de feu, l'indien éjecte l'insecte de la table, à votre avis dans l'esprit de Gian Maria Volonté qui est l'insecte ? :wink: )

Passivité car il a prévu le coup ou plutôt crise de nerf ?... cool Je pense que s'il réagit vite et se ressaisit, il est décontenancé, irrité de la disparition de l'or. Et s'il rit, c'est parce qu'il se moque de Pistilli qui n'a pas encore compris, et surtout parce qu'il aurait dû penser à l'éventualité de cette disparition. Et il perd pied...
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Messagepar mortimer » 24 sept. 2007 13:27

Sartana a écrit :

Belle démonstration, mais qui me semble fumeuse : l'indien est un stratège, bon. Il est malin, oui. Mais de là à faire sceller les chevaux par Brega "juste au cas où", me parait indigne de l'indien (qui ne fait rien par hasard, comme tu l'as dit), et ne colle pas à la situation où il renvoit tous ses hommes à la poursuite des bounty hunter. Il fait cela afin d'avoir un certain temps pour disparaitre, une autre explication me parait tirée par les cheveux...



Ce n’est pas une démonstration, je me contente simplement de donner mon sentiment sur ce passage :wink: , après c'est évident (et c’est tant mieux d’ailleurs) que chacun voit la scène suivant son propre regard. Là où j’ai du mal à te suivre c’est lorsque tu dis que cela ne colle pas. De même en quoi est-ce indigne pour l’indien de prévoir une porte de sortie ? Pourquoi l’indien qui a joué sur tous les tableaux tout au long du film n’aurait-il pas prévu deux plans ? Personnellement je retiens l’idée des échec mis en avant par Inisfree, et je considère que l’indien anticipe (par un mélange de malice et d’intuition) les coups de ses adversaires. Il se prépare une ouverture avec une fuite au cas où (si d’aventure les deux chasseurs de primes restaient sur le carreau) mais il n’y crois guère (sinon il s’y serait pris autrement, là il annonce cela à Mario Brega à la dernière minute et on sent bien que cela sonne faux). Il sait plutôt qu’un face à face aura lieu entre lui et l’un des chasseurs de prime. Entre les deux il pense que Mortimer qui visiblement le trouble davantage sera celui qu’il retrouvera à la fin. Que l’argent ne soit plus là ne fait que le renforcer dans l’idée que c’est bien ici qu’il faut en finir. Mais là où il rate son coup c’est qu’il se retrouve avec les deux chasseurs de primes sur les bras. Lorsque vient le manchot avec la deuxième montre alors là il perd pied (mais pas avant) car il comprend qu’il est effectivement échec et mat

Sartana a écrit :Passivité car il a prévu le coup ou plutôt crise de nerf ?... cool Je pense que s'il réagit vite et se ressaisit, il est décontenancé, irrité de la disparition de l'or. Et s'il rit, c'est parce qu'il se moque de Pistilli qui n'a pas encore compris, et surtout parce qu'il aurait dû penser à l'éventualité de cette disparition. Et il perd pied...


Des crises de nerfs silencieuses ? pourquoi pas, de toute façon je n’y connais rien en crise de nerf. Par contre ce que je sais de l’indien c’est qu’il à besoin d’un joint quand la tension devient trop grande pour lui…là visiblement il n’en est pas là. Fort de cet argument j’en déduis donc qu’à ce moment précis il ne perd pas pied… cool

Encore une fois il me semble que c’est Eastwood qui provoque véritablement le coup de théâtre, ruinant les plans de l'indien. Ironiquement le manchot n’est pas si manchot que cela ! et l’indien à eu bien tort de le sous-estimer. En sauvant Mortimer le manchot montre qu'il est capable d'être moins impulsif qu'il ne l'a été auparavant rendant ainsi une sorte d'hommage aux méthodes du vieux douglas Mortimer. L'indien lui paye le prix de ses trahisons à répétitions puisqu'il est seul alors que les autres ont finalement réussi à s'entendre.

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Messagepar Sartana » 24 sept. 2007 13:49

mortimer a écrit : Là où j’ai du mal à te suivre c’est lorsque tu dis que cela ne colle pas. De même en quoi est-ce indigne pour l’indien de prévoir une porte de sortie ? Pourquoi l’indien qui a joué sur tous les tableaux tout au long du film n’aurait-il pas prévu deux plans ? Personnellement je retiens l’idée des échec mis en avant par Inisfree, et je considère que l’indien anticipe (par un mélange de malice et d’intuition) les coups de ses adversaires. Il se prépare une ouverture avec une fuite au cas où (si d’aventure les deux chasseurs de primes restaient sur le carreau) mais il n’y crois guère (sinon il s’y serait pris autrement, là il annonce cela à Mario Brega à la dernière minute et on sent bien que cela sonne faux). Il sait plutôt qu’un face à face aura lieu entre lui et l’un des chasseurs de prime. Entre les deux il pense que Mortimer qui visiblement le trouble davantage sera celui qu’il retrouvera à la fin. Que l’argent ne soit plus là ne fait que le renforcer dans l’idée que c’est bien ici qu’il faut en finir. Mais là où il rate son coup c’est qu’il se retrouve avec les deux chasseurs de primes sur les bras. Lorsque vient le manchot avec la deuxième montre alors là il perd pied (mais pas avant) car il comprend qu’il est effectivement échec et mat

C'est ton point de vue, tu l'exprimes très bien de même qu'Inisfree, mais je persiste et je signe que la fuite de l'indien n'est pas un plan de secours et qu'il a l'intention de s'enfuir avec l'or. Pourquoi ? Si ce n'est pas pour fuir avec l'or, alors pourquoi se rendre avec Nino dans la cachette du trésor ? Pourquoi faire évader les chasseurs de primes, si ce n'est pour occuper ses gars et faire ce qu'il a dans la tête à ce moment : fuir en profitant de la confusion...

Mortimer a écrit :Des crises de nerfs silencieuses ? pourquoi pas, de toute façon je n’y connais rien en crise de nerf. Par contre ce que je sais de l’indien c’est qu’il à besoin d’un joint quand la tension devient trop grande pour lui…là visiblement il n’en est pas là. Fort de cet argument j’en déduis donc qu’à ce moment précis il ne perd pas pied… cool
Moi non plus, mais je crois que les crises de nerf peuvent être hystériques ou hilares. L'indien se fume un joint quand la tension est forte oui, mais ne prend-il pas un joint alors qu'il est seul avec sa bande, couché et que Nino le couvre avec une couverture ? A ce moment précis, rien en vient le justifier. Dépendance ?...

Mortimer a écrit :Encore une fois il me semble que c’est Eastwood qui provoque véritablement le coup de théâtre, ruinant les plans de l'indien. Ironiquement le manchot n’est pas si manchot que cela ! et l’indien à eu bien tort de le sous-estimer. En sauvant Mortimer le manchot montre qu'il est capable d'être moins impulsif qu'il ne l'a été auparavant rendant ainsi une sorte d'hommage aux méthodes du vieux douglas Mortimer. L'indien lui paye le prix de ses trahisons à répétitions puisqu'il est seul alors que les autres ont finalement réussi à s'entendre.
Là-dessus on est d'accord ;)
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Messagepar tepepa » 24 sept. 2007 13:59

Pour moi, le plan de l'Indien est de fuir. Il envoie ses hommes au casse pipe pour pouvoir fuir, et seule la disparition de l'or met tous ses plans à l'eau.

Dans un même temps, je reste persuadé que l'Indien sait inconsciemment que l'ultime face à face est inéluctable. Comme tous les personnages de Sergio Leone, il a ce sens inné de son propre destin, il sait qu'il fait partie d'un "ballet de mort" dont il ne sortira pas vivant. C'est le coté "tragédie" du western spaghetti où tout est écrit à l'avance. Aussi l'indien échafaude t il des plans pour y échapper tout en sachant inconsciemment qu'il n'y échappera pas. Quand l'or disparaît, il rit nerveusement parce qu'il comprend qu'il n'a plus de recours et que le moment est venu.
Puis, il fait face à son destin avec calme et détermination.

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Messagepar mortimer » 24 sept. 2007 14:41

Sartana a écrit :mais ne prend-il pas un joint alors qu'il est seul avec sa bande, couché et que Nino le couvre avec une couverture ? A ce moment précis, rien en vient le justifier. Dépendance ?...



qu'est-ce qui me prouve que c'est un joint :mrgreen:

non je déconne Sartana :lol: :wink:

et ben pas de doute on l'aura disséqué cette scène finale !


je me demande si Leone et ses scénaristes ont autant bossés que nous là-dessus :P

sinon pour lancer le débat dans une autre direction, que pensez-vous des seconds rôles dans ce film ? Ils sont toujours très riches chez Leone, mais là on à droit à une série de personnages dignes de la comédie humaine. Du petit vieux de la gare aux hommes de main de l'indien en passant par les gérants de l'hôtel sans oublier les enfants, le shérif, le banquier d'el Paso etc... Leone sait vraiment rendre savoureux chaque passage de ses films :applaudis_6:

et quel humour aussi ! c'est d'ailleurs étrange que l'humour chez Leone ne soit pas si souvent commenté par les spécialistes du western spaghetti qui mettent davantage en avant le côté opéra de violence alors que le second degré est quand même omni présent chez Leone :idea:

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Messagepar Sartana » 24 sept. 2007 14:59

mortimer a écrit :sinon pour lancer le débat dans une autre direction, que pensez-vous des seconds rôles dans ce film ? Ils sont toujours très riches chez Leone, mais là on à droit à une série de personnages dignes de la comédie humaine. Du petit vieux de la gare aux hommes de main de l'indien en passant par les gérants de l'hôtel sans oublier les enfants, le shérif, le banquier d'el Paso etc... Leone sait vraiment rendre savoureux chaque passage de ses films :applaudis_6:

Je te renvois à ce que j'ai dit à la page 2 de ce sujet : "En tout état de cause, EPQDDP est un western sinon psychologique, au moins très travaillé au niveau des attitudes compte-tenu de ce qui se faisait à l'époque. Tous les personnages, mêmes ceux que l'on ne croise qu'une fois (voir le "Senior Martinez" ou le télégraphiste) ont une particularité, un détail qui les rend tout de suite humains, sympathiques ou au contraire hostiles. Ce sont sur les plans des hommes de l'Indien dans l'église, qui portent tous une arme ou presque, ou le tenancier de l'hôtel nain, ou la pulpeuse autre tenancière de l'hôtel ou encore le barman au front dégarni : j'adore !! "
Comme tu vois, j'apprécie beaucoup cela aussi :D

mortimer a écrit :et quel humour aussi ! c'est d'ailleurs étrange que l'humour chez Leone ne soit pas si souvent commenté par les spécialistes du western spaghetti qui mettent davantage en avant le côté opéra de violence alors que le second degré est quand même omni présent chez Leone :idea:

L'humour y est évoqué comme étant noir, cynique parfois, mais le vrai comique est là aussi, plus en finesse que dans les Trinita, par exemple cool
La scène de l'arrivée à l'hôtel de Manchot, la scène du train de Mortimer, bizarrement, seul l'indien n'a pas de scène comique, accentuant son côté isolé, violent et froid... Malin tout de même ! ;)
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Messagepar musselshell » 24 sept. 2007 17:55

Puisque vous parlez de l'humour leonien trop peu évoqué, je me glisse ds votre débat pour vous dire, messieurs, qu'en ce qui me concerne, la trilogie du dollar...est avant tout caractérisée, justement, par l'humour...et ceci en dépit des scènes où il ne s'exerce évidemment pas (deux, pour l'essentiel, dans EPQDDP: les flashback sur le meutre et le viol, la vengeance de l'Indio...)cherchez bien ailleurs, noir ou hommage quasi attendri au petit monde des sans grade à l'abri de l'héroisme, il est quasi constant...
J'ai revu le film hier, et je riais (ou souriais bêtement) les trois quarts du temps...Le tragique, l'inéluctable, qui signeront le fond de l'oeuvre à partir de 68, sont bien sûr de la partie...mais comme dédramatisés, allégés par le traitement qui joue en permanence avec le second degré et la caricature amusée d'archétypes...jusqu'en les seconds rôles (le voyageur, les employés du chemin de fer, la tenancière allumée et l'hôtelier nabot, les "old timers" , etc..) un truc que Leone reconnaissait dans le meilleur Ford, et une forme d'hommage.

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Messagepar Jean-Louis » 24 sept. 2007 17:58

Pour Mortimer le personnage central du film est sans conteste le Colonel Mortimer, Inisfree lui nous dit clairement que c'est Le Manchot le héros :

Regardez en Italie la communication repose sans ambiguïtés sur Clint Eastwood, vous me direz que c'est normal il bénéficie de la notoriété acquise avec Pour une poignée de dollars.

Image

Alors qu'en Espagne ils ont clairement joué Mortimer, bien sûr pas Lee Van Cleef (encore inconnu au bataillon) mais la vengeance du Colonel Douglas Mortimer.

Image

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Messagepar tepepa » 24 sept. 2007 18:14

L'humour est bien là mais il est purement anecdotique et ne sert qu'à détendre l'atmosphère. Il n'y a peu de traits d'humour pur, lorsqu'une scène est drôle, elle sert souvent un autre but: quand el Señor Martinez se fait vider, on constate la toute puissance du manchot, quand le Colonel fait sauter le chapeau du manchot, on constate sa supériorité technique sur celui-ci, quand le manchot dit "le compte n'y était pas" on confirme sa quasi-absence d'humanité.
On est encore loin des fantaisies comme Un pistolet pour Ringo ou Arizona Colt dont l'humour omniprésent est le but même du film.

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Messagepar Sartana » 24 sept. 2007 18:16

Les français ont eux aussi misé sur Eastwood sur leurs affiches, de même que les américains...

L'humour est beaucoup plus présent dans Le bon la brute et le truand (BBT), EPQDDP est moins Comedia Dell'Arte, et plus distancié, moqueur, sans trop s'axer sur l'exagération, qui pointe déjà le bout de son nez dans BBT...
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Messagepar mortimer » 24 sept. 2007 18:24

l'humour est quand même bien présent moi je trouve ! regardez la scène du bossu avec Kinski dans la taverne, les répliques sont franchement drôles ("je ne fume qu'après le repas") :lol:

c'est assez léger sur plein de passages "ce train s'arrêtera à Tucoum Cary" :P etc...

même l'indien fait de l'humour (certes macabre) lorsqu'il raconte aux autres, à la façon dont on raconte une bonne blague, comment il à appris l'existence du coffre fort :P

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Messagepar musselshell » 24 sept. 2007 18:57

tepepa a écrit :L'humour est bien là mais il est purement anecdotique et ne sert qu'à détendre l'atmosphère. Il n'y a peu de traits d'humour pur, lorsqu'une scène est drôle, elle sert souvent un autre but: quand el Señor Martinez se fait vider, on constate la toute puissance du manchot, quand le Colonel fait sauter le chapeau du manchot, on constate sa supériorité technique sur celui-ci, quand le manchot dit "le compte n'y était pas" on confirme sa quasi-absence d'humanité.
On est encore loin des fantaisies comme Un pistolet pour Ringo ou Arizona Colt dont l'humour omniprésent est le but même du film.


Purement anecdotique, non. Par ailleurs, je ne dis pas que l'humour est l'objet du film. Anecdotique, l'humour l'est dans Rio Bravo par exemple: il sert à relativiser la toute puissance apparente, à prendre du recul, à gentiment ironiser, à attendrir ou dédramatiser...et du coup, il n'est plus anecdotique, puisqu'il sert une vision du monde. Dans EPQDDP, l'humour est littéralement tissé dans la trame même du film: qui est le chat? qui est la souris? Je te tiens tu me tiens par la barbichette....
Ce qui ne transforme pourtant en aucun cas le film en slapstick à la Trinita, évidemment...mais à tout le moins le range dans une catégorie où le drame est TRES rarement frontal, toujours filtré par une distance...et celle-ci est de tte évidence introduite par un "c'est pas sérieux" ne serait-ce qu'inhérent à la typologie des personnages et des retournements de situations, qui jouent plus avec la jubilation amusée du spectateur qu'avec sa prescience d'un drame à venir... Leone s'amuse avec ses archétypes en même temps qu'il les crée...Les scènes de "provocations", tant celles du manchot que celle de Mortimer (la partie de poker, l'allumette grattée sur Kinski...oui, je sais, c'est pas ds l'ordre), me paraissent, à tout le moins, révélatrices...Le passage à tabac des deux chasseurs de primes aussi...ça fait moins mal que dans Anthony Mann!
Et tout ça ne signifie pas qu'aucune vision du monde n'entre en jeu, bien au contraire...L'humour sert aussi à dire ce à quoi tu fais allusion. Simplement, à partir de IEUFDLO, Leone ne rigole plus, ou alors du coup, là, ce sera vraiment anecdotique...où d'ailleurs?

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Messagepar Jean-Louis » 24 sept. 2007 19:13

mortimer a écrit :l'humour est quand même bien présent moi je trouve ! regardez la scène du bossu avec Kinski dans la taverne, les répliques sont franchement drôles ("je ne fume qu'après le repas") :lol:

c'est assez léger sur plein de passages "ce train s'arrêtera à Tucoum Cary" :P etc...

même l'indien fait de l'humour (certes macabre) lorsqu'il raconte aux autres, à la façon dont on raconte une bonne blague, comment il à appris l'existence du coffre fort :P


Tout à fait d'accord, de l'humour il y en a à foison, de l'humour, pas de la rigolade, rien que dans la présentation de Mortimer, le train, la descente du train, l'arrivée au saloon, la façon qu'a le barman d'indiquer la chambre, Mortimer s'excusant pour le dérangement, sortant de la chambre il y a plus d'une dizaine de traits d'humour, d'humour grinçant et tout ça pour créer un contraste aussi saisissant que possible avec la froideur avec laquelle Mortimer abat le cheval et sans émotion loge une balle en plein front du fuyard.

Cet humour et justement un des points forts de Et pour quelques dollars de plus.

En chaire l'Indien parodie une parabole !



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