Le Dernier Face à Face - Faccia a faccia - 1967 - Sergio Sollima

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Messagepar Personne » 08 juil. 2006 19:24

La Horde Sauvage, un personnage qui se nomme Beauregard, cela me dit quelque chose. cool Un final ou 2 protagonistes se retrouvent dans le désert face à une meute de 40 vigilantes, cela me dit quelque chose.
Jusqu'à cette phrase "Les cimetières sont remplis de types assez rapides", le genre de phrase typique de Mon nom est Personne.
Je me demande même si Jack beauregard/Henry Fonda ne la prononce pas dans MNEP?

Bien évidemment Le Dernier Face à Face datant de 1967 et MNEP de 1973, le film de Sollima à très certainement beaucoup inspiré la production de ce Leone. D'ailleurs bizarrement, dés le début du Dernier Face à Face, j'ai pensé à MNEP, je ne me rappelle plus exactement du moment, si c'est la musique de Morricone, de quel détail, mais j'ai tout de suite pensé à MNEP.

Une scéne que vous n'avez pas citée et qui est magnifique selon moi, il s'agit de la scéne de l'arrivée dans le repère et de la fête qui s'en suit. Elle me rappelle la scéne de liesse dans Au delà du Missouri de Wellman.
cool

Vous l'aurez compris, j'adhére complétement à ce Dernier Face à Face. :D
Modifié en dernier par Personne le 09 juil. 2006 8:25, modifié 1 fois.
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Messagepar akpstyl » 09 juil. 2006 0:08

Personne a écrit :La Horde Sauvage, un personnage qui se nomme Beauregard, cela me dit quelque chose. cool Un final ou 2 protagonistes se retrouvent dans le désert face à une meute de 40 vigilantes, cela me dit quelque chose.
Jusqu'à cette phrase "Les cimetières sont remplis de types assez rapides", le genre de phrase typique de Mon nom est Personne.
Je me demande même si Jack beauregard/Henry Fonda ne la prononce pas dans MNEP?

Mais.... c'est vrai, j'ai honte de dire que je n'y est jamais pensé!!!!

Vous l'aurez compris, j'adhére complétement à ce Dernier Face à Face.

Ya de quoi quand même ;) !!!
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Messagepar Personne » 09 juil. 2006 8:41

Oh que oui! :D

Au début Fletcher, érudit Bostonien(le Nord) est tuberculeux, il crache ses poumons à un teint livide, puis petit à petit au Texas(au Sud) il reprend du poil de la bête jusqu'à ne plus sembler malade du tout.
Est-il guéri? A-t'il (re)trouvé sa vraie nature?
A Boston à la fac, il échange un regard timide de désir avec une directrice, dans le repaire, il veut Maria, il la prend de force en la gifflant même.

Le fait que le film ait pour cadre l'après guerre de Sécession est intéressant. Un petit détail : Sollima égratigne les Etats-Unis avec la visite dans la plantation du Sud et Fletcher qui constate qu'il y a toujours des esclaves après la guerre de S, on lui répond que ce sont maintenant des serviteurs et non plus des esclaves...

La durée du film: On sent des coupes, des transitions abruptes, dans l'interview en bonus on apprend que le film durait dans les 2h30...
Quand auront nous la joie de voir un jour cette version?

Quand Fletcher est au Texas en train de récupérer, on entend des Cigales :mrgreen:
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Messagepar mortimer » 09 juil. 2006 12:04

Personne a écrit :La durée du film: On sent des coupes, des transitions abruptes, dans l'interview en bonus on apprend que le film durait dans les 2h30...
Quand auront nous la joie de voir un jour cette version?

Quand Fletcher est au Texas en train de récupérer, on entend des Cigales :mrgreen:


Le toujours excellent Alain Petit :beer1:
nous parle en effet de cette version longue mais lui-même ne la connais pas ! j'ai bien l'impression que hélas celle-ci soit perdue :cry: j'ai justement cherché en Italie le DVD en version intégrale et je n'ai rien trouvé (même la VHS italienne est incompléte) enfin espérons quand même qu'un jour un miracle se produise ! En plus je recherche aussi le livre de Alain Petit mais il est épuisé bref tout ce qui touche au dernier face à face semble rarissime :?

Sinon pour les cigales t'as remarqué toi aussi :wink: :lol:
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Messagepar musselshell » 12 juil. 2006 15:51

Bon, ça y est, reçu hier, vu deux fois…Je ne connaissais même pas le film de nom avant d’arriver sur le forum…en dépit du fait qu’il figure dans pas mal de bouquins anglo-américains consacrés au genre , dont la plupart sont chez moi (vérifié depuis)…comme quoi on va le plus souvent vers ce qu’on connaît (ou croit connaître) déjà…Le film a le mérite d’être assez ambitieux, et surtout de rester finalement assez digne de son ambition . Si clichés il y a (il y en a), ils s’oublient finalement devant l’ensemble, qui tient la route. Une des raisons qui me font bien aimer cette histoire, c’est, comment dire…son « italianité » ! J’entends par là le côté allégorie politique, le personnage de Fletcher , intellectuel fasciné par la violence et l’intelligence au service de la force, me parait bien céder aux sirènes du fascisme ! alors que son modèle Beauregard s’éveille à l’idée de justice, au sens le plus humaniste du terme…lui-même probablement impressionné par William Berger, qui s’interpose seul entre les deux lascars et le posse…en fait arbitre un peu improbable (non ?) entre codes moraux pour le moins complexes et/ou dévoyés. Je n’irais cependant pas jusqu’à dire que l’ensemble illustre la formule hawksienne de l’histoire qui ne pourrait se passer nulle part ailleurs…on ne sent pas à ce point là la véracité du contexte historico-géographique…et surtout, la lutte entre les séductions exercées par la violence, la volonté de toute puissance et la prise de conscience de valeurs basées sur l’oubli de soi et l’acceptation de l’autre, donc de l’idée de respect et de justice, me parait s’inscrire ici d’avantage dans une certaine tradition italienne, littéraire aussi bien que cinématographique …les moutons voulant devenir loups, le progressif (ou brutal) éveil à la conscience de ces derniers…C’est très cinéma politique, très satire sociale italienne ça…et ça s’inscrit parfois dans ce qu’ils ont donné de meilleur. :num1

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Breccio
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Messagepar Breccio » 12 juil. 2006 16:45

Finement observé, Musselshell.
Pardon si je pars sur une tangente, mais je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec "La Horde sauvage", que j'ai revue l'autre jour.
Dans les deux films, on a l'opposition entre une bande d'hommes farouchement indépendants (Holden & Co, Milian & Co) et une bande de chasseurs de primes sans scrupules prêts à massacrer des innocents pour parvenir à leur but et employés par les autorités--dans "La Horde sauvage", ce sont les brutes conduites par Ryan pour le compte des chemins de fer, dans "Le Dernier Face à face" la troupe menée par Aldo Sambrell et dont William Berger se désolidarise.
Les itinéraires ne sont pas les mêmes, bien entendu, mais les deux films se rejoignent en ce qu'ils nous parlent d'une civilisation en train de se construire et qui se dévoie en employant pour éliminer des Barbares des méthodes pires que celles des Barbares...
Bien entendu, ni "La Horde sauvage" ni "Le Dernier Face à face" ne se réduisent à cet aspect des choses, mais ce point commun me paraît indéniable.
B.
Modifié en dernier par Breccio le 12 juil. 2006 19:24, modifié 1 fois.

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Messagepar mortimer » 12 juil. 2006 19:16

musselshell a écrit : Une des raisons qui me font bien aimer cette histoire, c’est, comment dire…son « italianité » ! J’entends par là le côté allégorie politique, le personnage de Fletcher , intellectuel fasciné par la violence et l’intelligence au service de la force, me parait bien céder aux sirènes du fascisme ! alors que son modèle Beauregard s’éveille à l’idée de justice, au sens le plus humaniste du terme…


pas mal vu :beer1:

d'ailleurs le contexte italien de l'époque allait dans ce sens (la tentation néo-fasciste avec le prince Borghese notament). En outre Sollima est souvent présenté comme l'intellectuel du cinéma italien. l'allégorie politique me paraît à moi aussi évidente (surtout avec la présence des notables dans la ville qui rappelle les grands banquiers ayant cautionnés Mussolini lors de la marche sur Rome). Quant à Berger il symbolise une démocratie dont les principes sont sains mais dont l'autorité est déclinante. En sens le dernier plan du film est évocateur : il est à genou dans le sable (faut-il y voir un renversement de régime politique :?: ) à la merci d'un homme parvenu au sommet de la puissance et se comportant désormais en dictateur. :?
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Messagepar musselshell » 12 juil. 2006 19:44

Bien entendu, ni "La Horde sauvage" ni "Le Dernier Face à face" ne se réduisent à cet aspect des choses, mais ce point commun me paraît indéniable.


Le parallèle thématique se défend sans aucun doute...mais une comparaison possible s'arrête peut-être là. Dans the Wild Bunch, on échappe à tous les clichés, on est dans le drame humain, avec des personnages vraiment chargés de leur poids de chair et de sang, on se sent vraiment entre ces allers-retours du nord au sud de la frontière aux alentours de 1910...Sans dévaloriser Sollima (que je viens de découvrir sans désagrément!)...je crois qu'on change tout de même assez radicalement de catégorie! :beer1:

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Messagepar Breccio » 12 juil. 2006 20:27

musselshell a écrit :Le parallèle thématique se défend sans aucun doute...mais une comparaison possible s'arrête peut-être là. Dans the Wild Bunch, on échappe à tous les clichés, on est dans le drame humain, avec des personnages vraiment chargés de leur poids de chair et de sang, on se sent vraiment entre ces allers-retours du nord au sud de la frontière aux alentours de 1910...Sans dévaloriser Sollima (que je viens de découvrir sans désagrément!)...je crois qu'on change tout de même assez radicalement de catégorie! :beer1:


Je ne souhaitais pas faire de comparaison, encore moins de hiérarchisation (barbarisme ;-)) entre ces deux films. Mais ce parallèle me paraît intéressant.
Si je peux extrapoler un peu... le western se caractérise, outre son contexte historico-géographique, par une tension entre civilisation et nature, régulation et liberté, etc. C'est la notion de "frontière", solution de continuité mouvante entre un Eden fantasmé et un Paradis inaccessible.
Les personnages et les institutions se déterminent bien souvent par rapport à cette tension et, dans le parallèle que je soulignais, on voit évoluer les divers personnages en fonction de leurs choix (actions, méthode...).
C'est en fait autour de cette tension que s'articule "Le Dernier Face à face"--cf l'opposition Fletcher/Beauregard (mode majeur), l'opposition Siringo/Sambrell (me rappelle plus le nom du personnage) (mode mineur) et l'opposition autorités/horde sauvage (mode collectif).
Il faut vraiment que je revoie ce film pour développer tout ça--à moins qu'un critique ne l'ait fait en son temps.

B.

PS : (mode plaisantin on) Dans "Colorado", le premier western de Sollima, on peut parfaitement décrire l'itinéraire de Corbett (Lee Van Cleef) comme un examen continu des relations homme/femme, de l'épouse-prostituée de Cuchillo à la reine dominatrice du ranch en passant par la fiancée mormon de 14 ans... (mode plaisantin off)

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Messagepar musselshell » 12 juil. 2006 22:01

Tu n'extrapoles pas, tu rappelles une des lois du genre...loi naturelle-loi sociale...eden offert à l'hallali entrepreneur et/ou (souvent les deux) au regret éternel de son évanouissement obligé ...(tout ça très fantasmé mais toujours quelque part réel...la Prairie est bel et bien morte...) ) Mais cette thématique porte d'autant plus que la contextualisation est elle aussi pertinente..."donnée", devrait-on dire, puisque Ford ou Peckinpah n'ont évidemment pas de mérite particulier à être nés là où ils sont nés...Je préfère Pekinpah parce qu'il est là dedans (condition pas mal nécessaire mais absolumment pas suffisante...il s"agit aussi d'être un cinéaste!!)...et Sollima m'épates quand même, parce s'il n'embrasse pas le nécessaire, il parvient néammoinsà faire avec ce qu'il a: savoir faire un film.
Modifié en dernier par musselshell le 13 juil. 2006 15:12, modifié 1 fois.

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Messagepar Carcasse » 13 juil. 2006 3:13

Je dois avouer avoir également été étonné par ce film. D'autant que j'avais vu "Colorado" et que comparé au "Dernier face à face", nous ne jouons plus dans la même cour. Ici, pas de théatralisation, pas d'outrance, les scènes sont suggérées plutôt que montrées.
Pourtant, il eût été facile de nous placer quelques exhibitions gratuites et bien sanguinolentes, mais non. L'auteur a choisi de nous présenter un spaghetti nature, sans sauce tomate, et je lui sais gré de cette finesse.

Je n'ai pas encore vu le film au complet (DVD bloqué à 5 minutes de la fin) ; ce qui explique que je ne pousserai pas plus loin ma petite analyse personnelle. Encore que j'en devine la conclusion tant elle paraît inéluctable : ce qui ne veut pas dire téléphonée.

Ça me donnera l'occasion de revoir, en entier, ce film que j'ai trouvé très intéressant, même s'il n'est pas exempt de petits défauts.
Cuacuacocomekiki ? (Averell Dalton)

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Messagepar Personne » 13 juil. 2006 12:46

Un western "spaghetti" hors Leone qui ferai l'unanimité???? :shock: C'est une date importante sur westernmovies! :mrgreen: :beer1:
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Messagepar mortimer » 13 juil. 2006 12:59

Personne a écrit :Un western "spaghetti" hors Leone qui ferai l'unanimité???? :shock: C'est une date importante sur westernmovies! :mrgreen: :beer1:


vu la qualité de ce film est-ce vraiment étonnant :?:

en fait nos amis découvrent tout de même qu'il y a de bons westerns spaghettis :wink: . Cela fait plaisir :D et rendons aussi hommage à leur impartialité :applaudis_6:

Quant au petits défauts dont parle Carcasse il est clair que le film amputé d'une grande partie de sa durée (comme hélas trop souvent :? ) souffre de certains défauts dans les raccords entre certaines scènes.
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Messagepar akpstyl » 13 juil. 2006 14:02

mortimer a écrit :en fait nos amis découvrent tout de même qu'il y a de bons westerns spaghettis :wink: . Cela fait plaisir :D et rendons aussi hommage à leur impartialité :applaudis_6:

D'accord
:applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6:
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Messagepar musselshell » 13 juil. 2006 16:24

C'est bien, de se sentir impartial! :D
Bon, maintenant, les défauts du film...
Je vais donc essayer d'en trouver autant que Mortimer en a listé dans Two Rode Together :mrgreen:
Impartial vous avez dit :wink: ?



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