L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

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musselshell
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar musselshell » 09 nov. 2011 17:43

Allez, un mini topo inutile...
Les intentions sont là, le traitement laisse dubitatif...Si le film est devenu mythique (il l'est devenu), c'est affaire d'acteur. Kirk Douglas colle à la peau de Dempsey Rae, plus que l'inverse, qui est ce qu'on attendrait. Notre cow boy cumule ici tous les traits du grand Kirk, tels qu'il les a forgés de film en film. Le pote protecteur qui prend la vie du bon côté, le rigolard près à pousser la chansonnette et à déclencher la bagarre, le séducteur/séduit dont la virilité rigolarde et décontractée intrigue le sexe vraiment ou faussement faible, le type meurtri dans sa chair, tourmenté/déchiré, qui se décide à choisir un camp qui n'est pas le sien...Ce Type là, au delà de Dempsey Rae, exemplifie toute la palette de l'acteur, au delà d'ailleurs: l'idée même de cette palette...
En un film.
Si on rajoute à cela les intentions, on a un film qu'on adorerait avoir continué d'aimer...
Regardez des photos extraites de Man without a Star...Kirk,son banjo, ses poings, des hommes en cercle, les barbelés, la prairie, Jeanne Crain dans sa baignoire...Elles renvoient toutes à l'idée d'un grand film, sur les affres, les contradictions de l'acharnement à la liberté dans un monde qui change...
Le film effectif est en deçà de l'idée qu'on en a...ou plutôt de ldée telle qu'on la conçue lors de la première vision (tout pitit)...Et c'est effectivement lié au temps narratif, qui ne sait pas se prendre. Comme si Vidor s'arrêtait toujours là où il aurait fallu donner du temps au temps, pour densifier les choses...
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar gilson » 09 nov. 2011 19:02

Pourquoi inutile, Mussel ?

En dehors de ce que tu dis sur Kirk DOUGLAS, qui me semble aussi pile poil juste que d’habitude, pour continuer sur lui, là encore, on a quelque chose de peut-être mal dimensionné. Il bouffe toute la place, mais pas comme un super héros qu’il n’est pas : comme un acteur qu’on a laissé libre de tirer toute la couverture à lui, parce qu’on sait que le succès repose sur ses épaules, ou, mais ce peut être les deux, parce que les producteurs (oui, je sais, ils ont sans doute bon dos) ont trouvé que c’était la façon la plus sûre de procéder quand il s’agissait d’éliminer et de choisir.

Ce qui m’a gêné, même si, comme tout le monde ou presque, j’adore DOUGLAS, c’est qu’il occupe un espace qui est disproportionné non avec ce qu’il représente, mais avec ce qu’il montre de ce qu’il est. S’il est l’homme de l’espace illimité, sans barrières métalliques, rien à dire sur la coïncidence entre la place qu’il prend dans le film et ce dont il est le vecteur, même si cette coïncidence a quelque chose de simpliste, telle que je l’indique, en tout cas. Mais, zut, ce principe brandi presque à la hauteur de la devise d’un peuple, outre qu’il le décrédibilise un peu en mimant les souvenirs douloureux qu’il suscite en lui de façon, m’a-t-il paru, légèrement trop appuyée, il ne le tient pas jusqu’au bout, alors que sa chair (cicatrices) devrait le ramener à être un peu plus constant, à un peu moins girouettiser. Et pourquoi, si j’ai bien compris ? Pour une raclée humiliante. Une sale raclée, d’accord, mais une simple raclée. Est-ce que c’est du niveau des principes ? Il y a là un agencement qui laisse un peu d’insatisfaction, m’en laisse, en tout cas.

Pour résumer : une surdimension, d’un côté, des velléités, des reniements, si on veut, de l’autre. Tout ça pour ça ? DOUGLAS fait tout passer, c’est indéniable. Mais que veut-on dire ? Que les gens changent d’avis ? Tu parles d’une « idée » de western ! Et pourtant, si je ne comprends pas tout de travers, ça va dans le sens du titre, et de la chanson. Là encore, sortons le thermomètre : « The Searchers ». On peut gloser à perte de vue sur le film de FORD, mais on ne se pose pas de questions sur sa forte cohérence et son grand équilibre.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"

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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar musselshell » 10 nov. 2011 19:58

La simple raclée et les choix (?) qui s'en suivent ne sont pas à la hauteur de principes.
C'est vrai.
Et çà a son importance: Dempsey Rae va réagir à l'instinc. L'instinc, animal en diable, lui fait choisir (choisir? défendre plutôt...) les poseurs de barbelés honnis. Dempsey est un libéral individualiste, il hume plus qu'il n'analyse. Réagit plus qu'il ne prospecte.
Vidor a probablement pensé un personnage de cet ordre: un libertaire ne théorisant pas la liberté. Un animal blessé réagissant au quart de tour, avec pour seule philosophie le carpe diem dans l'ici et le maintenant, juste troublé par le sens de ce qui est juste ou non dans le rapport du fort au faible...
Si le fort prétend défendre l'espace libre au détrimment du faible...cette idée du wide open est alors pervertie...ce n'est plus celle de Dempsey Rae.
On aurait pu avoir là un portrait individuel, bourré d'incertitudes et de contradictions, doublé par celui d'un contexte économico-social qui le renvoie à ses chimères, puisque alliées objectives du pouvoir et de l'argent.
On aurait pu...
Il en reste néammoins quelque chose: la grammairisation bâclée (presque) d'une thématique particulièrement riche et foisonnante. Traitée de façon trop distanciée...
Pas seulement parce que notre gars Kirk est en roue libre...
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar gilson » 10 nov. 2011 21:34

Animal blessé, dis-tu, Petite Rivière, avec tout ce que tu indiques à côté. Qui me va. A ce compte, il faudrait prendre le thème de l’apprentissage comme, aussi, de cet ordre-là, mais ça coince un peu aussi : une sorte d’instinct paternel, fraternel, qui expliquerait au moins deux choses : non seulement des gestes à la fois spectaculaires et discrets (veste/couverture la nuit dans le train, le coup du chapeau rabaissé sur les yeux), mais aussi la constance dans le dévouement, étonnante. Pourquoi ça coince ? Peut-être parce que cela ne va pas beaucoup plus loin qu’une séance d’apprentissage de tir assez vite expédiée et qu’un conseil pour la castagne (ne pas se retourner), que la couvaison est à éclipses (Dempsey sait que la patronne ne fera qu’une bouchée de Jeff, mais il ne le met pas en garde ; puis il le laisse tomber un peu négligemment, il m’a semblé), et que, surtout, le relais est vite, trop vite ? pris par la gamine rougissante.

On peut aller dans cette direction aussi avec le personnage de Jeff, horripilant d’impulsivité et d’aveuglement ridicule (déguisement de cow-boy). Il y aurait alors dans le film, en même temps qu’une thématique classique de l’apprentissage, un parallélisme entre deux personnages prompts à déballer les affects. De ce point de vue, si on s’arrête sur ce personnage de Jeff, les choses me donnent l’impression de patiner, de recommencer un peu plus qu’il ne le faudrait, et c’est peut-être ce qui rend le personnage agaçant : on apprend plus vite, dans les westerns, nom d’un chien, ne serait-ce que parce que si on n’apprend pas, comme dans la loi de la jongle, on meurt. Là encore, j’ai eu le sentiment de proportions curieuses.

Changeons de thermomètre : « El Perdido », que je viens de revoir. Je n’échangerais pas deux barils de ce VIDOR contre un baril de cet ALDRICH (lu la discussion autour du film, pas fini mais qui, lui, m’a paru magnifiquement ficelé), même peut-être trois. C’est vrai que quand on a Dalton TRUMBO comme livre de bord, c’est plus facile de garder le cap. Tu le dis très bien : en roue libre. ‘Devait pas être commode : faire renvoyer MANN, se friter avec KUBRICK… J’ai presque l’impression, avec ce film, qu’il faut, comme pour une œuvre inachevée, tu le suggères assez nettement, qu’il faut, donc, imaginer ce qu’il aurait pu être.
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar lasso » 11 nov. 2011 12:44

Les barbelés n'étaient pas une invention neuve, puisque notre héros en a déjà fait connaissance dans le Texas, il portait
déjà les cicatrices, il fuyait ces barbelés, mais face à la meute des ranchers il les a adapté avec les fermiers, pour les
combattre, avec succès, c'est vrai il s'est toujours comporté comme homme équitable, en fait il était l'homme sans
étoile, en plus charmant, reconnu par les belles dames.

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Messagepar musselshell » 17 nov. 2011 17:28

lasso a écrit :Les barbelés n'étaient pas une invention neuve, puisque notre héros en a déjà fait connaissance dans le Texas, il portait
déjà les cicatrices, il fuyait ces barbelés, mais face à la meute des ranchers il les a adapté avec les fermiers, pour les
combattre, avec succès, c'est vrai il s'est toujours comporté comme homme équitable, en fait il était l'homme sans
étoile, en plus charmant, reconnu par les belles dames.


En spécialiste du noeud coulant, mine de rien, tu résumes l'argument...
Equitable...bel adjectif pour pas mal de personnages joués par Kirk Douglas. Pas pour son rôle dans El Perdido...l'est un peu maboul là...mais ici, voui, voui.
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar gilson » 17 nov. 2011 23:19

Heureusement qu’il y a des élèves sérieux, dans la classe, des comme Lasso et Mussel. Gilson aussi, il est sérieux, mais il fait rien qu’à dire des âneries. Est-ce mieux que de se taire ? M’embête de laisser tomber un film comme une vieille chaussette, une fois qu’on a commencé. Donc, j’ai revu « l’Homme qui … », en espérant y trouver plus de choses positives à dire. Mais enfin, il y a plein d’élèves qui devraient « participer » comme on dit en langage conseil de classe, et qui restent dans leur coin. Majorité silencieuse, va ! Après, il y a des types comme Gilson qui se trémoussent sur l'estrade. ‘Faut pas vous plaindre, les gars.

Au moins une chose, quand même : j’avais écrit que le thème de l’apprentissage n’allait pas très loin. Là, j’ai compté 10 occurrences, malgré tout, bien plus que ce que j’avais remarqué, avec, notamment, le gag, quand Dempsey rosse Latigo :1) rappel de la leçon (Ne te retourne jamais) 2) travaux pratiques : direct au menton. Donc, ânerie de ma part. Je vous fais grâce du détail. Une dizaine, ce n’est pas mal. Notre thème est bien là. Le problème est qu’on a l’impression d’avoir affaire à un coq plus qu’à un élève. C’est peut-être pour cela que la sauce a du mal à prendre. L’acteur a-t-il été imposé à VIDOR ? Mais enfin, le personnage, pas seulement l’acteur, va aussi un peu dans cette direction, celle de l’ingratitude. Que veut-on nous dire ? Que la jeunesse est ingrate ? Pas un coq, donc, mais un rebelle sans cause (ni blouson rouge : qui nous a sapé ce rebelle-là ?), une graine de violence. On serait alors bien dans la ligne de quelques films de l’époque sur la révolte de la jeunesse. Et, si on va par là, ce sur quoi il convient peut-être d’insister est la patience du mentor, jusqu’à l’explosion de rage, à la seconde gifle de Jeff. Que l’explosion ne mène pas à grand-chose, passons, que la mort psychologique de Dempsey s’oublie si vite, passons aussi (mais cela n’aide pas à ce que les cohérences un peu fortes se forment dans la tête du spectateur). Ce qui va dans le sens du thème est l’accueil du fils prodigue après sa blessure par S Miles : tout est oublié, les pères sont là pour pardonner, et c’est Dempsey qui, à la fin, souligne que la jeune fille attend son jeune homme.

Vous sentez bien que c’est toujours mouaif pour le Gilson. Inutile de causer de ce que disent les petits dicos comme le mien : film de producteurs, même si c’est intéressant de souligner ce que cela sous-entend comme conflits avant, pendant et après un tournage (c’est comment et quand, le fameux final cut ?). J’imagine bien, pour peu qu’on tombe sur des gens imbuvables, qu’on puisse baisser les bras et laisser filer si certains vous empêchent de faire ce que vous aviez en tête, malgré accords ou contrats. Passons, là encore. Et revenons à ce bouquin dont avait parlé Mussel : « La Politique de l’Acteur » (toujours pas lu !!!). Je ne sais pas si on y parle de Kirk DOUGLAS, mais on peut tenter l’exercice, juste pour voir, en rapport avec cette thématique du père. Qu’est-ce qu’un Kirk DOUGLAS ? Une cage thoracique, une fossette, un sourire goguenard, une garde-robe serrée au corps, un corps qui renvoie avant tout à lui-même à cause, peut-être de la singularité de ses tenues dans les westerns, qui l’isolent du reste. Pile ou boule de nerfs. Souvent affublé d’un banjo. Un père ? De passage (« El Perdido », où on voit quel tremblement de terre c’est pour lui), par accident. Ca coince. Là ça coince aussi, et j’imagine que c’est pour cela que DOUGLAS est obligé d’en faire autant. Autrement dit, si ce thème est aussi important, je ne sais pas si, par l’image de cet immense bonhomme dans l’esprit du public, on a l’acteur qui peut, sans compenser par des excès, entrer le mieux dans le cadre que la fonction paternelle demande. Un père dilettante, en quelque sorte, plus occupé à se chercher lui-même (cf la fin où il va réfléchir un bon coup sur ce qu’est un fil barbelé) qu’à tenir un rôle fixe, pour le bénéfice de celui avec qui il se comporte comme un père. En ce sens, l’actualité économique du film avait été relevée par Tepepa, on aurait une sorte d’actualité sociologique aussi : cf les pères qui se cherchent, dans nos sociétés.

Je sais : c’est vraiment faiblard, les gars, mais j’essaie.
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Yosemite
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar Yosemite » 26 nov. 2011 0:09

la première chose qui m'a plu dans ce western, et bien c'est la chanson d'introduction, musique d'A. Hughes interprétation d'e F. Herbert (jamais entendu parler je dois avouer mais bon autant les citer), cette musique qui accompagne ce plan sur le train, et en quelques minutes nous voila plongés dans le film. L'univers du film.
Et voila qu'apparaît le Kirk et sa fossette, le bagarreur souriant, qui voyage en hobbo.
J'ai eu l'impression de replonger dans cet inusable paysage décrit, à travers train, par Jack Black (l'écrivain) dans son magnifique livre "Yegg, autoportrait d'un honorable hors-la-loi". A mon avis, personne ne pouvait mieux endosser ce rôle d'éternel clandestin, d'"inracinable" rebelle, et surtout d'homme qui se situe hors-la-civilisation. Rôle qui sera aussi le sien quelques années plus tard dans le fameux "Lonely are the brave" (seuls sont les indomptés).
Je poursuis un moment sur cette interprétation, dont je peux comprendre qu'elle puisse agacer mais quand même : si on enlève le son cela devient le même film en muet, rien que pas sa dynamique de jeu ; si on enlève l'image, et bien vous écoutez le film à la radio, je suis (presque) sûr que cela fonctionne aussi. Et lorsqu'il saisit son banjo, nous voila transportés dans une comédie musicale.
Il nous emporte quand même. Plus exactement il nous fait monter à bord du train, celui des hobbos, pas vraiment confortable certes, mais le vrai, celui qui parcourt le territoire de l'ouest. Vraiment, c'est là où il m'emmène K. Douglas.

Pour ce qui est du thème du film, c'est le western d'après-conquête par excellence. Le temps où l'espace, la liberté commencent à être comptés. Une narration où, dans le fond, nous n'avons pas envie d'aller tant ces espaces nous sont chers. Alors voila, il en faut du savoir-faire, du cran et du talent pour aller explorer cette post-épopée. La civilisation qui naît, avec ses contraintes, ses règles, ses apprentissages et toujours... la violence.
Et puis, rendons grâce à des réalisateurs tels Vidor dans ce film, Wellman dans plusieurs de ces films également, et bien d'autres encore d'avoir proposé des rôles importants à ces belles actrices ; J. Crain et C. Trevor en l'occurrence dans le film qui nous intéresse sur ce topic.

Petit rôle de J. Elam en début de film, minuscule apparition de L. V. Cleef, il me semble qu'on l'entrevoit tout à droite entre les 36 et 37 ièmes minutes, parmi les hommes de Reed Bowman. Cependant, je peux me tromper.

Quelques belles réplique également, de quoi alimenter le topic... "répliques".
Bon, un magnifique moment que la visualisation de ce western.
Yo.

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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar gilson » 27 nov. 2011 23:25

Honneur à toi, Yo, d’avoir relancé. Pas très envie de revenir avec mes réserves, mais puisque personne ne répond, je le fais.

Tiens, tu parles du thème musical du film. Même là, on trouve le moyen d’énerver les gens : Dempsey fredonne ou siffle le thème, son propre indicatif. Ca commence bien !! S’opère là une espèce de distanciation un peu particulière : le film devient l’otage de l’acteur. Une façon, peut-être, d’aborder ce western, aurait pu consister à essayer de définir ce qu’est un film de producteurs, et un film d’acteurs, si cela ne se recouvre pas (je vois au moins un rapport : les producteurs font du film un film d’acteurs quand il y en a un (un acteur) qui est susceptible d’intéresser assez le public, et quand aucun d’eux ne parvient à être un peu calife à la place du réalisateur).

Or, pour continuer sur ce drôle de rapport entre le film et l’acteur, si on veut faire un film qui tienne debout, il faut deux choses au moins : a) que le spectateur croie à ce qui est montré, b) qu’il y ait effort vers l’équilibre entre tout ce dont se compose le film. Tout cela est délicat, compliqué, très délicat, très compliqué, et j’admire quand on arrive à quelque chose. Mais de toute façon, quand on déséquilibre les choses avec ce point de départ (je cause toujours de ce thème musical chanté par Dempsey), qui tue dans l’œuf l’illusion de récit pour la remplacer par une exhibition, qui disproportionne-comme le reste du film- le héros alors qu’il est, justement supposé être à échelle humaine, on va contre ce que le film demande. Orchestre sans vrai chef. VIDOR n’y est pour rien. Question de pouvoir, qu’on a laissé traîner, dû abandonner, que sais-je.

La thématique, intéressante, disparaît elle aussi derrière le numéro. J’imagine ce qu’ont pu se dire les gens qui ont produit le film : Bonne idée, ça, coco, cette baignoire. Détail « pittoresque », supposé peindre, comme le mot l’indique, mais qui prend bien trop de place et n’est appuyé par pratiquement rien. Personnage pittoresque aussi (oh, le vilain mot), comme on les aimait à l’époque, allant seulement vers la glorification du moi au lieu d’aller vers un type (et là encore, dans ce mouvement vers le type, les choses sont sans doute très difficiles à mener ; ici, on n’essaie même pas). Quant à l’autre thématique, celle du déraciné, sur laquelle tu insistes à juste titre, Yo, elle s’accommode moyen, très moyen, je trouve, d’une troisième, celle du père, de la figure paternelle, adulte : un type qui se cherche donnant des leçons à un autre type qui se cherche, je veux bien tout, mais c’est plus compliqué, quand même.

Au fait, j’ai mis la main sur le bouquin dont a plusieurs fois parlé Mussel : « La politique des acteurs ». En feuilletant, j’ai trouvé quelque chose de très intéressant pour notre propos : WAYNE, par rapport à d’autres monstres de l’écran (COOPER , GRANT, STEWART), paraît le plus moderne à l’auteur, étant le seul qui laisse venir les choses, bref qui s’efface derrière l’histoire, dont le type de présence, de rapport à l’histoire, s’apparente à celui d’acteurs plus proches de nous dans le temps. Pour être encore plus clair, Yo : revu récemment « Vera Cruz », et, même si le film me semble bien supérieur à HQNAPDE, même si les deux stars se partagent le boulot, j’ai trouvé cela un peu horripilant*. A la fin, sur l’écran : Lancaster Productions.

Salut, Yo :wink: . Good night you all all all all…

*mon lynchage est prévu pour après-demain 16h. Venez nombreux.
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar Yosemite » 27 nov. 2011 23:40

Demain 16h je suis pris désolé.
Je viendrai pour la seconde... :wink:
Good night itou.
Yo.

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Messagepar Dave Bowman » 18 janv. 2012 12:09

Yosemite a écrit :minuscule apparition de L. V. Cleef, il me semble qu'on l'entrevoit tout à droite entre les 36 et 37 ièmes minutes, parmi les hommes de Reed Bowman. Cependant, je peux me tromper.

Ah oui ? En tout cas, ce titre ne figure pas dans sa filmographie.

En tout cas, d'accord avec ce qui a été écrit plus haute, c'est vraiment un film d'acteur, tout est construit autour de la figure de Kirk Douglas : http://tcmcinema.fr/2012/01/17/zoom-sur-lhomme-qui-na-pas-detoile/

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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar chip » 18 janv. 2012 13:20

Lee van Cleef n'a aucun rôle dans " Man without a star ", j'ai dû voir le film une trentaine de fois depuis sa sortie en 1956, peut-être a-t-il joué dans ce film mais ses scènes ont dû rester sur le sol de la salle de montage, cependant James Robert Parish donne ce titre dans sa filmo , pour son livre " Great western stars" ( édition Ace books,1976), ainsi que : " the kentuckian" et " backlash" et " red sundown"; dans ce dernier titre on voit effectivement Van Cleef, mais la scène est un stock-shot de de " Dawn at Socorro" (vengeance à l'aube) (1954).

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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar Pike BISHOP » 18 janv. 2012 14:41

chip a écrit :Lee van Cleef n'a aucun rôle dans " Man without a star ", j'ai dû voir le film une trentaine de fois depuis sa sortie en 1956,


Mince !!! T'es sûr ???? moi aussi je me le suis visionné au moins une fois par an depuis un demi siècle...Il faut que je vérifie...
T'imagines si on avait loupé le truc ?..."MAN WITHOUT A STAR" un film de LEE VAN CLEEF...Avec lui même et quelques figurants..
un nommé RICHARD BOONE, un KIRK DOUGLAS ??? kicéça ???...
Il faut que je vérifie aussi " THE KENTUCKIAN"...LVC dirigé par un metteur en scène qui n'a pas laissé grande empreinte..1 ou 2 films
BURT LANCASTER..Accessoirement il a été figurant aussi dans certains films de LVC !!!!
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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar Jean-Louis » 18 janv. 2012 16:48

Pike BISHOP a écrit :
chip a écrit :Lee van Cleef n'a aucun rôle dans " Man without a star ", j'ai dû voir le film une trentaine de fois depuis sa sortie en 1956,


Mince !!! T'es sûr ???? moi aussi je me le suis visionné au moins une fois par an depuis un demi siècle...Il faut que je vérifie...
T'imagines si on avait loupé le truc ?..."MAN WITHOUT A STAR" un film de LEE VAN CLEEF...Avec lui même et quelques figurants..
un nommé RICHARD BOONE, un KIRK DOUGLAS ??? kicéça ???...
Il faut que je vérifie aussi " THE KENTUCKIAN"...LVC dirigé par un metteur en scène qui n'a pas laissé grande empreinte..1 ou 2 films
BURT LANCASTER..Accessoirement il a été figurant aussi dans certains films de LVC !!!!


Tu me l'as ôté de la touche !

J'avais prévu de maquiller un document en réduisant Kirk Douglas et mettant en gros à la place qui lui revient de droit : Lee van Cleef.

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Re: L'Homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a star - 1955 - King Vidor

Messagepar chip » 18 janv. 2012 16:51

Sois rassuré, LVC n'est pas au générique du film de Vidor . Désolé pour ses fans :P je viens de le voir à l' instant dans "a man alone" , un western que j'apprécie un peu plus à chaque vision.



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