Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

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Alec Longmire
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar Alec Longmire » 03 oct. 2011 15:19

Bien des choses à dire, sans doute, surtout au vu des derniers westerns qui ont été passés au crible ici-même !
Je n'ai pas beaucoup de temps pour le moment, mais je voulais simplement reprendre certains des éléments qui ont déjà été soulevés :
- Limpy Chris parlait d'une certaine parenté avec des serials dans l'utilisation de cachettes, chutes d'eau, souterrains ; je trouve que c'est effectivement un élément marquant du film, et notamment un de ceux qui me feraient qualifier ce western, comme Chip, de "western rêvé". J'en ai déjà parlé dans la rubrique du film mais je pense vraiment que tous ces éléments contribuent à lui donner une atmosphère quelque peu "onirique" (en plus des couleurs flamboyantes, qui vont dans le même sens me semble-t-il). C'est sur ce point, d'ailleurs, que je le rapprocherais de Rancho Notorious, en plus du caractère de femme forte.
- Pour réagir encore sur un détail relevé par Limpy, celui du verre ramassé avant qu'il ne tombe, cette petite anecdote m'a rappelé (mais sans certitude), Warlock : il me semble bien que lors de la toute première confrontation à l'intérieur du salool, Morgan-A.Quinn quand il entre en scène rattrape un verre qui allait tomber (ou alors c'est moi qui confonds ?) Et pour le coup, les deux personnages entretiennent une certaine parenté, ne serait-ce que par leur habileté et leur dangerosité (et aussi, la dévotion qu'ils accordent à Blaisdell pour l'un et Vienna pour l'autre).

Que des détails, mais je pense que d'autres éléments viendront sans tarder :beer1:

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chip
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar chip » 04 oct. 2011 10:13

S'il me fallait émettre une critique sur ce film parfait (pour moi), elle concernerait comme le dit Gilson , Joan Crawford, elle voulait jouait son rôle comme un homme et a imposé sa façon de voir son personnage à tous, elle est moins convaincante en amoureuse, pour moi Barbara Stanwyck aurait était parfaite en Vienna.
A lire les quinzaines de pages sur le tournage de " Johnny Guitar " dans le livre de Bernard Eisenschitz " Roman américain, les vies de Nicholas Ray ", passionnant...

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yves 120
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar yves 120 » 04 oct. 2011 11:57

Oui une , Barbara Stanwyck aurait fait merveille dans Johnny Guitar et aurait justifier encore beaucoup plus , la haine , la jalousie , la cupidité de Mercedes Mc Cambridge , qui joue à merveille son rôle .
Je dirais même qu 'elle vole la vedette à Joan Crawford ...
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar jaceddy » 04 oct. 2011 13:27

Johnny Guitar restera un des grands moments du western, voir mythique, déjà pour commencer c'est le thème musical que je n'oublie pas, sans doute mon premier titre que je commençais à jouer sur une guitare, assez facile pour débuter. Joan Crawford est admirable dans ce film, une maîtresse femme, puissante dans la ville, qui veut tout gérer, mais qui n' inspire pas l'amour, pas du tout attirante, mais c'est aussi ce rôle qui lui donne cette image de dure. Sterling Hayden un joueur de guitare à la fois très cool quand il arrive dans cette ville, et où l'on s'aperçoit vite qu'il cache bien son jeu d'ancien aventurier, ça se sent, très fort avec un colt. Il ne pourra à lui tout seul éviter éviter cette haine, cette violence qui existe entre les deux femmes avides de pouvoir. La fin du film est formidable, avec le passage souterrain sous la flotte et puis le dénouement......
Dans ce film j'ai découvert Sterling Hayden et Mercedes Mc Cambridge, vraiment excellents.

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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 04 oct. 2011 13:36

Bien vu, Yves. Emma est un personnage extraordinaire, rarissime dans un western, où les femmes ne mènent pas les hommes EN PUBLIC (à la maison, c'était sans doute autre chose!). Le personnage lui-même est sidérant; l'actrice est impeccable, sur ce coup.

J'essaierai de me procurer le livre, Chip. Effectivement, une B STANWICK dans le film ... Il faut dire qu'elle transformait en or tout ce qu'elle touchait. En amoureuse, elle me fait l'effet d'une très grande chanteuse wagnérienne, que je vénère, personnellement (K FLAGSTADT): toutes deux confèrent un sentiment de gravité, d'engagement intime, de proximité avec une tragédie du personnage sublimée, jamais entachée de pathos, qui me transporte.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"

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Alec Longmire
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar Alec Longmire » 04 oct. 2011 16:04

Eh bien moi, je ne suis pas vraiment d'accord avec ces derniers avis : si une chose me gêne dans ce western (que je trouve par ailleurs exceptionnel), c'est bien le jeu de Mercedes McCambridge, qui m'a toujours un peu paru exagéré, outré, presque caricatural. Je n'ai pas grande expérience dans le domaine mais son jeu me fait penser à une actrice de muet, avec une gestuelle bien particulière et accentuée avec laquelle j'ai personnellement un peu de mal. Il faut dire, cependant, que cela est très accentué par la version française qui je trouve ne lui rend pas justice (je n'ai longtemps possédé et donc vu ce film qu'en VF...)

Sinon, plutôt d'accord, en revanche, sur Barbara Stanwick, qui aurait sans aucun doute fait une Vienna incroyable !

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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar lasso » 04 oct. 2011 17:12

Une oeuvre de maître reste une oeuvre de maître. On n'a pas besoin de penser que d'autres acteurs/actrices
auraient mieux fait..... Puisque c'est une oeuvre de maître.
Avant le film Nicolas Ray et Joan Crawford étaient une paire et elle a eu toute satisfaction dans ce rôle, qu'elle a
maîtrisé remarquablement. :sm57:

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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar chip » 04 oct. 2011 17:35

Ouais! comme il est rapporté dans le livre de B. Eisenschitz , Crawford aurait déclaré " Je suis Clark Gable, c'est moi qui doit avoir le rôle principal" et elle a joué le rôle comme ça, très masculine. Herbert Yates patron de Republic pictures aurait dit à Yordan que sa seule exigence était "que Crawford soit heureuse pendant le tournage "." Ce qui ne fut pas facile. la personnalité autoritaire et déséquilibrée de la star, raison d'être du film, allait peser sur le tournage "". (page 246 du livre de B.Eisenschitz)

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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 04 oct. 2011 20:06

C’est très intéressant, cette histoire de B STANWICK, en plus d’être, peut-être, le casting idéal. Intéressant parce qu’on peut se refaire un film à l’intérieur du film qu’on se fait en regardant un film. Ce serait déjà très instructif de se demander ce qui se passe en soi quand on regarde un film, et après, (personnellement, je serais bien embarrassé de le dire), mais un film dans lequel on substitue quelqu’un d’autre à l’acteur qu’on a sous les yeux ou dont on conserve le souvenir, c’est encore plus troublant. Mais ne nous égarons pas, pas trop.

Bonne question, Alec Longmire, même si je n’ai pas eu ce sentiment. Je pencherais, tu le suggères toi-même, pour l’explication par la voix de la VF, que je ne connais ni ne veux connaître. Tu dois le savoir comme moi, même un J STEWART ne passe pas en français : quasi sénile et baveux, quand la voix de l’acteur avait quelque chose de chaleureux et goguenard à la fois. Tiens, ce serait un bon sujet de sondage : quels adjectifs, noms, verbes proposeriez-vous pour qualifier ces deux voix du ou pour le même acteur ? Mais Limpy doit pouvoir nous dire des choses très précises sur tout cela.

Sur le fond, avec ce que rapporte Chip sur les caprices de J CRAWFORD, on est en présence, une fois de plus, de la même question que dans « le Bon … »: dans quelle mesure l’acteur, un acteur, peut-il échapper à l’orbite du réalisateur, et rester néanmoins dans le cadre de son projet ? Cela rappelle le célèbre avertissement au public d’un chef d’orchestre qui se désolidarisait de son soliste, lequel ne voyait pas les choses comme lui, mais à la conception de qui il avait consenti à se plier. J’imagine que RAY n’était pas un tyran sur un plateau, et qu’il a dû composer sur pas mal de points. Et je me dis aussi que si pas mal de réalisateurs préparent si méticuleusement leur boulot, c’est qu’ils craignent ce phénomène (arriver à obtenir d’un ego surdimensionné exactement ce qu’on veut, ce doit être une sacrée paire de manches : tout est bon pour y parvenir : charme, surprise, chantage, je ne sais pas, tout). Pour rester sur RAY, la puissance d’une femme est quelque chose qui n’apparaît pas qu’ici (où elles sont déjà deux !) : tout le monde se souvient de la mère de Jimmy DEAN dans « Rebel without a cause », et du père, ceint d’un tablier, lui apportant à manger sur un plateau.
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yves 120
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar yves 120 » 04 oct. 2011 21:20

Pour rester sur RAY, la puissance d’une femme est quelque chose qui n’apparaît pas qu’ici (où elles sont déjà deux !) : tout le monde se souvient de la mère de Jimmy DEAN dans « Rebel without a cause », et du père, ceint d’un tablier, lui apportant à manger sur un plateau.[/quote]

Tu sais c 'est marrant , mais j 'était certain que tu parlererais de cette scène , je commence à te connaitre un peu et je pense que tu dois aimer très très fort la ( psychologie ) ce qui n 'est pas rien ! de plus" tu l'as combat " étrange , mais bien ! c 'est juste un petit HS perso , qui ne devrait pas trop dérangé .... j 'en profite également j 'avais envie de te le dire . :wink: ( ce qui ne veut pas dire que je te prend pour un" psy " :num1 ) c 'est vrai " que , western autour du feu "
aurais tendance a le laisser paraitre pour beaucoup de forumeurs .
C 'est là , tout la charisme de se topic :D ce Johnny Guitar , m 'auras toujours fait parler un peu ... :beer1:
Modifié en dernier par yves 120 le 04 oct. 2011 22:46, modifié 6 fois.
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 04 oct. 2011 21:26

:oops: : perdu le message de Mussel alors que je lui envoyais un MP. Désolé, Mussel. J'ai effacé ton message pour te répondre en MP, et ça a effacé le tien SUR LE FORUM. Je ne vois pas bien comment c'est possible (seul l'auteur peut "éditer", non?), mais malheureusement c'est le cas. Mon message à moi a aussi disparu (pas pris la précaution d'écrire sur Word avant, pensant être bref), si cela peut te consoler. Et désolé, les gars.
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 04 oct. 2011 21:42

OK, Yves. Je vais lire cela. Ton message me met sur une piste : je me demande si pour RAY, l’écrasement du film par la puissance des femmes n’est pas à lire comme 1) le signe d’une vision personnelle de ses rapports avec les dames, 2) le constat déguisé de ce qu’il pense de la société américaine, dont on a souvent dit que les femmes y mangeaient souvent (oui : 2 souvent) les hommes. Mais j’enfonce peut-être une fois de plus des portes, etc. Ou il est encore trop tôt pour avancer dans cette direction. Excusez-moi, en ce cas.

Mussel, STP, retape-nous vite ton message, ça m’angoisse !!
Modifié en dernier par gilson le 04 oct. 2011 22:48, modifié 1 fois.
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar Pike BISHOP » 04 oct. 2011 22:33

Personnage de John Carradine qu'on s'imagine aussi confiné à la cuisine ou au ménage avec un tablier et qui n'est à la
lumière qu'au moment ou il expire......

Pas la peine de vouloir refaire le casting...JOAN CRAWFORD qui n'était vraiment pas une actrice dont le glamour
me faisait vibrer...(peut être un tout petit peu quand elle fut plus jeune) reflète exactement ce qu'on comprend
de son personnage...Pas besoins d'imaginer STANWICK, tellement plus forte, marquée garce ou tellement humaine
ou une caricature à la BETTE DAVIS.... CRAWFORD dans sa sécheresse est la parfaite VIENNA, ravagée par son passé
et pensant tenir sa revanche avec l'illusoire future prospérité de son saloon... VIENNA qui croit même prendre sa
revanche sur JOHNNY en devenant son employeur..Croyant garder sa froideur.. Et qui recommence à vivre, à se
reféminiser quand elle commence à tout perdre....
Accumulation des symboles avant même l'affrontement final...Le sang ( de TURKEY, de CARRADINE) la corde
le feu à la robe blanche ( de mariée ?) la chute d'eau purificatrice... Tout cela colle parfaitement à la rigidité
de CRAWFORD et on arrive presque à croire qu'elle évolue vers la douceur grace à son jeu (ou au chef op)
qui de ses yeux presque constamment exhorbités arrive à extraire brillance et douceur (relative)...

Sans doute le comédien n'est pas innocent de sa projection...CRAWFORD dans la vie était une malade mentale
qui a tourmenté ses enfants, multiplié à l'infini les rencontres sexuelles pratiquant un rituel hygiènique digne
d'un hôpital..Lire dans les mémoires de KIRK DOUGLAS, le peu de plaisir qu'il a eu de sa nuit avec CRAWFORD...
Sa VIENNA porte se déséquilibre...Mais il est minimisé par celui encore plus fort d'EMMA...Formidable
personnage de vieille fille rejetée, aigrie, malade de jalousie, à qui il ne reste que sa masculinité de
patronne...de meneuse de "posse"...
If they move, kill'em !!

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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar gilson » 04 oct. 2011 23:09

Difficile de te résister quand on te lit, Pike. Mais quand même : tu emploies deux fois le mot « parfait » pour J CRAWFORD. C’est vrai qu’il y a de l’intensité et des nuances dans son interprétation. Mais de l’émotion ? Est-on dans le romantisme flamboyant (c’est peut-être toi qui as employé l’expression, je ne sais plus) ou dans la démonstration? Le personnage me touche moins qu’il ne m’impressionne. La différence importe, même si ce que je ressens est personnel (mais je ne crois pas que ce soit seulement personnel). Et si ce que je ressens est un peu partagé, on est dans un autre cas de figure : plus tellement, non : plus AUTANT merveilleuse histoire d’amour, qu’aussi, un peu, beaucoup ? espèce de parabole sur les rapports entre les sexes. Et pour le coup, on serait dans le basique : j’hésite entre Adam et Eve, et Samson et Heddy …, pardon : Dalila.

Cela dit surtout pour te donner la réplique !! Bonne nuit à tous.
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musselshell
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Re: Johnny Guitar - 1954 - Nicholas Ray

Messagepar musselshell » 05 oct. 2011 10:47

Pas d'inquiétude Gilson: c'est l'auteur ("l'auteur! l'auteur!") qui a effacé son message.
C'était un petit truc pour ne rien dire du tout...
Je laisse celui-là, en en disant pas plus... cool
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.



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