La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Analyses en profondeur de westerns avec débats, documents, ...
> A l'affiche : La Rivière sans retour
Voir tous les films de la rubrique
(anciennement 'Westerns Disséqués')
Règles du forum
Règles
> Respectez les opinions des autres...
> L'objectif est de débattre, discuter, et non de dire un en une ligne "j'aime", "je déteste".

Voir tous les films de la rubrique
Avatar du membre
ROY ROGERS
As de la gâchette
Messages : 522
Localisation : libourne (entre st Emilion, Pomerol, Fronsac)

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar ROY ROGERS » 17 nov. 2010 12:35

Et Errol flin n'était pas Custer........... par delà la discussion qui s'est amorcée, il y a une vraie question , le cinéma doit-il réfléter la réalité ? Est-il un reflet de la réalité ? On voit ce qu'a donné certains westerns "vérité" des années 60 /70, mais là encore si l'on y réfléchit, une réalité tout aussi subjective...... moi ce que j'attends d'un film, c'est d'abord qu'il crée chez moi une émotion, si le spectacle est réussi, quant au fond..... je vois après.... Pour me faire comprendre, cette image..... Le meilleur des plats, s'il m'est servi dans une assiette sale..... je n'ai pas forcément envie de connaître le cuistot. Pour ce film, il est important d'avoir des éclairages sur l'e réalisateur, ses motivations, le sujet (ici Custer) et sa mise en perspective historique par rapport au film, ne sont surtout pas à négliger, mais trop s'y attarder empêche de parler du film et des émotions qu'il peut nous procurer. que l'on me reparle de walsh, d'errol qui s'il n'est pas Custer, est et restera ROBIN DES BOIS, le vrai, comme on disait petit...... enfin plein d'autres choses, que moi je ne sais pas!!!!!!

ps : Il ne s'agit pas du tout d'une attaque personnelle contre quiconque, mais juste une réflexion, d'ordre général, et on peut me reprendre sur ce que j'ai écrit, comme je l'ai dit...... juste une réflexion perso..... et pour rejoindre ce qu'a écrit Musselshel
dit "ROBERT"

Avatar du membre
yves 120
Texas ranger
Texas ranger
Messages : 5587
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar yves 120 » 17 nov. 2010 13:57

robert a écrit :Et Errol flin n'était pas Custer........... par delà la discussion qui s'est amorcée, il y a une vraie question , le cinéma doit-il réfléter la réalité ? Est-il un reflet de la réalité ? On voit ce qu'a donné certains westerns "vérité" des années 60 /70, mais là encore si l'on y réfléchit, une réalité tout aussi subjective...... moi ce que j'attends d'un film, c'est d'abord qu'il crée chez moi une émotion, si le spectacle est réussi, quant au fond..... je vois après.... Pour me faire comprendre, cette image..... Le meilleur des plats, s'il m'est servi dans une assiette sale..... je n'ai pas forcément envie de connaître le cuistot. Pour ce film, il est important d'avoir des éclairages sur l'e réalisateur, ses motivations, le sujet (ici Custer) et sa mise en perspective historique par rapport au film, ne sont surtout pas à négliger, mais trop s'y attarder empêche de parler du film et des émotions qu'il peut nous procurer. que l'on me reparle de walsh, d'errol qui s'il n'est pas Custer, est et restera ROBIN DES BOIS, le vrai, comme on disait petit...... enfin plein d'autres choses, que moi je ne sais pas!!!!!!

ps : Il ne s'agit pas du tout d'une attaque personnelle contre quiconque, mais juste une réflexion, d'ordre général, et on peut me reprendre sur ce que j'ai écrit, comme je l'ai dit...... juste une réflexion perso..... et pour rejoindre ce qu'a écrit Musselshel

Hello Robert ,
Je comprend , ressent et partage tes propos sur ce sujet :beer1:
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
ROY ROGERS
As de la gâchette
Messages : 522
Localisation : libourne (entre st Emilion, Pomerol, Fronsac)

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar ROY ROGERS » 17 nov. 2010 17:56

slt Yves, de retour de ....(au fait j'avais laissé une devinette !) donc de retour.... tu as bien compris ce que je voulais dire, ces éléments apportés sur Custer sont des plus intéressants,en aucun cas je n'en critique le bien fondé, mais j'avais peur qu'on en fasse 2 pages, mais si quelqu'un veut ns en faire 2 pages,..... je ne suis ni censeur, ni quelqu'un qui se prend au sérieux, mais qui dans une discussion entre potes,essaie de lancer le sujet sur une autre voix. Je le répète et le dis en tte franchise, aucune intention de polémique, mais j'ai vu des personnes se facher sur le forum pour parfois moins que celà...... Et relancer certains dont les connaissances ciné sont pour moi un vrai régal......
dit "ROBERT"

Avatar du membre
Pike BISHOP
Marshall
Marshall
Messages : 2682
Localisation : Aquaverde

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar Pike BISHOP » 17 nov. 2010 18:48

Je te comprends très bien ROBERT, ainsi que MUSSELSHELL... THEY DIED est un film formidable et j'aime toujours le revoir...
Je me retrouve enfant...Lorsque je ne savais que peu de choses sur ce cher FAR-WEST des films et des illustrés...
presque tous alors magnifiaient KIT CARSON, BUFFALO BILL et CUSTER ce général à la flamboyante chevelure qui périt
bravement sous le nombre des sauvages....
Je ne sais pas les circonstances de la création du film...Dans quelle mesure WALSH s'y est investit...Je n'ai pas lu de mémoires
de WALSH qui en parlaient...Je suppose qu'il s'agissait d'une commande et comme l'heure était à la guerre, il fallait exalter
le patriotisme... A l'hagiographie je remarque quand même que WALSH (ou ses scénaristes) a amené des fêlures...
Noirci un peu le tableau...Des côtés irresponsables de CUSTER, son alcoolisme (provoqué par les jaloux qui l'ont mis
sur la touche)..Sa relation touchante avec son épouse, son seul refuge..Quelque part l'épouse et la maman...
Il faut voir ses petites touches en filigrane, mais il n'en reste pas moins que le film est une épopée glorieuse...
C'est vrai que les indiens sont moins caricaturaux que dans bon nombre d'autres films du genre et presque aux antipodes
de ceux de DE MILLE, c'est vrai qu'il y a quelques charges (c'est le cas de le dire) contre la corruption bourgeoise, militaire, expantionniste..
Mais que ce film aurait été préférable si le héros ne s'appelait pas CUSTER....
Du côté de FLYNN, tout ce qu'il dit du western, c'est qu'il n'aimait pas ça..Il n'avait absolument pas l'âme d'un cow-boy et détestait monter à cheval..
Les seules anecdotes sont ses blagues, ses moyens de boire en cachette et les tours qu'il jouait à OLIVIA, et la tendresse qui le liait à elle..
Je le dis encore, la scène des adieux.. à l'écran et dans la vie est une merveille...
FLYNN enchainera les films patriotiques avec son pote RAOUL (L'oncle) toujours dans un esprit potache..Curieux tout ça..Car on l'a accusé de sympathies
nazis (il avait un copain allemand, bien avant la guerre, avec qui il avait fait les 400 Coups..Ce copain avait tourné nazi et FLYNN ne l'a jamais renié..
Fidélité en amitié, ce qui ne l'a pas empêcher de chasser les nazis sur l'écran)....
Films décontractés aussi, mais on peut voir chez les WALSH pas mal de profondeur et des interprétations, beaucoup moins désinvoltes de FLYNN
qui s'avère excellent tragédien aussi....Ce sera encore plus noir avec "SILVER RIVER"..Les 2 copains se retrouveront brièvement sur le plateau
de "MONTANA" où WALSH ne vient que suppléer un réalisateur défaillant et FLYNN est en train de plonger dans un puits sans fond, alcool , drogue
sexe et poursuites diverses, sexuelles et du fisc...
Pour en revenir aux autres représentations de CUSTER, sans trop dévier du film de WALSH..Il est évident que chacune révèle la situation politique
du moment..Le PENN est caricatural, mais sans doute l'analogie entre les massacres indiens et ceux du vietnam ne l'est pas tant que ça...
Le SIODMAK reflète l'époque des "Grosses Machines" en 70 mm tournées en ESPAGNE pour faire rentrer des capitaux et tenter de drainer le public
qui délaisse ciné pour TV.. (LE CID, 55 j de PEKIN, ROI des ROIS ect..)
"LE FILS de L'ETOILE du MATIN" suite à "DANSE AVEC les LOUPS" une tentative d'approcher l'histoire d'une manière plus objective..
Il faudrait un remake actuel pour voir si nous allons sur la voie du révisionnisme ou du portrait à "charge"...
If they move, kill'em !!

Avatar du membre
musselshell
Castor éclopé
Messages : 2557

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar musselshell » 18 nov. 2010 7:27

« Le scénario était une version romancée de la vie de george Custer qui s’acheva à la bataille de LBH…La plupart des scénarios donnaient de l’Indien l’image d’un sauvage peinturluré et méchant…je m’efforçai de le montrer comme un individu qui n’attaquait que lorsque ses droits, définis par un traité, étaient violés par les blancs… »

Ca pour le point de vue sur les Indiens…

Plus intéressant encore, car soulignant les fêlures, la complexité / fragilité des héros des meilleurs Walsh :

« Le meilleur moment du film se situait après la Guerre Civile, lorsque Custer était nommé à fort Lincoln dans le département du Dakota. Tombé en disgrâce… »

Il reste à la surface le père Walsh. Mais voyez comment çà se traduit dans le film…

Il cite Jack Warner « …si Custer est vraiment mort ainsi, alors l’histoire devrait l’applaudir. »

Après ce sont des considérations truculentes sur ce que Flynn a fait de son salaire plus que doublé…

C’est un poète, le père Walsh…Un poète truculent, bien Irlandais. Qui préfère les perdants magnifiques aux gagnants carnassiers. Ou ceux qui en se contentant de peu récupèreront beaucoup. Des choses intérieures.
Le film ment évidemment sur Custer. Pas vraiment sur les Guerres Indiennes. Surtout…il sait s’affronter à l’humain. La gloriole, ici, n’est pas ganacheuse…il y a de la classe. Des adieux à Olivia au départ pour l’enfer qui est un départ pour la gloire…qu’on « emmène avec soi ». On est très loin de De Mille…loin de Hawks, aussi, qui n’a pas ce sens du drame, de la fragilité qui se dépasse. Pas non plus ce réel respect pour l’ « autre »…
A la limite, Custer n’est ici qu’un argument…c’est Walsh qui propose sa vision du monde.
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

Avatar du membre
jamesbond
Squaw
Messages : 387
Localisation : Dijon
Contact :

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar jamesbond » 18 nov. 2010 11:22

Même si il y a quelques mensonges sur l'histoire de Custer ,néanmoins ce film fut très bien filmé.Il faut faire attention quand même à certaines presses mensongères parmi lesquelles disent que le couple Flynn /De Havilland s'entendait bien dans la scène comme dans la ville ce n'est pas vrai. Il faut savoir que Flynn qui était un coureur de jupons harcelé à chaque scène des huit films qu'ils ont tournés ensemble,le beau Errol essaya à plusieurs reprise de séduire la belle Olivia mais cette dernière ne sait jamais laissée faire,ce qui n'a pas plus à Flynn qu'il ne supportait pas qu'une femme n'acceptait ses avances. Il n'y à jamais rien eu entre Flynn et De Havilland,le seul scandale qui à eu lieu c'était la soeur d'Olivia,Joan Fontaine qui était à l'époque mineur(à l'époque la majorité était 21 ans) que Flynn dans ses croisières nocturnes avait invité dans son Yacht ,ce scandale à fait la chronique dans les journaux de l'époque. Olivia De Havilland ne ce sait jamais entendu avec Flynn. Ce couple de cinéma fut imposé par le nabab Jack Warner qui avait main basse sur tout les acteurs et particulièrement les jolies actrices.

Olivia De Havilland fut la première actrice à avoir fait un procès non pas à la Warner Bross mais au nabab Jack Warner dont celui ci pour avoir tout le monopole et des droits sur les acteurs et surtout des actrices comme Olivia alors que ce dernier avait mit à la porte ses autres frères par l’intermédiaire d'autre avocats,seule Olivia à gagnée son procès contre lui car celui ci voulait faire De Havilland une actrice frigide et sans odeur mais celle ci ne sait pas laisser faire ,elle voulait interprétait des rôles beaucoup plus difficiles, elle obtiendra deux oscar par la suite. Dans le milieu du cinéma Olivia De Havilland avait qu'une seule amie la grande actrice et star,Bette Davis.

ce n'était pas la première foi que les grands Majors surtout les grands nababs imposaient des couples de stars préfabriquées, Errol Flynn/Olivia De Havilland,Fred Astair/Ginger Rogers ,Mickey Rooney/judy Garland,John Gilbert/Greta Garbot etc...etc certain s'entendaient bien et d'autre pas du tous.

En ce qui concerne They Died WithTheir booth On malgré que l'histoire de Custer et décousu de fils blanc,Raoul Walsh à réalisé un excellent western qui ne manquait pas mal de panache et d'humour,il faut dire que Walsh à été à l'école des trois meilleurs professeurs au début de sa carrière cinématographique,son frère George Walsh qui était acteur du cinéma muet ,Douglas Fairbanks Sr qui lui à donné sa chance dans le magnifique film d'aventure The Thief Of Bagdad(Le voleur de Bagdad) 1924 et David Wark Griffith qui lui à mit le pied à l'étrier.Si ce film magnifique à, été tourné en noir et blanc,il met en valeur certains détails historique sur Custer(Errol Flynn) sa venu à West point ,sa rencontre avec sa future femme(Olivia De Havilland) ,sa rencontre également et décisive sur sa mission avec son supérieur hiérarchique, le général Winfield Scott(le grand acteur de second rôle Sidney Greenstreet qui commença sa carrière cinématographique à l'âge de 62 ans alors qu'il avait devant lui toute une carrière théâtral) ,celle de Crazy Horse(Anthony Quinn) etc...etc. Mais ce western flamboyant aurait très bien pu passer à la trappe si il n'y avait pas eu ce terrible accident tragique pendant le tournage, la mort d'un cascadeur dont son père était connut aux Etats Unie comme le roi de l'industrie de l'automobile qui s'embrocha en chutant sur son cheval par son propre sabre.

Il y a également dans le casting Arthur Kennedy un acteur favoris d'Anthony Mann et Eleonor Parker dans un tout petit non-crédité.

POUR AGRANDIR LES PHOTOS,CLIQUEZ 2 FOIS SUR LA SOURIS,TOUCHE GAUCHE:

Errol Flynn et Olivia De Havilland,un couple préfabriqué par la Warner Bross.Errol Flynn (Custer et sa charge). Anthony Quinn(Crazy Horse)
This is the West ,Sir . When the legende becomes fact, print the legende( The man who shot Liberty Valance,L' homme qui tua liberty valance)

Jean-Louis
Marshall
Marshall
Messages : 2851

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar Jean-Louis » 20 nov. 2010 17:19

:D Je viens de me projeter La charge fantastique , je viens de m'apercevoir que bien que pensant
l'avoir déjà vu, en réalité si j'en connaissais beaucoup de scènes il faut bien me rendre à l'évidence
je ne l'avais jamais visionné dans sa totalité.

Les westerns autour du feu ont cette qualité, du moins pour moi, ils incitent à combler les lacunes.

Comme pratiquement toujours (ne me poussez pas à citer les exceptions :wink: ) cette projection "obligée" a été un très bon moment :

La présence d'Eroll Flynn y est pour beaucoup, cet acteur a une présence incroyable, le couple qu'il forme
avec Olivia De Havilland est plein de charme.
Grâce (pas uniquement bien sûr) à eux la première partie tient, 70 ans après, encore la route.

Les faits d'armes, l'ascension de Custer dans la hiérarchie militaire durant la guerre de Sécession nous sont
racontés avec fougue, largement enjolivés...

L'après guerre nous montre l'affairisme pour le reconstruction, l'ouverture vers la frontière de l'Ouest.

Walsh nous présente un Custer, honnête, droit, sincère, bien que capable à l'occasion de ruse : la scène du repas avec le Général Winfield Scott.

Et arrive le dénouement final : le sacrifice à La Little Big Horn, quel panache...

Les qualités cinématographiques de La charge fantastique sont indéniables, un grand film qui magnifie Custer.

Quand la légende est plus belle que la réalité... Vous connaissez la suite.

Et puis n'oublions pas nous sommes à la veille de Pearl Harbor, de l'entrée des USA dans le conflit de la WW II.

La Charge fantastique exalte le sens du devoir, nous montre comment les Américains vont au combat, à la mort pour honorer
leur engagement, ici la promesse que jadis Custer fit à Crazy Horse.

:sm80:
Modifié en dernier par Jean-Louis le 22 nov. 2010 10:36, modifié 1 fois.

Avatar du membre
ROY ROGERS
As de la gâchette
Messages : 522
Localisation : libourne (entre st Emilion, Pomerol, Fronsac)

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar ROY ROGERS » 20 nov. 2010 18:46

pour les amateurs de ciné que ns sommes, Errol Flin fait partie des acteurs de légende. Ils ont imprimé dans notre inconscient, ce qui est le rêve, l'aventure, des images inoubliables. Dans le ,genre, dans "pour qui sonne le glas" quand Cooper fait ses adieux à Ingrid Bergman, lui son chapeau, le regard qui en dit long, elle (avec ses cheveux courts) qui le regarde...... custer qui fait ses adieux à son épouse, custer seul au milieu de ses hommes.....ce n'est que du ciné......mais que d'émotions. pour moi c'est inoubliable...... :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6:
dit "ROBERT"

limpyChris
Marshall
Marshall
Messages : 2453

Re: La Charge fantastique - They died with their Boots On - 1941 - Raoul Walsh

Messagepar limpyChris » 26 déc. 2010 19:15

Ça y est, je l’ai enfin revu ! et, de prime abord, pas grand-chose à ajouter ; je rejoins tout à fait Pike sur le point de vue historique et Musselshell sur le point de vue cinématographique.
Je me souviens que, lorsque je l’ai vu adolescent, je n’avais pas eu pour ce film une grande considération : la première partie : West Point et les premières rencontres de Custer et Libby trop traitées sur le ton de la comédie pour un western digne de ce nom, un humour avec de grosses ficelles américaines, les actions sombres de Custer passées sous silence, le type glorifié, son arrivisme traité de manière bon enfant, les mensonges (ne serait-ce que par omission) sur les Indiens, tout mis sur le compte de quelques types véreux, Little Big Horn trop rapidement traité, avec des figurants représentant des Indiens, mais dont on voit trop bien qu’il s’agit de cascadeurs blancs portant perruque, trop de coiffes de plumes, et se terminant par un défilé de cavaliers avec l’image sublimée du Héros en surimpression … BÊÊÊRK ! Bref, vous connaissez l’adolescent, sans concession, et qui croit tout savoir …

Revu, donc, il y a quelques jours … et quel plaisir ! Mais, est-ce parce que Custer a été revisité à plusieurs reprises depuis, et la statue, la légende mise à mal, la propaganda révisée, que j’ai pu regarder ce film sans penser au côté historique, mais comme un ‘simple’ divertissement ? Je le crois. Errol Flynn n’était plus pour moi le ‘despicable’ Custer, mais un héros imaginaire et cet acteur bondissant qui m’avait réjoui dans « Robin des Bois », je me suis rendu compte qu’il ne soutenait pas une thèse à laquelle je n’adhère pas, et que, comme le disent quelques intervenants précédents, il –le film- soutient en fait quelques valeurs chères à l’homme Walsh, en étant, en plus, très plaisant à regarder : je me suis cette fois bien amusé aux extravagances et au culot de ce jeune tête brûlée (la lampe à pétrole, ‘Fire ! Sabotage !’, le repas avec le Gal Scott, qui ne prendra qu’un ‘snack’, et énonce une commande longue comme le bras ; le serveur s’étonne ; Scott répondant : ‘This is War, Charles, WAR !, la feuille glissée pour signature), aux prédictions de ‘Mama’ … euh, ‘Callie’ McDaniel (it’s … it’s … it’s a doorbell), à la deuxième rencontre avec le père de Libby, qu’il découvre en double, souriant, aux jets de tabac du vieux ‘California Joe’ … etc. et ‘accepté’ les scènes plus émouvantes (séparation) …

Quelques remarques, en vrac :

Le générique, tout d’abord : certes, nous le savons, meilleur est le méchant, meilleur sera le film … mais deux des cartons sont illustrés par des cavaliers indiens, dont l’un d’un, d’assez grande taille représente un Indien de face, en coiffe de plumes ; le héros de l’histoire n’a pas droit à une telle présentation d’ouverture (certes, la conclusion …) ; et la musique d’intro, sur le générique … Encore une musique de ce sacré vieux filou de Max Steiner ! Combien de fois celui-là s’est-t-il fait payer la même musique ?? !! Je signalais déjà, après avoir vu « La Rivière d’Argent », que le thème sur la menace indienne était postérieurement reprise dans « The Searchers / La Prisonnière » … Eh bien, ce thème, il est déjà présent dans « They Died With … », c’est même ce ‘thème indien’ qui ouvre le film, sur le bouclier de la Warner et le carton suivant, présentant les deux stars … est-ce dans un but ‘ominous’, de mauvais augure, anticipation de la fin tragique connue de tous ou … ?
Steiner reprendra encore ce ‘thème indien’ dans le dernier western de WALSH, « Distant Trumpet / La Charge de la Huitième Brigade » … S’est-il inspiré, comme l’un ou l’autre compositeur d’une musique ‘indienne’, d’un chant retranscrit par Frances Densmore ou autre … ? (on retrouve également un autre thème musical ‘indien’ de « The Searchers / La Prisonnière … » dans « Jim Thorpe – All American / Le Chevalier du Stade » (1952) de Michael Curtiz avec Burt Lancaster.)

L’arrivée drolatique des jeunes recrues à West Point, accueillies par Joe SAWYER, l’inoubliable ( ?) Sergent (irlandais) O’Hara dans « Rintintin », m’a immanquablement fait penser à celle de « Rio Grande », l’image finale des boys-cavaliers, avec Custer en surimpression m’a fait penser à celle de Wayne et des boys-cavaliers passant en reflet sur la vitre de la fenêtre dans « Le Massacre de Fort Apache », avec une phrase semblable « Men die, but a Regiment lives on », la phrase « against us are ranged thousands of the finest light cavalry on Earth », à laquelle fait écho celle de Ford dans « SWAYR / La Charge Héroïque », l’entrevue Custer-Grant à la Maison Blanche, trois affairistes ( ? ou s’agit-il de secrétaires ?) faisant irruption dans le Bureau du Président, et à qui il jette un ‘Get out !’ me rappelant celle de Widmark/Archer et Robinson/Carl Schurz (également barbu, fumant le cigare, assailli de magouilleurs fonciers ‘leeches sleeping on my doorstep -si ma mémoire est à peu près exacte- ( « They Died … » étant antérieur à tous ces Ford.). Le patriotisme américain de rigueur à l’époque, certes, mais y aurait-il un clin d’œil de Ford à Walsh, comme ce fut le cas entre Ford et Hawks (« Red River »/ « The Searchers ») ? Quelqu’un sait-il si les deux entretenaient des relations, avaient de l’estime l’un pour l’autre, s’ils étaient ‘copains’ ? Walsh dit dans une interview apprécier Ford (et les ‘old masters’, comme Hawks …etc.), mais je n’en sais pas plus.

Film anti-Indien ? Ce que j’ai dit à propos des illustrations de générique, où l’Indien a la part belle par rapport à Custer, de même que la musique débutant le film, pourrait faire penser que non, mais l’on peut encore douter, car on peut soutenir aussi que l’on désigne le méchant d’entrée. Alors, voici quelques extraits de dialogues : Custer : « If I were an Indian, I’d fight beside Crazy Horse to the last drop of my blood / Si j’étais un Indien, je combattrais aux côtés de Crazy Horse jusqu’à la dernière goutte de mon sang » ; puis, plus tard : ‘Queen’s Own’ Butler : « Why are you asking me to go back with it ? –Well, for one thing, you’re an Englishman, not an American. –Not an American ? What do you Yankees think you are ? The only real Americans in the merry old parish are on the other side of the hill with feathers in their hair.”(Et bien, d’une part, tu es Anglais, pas Américain. -Pas Américain ? Et qu’est-ce que vous autres Yankees croyez être ? Les seuls vrais Américains dans le coin sont de l’autre côté de la colline avec des plumes dans les cheveux »). Je ne sais pas si ce vieux Custer aurait pu prononcer de telles paroles, mais WALSH indubitablement les met dans la bouche de quelqu’un qui peut être entendu par l’Américain moyen du début des années 1940, qu’il s’agisse de celui qui est encore à l’époque considéré comme un héros magnifié, ou de la star de cinéma … de quoi toucher des cibles, des publics différents.
De plus, des photos montrant Walsh chevauchant avec des figurants indiens, recevant une coiffe de plumes, ou bras dessus bras dessous avec Walking Buffalo lors du tournage de « Saskatchewan / La Brigade Héroïque » … mais je (res)sens Walsh moins paternaliste que Ford, moins condescendant que De Mille. Et voici, enfin, en ce qui concerne les Indiens un extrait d’interview dans « CONFESSIONS, Un Siècle de Cinéma américain Par Ceux qui l’ont fait » d’Éric Leguèbe :
« Quand j’étais jeune garçon, mon père était Attaché aux Affaires Indigènes à Washington. C’est lui, le premier qui, alors que les Bisons avaient déjà pratiquement disparu, a dit qu’il fallait protéger, nourrir et habiller les Indiens. (…) Il a vécu parmi eux et m’a souvent confié à leur garde. C’est aussi lui qui m’a recommandé de bien observer les chefs dont il me disait : ‘C’est un homme honnête, vaillant et juste.’ Ainsi, j’ai connu les Crows, les Sioux, les Arapajos (sic), les Cherokees, les Cheyennes, les Navajos, les Zoonies (re-sic) et les Pueblos. Quand j’étais enfant, je parlais couramment le Sioux. Trois tribus m’ont fait leur frère de sang : les Sioux, les Arapajos et les Pieds Noirs.
Vous savez, les Indiens sont très longs à vous adopter. Ils vous observent en silence pendant des mois. Mais quand ils vous acceptent comme frère, c’est pour toujours. (on a un témoignage similaire de Joë Hamman, pratiquement dans les mêmes termes.) Ainsi, j’avais un ami Peau-Rouge qui me suivait sur tous les tournages. Un jour, j’ai dû faire un séjour dans un hôpital. Mon ami est venu me voir en empruntant l’escalier de secours extérieur. Il avait un immense bouquet dans les bras quand il est entré par la fenêtre. Le soir, l’infirmière m’a appris que la direction était aux quatre cents coups, car toutes les fleurs du jardin avaient été coupées ! »

Walsh a-t-il embelli ses relations ?
De toute façon, si l’anecdote que se plaît à raconter Bertrand TAVERNIER sur au moins deux-trois bonus de dvd est vraie, à savoir que, pour se débarrasser de producteurs qui venaient encombrer les tournages, Walsh s’arrangeait pour se frotter l’œil et faire tomber son œil de verre dans son café ou son assiette, le récupérait, l’essuyait et le remettait en place dans l’orbite, un tel homme ne peut pas être totalement mauvais !!
Les Indiens, bien que n’étant qu’un ressort de l’histoire, sont traités ici avec dignité. (En plus de ce que vous avez dit, et les extraits de dialogues, on aperçoit, lorsque Custer se rend au Trading-Post/Saloon de Fort Lincoln où Sharp vend des fusils aux Indiens, une femme indienne assise sur les marches de l’escalier, regardant son mari affalé, une main sur une bouteille, et pleurant).


Quelques flashs :

Custer montrant à Libby où se trouve Fort Lincoln sur la carte ; dialogue : « And from then on wagon train » … et l’expression ‘wagon train’ évoquant immédiatement à l’esprit … l’image suivante ouvre immédiatement sur deux Indiens qui apparaissent au sommet des rochers, avant que l’on voie le premier chariot.
Un plaisir de retrouver ce vieux Charley Grapewin sur l’indispensable old timer, râlant et radotant, crachant et lançant des bordées d’injures colorées. Lorsque Custer veut sauver son ami Butler du massacre qu’il sent imminent en l’envoyant porter un message, et le refus de Butler, qui a compris, Custer dit qu’il lui faudra alors trouver quelqu’un d’autre. La caméra se porte sur le vieux Charley ‘Joe’, de profil, présent sous la tente lors de l’entretien. Lorsque celui-ci comprend que les yeux de Custer se portent sur lui, il se dépêche de sortir de la tente …
“You can take Glory with you when it’s your time to go.”
Et bien sûr, la séparation Custer-Libby, passant en revue les objets à ne pas oublier, un lourd non-dit, la découverte du journal intime de Libby …

Je n’ai pas pris le temps de chercher l’extraction, les origines de Custer … Quelqu’un pourrait-il me renseigner ? Lorsqu’on le voit arriver à W.P. en grand équipage, on l’imagine venant d’une famille aisée.
Murat était-il réellement son modèle ?

Quant à la Bataille de la Little Big Horn, rappelons qu’il s’agit là de la plus grande victoire nautique des Indiens des Plaines.

Et en ce qui concerne des acteurs non crédités, ni au générique, ni, à cette heure sur l’IMDB, j’ai reconnu l’espace d’une seconde, dans l’un des deux Indiens qui décochent une flèche dans le dos du vieux California Joe (celui à la gauche de l’écran), ce vieil Iron Eyes Cody (Pour Pike, qui l’avait sans doute repéré aussi, ou qui, sinon, le reconnaîtra immanquablement !)

Et pour terminer, une blague qui courait sur les réserves dans les années 70, et reprise, je crois, dans « Centennial / Colorado » : Custer était, en Juin 1876 Responsable des Affaires Indiennes (pour les besoins de cette histoire, uniquement). Avant de se mettre en route pour aller briser les Hostiles, il se retourna et, du haut de son cheval, lança aux employés du Bureau des Affaires Indiennes : « Surtout, ne changez rien jusqu’à mon retour ! ». Et c’est ce qui a été fait.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.



Retourner vers « Les Westerns autour du feu : débat »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 1 invité