La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

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Cole Armin
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La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar Cole Armin » 01 oct. 2010 8:04

Pour ceux qui ne connaissent pas le film, voir ICI


Attention, les SPOILER sont autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.


Tous les documents sont à poster dans ce topic:
viewtopic.php?f=20&t=11458


Que le débat commence!
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ROY ROGERS
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar ROY ROGERS » 02 oct. 2010 17:21

svp des références pour les dvd, car le dernier consulté n'était pas en langue française et il ne semble pas y en avoir, me trompe-je ?
dit "ROBERT"

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tepepa
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar tepepa » 03 oct. 2010 22:19

Allez, en mise en bouche je copie-colle mon blabla de mon blog:

L’american way of life en prend un coup dans ce Silver River. Comme le veut la légende, on peut arriver très haut en partant de rien, mais à quel prix! Et bien sûr, plus dure sera la chute ! Errol Flynn, l’immense, le beau joue ici un type antipathique quoique irrésistible, son ambition n’a pas de limite et son audace non plus. Maison de jeu, argent, banque, recyclage de l’argent, actions dans les mines d’argent, visite du président Grant, augmentation des rendements, folie des grandeurs, marbre importé d’Europe, magouilles, contre-attaques financières, ventes rapides, hypothèques, déchéance …, la courbe en cloche est lisse et fluide. Voici le seul étalon peut-être de ce qu’on pourrait appeler un « western financier », où le héros se promène plus volontiers en attelage queue de pie qu’à cheval vêtu d’une chemise sale ! La politique aussi s’en mêle, ceux qui ont à cœur la défense du citoyen et veulent se faire élire sénateur prennent du plomb dans le buffet, car dans « western financier » il y a le mot « western » quand même. Errol Flynn étant Errol Flynn, un ultime revirement de conscience le fera défendre une cause plus juste : la prospérité du pays, oui, mais pas pour son seul enrichissement personnel, la prospérité du pays pour le bien de tous ! Une sorte d’appel à l’entreprise citoyenne en somme :-)

Et puis, outre la tragédie financière, la tragédie humaine s’en mêle, avec cette parabole du Roi David qui fait peser un lourd secret dans le couple que forment Errol Flynn et Ann Sheridan. Le salaud a en effet envoyé le mari de celle-ci à la mort pour mieux la séduire ensuite. Cet acte immoral va troubler la conscience de McComb, aiguillonné par son avocat alcoolique (Thomas Mitchell) qui connaît le pot aux roses. La rivière d’argent narre donc de façon exemplaire les effets néfastes d’une trop grande volonté de réussite, d’une ambition qui ignore l’amitié et se moque des conséquences des moyens utilisés pour justifier la fin. Servi par un Errol Flynn éclatant, rythmé par une excellente musique de Max Steiner, La rivière d’argent va bien au-delà des thèmes habituels du western, et pour cela, il devrait plaire au plus grand nombre. La fin avec ses mouvements de foule époustouflants ferait presque passer ça pour du cinéma révolutionnaire !

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Pike BISHOP
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar Pike BISHOP » 05 oct. 2010 17:59

Le titre français doit résonner plus fort que l'équivalent US..
L'ARGENT..Le métal et le billet..Et la corruption que sa possession ou le désir de sa possession entraîne...
Ce serait l'épisode des ROUGON-MACQUART de ZOLA si la fin bien trop américaine ne venait contredire et tempérer tout l'exposé..
Itinéraire d'une séduisante crapule qui au départ n'est qu'un courageux officier yankee...Prenant une initiative sensée,
(Brûler 1 million de dollars plutôt que de le voir tomber aux mains des confédérés, et prolonger la guerre d'autant que ce petit capital
le pourrait)...qui se retourne contre-lui..Brûler ce qui est la plus grande valeur de l'état US..Le DOLLAR !!! quel crime !
Dégradé, chassé de l'armée..L'aventurier va se barder d'autant de cynisme qu'il se débarrassera de scrupules...
Ses premières arnaques, tours et roueries sont plaisantes..Le sourire et le culot de FLYNN pouvant tout faire passer..
Puis vient la description détaillée d'une "carrière américaine" le self made man dans toute son horreur...L'orgueil, l'avidité,
l'argent et la puissance..Toujours plus..Toujours plus.. On a déjà vu de tels personnages, qu'ils soient interprétés par GABLE, WAYNE
WELLES.. Les tripots (ce qui sous entend pègre) les mines..La banque..La bourse..L'état et la politique..
Combien en avons-nous sous les yeux de ces crapules absolues, nous mentant avec sourire colgate et aplomb inébranlable
dans leurs interviews TV..Les parfaits honnêtes hommes, grands philanthropes, grands contribuables, serviteurs de la nation
accédant aux plus hautes responsabilités et s'avérant quand les masques tombent (souvent beaucoup trop tard) les pires
ordures qu'on puisse imaginer..
Rien ne résiste à MIKE McCOMB (FLYNN) et on prendrait presque son parti, tant ses adversaires sont décrits encore pires que lui
ou du moins sont-ils moins intelligents et moins séduisants..
Seulement le pouvoir corrompt tellement que la morale finit par ne plus exister..Et dans le domaine de l'amour, McCOMB pense
aussi que tous les coups sont permis...Semblable au ROI DAVID désirant BETHSABEE..Il envoit le mari trop propre se faire scalper...
L'épouse, même si des bruits lui reviennent, préfère les ignorer..Peut-être pas d'une moralité à toute épreuve, elle non plus..
la séduction et l'argent de McCOMB avaient peut-être fait des ravages bien avant le décès du premier mari...
Grain de sable dans les rouages, un ivrogne, ex-avocat, sentencieux donneur de leçons, raté pour qui McCOMB s'était pris d'affection
ou tolérait, comme les triomphateurs romains toléraient sur leurs chars le "rabat-joie" qui leur surinait tout au long du parcours
"rappelle-toi que tu n'es qu'un mortel !" sauf que celui-là vient un peu trop lui crier "ROI DAVID" même à la soirée où US GRANT
est l'invité d'honneur..
Quelques raccourcis improbables scénaristiques plus tard..L'ivrogne repenti se lance en politique contre son ex-patron..
Il se fait abattre, ce qui provoque le retournement complet du "Taïkoun" lucidité morale soudaine ou désir de retrouver amour et
honneur devant son épouse fuyante..Cet illogique retournement le place à la tête de ceux qui le combattaient, les ouvriers, les
petits, les mineurs.. (c'est CHIRAC et la fracture sociale) et des scènes de foule superbes rythmées par la marche triomphale
de MAX STEINER...
Prise entre deux morceaux de bravoure épique, cette lente ascension vers le mal absolu est de ce que WALSH a fait de plus noir
la chute qu'on aurait pu voir commencer avec le crack bancaire et boursier se dilue dans le sirop rose, hélas, Hollywood oblige..
C'est le dernier film du duo FLYNN/WALSH..Pas le plus beau..Le plus profond certainement....
If they move, kill'em !!

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musselshell
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar musselshell » 05 oct. 2010 19:14

Super Pike...
C'est exactement çà.
Et je crois que Walsh est à la hauteur de ce scénario implacable (pas fait exprès). Ca grouille de partout, de vie, de mouvement, de densité humaine. Il y a un poids de chair, de sens dramatique dans les meilleurs Walsh qu'on ne trouvera jamais chez Hawks, qui parait distancier, transformer en jeu, ou chez Ford, dont le propos est autre(fondateur ou désenchanté).
Il y a longtemps que je n'ai pas revu Silver River...mais j'en garde un souvenir...walshien.
La fin est trop "américaine"? Sûrement si on regarde le monde tel qu'il est . Moins si on est fasciné par l'alliance du vice et de la grandeur, de la sensualité et du calcul, ces trucs qui signent à jamais Raoul Walsh.
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

limpyChris
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar limpyChris » 13 oct. 2010 17:52

Encore une fois, vous avez tout bien dit, les gars ... Après, vous vous étonnez qu'on ait du mal à poster derrière vous !!
Après le mois passé en couleurs et dans les Grandes Plaines, c'est sûr que celui-ci ... dépayse !! ... Bon, au début, on a un peu de Guerre Civile, puis un épisode de joueurs de poker sur un vapeur ... ensuite arrive ce vieux poivrot philosophe de Thomas Mitchell ... Je suis encore en pays connu ... Mais après, j'ai cru que c'était la première version de "Wall Street" ...
Très intéressante, d'autant plus que rare - ... euh, heureusement, sinon j'aurais vite décroché des westerns !!- vision de la Conquête de l'Ouest, non plus avec les Pionniers, mais du côté des boursicoteurs et autres hommes d'Affaires et d'Argent. Et le parcours d'un homme, qui, d'honnête vire cynique après une ou deux injustices commises à son égard ... mais, chassez le Naturel ... Ouf ! il retrouve la rédemption avant le générique final (Flynn campe, comme le dit Pike, "une séduisante crapule" que l'on n'arrive pas à détester malgré tout, tant on s'y retrouve, dans les mécanismes humains) ... Mais nous ne sommes qu'en 48, la morale doit être sauve, mais entretemps, belle étude de Walsh. On y voit bien qu'il était loin d'être le type un peu fruste et peu cultivé qu'il voulait trop souvent faire croire ... (comme McComb qui cite ‘Grandeur et Décadence de l’Empire romain’ de Gibbon, et semble s’en excuser)

Pour répondre à Robert, le dvd est 'trouvable' (ça existe, ça, comme mot, en français ? -en tout cas, c'est compréhensible, alors ...) avec VF d'époque (Péran -la voix fr. du Col. Thursday de « Fort Apache », R. Loyer, Raymond Rognoni ...) ; je l'ai personnellement trouvé il y a quelques semaines en promo dans un Centre L., avec d'autres classiques (westerns, Guerre -"They Were Expendable" de Ford, etc.) à 6,9...€ (3 ou 5 pour ...).

Ai eu la surprise d'entendre, dans le thème "menace indienne" ... lorsqu'on annonce des Shoshones sur 'le pied de guerre', lorsque Stanley Moore commente la carte et que le groupe ramène son corps ... exactement le thème musical de ... (après quelques secondes de recherche dans ma 'mémoire reptilienne') "A Distant Trumpet/La Charge de la Huitième Brigade" du même Walsh ... mais aussi entendu ailleurs ... (je fais un retour en arrière, pour me repasser l'extrait ... et 'Bingo') : "The Searchers" !! Max Steiner recycla donc à (au moins) deux reprises son thème 'menace indienne' ...

« Il y a des Indiens dans cette contrée/C’est le territoire des Shoshoni » -que l’on s’attribue déjà-
« Alors, qu’est-ce que j’aurai, Platon ?
Vous aurez environ un millier d’hectares : toute cette étendue que vous voyez, là jusqu’à la crête au loin, toute la vallée jusqu’à ces pics … au Nord … etc.
Tu as devant toi un homme qui a fait brûler un Million de dollars. Ici j’en vois 100 Millions. Marché conclu. » Ceci à peine dit, que les ‘anciens propriétaires’ se rappellent au bon souvenir de McComb, et des spectateurs : le vieux Sam Slade arrive en titubant, mortellement blessé par les Shoshoni.
Un simple ressort de l’action, certes, mais qui m’a immédiatement fait penser à une réplique de ce militaire ami de Custer dans « They Died with their Boots on » qui dit que les vrais Américains sont là bas, de l’autre côté de la colline -faisant référence aux Sioux et aux Cheyennes- … fallait oser, en 41 …

Mais pour que je n’aie pas l’air de m’intéresser qu’au sort des Indiens dans les westerns … :
En ce qui concerne la prise de vue ... une erreur me semble-t-il (ou alors c'est encore moi qui ai trop forcé sur la bouteille) dans le positionnement de caméras et les plans : lorsque la diligence dépasse le convoi de McComb/Flynn par la gauche, Ann Sheridan est assise à droite sur la banquette, du côté de la fenêtre, dans le sens de la marche. McComb la salue, et elle regarde par la fenêtre, de son côté … donc vers les montagnes sur sa gauche, et non vers Flynn et son convoi, qu’ils dépassent par la gauche …
Rien de mieux, puisque je souscris à ce qui a été écrit ci-dessus … C’était juste pour apporter une info à Robert et essayer de relancer la machine …
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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ROY ROGERS
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar ROY ROGERS » 15 oct. 2010 16:28

merci dear limpy,

en effet ce western fait partie de la liste de base des films que je voudrai posséder, (l'acteur, le réalisateur), et en plus, je l'ai vu il y a très lontemps, donc beaucoup de choses qui me tiennent à coeur. Errol, comme TAYLOR a longtemps été Ivanhoé, il restera pour moi un inoubliable Robin des Bois. Sans parler des corsaires....

PS: trouvable n'est ni un néologisme, ni un barbarisme, donc tout à fait correct;
dit "ROBERT"

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ROY ROGERS
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar ROY ROGERS » 10 mars 2011 20:53

cE FILM n'a pas eu le succès qu'il mérite sur le forum, dommage, PIKE et le marshal sont tout à fait dans le vrai dans ce film que je viens de voir. JE l'ai acheté en VOST et il m'est arrivé en francais. IL m'a tellement plu que je l'ai revu le lendemain en vost. moi aussi j'ai voulu le classer dans une catégorie, mais ce qu'écrit PIKE est vrai et m'a bcp amusé. Mais je pense qu'il y en a d'autres dans le genre, peut-être avec plus de coups de feu ! et moins de beaux costumes ! Je confirme la profondeur de ce film, et ERROL je le préfère dans ce film que dans "la charge héroïque" (que j'aime bcp aussi) plus en retenue, moins bondissant, mais super en bandit sympathique. vs l'avez compris ce film m'a plu :sm57: ce fut une très agréable surprise, (car oublié depuis sa première vision) et tant pis si ce post a du retard, mais il fallait que je le fasse, sinon je n'aurai pas pu m'endormir sereinement :sm5: :sm5: :sm5: :sm5:
dit "ROBERT"

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gilson
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Re: La Rivière d'argent - Silver River - 1948 - Raoul Walsh

Messagepar gilson » 05 déc. 2011 16:40

« Western classique », dit mon petit dico. Ah, bon !! Tepepa montrait bien tout ce qui couinait, pourtant. Economique, plutôt, donc, et on voit bien qu’une fois qu’on a dit cela, les choses changent. Homo economicus. On est déjà là dans quelque chose de singulier. Mais regardez mieux… Homo, vraiment ? « Je ne laisse rien au hasard », que répète Mc Comb, « Vous n’êtes même pas de l’Ouest », que dit m’ame Moore à Mc Comb, « Vous piquez ma curiosité d’observateur de l’être humain », que dit Plato au même, « Mc Comb, ce n’est pas un homme, c’est… », que n’a pas le temps de finir la future Mme Mc Comb, tandis qu’un autre, Plato, je crois, finit la phrase, à un autre moment, avec le mot « serpent ». Gonflé, quand même, le Mc Comb : « L’ambition devrait être faite d’un matériau plus solide », ironise-t-il à propos de … Jules CESAR !!!!! Je pose 9 et je retiens 2 : moi, ça me donne un héros en apparence inhumain ou surhumain. Un chef, comme le dit Georgia transmettant le message de Plato avant la mort du candidat au Sénat. Et j’oubliais : « Je ne crois pas à la politique ».

A quoi, alors ? Pas à l’argent, non plus. On est dans quelque chose de mythologique, prométhéen*, biblique (références répétées à David, mais pas seulement), et … philosophique. Ce n’est pas moi qui ai inventé d’appeler ainsi le personnage très fort de l’avocat candidat au Sénat, sage respecté par Mc Comb jusque dans la scène du soufflet. ‘L’était une fois, aux Pays-Bas, un philosophe qui se demandait, entre autres choses, ce que peut un corps, un homme. On est dans un hymne à la force, l’énergie pure, et à ceux qui la possèdent. Le western, ce n’est pas qu’il soit loin, mais on est au-delà. Cela si on pense que l’ensemble est cohérent, ce que je crois. On peut voir une fin confisquée par Hollywood (thèse de Pike, si je comprends bien). Ca se soutient parfaitement. J’ai tendance à croire que tout prend une place plus naturelle si on tient compte de cette grille de lecture philo-mytho-biblique. Un exemple : on peut se dire, à pas mal de moments, qu’on est, avec le film, dans une vertigineuse actualité : « J’ai …. Euh, le Président et moi avons pensé… », se reprend Mc Comb. On se dit que notre crise économique** est déjà là. Deux « mais », pourtant : ce million de $ brûlé au début, qui réapparaît plusieurs fois dans le film, et l’absence même de regard lorsque les huissiers emportent tout ce que l’argent lui a permis d’acheter. Quelle importance ?

Vraiment, un film sur l’argent ? Je le croyais au début. Je voterais plutôt pour un ensemble ultra éprouvé, finalement***, motorisé jusque dans ses solutions dramatiques par la Bible (châtiment divin). Tssss, tsss, entends-je : c’est Plato qui meurt, pas Mc Comb, et Plato est tout plein de positivités (tendance à treuiller, mais nul n’est parfait) : pas de justice immanente pour lui. C’est là qu’il faut être un peu souple des articulations. Si on cherche un (ou des) dénominateur commun pour le western, il faut qu’il y ait des constantes, des répétitions. Répétitions de lieux, de fonctions, de situations, de personnages, de schémas narratifs, etc. Dans le fil sur cette question, j’avais suggéré l’idée d’un partage des tâches, d’une sorte de république de personnages responsables de la conduite du récit, tout n’incombant pas à un seul, si cela convient mieux au propos de celui qui raconte. Ici, dans le film, si on veut que l’idée de héros soit encore plus forte, qu’est-ce qui vaut mieux ? On le fait mourir ou pas ? La réponse ne va pas de soi, mais je crois quand même qu’une fin youkaïdi est préférable. Et donc, puisqu’il nous faut une compensation aux outrances du personnage principal, division du travail oblige, on fait trinquer Plato (ça tombe bien, il aime ça). Le spectateur, en manque de ce mécanisme (tout doit se payer, univers de l’Ancien Testament), attend cela ; c’est presque sa dose. Peu importe qui se dévoue pour cette quasi exigence du récit.

J'oubliais: le film est magnifique. Mais qui en doute?

* carlylien ? Le fameux bouquin devait être encore très lu à l’époque, j’imagine
** c’est drôle : en 2008, au début de la crise, les journaux disaient : Les gouvernants injectent des milliards pour soutenir les établissements fragiles ; c’est le signe que la politique reprend la main. On pouvait, avec du simple bon sens, avoir le jugement exactement inverse : Que les établissements financiers réussissent à imposer ces mesures est précisément la preuve que ce sont eux qui commandent. L’adjoint de Mc Comb le fait remarquer à GRANT médusé : »Vous êtes planqué, maintenant », GRANT tout minuscule, plus petit que Georgia avec qui il valse !!!
*** sauf que cette thématique du héros et du culte qu'on lui doit place le film à part.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"


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