Libre comme le vent - Saddle the wind - 1957 - Robert Parrish

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Abilène
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar Abilène » 02 févr. 2014 12:20

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Stumpy42
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar Stumpy42 » 09 déc. 2014 14:21

jamesbond a écrit :Si il y a un western classique qui tire son apologie dans les années 50,je citerais celui qui selon moi est l'un des meilleurs westerns que j'ai vu.Robert Parrish à réalisé deux excellents westerns Wonderfull Country(L'aventurier du Rio Grande).

ce film fait partie des ces westerns crépusculaires et réaliste,on est très loin du coté paillettes hollywoodiennes.Tout est réaliste y compris la ville où les maisons sont dispersées,ce n'est pas comme certains western où on voit les voient groupées.

Robert Taylor est remarquable dans le rôle du frère ainé non violent,John cassavettes il me semble que c'est son unique western, interprétait le plus jeune frère de Taylor ,et sans parler de la présence féminine d'une des plus belles femmes du western Julie London.Sans oublier les second rôles le grand Donald crisp qui avait reçu un oscar pour un second rôle dans l’extraordinaire film de John Ford How Green was my Valley(Quelle était verte ma vallée) et charles McGraw

Ce film est tourné dans des décors naturels,il fait partie de mes westerns crépusculaires préférés aux même titre que Will Penny,Shane ,Johnny Guitar (orthographe anglais) .

C'est dommage que un grand cinéaste comme Robert Parrish soit oublier aujourd'hui ,heureusement que les sorties de ses DVD lui rendent hommages.L'excellent scenario est écrit par Rod Serling le créateur de la série culte Twiling Zone(La Quatrième Dimension),sur une musique du grand maestro Elmer Bernstein compositeur ses inoubliables Les sept mercenaires,Comancheros et le fabuleux péplum de De Mille, Les Dix Commandement.

Robert Taylor pour moi est considéré comme l'un des meilleurs interprètes de western,il apporté beaucoup plus un regard nouveau que certains acteurs du genre aux mêmes titre que James Stewart,Robert Mitchum,Charlton Heston,Richard Widmarke,Alan Ladd,Henry Fonda,Gregory Peck,Gary Cooper,Kirk Douglas et beaucoup plus loin Clint Eastwood

Ce western psychologie,crépusculaire est une réussite sans faille.


Je viens de voir ce western dans la collection "fnac les "introuvables"" : Excellent western méconnu (sans spaghetti et sans ketchup), assez original sur les destinées croisées d un frere incontrolable avide de reconnaissance et des colons nordistes voulant installer des barbelés dans la prairie se heurtant a l hostilité des texans
superbe julie london
robert taylor et cassavettes excellents très beaux paysages
Bilan : 16/20

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 10 déc. 2014 21:13

Revu récemment et je ne peux qu'être d'accord...
Le dernier bon western de Robert PARRISH avant (puisqu'il est question ci-dessus de "spaghetti")qu'il n'aille se fourvoyer à Almeria a tourner ce curieux western LES BRUTES DANS LA VILLE avec Robert SHAW, Stella STEVENS et Telly SAVALAS... :?
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Longway
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar Longway » 19 déc. 2014 20:57

Fiche Télé 7Jours.
Diffusion : Dimanche 23 Juin 1974 sur la deuxième chaine de L'ORTF.

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( Collection Pass )

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lasso
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar lasso » 24 févr. 2015 10:24

En revoyant cet excellent Western de Robert Parrish, je me dois de soulignier que le song "Saddle the Wind" est un des tout meilleurs,
comme celui de "Jonny Guitar", qui est encore plus nostalgique....

Dans ce Western qui fait affronter deux frères, l'un un ancien hors-la-loi repenti, qui est devenu un rancher laborieux, et son plus jeune
frère, plein d'élan, qui veut se justifier en homme de revolver, pour s'imposer dans le ranch, en prétendant devoir défendre son ainé des
menaces, qui se dessinent à horizon. Il amène aussi une "mademoiselle", qu'il vient d'arracher à son milieu douteux d'un Saloon, d'une
ville des environs.

En dehors, du fait que Steve ne veut pas partager la propriété avec Tony, il y a aussi le problème que Steve tombe tout de suite amoureux
de la très belle, mais réservée et assez froide, fiancée de Tony. Ce fait n'est pas bien exploité dans le film, Joan y répond, certainement
caché, mais elle aussi trouve que Steve a des atouts, qui la font rèver.

Une fois les différents réglés entre les deux frères, la belle Joan "emporte" son Steve, sans qu'il y ait drame de jalousie dans la famille.

Cet amour caché, n'a pas encore été traité sur ces pages, je crois ....

C'est ici que l'étincelle a sauté entre Joan et Steve !
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le suicidé dans un lit de magnifiques lupines au pied des Rockies.
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 26 févr. 2015 18:22

Je dirais pas mieux Lasso ! :applaudis_6:
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metek
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar metek » 23 août 2016 23:57

John Cassavetes - Saddle the Wind (1957)

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U.S. Marshal Cahill
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 18 févr. 2018 13:26

le dvd français
VF mono 16:9 compatible 4/3 format d'origine respecté 2.35
avec "Robert Parrish, le cinéma en liberté" : entretien avec Bertrand Tavernier (26 mn) + La galerie de photos rares
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CAHILL, UNITED STATES MARSHAL
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U.S. Marshal Cahill
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 18 févr. 2018 16:05

celui-ci ?
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CAHILL, UNITED STATES MARSHAL
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persepolis
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar persepolis » 18 févr. 2018 18:21

oui. :sm80:

excellent western , dommage que certains gros plans soient fait en studio car ça se remarque beaucoup. La fin est inhabituelle.

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pass
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar pass » 08 oct. 2018 8:45

U.S. Marshal Cahill a écrit : ……………………… par contre je sais plus quand il était sorti à la Fn...


Réponse sur le tard :mrgreen: , ce titre est sorti en DVD le 5 Avril 2011 ( 1ère jaquette ) quant à la réédition ( 2ème jaquette ) en Septembre 2014 chez le même éditeur.

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Sitting Bull
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Re: Libre comme le vent - Saddle the Wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar Sitting Bull » 08 oct. 2018 10:12

lasso a écrit :En revoyant cet excellent Western de Robert Parrish, je me dois de soulignier que le song "Saddle the Wind" est un des tout meilleurs,
comme celui de "Jonny Guitar", qui est encore plus nostalgique....


Elle y est déjà (capture du film par Vixare) mais je pense que la qualité sonore est meilleure ici.

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« Écrire proprement sa langue est une des formes du patriotisme. »
(Lucie Delarue-Mardrus) Image

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Moonfleet
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Re: Libre comme le vent - Saddle the wind - 1957 - Robert Parrish

Messagepar Moonfleet » 14 mai 2019 20:35

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Libre comme le vent (Saddle the Wind - 1957) de Robert Parrish
METRO GOLDWIN MAYER


Avec Robert Taylor, John Cassavetes, Julie London, Donald Crisp, Charles McGraw, Royal Dano
Scénario : Rod Serling
Musique : Elmer Bernstein
Photographie : George F. Folsey (Metrocolor 2.35)
Un film produit par Armand Deutsch pour la MGM


Sortie USA : 20 mars 1958


Peu après la fin de la Guerre de Sécession, l’inquiétant Larry Venables (Charles McGraw) arrive dans une petite ville du Colorado à la recherche d’un nommé Steve Sinclair ; il semble ne pas lui vouloir le plus grand bien. Ayant appris que Steve descend parfois en ville s’approvisionner, il décide de l’attendre. Steve Sinclair (Robert Taylor) est un tueur repenti ayant décidé de refaire sa vie en élevant du bétail ; il est désormais à la tête d’un des deux grands cheptels de la région, le second domaine étant dirigé par le vieux et sage Deneen (Donald Crisp) pour qui Steve travaillait juste avant de se mettre à son compte. Ce jour là, Steve a la surprise de voir revenir son jeune frère Tony (John Cassavetes) accompagné de Joan (Julie London), une chanteuse de cabaret qu’il a décidé d’épouser. Si Steve s’est définitivement rangé, Tony semble néanmoins avoir été marqué par le violent passé de son aîné qu’il considère encore comme son héros ; il en a gardé une passion immodérée pour les armes à feu. Alors que les deux frères se rendent en ville, Tony se retrouve face à face avec Venables ; apprenant que ce dernier est venu venger son frère autrefois abattu par Steve, Tony l’assassine avant qu’il n’ait eu le temps de dégainer. Steve s’en va raconter le drame à Deneen qui avait jusqu’à présent réussi à éradiquer toute violence au sein de la vallée. Le vieux propriétaire demande à Steve de surveiller son frère afin que ça ne reproduise plus, auquel cas contraire il serait obligé de leur demander de quitter la région. Mais Tony va avoir d’autres accès de violence, en particulier envers un groupe de fermiers pacifiques venu de Pennsylvanie s’installer légalement sur leurs terres…


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En ce début d’année 1958, Robert Parrish réalise le premier de son mini-corpus de deux westerns. Encore assez peu connu de nos jours (excepté au sein d’un cercle très restreint de cinéphiles), le réalisateur, ayant eu l’occasion de toucher un peu à tout dans le domaine du 7ème art, a pourtant eu un parcours assez passionnant qu’il relatera d’ailleurs dans une des plus réjouissantes autobiographies écrites par une personne issue du monde du cinéma : 'J'ai grandi à Hollywood'. Robert Parrish débuta comme acteur chez Charlie Chaplin puis chez John Ford. Le trouvant médiocre devant la caméra, le célèbre cinéaste borgne le assoir à la table de montage ; il apprit ce métier sur Drums along the Mohawk (Sur la piste de Mohawks) ainsi que sur Les Raisins de la colère (Grapes of Wrath) puis il s’occupa enfin seul du montage de ses documentaires tournés pendant la Seconde Guerre Mondiale dont La Bataille de Midway. On lui demanda même de compiler les archives utiles pour le procès de Nuremberg. Il gagna ensuite un Oscar pour le montage de Body and Soul (Sang et or) de Robert Rossen, puis en 1951, grâce à son ami Dick Powell, il put enfin accomplir son rêve, débuter dans la mise en scène. Après quelques films noirs de série B, il passe au film de guerre avec deux œuvres assez réputées auprès des amateurs, La Flamme pourpre (The Purple Rain) avec Gregory Peck ainsi que L’Enfer des tropiques (Fire down Below) avec Robert Mitchum.


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Puis c’est pour la Metro Goldwin Mayer qu’il réalise Libre Comme le vent, confiant le rôle de la jeune tête brulée à John Cassavetes avec qui il s’entendra d’ailleurs remarquablement bien. Ce dernier lui rendra la monnaie de sa pièce en lui demandant de mettre en scène deux épisodes de la fameuse série Johnny Staccato. Robert Parrish a avoué à son grand ami Bertrand Tavernier n’avoir jamais vu son premier western, gardant trop de mauvais souvenirs de son tournage et de la postproduction, ayant surtout eu en travers de la gorge la suppression de quelques séquences entre John Cassavetes et Dick Erdman, mais surtout le rajout de multiples plans de coupe en studio réalisés par John Sturges. Ce dernier, très ami avec Robert Parrish, a toujours été gêné d’avoir été obligé de le faire, et au vu du résultat on peut comprendre pourquoi : si Saddle the Wind me parait aussi déséquilibré et aussi décevant, c’est dû en grande partie à tous ces hideux gros plans de coupe devant transparences qui cassent toute l’ambiance installée par le cinéaste. Il n’y en aurait eu qu’une dizaine que ça aurait pu passer comme une lettre à la poste ; ce n’est malheureusement pas le cas, quasiment toutes les scènes importantes en étant parasitées. C’est d’autant plus plombant que les plans d’ensemble ou plans américains de ces mêmes séquences sont filmés en véritable et splendides extérieurs ; ce perpétuel va et vient entre plans en studio et plans en extérieurs dans la même scène se révèle tout simplement vite assez indigeste.


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Mais si, de par ses thèmes adultes, une mise en scène très correcte (même si guère mémorable) et un beau casting, le western de Robert Parrish reste en l’état tout à fait honorable, il est décevant sur d’autres points et notamment et en premier lieu à cause du travail d’écriture de Rod Serling, le futur créateur de la cultissime série La Quatrième dimension (Twilight Zone) ; ce sera d’ailleurs son unique incursion dans le genre. Si les thèmes brassés sont enthousiasmants, les deux axes principaux s’harmonisent assez mal, certains des plus intéressants personnages (tel celui interprété par Julie London) en subissant les conséquences, presque évacués en cours de route sans crier gare. Ces deux axes dramatiques, quels sont-ils ? Tout d’abord, comme ce fut souvent le cas ces deux dernières années, les relations parfois tendues et difficiles entre deux hommes, ici deux frères. L’autre thématique, plus traditionnelle, est celle de l’irruption des barbelés au centre des Open Range et des conflits qui s’ensuivent entre pionniers-fermiers et ranchers déjà bien installés. Rod Serling aura donc du mal à imbriquer harmonieusement les deux pivots de son intrigue. Pourtant, séparément l’un de l’autre, il y avait de quoi captiver l’auditoire d’autant que certains détails sont encore assez inédits. Concernant les rapports tourmentés entre Steve et Tony, beaucoup de choses très intéressantes sont mises en avant et notamment l’engouement du cadet pour le passé de son aîné que ce dernier fait au contraire tout pour oublier. Si Steve est le héros de Tony, c’est pour avoir été un tireur d’élite hors-pair et un ‘sale type’, ce qui révulse intérieurement l’ancien bandit qui souhaiterait que son frère ne suive pas comme lui la mauvaise voie. Plus que comme un frère, Steve se comporte envers Tony comme un père et une mère, le protégeant même plus que de raison malgré son tempérament emporté et violent qui en fait l'équivalent d'un délinquant. Si Robert Taylor se révèle parfaitement sobre (quoiqu'un peu trop en retrait) dans son rôle de bandit repenti d’ailleurs très bien écrit, John Cassavetes finit par cabotiner de trop durant la seconde partie ; faute une fois encore au scénariste qui, s’il avait réussi à nous le rendre attachant de prime abord malgré tous ses défauts, le transforme par la suite en un personnage fortement haïssable pour lequel il est devenu impossible d’éprouver de l’empathie : sa mort par suicide (élément novateur grâce auquel le film n'est pas tombé dans l'oubli) ne nous fait presque alors ni chaud ni froid, et c’est d’autant plus dommage que le cinéaste avait tourné cette scène avec un certain lyrisme au milieu d’un paysage fleuri idyllique, un chatoyant champ de lavande (scène également écornée par les plans de coupe en studio). Au risque d’en choquer un grand nombre, je trouve le face à face meurtrier entre les deux frères dans La Vallée de la vengeance (Vengeance Valley) de Richard Thorpe bien plus captivant ou en tout cas finalement plus réussi.


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La thématique des rivalités dues à l’arrivée de fermiers sur les terres des éleveurs est bien évidemment bien plus conventionnelle, vue et revue à de très nombreuses reprises. Rod Serling a donc eu la bonne idée de rajouter à ce thème rebattu deux personnages qui rendent le propos un peu plus original. Le premier permet d’aborder la période historique de l’après Guerre Civile : l’homme à la tête des émigrants venus s’installer légalement sur les terres des éleveurs porte l’uniforme nordiste alors qu’il arrive dans une région ayant combattue dans le camp adverse lors du conflit meurtrier. Ceci dit, ce n’est pas très malin de sa part ni en l'occurrence très crédible pour le spectateur sachant que les rancœurs sont encore extrêmement tenaces à cette époque difficile de la reconstruction, ce que viendra parfaitement démontrer le film de Parrish. Excepté ce détail, Royal Dano interprète avec force conviction un fermier qui, ayant traversé les Etats-Unis pour s’installer sur des terres appartenant à ses ancêtres, est prêt à tout pour ne pas s’en faire déloger, quitte à risquer la vie de ses proches dont beaucoup de jeunes enfants. Les séquences mettant en scène ces pionniers font un peu penser à certaines des Raisins de la colère sur lequel Robert Parrish fut monteur : par de simples magnifiques gros plans sur les visages des membres de ce groupe, rarement la misère et la détresse de ces colons n’aura été aussi perceptible. Venant du Nord, ils seront par ce seul fait encore plus dénigrés, voire même rejetés sans ménagement par les habitants de la région n’ayant pas encore digérés la défaite de leur camp et la reddition du Général Lee. L’autre personnage assez atypique est celui du maître de la région qui ne l’est que par l’importance de son domaine et l’ascendant qu’il a sur ses concitoyens, car il ne s’agit absolument pas, comme c’est presque toujours le cas, d’un tyran assoiffé de pouvoir et d’argent mais d’un moraliste foncièrement bon, son but étant que plus aucun coup de feu ne soit tiré alentour, que la violence soit définitivement éradiquée. Donald Crisp, le patriarche de Qu’elle était verte ma vallée (on en revient une fois encore à John Ford) est une nouvelle fois très à son aise dans ce genre de rôle de guide spirituel, cependant toujours un brin sentencieux comme c’est le cas ici aussi.


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On trouve de nombreuses notations psychologiques plutôt novatrice mais également des détails réalistes très intéressants (comme cette ville faite de maisons disséminées un peu au hasard et non alignées des deux côtés de la rue principale - le film a été tournée au sein d’une véritable ville-fantôme) dans ce western qui débutait de la plus belle des manières. Le générique était peut-être pour la première fois chantée par une voix de femme (en l’occurrence, celle envoutante de Julie London) dont la magnifique chanson-titre de Jay Livingston et Ray Evans sera reprise par la suite et sera l’occasion d’une des séquences les plus touchantes du film, celle au cours de laquelle Tony demande à sa future épouse de lui chanter une mélodie tout en posant sa tête sur ses genoux. Pour en revenir à ce début qui promettait monts et merveilles, étonnement aucun des protagonistes principaux n’apparait durant les 5 premières minutes mais à la place le personnage peut-être le plus marquant du film, celui joué par un Charles McGraw charismatique en diable. Rappelez-vous, c’était l’acteur des principaux films noirs d’Anthony Mann et le personnage principal, celui de l’inspecteur, dans l’excellent L’énigme du Chicago Express (The Narrow Margin) de Richard Fleischer. Inquiétant et teigneux, c’est l’homme qui recherche l’assassin de son frère pour se venger. Mais très vite, on commence à lui trouver un certain charme, celui dû à la lassitude et à la lancinante tristesse qui transparaissent à travers son regard vitreux et presque éteint. La séquence du ‘duel’ qui l’oppose à John Cassavetes est formidablement tendue et Parrish filmera sa mort avec un grand réalisme. Haïssant la violence, il dira d’ailleurs avoir voulu la tourner de telle façon à montrer, avant Hitchcock, comment la mort pouvait être longue et douloureuse ; il récidivera avec celle de Royal Dano gigotant dans la boue en d’atroces souffrances. Ce seront d’ailleurs les deux séquences les plus mémorables du film, d’une sécheresse âcre et qui fait mal. Pour ces séquences, pour les acteurs qui les interprètent, le film mérite absolument d'être vu.


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Si l’on a admis que les trois plus belles séquences du film sont dues à Royal Dano, Julie London et Charles McGraw, on se dit qu’il y a un petit problème sachant que ce sont tous des seconds rôles. C’est me concernant une preuve de ce que le film n’est pas pleinement réussi, le plus décevant étant la mise à l’écart injustifiée durant la seconde partie du très beau personnage interprété par Julie London au profit des relations tourmentées assez redondantes entre le grand frère prisonnier de son passé et le plus jeune totalement déséquilibré par ce même passé. Mais pour tous les beaux moments octroyés, pour une très belle photographie de George F. Folsey en Metrocolor et en cinémascope sublimant les paysages traversés du Middle West, pour un score d’Elmer Bernstein qui ne manque pas de panache, pour la magnifique chanson du générique et enfin pour une ribambelle de bons acteurs, cette tragédie grecque en milieu westernien se laisse regarder sans déplaisir d’autant qu’elle mêle (même si pas toujours habilement) drame intimiste et familial à de grandes thématiques traditionnelles du genre. Intéressant à défaut d’être constamment captivant ; à voir au moins pour quelques séquences inoubliables.


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