Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 02 oct. 2019 15:43

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Jill Donohue




5.23- Doctor Pat

Réalisation : Don McDougall
Scénario : True Boardman
Guests stars : Jill Donohue, Mari Blanchard & Don 'Red' Barry
Première diffusion 01/03/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10

Le Pitch : Surchargé mais souhaitant pouvoir prendre des congés avec son épouse, le docteur de Medicine Bow attend au train l’arrivée de Pat, un collaborateur que lui envoie l’un de ses anciens professeurs. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il s’aperçoit qu’il s’agit en fait de Patricia (Jill Donohue). Il se demande si une femme médecin sera acceptée par les habitants pleins de préjugés ; et effectivement Patricia a bien du mal à se faire une clientèle malgré le soutien du Virginien qui est tombé sous son charme. Un drame survenu suite à une opération va même l’amener à comparaitre devant un tribunal… sauf qu’on ne la retrouve plus…

Mon avis : Délicatesse de ton, douceur des portraits féminins et des séquences bucoliques, grande attention portée aux détails et aux visages, cadrages parfaitement maitrisés, rythme expressément posé, scènes étirées pour renforcer le suspense (ici l’opération), parfaite direction d’acteurs et refus d’utiliser, dans la mesure du possible, stock-shots et autres transparences… nous sommes bien en présence d’un épisode réalisé par Don McDougall. Ce dernier semble même avoir ajouté une signature à ses participations à la série depuis le précédent épisode, Without Mercy, celui de l’ombre portée de la caméra : cette fois c’est lors d’un beau travelling alors que Jill Donohue traverse la rue principale de Medicine Bow ; non seulement l’on aperçoit l’ombre de la caméra mais aussi celle du cadreur et du chariot. Évidemment que nous lui pardonnerons aisément cette petite négligence tellement le réalisateur continue par ailleurs à nous combler de bonheur à chaque fois qu’il se met aux manettes d’un épisode. Doctor Pat ne démérite donc pas même si un petit problème d’écriture l’empêche d’atteindre les sommets. Il s’agit de l’association dans ce même scénario de deux intrigues que tout semble séparer, qui perdurent en parallèle quasiment jusqu’au terme de l’épisode mais qui finiront néanmoins par se ‘rencontrer’ ; ce ne serait pas un problème, bien au contraire, sauf que l’une est tellement plus puissante et passionnante que l’autre qu’un petit déséquilibre s'opère entre les deux qui empêche l’ensemble de sembler totalement satisfaisant.

La première piste dramatique - et la plus importante - est celle de l’arrivée à Medicine Bow de l’assistant du Dr Spalding qui s’avère être... une femme ; les préjugés étant bien ancrés parmi la population, la question est de savoir si elle va être acceptée en tant que docteur par les habitants. La seconde, qui tend plus vers l’intrigue policière, met en scène un couple dont la doctoresse avait fait connaissance lors du voyage en train qui l’a conduite dans le Wyoming ; un homme et une femme assez louche mais dont le mystère reste entier quant à leurs intentions concernant leur venue à Medicine Bow. Hormis le fait que Patricia et ces deux protagonistes aient voyagé ensemble, rien ne les lient, et ce jusqu’à la fin de la première heure. Nous n’évoquerons rien de ce rapprochement des deux intrigues parallèles qui va faire prendre à l’épisode un virage encore plus dramatique alors même qu'il avait déjà amorcé un tournant de gravité suite à la mort d’un des patients opéré par la 'Medicine-Woman'. Avant ça, nous aurons assisté à un épisode très intéressant sur les à priori et idées préconçues concernant la capacité des femmes à exercer la médecine et surtout à une idylle totalement platonique – pas même le moindre baiser - entre le Virginien et cette femme remarquable à tous points de vue, aussi belle et élégante que tolérante et intelligente. La comédienne d’origine suédoise Jill Donohue que l’on aura plaisir à revoir dans deux épisodes de la saison suivante fut mariée dans les années 80 à Stacy Keach : au vu de son talent et de son étonnante beauté (rehaussée par des costumes magnifiques), il est bien dommage que sa carrière n’ait pas été plus glorieuse. Quoiqu’il en soit, Le Virginien aura eu le mérite de nous faire découvrir de multiples actrices de talent ainsi que de nous octroyer de nombreux splendides portraits féminins ; Doctor Pat en fait partie.

Vu les qualités intellectuelles, humaines et plastiques de Patricia, Il n'est pas très difficile de se mettre dans la peau du Virginien subjugué par cette femme ravissante ; il aura encore raté une occasion de trouver chaussure à son pied. A ce propos le final de cet épisode est l’un des plus beaux et poignants auquel il nous aura été donné d’assister, la doctoresse préférant ne pas rester à Medicine Bow auquel cas son travail serait passé au second plan au profit de sa romance avec le contremaitre de Shiloh, "ayant encore tant de choses à apprendre et à accomplir avant que de se mettre en couple". Le Virginien lui dit néanmoins de revenir si un jour l’envie lui en dit ("The Door is Always Open") ; sur quoi elle accepte sa proposition mais comme déjà tant d’autres femmes au préalable ; notre héros restera probablement célibataire jusqu’à la fin des 9 saisons. Sinon nous avons aussi le plaisir de faire ici plus ample connaissance avec le Dr Spalding (sympathique Jon Bryant) et son épouse, femme assez ouverte d’esprit qui ne conçoit aucune jalousie quant au fait que son mari ait pour assistante une si jolie femme (il s’agit même d’un sujet de plaisanterie qui devient récurrent au sein du couple) et qui le pousse même à la garder malgré les réticences de ses concitoyens. Certains des plus acharnés viennent cependant faire honorable en public lorsqu’ils sont témoins des véritables dons et talents de la femme médecin qui sait se faire très empathique et qui finit par emporter l'adhésion de certains... dans un premier temps. A propos de doctoresse qui ne s’en laisse pas conter et qui possède au moins autant d'aptitudes que ses congénères masculins, il y eut dans le genre Greer Garson dans Strange Lady in Town (Une Etrangère dans la Ville) de Mervyn LeRoy ; autant dire que l’épisode du Virginien vole cent coudées au-dessus, à tous les niveaux. Il n’est ainsi pas inutile de rappeler que même à l’époque la télévision pouvait parfois damer le pied au cinéma sur certains sujets.

Ajouter à tout ceci un magnifique thème musical ; des situations très crédibles (le bonheur du couple Spalding de pouvoir enfin partir en vacances en amoureux...) ; des notations documentaires intéressantes sur la médecine de l’époque (le masque à chloroforme, les médicaments préconisés…) ; des Guest star si ce n’est prestigieuse, au moins connues des amateurs de western hollywoodien, avec, pour interpréter le couple d’escrocs très humains, Don ‘Red’ Barry (Sept hommes à abattre - Seven Men from now de Budd Boetticher ; L’homme aux colts d’or - Warlock d’Edward Dmytryk…) et Mari Blanchard (Seul contre tous - Rails into Laramie de Jesse Hibbs ; Le Nettoyeur - Destry de George Marshall…) dans son avant dernier rôle ; et surtout un discours de tolérance et de ‘haro sur les préjugés’ qui fait bien plaisir à entendre, que tient le Virginien lors du procès de la jeune doctoresse suite à la mort d’un de ses patients alors qu’elle l’opérait en urgence : "Before she testifies there's something I'd like to say. I don't know what you may have heard here today, what you have already in your minds, but I can tell you this. I was there when, Dr. O'Neill made the decision to operate on Mrs. Anderson. She knew the risk she was taking, and she took it. The easy way would have been to let her patient die in agony. And now I want to ask you a question. Would this hearing, ever had been held, if Pat O'Neill weren't a woman? Doc Spalding has lost patients, every doctor has. So, just lets all of us, be sure exactly what it is that's on trial here today. Is it the facts, or our prejudices?" Le progressisme adulte et jamais mièvre de la série est toujours de la partie et c’est tant mieux ! Une très émouvante réussite de True Boardman à l’écriture après le touchant Sue Ann avec Patty Duke.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 09 oct. 2019 16:26

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James Daly



5.24- Nightmare at Fort Killman

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : John & Ward Hawkins
Guests stars : James Daly
Première diffusion 08/03/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7.5/10

Le Pitch : Stacey se rend à San Francisco pour le compte de son grand-père. Ce dernier apprend quelques jours plus tard qu’il n’est jamais arrivé à destination où l'attendait le Virginien. En effet, par un tragique concours de circonstances, il a été kidnappé par un soldat qui l’a amené de force au Fort Killman où le sergent Trapp (James Daly) lui faire vivre un véritable enfer ; il est impossible pour Stacey de faire entendre raison aux officiers quant à sa véritable identité et au fait qu’il ne fait pas partie de l’armée des Etats-Unis. Une situation kafkaïenne et totalement cauchemardesque pour Stacey à qui l’on fait comprendre qu’il finira sa vie dans cette garnison…

Mon avis : A ce stade il faut noter une surprenante fin de parcours concernant cette saison 5 qui, après nous avoir soufflé le chaud et froid pendant toute sa première moitié, nous surprend désormais presque à chaque fois, comme pour se faire pardonner de la médiocrité de tant de précédents épisodes. Nightmare at Fort Killman s'avère être non seulement un virulent pamphlet envers la discipline dans l'armée et les règlements militaires mais également un épisode paranoïaque et kafkaïen qui porte remarquablement bien son titre puisque ce qu’il se passe pour le pauvre Stacey Grainger se révèle bel et bien cauchemardesque. La mise en scène de Abner Biberman et le scénario des duettistes John & Ward Hawkins aident formidablement bien à nous mettre dans une atmosphère anxiogène assez étouffante ; rarement nous aurons eu si peur pour un personnage récurent de la série grâce aussi aux comédiens qui font admirablement bien leur travail avec à leur tête un inquiétant James Daly dans le rôle du Sergent Joe Trapp. Au début le spectateur a un peu de mal à comprendre tous les tenants et aboutissants de cette histoire à priori expressément obscure et au sein de laquelle les points sombres paraissent vraiment peu crédibles ; mais cette étrangeté participe aussi de ce cauchemar et il n’est finalement pas plus mal ne pas avoir saisi dans leur ensemble les motivations de ces officiers pour le moins aussi sadiques que menaçants. Mais revenons-en au point de départ…

Stacey doit se rendre à San Francisco pour le compte de son grand-père. En attendant le train, il laisse sa valise au chef de gare le temps d’aller faire un tour en ville ; valise qui aura de l'importance pour le dénouement de l'intrigue. Le lendemain voilà qu’il se réveille vêtu d’une tunique bleue dans un chariot qui pénètre au sein d’un fort de l'armée américaine. Il a été assommé et amené jusqu’ici par un soldat (Johnny Seven) qui semble-t-il aurait gagné son ticket de sortie de l’armée en échange d’une mission que lui aurait confiée son sergent (James Daly), ramener à la garnison une nouvelle recrue prénommée Thorne. On ne saura jamais vraiment clairement qui était cet homme qu’a malencontreusement remplacé Stanley ni ne comprendrons l’exact chantage qui a abouti à cette situation à la fois ubuesque et kafkaïenne pour le petit fils du propriétaire de Shiloh. Quoiqu’il en soit, avec sur lui des papiers signés comme quoi il s’est engagé, Stacey doit désormais se prénommer Thorne, doit rester tranquille, n’a pas le droit à la parole pour justifier sa véritable identité et semble vouloir être mis à l'écart de leur hiérarchie par ces deux militaires qui pensent donc que le meilleur moyen pour qu’on l’oublie est qu’il reste enfermé dans un cachot. Mais pour se faire dans les règles, le jeune homme doit se révolter et commettre un acte qui justifierait cette décision. Des conditions de détention inhumaines, un harcèlement physique - dont la construction et reconstruction d’un mur en pierre d’un endroit à un autre et au pas de course - et psychologique – on l’empêche de s’endormir - qui vont conduire à l’inévitable : Stacey finit par frapper son supérieur (même si l'on sait que Stacey est tombé dans le piège, on jubile quand même à ce moment là tellement nous aurions eu envie qu'il le fasse depuis un certain temps) ; le frais émoulu Capitaine (Les Crane) ne pourra donc que suivre les conseils du Sergent, le faire emprisonner.

"Out here he's gotta follow regulations. He's gotta go by the book. You let him get you in there, you belong to him. He owns you. He can fix it so you never get out." Voici Stacey perdu comme le lui fait comprendre son compagnon de galère ; puisque le récit contient également une petite histoire d’amitié entre Stacey et une autre forte tête, un jeune noir interprété par Don Mitchell ; son destin sera tragique et sera à l'origine d'une séquence assez émouvante. En plus de cette infernale machination et de ce cauchemar éveillé, nous serons les témoins d’une intéressante réflexion sur la hiérarchie militaire, le népotisme et les règlements de l’armée, le commandant du fort prenant dans un premier temps ombrage derrière les conseils de son sergent qui a déjà pas mal bourlingué et a qui passé une partie de sa vie au sein de l’armée. Mais ce dernier est un sacré manipulateur – en plus d’être un maître chanteur - et il parvient à aveugler son supérieur qui est le fils de son précédent commandant, ce dernier ayant avant de mourir expliqué à son fils la haute estime dans laquelle il tenait le Sergent [... et là je me rends compte en me relisant que je pourrais vous avoir perdu faute aussi à la complexité, à la densité et à la richesse de l'épisode ; je vous invite donc à aller le visionner...] Alors que Stacey aura réussi à fuir cet enfer, accusé de meurtre il sera forcé d’y retourner à la demande de son grand-père qui veut que justice se fasse dans les règles ; autant dire que le jeune homme va craindre ce retour sur les lieux de l'horreur. Nous pourrions penser au vu de cette histoire que les comédiens en feraient des tonnes et que leurs personnages seraient décrits tout d’un bloc : il n’en est heureusement rien, d’où une apparence totalement crédible malgré une histoire aussi hallucinée.

Mauvais traitements, passages à tabac, torture psychologique, meurtres crapuleux, racisme, démence… rien n’est épargné au spectateur qui, à l'instar de Stacey, ressort un peu groggy d'être tombé sur un épisode aussi sombre et aussi virulent contre l’armée même si celle-ci sortira in fine la tête haute, le personnage du capitaine se révélant non seulement peu rancunier mais également plein de bon sens et capable de pardonner. Un épisode certes bavard mais aussi sombre, brutal et au suspense vraiment très stressant montrant les conséquences désastreuses des agissements d’un haut gradé. Des officiers psychopathes, on en aura vu quelques-uns au cinéma ; mais l’interprétation assez bluffante de James Daly fait de son sergent Trapp l’un des plus inquiétants. Don Quine continue de son côté à prouver qu’il avait à présent bien compris son personnage et il se révèle à nouveau bien plus convaincant qu’en début de saison. Bonne prestation également dans le rôle du jeune Capitaine de Les Crane, le chanceux époux à la ville de la sublime Tina Louise. Concernant l’écriture, la réalisation et l’interprétation, rien à redire ; autant dire que nous tenons là l’un des excellents épisodes de la série, l'un de ceux qui font le plus froid dans le dos.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 16 oct. 2019 16:35

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John Lupton



5.25- Bitter Harvest

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Andy Lewis
Guests stars : John Lupton, Russell Conway & Larry Pennell
Première diffusion 15/03/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7.5/10


Le Pitch : Suite à une annonce parue dans le journal de Medicine Bow, le Virginien se rend à Winton acheter de l'avoine à Frank Adams (John Lupton). Il découvre une famille au bord de la pauvreté, poussée vers la sortie par leur voisin, un gros rancher qui souhaite leur racheter leur lopin de terre ; en effet s'y trouve l’unique point d’eau de la région sans lequel il risque d’être ruiné à son tour, son bétail ne pouvant plus s’y désaltérer. Mais l’épouse de Frank a refusé l’offre par fierté, croyant qu'ils pourront à force de travail se sortir de leur difficile condition. Le Virginien va servir de médiateur entre les deux ennemis, les risques que le sang coule s'avérant grandissants…

Mon avis : Cette fin de saison 5 ressemble de plus en plus à un challenge d'excellence entre Abner Biberman et Don McDougall ; et comme rien ne pouvait advenir de mieux pour relancer la série sur de solides rails, nous nous en réjouissons puisque durant les 9 derniers épisodes, les deux réalisateurs se succèdent chacun leur tour derrière la caméra. Après l’étonnant et stressant Nightmare at Fort Killman mis en scène par Biberman, McDougall nous octroie une histoire beaucoup plus classique mais tout aussi passionnante grâce avant tout à une direction d’acteurs toujours aussi juste, à la beauté de sa mise en scène toute en douceur et sobriété ainsi qu’à un scénario superbement bien écrit, Andy Lewis nous livrant ici son travail le plus satisfaisant sur les quatre épisodes qu’il a signé jusque-là. Il s’agit ici ni plus ni moins que d’un récit contant les traditionnels conflits entre cultivateurs et éleveurs, le thème certainement le plus usité du western. D’un côté la famille Adams qui s’est installée tout à fait légalement sur un terrain qui lui a été octroyé par le gouvernement afin de le cultiver : la terre est aride mais la parcelle détient le seul point d’eau d’importance aux environs ; de l’autre Tom Hadley, gros rancher avec sous lui tout un tas d’employés. Tout irait pour le mieux entre voisins si les fermiers n’avaient pas décidé de clôturer leur terrain et ainsi interdire tout accès à la source pour le bétail de l’éleveur.

Le cultivateur est certes dans son bon droit, mais par le fait de s’être accaparé le seul point d’eau alentour, il en prive ceux qui en profitaient depuis des années au risque de faire mourir leurs bêtes. De plus, tous les experts estimant la terre difficilement cultivable, les deux adversaires pourraient être ruinés en même temps, pas plus le bétail que les plantations ne pouvant s’épanouir si l’on en restait à cette situation. Frank ayant bien compris l’impasse où il se trouve était prêt à vendre son terrain à Hadley sauf que son épouse qui se plait en ce lieu ne veut pas en entendre parler, voulant garder son indépendance et sa liberté, pensant pouvoir arriver à subsister à force de travail et de courage, soutenue par son frère qui s’avère être une forte tête et qui ne souhaite pas se faire dicter la loi par un gros propriétaire. Ce dernier est un ami de John Grainger ; le Virginien en allant lui rendre visite après avoir signé un marché avec les Adams se retrouve pris entre deux feux : en effet l’éleveur accepte difficilement que le régisseur de Shiloh ait acheté de l’avoine au fermier qui grâce à cette vente pourra repartir pour une année de culture et du coup refusera de vendre dans l'immédiat ; quant aux Adams ils pensent avoir été trahis par leur acheteur d’autant que rien n’a vraiment été signé par écrit, s’angoissant de voir le deal annulé. Le Virginien se rend compte de la difficulté de la situation et de l’entêtement inutile des fermiers à vouloir cultiver ce lopin mais ne pense aucunement renier sa parole quant à l’achat des céréales ; travaillant dans la même branche, il se prend aussi d’une sorte d’empathie pour le rancher qui risque de perdre tout ce qu’il a créé depuis des années ; tiraillé entre chaque camp, il va se retrouver en mauvaise posture, finissant par devoir servir de médiateur afin que les rivalités ne s’enveniment de trop et n'en viennent à faire couler le sang.

L’on arrivera peut-être à comprendre au vu de ces explications à quelle point la situation parait inextricable tout autant pour les deux adversaires que pour notre héros qui a du mal à voir comment démêler cet imbroglio. Tous les épisodes ayant jusqu’ici conté une histoire de conflits entre éleveurs et fermiers ont donné des résultats captivants malgré l’aspect de prime abord assez exigeant et austère de leurs récits ; vous aurez compris qu’il en va de même pour Bitter Harvest qui porte remarquablement bien son titre même si tout se terminera par un très joli happy-end mettant une fois de plus en avant la médiation et la non-violence alors qu’une bataille rangée et une fusillade nourrie et sanglante était sur le point d’être déclenchées. Car entre temps tout s’était encore plus corsé par l’incendie de la grange des Adams avec toutes les récoltes qu’elle contenait, ainsi que, suite à ça, la prise la main dans le sac du fils Adams voulant se venger, sur le point de mettre à son tour le feu au domaine du rancher, avant même qu’il ait été prouvé que l’incendie de la grange ait été de nature criminelle. Don McDougall est définitivement le réalisateur de la série dont le travail s’avère le plus cinématographique : il prend son temps pour installer son intrigue, s’appesantit sur des images de chevauchées ne manquant pas de lyrisme, sur des gestes du quotidien qui rendent encore plus crédibles l’ensemble (le Virginien humectant les naseaux de sa monture après une course harassante…), ainsi que sur des détails documentaires très intéressants - surtout puisque peu vus à l'écran - comme la réservation d’un wagon pour transporter l’avoine... Quant aux respectables valeurs portées par le récit d’Andy Lewis, elles ne manquent ni de panache ni d'humanité : il faut avoir vu l’intendant de Shiloh, plus déterminé que jamais, se jeter tête la première dans la bagarre, non pas parce qu’il a choisi son camp mais pour équilibrer les forces en présence, ou encore essayer de convaincre avec patience et détermination qu’il ne reviendra jamais sur une parole donnée quelles que soient les circonstances.

Quant au final que je ne raconterais pas, il n’est certes pas forcément vraisemblable mais se révèle être un véritable message de courage, de sagesse et d’intelligence diplomatique, la négociation devant toujours primer sur la violence. Tous ces protagonistes richement écrits – aucun manichéisme de part et d’autres - sont interprétés avec grand talent par un James Drury en grande forme, la ravissante Whitney Blake qui n’est pas sans ressemblance avec la non moins talentueuse Maggie Gyllenhal, John Lupton dans la peau de son époux – il était également inoubliable dans Fort Bravo dans le rôle du déserteur poète qui revendique le droit ne pas être un héros et celui d’avoir peur, ainsi que dans un épisode précédent de la série, A Gallows for Sam Horn déjà réalisé par McDougall -, Russ Conway - comédien ayant souvent tourné pour George Sherman - dans le rôle du rancher, Gregg Palmer – une multitude de seconds rôles dans les westerns Universal - dans celui de son régisseur ou encore Larry Pennell dans le rôle du beau-frère du fermier. Un excellent épisode tout autant au niveau de l’écriture que de la réalisation et de l’interprétation. Une période un peu bénie pour la série en ce début d’année 67.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 24 oct. 2019 15:01

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Robert Fuller & Doug McClure



5.26- A Welcoming Town

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Sy Salkowitz, Norman Jolley & William Talman
Guests stars : Robert Fuller & Carole Wells
Première diffusion 22/03/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 6.5/10

Le Pitch : Trampas vient faire sa visite annuelle à Ida et son fils Joe, famille dans laquelle il a été accueilli durant une année alors qu’il était enfant. Mais ce jour-là il trouve une maison vide et déserte ; rencontrant Judy Atkins, une des filles du voisin le plus proche et une amie de Joe, elle lui apprend qu’Ida est partie vivre en ville depuis que son fils a été tué alors qu’il était poursuivi pour viol. Connaissant parfaitement le caractère de Joe, Trampas ne veut pas croire à cette accusation et va mener son enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé ; il va se heurter à la famille Atkins et notamment au beau-frère de Judy (Robert Fuller)…

Mon avis : Après son kafkaïen et cauchemardesque Nightmare at Fort Killman, Abner Biberman en revient à une histoire un peu plus classique, une enquête en milieu westernien ; enquête menée par Trampas, seul protagoniste de la série à officier ici. Sans atteindre des sommets faute à un scénario qui manque un peu de surprises sur la longueur et qui se traine un peu sur la fin, encore une réussite de ce dernier tiers de saison 5 signée pourtant par l’un des moins bons scénaristes de la série. Mais Sy Salkowitz a heureusement eu ici la chance d’avoir pour point de départ une histoire très bien écrite par Norman Jolley & William Talman, le duo d’auteurs déjà à l’origine de ce western unique, atypique et sacrément savoureux qu’était Joe Dakota de Richard Bartlett avec un Jock Mahoney inoubliable. En voici l'argument : alors qu’il était enfant et alors que son père s’en était allé à l’aventure, Trampas avait été recueillie une année durant à la campagne par la famille d’Ida ; il fut ainsi grand camarade de jeu avec son fils Joe qui avait alors à peu près son âge. Depuis, très régulièrement, Trampas leur rend visite. Quelle n’est pas la surprise du cowboy de Shiloh lorsqu’il trouve ce jour-ci la maison vide et déserte ! Une belle blonde qui rêvassait au bord de l’étang du terrain et qui n’est autre que l’une des deux filles du voisin le plus proche, lui explique que la vieille femme habite désormais en ville depuis que son fils a été abattu alors qu’il était poursuivi pour viol. Un vrai coup sur la tête pour Trampas !

Connaissant parfaitement la gentillesse de Joe qui était incapable de faire de mal à une mouche, il ne peut pas croire une seule seconde qu’il ait pu commettre un viol. Il décide d’élucider ce mystère pour faire sortir la vérité et ainsi blanchir la mémoire de son ami d’enfance. Il commence à avoir des soupçons quant à une probable affaire 'pas très catholique' lorsqu’il apprend que les voisins de Joe, déjà très réticents à lui parler du drame, possèdent désormais la mine d'or du 'violeur' qui à l’époque ne donnait pas grand-chose mais qui depuis qu’ils lui ont acheté semble rapporter énormément. Les voisins, il s’agit de la famille Atkins dont fait partie la belle blonde rencontrée par Trampas en tout début d’épisode. C’est d’ailleurs elle la fameuse victime du soi-disant viol, son père ayant mené le posse mis en place pour poursuivre et rattraper le coupable ; l’arrestation de ce dernier s’est soldé par sa mort mais les responsables s'en sont dédouanés en partie en faisant prévaloir la légitime défense. La famille Atkins est composée de Judy et de sa sœur Cathy, de leur père et du mari de la seconde ; rarement nous avions encore pu être témoin au cours de la série d’un amour aussi fusionnel entre deux personnages, ici les deux époux sans arrêt collés. On pourrait croire de prime abord que la description de ce couple fortement amoureux est totalement gratuite et n’a aucune incidence ni importance ; c’est sans compter sur l’intelligence des auteurs qui ont tout prévu… sauf que je ne vous dévoilerais pas le final de l’intrigue !

Quoiqu’il en soit, cette relation est peu banale dans le genre et surtout très agréable d'en être témoins d’autant que les deux mariés sont formidablement bien interprétés par Carole Wells (ravissante) et Robert Fuller (Incident at Phantom Hill – Sans Foi ni Loi de Earl Bellamy) qui forment un couple non seulement très crédible mais également sacrément enviable. Au sein du casting nous apprécierons également Jocelyn Brando dans le rôle de la mère du jeune homme accusé de viol ou encore Frank Overton (Posse from Hell – Les Cavaliers de l’enfer de Herbert Coleman avec Audie Murphy) dans celui du patriarche Atkins, voire même Phillip Pine dans le rôle du shérif intraitable. La première qualité de cet épisode réside dans l’écriture de tous ces personnages qui tiennent chacun une place presque d’égale importance au cours de l’intrigue ; pas un n’est sacrifié, pas plus les deux sœurs que le père, le gendre ou d’autres seconds rôles tels le shérif ou le vendeur de chapeaux, savoureux Russell Thorson dont ce n’est d’ailleurs pas la première participation à la série. Et comme les comédiens s’avèrent tous très bien dirigés, l'ensemble fonctionne à merveille ; dommage que Linda Day George, l’actrice qui tient le rôle de Judy, la femme violée, soit un peu en deçà de ses partenaires, sans quoi l’épisode aurait récolté une note plus haute s’il n’avait pas non plus abusé de trop de Matte-Paintings et de décors studios un peu trop voyants comme le lieu où se rencontrent Trampas et Lucy au bord d’un étang qui fait aussi factice que les alentours.

Bonne interprétation d’ensemble, réalisation toute à fait honorable et scénario très correctement écrit au cours duquel nous aurons pu piocher quelques très réjouissantes séquences comme ce prologue très amusant où l’on comprend immédiatement toute l’ironie qui se cache dans le titre de l’épisode, Trampas se voyant dès son arrivée en ville très mal accueilli par un marchand de chapeaux qui ne veut se lever de son siège que s’il est certain de conclure une affaire. A signaler également une scène teigneuse et fort rude pour l’époque, celle du passage à tabac d’un Trampas roué de coups, violence sèche qui me surprend toujours, surtout lorsque l’on sait que beaucoup parlent au sujet du Virginien de série familiale ; d’autant plus ici que le thème principal abordé est le viol et surtout lorsque l’on apprend in fine ce qu’il s’est réellement passé, la vérité s’avérant toute aussi horrible que poignante (et finalement pourquoi pas pardonnable d’un certain côté où l’on se place). Je vous laisse désormais dans cette expectative en espérant que le relais passé à Don McDougall sera au moins aussi satisfaisant. En attendant, encore un épisode qui se termine sur un twist très léger et pas désagréable surtout après avoir côtoyé les zones d’ombres de la nature humaine.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 30 oct. 2019 13:47

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Doug McClure & Valera Noland



5.27- The Girl on the Pinto


Réalisation : Don McDougall
Scénario : Theodore Apstein & Seeleg Lester
Guests stars : R.G. Armstrong & Warren Stevens
Première diffusion 29/03/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 5/10


Le Pitch : Trampas est attirée par une jeune femme qui monte un beau cheval Pinto. En la rencontrant dans les rues de Medicine Bow il apprend qu’il s’agit d’Amanda, la fille des nouveaux voisins de Shiloh, les Harley. Il l’invite à être sa cavalière au prochain bal mais elle refuse. Ses parents adoptifs aimeraient qu’Amanda soit moins réservée et qu’elle se socialise sans trop y croire, une tragédie lui étant arrivée dans sa jeunesse l’ayant complètement inhibée. Un certain Richard Pierce (Warren Stevens) arrive en ville qui semble être très surpris puis grandement intéressé lorsqu’il apprend que des Harley viennent de s’installer dans les parages…

Mon avis : Et c’est donc au meilleur réalisateur de la série de nous décevoir en premier lors de son challenge avec Abner Biberman durant ce dernier tiers de saison ; car rappelons-le pour ceux qui ne lisent pas cette rétrospective dans son intégralité, les 9 derniers épisodes de la saison 5 ont tous été réalisés par ces deux hommes à tour de rôle. Non pas que The Girl on the Pinto soit ennuyeux ou mauvais mais guère passionnant non plus, faute en incombant principalement à un scénario assez mal écrit, pas très bien construit et mélodramatique à haute dose. [Supposition] McDougall ne semble tellement pas croire à l’histoire qu’on lui a demandé de filmer qu’il parait se ficher un peu de la tenue de son épisode, me faisant mentir lorsque je disais récemment qu’il était quasiment le seul de tous les réalisateurs de la série à ne pas s’accommoder de transparences et de vilains décors de studios, paradoxalement celui utilisé à foison pour simuler le devant de la maison et de la grange des Harvey étant peut-être celui faisant le plus cheap et factice de toute la série. Certes un détail mais qui confirmerait l’hypothèse du manque de conviction qu’avait Don McDougall pour mettre en scène une intrigue qui lui avait peut-être été imposée et qui ne lui plaisait guère, surtout au vu du point d’honneur qu’il semblait s’être fixé précédemment et à la méticulosité de ses réalisations antérieures.

Arrêtons de conjecturer pour lui trouver des excuses et allons plus avant dans les faits. Mais avant de décrire brièvement ce qui se passe au sein de ce récit, arrêtons-nous sur un sujet déjà abordé mais que The Girl on the Pinto est là aussi pour nous rappeler ; contrairement aux séries actuelles, il faut absolument prendre les épisodes du Virginien indépendamment les uns des autres auquel cas contraire des déceptions pourraient survenir faute au manque de continuité de l'ensemble. En l’occurrence c’est encore plus flagrant, l’épisode finissant sur une romance se mettant sérieusement en place entre Trampas et Amanda tout en sachant très bien que nous ne reverrons plus jamais cette dernière au sein de la série : on me rétorquera qu’il aurait pu s’agir d’une brève histoire d’amour… mais quand même ! Habituellement les scénaristes font en sorte que l’aubade prenne fin d’une manière ou d’une autre ; ici il n’en est rien. Rien de grave ceci dit à partir du moment où l’on s’est mis en tête que chaque épisode pouvait être vu comme une fiction à part. Mais le principal problème de cet épisode est qu'abstraction faite de l'ensemble de la série, il a également du mal à nous proposer une bonne fluidité interne, deux ou trois intrigues allant bien évidemment se rejoindre in fine mais s’imbriquant assez mal au sein d’un récit bancal et moyennement bien construit. Il s’agit principalement de l’histoire d’Amanda, jeune fille rétive qu’il est difficile d’approcher tellement elle se renferme à la moindre allusion qui semble lui déplaire. On apprendra plus tard de la part de ses parents adoptifs qu’elle pense n’être pas normale et avoir hérité de son père – un dangereux bandit – le goût des armes et du sang depuis qu’elle a accidentellement tué un garçon de 10 ans avec un fusil, l’enfant même du couple qui l’avait recueilli alors qu’elle avait à peine trois ans à la mort de sa mère. Et du coup, pensant être sous l'emprise d'une malédiction, elle craint de se mélanger aux autres.

Postulat hautement mélodramatique guère assoupli par le scénario à 4 mains de Seeleg Lester & Theodore Apstein, les deux auteurs ayant beaucoup de mal à nous rendre leur histoire crédible surtout lorsqu’ils lui ajoutent celle d’un transport de lingots d’or par le train ainsi que celle de la préparation d’un gros coup par des bandits dont le chef se révèle n’être pas moins que… le père d’Amanda et dont l’un des complices – personnage totalement bâclé – s’improvise photographe. Trop peu de rigueur et par contre trop de hasards et de coïncidences pour nous faire croire à ce scénario et nous attacher à ses différents protagonistes. Heureusement Don McDougall n’a rien perdu de ses talents de directeur d’acteurs et grâce à cette qualité primordiale l’épisode se suit néanmoins sans trop d’ennui. Il faut dire que les comédiens sont bien choisis et nous croisons ainsi la route de R.G. Armstrong, l’inoubliable Joshua Knudsen, le puritain répressif tenant sous sa coupe stricte et sévère sa fille Elsa interprétée par Mariette Hartley dans le chef d’œuvre de Sam Peckinpah qu’est Coups de feu fans la Sierra (Ride the High Country) et qui joue ici le père adoptif d'Amanda ; dans le rôle du père biologique, Warren Stevens que l’on avait vu dans des films aussi réussis que Bas les masques (Deadline USA) de Richard Brooks, La Comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa) de Joseph Mankiewicz ou encore Planète interdite (Forbidden Planet) de Fred McLeod Wilcox et qui nous livrait un an plus tôt une prestation mémorable dans la peau d’un tenancier de saloon dans La Parole est au colt (Gunpoint) de Earl Bellamy où il avait pour partenaire Audie Murphy ; Valora Noland qui, dans le rôle très difficile du personnage d’Amanda, ne s’en sort pas trop mal…

Un épisode bavard et un peu lourd par son côté psychologique trop appuyé, un va et vient d'une situation à l’autre sans véritable liant, de multiples pistes qui s’imbriquent sans trop d’harmonie, un ton d’ensemble un peu trop mélodramatique, un scénario moyennement captivant et une esthétique un peu étriquée... mais la qualité de l’interprétation, le mystère autour de la jeune fille entretenu dès le début et durant une bonne demi-heure, le suspense bien construit durant la séquence du bal, un Doug McClure convaincant ainsi que l’efficacité des rares séquences mouvementées (le hold-up de la banque notamment) font que l’épisode se suit malgré ses défauts non sans déplaisir grâce surtout à une touchante romance se développant entre Trampas et Amanda.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 06 nov. 2019 16:15

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Myrna Loy



5.28- Lady of the House

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Leslie Stevens
Guests stars : Myrna Loy
Première diffusion 05/04/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 3.5/10

Le Pitch : Mrs Miles (Myrna Loy) avait tout perdu à la fin de la Guerre de Sécession, son époux tué au cours des combats ainsi que sa grande demeure brûlée par les troupes de l’Union. Grainger vient de demander à cette veuve d’un de ses meilleurs amis de venir vivre à Shiloh ; non seulement elle sera maitresse de maison mais se chargera également de la bonne éducation de ses petits-enfants. Le Virginien n’apprécie guère ce changement mais l’accepte néanmoins ; quant à Elizabeth et Stacey, ils ont beaucoup de mal à se faire à cette nouvelle arrivante qui prend un peu trop de place à leurs goûts et qui semble vouloir les embourgeoiser…

Mon avis : Le scénario de cet avant dernier épisode de la cinquième saison du Virginien est signé par Leslie Stevens, le réalisateur d’un petit film culte du début des années 60, Propriété privée (Private Property), mais aussi celui qui avait déjà écrit l’histoire d’un précédent épisode de cette même saison, le superbe The Modoc Kid avec Harrison Ford parmi les Guest stars. Malheureusement il n’en va pas de même pour Lady of the House malgré en invitée principale l’une des grandes comédiennes des années 30 et 40, Myrna Loy, surtout connue pour son rôle de Nora Charles aux côtés de William Powell dans la sympathique série de films à succès de la Metro Goldwin Mayer, The Thin Man (l’introuvable) ; elle fut également la mère de la famille très nombreuse de Cheaper by Dozen (Treize à la douzaine) et sa suite, deux comédies très populaires du milieu des années 50. Ceux qui ne jurent que par les westerns peuvent d’ores et déjà passer leur chemin puisque cet épisode ne possède hormis le décor aucun éléments constitutifs du genre d’autant qu'en plus il ne se déroule quasiment qu’à l’intérieur de la maison des Grainger sans aucune séquences mouvementées. Au cours du récit sont abordés rapidement la Guerre de Sécession et ses drames qui ont certes des répercussions sur l’avancée de l'intrigue mais sinon l’on assiste avant tout à un mélodrame familial guère captivant au cours duquel on aura failli perdre les deux petits enfants du patron de Shiloh, sur le point de quitter les lieux faute à cette nouvelle arrivante d'un abord pas très facile.

En effet le vieux John, en mémoire de son meilleur ami tué lors de la Guerre Civile et peut être se croyant un peu coupable de sa mort, a demandé à sa veuve de venir s’installer à Shiloh pour non seulement faire office de maitresse de maison mais également pour s’occuper de l’éducation de Stacey et Elizabeth, leur apprendre les bonnes manières. Il est fait discrètement mention que John fut son amant avant qu’elle n’épouse son mari et que durant la Guerre de Sécession les deux amis étaient dans des camps opposés, ce qui aura de l’importance pour le dénouement de cette histoire de mainmise d’une étrangère sur le foyer Grainger. Mrs Miles semble avoir en tête d’en faire une maison bourgeoise régie par les règles de la bienséance alors que Le Virginien qui lui est très hostile pense seulement qu’elle cherche à se faire épouser de son patron, n’ayant guère apprécié de se voir restreindre les visites dans les lieux où auparavant il pouvait circuler à sa guise, étant désormais relégué à la seule cuisine, car Mrs Miles n’est pas vraiment d’accord pour voir les ‘ouvriers’ se mélanger aux patrons. De plus elle veut transformer Elisabeth en une parfaite ménagère et Stacey en un véritable gentleman sachant bien s’habiller et connaitre les danses de salon, ce qui n’est du goût ni de l’une ni de l’autre. Aux travers quelques détails et comportements étranges, l’on se rend vite compte que la nouvelle arrivante a d’autres plans en tête qui paraissent un peu plus inquiétants, nous rappelant en quelque sorte la Mrs Danvers de Rebecca ; on la trouve devant son miroir en train de parler de quelques préparatifs pas très 'catholiques' ou encore en pleurs dans le couloir en pleine nuit, à priori effrayée par des remontées du passé lorsque les soldats de l’Union avaient mis le feu à sa demeure du Maryland.

Après une heure de séquences qui nous la montre essayer de régenter et transformer la maison Grainger, on comprend qu’elle est presque parvenue à ses fins puisqu’elle est sur le point de se retrouver seule avec John, les deux petits enfants de ce dernier ayant décidé de refuser plus avant son autorité et d’aller trouver leur indépendance ailleurs, à San Francisco pour Stacey, dans une institution de jeunes filles à Boston pour Elisabeth. Mais bien évidemment tout rentrera dans l’ordre et les Grainger resteront réunis. Contrairement à ce que l’on aurait pu croire à la lecture du pitch, la principale qualité de cet épisode provient du fait que le personnage de Myrna Loy est suffisamment intelligemment écrit pour qu’il ne nous fasse pas l'impression d'être tout noir et haïssable, Mrs Miles parvenant toujours à mettre de l’eau dans son vin afin de ne pas paraitre trop despotique, l’interprétation de Myrna Loy aidant grandement à effacer ce manichéisme attendu qui aurait rendu l’épisode encore moins passionnant qu’il ne l’est déjà, l'actrice parvenant même parfois à nous rendre son personnage non dénué de sensibilité. Car hormis la prestation de la comédienne, rien qui ne retiendra vraiment notre attention si ce n’est l’interprétation de James Drury qui est le seul à nous convaincre ici parmi les comédiens récurrents de la série, ses confrontations avec Myrna Loy étant ce que l’on peut trouver de plus satisfaisant dans cet épisode sinon bien étiré et ennuyeux qu’Abner Biberman ne parvient pas vraiment à ranimer, cloitré qu'il est dans ce fade huis-clos.

Pas grand-chose à se mettre sous la dent dans The lady of the House, languissant mélodrame familial et psychanalytique qui non seulement laissera sur la faim les amateurs de westerns mais qui n’en convaincra surement pas beaucoup d’autres hormis peut-être les admirateurs de Myrna Loy, la morale de l’histoire n’étant pas spécialement – une fois n’est pas coutume - des plus progressistes, les ranchers et cowboys estimant qu’ils n’ont pas nécessairement besoin de culture ni d’éducation. On retiendra aussi peut-être les quelques incursions amusantes de L.Q. Jones ici bien sous employé ainsi que la franchise et l’aplomb du Virginien qui ne se démonte jamais face à cette femme dictatoriale… mais c’est bien tout. Espérons que le dernier épisode de la saison réalisé par Don McDougall fera terminer celle-ci sur une note positive si l’on ne veut pas perdre les fans en route ! A signaler que Leslie Stevens, après avoir été celui de la mémorable Au-delà du réel (The Outer Limits), deviendra producteur exécutif de la dernière saison de la série, lorsque celle-ci changera de titre pour prendre celui de The Men from Shiloh.


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