Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

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Moonfleet
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 26 juin 2019 13:12

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Alice Rawlings




5.09- Deadeye Dick

Réalisation : Ida Lupino
Scénario : Joseph Hoffman
Guests stars : David Macklin & Alice Rawlings
Première diffusion 09/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 3.5/10


Le Pitch : New-yorkaise, la jeune Marjorie (Alice Rawlings) a pris le train direction Medicine Bow pour rendre visite à sa tante. Durant le voyage elle se fait tout un monde romantique de la vie au Far-West, espérant comme dans ses romans de gare rencontrer un beau et viril cow-boy. Arrivée sur place, elle croit revivre une scène de son livre lorsque le Virginien ‘la sauve’ de la ruade d’un cheval. Voici le régisseur de Shiloh bien embarrassé, la naïve jeune fille s’étant amouraché de son ‘héros de roman’ alors qu’il n’éprouve rien en retour. Il va alors tout tenter pour s’en ‘débarrasser’ y compris de la pousser dans les bras du fils d’un de ses voisins…

Mon avis : "Tu as fini de jouer au policier, on va pouvoir élever du bétail" disait ironiquement le Virginien à Trampas à la fin de l’épisode précédent ; sur quoi j’espérais que ce retour aux sources annoncé fasse replacer la série sur de bons rails. Alors certes nos deux comparses sont revenus à leurs moutons – ou plutôt à leurs vaches et chevaux –, leur complicité fait toujours autant plaisir à voir et nous fait ici souvent sourire d’autant que nous n’avions plus retrouvé les deux comparses réunis depuis un bon moment, et en parlant de rails, l’épisode débute par l’image d’un train qui avance à toute allure, celui-là même qui nous a déjà amené à Medicine Bow tant de personnages intéressants ou (et) cocasses. Le postulat de départ est amusant, celui de Marjorie, une jeune fille venant de l’Est avec, piochées dans des romans à l’eau de rose, des idées bien arrêtées sur le Far-West, rêvant de se trouver en fâcheuse posture afin d'être sauvée in-extremis par un mâle beau et viril ; à Medicine Bow, le Virginien devient ce héros alors qu’il empêche un cheval amorphe et docile "de ruer dans les brancards" et de renverser la conductrice de la calèche. Une comédie très drôle aurait pu découler d’une telle situation à condition de bénéficier d’un solide scénario et surtout d’une comédienne chevronnée. Mais immédiatement Alice Rawlings avec sa voix haut-perchée et ses sempiternels roulements d’yeux nous agace ; sachant qu’il s’agit du protagoniste principal de cette histoire, aussi naïve soit-il, nous voilà bien avec un tel cabotinage qui perdurera toute la durée de l'épisode ! Pas besoin de s’étendre, on comprend aisément pourquoi l’actrice a fait une carrière éclair et uniquement sur la petite lucarne.

Mais avec pour la première fois de la série une réalisatrice aux manettes – et pas n’importe quelle cinéaste puisqu’il s’agit d’Ida Lupino (Outrage ; The Hitch-Hiker ; The Bigamist) – nous pouvions nous attendre à un ton et une sensibilité autres, ce qui n’est absolument pas le cas ici. Hormis les complétistes, les amateurs de cette artiste surtout connue en tant que comédienne (La Femme aux cigarettes de Jean Negulesco ; La Maison dans l’ombre de Nicholas Ray ; Le Grand couteau de Robert Aldrich ; La Cinquième victime de Fritz Lang) peuvent aisément se passer de visionner cet épisode plus que médiocre que ce soit au niveau du scénario que de la réalisation. Il semble que ça ait été pour elle un travail purement alimentaire ; pas un plan ni une idée mémorable ne s’en dégagent. C’est d’autant plus dommage que James Drury s’avérait plutôt à l’aise dans la comédie et qu’il était un peu revenu sur les devants de la scène après une période de vache maigre concernant son personnage du Virginien. Il a beau essayer de faire au mieux, se retrouver devant une comédienne sans talents n’aide pas à grand-chose. Certains avanceront que la série n’avait rien à faire avec la comédie ; ils se tromperont s’ils ne connaissent pas les saisons précédentes car dès le début elle aura eu l’occasion de nous offrir quelques pépites sur ce ton badin, par exemples les délicieux Big Day, Great Day de Harmon Jones avec Aldo Ray et même encore plus tôt, dès le 4ème épisode, The Big Deal de Earl Bellamy avec Ricardo Montalban.

Il est quand même cependant assez savoureux de voir James Drury essayer de se dépêtrer de cette encombrante adolescente qui le compare à son héros de roman préféré, Deadeye Dick. Plus il va faire de tentatives pour la décourager en lui faisant comprendre qu’elle fait fausse route, plus il va s’enfoncer et plus elle va lui faire des avances. Les meilleurs moments de l’épisode sont néanmoins ceux où il partage des séquences avec Trampas, ce dernier ne manquant aucune occasion de gentiment se moquer de son boss. Assez savoureux aussi - quoique un peu lourd parfois - de voir Trampas devoir éduquer un jeune avocat au métier de cowboy afin que celui-ci soit remarqué par la jeune fille qui ne rêve que de tomber dans les bras d’un 'homme, un vrai' et surtout pas dans ceux d’un gratte-papier, sa conception de l’homme parfait étant bien cadrée, acceptant de se faire conduire à la soirée dansante par le futur juriste par le seul fait d’avoir appris que tous les hommes de Shiloh seront présents à la fête ce soir-là, abandonnant son cavalier dès que l’occasion se présente de valser avec un cowboy. Un personnage fantasque à la fois aussi naïf et insupportable peut s’avérer attachant si le comédien parvient à lui insuffler un peu d’humanité ; ce que Alice Rawlings est totalement incapable de faire comme nous l’avons déjà dit. Son partenaire David Macklin n'est guère plus réjouissant même si plus terne.

Pour remplir les 72 minutes traditionnelles, le scénariste Joseph Hoffman cherche alors à changer de ton dans le dernier quart du récit, oubliant la comédie en faisant intervenir quelques pilleurs de banque qui prennent Marjorie en otage, le jeune avocat allant se transformer en héros pour la délivrer. C’aurait pu être drôle, c’est juste un peu idiot, pas du tout crédible et assez ridicule. Le passage à un récit plus sérieux n’arrange rien du tout, le mélange des tons ne fonctionnant pas vraiment. Une comédie qui arrive difficilement à nous faire rire et qui manque sacrément de fantaisie pour parvenir à nous maintenir en éveil durant toute sa durée. Ceux qui n’auront pas piqué du nez après les trois premiers quarts d’heure auront pu constater une cocasse erreur d’inattention de la part du monteur, un pick-up Chevrolet garé sur la droite de l’écran à la sortie du ranch Shiloh. Croisons les doigts pour que le dixième épisode de ce premier tiers de saison parvienne à faire remonter le niveau !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 04 juil. 2019 14:00

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Terry Moore & Jack Lord





5.10- High Stakes

Réalisation : Thomas Carr
Scénario : True Boardman & Mark Rodgers
Guests stars : Jack Lord, Michael Ansara & Terry Moore
Première diffusion 16/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 8/10

Le Pitch : Le Virginien est venu en ville accompagner Wesley, un jeune cow-boy qu’il avait formé ; il veut voir comment il se débrouille pour vendre ses chevaux et lui apporter son aide si besoin. L’affaire close, il continue à veiller sur lui de peur qu’il ne dépense tout son argent, le voyant s’approcher un peu trop souvent de la table de Pharaon tenue par la Saloon Gal Alma (Terry Moore). Cette dernière se cache de son époux (Michael Ansara), un dangereux bandit qui vient de s’échapper de prison et qui charge son frère (Jack Lord) de la lui ramener par un odieux chantage. L’arrivée en ville de cet abject personnage va déclencher morts et enlèvement…

Mon avis : Même si ce premier tiers de cinquième saison aura été extrêmement laborieux et surtout assez éprouvant pour les fans de la première heure, deux épisodes seront sortis du lot – et pas qu’un peu – : An Echo of Thunder de Abner Biberman – le quatrième - ainsi que celui qui nous concerne ici, réalisé par un vieux briscard du serial, un Thomas Carr en fin de carrière. Ces deux superbes épisodes ne mettront en scène qu’un des protagonistes récurrents, Trampas pour le premier, Le Virginien pour le second, les aficionados de la série étant d’ailleurs ravis de voir le régisseur de Shiloh enfin retrouver un rôle d’importance après avoir joué les utilités depuis un trop long moment. J'ai déjà à plusieurs reprises émis l'hypothèse que l’une des raisons de la faiblesse qualitative de la saison 5 pourrait avoir été la venue des nouveaux propriétaires de Shiloh avec trois comédiens qui ont toujours autant de mal à nous convaincre ; leur absence dans ces deux formidables réussites apporte encore de l’eau à mon moulin. Il y a d'ailleurs de fortes chances pour que cet excellent High Stakes plaise au plus grand nombre, aussi bien aux amateurs d’actions et d’émotions fortes qu’à ceux qui préfèrent la romance, le suspense ou même la violence psychologique.

L’épisode débute par l’évasion d’un bandit qui purgeait une peine de 5 ans de prison. C’est son frère qui lui a fait passer une arme par les barreaux de sa cellule. Ellipse… et voici les deux hommes réunis ; l’évadé a été blessé durant sa fuite et demande à son frère d’aller chercher son épouse qui a profité de son emprisonnement pour s'éloigner de lui, voire même pour prendre la poudre d'escampette. Il lui explique de lui faire un odieux chantage aux sentiments afin qu’elle le suive sans faire d’histoires, de lui faire croire qu’il a récupéré leur jeune enfant et que la seule solution pour le revoir est de revenir vivre avec lui. Le mari chef de gang, c’est Michael Ansara (Les Piliers du ciel de George Marshall, Quantez de Harry Keller, Les Comancheros de Michael Curtiz…), déjà présent dans l’épisode The showdown dans la peau d’un shérif impassible que rien ne semblait effrayer, dur et peu souriant. Le frère c’est Jack Lord qui, après avoir été le psychopathe dans L’Homme de l’Ouest d'Anthony Mann, se montrait tout aussi convaincant dans Le Bourreau du Nevada de Michael Curtiz où il interprétait le rôle d’un homme recherché qui se révélait être un ange de bonté et de probité, père et époux idéal. Alors qu’il était méconnaissable dans le sombre film de Mann, on devinait en revanche parfaitement dans cet autre western de Curtiz son futur personnage de Steve McGarrett dans Hawaii police d’Etat. Une autre preuve de son ampleur de registre qui nous fait dire qu'il est un peu dommage qu’il ne se soit ensuite cantonné qu’à cette célèbre série – où il était parfait -, son personnage de salaud intégral dans cet épisode du Virginien. A noter qu'il fut aussi le premier Felix Leiter dans James Bond contre Dr No.

Je conseille à ceux qui n’apprécient pas les spoilers de sauter à pieds joints sur ce petit paragraphe. Non seulement le personange de hors-la-loi interprété par Jack Lord va assassiner de sang-froid le jeune ami du Virginien mais il va ensuite tenter de faire tomber sa belle-sœur dans ses bras quitte ensuite à tuer son frère s'il venait à le gêner. Sans trop en faire, il se révèle absolument génial, bougrement inquiétant et menaçant. Sa confrontation avec James Drury promettait beaucoup et nous ne sommes pas déçus, ce dernier s’avérant lui aussi assez mémorable. Partant à la poursuite du meurtrier du jeune cow-boy qu’il avait pris sous son aile, il continuera seul après que les hommes de loi se soient désolidarisés par peur de passer la frontière, infiltrant le gang pour mieux pouvoir venger la mort de son ami. Dur et déterminé comme rarement il aura été, le régisseur de Shiloh va se lancer dans une vendetta tout en essayant de sauver la vie de la jolie épouse du chef de gang. Il va même tenir un discours assez violent une fois qu’il aura réussi à emprisonner son ennemi, lui faisant ‘miroiter’ avec sadisme la peine de mort. L’on sait néanmoins que Le Virginien abhorre la loi de lynch et l’on se doute bien qu’il s’agit avant tout pour lui d’impressionner et d’inquiéter son adversaire. Quoiqu’il en soit, les amoureux des séries TV des années 60 assistent à une confrontation mythique et pleine de panache entre deux des grands comédiens de cet âge d’or. Si Michael Ansara, Jack Lord, James Drury et même le jeune Dirk Rambo –mort tragiquement en début de carrière, tué par un chauffard - nous offrent des compositions de très haute tenue, la ravissante Terry Moore (Man on a Tightrope de Kazan, Le Temps de la colère de Richard Fleischer…) n’est pas en reste et l’on comprend aisément comment elle a pu faire tourner la tête au jeune homme assassiné, aux deux frères puis in fine au Virginien qui aurait bien aimé s’en faire épouser. Son talent dramatique étant égal à sa beauté, les séquences qui la réunissent à Dick Rambo en début d’épisode sont bouleversantes, puis captivantes sont les relations qu'elle entretient avec Michael Ansara, Jack Lord et James Drury.

Des décors inhabituels dont cette ville fantôme où s’est installée la bande, des éléments scénaristiques de film noir, un background musical entêtant, des courses poursuites, gunfights et autres scènes d’action d’une redoutable efficacité viennent entériner le fait qu’il s’agisse d’un des sommets de la série. On n’oubliera pas de sitôt non plus la manière qu’à le Virginien de prendre soin de son jeune protégé, allant même trouver l’entraineuse en lui demandant de le faire revenir à la réalité. True Boardman, à côté de récits absolument honteux, a eu néanmoins de belles réussites à son actif dont sa précédente participation à la série qui remonte à l’épisode 27 de la troisième saison, Farewell to Honesty ; High Stakes lui est encore bien supérieur et l’on croise les doigts pour que son retour à l’écriture durant la suite de cette saison se concrétise à nouveau par des épisodes de cette trempe. Pas nécessairement beaucoup de surprises au sein du récit mais une efficacité totale, un scénario carré, une tension palpable et une interprétation hors pair ; on en redemande et surtout on respire après tant de ratages !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 11 juil. 2019 8:40

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Sara Lane




5.11- Beloved Outlaw

Réalisation : William Witney
Scénario : True Boardman
Guests stars : le cheval Alladin
Première diffusion 23/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 3/10


Le Pitch : Alors que Trampas, Stacey et Elizabeth partent observer d’immenses troupeaux de chevaux sauvages, la jeune fille tombe amoureuse d’un bel étalon blanc. Capturé par d’autres cowboys, le cheval est vendu aux enchères et acheté par la jeune fille qui le voulait absolument. Après l’échec de Trampas pour le dompter et malgré la promesse faite à son grand-père de ne pas s’en approcher, Elizabeth se charge elle-même du dressage avec beaucoup de patience, allant même ensuite l’inscrire pour participer à une course. Même si la bête semble s’être adoucie, tout l’entourage d’Elizabeth craint toujours qu’elle se rebiffe…

Mon avis : Ce n’est pas encore arrivé presque à mi parcours que nous trouverons deux bons épisodes consécutifs lors de cette cinquième saison, puisque après le remarquable High Stakes avec Jack Lord, Michael Ansara et la ravissante et talentueuse Terry Moore, ce Beloved Outlaw parait non seulement bien fade mais se révèle également languissant, péniblement larmoyant et très ennuyeux. Nous noterons exceptionnellement l’absence de Guest Stars si ce n’est en seconds rôles (John Archer par exemple), les seules vedettes de l’épisode étant l’étalon blanc et l’actrice Sara Lane dans la peau d’Elizabeth Grainger qui se voit octroyer ici son rôle le plus important au sein de la série. Malheureusement elle vient nous confirmer ce que nous avions déjà pressenti depuis le début de la saison, à savoir que ses talents dramatiques sont décidément très limités, la comédienne parvenant difficilement à porter seule un récit de 75 minutes sur ses trop frêles épaules, s’avérant non seulement manquer de charisme mais nous étant également assez vite exaspérante surtout au cours de la dernière partie où le personnage d’Elizabeth, blessé par le cheval apeuré, se retrouve aveugle suite au choc subi et n’arrête pas de pleurnicher. Il n’est pas donné à tout le monde de savoir pleurer à l’écran et c’était visiblement le cas pour Sara Lane qui, outre une charmante silhouette et un joli visage, a bien du mal à retenir notre attention d’autant plus que le scénario de True Boardman n'est pas là pour lui apporter quelconque aide, vraiment trop léger.

Le récit tourne donc quasi exclusivement autour d’un cheval sauvage ; l’épisode débute par d’amples chevauchées au sein d'impressionnants décors désertiques que nous n’avions pas eu beaucoup l’occasion de voir durant la série, les stock-shots n'étant heureusement pas très nombreux et plutôt bien intégrés malgré évidemment une colorimétrie bien différente du reste. William Witney étant un réalisateur chevronné, auparavant spécialiste du serial, tout ce qui touche à des séquences mouvementées en extérieurs est très solidement troussé. Il s’agit là du 9ème et avant dernier épisode qu’il signera pour la série, ses participations ayant été dans l’ensemble de très bon niveau avec pour sommet l’excellent A Man of the People, épisode médian de la saison 3 qui abordait principalement la thématique de la répartition des terres entre ranchers et fermiers et l’arrivée de nouveaux habitants orchestrée par un député un peu roublard joué à merveille par James Dunn. Beloved outlaw pourrait en revanche s’avérer être comme sa collaboration la moins mémorable au Virginien, faute ne lui en incombant d'ailleurs pas nécessairement sauf concernant la direction d’acteurs, incapable de faire jouer correctement sa comédienne principale, Charles Bickford et Don Quine n’étant toujours pas parvenu à nous convaincre non plus… mais on veut bien continuer à y croire encore un peu ; quant à James Drury, après sa mémorable prestation dans High Stakes, il se retrouve à nouveau dans une position de 'potiche'. Witney n'étant pas responsable du ratage, la faute repose principalement sur les épaules du scénariste ici très peu inspiré alors qu’il était l’auteur du précédent excellent épisode ; on peut constater à quel point la participation de cet auteur à la série est vraiment très inégale, capable du meilleur comme du pire.

Ici, il ne se passe pas grand-chose : on essaie de capturer le cheval sans y parvenir ; d’autres le font et le mettent en vente aux enchères ; Elizabeth enchérit jusqu’à ce qu’elle remporte l’animal tellement elle est tombée sous son charme et même si ça ne plait pas spécialement à son père ; Trampas essaie de le dompter sans y arriver ; la jeune fille prend alors la suite : avec efforts et patience, plutôt que de le monter pour le dresser, elle préfère s’en faire un ami en lui parlant doucement et tendrement à l’oreille. On pense alors au futur superbe film de Robert Redford, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, sans que bien évidemment cet épisode de série ne lui arrive à la cheville à quelque point de vue que ce soit, émotion, lyrisme, mise en scène, scénario, ou interprétation… Puis, après être arrivée à ses fins et avoir réussi à s'en faire un véritable compagnon, la fille du propriétaire va vouloir faire participer son étalon à une course inter-ranch, quitte à prendre la place de Trampas qui la lui cède bien volontiers (un début de romance pour la suite ?) Le pur sang va blesser un homme de Shiloh ; il va se blesser ; il va blesser Elizabeth et s'enfuir ; suite au choc elle va devenir aveugle… pour un temps… mais partira néanmoins à sa recherche alors même qu’elle n’a pas encore recouvré la vue… On se demande bien ce qui a pu passer par la tête de True Boardman pour nous pondre une histoire sans véritables enjeux dramatiques, ce qui en soi ne serait pas forcément un défaut si en plus elle ne tournait pas aussi vite en rond et surtout s'il elle ne s'avérait pas aussi peu crédible, l'auteur semblant avoir eu du mal à boucler les 72 minutes réglementaires et paraissant s'être senti dans l’obligation de combler comme il pouvait aux dépens du spectateur qui trouve le temps long.

Un épisode répétitif qui plaira très probablement aux amateurs de chevaux ainsi qu’à ceux qui apprécient les histoires d’animaux bien larmoyantes et pleines de bons sentiments mais qui vraisemblablement pour les autres s’avèrera bien peu captivant. Dommage car William Witney était parfaitement bien parvenu à filmer toutes les chevauchées de l’animal et de sa cavalière et qu’il avait à sa disposition de majestueux paysages assez bien mis en valeur par le directeur de la photographie. On appréciera également la brève apparition de John Archer – l’inoubliable docteur progressiste dans le non moins mémorable Decision at Sundown de Budd Boetticher - dans la peau du cow-boy disputant avec fair-play le pur-sang à Elizabeth. Un petit sursaut qualitatif pour le prochain épisode serait le bienvenue.


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clint59
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar clint59 » 11 juil. 2019 18:22

les grands tetons aussi dans la serie LES MONROES je crois

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 17 juil. 2019 15:31

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James Drury & Diane Baker



5.12- Linda

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Frank Fenton
Guests stars : Diane Baker
Première diffusion 30/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10

Le Pitch : Le Virginien est au Texas où il vient d’empocher la somme de 10.000 dollars provenant de la vente de chevaux. Alors qu’il se rend à la banque échanger son reçu, un hold-up se produit et il est dévalisé. On lui conseille de rentrer chez lui mais il compte néanmoins retrouver ses voleurs ; à bord de la diligence il fait la connaissance d’une chanteuse de saloon, Linda (Diane Baker), qui lui raconte sa vie et l’étrange manège dans lequel elle s’est fourvoyée, servant de 'courrier' en transportant dans ses bagages des sacs qu'elle doit déposer ici et là, étant payée en retour ; un inquiétant personnage peu loquace vient compléter le trio de voyageurs…

Mon avis : Linda est le dernier épisode écrit par l’excellent scénariste Frank Fenton, son précédent datant de la saison 3, le superbe You Take the High Road avec Richard Beymer et Diana Lynn, celui qui décrivait une épidémie de peste bovine qui avait grandement inquiété les éleveurs de Medicine Bow. Fenton aura été une valeur sure de la série avec un sans-faute comptant six belles réussites. Rappelons que pour le grand écran, il écrivit déjà dans le domaine du western avant sa participation au Virginien des grands classiques du genre, des films formidables tels Fort Bravo (Escape from Fort Bravo) de John Sturges ou Le Jardin du diable (Garden of Evil) de Henry Hathaway. Don McDougall à la mise en scène, le réalisateur étant l’un des plus prolifiques et des plus fiables ayant œuvré au sein de la série, avec pour lui aussi très peu de 'déchets' à son actif, autant dire que cet épisode naissait sous les meilleurs auspices. Et effectivement, malgré quelques petits défauts principalement scénaristiques sur lesquels nous reviendrons rapidement par la suite, Linda s’avère être plus qu’honorable, une très bonne cuvée de cette médiocre saison 5.

Il s’agit d’un épisode qui se déroule loin de Medicine Bow avec un seul protagoniste récurent, en l’occurrence notre fameux Virginien qui nous avait beaucoup manqué au cours de cette saison et qui était déjà le personnage principal d’un très grand récent épisode, High Stakes avec Jack Lord, Michael Ansara et Terry Moore. Ici l'intendant se trouve au Texas où il vient de vendre des chevaux pour une coquette somme de 10.000 dollars. Avec son reçu il se rend à la banque où on lui donne l’argent en liquide. A ce moment-là trois hommes font irruption et lui subtilisent les billets. Heureusement il a toujours son reçu sauf qu’à cause de ça on l’accuse d’avoir monté un coup pour doubler sa mise ; à savoir que les trois voleurs seraient ses complices et qu’ils se partageraient à eux quatre non seulement l’argent volé mais les autres 10.000 dollars qui lui seraient encore versés plus tard en échange du reçu. Le shérif voulant bien faire confiance en la bonne foi du Virginien mais avec cependant toujours un léger doute, il lui conseille de quitter la ville au plus vite. Le régisseur de Shiloh prend alors la diligence tout en ayant en tête de retrouver ses détrousseurs. Durant le voyage il fait la connaissance d’une charmante chanteuse de saloon qui lui dit être coincée dans une affaire dont elle a du mal à se dépêtrer : pour un peu d’argent elle aurait accepté de faire le 'courrier' et de transporter des sacs d’un endroit à l’autre lors de ses déplacements en diligence. Par curiosité elle aurait ouvert son dernier ‘colis’ où elle y aurait découvert 50.000 dollars ; sac qui vient de lui être subtilisé.

Le Virginien lui conseille de tout raconter aux autorités policières et d’interrompre sa participation à ce qui s'apparente beaucoup à une magouille. Il va décider de lui venir en aide d’autant que leur voisin de diligence les inquiète en ne les quittant pas de yeux et que nombre d’autres personnes semblent les surveiller eux aussi et vouloir intimider le Virginien qui parait alors en gêner beaucoup. Notre héros fait le lien avec l'affaire qui le concerne et acquiert la certitude que ses voleurs pourraient être de la partie. On comprend à la lecture de cette description que l’épisode lorgne encore plus vers le film noir que vers le western et effectivement l’intrigue parait parfois aussi obscure que celles des plus grands romans policiers américains, l’on pense bien évidemment à celle du Grand sommeil par exemple. Et c’est paradoxalement l’un des défauts de ce scénario d’être parfois inutilement complexe - cet exercice a toujours été extrêmement difficile - et d’autres fois bien trop bavard. Et d’ailleurs l’intrigue n’est pas spécialement mémorable ; la preuve, au moment où j’écris ces lignes, soit à peine une semaine après avoir visionné l’épisode, j'ai énormément de mal à me souvenir des détails voire même de quelques grandes lignes de son dénouement. Seulement Frank Fenton est assez intelligent pour vite nous faire oublier cet imbroglio qui pourrait être frustrant à la longue ; pour se faire il a distillé au sein de son scénario un malaise paranoïaque qui perdure toute la durée de son récit, ayant convoqué tout un tas de personnages d’importance ou secondaires, tous plus inquiétants et intimidants les uns que les autres sans que nous ne sachions jamais vraiment de quelle côté de la loi ils se situent, s'ils sont là pour protéger ou vouloir tuer nos deux tourtereaux ? Nous n’en dévoilerons rien et n'en dirons d’ailleurs pas plus afin de préserver un semblant de mystère d’autant que le final est assez surprenant. C’est de cette atmosphère générale que l’épisode tire toute sa force, l’intrigue passant alors au second plan.

Frank Fenton est grandement aidé par un Don McDougall en pleine forme, s’essayant avec succès à commencer la plupart de ses séquences par des amorces de plan constituées par des objets (verres, bouteilles, lampes), la caméra se déplaçant ensuite pour recadrer les personnages, ou à filmer quelques plans de très loin comme ceux où l’on voit la diligence avancer au sein de paysages majestueux. Il nous octroie également un duel en pleine rue d’une étonnante sécheresse et d’une grande efficacité et sait parfaitement bien faire monter la tension grâce à sa direction d’acteurs et à un casting hors pair de trognes menaçantes et patibulaires, certaines séquences étant remplies à ras bord de testostérone, au bord de l'implosion. A propos de comédiens inquiétants nous nous souviendrons surtout de Bill Fletcher, James Brown et plus encore de l’excellent Rex Holman qui était déjà récemment très angoissant dans l’épisode No Drums, no Trumpets. Nous noterons aussi la présence de Clifton James, le futur shérif J.W. Pepper dans les deux premiers James Bond avec Roger Moore, Vivre et laisser mourir et L’homme au pistolet d’or, ainsi que de Diane Baker qui s’avère assez convaincante en tant que Guest Star principale, tenant très bien tête à James Drury, leur duo et leur romance fonctionnant plutôt bien même si leurs séquences dialoguées paraissent parfois un peu trop étirées et trop intellectualisées pour un épisode qui tire tout le bénéfice de son ambiance délétère et anxiogène.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 24 juil. 2019 14:25

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Doug McClure & Pernell Roberts



5.13- The Long Way Home

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Andy Lewis
Guests stars : Pernell Roberts & Noah Beery Jr.
Première diffusion 14/12/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 4/10


Le Pitch : Jim (Pernell Roberts), après avoir déserté sa famille et après trois ans de petites rapines, décide de se ranger. Il souhaite par la même occasion récupérer son fils et son épouse qui se sont installés à Shiloh après son départ ; les deux laissés pour compte ne veulent en revanche plus entendre parler de lui. Jim montrant des qualités de dresseurs hors-pair, le Virginien le prend dans son équipe ; le nouveau venu espère impressionner Grainger afin qu’il le nomme régisseur d’un ranch dont il a entendu parler qu’il allait l’acheter ; les choses ne se déroulant pas comme il le souhaiterait et perdant patience, des drames vont en découler…

Mon avis : La malédiction de la saison 5 se poursuit : il n'est décidément pas possible de visionner deux bons épisodes consécutifs, ce qui met l’amateur sans cesse mal à l’aise, se demandant constamment si la série ne va pas définitivement sombrer dans la plus grande médiocrité après lui avoir offert autant d’occasions de se réjouir durant les 4 premières saisons. Pour The Long Way Home, malgré Abner Biberman à la réalisation qui ne s’en sort d’ailleurs pas trop mal, ainsi que des invités pas spécialement mauvais, le scénario de Andy Lewis peine vraiment à nous captiver malgré un postulat de départ pas nécessairement novateur mais d’où peut toujours découler un émouvant récit, celui d’un homme qui pense pouvoir reprendre sa vie familiale du jour au lendemain après l’avoir déserté, son jeune fils ayant trouvé un père de substitution en son absence, le père biologique allant en concevoir de la jalousie. Le thème principal de l’épisode est donc celui du retour du père prodigue (Jim Sr.) après qu’il ait abandonné femme et enfant (Jim Jr.) pour partir vivre une vie de rapine : du jour au lendemain et sans prévenir personne, il avait quitté le domicile conjugal pour suivre un ami avec qui il allait vivoter de divers larcins. Un jour, alors qu’il est sur le point de se faire appréhender par un posse, il décide de tout arrêter et de rentrer dans le rang pour commencer une nouvelle vie décente et honnête. Il pense même pouvoir reprendre sa vie familiale comme si de rien n'était, n’imaginant pas une seule seconde que les deux laissés pour compte que sont son épouse et son fils - désormais âgé d’une quinzaine d’années - puissent ne pas être du même avis et n'aient pas envie de le revoir.

C’est pourtant ce qui se produit une fois qu’il arrive à Medicine Bow où sa femme est désormais restauratrice, son fils venant de trouver une place à Shiloh. Il est très étonné lorsque son épouse se rebiffe et le repousse. Quoiqu’il en soit, Jim ne se laisse pas démonter et reste persuadé qu’à force de ‘harcèlement’, il parviendra à ses fins auprès d'elle, estimant plus facile de se mettre son rejeton dans la poche puisque encore naïf et par ce fait bien plus malléable : il lui suffira de s’en faire admirer ! Ayant entendu dire que John Grainger était sur le point d’acheter un ranch alentour, il a pour idée de se faire embaucher pour en être le régisseur. Avant tout, il faut qu’il entre dans la place comme son fils vient de le faire ; pour y parvenir il va prouver son immense talent en tant que cow-boy et dresseur de chevaux ; devant le fait accompli, le Virginien impressionné par sa dextérité décide de le prendre lui aussi dans son équipe. Jim Sr va accomplir du très bon travail et Jim Jr. va tomber sous le charme de ce père encore plus doué que Trampas en ce qui concerne le domptage des purs-sang. Seulement, son arrogance et sa jalousie font que dès que quelque chose ne va pas comme il veut, il se braque et peut devenir un peu virulent voire violent. C’est en apprenant de la bouche de son patron que la vente du ranch convoité a capoté qu’il va retomber dans ses travers, ce qui petit à petit aboutira à la tragédie. Les relations tendues entre les époux, celles plus ambiguës entre le père et le fils, le tempérament imprévisible de ce petit voyou souhaitant recommencer à zéro pour une vie plus respectable, le Virginien ne voulant pas voir le drame qui couve par le fait d’être admiratif du travail que son nouvel employé accomplit, l’arrivée à Medicine Bow du complice de rapine de Jim, la jalousie de Jim à l’encontre du Virginien rapport au rôle de modèle pour Jim Junior... Il semblait y avoir de la matière à un épisode captivant et émouvant.

Le résultat est pourtant inaccompli faute avant tout à une écriture peu convaincante et à une direction d’acteurs parfois dilettante, Pernell Roberts s’avérant assez insupportable en fanfaron lors de toutes ses séquences d’ivresse. C’est pourtant un comédien que l’on aime bien et qui était remarquable dans le non moins splendide La Chevauchée du retour (Ride Lonesome) de Budd Boetticher ; son personnage était tellement sympathique que les auteurs avaient décidé en toute dernière minute de ne pas le sacrifier comme prévu sur le papier. Mais il était surtout connu pour son rôle d’Adam Cartwright dans une autre série westernienne toute aussi célèbre que celle nous concernant ici, Bonanza. A ses côtés, dans la peau de son partenaire des mauvais coups, Noah Beery Jr. dont le nom vous est peut-être inconnu mais dont le visage vous parlera très certainement puisqu’il fût au générique de très nombreux films hollywoodiens surtout durant les années 40 et 50 ; dans celui de son fils le jeune Michael Burns que l’on a déjà croisé deux fois dans le courant de la série ; et enfin dans celui de son épouse, Jan Shepard dont la prestation est ici bien moins mémorable que dans son rôle de prostituée dans le fabuleux épisode Harvest of Strangers - toujours à cette date le chef-d’œuvre de la série - ou encore lorsqu’elle interprétait une institutrice dans The Brothers. Dommage que toutes ces Guest Stars talentueuses n’aient pas eu l’occasion de nous dévoiler tout leur talent faute à l’écriture assez limitée de leurs personnages et aux incongruités de l’intrigue : comment par exemple croire une seule seconde au revirement de l’épouse qui après avoir à de nombreuses reprises violemment repoussé les avances de son mari, tout d'un coup lui tombe dans les bras, enamourée ?!

Un épisode assez ennuyeux mais pas honteux pour autant dans lequel on peut glaner quelques bonnes choses ici et là : de belles séquences de chevauchées en extérieurs dans des paysages jusqu’ici encore pas foulés par la série - même si pour beaucoup il s’agit de Stock-Shots -, une bonne interprétation de James Drury, notre ‘héros faisant à nouveau preuve de son bon sens, de son humanité, de ses conseils avisés et de sa modération quand il s’agit de juger autrui et toujours là lorsqu'il faut dénigrer toutes formes de violence ; morceaux choisis : "Ne cherche pas une idole […] tous les hommes ont leurs faiblesses […] peu importe qui t'éduque du moment qu’au final tu aies ta propre personnalité […] accepte les moqueries sans nécessairement te battre ; chacun est déjà passé par là et ce n’est pas bien grave". Nous noterons ici, une fois n’est pas coutume, une chanson se déroulant durant le générique, interprétée par Pernell Roberts. Et nous déplorerons à nouveau les départs de Lee J. Cobb et John Dehner ayant grandement affaiblis la série par leur remplacement par un Charles Bickford décidément et malheureusement plus du tout dans le coup.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 31 juil. 2019 16:19

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Tom Tryon



5.14- The Girl on the Glass Mountain

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Eric Bercovici & James L. Hendesron
Guests stars : Tom Tryon
Première diffusion 28/12/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7.5/10


Le Pitch : C’est le dernier convoyage de bétail pour Howie (Tom Tryon) qui doit quitter Shiloh pour se marier avec une fille de bourgeois ; le père voit cette union d’un mauvais œil mais finit par le se laisser convaincre. Howie ouvre alors une sellerie. Son commerce marche très bien mais la vie en plein air commence à lui manquer. Le jour où l’un de ses anciens patrons lui propose la place de régisseur de son ranch, l’envie de reprendre son métier de cow-boy le titille mais son épouse va à son encontre. Plus tard il perd une forte somme d’argent au jeu alors que sa femme vient de tomber enceinte. Le voilà dans une délicate situation…

Mon avis : Don McDougall est décidément non seulement l’un des réalisateurs les plus prolifiques de la série mais également celui auquel nous pouvons accorder la plus grande confiance, son pourcentage de réussites étant vraiment impressionnant, un seul de ses 22 épisodes s’étant jusqu’à présent révélé moyen - paradoxalement le seul autre écrit par le scénariste de cet excellent The Girl on the Glass Mountain - ; savoir qu’il en mettra en scène encore tout autant est là pour nous rassurer sur la qualité d’ensemble de la série, en croisant les doigts pour que cet espoir se confirme. L’épisode débute par une dizaine de minutes rappelant un peu le très attachant Cow-Boy de Delmer Daves, sorte de semi-documentaire sur la vie quotidienne en extérieurs de ces garçons vachers, leur travail, leur discussions et réflexions sur leur condition ou l'égrenage de leurs souvenirs, les veillées autour des feux de camp… Où l’on remarque immédiatement que Don Quine en Stacey est bien plus convaincant qu’à l’accoutumée, ce qui se révélera également vrai pour Sara Lane dans le rôle de sa sœur, leurs séquences ensemble s’avérant pleine d’une sensibilité inattendue, comme si enfin nos deux jeunes comédiens parvenaient à se lâcher un peu et commençaient seulement à apprivoiser leur personnage. Pour en revenir au prologue, de jolies séquences d’amitié et de camaraderie et un protagoniste immédiatement aussi charismatique que sympathique, celui joué par Tom Tryon (Le Cardinal de Preminger aux côtés de Romy Schneider, également très bon dans quelques westerns des années 60) qui nous avait déjà gratifié dans The man from the Sea - 14ème épisode de la saison 1 - d’une interprétation savoureuse, rendant grandement attachant son personnage de marin extraverti qui avait voyagé sur toutes les parties du globe et qui avait acquis une culture et une expérience qui attisaient grandement la curiosité de ceux qui l’approchaient.

Il est tout aussi mémorable et admirable dans l’épisode qui nous concerne ici, Howie passant son dernier jour à Shiloh - fêté comme il se doit par son équipe avec qui il semblait formidablement bien s’entendre – avant de convoler en juste noce puis d’ouvrir un commerce au centre de Medicine Bow ; et si Howie restera comme un des personnages ‘Guest-Star’ les plus inoubliables de la série, c’est avant tout grâce au talent de Tom Tryon et à l’efficace direction d’acteurs de Don McDougall qui, outre avoir enfin réussi à donner de la consistance aux deux enfants Grainger, a su parfaitement bien diriger tous les autres comédiens gravitant autour d’eux dans cette jolie histoire très romantique parfois bouleversante. Howie est un homme foncièrement bon, conscient de ses faiblesses et défauts mais honnête, fidèle en amitié et confiant (parfois trop) ; rencontrant un de ses anciens ‘collègues’ s’emparant de vaches du troupeau qu’il a en charge, il lui conseille gentiment de ne pas poursuivre son larcin et lui rappelle que s’il fermait les yeux sur ses maraudages passés il n’a jamais lui-même participé à quelconque vol ("I looked the other way maybe, but I never stole cattle"). Lorsque plus tard, installé à son propre compte en tant que sellier, ses amis lui demandent de leur faire crédit, il ne dit jamais non, allant même parfois jusqu’à annuler la dette qu’ils ont contracté envers lui. Il est doux et tendre avec sa femme, courtois avec ses beaux-parents mais surtout grandement compréhensif envers tout le monde ; ‘une belle personne’ comme nous dirions de nos jours même si cette mièvre appellation est un peu galvaudée, utilisée à tort et à travers. Tom Tryon parvient à rendre son personnage totalement attachant, jamais pénible ni moralisateur, le genre de personne que nous aimerions avoir pour pote.

Howie eut du mal au début à se faire accepter par ses beaux-parents qui ne voyaient pas d'un très bon oeil rentrer dans leur famille un homme d’aussi basse condition ; mais sa rencontre avec le père lorsqu’il vient demander la main de sa fille se passe très bien ("Well Howie, I won't pretend I think you're the ideal husband for my daughter, but if she loves you and you love her, I guess all I can do is wish you luck") et surtout la mère fait la remarque à son époux comme quoi il n’était alors pas mieux loti lorsqu’il lui-même à l'époque l’avait demandé en mariage. Les personnages arrivent tous à se remettre en question et n’ont pas honte de changer d’avis, ce qui constitue l'une des véritables richesses de ce scénario jamais manichéen. L’actrice qui interprète la jeune et belle épouse d'Howie, fille de commerçants enrichis, c’est Pamela Austin qui avait été déjà au générique d’un des très grands épisodes de la série lors de la saison 2, It Takes Big Man. Elle est également très bien dirigée et son personnage tout aussi bien écrit, pas spécialement toujours aimable, ce qui fait aussi son humanité. Le couple a beau s’aimer, les deux déchantent vite : les grands espaces viennent à manquer à l’homme qui se sent un peu trop confiné dans son échoppe et à qui l’on propose justement une place de contremaitre ; sa femme aurait souhaité que l’argent rentre un peu plus vite dans les caisses d’autant qu’elle tombe enceinte et qu’elle voudrait s'acheter une maison plus vaste que la modeste arrière-boutique dans laquelle ils habitent depuis qu'ils sont ensemble. Poussé par une mauvaise fréquentation, ayant perdu une partie de sa recette au jeu, Howie va se sentir acculé et, pour ne pas décevoir sa femme, va se laisser entrainer sur une pente dangereusement glissante par ce même copain des mauvais jours, sur le point de commettre l’irréparable, une attaque de diligence qui manque de tourner au drame. Avant ça, nous aurons eu l’occasion d’être témoin de plusieurs séquences de discussions très touchantes au cours desquelles Owie se confie à propos de ses problèmes, son mal-être et ses frustrations et demande des conseils à ses amis, dont surtout Stacey qui d’un coup nous parait plus proche, plus sympathique et plus mature.

Constamment attachant et captivant, un épisode non seulement très maitrisé dans sa mise en scène (quasiment aucune faute de goût de la part de McDougall, ni plan foireux ni vilaine transparence...) mais également et surtout superbement bien écrit, octroyant même à plusieurs des protagonistes récurrents de très jolies scènes ; au shérif Mark Abbott par exemple qui se révèle in fine un homme profondément humain. Magnifique séquence également que celle de la demande en mariage qui réunit Tom Tryon et Hugh Beaumont, ce dernier tenant le rôle de son beau-père intimidant mais finalement compréhensif, faisant même son Mea Culpa, regrettant d’avoir trop gâté sa fille et d’avoir trop hâtivement jugé son gendre qu’il admire désormais pour son courage et par le fait d’être un brave homme. Je vous laisse juge de la qualité des dialogues et de la hauteur morale de ce script au travers ce long extrait de la séquence de remise en question et de conseils avisés du père à sa fille qui était sur le point de divorcer : "Donna, Howie Sheppard is a good man! Maybe he's a lot better man than I gave him credit for being. He could have gone in with me, but he wanted to make it on his own. And he's been working hard to give you everything you've wanted; everything we've brought you up to want. He could have come crying to me, but he didn't. And that makes me kind of proud of him. As for losing the money, well, he's human. He's no knight in shining armor. He's your husband. Maybe you should have tried harder to meet him halfway.I blame myself. For giving you too much, Donna. For making things too easy for you. For letting you grow up expecting to have everything just exactly the way you wanted it. I spoiled you, Donna, and for that, I'm sorry. Now I'm going to tell you something else. Instead of talking about leaving Howie, what you ought to be doing is thinking about how you can keep him!". Peut-être assez éloigné de ce qu'attendent les amateurs de western mais néanmoins superbe.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 08 août 2019 12:25

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Ron Russell & Don Quine



5.15- Vengeance Trail

Réalisation : Thomas Carr
Scénario : John Hawkins & Ward Hawkins
Guests stars : Ron Russell
Première diffusion 04/01/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 2/10


Le Pitch : Alors que Stacey ramène une coquette somme issue de la vente d’un troupeau, il est attaqué par un pauvre bougre sans le sou qui le menace ; par réflexe de défense Stacey le tue. Il le ramène néanmoins chez sa sœur qui comprend très bien l’accident. Elle conseille néanmoins à Stacey de vite quitter la région car elle est certaine que son frère (Ron Russell) cherchera à se venger. Et effectivement ce dernier apprenant la tragédie part à la recherche du tueur sans le connaitre mais sachant qu’il s’agit d’un cow-boy ; pour le retrouver il se fait embaucher sous un faux nom dans l’équipe du Virginien de laquelle il est certain que son coupable fait partie…

Mon avis : Le tour de montagnes russes se poursuit, la saison 5 continuant sans discontinuer à souffler le chaud et le froid : il faut juste s’y faire malgré les hauts le cœur que cela occasionne ! Après un superbe Girl on a Glass Mountain, cet épisode central de la saison 5 se révèle être un sacré ratage à tous les niveaux. Et pourtant le réalisateur en est Thomas Carr, l’homme qui venait de signer quelques mois auparavant le splendide High Stakes, alors que le duo de scénaristes, John et Ward Hawkins, capable du meilleur (The Small Parade ; Blaze of Glory) comme du pire (The Fatal Journey), nous octroie comme vous l’aurez sans doute deviné un Vengeance Trail qui vient rejoindre la seconde catégorie. La première séquence pouvait pourtant laisser présager un récit intéressant malgré déjà une impression de décors vraiment encore plus cheap que de coutume ; ce fait continuera malheureusement à se vérifier par la suite, les décors en intérieurs – la maison du mort - et les toiles peintes paraissant vraiment plus que sommaires et surtout sacrément factices. Le budget de la série aurait-il été rogné à ce moment-là ? Quoiqu’il en soit, avec une bonne histoire et une bonne mise en scène, ceci ne serait resté qu’un détail vite oublié ; ce qui n’est en l’occurrence pas le cas, le seul point positif de cette fiction étant un Don Quine qui confirme la bonne impression qu’il nous avait fait à l’occasion de l’épisode précédent, semblant enfin avoir réussi à intégrer son personnage et à le rendre convaincant et attachant. Pour le reste…

Mais revenons-en à ces cinq prometteuses premières minutes tout à fait correctes. Stacey se rend à la banque récupérer la somme qu’il a gagné suite à la vente d’un troupeau. Un homme est derrière lui, tout penaud et d'une tristesse incommensurable. Dès le départ de Stacey, ce malheureux se rend au guichet et demande un prêt que le banquier lui refuse puisque sa ferme est déjà hypothéquée. Acculé et grandement dépité, il rattrape Stacey et est sur le point de le dévaliser sauf que, face à ces menaces, le fils Grainger réagit un peu trop brusquement et tire sur son agresseur qui se retrouve mortellement blessé. On comprend qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais bougre et l’on est attristé pour son sort ainsi que pour Stacey qui se rend compte avoir tué un brave gars aux abois. Moribond, ce dernier s’excuse auprès de Stacey de l’avoir mis dans une telle situation et lui demande de le raccompagner chez lui avant qu’il ne rende son dernier souffle. Et c’est à partir de là que l’épisode commence à s’écrouler puisque l’actrice Mary Ann Mobley qui interprète la sœur de l’homme entre temps décédé s’avère assez mauvaise. Ce n’est pourtant rien comparé à la Guest Star principale, soit Ron Russell : dans Ride to Delphi de cette même saison 5 j’écrivais qu’il n’était pas spécialement aguerri pour son rôle de pleutre et de lâche. Mais ici, en jeune homme au sang chaud, il s’avère insupportable de cabotinage.

L’épisode reposant presque tout du long sur ses épaules, on comprend d’emblée d’où provient une partie du ratage, Thomas Carr n’étant d’ailleurs pas exempté de 'culpabilité' non plus, sa direction d’acteurs s’avérant vraiment plus que légère, aucun des autres seconds rôles ne parvenant à se détacher du lot et James Drury paraissant s’être ennuyé sur le plateau comme rarement. Les auteurs ont beau avoir tenté de complexifier l’intrigue sauf qu’elle part dans tous les sens sans véritable liant, les rebondissements et changements d’axes dramatiques arrivant comme des cheveux sur la soupe. Comme si cette histoire de vengeance ne suffisait pas - avec notamment ces relations d’amitié qui se tissent entre les deux ‘ennemis’, le vengeur ne connaissant pas encore l’identité de celui qu’il recherche - voilà que nos deux compères scénaristes greffent à mi-parcours une histoire de droit de passage pour le bétail dans une ville tenue par des notables corrompus, ces derniers ayant ourdi un complot assez diabolique : le banquier et le shérif, aussi véreux l'un que l'autre, ont décidé de faire brûler les pâturages alentours afin que les vaches n’aient rien à manger et qu’elles soient alors obligées de traverser la bourgade, les cow-boys étant alors tenus de verser une coquette somme aux incendiaires. Sans oublier en bonus de ces deux histoires l’ajout d’un petit ‘entracte’ avec une traque au puma guère plus captivante que le reste ! Des pistes dramatiques très mal imbriquées les unes dans les autres et finissant par annihiler l’intérêt qu’elles auraient pu avoir séparément ; là les rebondissements s’avèrent dans leur majorité soit improbables soit ridicules.

Mal joué, mal écrit et bénéficiant d’un budget plus que ridicule, Vengeance Trail ne parvient non seulement pas à nous captiver mais finit assez vite par nous ennuyer. Nous ne retiendrons donc au sein de cette intrigue inutilement complexifiée qu'une bonne prestation de Don Quine ainsi que la participation de L.Q. Jones dont on attend toujours qu'il se voit confier un rôle d’une plus grande importance, jusque-là Belden restant confiné dans celui du cowboy rigolard. Quant à Ron Russell, sa carrière court de 1966 à 1995 mais n’est constituée que de 14 épisodes de séries télévisées diverses : l’avoir vu dans deux épisodes du Virginien nous fait mieux comprendre pourquoi il n’a pas été plus souvent sollicité. Oublions vite ce faux pas et croisons les doigts pour que la série reprenne enfin et pour plus longtemps de la hauteur !



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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 14 août 2019 16:34

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Patty Duke



5.16- Sue Ann

Réalisation : Gerald Mayer
Scénario : Gabrielle Upton & True Boardman
Guests stars : Patty Duke
Première diffusion 11/01/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10

Le Pitch : Sue Ann (Patty Duke) est fatiguée de la pauvreté et de sa vie à la ferme où elle doit s’occuper de ses jeunes frères et de son père. Elle rêve de voler de ses propres ailes et de se rendre à San Francisco. Du jour au lendemain elle décide de partir et atterrit à Medicine Bow où elle pense gagner assez d’argent pour poursuivre son voyage. Mais son père et Joe, l’homme de main, partent à sa recherche, le second étant résolu de s’en faire épouser. La retrouvant, ils se rendent compte qu’ils n’arriveront pas à la convaincre de rentrer avec eux mais Joe se fait embaucher à Shiloh pour toujours être au plus près pour la protéger…

Mon avis : La Sue Ann du titre c’est Patty Duke ; rappelez-vous, il s'agissait de la jeune comédienne qui interprétait Helen Keller, la sourde-muette du très beau film de Arthur Penn, Miracle en Alabama (The Miracle Worker), dans lequel son personnage avait pour infirmière une inoubliable Ann Bancroft. Au souvenir de ce film on pouvait craindre que l'actrice nous livre à nouveau le même type de prestation un peu exagérée – mais totalement justifiée dans le film de Penn - d’autant que le site Le Monde des Avengers écrivait à son propos : "un peu agaçante dans son personnage [… ] il est difficile de la supporter jusqu’au bout dans son personnage geignard…" Me concernant il n’en est absolument rien, la jeune actrice (difficilement reconnaissable cinq ans après sa mémorable prestation de la sourde-muette) nous octroyant - grâce aussi aux scénaristes - l’un des personnages féminins les plus attachants et touchants que l'on ait pu croiser depuis les débuts de la série ; et pourtant Le Virginien ne manquait déjà pas de mémorables portraits de femmes parmi les personnages 'invités'. Sue Ann, une jeune fille qui vit depuis sa naissance dans une modeste ferme avec de maigres moyens ; sa mère étant décédée, elle passe son temps aux tâches ménagères et doit également s’occuper de ses deux jeunes frères, de son père et faire aussi le repas pour Joe, leur commis, ce dernier ayant dans l’idée de s’en faire épouser. Sue Ann est fatiguée de cette existence étriquée, de cette vie harassante et peu gratifiante ; elle ne comprend pas non plus pourquoi Joe a tant tardé à lui parler de ses projets. Elle ne veut pas être vieille avant l’âge comme l’était sa mère "because she had nothing to keep her young and put a spark in her face".

Voulant voir et vivre autre chose, une nuit elle fait son baluchon et part de la maison en laissant pour son père un mot d’explications. Ni lui ni Joe ne pouvant se passer d’elle, ils partent la rechercher en espérant la convaincre de rentrer. La jeune femme s’est arrêtée à Medicine Bow sur les conseils de Trampas qu’elle a rencontrée dans la diligence. L’employé de Shiloh est très empressé et souhaite la voir rester alentours. Elle a néanmoins beaucoup de mal à trouver un emploi ; le seul qui lui est proposé est celui de serveuse au saloon. Voulant absolument amasser une certaine somme d’argent afin de pouvoir réaliser son rêve, à savoir se rendre à San Francisco, elle n'a pas d'autres choix que de s'en accommoder. Avant ça, son père était parvenu à rapidement la retrouver mais n’avait pas réussi à la persuader de reprendre sa vie à la ferme ; ce qui ne l'empêchait pas de parfaitement la comprendre, lui souhaitant même bonne chance pour la suite tout en repartant penaud et attristé ; en revanche Joe, plus amoureux que jamais, avait décidé de rester sur place au cas où elle aurait besoin d’aide ; pour se faire il était arrivé à se faire embaucher à Shiloh. Sauf que les cowboys - dont Trampas - n’étant pas insensibles au charme de la nouvelle arrivante, il bouillait souvent intérieurement de jalousie et il lui arrivait même de foncer dans le tas. Le jour où il apprend le genre d'emploi trouvé par 'sa fiancée', il a honte pour elle et va essayer de la dissuader de continuer ; comprenant que c’est surtout l’argent qui lui manque pour arrêter son travail, il est amené à mettre les mains dans la caisse de Shiloh. Ce qui évidemment va lui valoir des ennuis mais encore plus à un autre nouvel employé de Shiloh sur qui les soupçons se reportent par le fait d'avoir déjà eu maille à partir avec la justice…

On entrevoit par cette description une intrigue plutôt riche même si les amateurs d’action et de westerns seront sans doute un peu dépités ; ceux qui en revanche ne sont à la recherche que d’une belle histoire devraient au contraire grandement apprécier ce portrait très attachant d'une femme qui veut s’émanciper et faire ses propres expériences afin de profiter de la vie et ne pas vieillir trop vite. Le final fera peut-être grincer quelques dents, mais après tout, pourquoi après avoir tenté d’autres voies ne pas vouloir revenir au foyer s’occuper de sa famille et de son mari : ce n’est pas un choix automatiquement conservateur ; elle aura pris son envol, aura décidé d’elle-même de quitter ses proches et expérimenté d’autres choses que la vie pouvait offrir avant de décider de revenir en toute connaissance de cause et après avoir découvert le réel amour que lui portait le jeune commis de la ferme, ayant été capable des choses les plus folles afin que selon lui elle retrouve une vie respectable. Dans l'écriture scénaristique, les situations comme les personnages semblent très crédibles ; pour en rester sur les seconds, tout autant celui de Sue Ann que celui de Joe qu’interprète Paul Carr, comédien que l’on avait vu en 1961 dans le rôle d’un jeune fou de la gâchette qui perdait tous ses moyens au moment de devoir réellement se défendre dans Posse from Hell (Les Cavaliers de l’enfer) de Herbert Coleman aux côtés d’Audie Murphy. On notera aussi une bonne description du jeune homme qui pâtit un peu de tout ça, interprété par un très bon Tim McIntire, ainsi qu’un portrait également très poignant du père joué par Edward Binns.

Nous sommes également ravis de retrouver Clu Gulager, Ryker faisant sa réapparition en tant que shérif après avoir déserté la série depuis un bon moment. Les adeptes de la continuité feront certainement des bonds car rien n’explique sa rapide disparition pas plus que sa surprenante réapparition ; comme il m'est déjà arrivé de l'écrire, il faut donc bien prendre chaque épisode indépendamment les uns des autres pour ne pas être déçu par ce genre de ‘trous’ scénaristiques. Pour résumer, pas nécessairement un sommet de la série mais une bien belle surprise portée à bout de bras par la ravissante et talentueuse Patty Duke, à quoi l'on ajoute une belle réalisation de Gerald Mayer qui la filme amoureusement, une jolie histoire de Gabrielle Upton et True Boardman, et enfin une parfaite interprétation d’ensemble. Quant à la morale de cette histoire, même si elle pourra paraitre à beaucoup un peu vieillotte, les dialogues sont assez intelligents pour nous empêcher d’en faire un épisode ‘réac’ : "we can't trap things or people to stay with us. They only stay because they want to […] Pa loved me enough to let me go and you loved me enough to steal for me. I forgot that love was the most important thing." Voilà, juste l’amour qui triomphe de toutes autres considérations ! Un épisode 'fleur bleue' très émouvant.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 21 août 2019 15:20

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Kelly Jean Peters & Don Quine



5.17- Yesterday's Timepiece

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Al Ramrus, John Shaner & Sy Salkowitz
Guests stars : Andy Devine, Audrey Totter, Pat O'Brien...
Première diffusion 18/01/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 2/10

Le Pitch : Stacey achète une montre en or à un marchand ambulant. Il semblerait que cette dernière ait été celle qui avait été donnée à son fils par John Grainger et qui aurait disparu depuis le massacre du père de Stacey par les Indiens. Cet objet retrouvé ravivant ses cauchemars quant à la tragédie familiale, le petit fils demande à son grand-père la permission de partir à la recherche de la vérité quant à la mort de ses parents. Il va tenter de remonter la piste des différents propriétaires de la montre pour en apprendre plus, accompagné par une autre orpheline (Audrey Totter) qui l’eut un moment en sa possession…

Mon avis : Avec une régularité de métronome qui devient vraiment un peu pénible, la saison 5 poursuit son incessante succession d’épisodes très bons et très mauvais : jusqu’à quand ce manque de ‘stabilité’ va-t-il durer et nous faire légèrement reculer à chaque fois que l'on va vouloir poursuivre le visionnage de la série ?! Sue Ann ayant été une très belle surprise, épisode d’une grande douceur et d’une grande sensibilité porté à bout de bras pas la ravissante Patty Duke, on aura immédiatement compris que ce Yesterday’s Timepiece semble vouloir nous faire payer ce bon moment, se révélant cette fois ci tout aussi ennuyeux que laborieux. Et pourtant ils s’étaient mis à trois scénaristes pour plancher dessus avec au final un résultat indigne de la réputation de la série, malgré une histoire à priori intéressante replongeant dans le passé de la famille Grainger en contant l’enquête de Stacey tentant de découvrir la vérité sur la mort de ses parents que son grand-père a toujours mis sur le compte d’un massacre par les indiens. Le fait que l’un des trois auteurs ne soit autre que Sy Salkowitz, déjà signataire du minable Long Ride to Wind River et du médiocre Trail to Ashley Mountain, aurait pu nous mettre la puce à l’oreille quant à la faible qualité dramatique de l’épisode. Mais l’on a déjà vu au sein de la série de beaux retournements de situations quant à l’écriture de certains scénaristes, comme True Boardman par exemple faisant d'un coup à l'autre souffler le chaud et le froid ; tout était donc possible !

Il y avait aussi pourtant beaucoup d’invités d’un certain prestige – plus peut-être que dans n’importe quel autre épisode - comme Andy Devine (le conducteur de la diligence dans La Chevauchée fantastique - Stagecoach de John Ford), Stuart Erwin (Ben Dalton dans When the Daltons Rode de George Marshall), Karl Swenson (au générique de très nombreux westerns signés Delmer Daves, Henry Hathaway, Jack Arnold, Sam Peckinpah…), Robert F. Simon (le juge dans l’excellent Le Salaire de la violence - Gunman's Walk de Phil Karlson), Pat O’Brien (Le Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey), l’excellent Bruce Bennett (surtout mémorable dans un Raoul Walsh mésestimé et peu connu, Cheyenne, dans lequel il interprétait avec classe un mystérieux voleur poète) ou encore Audrey totter, l’inoubliable épouse de Robert Ryan dans le chef-d’œuvre du film de boxe réalisé par Robert Wise, Nous avons gagné ce soir (The Set-Up), également pas mal du tout dans La Femme qui faillit être lynchée de Allan Dwan où elle interprétait l’épouse de Quantrill, ex-chanteuse de saloon qui n’hésitait pas à jouer du poing et du pistolet. Dans le rôle de la jeune Elaine partie elle aussi à la recherche de son passé, Kelly Jean Peters ; malheureusement, que ce soit elle ou Don Quine, ils manquent ici tous deux de charisme et ne parviennent ainsi pas à nous toucher malgré les histoires familiales tragiques de leurs protagonistes qui comme on l’imagine très vite vont finir par s’imbriquer. Il y avait vraiment un bon postulat de départ ainsi que de bonnes idées à travers ce récit : le fait par exemple que l’on découvre que les indiens n’y sont en fait pour rien dans les massacres incriminés ; que les deux jeunes gens partis ensemble à la recherche de leurs origines vont se voir devenir ‘ennemis’ au fur et à mesure de leurs découvertes après avoir été très proches…

Seulement l’écriture mécanique et trop systématique du scénario - qui voudrait ressembler un peu à celui du superbe western d'Anthony Mann, Winchester 73, par le fait comme fil conducteur de suivre la trace d’un objet, ici une montre, là un fusil – devient vite pesante, la galerie de personnages rencontrés n’étant pas des plus ni passionnante ni originale, l'ensemble avançant très mollement, rendu encore plus lourd par l’inutile complexification de l’intrigue, mix ici un peu raté entre film policier, road movie et western. La séquence la plus intéressante est celle qui se déroule dans la réserve indienne avec cette bonne idée scénaristique de faire renoncer Stacey à sa vengeance puisque le massacre de ses parents résultait d’un acte de guerre… mais les décors carton-pâte sont tellement calamiteux que l’on a vraiment du mal à s’y immerger malgré le fait de retrouver à cette occasion dans le rôle de l’indien, Henry Brandon, le comédien qui endossait déjà la défroque de l’inoubliable chef Scar dans le chef-d’œuvre de John Ford, La Prisonnière du désert (The Searchers). Son personnage de ‘loup infaillible’ dans cet épisode est le seul qui parvient à nous sortir de notre torpeur ; il n’aura malheureusement que très peu de temps présence excepté aussi dans les séquences de rêves/flash-back guère finaudes non plus niveau réalisation, Abner Biberman semblant avoir abdiqué devant un scénario qu'il ne sentait peut-être pas trop.

Une trop belle occasion ratée par la série ; en même temps l'on constate que les quelques épisodes du Virginien qui nous permettaient déjà de connaitre le background des protagonistes principaux, sauf exception, n’avaient jamais encore accouchés de grandes fictions. Ici il y avait peut-être encore plus d'éléments pour aboutir à une histoire poignante et touchante ; mais ça aura été un coup d’épée dans l’eau ! Comptons sur Don McDougall pour relever le niveau en espérant cette fois que Biberman qui lui succèdera fasse preuve d'un peu plus de convictions pour l'épisode 19.


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Messagepar Moonfleet » 28 août 2019 8:48

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Cloris Leachman



5.18- Requiem for a Country Doctor

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Chester Krumholz
Guests stars : Cloris Leachman & Coleen Gray
Première diffusion 25/01/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 6.5/10


Le Pitch : En arrivant dans une petite ville où il cherche Stacey, le Virginien voit une potence en train d’être dressée ; il apprend peu après qu’elle doit servir à pendre le fils Grainger qui aurait, après avoir perdu aux cartes, tué le gagnant de la partie qui n’était autre que l’homme le plus aimé et respecté de la bourgade. Le Virginien, étant persuadé de l’innocence du fils de son patron, va tout faire pour le tirer de ce mauvais pas, y compris se confronter à la veuve (Coleen Gray) et à la fille du défunt. Une troisième femme aura de l’importance au cours de son enquête pour découvrir le véritable coupable, Clara (Cloris Leachman), la tenancière du saloon…

Mon avis : On pourra donc toujours compter sur Don McDougall pour relever le niveau ; à force de le répéter, il pourrait vraiment s’agir de l’homme qui aura le plus contribué à faire du Virginien l’une des séries 'westerniennes' les plus intéressantes et les plus adultes de l’époque. Il faut tout d’abord encore une fois louer son immense talent dans la direction d’acteurs, tous les épisodes qu’il a réalisé s’étant avérés remarquables de ce point de vue. Il en va encore de même pour ce Requiem for a Country Doctor, une enquête du Virginien pour sauver la tête de Stacey accusé du meurtre de l’homme le plus respecté d’une petite bourgade. Mélange de polar et de western, ce récit, au fur et à mesure de son avancée, se révèlera surtout être un touchant mélodrame au secret bien gardé jusqu’au bout. Mais je n’en dirais pas plus afin de ne pas trop déflorer une intrigue certes très classique mais plutôt bien écrite par un trio de scénaristes. Pour en revenir à la direction d’acteurs, nous retiendrons les prestations de James Drury - toujours aussi convaincant lorsque son personnage, fortement déterminé, fonce de l’avant et ne lâche rien quitte à se comporter avec une dureté peu en accord avec son statut de 'héros' de série familiale -, celles de tous les seconds rôles, mais avant tout celles des comédiennes, pas nécessairement Debbie Watson limitée dans son jeu (elle ne fera d’ailleurs quasiment plus rien par la suite), mais Coleen Gray dans le rôle de la femme du défunt et surtout Cloris Leachman dans la peau de la Saloon Gal.

Cette dernière sera mémorable quatre ans plus tard dans le touchant et magnifique La Dernière séance (The Last Picture Show) de Peter Bogdanovich : il s’agissait de la femme d’âge mur, épouse d’un entraineur sportif qu’elle n’aime plus, tombant alors dans les bras du jeune Timothy Bottoms. Son premier rôle au cinéma reste également mémorable pour les cinéphiles puisque ce fut dans Kiss me Deadly (En quatrième vitesse) de Robert Aldrich ; nous la découvrions dès la fulgurante séquence initiale : c’est elle qui apparaissait à l’écran vêtue d’un imper, courant seule dans la nuit au milieu d’une route ; éclairée de dos par les phares d’une voiture, elle forçait le véhicule de Mike Hammer à s’arrêter. Dans l’épisode qui nous concerne ici, c’est elle qui fait la plus forte impression et c’est d’ailleurs autour de son personnage d’entraineuse ("In my business, conscience isn't a necessary part of the equipment!") que l’enquête du régisseur de Shiloh va se concentrer et finir par se focaliser même si ce que l’on pourrait croire tout du long n’est absolument pas ce qui en ressortira en fin d’intrigue ; c’est d’ailleurs l’une des plus grandes qualités de l’épisode que de nous emmener là où ne l’attendait pas. Et enfin pour en terminer avec Cloris Leachman, nous avons en plus la chance de la voir interpréter ici une bonne chanson et de constater que sa qualité de chanteuse pouvait être égale à son talent dramatique. Quant à la ravissante Coleen Gray, les amateurs de westerns la connaissent un peu mieux ; ce fut la jeune barmaid dans Quand les tambours s’arrêteront (Apache Drums) de Hugo Fregonese et fut de la distribution du génial et méconnu Le Mariage est pour demain (Tennessee’s Partner) de Allan Dwan aux côtés d’un magnifique trio d’acteurs, Rhonda Fleming, Ronald Reagan dans son plus beau rôle et John Payne.

Parmi les seconds couteaux, des têtes connues de tous les amateurs de cinéma hollywoodien comme Morgan Woodward (le prisonnier), Dick Foran (le maire/juge de paix) ou John Doucette. Ces personnages de notables vont tenter par tous les moyens de mettre des bâtons dans les roues du Virginien, ne souhaitant à priori pas que certaines choses peu glorieuses ressortent de son enquête ou voulant faire taire les rumeurs et protéger certaines réputations dont celle du médecin assassiné. Le juge ne voulant absolument pas accorder de délai supplémentaire à l’accusé, une véritable course contre la montre s’engage pour notre héros s’il veut découvrir le vrai coupable ou alors ce qui s’est réellement passé le soir du drame ; condition sine qua non s’il veut sauver la tête de son ami et employé, le jeune Stacey, complètement KO debout dans sa cellule, se faisant déjà à l’idée de vivre ses derniers instants. La rencontre en prison de Stacey avec la fille du docteur est assez émouvante, faisant vaciller d’un coup les certitudes de la jeune femme quant à la culpabilité de son interlocuteur au vu de la sincérité et de la gentillesse de ce dernier. Durant ses investigations, le Virginien passera de sales quarts d’heure, se faisant même passer à tabac dans une ruelle sombre, la séquence étant assez sèche et vigoureuse. L'on trouve également une intéressante description de l’application de la loi à l’époque à travers cette réplique du juge au Virginien lorsque ce dernier lui demande pourquoi ils ont été si vite à condamner Stacey sans grandes preuves : "this town is growing, bursting at the seams. Miners, cattlemen, traders, easy money easy virtues, it's an old song, I know--but when the disease strikes, when the epidemic comes under these conditions it must be dealt with speedily and efficiently!

Sans atteindre des sommets car on a connu épisodes quand même bien plus captivants, tendus ou émouvants, une bonne cuvée au sein de cette saison plus qu’inégale ; grâce avant tout à une belle écriture et d’excellents dialogues mais surtout au réalisateur Don McDougall qui continue à nous fournir un travail très professionnel sans abus de vilains décors ou un trop plein de transparences et qui prouve une fois de plus qu’il savait parfaitement bien choisir et diriger ses comédiens. Une réplique du Virginien résume assez bien le pitch de l’épisode : "Everybody's been trying to protect something; themselves, each other or the doctor. I've been trying to protect a friend”. C'est clair, net et efficace ; comme cet épisode loin d’être désagréable.


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Messagepar Moonfleet » 30 août 2019 14:53

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John Saxon



5.19- The Modoc Kid

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Leslie Stevens
Guests stars : John Saxon & Harrison Ford
Première diffusion 01/02/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 8/10

Le Pitch : Le Hold-up de la banque de Medicine Bow ayant capoté, la bande de Dell Stetler (John Saxon) s’enfuit en laissant sur place un mort et un blessé. Ils ne sont plus que trois fuyards : Dell, Cullen (Harrison Ford) et son frère gravement blessé. Ne voulant pas abandonner ce dernier, ils se rendent au ranch le plus proche qui n’est autre que Shiloh. Là, ils prennent en otage les trois Grainger, ayant auparavant appris que tous les cow-boys étaient partis convoyer du bétail loin d’ici. Les bandits vont tenter de faire venir un médecin sans que les autorités soient mises au courant ; tout ce petit monde confiné, la tension va aller crescendo…

Mon avis : A la fin de mon avis plus que mitigé sur Yesterday’s Timepiece, l’épisode 17 de cette même saison déjà réalisé par Abner Biberman, j’écrivais : "Comptons sur Don McDougall pour relever le niveau en espérant cette fois que Biberman qui lui succèdera fasse preuve d'un peu plus de convictions pour l'épisode 19." McDougall avait tenu ces promesses et comblé cet espoir ; Biberman ne démérite pas, tout au contraire, nous livrant même avec The Modoc Kid l’un des sommets de la série. La malédiction 'dents de scie' aurait-elle enfin pris fin ?! Ne nous réjouissons pas trop vite et profitons de cette fameuse réussite. L’histoire est signée Leslie Stevens, le réalisateur d’un petit film culte, Propriété privée (Private Property), sa première réalisation "qui compte parmi les films indépendants des années 60 annonçant le ton et les méthodes du Nouvel Hollywood" dixit Jean Gavril Sluka sur le site ; la ligne du récit est claire et s’achemine vers un suspense à huis-clos à très 'haute tension'. Tout commençait pourtant d’une manière très fantaisiste, l’adjoint du Shérif – Ryker/Clu Gulager qui semble être enfin revenu pour de nombreuses reprises au sein de la série après une disparition de longue durée que l’on pensait définitive – plaisantant sur l’achat de poules par Elisabeth Grainger, ce qui restera un running gag durant tout l’épisode, permettant au spectateur de reprendre son souffle durant quelques secondes, l’atmosphère d’ensemble restant sinon constamment lourde et menaçante. Avec une extrême rigueur dans la conduite du récit, l’on assiste ensuite aux préambules du hold-up de la banque de Medicine Bow qui capote grâce à Ryker qui trouvait ces nouveaux arrivants assez louches et qui leur a tendu un piège. Résultat de la débandade qui s’ensuit : 1 blessé, 1 mort et 3 fuyards dont parmi eux un autre gravement blessé.

L’estropié resté sur place (Harry Carey Jr, l’un des comédiens de la 'famille John Ford', entre autres l’un des trois bandits/héros de Three Godfathers - le Fils du désert) est emmené en prison afin d’être interrogé sur l’éventuel lieu de rendez-vous où devaient se rejoindre les membres du gang après leur larcin ; celui ayant réussi à fuir malgré son sale état est le frère de Cullen, l'un des deux hommes étant parvenu à semer les hommes du shérif. Les deux hors-la-loi ne voulant pas l’abandonner à son triste sort, ils décident de se rendre au ranch le plus proche afin de s’y cacher et de soigner leur acolyte. Pour se faire, ils devront prendre en otages les résidents du lieu qui ne sont autres que les trois Grainger puisque la propriété est Shiloh. Les gangsters ayant appris au saloon avant le braquage que tous les cow-boys de ce domaine étaient partis une quinzaine de jours pour convoyer du bétail, ils s’en souvinrent à cette occasion et estimèrent à juste titre que c’était une belle aubaine pour eux : seulement trois personnes à surveiller dont un vieil homme et une jeune fille. Disons-le d’emblée : malgré le fait d'avoir répété à plusieurs reprises que l’une des principales raisons de la médiocre qualité de cette saison 5 reposait sur le manque de charisme des trois comédiens tenant les rôles des membres de la famille Grainger, il faut cette fois se rendre à l’évidence : grâce à la superbe écriture de Leslie Stevens et à la mise en scène plus qu'honorable d’Abner Biberman, pour la première fois Charles Bickford s’avère extrêmement convaincant, Don Quine et Sara Lane nous octroyant probablement aussi à cette date leurs meilleures prestations au sein de la série. Un huis-clos va donc se mettre en place, encadré pour les amateurs de mouvement par deux séquences d’action, chacune d’une extrême efficacité : le hold-up raté et évidemment le règlement de comptes final dont on se doute très bien dès le départ qu’il finira par avoir lieu.

Non seulement le scénario est d’une belle solidité (à l’exception peut-être de la séquence aux enjeux un peu flous de la ferme abandonnée ; à moins que ce ne soit moi qui ait eu une baisse de concentration à ce moment-là) mais, encore plus remarquable, l’interprétation est aux petits oignons. Outre nos trois comédiens récurrents depuis le début de cette saison ainsi que Clu Gulager égal à lui-même, ou encore le prolifique Paul Fix dans le rôle du docteur, saluons surtout les prestations d’Harrison Ford qu’il n’est pas besoin de présenter et surtout d’un inoubliable John Saxon interprétant ici l’un des Bad Guys les plus inquiétants depuis les débuts de la série avec celui que jouait Clu Gulager dans l’épisode 17 de la première saison, The Judgment, avant qu’il n’endosse l’uniforme d’homme de loi et n'entre dans la peau de Ryker. John Saxon, c’était l’intrigant Johnny Portugal dans Le Vent de la plaine de John Huston dans lequel il avait déjà pour partenaire Charles Bickford ; puis, dans L’homme de la sierra (The Appalossa) de Sidney J. Furie, pour faire face à Brando et contraster avec l’interprétation toute en intériorité de ce dernier, les auteurs auront eu la bonne idée de faire appel à lui qui nous offrait à cette occasion une prestation bien plus extravertie et presque tout aussi mémorable dans la peau du rancher cruel et sadique. Entre des deux, dans Les Cavaliers de l’enfer (Posse from Hell) de Herbert Coleman, il aura été le Tenderfoot de l’expédition punitive, le personnage le plus intéressant du film, Saxon volant même la vedette à Audie Murphy. Autant dire un comédien à redécouvrir et notamment dans le rôle de cet inquiétant Modoc Kid, un bandit sans aucune conscience ("You know, I'm gonna buy me a spread just like yours. Bigger. With a nice trout stream running right through it. It took you a whole life to earn your way to something like that, didn't it? Take me about two weeks! Strike it rich in some nice little bank. You see, we all want the same thing. I'm just taking mine while I'm young enough to enjoy it!") et qui cherche coute que coute à imposer le respect par la peur et la force : "I'm not asking you to give me help, I'm giving you orders!"

Non seulement bien écrit et bien interprété mais également remarquablement réalisé, Abner Biberman réussissant aussi bien ses séquences d’action – notamment la fusillade qui suit le hold-up ou encore le final - que ses scènes dialoguées, parvenant à maintenir une tension et un suspens constant ; il s'avère tout aussi virtuose dans son montage et son découpage, l’exemple le plus évident étant celui de l’arrivée des bandits pour prendre en otages les trois membres de la famille Grainger, la scène étant d’une très grande efficacité dramatique, tout comme l’arrivée des hors-la-loi à Medicine Bow en ouverture du récit. Soulignons aussi une belle attention apportée aux gros plans et aux éclairages, témoin la scène de nuit se déroulant entre John Saxon et Charles Bickford dans la ferme abandonnée. Un thriller westernien aux dialogues assez crus ("You shut your mouth, Mister, before I slop hot coals after it!") et à la violence psychologique assez inconfortable ("In that split second before the flash, before everything goes black, you'll believe! Only then it'll be too late!") ; un grand épisode et un mémorable Bad Guy : "People look up to a man who stands above the law...My name strikes fear!" Enfin notons le dernier plan qui rétrécit jusqu’à devenir une vignette au milieu de l’écran : une petite coquetterie assez curieuse dont on se demande ce qu'elle aura bien voulu nous dire !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 13 sept. 2019 15:59

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Marian McCargo & Peter Mark Richman



5.20- The Gauntlet

Réalisation : Thomas Carr
Scénario : Lou Shaw
Guests stars : Peter Mark Richman
Première diffusion 08/02/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10

Le Pitch : Alors qu’il est sur le chemin du retour suite à un voyage d'affaires au Mexique, le Virginien est blessé à l’épaule par un voleur de bétail qu’il avait surpris sur un immense ranch texan appartenant à Al Keets (Peter Mark Richman). Ce dernier le recueille le temps qu’il se remette ; le virginien comprend vite que rien ne va plus dans la vie conjugale du couple Keets et qu’au moment où Mary l’a trouvé, elle était sur le point de quitter son mari, accompagnée de son jeune fils. Keets découvrant dans le Virginien un homme intelligent et intègre, il lui offre la place de contremaitre. Malgré la proposition très alléchante, il refuse…

Mon avis : Troisième épisode consécutif de grande qualité ; nous nous reprenons à espérer un arrêt de la médiocrité d’ensemble de cette cinquième saison d'autant que le modèle de stabilité et de rigueur qu'est Don McDougall va réaliser un épisode sur deux durant le dernier tiers. En attendant la suite, aux manettes ici, Thomas Carr, capable du meilleur (le splendide High Stakes), comme du pire (Vengeance Trail) ; à l’écriture, Lou Shaw, déjà auteur du sympathique mais oubliable Outcast, qui s’en tire ici bien mieux, nous livrant un script dense et riche surtout dans la caractérisation du couple maudit de l’histoire interprété par Peter Mark Richman et Marian McCargo, tous deux très convaincants. Le premier avait déjà été remarqué à deux reprises dans le courant de la série, dans l’atypique A Portrait of Marie Valonne durant la saison 2 puis surtout dans The Girl from Yesterday durant la saison suivante où il tenait le rôle d’un inquiétant Bad Guy sans aucuns scrupules. Ce sera d’ailleurs - tout comme sa partenaire - un familier des principales séries des années 60/70. Notons de suite que le jeune Stefan Arngrim qui interprète le fils sans cesse balloté entre père et mère s’en sort lui aussi plutôt bien, ce qui prouve que la direction d’acteurs de Thomas Carr est bien au point, la qualité de l’épisode reposant avant tout à la fois sur l’écriture et sur un casting de grande qualité sachant rendre crédibles les différents protagonistes quels que soient leur importance.

Le récit de Lou Shaw s’avère très rigoureux malgré des retournements de situations parfois un peu durs à avaler notamment dans le dernier quart d'heure ; il s'agit également d'un épisode un peu masochiste au cours duquel notre héros, ici seul protagoniste récurrent de la série, se verra bien malmené, se faisant tirer dessus, recevant des coups bien teigneux dans la figure et le ventre, passant même près de finir la corde au cou. Mais revenons-en à la première séquence qui nous montre le Virginien arrivant devant un panneau indiquant qu’il est strictement interdit de pénétrer sur les terres de ce domaine au risque de se faire tuer sans préavis. Néanmoins, apercevant un homme en train de dépecer une bête, voilà le régisseur de Shiloh s’approchant pour voir ce qu’il en est réellement. Pas de chances, il reçoit une balle à l’épaule, tombe de cheval et s'évanouit alors que le voleur prend la fuite. Le Virginien est découvert par Mary, une femme passant justement par là en carriole avec son jeune fils. Elle s’arrête pour lui porter secours et l’on apprend peu après qu’il s’agit de l’épouse du grand propriétaire despotique du domaine, Al Keets. L’intendant est emmené dans le ranch afin d’y être soigné et le temps qu’il se remette. Durant son séjour le Virginien va être témoin des violentes rivalités et querelles conjugales qui se font jour au sein du couple qui l’a recueilli ; il va comprendre que Mary quittait son époux au moment où elle lui est venu en aide et que sans lui elle aurait réussi à réaliser son rêve, partir loin d’ici avec son fils. Ceci étant, Al trouve d’énormes qualités à son ‘invité’ au point de lui proposer dans un premier temps une place d’intendant avant de vouloir en faire carrément son associé.

Al Keets est un homme qui fait tout pour se faire haïr ; il se montre tyrannique, aigri, cruel et ne fait pas beaucoup démonstrations de sentiments que ce soit pour son épouse ou son jeune fils qu’il refuse néanmoins de voir partir avec sa mère si jamais celle-ci décidait de les quitter. Il les traite si mal que c’est cependant bien leurs intentions même si Mary continue à défendre son mari devant les autres, lui trouvant des excuses et refusant que son fils parle mal de lui ; d’où la confusion de ce dernier qui ne cesse de croitre. Cette animosité dans le couple vient du fait que Al croit que Mary l’a épousé uniquement pour son argent. L’épisode est principalement basé sur leurs relations très tendues mais où l’on soupçonne encore de la tendresse et de l’amour ; c’est cette richesse qui fait tout le prix de l’épisode, l’auteur n’étant jamais manichéen, la superbe prestation de Peter Mark Richman parvenant à nous rendre son protagoniste parfois attachant malgré le fait qu’il soit le plus souvent détestable ; le Virginien répondra d’ailleurs à sa proposition de travail en lui disant "you’re two different men, one of them I understand, the other I don’t like" ; mais, toujours aussi droit, il refuse néanmoins de le juger devant autrui. James Drury est vraiment très bien dans cet épisode, très convaincant lorsqu'il explique sa fierté d’être régisseur de Shiloh et ne voulant pas changer de poste par amitié pour ses patrons, répétant à plusieurs reprises qu’il est son propre maître et qu’il est ainsi libre de faire ses choix, aussi étonnants soient-ils. ‘L’attraction’ qu’opère le Virginien sur Al est également captivante et superbement décrite, le despotique rancher se montrant toujours plutôt affable pour son hôte qu’il ne se cache pas d’admirer : si Grainger accorde une si grande confiance à son contremaitre, c’est qu’il doit être un homme exceptionnel qu’il aimerait donc bien s'accaparer, en tout bien tout honneur. Mais sans le savoir le Virginien va se faire complice de son épouse, ce qui va rendre les tensions encore plus fortes entre les principaux protagonistes de ce récit.

Le jeune Keets se prend aussi d’amitié pour le Virginien, découvrant en lui le père attentionné qu’il n’a jamais eu ; nous assisterons ainsi à une belle séquence bucolique d’apprentissage de pêche à la ligne. Mais allez vous me dire, et le 'Gauntlet' du titre ? Il s’agit d’un tournoi où tous les coups sont permis qu’organise Al chaque année afin de faire gagner quelques bêtes ; une ‘fête’ totalement illégale... mais comme le rancher s’estime représenter la loi dans sa région… Une course à cheval qui aura lieu en fin d’épisode et qui est évidemment le clou de l’épisode, en tout cas en ce qui concerne les amateurs d’action car il est permis de préférer tout ce qui aura précédé au cours de cette histoire assez sombre. Cette confrontation finale qui voit Al se faire défier par Le Virginien viendra après quelques séquences assez crues et violentes avec pas mal de morts à la clé, des passages à tabac, un enlèvement – celui de l’enfant par des hommes de main très cruels dont l’un est interprété par un inquiétant Harry Lauter – et des fusillades mortelles. Bref, devant ce mélange de suspense psychologique, de drame conjugal et de violences morales et physiques en tous genres, tout le monde devrait s’y retrouver. Et le Virginien une fois de plus de vilipender la violence en étant dégouté du sort qui a été réservé à son agresseur : "Looks like you used him for target practice" et en tournant le dos à ceux qui pensent ainsi l’avoir vengé. Une réussite !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 19 sept. 2019 14:23

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Katherine Walsh



5.21- Without Mercy

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Donn Mullally
Guests stars : James Gregory
Première diffusion 15/02/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10


Le Pitch : Stacey est amoureux de Kathy Young ; il doit cependant la rencontrer en cachette car Cal (James Gregory), le père de la jeune fille, voit cette relation d’un très mauvais œil, refusant que sa fille fréquente des garçons d’une classe sociale plus favorisée que la leur. Surpris en compagnie de Kathy, Stacey est maltraité par le patriarche des Young. Grainger tente d’aller raisonner son voisin, sans succès : estimant néanmoins légitime qu’un père refuse un prétendant pour sa fille, il décide d’envoyer Stacey loin d’ici le temps qu’il fasse le deuil de sa romance. Peu après Cal est retrouvé mort d'une balle dans le dos ; les soupçons se reportent sur Stacey…

Mon avis : Qualitativement parlant, la série semble enfin avoir retrouvé un bon rythme de croisière ; le fait que Don McDougall ait pris le relais et qu’il va réaliser un épisode sur deux jusqu’à la fin de ce dernier tiers de saison en alternance avec Abner Biberman nous rassérène un peu, nous faisant espérer qu’une moitié au moins sera satisfaisante, le réalisateur ne nous ayant quasiment jamais déçu jusqu'ici. Et croyez-le ou non, ne sachant pas qui en était le signataire, au regard de la mise en scène durant le prégénérique j’ai immédiatement pensé qu’il pouvait justement s’agir de Don McDougall derrière la caméra ; l’attention portée au découpage, aux cadrages et à l’éclairage (si l’on veut bien oublier cette vilaine ombre portée de la caméra en bas à gauche du cadre), l’ampleur des travellings, le fait de vouloir prendre son temps et de ne pas hésiter à s’appesantir dans une atmosphère assez bucolique, le fait aussi de refuser presque toutes transparences et stock-shots… tout était typique de cet homme qui s’avère toujours être la meilleure recrue de la série. Dès le départ nous voilà donc rassurés, ce qui se confirmera par la suite, le talent de directeur d’acteurs de McDougall étant lui aussi toujours intact, non seulement les différentes Guest Stars étant très convaincantes mais les trois comédiens interprétant les Grainger confirmant avoir enfin bien intégrés leurs personnages ; ce fut assez long et laborieux mais il semble désormais que Don Quine, Sara Lane et Charles Bickford aient définitivement pris leurs marques.

Une séquence prégénérique qui voit donc réunis le jeune Stacey et une blonde diaphane aussi touchante que ravissante interprétée par Katherine Walsh dont le talent n’aura pas eu le temps de s’épanouir, morte tragiquement à l’âge de 23 ans, assassinée en 1970 sans que son meurtre n’ait été élucidé. On la trouvait au générique de La Poursuite impitoyable de Arthur Penn et au vu de son délicieux visage ainsi que de son interprétation dans cet épisode du Virginien, il n’est pas interdit de penser qu’elle aurait pu avoir une carrière non négligeable. Nos deux tourtereaux passent de merveilleux moments ensemble mais pour cela ils doivent se cacher du père de la jeune fille qui ne supporte et n’approuve pas cette romance : il refuse que Kathy fréquente un homme de condition supérieure à la leur, aigri contre ceux qui ont réussi, jaloux plutôt puisque ce ne fut pas son cas. Ayant surpris Stacey en compagnie de Kathy, pour le punir il l’attrape au lasso et le traine derrière son cheval sur plusieurs centaines de mètres. John Grainger va demander des comptes à son voisin, plaidant la cause de son petit-fils en estimant que ce n’est pas une manière de traiter les gens ; quoiqu’il en soit, rentrant bredouille de son entretien avec l’inflexible Cal, il explique à Stacey que l'attitude de ce dernier est quand même légitime et qu’un père a le droit d’interdire à sa fille de fréquenter untel. Pour lui faire oublier la jeune fille et le faire se changer les idées, John trouve un prétexte pour envoyer Stacey réparer une cabane très loin de Shiloh. Mais Cal est retrouvé mort, dévalisé et une balle dans le dos.

Il est évident que les soupçons se reportent sur Stacey d’autant que l’argent que Cal transportait se retrouve dans la sacoche de son cheval et que tout le monde est au courant de son histoire d’amour ainsi que des rivalités l’ayant opposé au vieil homme. Ce dernier est superbement interprété par James Gregory qui aura eu le temps une demi-heure durant de nous faire montre de son talent ; le comédien était déjà excellent dans le 12ème épisode de la saison 1, 50 Days to Moose Jaw, et fut avant ça sur grand écran l’ennemi des 4 fils de Katie Elder d’Hathaway ; l’on se rappelle aussi son général Quaint dans A Distant Trumpet (La Charge de la 8ème brigade) de Raoul Walsh, superbe personnage s’amusant à réciter à tour de bras des extraits en latin des grands auteurs de l’Antiquité. Le frère de Cal qui tiendra un rôle d’égale importance dans le récit, c’est le non moins excellent Lonny Chapman. Des personnages tous intéressants, pas spécialement manichéens (Cal a tout pour être haïssable mais demeure attachant) et richement décrits grâce à la remarquable sûreté d’écriture de Donn Mullally, scénariste qui ne sera au générique que de six épisodes du Virginien mais qui aura marqué la série de son empreinte durant les deux premières saisons avec le magnifique Impasse (avec Eddie Albert), le curieux et réjouissant The Money Cage (avec Steve Forrest), le mémorable Siege (avec Philip Carey) - à cette date toujours l’un des plus grands épisodes de la série - et enfin The Invaders (avec Ed Begley) dont le scénario était un modèle d’intelligence et de rigueur. Son travail sur Le Virginien s’arrêtera malheureusement avec l’épisode qui nous concerne ici.

Je ne m’étendrais pas plus longuement sur l’intrigue plus proche du film policier que du western afin de ne pas trop en dévoiler. D’autant plus que, une fois n’est pas coutume puisque le plus souvent dans la série le spectateur est en avance sur les protagonistes, ayant comme dans Columbo assisté aux évènements, il n’a cette fois pas été témoin du meurtre et qu’il est dans la même ignorance des faits que celui qui se lance dans l’enquête, en l’occurrence un Ryker en belle forme. Une écriture rigoureuse, un récit policier bien mené, une interprétation de belle tenue, du suspense, du mystère, le gracile visage hypnotisant de Katherine Walsh, l’apparition de tous les protagonistes récurrents… on ne se plaindra pas de tous ces éléments qui rattrapent une résolution de l'intrigue un peu décevante basée sur des boites de conserves de tomates (sic !) Nous aurons en outre assisté à une jolie histoire, été témoin d’un odieux chantage, de la haine que pouvait avoir des fermiers modestes pour de grands éleveurs ainsi que d’une intéressante réflexion sur la place des jeunes filles au sein de la famille, plutôt progressiste puisque Elisabeth Grainger n’hésite pas à contrer son grand père sur ses idées un peu rétrogrades quant à l’autorité paternelle. Ces quatre derniers épisodes auront rivé le clou à ceux qui ne voient Le Virginien que comme une série familiale alors qu’elle se sera souvent révélée bien plus adulte que bien des westerns de la même époque.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 25 sept. 2019 16:10

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Doug McClure & Susan Clark



5.22- Melanie

Réalisation : Abner Biberman
Scénario : Stephen Lord
Guests stars : Victor Jory & Susan Clark
Première diffusion 22/02/1967 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 6.5/10

Le Pitch : Jim (Victor Jory), un riche homme d’affaires de Chicago, vient rendre visite à son vieil ami John Grainger. Il est accompagné de sa fille Melanie, jeune femme moderne et cultivée qui a voyagé un peu partout. Malgré leurs différences de classe sociale et d’éducation, elle et Trampas commencent à vivre une belle romance. Ils sont même sur le point de se marier et de s’acheter un terrain pour y construire leur ranch. Mais la jeune femme a un terrible secret qu’elle n’ose avouer à son prétendant. Grainger l’ayant appris, il n’en dira rien non plus à son employé mais sera soulagé par la tournure un peu triste que vont prendre les évènements…

Mon avis : Deux réalisateurs se partagent donc en alternance le dernier tiers de la saison 5 ; après Don McDougall, c’est donc à Abner Biberman de prendre le relais. Capable du meilleur (An Echo of Thunder ; The Modoc Kid) comme du pire (Yesterday’s Timepiece), Biberman nous offre ici une bonne cuvée, loin cependant d’égaler les deux titres précédemment cités qui pouvaient être considérés comme des sommets de la série. Concernant Melanie, il est important de demander aux amateurs purs et durs de westerns et d’action de passer leur chemin car il s’agit ici d’un pur mélodrame romantique auquel ils vont assister, sans aucunes fusillades, chevauchées ou la moindre bagarre ni coups de poing. L’épisode reposant sur un secret dévoilé au spectateur à la fin du premier tiers, ceux qui ne supportent pas les spoilers sont priés eux aussi de s’occuper d’une autre manière que par la lecture de cet avis qui peut difficilement en faire l’impasse, auquel cas contraire il n’y aurait pas grand-chose à dire du scénario, le fait de cacher cette ‘surprise’ au cours du pitch ayant déjà été assez difficile même si l’on aura bien compris qu’il s’agit d’une chose d’une profonde tristesse. Puisque nous sommes désormais entre personnes ne craignant pas d’être gênés par le fait de connaitre tous les tenants et aboutissants du récit, voyons ce qu’il en est !

Accompagné par Trampas, John Grainger attend à la gare la venue d’un vieil ami à lui, riche homme d’affaires de Chicago. Ce dernier arrive avec sa fille Mélanie qui intimide immédiatement Trampas par son élégance, sa sophistication et sa classe ; il s’agit d’une femme moderne, progressiste (elle est pour l’égalité des sexes et le vote des femmes), bien éduquée, cultivée et ayant voyagé dans les plus grandes capitales européennes. Après un malentendu vite oublié, Melanie prenant Trampas pour un commis en lui donnant un pourboire pour avoir porté ses valises, les deux qu’à priori tout sépare (condition sociale, éducation, culture, idées…) vont vivre une romance qui va les conduire jusqu’aux portes du mariage avec moult projets à la clé dont l'achat d’un terrain pour y construire un ranch, des enfants… Quant au père de la jeune femme, son ami Jim, Grainger trouve étrange qu’un businessman de l’Est comme lui veuille s’installer définitivement dans la région ; ce dernier lui donne comme excuse le bien être de sa fille qui à Chicago fréquentait des gens bien trop oisifs, voulant la voir désormais se frotter à la 'vraie vie' afin qu'elle puisse la prendre plus au sérieux. Mais étant témoin de l’histoire d’amour entre elle et le cow-boy de Shiloh, Jim se confie enfin et avoue à John la véritable raison de sa venue dans l’Ouest. Melanie est atteinte d’une maladie incurable : si elle était restée à Chicago elle n’en aurait plus eu que pour deux mois à vivre alors qu’au grand air sa vie pourrait être prolongée de quelques mois supplémentaires voire d’une ou deux années. Les deux vieux amis ne s’étant toujours pas complétement remis de leur état de veuvage prématuré, ils ne peuvent qu'éprouver une profonde empathie pour Trampas au vu de sa situation et le plaignent par avance si jamais cette romance devait se poursuivre.

La principale originalité et le culot du scénario de Stephen Lord est que ce secret ne sera jamais connu de Trampas, pas même à la fin après que Melanie ait coupé court à toute idée de mariage alors même que les préparatifs étaient bien avancées et que l’on fêtait même avec faste les fiançailles. En pleine soirée, elle annonce à tout le monde qu’elle change d’idées et qu’elle préfère retourner dans sa ville natale, ayant besoin de luxe et de peur de vite s’ennuyer en restant trop longtemps vivre dans le Wyoming. Un violent coup qui plombe l’ambiance festive et que reçoit Trampas en pleine face alors que nous l'avons vu amoureux fou durant tout l’épisode, celui-ci étant principalement constitué de séquences idylliques entre les deux amants ; amertume et totale incompréhension de sa part qui perdureront jusqu’à la dernière bouleversante image du départ de sa dulcinée. Alors qu’on pouvait légitimement le penser, rien de mièvre au cours de ce récit, l’intelligence des dialogues se faisant immédiatement jour au cours de la première sortie des deux futurs soupirants : alors qu’un froid existait entre eux suite à la méprise initiale du pourboire, Trampas essaie d’exprimer ainsi les intentions de la jeune femme à son encontre lorsqu’elle lui demande de sortir avec lui : "Wealthy, spoiled Eastern girl comes West, finds things kind of dull, stir up a little excitement, something to tell her friends about back in Chicago" ; sur quoi Melanie lui rétorque quant à celles de son 'accompagnateur' : "Hard working, hard-headed cowhand gets a little bored with pretty little girls in calico. Meets wealthy spoiled Eastern girl, stir up alittle excitement, something to tell the boys back in the bunkhouse." Un partout, la balle au centre et d'emblée une belle acuité dans les répliques !

Un épisode à la fois léger et grave sans la moindre scène d’action. Certains pourront le regretter mais devront néanmoins s’incliner devant la qualité de l’interprétation, que ce soit celle de Doug McClure, celle de sa partenaire Susan Clark qui entamait ici une jolie mais discrète carrière de comédienne ensuite très appréciée par les amateurs du cinéma américain de la fin des années 60 (Coogan's Bluff ; Madigan ; Tell him Willie Boy...) et de la première moitié des années 70 (The Midnight Man ; Night Moves...), celle de Charles Bickford qui nous fait oublier depuis trois épisodes ses difficiles débuts dans la série, et enfin celle du toujours excellent Victor Jory (déjà parfait dans le pourtant moyen The Return of Golden Tom). Enfin il est plaisant de voir que malgré le peu de liant entre chaque épisode l’auteur Stephen Lord se soit souvenu des débuts de Trampas et ait fait allusion à ce dont nous avions été témoins au cours de précédents épisodes tels Ride a Dark Trail. Tout aussi touchant d’apercevoir le sincère sourire du Virginien lorsqu’il est témoin du réel bonheur de Trampas. Une histoire très émouvante que devraient apprécier les amateurs de mélodrames et de belles histoires d’amour.


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