Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

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Moonfleet
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 26 juin 2019 13:12

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Alice Rawlings




5.09- Deadeye Dick

Réalisation : Ida Lupino
Scénario : Joseph Hoffman
Guests stars : David Macklin & Alice Rawlings
Première diffusion 09/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 3.5/10


Le Pitch : New-yorkaise, la jeune Marjorie (Alice Rawlings) a pris le train direction Medicine Bow pour rendre visite à sa tante. Durant le voyage elle se fait tout un monde romantique de la vie au Far-West, espérant comme dans ses romans de gare rencontrer un beau et viril cow-boy. Arrivée sur place, elle croit revivre une scène de son livre lorsque le Virginien ‘la sauve’ de la ruade d’un cheval. Voici le régisseur de Shiloh bien embarrassé, la naïve jeune fille s’étant amouraché de son ‘héros de roman’ alors qu’il n’éprouve rien en retour. Il va alors tout tenter pour s’en ‘débarrasser’ y compris de la pousser dans les bras du fils d’un de ses voisins…

Mon avis : "Tu as fini de jouer au policier, on va pouvoir élever du bétail" disait ironiquement le Virginien à Trampas à la fin de l’épisode précédent ; sur quoi j’espérais que ce retour aux sources annoncé fasse replacer la série sur de bons rails. Alors certes nos deux comparses sont revenus à leurs moutons – ou plutôt à leurs vaches et chevaux –, leur complicité fait toujours autant plaisir à voir et nous fait ici souvent sourire d’autant que nous n’avions plus retrouvé les deux comparses réunis depuis un bon moment, et en parlant de rails, l’épisode débute par l’image d’un train qui avance à toute allure, celui-là même qui nous a déjà amené à Medicine Bow tant de personnages intéressants ou (et) cocasses. Le postulat de départ est amusant, celui de Marjorie, une jeune fille venant de l’Est avec, piochées dans des romans à l’eau de rose, des idées bien arrêtées sur le Far-West, rêvant de se trouver en fâcheuse posture afin d'être sauvée in-extremis par un mâle beau et viril ; à Medicine Bow, le Virginien devient ce héros alors qu’il empêche un cheval amorphe et docile "de ruer dans les brancards" et de renverser la conductrice de la calèche. Une comédie très drôle aurait pu découler d’une telle situation à condition de bénéficier d’un solide scénario et surtout d’une comédienne chevronnée. Mais immédiatement Alice Rawlings avec sa voix haut-perchée et ses sempiternels roulements d’yeux nous agace ; sachant qu’il s’agit du protagoniste principal de cette histoire, aussi naïve soit-il, nous voilà bien avec un tel cabotinage qui perdurera toute la durée de l'épisode ! Pas besoin de s’étendre, on comprend aisément pourquoi l’actrice a fait une carrière éclair et uniquement sur la petite lucarne.

Mais avec pour la première fois de la série une réalisatrice aux manettes – et pas n’importe quelle cinéaste puisqu’il s’agit d’Ida Lupino (Outrage ; The Hitch-Hiker ; The Bigamist) – nous pouvions nous attendre à un ton et une sensibilité autres, ce qui n’est absolument pas le cas ici. Hormis les complétistes, les amateurs de cette artiste surtout connue en tant que comédienne (La Femme aux cigarettes de Jean Negulesco ; La Maison dans l’ombre de Nicholas Ray ; Le Grand couteau de Robert Aldrich ; La Cinquième victime de Fritz Lang) peuvent aisément se passer de visionner cet épisode plus que médiocre que ce soit au niveau du scénario que de la réalisation. Il semble que ça ait été pour elle un travail purement alimentaire ; pas un plan ni une idée mémorable ne s’en dégagent. C’est d’autant plus dommage que James Drury s’avérait plutôt à l’aise dans la comédie et qu’il était un peu revenu sur les devants de la scène après une période de vache maigre concernant son personnage du Virginien. Il a beau essayer de faire au mieux, se retrouver devant une comédienne sans talents n’aide pas à grand-chose. Certains avanceront que la série n’avait rien à faire avec la comédie ; ils se tromperont s’ils ne connaissent pas les saisons précédentes car dès le début elle aura eu l’occasion de nous offrir quelques pépites sur ce ton badin, par exemples les délicieux Big Day, Great Day de Harmon Jones avec Aldo Ray et même encore plus tôt, dès le 4ème épisode, The Big Deal de Earl Bellamy avec Ricardo Montalban.

Il est quand même cependant assez savoureux de voir James Drury essayer de se dépêtrer de cette encombrante adolescente qui le compare à son héros de roman préféré, Deadeye Dick. Plus il va faire de tentatives pour la décourager en lui faisant comprendre qu’elle fait fausse route, plus il va s’enfoncer et plus elle va lui faire des avances. Les meilleurs moments de l’épisode sont néanmoins ceux où il partage des séquences avec Trampas, ce dernier ne manquant aucune occasion de gentiment se moquer de son boss. Assez savoureux aussi - quoique un peu lourd parfois - de voir Trampas devoir éduquer un jeune avocat au métier de cowboy afin que celui-ci soit remarqué par la jeune fille qui ne rêve que de tomber dans les bras d’un 'homme, un vrai' et surtout pas dans ceux d’un gratte-papier, sa conception de l’homme parfait étant bien cadrée, acceptant de se faire conduire à la soirée dansante par le futur juriste par le seul fait d’avoir appris que tous les hommes de Shiloh seront présents à la fête ce soir-là, abandonnant son cavalier dès que l’occasion se présente de valser avec un cowboy. Un personnage fantasque à la fois aussi naïf et insupportable peut s’avérer attachant si le comédien parvient à lui insuffler un peu d’humanité ; ce que Alice Rawlings est totalement incapable de faire comme nous l’avons déjà dit. Son partenaire David Macklin n'est guère plus réjouissant même si plus terne.

Pour remplir les 72 minutes traditionnelles, le scénariste Joseph Hoffman cherche alors à changer de ton dans le dernier quart du récit, oubliant la comédie en faisant intervenir quelques pilleurs de banque qui prennent Marjorie en otage, le jeune avocat allant se transformer en héros pour la délivrer. C’aurait pu être drôle, c’est juste un peu idiot, pas du tout crédible et assez ridicule. Le passage à un récit plus sérieux n’arrange rien du tout, le mélange des tons ne fonctionnant pas vraiment. Une comédie qui arrive difficilement à nous faire rire et qui manque sacrément de fantaisie pour parvenir à nous maintenir en éveil durant toute sa durée. Ceux qui n’auront pas piqué du nez après les trois premiers quarts d’heure auront pu constater une cocasse erreur d’inattention de la part du monteur, un pick-up Chevrolet garé sur la droite de l’écran à la sortie du ranch Shiloh. Croisons les doigts pour que le dixième épisode de ce premier tiers de saison parvienne à faire remonter le niveau !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 04 juil. 2019 14:00

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Terry Moore & Jack Lord





5.10- High Stakes

Réalisation : Thomas Carr
Scénario : True Boardman & Mark Rodgers
Guests stars : Jack Lord, Michael Ansara & Terry Moore
Première diffusion 16/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 8/10

Le Pitch : Le Virginien est venu en ville accompagner Wesley, un jeune cow-boy qu’il avait formé ; il veut voir comment il se débrouille pour vendre ses chevaux et lui apporter son aide si besoin. L’affaire close, il continue à veiller sur lui de peur qu’il ne dépense tout son argent, le voyant s’approcher un peu trop souvent de la table de Pharaon tenue par la Saloon Gal Alma (Terry Moore). Cette dernière se cache de son époux (Michael Ansara), un dangereux bandit qui vient de s’échapper de prison et qui charge son frère (Jack Lord) de la lui ramener par un odieux chantage. L’arrivée en ville de cet abject personnage va déclencher morts et enlèvement…

Mon avis : Même si ce premier tiers de cinquième saison aura été extrêmement laborieux et surtout assez éprouvant pour les fans de la première heure, deux épisodes seront sortis du lot – et pas qu’un peu – : An Echo of Thunder de Abner Biberman – le quatrième - ainsi que celui qui nous concerne ici, réalisé par un vieux briscard du serial, un Thomas Carr en fin de carrière. Ces deux superbes épisodes ne mettront en scène qu’un des protagonistes récurrents, Trampas pour le premier, Le Virginien pour le second, les aficionados de la série étant d’ailleurs ravis de voir le régisseur de Shiloh enfin retrouver un rôle d’importance après avoir joué les utilités depuis un trop long moment. J'ai déjà à plusieurs reprises émis l'hypothèse que l’une des raisons de la faiblesse qualitative de la saison 5 pourrait avoir été la venue des nouveaux propriétaires de Shiloh avec trois comédiens qui ont toujours autant de mal à nous convaincre ; leur absence dans ces deux formidables réussites apporte encore de l’eau à mon moulin. Il y a d'ailleurs de fortes chances pour que cet excellent High Stakes plaise au plus grand nombre, aussi bien aux amateurs d’actions et d’émotions fortes qu’à ceux qui préfèrent la romance, le suspense ou même la violence psychologique.

L’épisode débute par l’évasion d’un bandit qui purgeait une peine de 5 ans de prison. C’est son frère qui lui a fait passer une arme par les barreaux de sa cellule. Ellipse… et voici les deux hommes réunis ; l’évadé a été blessé durant sa fuite et demande à son frère d’aller chercher son épouse qui a profité de son emprisonnement pour s'éloigner de lui, voire même pour prendre la poudre d'escampette. Il lui explique de lui faire un odieux chantage aux sentiments afin qu’elle le suive sans faire d’histoires, de lui faire croire qu’il a récupéré leur jeune enfant et que la seule solution pour le revoir est de revenir vivre avec lui. Le mari chef de gang, c’est Michael Ansara (Les Piliers du ciel de George Marshall, Quantez de Harry Keller, Les Comancheros de Michael Curtiz…), déjà présent dans l’épisode The showdown dans la peau d’un shérif impassible que rien ne semblait effrayer, dur et peu souriant. Le frère c’est Jack Lord qui, après avoir été le psychopathe dans L’Homme de l’Ouest d'Anthony Mann, se montrait tout aussi convaincant dans Le Bourreau du Nevada de Michael Curtiz où il interprétait le rôle d’un homme recherché qui se révélait être un ange de bonté et de probité, père et époux idéal. Alors qu’il était méconnaissable dans le sombre film de Mann, on devinait en revanche parfaitement dans cet autre western de Curtiz son futur personnage de Steve McGarrett dans Hawaii police d’Etat. Une autre preuve de son ampleur de registre qui nous fait dire qu'il est un peu dommage qu’il ne se soit ensuite cantonné qu’à cette célèbre série – où il était parfait -, son personnage de salaud intégral dans cet épisode du Virginien. A noter qu'il fut aussi le premier Felix Leiter dans James Bond contre Dr No.

Je conseille à ceux qui n’apprécient pas les spoilers de sauter à pieds joints sur ce petit paragraphe. Non seulement le personange de hors-la-loi interprété par Jack Lord va assassiner de sang-froid le jeune ami du Virginien mais il va ensuite tenter de faire tomber sa belle-sœur dans ses bras quitte ensuite à tuer son frère s'il venait à le gêner. Sans trop en faire, il se révèle absolument génial, bougrement inquiétant et menaçant. Sa confrontation avec James Drury promettait beaucoup et nous ne sommes pas déçus, ce dernier s’avérant lui aussi assez mémorable. Partant à la poursuite du meurtrier du jeune cow-boy qu’il avait pris sous son aile, il continuera seul après que les hommes de loi se soient désolidarisés par peur de passer la frontière, infiltrant le gang pour mieux pouvoir venger la mort de son ami. Dur et déterminé comme rarement il aura été, le régisseur de Shiloh va se lancer dans une vendetta tout en essayant de sauver la vie de la jolie épouse du chef de gang. Il va même tenir un discours assez violent une fois qu’il aura réussi à emprisonner son ennemi, lui faisant ‘miroiter’ avec sadisme la peine de mort. L’on sait néanmoins que Le Virginien abhorre la loi de lynch et l’on se doute bien qu’il s’agit avant tout pour lui d’impressionner et d’inquiéter son adversaire. Quoiqu’il en soit, les amoureux des séries TV des années 60 assistent à une confrontation mythique et pleine de panache entre deux des grands comédiens de cet âge d’or. Si Michael Ansara, Jack Lord, James Drury et même le jeune Dirk Rambo –mort tragiquement en début de carrière, tué par un chauffard - nous offrent des compositions de très haute tenue, la ravissante Terry Moore (Man on a Tightrope de Kazan, Le Temps de la colère de Richard Fleischer…) n’est pas en reste et l’on comprend aisément comment elle a pu faire tourner la tête au jeune homme assassiné, aux deux frères puis in fine au Virginien qui aurait bien aimé s’en faire épouser. Son talent dramatique étant égal à sa beauté, les séquences qui la réunissent à Dick Rambo en début d’épisode sont bouleversantes, puis captivantes sont les relations qu'elle entretient avec Michael Ansara, Jack Lord et James Drury.

Des décors inhabituels dont cette ville fantôme où s’est installée la bande, des éléments scénaristiques de film noir, un background musical entêtant, des courses poursuites, gunfights et autres scènes d’action d’une redoutable efficacité viennent entériner le fait qu’il s’agisse d’un des sommets de la série. On n’oubliera pas de sitôt non plus la manière qu’à le Virginien de prendre soin de son jeune protégé, allant même trouver l’entraineuse en lui demandant de le faire revenir à la réalité. True Boardman, à côté de récits absolument honteux, a eu néanmoins de belles réussites à son actif dont sa précédente participation à la série qui remonte à l’épisode 27 de la troisième saison, Farewell to Honesty ; High Stakes lui est encore bien supérieur et l’on croise les doigts pour que son retour à l’écriture durant la suite de cette saison se concrétise à nouveau par des épisodes de cette trempe. Pas nécessairement beaucoup de surprises au sein du récit mais une efficacité totale, un scénario carré, une tension palpable et une interprétation hors pair ; on en redemande et surtout on respire après tant de ratages !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 11 juil. 2019 8:40

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Sara Lane




5.11- Beloved Outlaw

Réalisation : William Witney
Scénario : True Boardman
Guests stars : le cheval Alladin
Première diffusion 23/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 3/10


Le Pitch : Alors que Trampas, Stacey et Elizabeth partent observer d’immenses troupeaux de chevaux sauvages, la jeune fille tombe amoureuse d’un bel étalon blanc. Capturé par d’autres cowboys, le cheval est vendu aux enchères et acheté par la jeune fille qui le voulait absolument. Après l’échec de Trampas pour le dompter et malgré la promesse faite à son grand-père de ne pas s’en approcher, Elizabeth se charge elle-même du dressage avec beaucoup de patience, allant même ensuite l’inscrire pour participer à une course. Même si la bête semble s’être adoucie, tout l’entourage d’Elizabeth craint toujours qu’elle se rebiffe…

Mon avis : Ce n’est pas encore arrivé presque à mi parcours que nous trouverons deux bons épisodes consécutifs lors de cette cinquième saison, puisque après le remarquable High Stakes avec Jack Lord, Michael Ansara et la ravissante et talentueuse Terry Moore, ce Beloved Outlaw parait non seulement bien fade mais se révèle également languissant, péniblement larmoyant et très ennuyeux. Nous noterons exceptionnellement l’absence de Guest Stars si ce n’est en seconds rôles (John Archer par exemple), les seules vedettes de l’épisode étant l’étalon blanc et l’actrice Sara Lane dans la peau d’Elizabeth Grainger qui se voit octroyer ici son rôle le plus important au sein de la série. Malheureusement elle vient nous confirmer ce que nous avions déjà pressenti depuis le début de la saison, à savoir que ses talents dramatiques sont décidément très limités, la comédienne parvenant difficilement à porter seule un récit de 75 minutes sur ses trop frêles épaules, s’avérant non seulement manquer de charisme mais nous étant également assez vite exaspérante surtout au cours de la dernière partie où le personnage d’Elizabeth, blessé par le cheval apeuré, se retrouve aveugle suite au choc subi et n’arrête pas de pleurnicher. Il n’est pas donné à tout le monde de savoir pleurer à l’écran et c’était visiblement le cas pour Sara Lane qui, outre une charmante silhouette et un joli visage, a bien du mal à retenir notre attention d’autant plus que le scénario de True Boardman n'est pas là pour lui apporter quelconque aide, vraiment trop léger.

Le récit tourne donc quasi exclusivement autour d’un cheval sauvage ; l’épisode débute par d’amples chevauchées au sein d'impressionnants décors désertiques que nous n’avions pas eu beaucoup l’occasion de voir durant la série, les stock-shots n'étant heureusement pas très nombreux et plutôt bien intégrés malgré évidemment une colorimétrie bien différente du reste. William Witney étant un réalisateur chevronné, auparavant spécialiste du serial, tout ce qui touche à des séquences mouvementées en extérieurs est très solidement troussé. Il s’agit là du 9ème et avant dernier épisode qu’il signera pour la série, ses participations ayant été dans l’ensemble de très bon niveau avec pour sommet l’excellent A Man of the People, épisode médian de la saison 3 qui abordait principalement la thématique de la répartition des terres entre ranchers et fermiers et l’arrivée de nouveaux habitants orchestrée par un député un peu roublard joué à merveille par James Dunn. Beloved outlaw pourrait en revanche s’avérer être comme sa collaboration la moins mémorable au Virginien, faute ne lui en incombant d'ailleurs pas nécessairement sauf concernant la direction d’acteurs, incapable de faire jouer correctement sa comédienne principale, Charles Bickford et Don Quine n’étant toujours pas parvenu à nous convaincre non plus… mais on veut bien continuer à y croire encore un peu ; quant à James Drury, après sa mémorable prestation dans High Stakes, il se retrouve à nouveau dans une position de 'potiche'. Witney n'étant pas responsable du ratage, la faute repose principalement sur les épaules du scénariste ici très peu inspiré alors qu’il était l’auteur du précédent excellent épisode ; on peut constater à quel point la participation de cet auteur à la série est vraiment très inégale, capable du meilleur comme du pire.

Ici, il ne se passe pas grand-chose : on essaie de capturer le cheval sans y parvenir ; d’autres le font et le mettent en vente aux enchères ; Elizabeth enchérit jusqu’à ce qu’elle remporte l’animal tellement elle est tombée sous son charme et même si ça ne plait pas spécialement à son père ; Trampas essaie de le dompter sans y arriver ; la jeune fille prend alors la suite : avec efforts et patience, plutôt que de le monter pour le dresser, elle préfère s’en faire un ami en lui parlant doucement et tendrement à l’oreille. On pense alors au futur superbe film de Robert Redford, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, sans que bien évidemment cet épisode de série ne lui arrive à la cheville à quelque point de vue que ce soit, émotion, lyrisme, mise en scène, scénario, ou interprétation… Puis, après être arrivée à ses fins et avoir réussi à s'en faire un véritable compagnon, la fille du propriétaire va vouloir faire participer son étalon à une course inter-ranch, quitte à prendre la place de Trampas qui la lui cède bien volontiers (un début de romance pour la suite ?) Le pur sang va blesser un homme de Shiloh ; il va se blesser ; il va blesser Elizabeth et s'enfuir ; suite au choc elle va devenir aveugle… pour un temps… mais partira néanmoins à sa recherche alors même qu’elle n’a pas encore recouvré la vue… On se demande bien ce qui a pu passer par la tête de True Boardman pour nous pondre une histoire sans véritables enjeux dramatiques, ce qui en soi ne serait pas forcément un défaut si en plus elle ne tournait pas aussi vite en rond et surtout s'il elle ne s'avérait pas aussi peu crédible, l'auteur semblant avoir eu du mal à boucler les 72 minutes réglementaires et paraissant s'être senti dans l’obligation de combler comme il pouvait aux dépens du spectateur qui trouve le temps long.

Un épisode répétitif qui plaira très probablement aux amateurs de chevaux ainsi qu’à ceux qui apprécient les histoires d’animaux bien larmoyantes et pleines de bons sentiments mais qui vraisemblablement pour les autres s’avèrera bien peu captivant. Dommage car William Witney était parfaitement bien parvenu à filmer toutes les chevauchées de l’animal et de sa cavalière et qu’il avait à sa disposition de majestueux paysages assez bien mis en valeur par le directeur de la photographie. On appréciera également la brève apparition de John Archer – l’inoubliable docteur progressiste dans le non moins mémorable Decision at Sundown de Budd Boetticher - dans la peau du cow-boy disputant avec fair-play le pur-sang à Elizabeth. Un petit sursaut qualitatif pour le prochain épisode serait le bienvenue.


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clint59
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar clint59 » 11 juil. 2019 18:22

les grands tetons aussi dans la serie LES MONROES je crois

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1966 - Saison 5 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 17 juil. 2019 15:31

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James Drury & Diane Baker



5.12- Linda

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Frank Fenton
Guests stars : Diane Baker
Première diffusion 30/11/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10

Le Pitch : Le Virginien est au Texas où il vient d’empocher la somme de 10.000 dollars provenant de la vente de chevaux. Alors qu’il se rend à la banque échanger son reçu, un hold-up se produit et il est dévalisé. On lui conseille de rentrer chez lui mais il compte néanmoins retrouver ses voleurs ; à bord de la diligence il fait la connaissance d’une chanteuse de saloon, Linda (Diane Baker), qui lui raconte sa vie et l’étrange manège dans lequel elle s’est fourvoyée, servant de 'courrier' en transportant dans ses bagages des sacs qu'elle doit déposer ici et là, étant payée en retour ; un inquiétant personnage peu loquace vient compléter le trio de voyageurs…

Mon avis : Linda est le dernier épisode écrit par l’excellent scénariste Frank Fenton, son précédent datant de la saison 3, le superbe You Take the High Road avec Richard Beymer et Diana Lynn, celui qui décrivait une épidémie de peste bovine qui avait grandement inquiété les éleveurs de Medicine Bow. Fenton aura été une valeur sure de la série avec un sans-faute comptant six belles réussites. Rappelons que pour le grand écran, il écrivit déjà dans le domaine du western avant sa participation au Virginien des grands classiques du genre, des films formidables tels Fort Bravo (Escape from Fort Bravo) de John Sturges ou Le Jardin du diable (Garden of Evil) de Henry Hathaway. Don McDougall à la mise en scène, le réalisateur étant l’un des plus prolifiques et des plus fiables ayant œuvré au sein de la série, avec pour lui aussi très peu de 'déchets' à son actif, autant dire que cet épisode naissait sous les meilleurs auspices. Et effectivement, malgré quelques petits défauts principalement scénaristiques sur lesquels nous reviendrons rapidement par la suite, Linda s’avère être plus qu’honorable, une très bonne cuvée de cette médiocre saison 5.

Il s’agit d’un épisode qui se déroule loin de Medicine Bow avec un seul protagoniste récurent, en l’occurrence notre fameux Virginien qui nous avait beaucoup manqué au cours de cette saison et qui était déjà le personnage principal d’un très grand récent épisode, High Stakes avec Jack Lord, Michael Ansara et Terry Moore. Ici l'intendant se trouve au Texas où il vient de vendre des chevaux pour une coquette somme de 10.000 dollars. Avec son reçu il se rend à la banque où on lui donne l’argent en liquide. A ce moment-là trois hommes font irruption et lui subtilisent les billets. Heureusement il a toujours son reçu sauf qu’à cause de ça on l’accuse d’avoir monté un coup pour doubler sa mise ; à savoir que les trois voleurs seraient ses complices et qu’ils se partageraient à eux quatre non seulement l’argent volé mais les autres 10.000 dollars qui lui seraient encore versés plus tard en échange du reçu. Le shérif voulant bien faire confiance en la bonne foi du Virginien mais avec cependant toujours un léger doute, il lui conseille de quitter la ville au plus vite. Le régisseur de Shiloh prend alors la diligence tout en ayant en tête de retrouver ses détrousseurs. Durant le voyage il fait la connaissance d’une charmante chanteuse de saloon qui lui dit être coincée dans une affaire dont elle a du mal à se dépêtrer : pour un peu d’argent elle aurait accepté de faire le 'courrier' et de transporter des sacs d’un endroit à l’autre lors de ses déplacements en diligence. Par curiosité elle aurait ouvert son dernier ‘colis’ où elle y aurait découvert 50.000 dollars ; sac qui vient de lui être subtilisé.

Le Virginien lui conseille de tout raconter aux autorités policières et d’interrompre sa participation à ce qui s'apparente beaucoup à une magouille. Il va décider de lui venir en aide d’autant que leur voisin de diligence les inquiète en ne les quittant pas de yeux et que nombre d’autres personnes semblent les surveiller eux aussi et vouloir intimider le Virginien qui parait alors en gêner beaucoup. Notre héros fait le lien avec l'affaire qui le concerne et acquiert la certitude que ses voleurs pourraient être de la partie. On comprend à la lecture de cette description que l’épisode lorgne encore plus vers le film noir que vers le western et effectivement l’intrigue parait parfois aussi obscure que celles des plus grands romans policiers américains, l’on pense bien évidemment à celle du Grand sommeil par exemple. Et c’est paradoxalement l’un des défauts de ce scénario d’être parfois inutilement complexe - cet exercice a toujours été extrêmement difficile - et d’autres fois bien trop bavard. Et d’ailleurs l’intrigue n’est pas spécialement mémorable ; la preuve, au moment où j’écris ces lignes, soit à peine une semaine après avoir visionné l’épisode, j'ai énormément de mal à me souvenir des détails voire même de quelques grandes lignes de son dénouement. Seulement Frank Fenton est assez intelligent pour vite nous faire oublier cet imbroglio qui pourrait être frustrant à la longue ; pour se faire il a distillé au sein de son scénario un malaise paranoïaque qui perdure toute la durée de son récit, ayant convoqué tout un tas de personnages d’importance ou secondaires, tous plus inquiétants et intimidants les uns que les autres sans que nous ne sachions jamais vraiment de quelle côté de la loi ils se situent, s'ils sont là pour protéger ou vouloir tuer nos deux tourtereaux ? Nous n’en dévoilerons rien et n'en dirons d’ailleurs pas plus afin de préserver un semblant de mystère d’autant que le final est assez surprenant. C’est de cette atmosphère générale que l’épisode tire toute sa force, l’intrigue passant alors au second plan.

Frank Fenton est grandement aidé par un Don McDougall en pleine forme, s’essayant avec succès à commencer la plupart de ses séquences par des amorces de plan constituées par des objets (verres, bouteilles, lampes), la caméra se déplaçant ensuite pour recadrer les personnages, ou à filmer quelques plans de très loin comme ceux où l’on voit la diligence avancer au sein de paysages majestueux. Il nous octroie également un duel en pleine rue d’une étonnante sécheresse et d’une grande efficacité et sait parfaitement bien faire monter la tension grâce à sa direction d’acteurs et à un casting hors pair de trognes menaçantes et patibulaires, certaines séquences étant remplies à ras bord de testostérone, au bord de l'implosion. A propos de comédiens inquiétants nous nous souviendrons surtout de Bill Fletcher, James Brown et plus encore de l’excellent Rex Holman qui était déjà récemment très angoissant dans l’épisode No Drums, no Trumpets. Nous noterons aussi la présence de Clifton James, le futur shérif J.W. Pepper dans les deux premiers James Bond avec Roger Moore, Vivre et laisser mourir et L’homme au pistolet d’or, ainsi que de Diane Baker qui s’avère assez convaincante en tant que Guest Star principale, tenant très bien tête à James Drury, leur duo et leur romance fonctionnant plutôt bien même si leurs séquences dialoguées paraissent parfois un peu trop étirées et trop intellectualisées pour un épisode qui tire tout le bénéfice de son ambiance délétère et anxiogène.


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