Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Le forum réservé au petit écran
Avatar du membre
Moonfleet
Séminole
Séminole
Messages : 1129
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 21 déc. 2018 13:58

Image


James Best




4.14- Letter of the Law

Réalisation : Charles S. Dubin
Scénario : Donn Mullally
Guest Star : James Best & Simon Oakland
Première diffusion 22/12/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 4/10


Le Pitch : Curt Wesley (James Best) a autrefois été accusé d’un vol ferroviaire et a écopé suite à ça de plusieurs années de prison. Malgré encore quelques doutes en suspension et l’argent dérobé toujours volatilisé, la justice, grâce à l’insistance de Garth, le libère sur parole ; le voici de retour auprès de sa charmante épouse. Mais Charles Sanders (Simon Oakland), le détective des chemins de fer qui continue à croire en sa culpabilité, le surveille de près, attendant la moindre erreur de sa part pour le faire emprisonner à nouveau. Lorsque Curt se voit accuser d’un second vol, Ryker va mener l’enquête de son côté…

Mon avis : Au générique, Charles S. Dubin, réalisateur du superbe The Laramie Road peu de temps avant, et surtout Donn Mullally, scénariste qui ne signera que six épisodes du Virginien mais qui avait prouvé son immense talent et sa remarquable sûreté d’écriture durant les deux premières saisons avec le magnifique Impasse (avec Eddie Albert), le curieux et réjouissant The Money Cage (avec Steve Forrest), le mémorable Siege (avec Philip Carey) - à ce jour toujours l’un des plus grands épisodes de la série -, et enfin The Invaders (avec Ed Begley) dont le scénario était un modèle d’intelligence et de rigueur. Tout ça pour dire que malgré des auteurs doués et des comédiens qui n’ont presque rien à se reprocher (James Best a pourtant assez de mal à me convaincre), Letter of the Law est une sacrée douche froide faute principalement à une histoire invraisemblable, tirée par les cheveux, mélodramatique, larmoyante et au final peu captivante. Le postulat de départ était pourtant intrigant, même si d’emblée assez peu crédible, plus proche d’une intrigue de film noir que d’un récit westernien. Le juge et sa nièce doutant de la culpabilité de Curt, un jeune homme condamné pour un vol ferroviaire, se rendent chez le gouverneur pour le convaincre du manque de preuves ayant amené ce verdict de deux ans d’emprisonnement.

Comme par hasard, alors que le Virginien s’en retourne à Shiloh par le train, il assiste à un cambriolage par un homme qui va être tué lors de la poursuite qui s’ensuit et qui, tiraillé par sa conscience, va confesser en mourant être le coupable du vol dont était accusé le prisonnier dont on parle juste avant. Même si le butin n’a jamais été retrouvé, le gouverneur est obligé de convenir que de laisser Curt enfermé plus longtemps ne serait pas très juste il le libère donc sur parole. Curt rentre donc chez lui aux environs de Medicine Bow rejoindre son épouse qui est évidemment aux anges d’avoir retrouvé son mari bien plus tôt que prévu. Tout pourrait aller pour le mieux si un détective des chemins de fer ne venait pas s’en mêler en harcelant le couple ; effectivement, il continue à croire dur comme fer à la culpabilité de Curt, tout comme son bras droit dont on apprendra plus tard qu’il est secrètement amoureux de la femme de l’homme qu’il dit être coupable (tiens, tiens, ça pourrait bien l’arranger !) Les deux hommes vont alors tout mettre en œuvre pour lui faire commettre une erreur leur permettant de l’emprisonner à nouveau... et pouvoir éventuellement mettre la main sur le butin volatilisé et sur la femme esseulée. Ils vont aller jusqu'à organiser une mise en scène qui ferait penser que Curt est à nouveau à l’origine d’un cambriolage qui vient de se dérouler à bord d’un train ; en effet on retrouve son manteau sur les lieux du méfait !

Je pense que vous avez déjà compris à la lecture de cette description du scénario pourquoi je parlais d’emblée d’histoire invraisemblable et tirée par les cheveux. Ca aurait pu très bien passer sauf que la suspension d’incrédulité ne fonctionne pas vraiment, les auteurs se prenant bien trop au sérieux, ce qui est en totale contradiction avec ces ficelles vraiment trop grosses mises en avant et qui a pour résultat de ne pas parvenir à nous intéresser plus avant à ce qui se déroule sous nos yeux. Dommage car James Drury tout comme Clu Gulager font ce qu’ils peuvent et plutôt bien, ainsi que les Guest Stars et notamment Simon Okaland et James Best, tous deux bien connus des cinéphiles, le premier jouant par exemple le policier qui se fait chahuter tout au long de West Side Story de Robert Wise ou encore le médecin qui explique la personnalité de Norman Bates à la fin de Psychose d'Alfred Hitchcock, le second étant entre autre l’un des amis du Billy le Kid interprété par Paul Newman dans Le Gaucher (The Left-Handed Gun) d’Arthur Penn. Bref, malgré beaucoup de talent au sein des participants à cet épisode, qu’ils soient techniciens ou artistes, l’on décroche assez vite et le suspens mis en place à du mal à nous faire reprendre pied dans le récit. Pour la petite histoire des protagonistes de la série, au cours de cet épisode on apprendra que Ryker - qui sera celui qui résoudra toute l'affaire - n’était âgé que de deux ans lorsque son père mourut. Quoiqu'il en soit, malgré toute la bonne volonté du monde, le spectateur n’en aura alors plus que faire d’autant qu’un élément psychologique un peu lourdingue viendra s’ajouter pour gâter encore plus le tout, s'avérant que l’obsession et l’acharnement du détective proviendrait d’un fait marquant durant sa prime jeunesse. L’explication de cette sorte de démence est quasiment grand-guignolesque comme j’ai pu le lire par ailleurs.

Trop d’excès et d’invraisemblance font que Letter of the Law est plus fatigant que réellement passionnant. Dommage au vu de ce qui avait été mis en place, aux hommes talentueux qui y ont participé, et aux quelques paysages très bien utilisés. Nous n'aurons même pas eu pour nous consoler le charme d'une actrice, une longue présence de Lee J. Cobb, une petite pointe d'humour, quelque fantaisie que ce soit... pas même la traditionnelle chanson accompagnée à la guitare par Randy... que cependant certains ne regretteront pas. Pas honteux mais très peu mémorable.



En images sur classik

Avatar du membre
Moonfleet
Séminole
Séminole
Messages : 1129
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 27 déc. 2018 11:53

Image


Leif Erickson



4.15- Blaze of Glory

Réalisation : Alexander Singer
Scénario : John & Ward Hawkins
Guest Star : Leif Erickson & Joan Freeman
Première diffusion 29/12/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7.5/10


Le Pitch : Bill King (Leif Erickson), l’ancien shérif de Medicine Bow ayant permis à la petite ville de trouver la paix, vit désormais seul dans son ranch avec sa fille Judy (Joan Freeman) dont Trampas est fou amoureux. Ne pouvant plus acquitter ses traites, Bill est sur le point se faire saisir sa petite propriété par la banque. Il va être sauvé par Sam Coates (Michael Sarrazin) qui lui offre un petit sac d’or soit disant pour le récompenser de l’avoir remis en liberté alors qu’il était encore mineur. Mais on comprend bien vite non seulement que son geste est loin d’être philanthropique mais également que la somme donnée provient de l’attaque d’un convoi…

Mon avis : Ce qu’il y a de vraiment satisfaisant et réconfortant avec cette série est qu’un épisode raté est rarement suivi d’un deuxième. Et souvent même au contraire, s’ensuit immédiatement une grande réussite qui vient vite effacer la déception précédente. C’est donc une fois de plus le cas avec, faisant suite à l’invraisemblable et peu convaincant Letter of the Law, ce superbe Blaze of Glory. Le réalisateur de cette fiction mémorable a principalement travaillé pour la petite lucarne et a fini sa carrière en tournant des épisodes de la plupart des différentes séries de la franchise Star Trek. Quant au duo de scénaristes, John et Ward Hawkins, ils en sont à leur cinquième participation au Virginien, le meilleur (The Small Parade) côtoyant le pire (The Fatal Journey), leur travail sur Blaze of Glory rejoignant donc allègrement la première catégorie. La principale originalité de cet épisode presque crépusculaire provient d'un ton mélancolique qui perdure du début à la fin, le postulat de départ l'expliquant facilement. Le protagoniste principal de l’histoire est un shérif à la retraite qui a autrefois beaucoup œuvré pour sa ville ; c’est même lui qui a apporté le calme et la paix à Medicine Bow ; pourtant il se voit sur le point d’être expulsé de sa modeste ferme pour un simple problème financier, par le fait de ne plus avoir assez de moyens pour payer ses traites à la banque. Le spectateur ressent une profonde tristesse en constatant qu’un homme qui a tant fait pour sa bourgade soit désormais traité avec autant d'indécence maintenant qu’il est devenu un citoyen lambda. Le fait que le génial Leif Erickson interprète cet homme de loi retraité et vieillissant renforce la puissance émotionnelle de la situation.

Le comédien dont le visage est extrêmement connu - même si le nom reste certainement obscur pour la plupart des spectateurs - avait déjà joué deux fois dans la série ; on se souvient surtout de son Oncle Charley dans Return a Stranger, un homme foncièrement bon et haut en couleurs de la même génération que Garth. Ici son personnage est beaucoup plus sobre et il s’en tire remarquablement bien, extrêmement touchant. Il ne comprend pas plus que nous spectateurs comment les financiers peuvent en être arrivés à avoir oublié tout ce qu’il a fait et donné pour leur ville alors qu’il en était le shérif ; il se trouve complètement décontenancé quand il comprend que malgré son passé - on ne peut plus respectueux - on est prêt à le chasser pour cause de dettes qu’il n’arrive plus à payer. Cette situation est d’autant plus triste qu’il est désormais veuf et qu’il vit avec sa fille toute aussi douce et humaine que lui. Cette dernière est interprétée par une habituée de la série elle aussi, déjà au générique de trois précédents épisodes, la charmante et talentueuse Joan Freeman. La jeune femme est courtisée par un Trampas qui a rarement été aussi amoureux, sauf que malheureusement pour lui il s’agit d’un amour non partagé, Judy l’appréciant énormément mais n’ayant pas l’intention de faire sa vie avec lui d’autant plus qu’elle ne souhaite pas rester vivre dans le coin mais rêve d’habiter dans une grande ville. Un homme de loi vieillissant dont tout le monde semble avoir oublié les bienfaits, un cowboy transi d’amour pour une femme qui ne l’est pas… l’on comprend mieux ce ton de mélancolie annoncée d’emblée.

Tout ceci va être entremêlé de situations bien plus dramatiques : le vol d’une cargaison d’or vient de se produire et il se pourrait que des méfaits semblables se renouvellent puisque des transports du précieux métal ont lieu régulièrement tous les mois, partant de la mine pour être acheminé jusqu’à la ville. Des malfrats se trouvent donc sur place et le spectateur sait dès le début qui ils sont puisque le chef de bande se présente à l’ex shérif en lui mettant d'emblée la conscience mal à l’aise, lui faisant comprendre que tout ceci est de sa faute pour l’avoir relâché alors qu’il était mineur en croyant à son innocence, alors qu’il avait bel et bien commis les délits qu’on lui imputait (l’agression d’une personne âgée) et qu’il a ensuite continué à prendre un mauvais chemin. De plus, pour compliquer le tout, cette fripouille lui offre l’un des sacs volés afin qu’il puisse régler ses dettes à la banque et ainsi ne pas être spolié de son domaine. Bill se sent obligé d’accepter pour garder son ranch, pour que sa fille ne se retrouve pas elle aussi à la rue et surtout pour qu’elle ne soit pas inquiétée par ce psychopathe qui menace de s’en prendre à elle. Ce jeune homme extrêmement malsain – puisqu’il tourne aussi autour de Judy - est interprété avec talent et efficacité par Michael Sarrazin dont on se rappelle surtout sa prestation dans On achève bien les chevaux (They Shoot Horses, Don't They?) de Sidney Pollack ou encore dans son rôle du fils illégitime de Henry Fonda dans Le Clan des irréductibles (Sometimes a Great Notion) de Paul Newman. Dans cet épisode du Virginien, il fait froid dans le dos tout comme ses deux acolytes (les inquiétants Rayford Barnes et Hal Bokar). Quant au convoyeur attaqué, il s’agit du bien plus célèbre Karl Swenson qui rien que dans le domaine du western tourna avec un nombre impressionnant de grands noms comme Delmer Daves, Jack Arnold, Henry Hathaway, Don Siegel, Sam Peckinpah, John Sturges…

Casting de premier ordre, scénario aussi attachant que tendu, mise en scène carrée – si l’on excepte quelques malencontreux cadrages faisant apercevoir en fond de plan des arroseurs automatiques -, séquence finale touchante – mais qui ressemble énormément à une dizaine d’autres déjà rencontrées au cours du Virginien – belle partition musicale pour un épisode qui peut facilement entrer dans le top 10 de la série. A noter cependant que seul Trampas joue un rôle de relative importance dans cet épisode dans lequel tous les autres ‘réguliers’ ne font que de courtes apparitions, et qu’étonnement, aucun de nos héros habituels sera sur place à temps pour régler l’affaire qui se terminera en efficace mais tragique règlement de comptes, finissant de faire de cet épisode un sommet assez mémorable de la série.


En images sur classik

Avatar du membre
chip
Grand Sachem
Grand Sachem
Messages : 6861

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar chip » 27 déc. 2018 15:12

On pourrait aussi ajouter que le réalisateur de cet épisode fut celui d'un excellent film " Un vent froid en été " (a cold Wind in August)(1961) dont j'ai eu l'occasion de vanter l'interprétation et le scénario plusieurs fois sur WM. :wink:

Avatar du membre
Moonfleet
Séminole
Séminole
Messages : 1129
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 27 déc. 2018 15:30

chip a écrit :On pourrait aussi ajouter que le réalisateur de cet épisode fut celui d'un excellent film " Un vent froid en été " (a cold Wind in August)(1961) dont j'ai eu l'occasion de vanter l'interprétation et le scénario plusieurs fois sur WM. :wink:



Tu fais bien de le noter car je n'en avais jamais entendu parler :wink:

Avatar du membre
Moonfleet
Séminole
Séminole
Messages : 1129
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 04 janv. 2019 15:46

Image


Lee J. Cobb & James Whitmore



4.16- Nobody Said Hello

Réalisation : Alf Kjellin
Scénario : Herb Meadow
Guest Star : James Whitmore & Virginia Grey
Première diffusion 15/09/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 4/10

Le Pitch : Lorsqu’il apprend que le Capitaine Pritikin (James Whitmore) de l’ex-armée confédérée vient de finir de purger sa peine de prison et qu’il vient se réinstaller à Medicine Bow, Ansil perd les pédales et va pour le provoquer en duel, ayant perdu un bras par sa faute alors qu’il était emprisonné dans l’établissement que cet officier dirigeait avec une poigne de fer durant la guerre civile. Sauf que c’est Pritikin qui l’abat. Les habitants souhaitent que lui et sa famille quittent la région mais Garth qui l’avait alors sauvé de la pendaison essaie à nouveau de le défendre d’autant plus que sa nièce Jennifer est amoureuse du fils du Capitaine…

Mon avis : Ce milieu de saison 4 s’avère une véritable montagne russe qualitative, faisant se succéder formidables réussites et gros ratages, ou tout du moins épisodes peu captivants. On comprendra donc qu’après le splendide Blaze of Glory, Nobody said Hello puisse encore une fois grandement décevoir, d'autant plus qu’à nouveau le postulat de départ était intéressant, traçant le portrait d’un criminel de guerre qui, à sa sortie de prison, revient vivre auprès de son épouse et de son fils sans s’être remis en question quant aux atrocités qu’il a commis durant la Guerre de Sécession, continuant à débiter sans sourciller des énormités dignes d’un dignitaire Nazi et se vantant des tortures qu’il infligeait à ses prisonniers. Le personnage était d’emblée monstrueux ; il n’y avait donc nul besoin d’exagération supplémentaire dans l’écriture et pourtant le scénariste tombe à pieds joints dans le piège, manquant de la plus élémentaire des nuances pour le dépeindre, le rendant au final plus grotesque qu’inquiétant, le jeu sans finesse de James Whitmore n’arrangeant pas les choses, tout au contraire. Dommage car Herb Meadow a écrit quelques sympathiques scénarios pour le cinéma (Stranger on Horseback de Jacques Tourneur ; The Redhead from Wyoming de Lee Sholem) et que le comédien James Whitmore nous a souvent fait jubiler aussi bien dans des genres sérieux ou bien également dans la pure comédie voire même musicale : impossible d’oublier son jubilatoire duo avec Keenan Wynn dans le génial Kiss me Kate de George Sidney.

La première séquence pré-générique nous fait penser que la série va retrouver un peu de fantaisie après plusieurs épisodes très sombres. L’on voit ainsi nos cowboys en pleine nature se faire 'tirer le portrait' par un ex-soldat nordiste devenu photographe, joué par Peter Whitney qui en est à sa troisième participation à la série - et qui ne lui porte pas particulièrement chance (on aurait aussi voulu oublier le médiocre A Bride for Lars par exemple) - ; et il s’agit effectivement d’une scène pleine de fraicheur et de bonne humeur. Puis notre ex-unioniste qui a perdu un bras lors de la Guerre de Sécession apprend que son tortionnaire qui en est la cause, le capitaine Pritikin, vient d’être libéré de la prison de Leavenworth et qu’il revient vivre à Medicine Bow auprès de son épouse et de son fils. Cet homme affable se met alors à boire et à devenir haineux ; ivre de vengeance, il part attendre Pritikin à sa descente du train et le provoque avec véhémence ; pas de chances, tout ceci lui retombe dessus et il finit pas moins que par se faire abattre, son adversaire prétextant alors la légitime défense ; ce qui s'avère bien réel, le juge Garth allant appuyer ce fait. La défense de Pritikin en cour martiale alors qu’il était jugé pour crimes de guerre avait en quelque sorte lancé Garth, l’accusée lui en faisant désormais grief, disant que son cas lui avait apporté la notoriété ainsi que la richesse et qu’il souhaiterait maintenant en être un peu 'rémunéré' ("everything you are, Judge Garth, started with me") ; un incroyable culot alors que le juge avait réussi à lui éviter la potence !

Malgré ce manque indécent de reconnaissance, Garth ne sait néanmoins pas trop sur quel pied danser et freine un peu la demande de ses concitoyens de chasser la famille sans plus attendre ; en effet l’aimable épouse de ce monstre vient de tomber malade, le fils de ce couple est amoureux de sa nièce Jennifer, et en plus il vient de le faire embaucher à Shiloh, ne supportant pas que ce jeune homme qui n'a rien à se reprocher soit rejeté de toutes parts à cause du passé de son père. Même si l'on aurait pu penser à la lecture de ce résumé que Garth tiendrait un rôle d'importance dans cette histoire, l’épisode va plus principalement reposer sur les épaules de James Whitmore et de son personnage d’une monstruosité absolue, les autres invités se révélant sacrifiés par le scénariste, que ce soit Virginia Grey qui joue l’épouse ou Steve Carlson qui interprète le fils. Diane Roter n’arrive décidément pas à nous convaincre ; quant à Lee J. Cobb il n’a pas vraiment eu de chance : quelle tristesse qu’il doive quitter la série sur un épisode aussi moyen ! A aucun moment on n’évoquera le départ de Garth qui sera à priori explicité plus tard au cours de la saison, mais cependant il n’apparaitra ensuite plus jamais ; espérons que ses successeurs soient aussi talentueux que ce très grand comédien qui nous aura accompagné durant presque quatre saisons complètes et grâce à qui certains épisodes auront acquis une dimension supplémentaire. Les dernières minutes de l’épisode relèvent un peu le niveau, que ce soit la mort de Pritikin - ne m’accusez pas de spoiler car dans n’importe quelle fiction de l’époque un homme aussi odieux n’aurait pas tenu le coup jusqu’au bout non plus ; et d’ailleurs le juge l’avait prédit en disant que les serpents comme lui trouvent la mort en se mordant la queue – ou encore le touchant départ de son fils qui remercie Jennifer de lui avoir fait se sentir meilleur et se juger mieux ("thanks for liking me and wanting me to like myself better").

Quelques autres petites occasions de se réjouir au sein d’une fiction un peu outrancière : deux chansons par Randy Boone dont une dont il fut le compositeur, ‘Frog Dog Polliwog Song’ ; une efficace et vertigineuse séquence de suspense en haut d’un échafaudage ; une scène intéressante au cours de laquelle Trampas refuse de porter l'étoile d'adjoint quand Ryker lui demande de protéger Pritikin, estimant qu’il ne pourrait pas mener à bien cette mission, se sentant incapable de défendre une telle hyène. Il y avait un sacré potentiel de départ malheureusement gâché par un manque de nuances à tous les niveaux, aussi bien dans l’écriture que dans l’interprétation. Le prochain épisode devrait relever le niveau si la scie continue à avoir des dents régulières.



En images sur classik

Avatar du membre
Moonfleet
Séminole
Séminole
Messages : 1129
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 10 janv. 2019 11:02

Image


Telly Savalas



4.17- Men with Guns

Réalisation : Leon Benson
Scénario : Halsted Welles
Guest Star : Telly Savalas & Brenda Scott
Première diffusion 12/01/1966 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7/10

Le Pitch : Trampas et Randy se rendent dans la petite ville de New Hope pour acheter des chevaux au Colonel Bliss (Telly Savalas). Sur leur route, ils croisent deux femmes qui enterrent l’époux de l’une d’entre elles ; celui-ci vient de succomber à une blessure par balles causée par les hommes du shérif ; ces derniers, à la demande de Bliss, le propriétaire des terres qui souhaite désormais les récupérer, exproprient un à un et sans scrupules tous les fermiers de cette communauté d’émigrants pacifistes. Trampas tombe amoureux de la fille du chef de la congrégation (Brenda Scott) et essaie de motiver ces hommes non-violents à se défendre par les armes…

Mon avis : L’épisode précédent n’était pas très bon, le suivant le sera donc : c’est un peu le constat et le leitmotiv de ce milieu de saison 4 en dents de scie. Mais comme les réussites se révèlent souvent remarquables, les ratages sont vite oubliés. Même si la série a atteint des sommets bien plus élevés, Men with Guns est excellent et aborde une nouvelle fois un thème qui a toujours abouti à des épisodes d’une remarquable tension, à savoir celui de la mainmise d’une petite ville par de riches propriétaires ou des businessmen véreux et sans scrupules avec sous leurs bottes les hommes de loi et les juristes qui leurs obéissent sans broncher. Leon Benson - dont Men With Guns sera malheureusement le dernier épisode qu’il réalisera - était d’ailleurs déjà aux manettes du superbe Show me a Hero avec un formidable Richard Beymer en principale Guest Star. Ces deux épisodes possèdent donc aussi beaucoup de points communs avec un autre sommet de la série, le 13ème de la saison 2, Siege, qui nous montrait déjà Trampas seul aux prises avec des Comancheros ayant fait main basse sur une ville éloignée de Medicine Bow. Comme dans les épisodes précédents qu’il réalisa (dont celui émouvant qui narrait le mariage de Betsy avant son départ définitif de la série), Leon Benson fait preuve d’une grande habileté notamment dans son utilisation inspirée des extérieurs, des gros plans et du hors-champ, ainsi que d’une efficacité certaine lorsqu’il s’agit de filmer des séquences mouvementées.

Des protagonistes récurrents de la série, nous ne verrons ici que Trampas et Randy, partis tous deux acheter des chevaux à un certain Colonel Bliss dont ils ne se doutent pas qu’il s’agit d’un tyran ayant pris la ville de New Hope sous sa coupe. Quatre ans en arrière, il a accepté de louer ses terres à toute une communauté d’émigrants pacifistes venus s’installer ; ces derniers ont travaillés d’arrache-pied pour arriver à subvenir à leurs besoins et ont en quelque sorte construits et développés la ville. Désormais, voulant tout récupérer en apprenant que les prix du foncier se sont envolés, le Colonel les fait expulser un à un par le shérif qui n’hésite pas à tirer quitte à tuer s’ils ne veulent pas déguerpir. Le shérif arrive toujours à cheval avec ses cinq hommes qui forment une sorte de 'horde sauvage' ; d’ailleurs le réalisateur Leon Benson les filme ainsi, une bande inquiétante rien que par sa manière de chevaucher et de se présenter devant les habitants qui ne savent pas comment réagir puisque leur religion leur interdit en quelque sorte d’avoir recours à la violence. Ce n’est pas que la tragédie finale donnera raison aux pacifistes, car s’ils s’étaient laissés faire ils seraient tous morts ou en fuite, mais les auteurs ne seront pas non plus tombés dans le piège de la justification de l’auto défense, témoin ce dernier échange entre Trampas et le chef de la communauté qui les fait tomber d’accord sur un espoir dans un proche avenir de ne plus jamais avoir à en passer par les armes mais uniquement par la diplomatie et l’intelligence. Une conclusion toute à fait digne d’une série qui s’est toujours voulue progressiste.

Pour en revenir à notre récit écrit par Halsted Welles (3.10 pour Yuma), Trampas et Randy arrivent à New Hope au moment où l’un des habitants s’est fait abattre suite à son refus d’obtempérer lorsque les hommes de loi étaient venus pour le faire quitter de force les lieux. Trampas étant tombé immédiatement amoureux de la charmante fille du patriarche et leader de la communauté - il n'est pas très difficile de le comprendre -, il va tenter de faire entendre raison aux citoyens en leur proposant de les aider à se défendre ; le talent et la beauté de Brenda Scott (déjà mémorable dans l’épisode Dark Destiny de la saison 2) aide à ce que cette romance soit totalement crédible et émouvante, les séquences la réunissant avec Doug McClure s’avérant vraiment superbes, d’une belle sensibilité et d’une grande délicatesse. Les fermiers de New Hope doivent donc lutter contre un despote totalement imprévisible et à vrai dire un peu fou, capable d’un côté de sacrifier 200 mineurs, de l’autre de pleurer à l’évocation de son épouse défunte. Habillé en dandy, affublé d’une barbichette assez croquignolette, Telly Savalas interprète avec jubilation ce personnage haut en couleurs certes parfois caricatural mais aussi de temps en temps assez attachant comme lors de cette séquence au cours de laquelle Bliss - qui n’a de Colonel que l’appellation, en fait ex-barbier ayant fait fortune grâce à l’exploitation de mines d’argent - espionne les habitants de la ville discourant sur leur situation, comme s’il découvrait le mal qu’il avait pu leur faire sans nécessairement s’en rendre compte. Un homme tout aussi cruel qu'émotif qui permet au futur Kojak de s’en donner à cœur joie, de tour à tour nous amuser, nous faire frissonner d’effroi par son rire de dément puis même nous émouvoir sur la fin.

La violence finalement choisie par les concitoyens pour se défendre face à une justice dévoyée aura un prix, coutera la vie de quelques-uns dans les deux camps lors d’une séquence finale très puissante voyant même Trampas laisser couler de sincères larmes. Excellente interprétation d’ensemble y compris les comédiens jouant les notables soudoyés par cet excentrique tyran d’opérette ou encore le fils de Bliss (Buck Taylor) sans oublier Robert F. Simon dans la peau du chef de la communauté qui prône la non-violence quitte à se faire tuer sans riposter. On aimerait bien que la série se poursuive en restant au moins à un tel niveau de qualité ; croisons les doigts pour que le soufflé ne retombe pas déjà dès l’épisode suivant.


En images sur classik

persepolis
Séminole
Séminole
Messages : 1052
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar persepolis » 13 janv. 2019 10:16

je suis impressionné la liste des invités sur les épisodes. La qualité est la même sur toutes les saisons ? Est-ce que c'est la meilleure série de cette époque , meilleure que Bonanza ,la grande vallée, le virginien ?

Avatar du membre
Moonfleet
Séminole
Séminole
Messages : 1129
Contact :

Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 13 janv. 2019 10:18

persepolis a écrit :je suis impressionné la liste des invités sur les épisodes. La qualité est la même sur toutes les saisons ? Est-ce que c'est la meilleure série de cette époque , meilleure que Bonanza ,la grande vallée, ?



De ce que j'ai pu voir de Bonanza, le Virginien lui est très largement supérieur, bien plus adulte. Je ne verrais malheureusement pas la grande vallée qui n'est proposé qu'en VF, pas plus que Cimarron dont les copies sont exécrables.

La saison 4 est en dents de scie pour l'instant, succession de très bons épisodes et de très moyens.


Retourner vers « Séries Télévisées »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 6 invités