Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

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Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 26 sept. 2018 14:17

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Robert Lansing



4.01- The Brother

Réalisation : Anton Leader
Scénario : Dick Nelson
Guest Star : Andrew Prine & Robert Lansing
Première diffusion 15/09/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 6.5/10


Le Pitch : Matt Denning (Robert Lansing), rancher à Medicine Bow et meilleur ami de Ryker, est venu la veille de son exécution libérer son frère d’une prison militaire, étant persuadé de son innocence dans le meurtre dont il est accusé. Il décide de fuir vers le Canada en compagnie de son frère et en emmenant avec lui son épouse et son jeune fils (Kurt Russell). Ryker qui est chargé de le poursuivre le rattrape en même temps qu’une troupe de soldats commandée par le Sergent Cohane (Myron Healey) qui tient absolument à se venger en tuant Matt ; en effet sans le vouloir, ce dernier a frappé un peu fort le gardien de prison qui a succombé à ses blessures…

Mon avis : Après une saison 3 très inégale, dans l’ensemble plutôt décousue, qualitativement en deçà des deux premières et qui se terminait par plusieurs fictions très moyennes -dont un dernier épisode qui allait se révéler être par la même occasion le pilote d’une autre série (Laredo)-, la saison 4 semble vouloir redémarrer sur des bases plus sérieuses et plus stables même si au final, après un démarrage remarquable, un petit goût de déception viendra de nouveau un peu nous gâcher les débuts plus que prometteurs de ce récit. Avant tout il faut signaler que le générique est une fois de plus un peu modifié en raison des départs et arrivées de certains comédiens. Ici, à la place de Roberta Shore nous remarquons une certaine Diane Roter. A la fin de l’épisode, une question reste en suspens puisque nous n’aurons pas eu l’occasion de faire sa connaissance : est-ce une actrice qui a remplacé Roberta dans le rôle de Betsy -puisque nous la trouvons également, comme c’était déjà le cas dans le générique précédent, en joyeuse compagnie de Randy- ou s’agit-il d’un nouveau personnage ? Une rapide recherche dans IMDB et nous voilà fixés : Betsy semble ne plus en avoir pour longtemps au sein de la série -mon petit doigt me dit qu’elle va convoler en juste noce et quitter Shiloh- alors que cette nouvelle arrivante qu'est Jennifer Summers nous accompagnera durant quelques épisodes et uniquement au cours de cette saison. Nous vous en dirons plus dès que nous l’aurons véritablement croisé, soit pas avant le 7ème épisode. Autre particularité de ce nouveau générique, plus qu’une seule image par personnage soit un montage beaucoup moins ‘cut’ que précédemment, toujours sur l'excellente musique de Percy Faith.

Étonnement, alors que l’on pourrait croire qu’à chaque nouvelle saison les auteurs feraient apparaitre le plus grand nombre des personnages récurrents de la série, seul Ryker sera de la partie pour ouvrir cette 4ème saison, Trampas et le Virginien devant se contenter de deux courtes apparitions alors que tous les autres sont tout simplement aux abonnés absents ; encore plus curieux, pas une seule fois nous nous rendrons au ranch Shiloh, toute la première moitié se déroulant au sein d’une prison militaire puis en extérieurs avant d'aboutir à Medicine Bow mais sans aucun protagoniste de notre connaissance. Dès le début de l'histoire, une évidente constatation : il n’y aura aucune fantaisie dans cet épisode assez sombre et la qualité de l’interprétation sera son point fort ; en effet, que ce soit Andrew Prine ou Robert Lansing, tous deux assez fades dans les deux précédents épisodes dans lesquels ils étaient déjà intervenus au sein de la série, ils s’avèrent ici au contraire immédiatement assez remarquables, surtout le second qui interprète Matt, un sympathique fermier ami de Ryker qui décide d’aller délivrer son frère cadet condamné à mort et qui doit être exécuté le lendemain alors qu’il a toujours clamé son innocence pour le crime qu’on lui a imputé. En voulant assommer le gardien de prison avec qui il avait toujours eu de très bonnes relations, Matt le tue. Il est désormais recherché non seulement par son meilleur ami qui est en même temps l’adjoint du shérif de la région ainsi que par les soldats qui veulent venger la mort de leur camarade.

Ayant dans l’idée de se réfugier au Canada, Matt a non seulement entrainé son frère avec lui mais également son épouse aimante et passionnée ainsi que son jeune garçon. Le petit groupe va être rattrapé à la fois par les hommes de loi et les militaires ; comme si la situation n’était déjà pas assez tendue, des indiens sur le sentier de la guerre vont les prendre en embuscade et les bloquer en un espace restreint où beaucoup vont mourir. Toute cette partie rappelle les nombreux westerns militaires des années 50 dans lesquels une escadrille se retrouve piégée derrière une anfractuosité rocheuse, les indiens faisant le blocus afin de les décimer par la faim et les diverses attaques. Le réalisateur de télévision Anton Leader qui débute ici un corpus de 14 épisodes pour la série, se tire très bien de cette situation, n’hésitant pas à filmer des séquences assez brutales qui devaient à l’époque trancher au sein des séries télévisées familiales, et à avoir quelques belles idées de mise en scène comme l’arrivée du dernier indien qui passe au milieu du groupe sans s’inquiéter et sans sembler voir ceux qui l’entourent. Le tout est rondement mené, bien cadencé et bien découpé mais surtout formidablement interprété par Robert Lansing, Clu Gulager mais aussi Myron Healey dans la peau du Sergent qui n’a qu’une seule idée en tête, abattre le meurtrier de son camarade tué bêtement lors de l’évasion du prisonnier. Rappelons qu’il s’agissait d’un des acteurs fétiches d’Allan Dwan pour ses superbes productions Bogeaus et qu’il qui joua également dans l'excellent et méconnu Fort Osage de Lesley Selander ou encore dans des classiques tels Man without a Star de King Vidor.

Un coup de théâtre à mi-parcours va faire bifurquer l’épisode vers encore plus de dramatisme et nous ramener à Medicine Bow pour un procès. Je ne vous en dirais pas plus sauf que cette seconde partie a plus de mal à trouver son rythme, un peu trop bavarde et étirée sans apparente autre nécessité que de boucler les 72 minutes traditionnelles. Nous ne nous serons néanmoins jamais ennuyé et aurons pu assister à une déchirante scène d’amour entre Jan Shepard et Robert Lansing, cependant un poil gâchée par un éclairage peu gratifiant pour la comédienne. Quant au jeune Kurt Russell -oui, le futur acteur fétiche de John Carpenter-, contrairement à son précédent rôle bien plus conséquent dans l’épisode A Father for Toby avec Rory Calhoun qui interprétait son père, il est cette fois bien trop sous-utilisé et c’est bien dommage. Même si un peu plus faible dans sa seconde partie, un démarrage tout à fait honorable pour cette quatrième saison, un joli épisode sur la bienveillance, le pardon, l’amour fraternel et l’amitié.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 27 sept. 2018 9:52

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John Anderson




4.02- Day of the Scorpion

Réalisation : Robert Butler
Scénario : Don Ingalls
Guest Star : Sean McClory & John Anderson
Première diffusion 22/09/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7.5/10

Le Pitch : Les ranchers de Medicine Bow sont inquiets et craignent le déclenchement d’un conflit sanglant ; en effet, l’australien Adam Tercell (John Anderson) vient d’arriver sur les lieux avec ses immenses troupeaux de moutons qui dépérissaient sur leur continent d’origine victime de la sécheresse. Les éleveurs auraient souhaité négocier pour lui attribuer une parcelle de terre limitée afin que les ovins ne détruisent pas les Open Range mais le nouveau venu ne veut rien savoir, s’estimant dans la légalité en faisant paitre ses bêtes n’importe où. La guerre aurait peut-être pu être évitée si le Virginien n’avait pas accidentellement tué le fils de Adam…

Mon avis : J’écrivais pas plus tard qu’à l’occasion de mon avis sur l’épisode précédent qu’après une saison 3 très inégale, dans l’ensemble plutôt décousue, qualitativement en deçà des deux premières et qui se terminait par plusieurs fictions très moyennes, la saison 4 semblait vouloir redémarrer sur des bases plus sérieuses et plus stables. Ça semble se confirmer avec ce superbe épisode qui évoque une confrontation entre éleveurs d’ovins et de bovins et qui a beaucoup de points communs avec le troisième et magnifique épisode de la série, Throw a Long Rope, réalisé par Ted Post et qui mettait déjà en scène l’excellent comédien qu’est John Anderson dans le rôle d’un impitoyable Cattle Baron qui "semblait être en manque d’actions sanglantes depuis la fin des guerres indiennes". Dans Day of the Scorpion réalisé et écrit par des hommes ayant exclusivement travaillé pour la télévision, il se retrouve à nouveau dans la peau d’un gros propriétaire ; celui-ci vient d'acheter beaucoup de terres autour de Medicine Bow. En Australie où il possède d’immenses troupeaux de moutons, les conditions climatiques sont devenues tellement extrêmes avec notamment l’arrivée d’une cruelle sécheresse qu’elles ne permettaient plus que les bêtes puissent se nourrir correctement et survivre. Avant d’arriver dans le Wyoming avec ses moutons, il avait envoyé ses deux enfants, son régisseur et quelques-uns de ses hommes pour 'préparer le terrain', sachant très bien que les ranchers américains n'apprécient que très modérément les 'bêtes à laine'.

Son fils (John Locke, déjà au générique de l’épisode avec Robert Redford, The Evil that Men do) est une petite frappe qui va attiser la haine des éleveurs. Il va se battre vigoureusement avec le Virginien lors d’une séquence de combat à poings nus très teigneuse et qui montre d'emblée les honnêtes qualités de réalisateur de Robert Butler. A force de jeter de l'huile sur le feu, le jeune homme va payer le plus fort puisqu’il sera tué accidentellement peu après. C’est ce drame qui va provoquer la colère du patriarche australien qui n’aura de cesse de vouloir faire pendre le criminel, soit l'intendant de Shiloh himself. Voyant que légalement il n’arrivera à rien vu les circonstances de la tragédie, le vieil homme aigri se jettera alors à corps perdu dans cette guerre des terres en espérant laisser pour mort le meurtrier de son fils. On pourrait croire à la lecture de ces lignes que le manichéisme est de la partie, que l'inévitable confrontation va opposer méchants australiens contre gentils américains... mais il n’en est heureusement rien ; l’auteur du scénario est parvenu à écrire une intrigue d’une belle densité et à peindre toute une galerie de personnages avec richesse et nuances, sans caricatures, le protagoniste interprété par John Anderson n’étant pas spécialement haïssable malgré son exécrable caractère, son avidité, son égoïsme et son intransigeance (il s’agit du scorpion -synonyme de méchanceté- du titre de l’épisode). Il faut souligner aussi la présence d’un personnage féminin assez passionnant, celui de la fille de ce gros éleveur de moutons ; une jeune femme qui ne s’en laisse pas compter, très moderne, prête à renier et à se dresser contre sa famille qui jusque-là ne lui a jamais fait de cadeau pour passer dans le camp adverse ; il faut dire qu’elle est tombée sous le charme du Virginien, ce qui explique aussi cela.

La prestation de Maura McGiveney est d’ailleurs assez remarquable, nous faisant regretter que l’actrice n’ait pas eu une carrière plus prestigieuse et qu’elle soit morte aussi jeune, d’une cirrhose du foie à seulement 51 ans. Nous nous devons également de noter l’excellente interprétation de Jonh McLiam dans le rôle du régisseur australien assez attachant, obligé d’obéir à son patron tout en reconnaissant ses torts. Quant au scénariste Don Ingalls, il fut déjà l’auteur de deux très bons épisodes de la série, Smile of a Dragon dans la saison 2 ainsi que plus tôt encore, Duel at Shiloh, le remake du film de King Vidor, L’homme qui n’a pas d’étoiles (The Man without a Star), une trame dont il s'était servi avec efficacité pour narrer l’arrivée au ranch Shiloh de l’un des protagonistes principaux de la série, à savoir le troisième larron du trio d'amis faisant partie de la troupe de cowboys du domaine du Juge Garth aux côtés de Trampas et du Virginien, le jeune Steve (qui a entre temps et depuis peu quitté la série). Pour en revenir à l’interprétation, des protagonistes récurrents cette fois, à signaler quelques simples apparitions de la plupart d'entre eux mais également un James Drury qui est au contraire à nouveau sur le devant de la scène et qui a encore pris un peu plus d’aplomb. Sinon pour le plaisir des oreilles, deux chansons traditionnelles vite entêtantes interprétées par le comédien Sean McClory -que l’on a vu dans grands nombres de classiques, des Contrebandiers de Moonfleet à L’homme tranquille en passant par Mary Poppins ou Les Gens de Dublin- dans le rôle de l’un des hommes de main au sein des éleveurs de moutons.

Cet épisode d’une belle densité s’avère d’une efficace puissance dramatique et ne connait pas de baisse d’intensité ni de rythme ; il est également l’occasion d’intéressants questionnements sur la justice, la loi et la loyauté ainsi que d’une approche documentaire assez captivante à propos des rivalités qui ont opposées éleveurs de moutons et de vaches, sujet finalement assez peu abordé au cinéma si ce n’est par Tex Avery (Drag-a-long Droopy) ou au sein de comédies westerniennes plus (La Vallée de la poudre) ou moins (Montana) réussies. Ceux qui auraient eu l’idée de découvrir la série par l'intermédiaire de ce Day of the Scorpion devraient avoir un bel aperçu de ses principales qualités avec néanmoins –hormis les interludes musicaux sus-cités- un manque total d’humour et de fantaisie qui le distingue de la plupart des autres -même parmi les plus sombres- ainsi qu’un budget qui semble un peu plus conséquent que la moyenne, témoins l’absence de stock-shots et au contraire 'figuration' assez nombreuse en ce qui concerne les moutons. Enfin, un magnifique plan d’ensemble en une impressionnante plongée pour clore ce très bel épisode.


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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 27 sept. 2018 14:17

AU PARADIS A COUPS DE REVOLVER de Lee KATZIN avec Glenn Ford (1969) aborde aussi, il me semble, le conflit avec les éleveurs de moutons (enregistré en 2004 sur TCM et peu souvent revu d'où "il me semble"...).
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 27 sept. 2018 14:20

Oui il doit y en avoir quelques autres mais ils ne sont finalement pas très nombreux comparativement au nombre de westerns.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 03 oct. 2018 14:06

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Bruce Dern



4.03- A Little Learning

Réalisation : Don Richardson
Scénario : Harry Kronman
Guest Star : Albert Salmi & Bruce Dern
Première diffusion 29/09/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note :7/10


Le Pitch : Pour bonne conduite, Bert Kramer (Bruce Dern) est libéré de prison plus tôt que prévu. Il n’a qu’une idée en tête en quittant le pénitentier, retrouver Martha, la fille qu’il a rencontré alors qu’elle était Saloon Gal et avait qui il s’était marié. Elle est désormais institutrice à Medicine Bow et, en raison de sa beauté, tous les hommes tournent autour d'elle. La jalousie de Bert va provoquer des drames d’autant que la jolie maitresse d’école semble avoir pris sous son aile un cowboy du ranch Shiloh, Rafe Simmons (Albert Salmi), qui n’a en fait aucune mauvaise idée en tête, souhaitant seulement apprendre à lire, lui qui n’a jamais eu de scolarité…

Mon avis : Avec ce troisième épisode, la saison 4 du Virginien se poursuit en restant à un niveau toujours élevé, A Little Learning bénéficiant non seulement d’un scénario très bien écrit par Harry Kronman -déjà auteur du magistral sixième épisode de la saison 2, It Takes a Big Man, avec Lloyd Nolan et un Chris Robinson particulièrement mémorable- mais également d’une interprétation sans failles non seulement de Clu Gulager et James Drury mais surtout des quatre principaux ‘invités’ : Bruce Dern pour sa troisième et dernière participation à la série, n’ayant tenu avec une efficacité évidente que des rôles de teigneuse petite frappe violente et cruelle ; Albert Salmi toujours d’une étonnante justesse, ne tombant jamais dans les pièges du cabotinage outrancier alors que ses personnages le lui prédestinaient (voir déjà Brother Thaddeus), s’en sortant ici encore remarquablement bien dans la peau de cet analphabète qui quitte le métier de cowboy dans le but de passer son temps à se cultiver ou tout du moins apprendre à lire ; Harry Townes, suant par tous ses pores et riant grossièrement tout du long, absolument parfait pour incarner ici la méchanceté gratuite et la bêtise humaine ; enfin la très charmante Susan Oliver et ses yeux bleus électriques dont les talents dramatiques ne sont pas à minimiser face à son évidente beauté, que l’on regrette d’ailleurs qu’elle n’ait pas eu une plus longue carrière, se souvenant surtout d’elle pour deux de ses prestations dans la série Les Envahisseurs.

L’épisode débute par la sortie de prison du mercenaire Bert Kramer six mois avant d’avoir purgé sa peine ; l’on apprend qu’il a été délivré pour bonne conduite mais le comportement de cet homme est en totale contradiction avec cet état de fait annoncé. En effet, en quittant les lieux, il nargue tous ses geôliers ainsi que le directeur du pénitencier, leur faisant comprendre qu’il les a bien roulés et que sa bonté était feinte. Bruce Dern étant alors très doué pour camper les mauvais garçons en les rendant très inquiétants, le spectateur est immédiatement mal à l’aise, comprenant très bien que cet homme va continuer à faire du mal. Nous sommes alors d’emblée anxieux lorsque nous apprenons qu’il a décidé de partir à la recherche de sa ‘bien aimée’, une fille de saloon qu’il a épousé, cette dernière ayant accepté sa proposition avant tout pour se sortir de sa vile condition. Il s’est vite avéré que l’époux était brutal et elle a profité de son emprisonnement pour ‘fuir’ dans une autre contrée où elle est devenue institutrice en prenant un autre nom afin de plus difficilement être retrouvée. Malgré ça, Kramer apprend vite où elle a atterri et il se rend donc à Medicine Bow où se trouve un ex-complice à lui, non moins que l’adjoint du shérif, Ryker tout simplement dont on nous rappelle à l'occasion qu'il n'a pas toujours été du bon côté de la loi.

Les séquences suivantes nous amènent donc dans la petite ville aux alentours de laquelle est situé le ranch Shiloh et où nous faisons connaissance avec cette douce et charmante blonde ainsi qu’avec tous les hommes qui tournent autour, le bal qui doit bientôt avoir lieu ayant multiplié les potentiels cavaliers allant l’accompagner, aucun d’entre eux ne connaissant le secret qu’elle ne souhaite pas dévoiler comme quoi elle est mariée. Parmi eux, bien évidemment Trampas et Le Virginien, ce dernier, lors d’une séquence assez succulente, envoyant à la dernière minute son cowboy travailler loin de là pour l’éloigner et lui faire rater la soirée, espérant le remplacer aux bras de la belle. Cette dernière est courtisée par bien d’autres concitoyens dont le barbier qui vient même demander sa main accompagné de son père ; une scène assez inconfortable qui dévoile la bêtise de ce duo, néanmoins sans commune mesure avec celles qui suivront, le petit fils d’à peine 12 ans semblant prendre la même voie à cause de l’éducation qu’il a dû recevoir de ces deux idiots qui par leur méchanceté gratuite, leur étroitesse d’esprit, leurs moqueries continuelles et leur crétinerie congénitale vont provoquer des tragédies. Ils vont en effet vicieusement inoculer l'idée dans le cerveau malade de Kramer –ne supportant déjà pas que sa femme demande le divorce- que l’adorable Rafe a entamé une romance avec l’institutrice, ce qui s’avère être totalement faux, le jeune homme illettré se rendant souvent chez elle pour apprendre à lire afin de déchiffrer le journal intime de sa mère décédée. Au passage, très belle thématique abordée que celle de l’éducation comme principal moyen au développement de l’intelligence et à l’avancée des idées.

Don Richardson, réalisateur de télévision qui avait déjà signé le premier épisode de la saison 3 -soit celui introduisant Ryker dans la série- fait de l'honnête travail tout autant avec sa caméra qu’en tant que directeur d’acteurs. On regrettera une dernière séquence qui coupe un peu cet élan de progressisme, la maitresse d’école, après s’être extasiée à propos de la sublime déclaration d’amour de la mère de Rafe à son époux, jetant le journal au feu après avoir appris qu’il ne s’agissait pas de son mari mais de son amant, conspuant alors un peu vite un adultère dont elle ne sait quasiment rien. Un épisode qui trace également le portrait de la bêtise humaine dans toute sa ‘splendeur’ et qui, constamment d'actualité, fait un peu froid dans le dos. Tout ceci manque peut-être d’un peu d’ampleur et d’émotion mais ce n’en est pas moins remarquablement bien construit et interprété. Une saison 4 qui s’annonce pour l’instant sous les meilleures augures ; croisons les doigts pour que ça se poursuive ainsi !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 12 oct. 2018 11:38

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William Shatner & Strother Martin



4.04- The Claim

Réalisation : Bernard L. Kowalski
Scénario : Shirl Hendryx
Guest Star : William Shatner & Strother Martin
Première diffusion 06/10/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 2/10

Le Pitch : Trampas ne supporte plus le rythme imposé par le Virginien. Pour que ses journées se déroulent plus agréablement, il propose à Luke (William Shatner), un vieil ami qu’il vient de retrouver, de venir travailler à ses côtés. Le régisseur a accepté de l'embaucher mais se rend vite compte de son manque de sérieux et lui demande de partir d’autant qu’il risque d’entrainer ses hommes sur la mauvaise pente. Et c’est effectivement ce qui se passe, Trampas décidant de le suivre à Deadwood avec dans l’idée plaisirs à gogo et argent facile. Quand un prospecteur (Strother Martin) leur parle d’un filon d’or aux alentours, ils demandent à s’associer à lui…

Mon avis : Il n’aura hélas pas fallu longtemps pour déchanter ! Après trois fictions sérieuses et de haute tenue, la saison 4 nous propose d’un coup l’un des épisodes qui pourrait aisément concourir pour remporter la palme du plus mauvais de la série. Et la faute en incombe à beaucoup, que ce soit au scénariste Shirl Hendryx dont ce sera heureusement la seule participation au Virginien, idem pour le réalisateur Bernard L. Kowalski –signataire de nombreux nanars pour le cinéma dont par exemple L’Attaque des sangsues géantes- et enfin William Shatner qui, peu avant d’endosser l’uniforme du capitaine Kirk pour la série Star Trek, s’avérait ici un abominable cabotin, gâchant la plupart des séquences où il intervient : le gros problème est qu'étant quasiment présent du début à la fin, il est assez aisé d'imaginer le résultat. L’épisode débutait pourtant d’une manière extrêmement intéressante puisqu’il décrivait le métier de cow-boy sous un jour pas très glorieux, fatigant et absolument pas gratifiant, Trampas en traçant un portrait assez désespérant, Le Virginien se révélant une fois de plus peu avenant, et tout à fait intraitable, ne laissant pas souffler ses hommes une seule seconde. Pour une série familiale dont l’un des buts principaux étaient de faire rêver les spectateurs avec ce vieil Ouest américain, autant dire que l’idée était assez gonflée d’autant que voir le personnage-titre se comporter aussi durement n’est jamais très agréable pour ses aficionados ; et d’ailleurs James Drury est le seul comédien qui tire son épingle du jeu dans cet épisode calamiteux. Nous ne le verrons malheureusement que dans les séquences encadrant l’ensemble de cette fiction, donc seulement à deux ou trois reprises au début et à la fin.

Doug McClure subit en revanche la mauvaise influence de William Shatner, les deux comédiens ne faisant quasiment que rire fort et bêtement tout au long de cette histoire au cours de laquelle il ne se passe d’ailleurs quasiment rien. Dommage car quelques autres pistes s’avéraient fort intéressantes comme le fait d’aborder une fois encore le thème des terres indiennes bafouées par les hommes blancs à la recherche de filons d'or alors même que l'armée leur interdisait d'y pénétrer tout en faisant semblant de ne rien voir, ou encore la situation tout aussi peu enviable que celle des cow-boys que celles des prospecteurs qui pour la plupart ne trouvèrent pas la moindre once de métal et qui restèrent démunis toute leur vie : à la question de Trampas au cuistot lui demandant pourquoi il se satisfait d’une telle situation peu favorable, l’ancien chercheur d’or -devenu mauvais cuisinier par défaut- lui répond à peu de choses près qu’il est heureux car il gagne quelques dollars au jeu de temps à autre et qu'il est toujours en vie ; une vie pour le moins miséreuse où faute de mieux il ne reste qu'à se contenter de peu. Encore une fois, ce côté très dépressif des à côtés de l’intrigue était plutôt paradoxalement jubilatoire, ou plutôt culotté ; mais narrativement parlant, il n’y a rien à se mettre sous la dent, que des blagues et conversations sans intérêts -et surtout très mal interprétées- entre William Shatner qui tente d’entrainer Trampas sur la mauvaise voie.

Après avoir découvert un filon, la fièvre de l’or va s’emparer du personnage joué par Shatner et le danger qu’il fait désormais peser sur ses camarades va être renforcé par l’arrivée dans les parages d’un bandit qui aimerait bien s’emparer du butin ainsi que des indiens qui ne souhaitent pas que les blancs restent sur leurs terres, d’autant plus en colère qu’un des leurs vient d’être abattu bêtement. On pourrait croire que ça allait se mettre à bouger ; peine perdue ! La rencontre des deux hommes avec le vieux prospecteur interprété par Strother Martin n'aura donc guère fait évoluer les choses, ce dernier comédien semblant d'ailleurs être resté assez retrait. Cet acteur aura été l’un des grands seconds rôles des années 50/60, tournant avec quasiment tous les grands réalisateurs de westerns ou de films de guerre de l’époque, que ce soit Robert Aldrich (Attaque), John Ford (Les Cavaliers ; L'Homme qui tua Liberty Valance), Andrew V. McLaglen (Les Prairies de l'honneur ; Le Grand McLintock), Henry Hathaway (Les 4 fils de Katie Elder ; 100 dollars pour un shérif), George Roy Hill (Butch, Cassidy et le Kid), Sam Peckinpah (La Horde sauvage ; Un Nommé Cable Hogue), et j’en passe… Dommage que ses deux comparses, trop occupés à se mettre en avant, l’aient en quelque sorte empêché de faire montre de son talent. Son personnage de prospecteur Old Timer totalement démuni avait pourtant au départ tout pour être intéressant ; il aura juste été très mal exploité par les médiocres auteurs de ce mélange de pantalonnade pas drôle et de suspense sans aucune tension.

Malgré notre sympathie pour le personnage de Trampas et pour son interprète Doug McClure, il faut bien se rendre à l'évidence que -à de rares exceptions près- la plupart des épisodes les moins bons auront été ceux où il se retrouve seul parmi les protagonistes récurrents de la série. C’est donc à nouveau le cas, le scénariste pas plus que le réalisateur n’arrangeant les choses, tout au contraire, les deux se révélant aussi peu inspirés l’un que l’autre, nous livrant une fiction aussi inintéressante que bavarde et décousue. Durant cet épisode calamiteux qui tourne à vide sur quasiment toute sa durée, nous aurons cependant eu l’occasion de glaner quelques instants de plaisir au tout début, lors notamment des altercations entre Trampas et le Virginien, ou encore lors de leurs retrouvailles dans le final au cours duquel l’intendant accepte de faire comme si rien ne s’était passé et de réembaucher son homme de main. Heureusement pour le fans de la série ! Vite, passons au suivant sans plus nous attarder sur ce faux pas !


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