Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 25 juil. 2018 9:39

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Franchot Tone & Bill Mumy



3.28- Old Cowboy

Réalisation : William Witney
Scénario : Gabrielle Upton
Guest Star : Franchot Tone
Première diffusion 21/03/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 6/10

Le pitch : Murdock (Franchot Tone) est un vieux cowboy à la recherche d’un emploi. Il pense avoir encore toute sa maitrise et toute son énergie pour pouvoir travailler comme lors du temps de sa jeunesse. Accompagné par son petit-fils Willy, ils arrivent à Medicine Bow. Murdock perd toute sa maigre fortune au poker ; Trampas qui a pitié de lui décide de le faire embaucher à Shiloh malgré les réticences du régisseur. Les maladresses du vieil homme vont mettre le Virginien dans l’embarras vis-à-vis de ses voisins notamment lorsqu’il marque du sceau de Shiloh les bêtes d’un autre rancher ou lorsqu’il met involontairement le feu à la prairie…

Mon avis : 8ème des dix épisodes réalisés par William Witney, Old Cowboy se suit sans ennui mais est loin d’atteindre le niveau et d’être aussi captivant que son précédent et excellent Man of the People avec James Dunn en Guest Star, épisode médian de la saison 3 qui abordait principalement la thématique de la répartition des terres entre ranchers et fermiers et qui en profitait pour dépeindre l’arrivée de colons orchestrée par un député un peu roublard. Tout comme dans A Father for Toby, également dans cette même saison, Old Cowboy narre en partie l’amitié qui nait entre Trampas et un jeune garçon d’une dizaine d’années. L’épisode d’Alan Crosland Jr était un ratage malgré la bonne interprétation d’un tout jeune Kurt Russell ; le petit Bill Mumy est également plutôt talentueux, semble s’être plutôt bien entendu avec Doug McClure et forme un duo assez attachant avec un Franchot Tone vieillissant. Dans la peau de Murdock, le vieux cowboy sur le retour, le comédien nous octroyait à cette occasion l’une de ses dernières apparitions à l’écran. Il est bien loin le temps où il formait en 1938 avec Robert Taylor et Robert Young un trio inoubliable dans le chef d’œuvre de Frank Borzage, Trois Camarades (Three Comrades), également en haut de l’affiche de célèbres films d’aventure des années 30 aux côtés d'immenses stars comme Gary Cooper et Clark Gable, soit Les Trois lanciers du Bengale de Henry Hathaway ou Les Révoltés du Bounty de Frank Lloyd. Dans cet épisode du Virginien, il incarne un cowboy défraîchi qui, accompagné de son petit-fils, sillonne le pays pour trouver du travail, persuadé que son âge ne devrait pas poser de problèmes pour se faire embaucher.

Effectivement, vivant toujours dans son glorieux passé du temps de la fameuse époque de la Chisholm Trail durant laquelle il était contremaitre, Murdock continue à penser non seulement connaitre parfaitement son boulot mais également avoir gardé la même énergie et la même maitrise que vingt ans plus tôt. Le principal problème de l’épisode est la quasi non-évolution de ce personnage ‘ah, c'était l'bon temps’ pourtant néanmoins capable de se révéler parfois assez attachant notamment dans ses relations avec son petit-fils ; tout au long du récit nous l’entendrons se vanter de tout savoir faire mieux que tout le monde et ronchonner au contraire sur la faible compétence des jeunes cowboys qui l’entourent ; traits de caractère assez intéressants de par le fait de rajouter une part 'd’humanité' à un protagoniste du coup pas tout blanc mais situations assez vite lassantes par leurs répétitions et leurs non-approfondissements. Alors que la première moitié s’avérait vraiment excellente (la découverte d’une belle toile peinte de Medicine Bow vue du haut d’une colline ; la partie de poker entre Trampas, Belden, Randy et Murdock ; la prise en pitié du vieil homme par Trampas, le caractère toujours aussi acariâtre du Virginien…), un sentiment de rabâchage vient un peu nous gâcher la seconde partie d’autant que comme souvent avec William Witney, les stock-shots ne sont pas très bien intégrés aux séquences tournées spécialement pour l’épisode, en l’occurrence les monteurs se moquant totalement de la cohérence au niveau des paysages montrés ici et là.

Ceci étant et même si le sentiment d’ensemble aura été un peu décevant suite à une dernière demi-heure qui paradoxalement patine malgré une recrudescence d’action et de tension dramatique, Old Cowboy est loin d’être désagréable ; ce paradoxe est d’ailleurs assez répandu, les scènes dialoguées de certains westerns étant parfois bien plus passionnantes que les séquences mouvementées qui s’ensuivent et qui accélèrent souvent facticement le rythme. Avant cette recrudescence dramatique dont le climax aura été l’apparition de loups peu commodes, nous aurons assisté à la difficile intégration du vieil homme parmi les cowboys de Shiloh -et pour cause, il ne passe pas une minute sans se plaindre et leur faire la leçon- et à l’admiration aveugle du petit-fils pour son grand père, au fur et à mesure reportée sur Trampas. Cet état de fait va provoquer la jalousie et l’animosité de Murdock qui va prendre Trampas en grippe alors que c'était grâce à lui qu'il avait réussi à être embauché malgré les réticences d’un Virginien toujours aussi méfiant et pragmatique. Le vieux cowboy va également se mettre à enchainer bêtises sur maladresses, allant jusqu’à marquer des bêtes ne lui appartenant pas, à provoquer un stampede ainsi que l’incendie de la prairie causant plusieurs morts parmi le bétail des voisins. Fort logiquement, les ranchers alentours qui auront sérieusement pâti de ces bourdes vont commencer à voir rouge et à vouloir intenter un procès au juge Garth. Trampas qui se sent responsable de tous ces malheurs va prendre en grande partie sur lui les blâmes adressés aux membres de Shiloh : "It was as much my fault as his." Doug McClure trouve ici l’une des plus belles occasions de démontrer son talent et Trampas sa sincère compassion et sa profonde humanité ; se souvient-il de la protection amicale qu’il reçut de la part du juge Garth lors de l’épisode qui narrait son arrivée à Shiloh, Ride a Dark Trail ?

Un personnage principal un peu trop monolithique, souvent ridiculement fier et par trop rigide y compris dans son désir final de se racheter "I'll get that herd through or I won't be back at all”, une seconde partie moins convaincante... cependant la scénariste échappe à presque toute mièvrerie et parmi les autres bonnes surprises de l'épisode l'on peut noter un L.Q. Jones en grande forme ainsi qu'une bataille de polochon assez amusante. Nous aurions préféré une réflexion un peu plus mélancolique sur la vieillesse mais en l'état une fiction sinon mémorable au moins assez sympathique.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 30 juil. 2018 12:25

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Leonard Nimoy




3.29- The Showdown

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Gene L. Coon
Guest Star : Leonard Nimoy & Michael Ansara
Première diffusion 14/04/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 6/10

Le pitch : Le Virginien dans une petite ville de l’Arizona pour acheter du bétail à la famille Landers. Il se rend vite compte que la bourgade est contrôlée d’une main de fer par le shérif et son adjoint, les deux frères Frome (Michael Ansara & Leonard Nimoy). Les citoyens les craignent fortement d’autant qu’ils font souvent ‘visiter’ leurs cellules pour des motifs futiles. Le Virginien en fait lui-même les frais. En sortant de prison, il apprend que le troupeau qu’il vient d’acheter a été confisqué par les deux hommes de loi pour enquête sur la provenance des bêtes. Il n’est pas au bout de ses surprises car souvent les apparences peuvent s’avérer trompeuses…

Mon avis : L’auteur de l’épisode est Gene L. Coon, un nom réputé au sein de la communauté des ‘trekkies’ puisque il fut non seulement l’un des principaux producteurs de la série originale Star Trek mais en écrivit également plus d’une dizaine d’épisodes. Auparavant, pour le cinéma il signa quelques scénarios pour des films tout à fait estimables tels Le Salaire du diable (Man in the Shadow) ou bien Une Balle signée X (No Name on the Bullet), tous deux réalisés par Jack Arnold. Autre point commun avec Star Trek, bien évidemment Leonard ‘Spock’ Nimoy interprétant ici l’adjoint et frère du shérif, faisant tous deux régner la terreur sur la ville dont ils ont à s’occuper de la sécurité. Ce sont au demeurant les personnages les plus intéressants et les plus intrigants du récit puisque nous mettons en effet pas mal de temps à comprendre les motivations de ces hommes qui emprisonnent leurs concitoyens à tour de bras pour des motifs plus que futiles, certains de ceux se retrouvant en cellule ne comprenant même pas la raison pour laquelle ils ont été enfermés. Le Virginien venu dans cette ville de l’Arizona pour un simple achat de bétail se retrouve lui-même derrière les barreaux pour... avoir bu plus d’une bière ! Tous les habitants semblent détester cette fratrie antipathique et surtout les membres de l'accueillante famille d’éleveurs que le régisseur de Shiloh est venu trouver pour faire affaire.

Dès son arrivée, le shérif lui déconseille d’ailleurs grandement d’acheter le cheptel de la famille Landers. Le patriarche de celle-ci -excellent Peter Whitney qui fut inénarrable dans L’aventurier du Texas (Buchanan Rides alone) de Budd Boetticher dans le rôle de du gros Amos qui passait son temps à courir d’un de ses frères à l’autre en fonction de leurs situations, se rapprochant à chaque fois de celui sur le point de remporter le gros lot...- pense que c’est parce que ses fils furent autrefois des outlaws et que l'homme de loi ne croit pas à la possible réinsertion de mauvais garçons. Le Virginien qui a en revanche toujours cru à la deuxième chance et qui l’a prouvé à maintes reprises au cours de la série, prend d’emblée fait et cause pour ses hôtes même si les retournements de situations à mi-parcours vont balayer d'un coup tout ce qui a précédé et ajouteront un soupçon d’ambiguïté quant à cette thématique de la réintégration civile d'anciens repris de justice. En attendant ces nouveaux éléments, le Virginien ira jusqu’à provoquer le shérif par ‘punchlines’ bien senties et notamment par vantardise lors d’une séquence au saloon où il se trouve attablé avec une charmante entraineuse (craquante Leslie Perkins) ; alors que l’homme de loi tourne autour d’eux et que le Virginien lui demande s’il le dérange, le shérif rétorque que non ; sur quoi notre héros lui répond qu’inversement lui le gêne. Tout ceci est assez jubilatoire pour le spectateur surtout que notre protagoniste principal, outre se positionner dans un rôle progressif en soutenant la réinsertion, semble encore à ce moment-là défendre la veuve et l’orphelin, se positionnant dans le camp de ceux qui ne supportent pas et qui ont peur des deux frères ‘étoilés’.

Même si je me suis sans doute déjà bien trop avancé, il n’est cependant pas bien possible de narrer quoique ce soit de la seconde partie, la principale surprise totalement inattendue provenant de multiples apparences trompeuses ; nous vous laissons donc les découvrir d'autant qu'elles sont à l'origine de l'aspect le plus passionnant de l'épisode. Ce que l'on peut dire est que nous nous dirigeons alors vers une sorte de remake de l’histoire des frères Earp à Tombstone, soit par exemple une nouvelle version de Règlements de comptes à OK Corral, le duel annoncé dans le titre de l’épisode ayant bien lieu pour le clore, superbement mis en scène tout comme ce qui a précédé, Don McDougall oblige, sa direction d’acteurs s’avérant également toujours aussi impeccable. Outre un James Drury en grande forme ainsi que Peter Whitney et Leonard Nimoy déjà cités, on trouve aussi les excellents Michael Ansara (Les Comancheros de Michael Curitz) dans la peau du shérif impassible que rien ne semble effrayer, dur et peu souriant, Barry Kelley dans celui du Marshall qui tombe des nues en apprenant la vérité, ou encore un tout aussi bon Tom Skerritt -déjà présent dans deux épisodes de la série, connu par la suite pour avoir fait partie de l’équipage du Nostromo dans le fabuleux Alien de Ridley Scott- à qui on donnerait au départ le bon dieu sans confessions. Parmi les points positifs, une mise en scène de Don McDougall donc toujours aussi difficile à prendre en défaut, une description assez captivante de ces deux intimidants et déplaisants hommes de loi qui se comportent en despotes avec la pratique d’arrestations arbitraires, un petit côté documentaire quant à la manière de savoir si les marques sur les bêtes ont été ou non falsifiées…

Alors pourquoi une note en définitive assez moyenne ? Faute à un scénario qui à force de brouiller les cartes finit par patiner un peu, à une deuxième partie moyennement bien rythmée et au cours de laquelle il ne se passe finalement pas grand-chose, à des personnages qui disparaissent sans crier gare (celui de l’entraineuse qui nous aura néanmoins octroyé une jolie chanson)… Mais le Showdown du titre se déroulant au centre de la rue principale et qui conclut l’épisode rattrape le tout en beauté avec en altruiste maxime finale débitée par le Virginien lui-même et qui en quelque sorte à cette occasion prône l’entraide : "Sometimes you just can't stand by. You don't want to get involved but you have to." Un peu décevant mais loin d'être mauvais pour autant.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 31 juil. 2018 15:11

Si je puis me permettre une modeste participation aux résumés...

Franchot TONE fut aussi avant cela dans BONANZA (DENVER Mc KEE, du nom de son personnage en 1960 réalisé par Jacques TOURNEUR où il incarnait un ancien shérif et pisteur à la retraite (doublé en VF par Jacques BERTHIER))(Titre français: LE VOISIN).

Pour le second épisode cité: Gene L. COON écrivit aussi des épisodes de la saison 2 de ZORRO dont un de mes premiers petit ZORRO CAVALIER SOLITAIRE (Zorro Rides Alone en VO) et RENDEZ-VOUS AU COUCHER DU SOLEIL (Rendez Vous at Sundown) et de bien d'autres séries comme KUNG FU (Enchaînés saison 1, autre titre Des Chaînes à Briser où Caïne (David CARRADINE) emprisonné dans un fort est enchaîné avec un colosse simplet et fuit avec lui car il a connu son demi-frère Danny).

Peter WHITNEY fut aussi un ancien éclaireur criminel dans BONANZA (LA MISSION avec Henry HULL en ancien éclaireur devenu alcoolique (doublé en VF par Roger CAREL)) et L'HOMME A LA CARABINE (MAIL ORDER GROOM, fiancé par correspondance d'une amie de Lucas (Chuck CONNORS) mais dont les habitants se moquent... Et qui a peur de se mettre en colère car quand il ne se contrôle plus il se sait dangereux (il brise une planche en deux à mains nues et explique avoir manqué de tuer un type lors d'une bagarre)...
Il lui arrivait donc d'être bien loin du comique joggeur de L'AVENTURIER DU TEXAS...

Image BONANZA: LA MISSION (1960)
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 31 juil. 2018 16:06

COWBOY PAT-EL ZORRO a écrit :Il lui arrivait donc d'être bien loin du comique joggeur de L'AVENTURIER DU TEXAS...




:lol:

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 31 juil. 2018 16:10

Bah au début je l'avais découvert avec BONANZA puis THE RIFLEMAN... Quand j'ai vu L'AVENTURIER DU TEXAS et compris que c'était lui :shock: ... Il arrête pas de faire des allers-retours "Depuis le début tu cours comme un poulet à qui on aurait coupé la tête..."

HS OFF... :)
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1964 - Saison 3 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 08 août 2018 10:40

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Rhonda Fleming


3.30- We've Lost a Train

Réalisation : Earl Bellamy
Scénario : Borden Chase
Guest Star : Rhonda Fleming, Ida Lupino, Philip Carey, William Smith, Neville Brand & Peter Brown
Première diffusion 21/04/1965 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 5.5/10

Le pitch : Alors qu’il s’apprêtait à se rendre au bal, Trampas en est empêché par le Virginien qui l’envoie au Mexique y chercher un taureau que le juge Garth a acheté. Sur son chemin il fait une pause à Laredo où, par le fait d’avoir arrêté ses yeux sur la pulpeuse tenancière du saloon (Rhonda Fleming), il est simultanément pris à partie par 3 hommes qui le provoquent en duel. Ces 'rencontres’ vont être retardées puisque le trio constitué de trois Texas Rangers est envoyé lui aussi en mission à la recherche… d’un train disparu. Trampas et ses ennemis prenant le même chemin, ils décident de le faire ensemble… quitte à se battre une fois arrivés à destination…

Mon avis : Earl Bellamy à la caméra, Borden Chase au scénario, la flamboyante Rhonda Fleming, la piquante Ida Lupino, les très bons seconds rôles westerniens qu’ont toujours été Neville Brand, Joe Riley et Philip Carey en Guest Star, le retour de Peter Brown après une interprétation mémorable dans un épisode récent de la série (Return a Stranger)… on pouvait raisonnablement attendre mieux de l’épisode qui allait clôturer la saison 3 même s’il est aussi vrai que cette dernière s’était un peu essoufflée en son dernier tiers. Mais pour l’anecdote, y-a-t-il eu d’autres cas semblables dans l’histoire de la télévision, à savoir qu’un épisode puisse à la fois faire office de final d’une saison et de pilote d’une autre série, en l'occurrence Laredo ? Je ne saurais l’affirmer mais le cas a surement été rare. Avec We’ve Lost a Train, c’est donc bien de cette situation assez curieuse qu’il s’agit : après un prologue qui nous fait croiser quasiment tous les habituels personnages de la série (sauf le juge Garth qui semble bien avoir déserté son ranch), seul Trampas part au Mexique où il a pour mission de ramener une bête achetée par le juge. Le Virginien qui a probablement peur que le fauteuil de son boss prenne la poussière s’y est confortablement installé et, se comportant en patron, n'a aucun remords d’empêcher son cow-boy de louper le bal qu’il attendait tant pour l’envoyer immédiatement à l’autre bout du pays ; il l’a choisi pour sa connaissance de la région et pour y avoir passé quelques temps durant sa jeunesse.

Donc durant les cinq premières minutes, Betsy, Randy et sa guitare, Belden, ainsi que notre héros de régisseur font trois petits tours et puis s’en vont… Seul Trampas va servir à nous présenter les quatre personnages principaux de la série Laredo dans cette même ville du Texas où il a décidé de faire une pause avant de passer la frontière et de continuer sur le Mexique. Après un prologue léger et un long voyage en train et en diligence, le ton se poursuit en conservant son second degré et son humour, le dramatisme étant quasiment évacué voire volatilisé, volontairement ou non, malgré les violences qui vont suivre dues en partie à de cruels indiens Yaquis ainsi qu'à des rurales mexicains sans scrupules et corrompus commandés par un plutôt bon Fernando Lamas. Pour en revenir à cette légèreté de ton, la rencontre entre Trampas et les Texas Rangers va être une sorte de variation sur celle de D’Artagnan et des trois mousquetaires dans le chef-d’œuvre de Alexandre Dumas. A cause de sa maladresse et de son trop grand amour des femmes, notre Trampas va se retrouver avec trois duels consécutifs sur les bras ; combats qui vont devoir être repoussés à plus tard, le chef des Texas Rangers faisant appeler ses hommes sans plus tarder pour leur confier une mission ; un train n’est jamais arrivé à destination et il faut le retrouver. Trampas et ses trois rivaux ne pouvant se battre de suite mais partant dans la même direction, ils décident de faire le voyage ensemble avec dans l’idée de régler leurs affaires à la fin de leurs besognes respectives.

A la lecture de ces lignes on se doute bien que l’humour est en première ligne de cet épisode à l'atmosphère tellement folâtre que les tentatives de suspense et de dramatisation vont tomber constamment à l’eau malgré violentes attaques des indiens Yaquis, destructions de villages et autres 'joyeusetés'. C’est ici que se situe la limite de cet épisode certes plaisant mais peinant sans cesse à nous captiver. Dommage car comme je le disais dès le début le casting est de premier ordre et la bonne humeur règne jusqu’à cet épilogue à Laredo au cours duquel Philip Carey monte batifoler avec Rhonda Fleming. Dommage également que l’humour soit à ce point répétitif, tournant principalement et uniquement autour de la jalousie de Neville Brand, des moqueries de ses deux comparses quant à sa tocade pour Rhonda Fleming et à leur futur mariage, ainsi que des paris que se font entre eux les trois Texas Rangers. Un autre élément, sorti cette fois tout droit du Fils du désert (Three Godfathers) de John Ford, vient renforcer ce côté allègre, la découverte au sein du train retrouvé d’un bébé qui a perdu ses parents dans ce massacre et qui est évidemment affamé. La situation ne devrait pas prêter à rire et pourtant l’auteur insiste surtout sur le fait du ridicule de Neville Brand avec un nourrisson braillard et encombrant sur les bras. Ce n’est définitivement pas le meilleur travail du grand scénariste Borden Chase qui non seulement a écrit parmi les plus beaux westerns de l’histoire du cinéma (Les Affameurs ou Je suis un aventurier de Anthony Mann) mais également d’excellents épisodes de la série qui nous concerne. Ici il nous offre un script certes assez amusant mais souvent incohérent et manquant quelque peu de chair.

Ceci étant dit et comme nous le sous entendions déjà, la qualité de l’interprétation et l’atmosphère bon enfant qui règne tout du long permettent de suivre l’épisode avec un certain plaisir d’autant que le thème musical principal signé Frank Marshall s’avère vite entêtant. Contrairement au Virginien, la série Laredo ne perdurera que le temps de deux saisons d'un total de 56 épisodes, combinaison d’action et d’humour assez sympathique aux dires de ceux qui la connaissent. Pour l'anecdote, combinant cet épisode avec Ride a Dark Trail -celui qui revenait sur l’arrivée de Trampas à Medicine Bow-, Universal sortira en salles un long métrage titré Backtrack en 1969. Même si l’ensemble se sera avéré un peu décevant, outre le nombre conséquent de Guest Star à l’affiche –qui rallonge la durée du générique habituel-, une autre occasion de se réjouir durant cette fin de saison 3 assez décousue aura été une chanson entonnée par une toujours aussi gironde Rhonda Fleming.

Pour informations, je ne m'en arrête pas là mais, pause estivale et congés oblige, la saison 4 ne sera épluchée de la sorte qu'à partir de fin septembre. Ce qui vous laisse le temps de rattraper le retard ! :wink:



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