Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 02 oct. 2017 8:03

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Clu Gulager


2.09 - Run Quiet

Réalisation : Herschel Daugherty
Scénario : Norman Katkov & Ed Adamson
Guest Star : Clu Gulager & L.Q. Jones
Première diffusion 13/11/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7/10

Le pitch : Jud (Clu Gulager), un jeune sourd-muet clochardisé, arrive tout dépenaillé à Medicine Bow. Molesté par deux cow-boys, il est pris en pitié par Steve qui décide de l’emmener à Shiloh et de le faire embaucher par le Virginien le temps qu’il gagne assez d’argent pour repartir sur de bonnes bases. Mais cet homme au tempérament violent va lui causer des ennuis surtout lorsqu’on le surprend sur les lieux d’un crime qui vient d’avoir lieu sur la personne d’un joueur professionnel contre qui il vient de perdre. Principal suspect, il fuit la prison et trouve refuge chez une femme seule…

Mon avis : Run Quiet est en très peu de temps d’intervalles le troisième épisode de cette deuxième saison à être construit sur un modèle assez similaire, celui d’un récit d’apprentissage qui se transforme en tragédie à partir du moment où le jeune homme violent en ‘réinsertion’ est accusé de meurtre alors même que le spectateur connait parfaitement son innocence pour avoir été témoin des faits, ayant une fois de plus un temps d'avance sur les protagonistes. Il y eut The Evil that Men do, le cinquième épisode avec Robert Redford en bagnard orphelin, puis immédiatement après le superbe It Takes a Big Man avec un étonnant Chris Robinson dans le rôle d’un délinquant véhément et haineux. L'épisode dont il est question ici, réalisé par Herschel Daugherty -déjà signataire de l’original The Man from the Sea avec un excellent Tom Tryon dans le rôle d’un marin tombant amoureux d’une jumelle assez trouble-, raconte l’histoire de Jud, un sourd-muet rejeté par tout le monde sauf par ceux qui, le considérant comme un idiot, décident de profiter de son handicap pour l'exploiter. Justement, alors qu’il avait été embauché pour aider à un travail de manutention, il a été lâché par ses employeurs une fois sa tâche effectuée sans bien évidemment recevoir quelconque salaire en retour. C’est suite à cette injustice que de bon matin, alors qu'ils allaient prendre ensemble leur petit déjeuner -encore un de ces détails du quotidien qui font tout le charme de la série-, Steve et le shérif le voient arriver pieds nus, sale et dépenaillé dans les rues de Medicine Bow.

D’après ce que les citoyens comprennent, Jud aurait suivi jusqu’ici les hommes qui lui devaient de l’argent ; en les retrouvant, il se fait rejeter à nouveau mais réagit avec violence. Heureusement le shérif l’arrête avant qu’il n’aille trop loin comme ce fut déjà le cas quelques années auparavant, ce qui causa son emprisonnement. Steve qui s'attache immédiatement à ce paria chez qui il perçoit intelligence et bonté, décide de le prendre sous son aile et de le conduire à Shiloh afin de le faire embaucher par le régisseur du ranch. Comme à son habitude le Virginien, toujours aussi sèchement pragmatique, a quelques réticences à prendre un étranger à son service sans le connaitre ; ce tempérament continue de constituer l’une des originalités de la série en faisant de son personnage-titre un homme peu facile de prime abord. Devant l’insistance de Steve, il accepte néanmoins mais sans grand enthousiasme. Nous assistons alors à la partie ‘apprentissage’ au cours de laquelle les cow-boys tentent d’amadouer cette nouvelle recrue qui n’a pas un grand sens de l’humour et qui s’avère assez soupe-au-lait. Les auteurs en profitent pour donner à leur histoire un plaisant aspect documentaire sur le travail des cow-boys, à lui insuffler pas mal d’humour -le débourrage du soi disant étalon sauvage, les différentes blagues pour dérider le muet-, de l'émotion notamment au travers l'amitié grandissante entre Steve et Jud et enfin un ton parfois bon enfant loin d'être désagréable grâce notamment au duo L.Q. Jones et Slim Pickens qui interprètent tous deux des cow-boys de Shiloh, le premier ayant déjà fait partie du 5ème épisode de cette saison et allant pour notre plus grand plaisir revenir à plus de vingt reprises dans ce rôle de Belden.

Une fois mis à l’aise, Jud s’intègre parfaitement bien à l’équipe, perd son tempérament violent et montre de sacrés talents aux cartes au point de vider les poches de ses acolytes de Shiloh ; une bonne ambiance familiale s’est installée. Mais, alors qu’il se rend en ville et qu’il prend place à une table de jeu, un joueur professionnel le prévient avec un grand fair play qu’il sera difficile à battre et qu’il est toujours temps de se retirer. Alors que l’on se serait attendu à ce que le sourd-muet remporte à nouveau la mise comme dans la plupart des westerns assez légers, la crédibilité semble être à nouveau la priorité des auteurs qui le font perdre. S’ensuit une tragédie qui conduit le héros de cet épisode en prison, suspecté de meurtre, puis vers une seconde partie encore un peu différente au cours de laquelle, après son amitié avec Steve -Gary Clarke n’a peut-être encore jamais été meilleur ; il faut dire que son personnage a acquis en l'occurrence encore un peu d’épaisseur- il est pris en charge par une jeune femme seule qui, après des malheurs sentimentaux et la perte de ses illusions, est devenu acariâtre. Elle va cependant s’adoucir au contact de cet homme recherché par la police. Si certains trouveront l’épisode un peu mièvre et moralisateur, d’autres seront ravis de tomber à nouveau sur une histoire assez progressiste, proposant, plutôt que de les rejeter ou de les prendre en pitié, d’offrir des opportunités et une deuxième chance aux hommes malchanceux devenus violents par la force des choses, l’intégration à un groupe désireux de les aider et l’apprentissage de la vie en collectivité faisant tomber leurs mauvais penchants avérés.

Comme Robert Reford dans The Evil that Men do, Clu Gulager porte l’épisode sur ses épaules et comme un Léonardo Di Caprio alors inconnu à l’époque nous faisait penser qu’il devait être un véritable handicapé mental en le découvrant dans Gilbert Grape, Gulager, sans trop en faire, sans caricaturer mais au contraire toujours extrêmement juste, s’avère formidablement plausible en sourd-muet. Après au cours de la série nous avoir octroyé la plus grande interprétation de Bad Guy dans le superbe The Judgment, il se révèle ici de nouveau formidable dans un rôle à total contre emploi. Du coup, je ne cache pas ma curiosité et mon impatience de le voir ensuite revenir régulièrement et durant quatre saisons dans la peau du shérif Emmet Ryker. A ses côtés Gail Kobe –sorte de Gena Rowlands au visage plus dur- s’en tire très bien tout comme Stacy Harris en élégant joueur professionnel qui aura malheureusement un temps de présence très limité. On regrettera un scénario de bonne facture mais prévisible et sans grandes surprises, une fin un peu trop vite emballée ainsi qu’une musique parfois envahissante surtout durant les séquences mouvementées –d’ailleurs très bien mises en scène et notamment la fusillade finale en extérieurs- mais l’ensemble soigné, pétri d’humanité et au rythme soutenu se révèle tout à fait honorable voire même très agréable, le Happy End nous mettant en joie tout comme la réjouissante complémentarité entre Clu Gulager et Gary Clarke. Très sympathique !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 11 oct. 2017 10:15

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Dick York


2.10 - Stopover in Western Town

Réalisation : Richard L. Bare
Scénario : Carey Wilber
Guest Star : Dick York & Warren Oates
Première diffusion 27/11/1963 aux USA - 19/03/1967 en France
DVD : VOSTF et VF
Note : 7/10

Le pitch : Alors que la jeune Caroline Witman (Joan Freeman) revient à New York après un séjour à San Francisco, le train qui la conduit est immobilisé suite à un pont éboulé. Elle va devoir faire un ‘intermède’ de quelques jours dans cette ‘exotique petite ville de l’Ouest’ qu’est Medicine Bow ; tombée sous le charme du Virginien et souhaitant le faire tomber dans ses bras malgré les réticences de ce dernier, elle va faire en sorte de le rendre jaloux en séduisant Jefferson Tolliver (Dick York) arrivé par le même train et ex-meilleur ami du régisseur de Shiloh. Mais ce qu’elle estime être un jeu de séduction va aboutir à une tragédie…

Mon avis : Souvenez-vous de l’étonnant West de Douglas Heyes avec Steve Cochran, Claude Akins & Leo Gordon, le 10ème épisode de la série qui débutait d’une manière allègre et joviale, le sérieux s’infiltrant subrepticement et par petites doses jusqu’à une conclusion se déclinant sur un ton de tragédie funèbre assez bouleversant. Il en va de même pour ce 10ème épisode de la saison 2, divertissement à priori léger mais dont l’inconséquence du principal protagoniste féminin causera des drames mortels et un dénouement abrupt en forme de couperet implacable et désespéré, assez sidérant pour une série télé dite ‘familiale’. Lors de son voyage retour à New York, après avoir fait la connaissance d’un homme pittoresque -il a été mis dans le train totalement ivre par quatre Saloon Gal avec qui il semble avoir passé la nuit- la jeune Caroline est obligée de faire une pause à Medicine Bow suite à l’éboulement d’un pont sur la voie de chemin de fer -sympathique séquence qui voit James Drury démontrer ses belles qualités de cavalier en enlevant la jeune fille de terre et l’installant sur l’avant de son cheval qu’il lance au grand galop ; Caroline va profiter de cet intermède (Stopover) pour étudier les usages ‘rustres et barbares’ de ces hommes de l’Ouest et s’en amuser un peu en faisant tourner quelques têtes ; au grand dam de sa tante qui la chaperonne à la demande du père de la jeune fille qui désapprouvait ses mœurs un peu dissolues, ne supportait plus ses amis et qui l’avait envoyé voyager à l’autre bout du pays pour leur ‘repos’ à tous deux. Pas malveillante mais totalement irréfléchie, cette capricieuse et charmante ‘petite fille riche’ va rendre fou amoureux un cow-boy sans le sou, meilleur ami du Virginien, qui autrefois avait travaillé sous ses ordres à Shiloh et qui va s’engager dans la voie de la criminalité pour éblouir cette femme frivole.

Ayant des vues sur le régisseur du domaine -Le Virginien donc- et constatant que ce dernier l’a bien cerné et qu'il ne s'en laissera pas conter ("I'm not as much a greenhorn as you think I am") au point de s’en méfier et de s’en détourner, elle décide néanmoins de l’attirer en essayant de le rendre jaloux et pour se faire d’encourager les avances et de jeter son dévolu sur le personnage interprété par le Darrin (Jean-Pierre) de Ma Sorcière bien aimée, Dick York, tout à fait convaincant dans ce rôle d’un homme étourdi et indolent, allant préférer, plutôt que de travailler pour un faible salaire, suivre une mauvaise voie ; en effet, il a dans l’idée et est de plus en plus déterminé à gagner l’amour de la riche jeune femme, ce qu’il ne pourra faire sans argent puisque -sans y croire une seule seconde et uniquement pour s'amuser- elle lui a mis en tête de l’épouser à condition qu’il ait lui aussi une bonne situation financière. Témoin du dépeçage illégal d’un bœuf volé par un homme sans le sou qui n’a trouvé que ce moyen de revendre la viande pour survivre, il commence à déraisonner en souhaitant l’imiter à une plus grande échelle. A propos de ce pauvre bougre joué par Ed Peck dont le visage prématurément vieilli reflète toute la misère du monde, jamais peut-être encore auparavant un western n’avait réussi à dépeindre la difficulté du métier de cowboy et nous faire comprendre leur faible niveau de vie. A sa première apparition, on le voit aller demander du travail à Shiloh, le contremaitre lui expliquant que son équipe est au complet mais que s’il veut cependant au moins se restaurer il est le bienvenue et peut se joindre à eux ; une séquence poignante et d’une profonde humanité qui nous fait mettre le doigt à cette occasion sur le fait que le chômage était déjà un fléau de l’époque.

Le réalisateur Richard L. Bare n’accomplit pas vraiment de miracles au niveau de la mise en scène mais a eu en revanche la chance d'être très bien secondé comme c’était déjà le cas pour les deux précédents épisodes qu’il signa, le superbe If You Have Tears avec Dana Wynters ainsi que le plus qu’honorable Run Away Home avec Karl Swenson. Les extérieurs sont bien choisis, l'ensemble est très joliment photographié, le scénario et les dialogues volent assez haut et enfin nous sommes en présence d’un casting de grande qualité, Dick York se faisant même voler la vedette par une fougueuse Joan Freeman qui dévore l’écran -bien meilleure que dans le précédent épisode dans lequel elle avait joué, The Devil’s Children- ainsi que par Warren Oates, comédien fétiche de Sam Peckinpah et qui jouait déjà avec James Drury dans le sublime Coups de feu dans la Sierra, tous deux interprétant des membres de la terrible fratrie des Hammond. Caroline est une sorte de post Scarlett O’Hara dans ses manières et son caractère ; l’actrice a parfaitement bien compris son personnage qu’elle arrive à rendre aussi agaçant qu’attachant. On pressent que toutes ses tentatives de séduction pour ‘s’amuser’ ("It's the danger that makes the animal exciting") vont se solder par un drame mais l’on comprend aussi que la jeune femme n’est pas foncièrement vénale et n’imagine pas que l’on puisse commettre de vils actes par amour. Comme le Virginien le lui fait remarquer, c’est une enfant gâtée totalement inconséquente ("reckless and headstrong without a thought of consequences"), ce qu’elle prend très mal, le traitant de rustre et d’arrogant ; des relations entre les deux protagonistes aussi tendues que captivantes comme on peut l'imaginer au vu de ces quelques extraits de dialogues. C’est par le fait de vouloir lui donner une leçon que Caroline va enclencher un irrémédiable enchainement de situations aboutissant à une double tragédie... Mais je vous laisse le soin de découvrir tout ça.

En plus de l’intrigue romanesque tournant autour des 'manipulations amoureuses' de la fille émancipée issue d'une bonne famille de l’Est et qui sert de base au scénario, les auteurs abordent à nouveau la thématique du lynchage, les éleveurs étant excédés par des vols de bétail et voulant entrer en action pour 'faire des exemples'. La séquence de l’arrestation nocturne des voleurs fait étonnement penser à celle du célèbre The Ox-Bow Incident (L’étrange incident) de William Wellman sans qu'au final ça n'en arrive à de telles extrémités, le shérif et le Virginien arrivant à temps pour éviter les pendaisons qu’ils exècrent plus que tout, ayant déjà été témoins quelques années plus tôt des massacres occasionnés par de telles décisions. Alors que ces actes odieux sont empêchés de justesse, il n'en sera pas de même de l'inévitable tragédie due à la frivolité de la charmante jeune femme. Sa repentance de dernière minute n’y fera rien : ses agissements ont entrains des hommes sur une pente savonneuse et le drame aura bien eu lieu ! Cet épisode au départ nonchalant -à l’image de sa construction qui semble assez lâche-, flirtant tout d'abord avec la comédie savoureuse autant que futile bascule dans la tragédie la plus sombre et nous rend la série encore plus précieuse d’autant que les tueurs/voleurs sont loin d’être haïssables, de simples hommes aux abois. Ça manque d’une mise en scène un peu rigoureuse mais sinon c’est du tout bon !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 13 oct. 2017 14:11

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Robert Lansing


2.11 - The Fatal Journey

Réalisation : Bernard McEveety
Scénario : John Hawkins
Guest Star : Robert Lansing
Première diffusion 14/12/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 4/10


Le Pitch : Alors qu’il s’apprête à épouser Molly, la journaliste de Medicine Bow, le Virginien apprend par Steve qu’elle vient de se faire tuer lors d'une fusillade en guise de représailles par des outlaws sévissant dans la région et qui n'ont pas supporté son éditorial demandant au Président d'envoyer du renfort en troupes pour se débarrasser d'eux. Le Virginien part avec les hommes du shérif à la recherche de la bande de meurtriers dirigée par un ex-colonel de l'armée (Robert Lansing). Lorsque le groupe, bredouille, fait demi-tour, le Virginien décide de poursuivre seul, bien décidé à venger sa bien-aimée…

Mon avis : Il fallait bien que ça arrive à un moment ou un autre ; et ce n’est pas de gaieté de cœur d’avouer m’être ennuyé et avoir trouvé raté ce 11ème épisode de la saison 2, plus encore que Riff-Raff qui bénéficiait au moins d’une première demi-heure plutôt amusante. Le point de départ de The Fatal Journey était pourtant alléchant puisqu’il allait conter l’assassinat de la pétillante Molly dont l’interprète Pippa Scott avait certes quitté la série au milieu de la première saison mais dont aucune explication ne nous avait été jusqu’à présent fourni quant à l'absence de son personnage depuis tout ce temps, alors qu'il avait pourtant été l’objet de toutes les attentions au début de la série, Steve, Trampas et Le Virginien n’étant pas insensibles à son charme ; à tel point que l’on apprend au début de cet épisode que le contremaitre du ranch Shiloh est sur le point de convoler avec elle en juste noce, le juge ayant même engagé des dépenses pour la construction sur la colline face au ranch d’une maison pour le futur couple. Tout ce préambule est excellent y compris les notations -déjà présentes dans l’épisode précédent- sur le chômage qui frappe selon les habitants de Medicine Bow à peu près ¾ des nouveaux arrivants dans la région. L’éditorial de Molly qui fustige les agissements des bandes organisées de la région et qui demande au gouvernement du soutien en hommes et en argent pour aider à les éradiquer est à nouveau le point de départ de discussions assez intéressantes sur la loi et la justice.

Puis, après encore quelques scénettes dans l’ensemble plutôt légères -par exemple celle au cours de laquelle Steve tente de résoudre un casse-tête que le Virginien dénoue en deux temps trois mouvements-, l’on est témoin de l’entrée en ville de quatre inquiétants cavaliers qui, arrivés devant la devanture du journal se mettent à cribler de balles cette dernière, la silhouette de la journaliste s’étant détachée quelques secondes auparavant en contre-jour, les spectateurs se doutant alors d’emblée qu’elle a été victime de cette fusillade. Effectivement, Steve qui a entendu les coups de feu puis les débris de verre et qui s’est rendu immédiatement en courant voir ce qui s’était passé, ressort des locaux bouleversé et annonce sans tarder la mort de la jeune journaliste. Peu après il doit communiquer la triste nouvelle à son ami et boss ; apprenant le décès de Molly, le visage du régisseur de Shiloh se referme et il se dirige sans attendre vers le dortoir où il fait son paquetage, bien décidé à partir venger la femme qui allait devenir son épouse. S’ensuivent des recommandations du juge qui comprend le chagrin de son homme de main mais qui lui demande quand même de respecter la loi et ne pas se lancer dans une vendetta personnelle. Lorsqu’il retrouvera les coupables, le Virginien refusera d’ailleurs de tuer les criminels de sang froid, ce qui le conduira à être découvert mais qui nous confortera dans le caractère non-violent et progressiste de la série. Il se fait alors passer pour un récent évadé afin de sauver sa peau et rester infiltré au sein du gang. Son dilemme va alors être de continuer à penser à se venger ou à empêcher le coup très meurtrier que les bandits sont sur le point de mettre en branle, la première solution -les représailles- allant probablement mettre la vie de beaucoup d'innocents en danger. Tout le suspense va reposer sur cette alternative et sur le fait que les hors-la-loi sont sur le point de découvrir sa véritable identité ainsi que celle d’un autre infiltré en même temps que lui, un shérif, ce dernier point se révélant d'ailleurs assez invraisemblable.

Hormis cette situation assez peu crédible qui nous fait nous étonner d’un tel manque de rigueur dans le scénario –ce qui n’était pas vraiment une constante de la série-, le reste ne permet pas d’oublier ces défauts d’écriture dans un script qui compte aussi de longues séquences de bavardages intempestifs et inintéressants ainsi qu’une brochette de Bad Guys aux caractères et aux tempéraments sans aucunes nuances. Le reste concerne donc surtout une interprétation très moyenne y compris celle du comédien que je m’efforce de porter au pinacle depuis le début de cette anthologie, à savoir James Drury. Étonnement il a rarement été si peu convaincant qu’ici alors qu’il doit exprimer de la tristesse et de la colère froide, lui que l’on a connu pourtant charismatique, sec et puissamment déterminé à de très nombreuses reprises. Dans cet épisode, on a l’impression qu’il ne s’est pas spécialement senti concerné par l’histoire qui semble surtout avoir été imposée pour se débarrasser une fois pour toutes de Molly dont certains spectateurs se souvenaient et qui devaient se demander ce qu'elle était devenue. Le jeu ici bien trop intériorisé de l'acteur principal de la série rejaillit sur tous ses partenaires et notamment les comédiens interprétant les différents outlaws, soit grandement fades (Robert Lansing) soit totalement ridicules (Steve Inhat). Avant d’être embêtés par tous ces éléments scénaristiques et d’interprétation, le manque de budget nous avait déjà fait tiquer lors des séquences décrivant la recherche des bandits par les hommes de loi au sein des terres désertiques, les mêmes montagnes et concrétions rocheuses se faisant jour à chaque plan, le réalisateur n’ayant pas même pensé à changer l’angle de sa caméra pour donner le change, l’impression de ‘sur-place’ peu 'authentique' étant assez gênante pour le spectateur. Bernard McEveety avait été beaucoup plus inspiré pour le précédent et superbe It Takes a Big Man.

Malgré quelques bonnes idées -le chef de gang est un ancien colonel de l’armée qui utilise ses connaissances pour réussir ses coups- et quelques touchantes preuves d’amitié de la part de Steve et de Garth, l’ensemble manque non seulement de rigueur et d’ampleur mais, plus décevant encore, d’émotion et de tension ; il faut dire qu’une fois que l’on est arrivé à mi-parcours dans le repaire des bandits au sein des Badlands, on n’en sort plus, le rythme devient anémié et les séquences d’action finales ont bien du mal à nous sortir de notre torpeur par le fait de se révéler assez banales. Niveau émotion, que tout ce qui concerne Molly se soit déroulé hors-champ -puisque l’actrice n’a pas été conviée par les producteurs- a du mal à nous rendre sa mort bouleversante. Reste que malgré qu'il m'ait paru raté, l’épisode n’en est pas honteux pour autant, bénéficiant notamment de quelques notations sociales et historiques assez intéressantes dans sa première partie ainsi que d’une jolie photographie et enfin de la reprise de certains beaux thèmes musicaux de la première saison. L’épisode trouvera certainement de l’écho auprès de westerners purs et durs mais en décevra probablement beaucoup d’autres sans que le résultat soit déshonorant pour autant. La preuve, l’ultime séquence et la dernière réplique du juge ("No, I'm just glad you're back") nous font espérer que la série repartira sur de bons rails.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar chip » 13 oct. 2017 14:26

J'avais bien aimé Robert Lansing dans " An eye for an eye "(œil pour œil )(1966) de Michael Moore, co-écrit par Bing Russell, père de Kurt. Le duel final était assez innovant et Slim Pickens encore plus ignoble que dans " One-eyed Jacks " (vengeance aux 2 visages). Le dvd zone 1 est d'excellente qualité avec s/t anglais et espagnol, on attend le zone 2...

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 13 oct. 2017 14:43

Il est surement très bien ailleurs ; c'est dans cet épisode que je l'ai trouvé terne.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 25 oct. 2017 14:40

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Lee J. Cobb & Yvonne de Carlo



2.12 - A Time Remembered

Réalisation : William Witney
Scénario : Peter Germano
Guest Star : Yvonne De Carlo
Première diffusion 11/12/1963 aux USA - 09/07/1967 en France
DVD : VOSTF et VF
Note : 6/10

Le pitch : Medicine Bow est en liesse : tous les habitants semblent s’être rendus à la gare accueillir à sa descente du train une célèbre chanteuse d’opéra, Elena (Yvonne de Carlo). Ce soir là, même Trampas et Steve se mettent sur leur 31 pour assister à son récital. Ils sont accompagnés de Betty et du juge Garth qui reconnait en la cantatrice l’un de ses amours de jeunesse. Se renoue une romance entre eux deux et Garth est sur le point de demander sa main à Elena. Mais ce soir là, alors qu’il quitte l’hôtel de la chanteuse, un coup de feu retentit ; on trouve Elena effrayée, une arme à la main, un cadavre à ses pieds…

Mon avis : A Time remembered marque la troisième incursion au sein de la série du célèbre réalisateur de serial William Witney après qu’il ait auparavant déjà signé The Devil’s Children et Say Goodbye at all That, deux épisodes qui à vrai dire ne faisait déjà pas forcément partie des plus mémorables. Il en va de même pour ce néanmoins encore distrayant A Time Remembered qui confirme à cette date un milieu de saison qui patine un peu sans néanmoins -rassurez vous- encore tomber trop bas ; loin de là ! Ici, pas de Virginien, à peine quelques apparitions de Trampas, Steve et Betty mais un Juge Garth de quasiment toutes les scènes, Lee J. Cobb nous prouvant à nouveau ses immenses talents de comédiens d’autant plus qu’il change un peu de registre pour cet épisode qui le montre retomber en pâmoison devant une femme qu’il a autrefois aimé. Jamais encore depuis le début de la série nous n’avions encore eu l’occasion de le voir aussi souvent sourire voire même rire aux éclats, ce qui n’est pas désagréable d’autant que ça ne semble jamais forcé mais au contraire très naturel ; il faut dire que le couple qu’il forme avec Yvonne de Carlo fonctionne à la perfection. Pour ceux qui ne la connaitraient pas, rappelons que la très jolie comédienne, égérie de la Universal, fut probablement l’une de celles qui joua dans le plus grand nombre de westerns durant les années 40 et 50, et parfois non des moindres comme par exemple le méconnu mais puissant et bouleversant Tomahawk de George Sherman où elle avait pour partenaire Van Heflin. Elle fut également aux côtés de Maureen O’Hara et John Wayne dans le plaisant McLintock! d’Andrew V. McLaglen.

Qu’un des personnages principaux de la série retrouve un amour de jeunesse dont il s’éprend à nouveau mais qui se retrouve impliqué dans un crime à mi-parcours de l’épisode, ça nous dit quelque chose ! Ce canevas dramatique avait effectivement déjà été utilisé pas plus tard qu’en ce début de deuxième saison dans No Tears for Savannah avec une inoubliable Gena Rowlands en patronne de saloon amoureuse du Virginien, l'un des plus beaux épisodes de la série jusqu'à ce jour. Cette nouvelle variation débutait également de la plus délicieuse des manières mais n’allait pas tenir toutes ses promesses sur la durée, toute la partie procédurale n’allant pas s’avérer très captivante. La première demi heure se déroule d’une façon très nonchalante, contant les retrouvailles amoureuses du juge Garth avec cette chanteuse d’opéra qui parait avoir elle aussi très bien mené sa barque. L’on s’étonne d’emblée des relations qu’elle entretient avec son assistante -une Melinda Plowman peu convaincante-, des regards peu aimables et des sous-entendus qui nous font penser que nous avons à faire à deux escrocs qui ne s’entendent guère ; mais on l’oublie assez vite puisque nous n'avons d'yeux que pour l'histoire d'amour entre Lee J. Cobb et la toujours très belle Yvonne de Carlo ; on se laisse mener avec un certain ravissement dans la visite des terres et du ranch Shiloh, on s’amuse de voir Trampas et Steve se mettre sur leur 31 pour aller écouter le récital d’opéra et s’en délecter au vu de leurs sourires niaisement extatiques, on apprécie de revoir l'avenante charmante Roberta Shore un peu plus longuement que dans les épisodes précédents et de constater la touchante complicité qui continue de l'unir avec les deux cow-boys…

Bref, nous sommes sous le charme de cette attendrissante et savoureuse entrée en matière qui se termine par un mariage annoncé. C'est d'autant plus adorable qu’en plus de l’excellente interprétation délivrée par notre couple de célèbres comédiens, les dialogues sont parfois spirituels, les décors sont riches et les paysages très joliment photographiés. Puis arrive le meurtre d’un étranger par la séduisante chanteuse ; et paradoxalement on commence à trouver le temps un peu plus long. Ne trouvant aucun avocat pour défendre cette femme présumée coupable d'assassinat avec préméditation -alors qu’elle clame haut et fort son innocence, disant qu’elle ne connaissait pas cet homme et qu'elle a seulement voulu se défendre d’une attitude agressive à son égard-, c’est le juge Garth qui va devoir s’en charger. L’idée était intéressante et susceptible de rendre l’intrigue encore plus passionnante ; mais que ce soit l’enquête un peu laborieuse, le procès ennuyeux et le plaidoyer de Lee J. Cobb qui s'ensuit faisant un peu ‘déjà-vu’, le fait que le scénario soit moyennement bien écrit, l’ensemble devient tout logiquement bien moins captivant malgré les nombreux retournements de situation, les témoins de dernière minute, l’apparition de zones d’ombres inattendues ainsi que les mensonges, duperies et mystères dévoilés. Je ne vous en dis néanmoins pas plus afin de ne pas gâcher le plaisir que vous pourriez prendre à essayer d’enquêter par vous-même et éventuellement débrouiller cet embrouillamini -en spoilant un petit peu- ‘romantico-arnaquo-familial’ un peu tarabiscoté mais dont certains éléments se révèlent néanmoins assez prévisibles.

Parmi les autres plaisirs distillés par un épisode dont on pouvait cependant attendre beaucoup mieux -même si loin d’être déplaisant ni antipathique grâce surtout à l’alchimie qui opère entre les deux protagonistes principaux-, une bucolique promenade en calèche, un charmant pique nique romantique, une Yvonne de Carlo chantant entre autres ‘Plaisir d’amour’, ses touchants adieux en toute fin au magistrat vieillissant, une résolution assez émouvante... Guère captivant mais cependant assez séduisant surtout grâce à sa première partie intimiste, nostalgique et somme toute très réussie dans sa simplicité.



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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 31 oct. 2017 8:54

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Ron Hayes & Philip Carey



2.13 - Siege

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Donn Mullally
Guest Star : Philip Carey & Ron Hayes
Première diffusion 18/12/1963 aux USA - 04/12/1966 en France
DVD : VOSTF et VF
Note : 8.5/10

Le pitch : Trampas gagne une grosse somme au jeu ; il décide de se rendre au Nouveau Mexique y régler de vieilles dettes. Il a en tête d’en profiter pour revoir une femme dont il fut grandement amoureux. Entre temps elle s’est mariée avec le shérif (Ron Hayes) qui a été placé là par son beau frère (Philip Carey), banquier et homme le plus influent de la ville de Logan, celui même qui avait chassé Trampas par le fait de ne pas apprécier qu’il courtise sa sœur. Logan est également sous la coupe des Comancheros depuis que l’armée est partie. Trampas va leur être confronté alors qu’il a découvert un crime dont ils sont coupables…

Mon avis : Pas plus tard qu’à l’occasion de mon avis à propos de l’épisode précédent, j’écrivais que ce dernier confirmait à cette date un milieu de saison qui patinait un peu. Pour me faire mentir, le réalisateur du magnifique No Tears for Savannah et le scénariste du formidable Impasse avec Eddie Albert -deux des meilleurs épisodes de la série- s'associent pour nous offrir sans tarder un petit chef-d’œuvre dans la lignée dramatique ‘un homme seul contre tous’ inspirée de grands classiques du western ‘urbain’ tels Le Train sifflera trois fois (High Noon) de Fred Zinnemann et surtout le sublime et insurpassable Decision at Sundown de Budd Boetticher au côté duquel Siege n’a pourtant pas à rougir. Le fait que Don McDougall soit l’un des réalisateurs qui signera le plus grand nombre d’épisodes du Virginien ne peut que nous rassurer quant à sa continuité qualitative ; espérons qu’il tiendra souvent toutes les promesses que Siege met en avant ici, même si ça semble difficile car partant de très haut ! L’intrigue s’éloigne de Shiloh et de Medicine Bow pour nous faire voyager jusqu’au Nouveau Mexique où Trampas se rend pour régler les dettes qu’il avait contracté là-bas cinq ans auparavant en compagnie de son père dont il est question ici à plusieurs reprises, renvoyant ainsi au premier épisode de cette deuxième saison, Ride a Dark Trail, qui revenait en flash-back sur la rencontre entre Trampas, Garth et le Virginien.

Siege est le premier de deux épisodes qui se suivent et où tous les principaux protagonistes récurrents de la série sont absents à l’exception de Trampas dont le personnage s'étoffe encore, toujours canaille et enfantin mais également d'une belle noblesse de cœur. Doug McClure en profite pour nous prouver à nouveau son immense talent malgré d’autres comédiens chevronnés à ses côtés, la plupart en l’occurrence tous remarquables à commencer par Nestor Paiva (le gérant de l’hôtel), mais surtout Philip Carey (le banquier) et Ron Hayes (le shérif et gendre du premier) qui nous offrent tous deux d’admirables prestations. L’épisode débute d’une manière très légère ; Trampas remporte une grosse somme aux cartes et décide de racheter ses roublardises passées en se rendant dans une petite ville du Nouveau Mexique qu'il avait quitté voici cinq ans en arrière en laissant pas mal de dettes. A son crédit, il faut dire qu’il en fut chassé par l’homme le plus influent de la ville, un banquier qui voyait d’un mauvais œil la cour qu’il faisait à sa sœur. Ayant été enamouré de cette jeune femme dont il avoue continuer à rêver au cours de quelques longues nuits d’hiver, Trampas a évidemment dans l’idée d’en profiter pour la revoir. Lorsqu’il apprend qu’elle a entre temps épousé le shérif, ne souhaitant pas provoquer quelconque jalousie, il prend la décision de ne pas aller à sa rencontre mais à la place de rendre visite à un couple de vieux amis lui étant venu en aide à l’époque et chez qui il avait travaillé. Arrivé sur place, il les trouve assassinés et, sous le coup de la colère, part à la poursuite des meurtriers, les traces de chevaux étant encore toutes fraiches.

Il n’a aucun mal à retrouver le petit groupe de trois hommes encore en possession d’objets trouvés sur les cadavres ; il est obligé d’en tuer un par légitime défense mais ramène les deux autres en ville afin qu’ils soient jugés en bonne et due forme. Sauf que ces deux coupe-jarrets font partis des Comancheros qui ont plus ou moins pris le contrôle de la ville sous la direction de l’inquiétant Pedro Lopez (Joseph Campanella tout à fait crédible en bandit mexicain). Par peur des représailles, tout le monde essaie de convaincre Trampas de retirer sa plainte afin que les deux meurtriers soient relâchés. Le cowboy de Shiloh comprend alors que les habitants, terrorisés depuis que l’armée à quitté la contrée, ont capitulé devant les décisions des comancheros et que les notables ont plus ou moins accepté la mainmise et l’impunité de ses derniers tant qu’ils peuvent avoir la paix ; une sorte de pacte de ‘non agression’ de la part des bandits mexicains si les citoyens ferment les yeux sur leurs exactions et activités illicites. Alors qu’il est en quelque sorte son rival en amour, Trampas va se prendre d’amitié pour l’homme de loi, faire naitre un très beau respect mutuel et lui ouvrir les yeux quant à la lâcheté de ses concitoyens ; ce dernier va se désolidariser de celui grâce à qui il a pu trouver cette place et retrouver l’estime de soi en soutenant Trampas dans sa volonté de ne pas transiger avec les despotes et au contraire de mener à bien la punition légale des criminels quitte à prendre de grands risques. Outre sa vie, l’homme de loi met son mariage en danger puisque son épouse, très pragmatique, refuse qu’il se lance dans cette ‘croisade’. Comme la plupart des protagonistes, celui de la jeune femme est d’une incroyable richesse, évoluant constamment au point de revenir en fin de compte vers son mari avec cette tirade “I may not always agree with you, but I know now that doesn’t matter. The important thing is that you know what you have to do.

De remarquables lignes de dialogues, un admirable sens de l'éthique au sein d'un scénario aussi rigoureux que passionnant que ce soit au niveau de la peinture des personnages que celle des relations qu’ils entretiennent, et une mise en scène tout aussi accomplie, aussi bien réglée lors des séquences dialoguées que pour les scènes d’action, rares mais d’une redoutables efficacités à l’exemple de l’affrontement final qui constitue le climax de l'épisode et qui débute par un étonnant et crescendo suspense -le spectateur se demandant comment Trampas va pouvoir se sortir de cette impasse-, pas indigne des meilleures séquences similaires au cinéma, la prise de conscience commune des habitants quant à leur veulerie les faisant trouver l’émancipation et le courage de se réunir pour mettre fin aux agissements de leurs tyrans. Un épisode majeur, sans aucune mièvrerie et tout simplement remarquable, tout aussi sobre que digne et d'une profonde humanité. Nous touchons ici à l’excellence !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 06 nov. 2017 8:22

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Michael Pate, Peggy McCay & Deforest Kelley



2.14 - Man of Violence

Réalisation : William Witney
Scénario : John D.F. Black & James Patrick
Guest Star : Michael Pate & DeForest Kelley
Première diffusion 25/12/1963 aux USA - 14/05/1966 en France
DVD : VOSTF
Note : 6.5/10


Le pitch : Trampas est à El Paso pour s’occuper de la vente d’un lopin de terre ayant appartenu à son père. A cette occasion il rencontre son oncle à qui il propose de venir avec lui à Medicine Bow ; seulement, se trouvant pris au milieu d’un hold-up, le vieil homme se fait tuer. Trampas part à la recherche des meurtriers, deux soldats déserteurs qui convoitent une mine d’or sur le territoire Apache. Malgré le fait qu’il soit désormais interdit aux blancs, Trampas s’y aventure accompagné de quelques compagnons de fortune dont un médecin militaire alcoolique (DeForest Kelley) et un aventurier peu recommandable (Michael Pate)…

Mon avis : Le précédent et remarquable Siege –à ce jour le plus grand épisode de la série- se terminait avec le départ de Trampas pour El Paso après qu’il ait échappé de très près à la mort dans une autre petite ville de la frontière du Nouveau Mexique dans laquelle il avait réussi in-extremis à faire chasser les comancheros qui la terrorisaient depuis un bout de temps. L’arc narratif se poursuit dans Man of Violence qui ne met à nouveau en scène parmi les personnages récurrents de la série que le seul Trampas. A peine avoir retrouvé son oncle qui lors d’une très belle séquence le prie de ne pas suivre leurs exemples -'escrocs roublards et alcoolos'- à lui et son père, Trampas le perd, le vieil homme se faisant bêtement tuer alors qu’il allait déposer de l’argent dans le coffre-fort de la banque au moment même que s'y déroulait un cambriolage. Essayant d’empêcher les voleurs de s’enfuir avec ses billets, il se prend une balle dans le ventre ; et voilà Trampas privé de tous les membres de sa famille, d’autant plus peiné que son oncle venait d’accepter de le suivre à Medicine Bow pour s’installer avec lui dans un ranch qu’ils auraient acheté grâce à leurs économies. Parti à leurs poursuites pour se venger, le cow-boy de Shiloh retrouve au fort le plus proche l'un des deux criminels gravement blessé. Le comédien qui l’interprète n’est autre que Leonard Nimoy, surtout célèbre pour avoir tenu le rôle de Spock dans la série originale Star Trek. Attention cependant pour les fans, son rôle ici ne consistera qu’à être couché et agonisant sans aucune paroles ne sortant de ses lèvres.

Le médecin militaire quant à lui est joué par DeForest Kelley qui tiendra lui aussi l’un des rôles principaux de la même série, à savoir celui du Docteur McCoy. Et comme si ça ne suffisait pas, le scénariste John D.F. Black sera lui aussi de la partie Star Trek, produisant et écrivant par exemple The Naked Time ainsi que quelques épisodes de la seconde série de la franchise, The Next Generation avec Patrick Stewart. Les Trekkies devraient donc être intéressés par cet épisode d’autant que le personnage interprété par DeForest Kelley se voit attribuer une place prépondérante au sein de l'intrigue ; dommage que le comédien soit souvent tenté d’en faire un peu trop, les séquences au cours desquelles il est ivre s’avérant du coup un peu pénibles. Ce médecin dépressif, rongé par les remords et la culpabilité -pour une chose que je ne pourrais pas vous dévoiler sous peine de spoiler quelques premières surprises se déroulant dès la première demi-heure-, va se joindre à Trampas alors que ce dernier décide de partir à la recherche du deuxième assassin de son oncle. Il semblerait que cet homme se soit réfugié en territoire Apache où il aurait découvert un filon d’or. Ayant eu vent de l'affaire, un maquignon-aventurier peu recommandable se joint également au petit groupe ainsi que l’épouse de l’homme recherché, cette dernière espérant ainsi empêcher Trampas de tuer son mari et convaincre celui-ci de se rendre à la justice, persuadée de son innocence.

L’inquiétant et dangereux aventurier, c’est Michael Pate, l’un des très bons seconds rôles westerniens ; quant à la femme il s’agit de la comédienne Peggy McCay, plutôt convaincante au milieu de ce groupe d’hommes. Après le départ du fort, l’épisode se déroule alors tout en extérieurs au milieu de majestueux paysages désertiques encerclés de montagnes rouges encore jamais rencontrés au cours du Virginien. L’utilisation qui en est faite par William Witney est plutôt inspirée et en tout cas très dépaysante pour la série habituellement cantonnée presque exclusivement au sein des mêmes décors 'le Wyoming tourné en Californie'. Rappelons qu’en cette fin de 19ème siècle, le gouvernement américain, par un traité d’inviolabilité, avait interdit aux hommes blancs de pénétrer sur les territoires alloués aux Apaches sous peine de déclencher une nouvelle guerre indienne. Que certains spectateurs aient pu trouver l’épisode raciste par le simple fait que les auteurs montrent les Apaches pourchassant les intrus afin de les tuer est assez sidérant ! [Que ce ridicule politiquement correct disparaisse une bonne fois pour toutes ; cela nous ferait le plus grand bien !] En effet, jamais les guerriers ne sont décrits comme des sauvages : ils se protègent peut-être un peu violemment mais ils n’en restent pas moins tout à fait dignes et en tout cas dans leur droit lorsque l’on veut bien se replacer dans le contexte de l’époque ; d'autant plus que les prospecteurs illicites, s'ils avaient été dérangés dans leur extraction, n'auraient sans doute pas hésité à tuer les indiens sans plus de scrupules. Fin de la parenthèse 'morale' ! Les séquences de poursuite à cheval sont d’une grande efficacité ainsi que les scènes d’action dont la confrontation finale avec les indiens d’une rare sauvagerie pour une série peut-être un peu vite et à tort taxée de ‘familiale’ alors qu'en l’occurrence il s’agit ici d’un récit jonché de morts violentes et au bout duquel peu de monde sortira indemne.

Des décors –un fort- et des paysages encore jamais utilisés au sein de la série, une intrigue assez fluide et linéaire aux nombreux rebondissements, un Doug McClure qui confirme une nouvelle fois son talent, des scènes mouvementées extrêmement énergiques pour un ensemble bien mené mais néanmoins un peu décevant surtout en comparaison de l’épisode précédent faute avant tout à une caractérisation sans nuances de certains personnages et à un scénario manquant un peu de rigueur et sans grandes surprises, surtout pour les amateurs de westerns qui auront une impression de 'déjà-vu'. Quoiqu’il en soit, même s’il ne s’agit pas d’un épisode majeur nous aurions tort de faire la fine bouche devant cette fiction assez sombre mais extrêmement plaisante à suivre.


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Modifié en dernier par Moonfleet le 07 nov. 2017 15:38, modifié 1 fois.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar chip » 06 nov. 2017 10:15

L'épisode que je préfère parmi ceux que j'ai pu voir, le titre français était " Le désert interdit ", bien aimé aussi " the wolves up front, the jackals behind " saison 4, épisode 117.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar pass » 07 nov. 2017 14:45

Moonfleet a écrit :2.14 - Man of Violence
DVD : VOSTF et VF


Comme je te l'ai déjà dit il y a quelques temps, la piste Française n'est pas présente sur le DVD pour ce titre !!.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 09 nov. 2017 22:33

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Ed Begley & Beverley Owen



2.15 - The Invaders

Réalisation : Bernard McEveety
Scénario : Donn Mullally
Guest Star : Ed Begley
Première diffusion 01/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7.5/10

Le pitch : Une ancienne connaissance du juge Garth, le gros rancher Mike Tyrone (Ed Begley), arrive du Texas avec ses deux fils et sa fille Margaret (Beverley Owen). Chassé par la sécheresse, il a décidé de venir s’installer à Medicine Bow avec son cheptel. Il a dans l’idée de racheter toutes les terres et ranchs alentours même si pour en arriver à ses fins il lui faut en venir aux menaces. Ce tyrannique éleveur voit également d’un mauvais œil que de vulgaires cow-boys tournent autour de sa fille pour qui il souhaite le mieux quitte à faire place nette autour d’elle. C’est ainsi que Trampas est malmené suite à sa visite à la jeune femme…

Mon avis : Le scénariste Donn Mullally ne signera que six épisodes du Virginien ; et au vu de son immense talent et de sa remarquable sureté d’écriture, ceci est bien dommage. Ca l’est d’autant plus que The Invaders est déjà le quatrième, les deux restants n’étant pas prévus pour tout de suite. Que ceux qui ont de la mémoire se rappellent le magnifique Impasse (avec Eddie Albert), le curieux et réjouissant The Money Cage (avec Steve Forrest) ainsi et surtout le mémorable Siege -à ce jour le plus grand épisode de la série- et ils en concluront que le nom de Mullally au générique devrait être une valeur sure. Ce quinzième épisode de la saison 2 vient nous le confirmer ; son scénario est un modèle d’intelligence et de rigueur et, même si la résolution de l’intrigue paraitra effectivement très abrupte, tout ce qui a précédé contribue à nous la rendre crédible à condition bien évidemment d’avoir été très attentif. Sans trop en dévoiler, ce final qui pourra sembler ahurissant -notamment dans le changement qui s’opère d’une seconde à l’autre chez le personnage joué par Ed Begley- est une sorte de sacrifice consenti par le personnage féminin afin qu’une tragédie n’ait pas lieu qui aurait mis à mal des dizaines de personnes qui lui sont chères -parents, connaissances, amoureux- ; on peut prendre ce happy-end encore plus positivement si l’on considère que la jeune femme retrouve ainsi une certaine ‘liberté' (mais je vous laisse découvrir pourquoi sous peine de trop en dire).

En effet, Margaret, malgré son caractère très fort et le fait de parvenir à tenir tête à son père -contrairement à ses frères plus dociles-, reste néanmoins sous l’emprise de ce patriarche qui l’étouffe en l’empêchant de vivre à sa guise ; son père la mettant sur un piédestal et ayant les moyens financiers d’en faire une ‘princesse’, il fait le vide autour d’elle, ne voulant lui offrir que ce qui se fait de mieux et lui trouver un mari censé être à la hauteur, autant dire une 'perle rare'. Du coup, il refuse non seulement qu’un simple cow-boy tourne autour d’elle mais a aussi dans l’idée de s’emparer de toutes les terres alentours pour en quelque sorte les lui offrir en ‘dot’. "Je ne te savais pas aussi snob" lui dira le juge en comprenant que Tyrone veut ce qu’il y a de plus beau, de plus grand et de plus cher pour sa fille lorsqu’en arrivant à l’hôtel le texan demande la suite la plus luxueuse juste le temps qu’elle fasse sa toilette, quitte à chasser celui qui s’y trouve ; et en l’occurrence il s’agit justement de Garth qui s’en amuse puisqu’ils étaient amis voici 30 ans en arrière (l’épisode ne sera pas avare de remémoration de souvenirs de jeunesse entre les deux hommes). Plus encore que tyrannique et arrogant, Tyrone est fou de sa fille, ce qui le rendra moins antipathique au bout du compte. Néanmoins, le voir arriver de son Texas natal, chassé par la sécheresse, et vouloir s’imposer sans plus tarder et avec une arrogance outrancière sur des terres déjà détenues par des fermiers et éleveurs qu’il menace de représailles s’ils n’acceptent pas de les lui vendre, nous le rend immédiatement odieux. Ed Begley (12 hommes en colère - Twelve Angry Men) interprète à merveille ce personnage que l’on aime ainsi haïr. Malgré tous les éléments mis en place au cours de ce curieux épisode, ce dernier repose donc avant tout sur l’amour exclusif d’un père pour sa fille pour laquelle il est prêt à faire toutes les folies, y compris à piétiner tout ce qui l’entoure et ceux qui se mettent sur son chemin.

The Invaders s’appesantit aussi sur les retrouvailles de Tyrone et de Garth qui semblent n’avoir pas réglés tous leurs comptes à l’époque, sur la romance ‘interdite’ qui se met en place entre Trampas et la fille du rancher, sur le plan machiavélique ourdi par les texans pour s’accaparer toutes les terres de la région, sur la peur des petits éleveurs de se voir chassés avec pertes et fracas… Un scénario foisonnant et d’une richesse étonnante rehaussé par le fait que les dialogues se soient révélés de très grande qualité et que, malgré une atmosphère d'ensemble plutôt sombre, l’humour n'ait pas été oublié, notamment au travers des quelques phrases laconiques et moqueuses balancées par le Virginien avec le plus grand sérieux : "ne voudriez vous pas lui acheter un harmonica à Noël" demande-t-il au juge alors qu’il entend Betty taper laborieusement sur son piano. La complicité entre Doug McClure, Gary Clarke et James Drury n’a peut-être encore jamais été aussi évidente, la bonhomie du trio composé de nos trois cow-boys étant à l’origine de plusieurs séquences truculentes à commencer par celle inénarrable chez le barbier en tout début d’épisode. Quant à l’histoire d’amour qui va s'avérer être une des causes de l’envenimement du conflit qui se profile, elle est tout à fait convaincante du fait de la belle écriture du personnage de Margaret, femme moderne, intelligente, cultivée et qui possède un caractère bien trempé au point de parvenir à gêner et faire rougir Trampas. Avec sa voix grave et son inhabituelle beauté, Beverley Owen est assez mémorable, bien plus que dans le seul film qu’elle tournera, La Patrouille de la violence (Bullet for a Badman) de R.G. Springsteen. La description de l’amitié qui se met en place entre elle et Betsy est également assez agréable.

Non seulement l’épisode est très bon mais nous offre également le plaisir de retrouver enfin réunis tous les protagonistes principaux, nous octroie de belles envolées musicales -parmi les plus lyriques de cette deuxième saison-, une belle utilisation des paysages -notamment ces chevauchées au milieu des prairies d’herbe jaune-, ainsi que de jolis mouvements de caméra dus à Bernard McEveety, le réalisateur qui nous avait pourtant précédemment beaucoup déçu avec The Fatal Journey mais dont la mise en scène de The Invaders se rapproche davantage de celle de l’excellent It Takes a Big Man, autre sommet de la série. L’intrigue est tellement copieuse –un peu trop pour la durée qui lui a été allouée- qu’elle aurait méritée de s’étaler sur au moins un bon quart d’heure de plus ; elle nous laisse certes donc logiquement quelques regrets concernant la résolution des diverses situations ainsi qu’une impression de bâclage final. Mais tout ce qui a précédé fût tellement bon, la progression dramatique tellement efficace que nous n’allons pas faire la fine bouche d’autant que nous aurons eu aussi le plaisir d’entendre Roberta Shore Yodler ‘Sourwood Mountain’ avec talent et que nous nous étions précédemment enthousiasmés sur le culot de certains effets de montage parallèle ainsi que sur l’originalité d’abrupts virages pris par le scénario ainsi que sur cette idée de l’affrontement quasi inévitable qui n’arrivera finalement jamais. Une belle réussite !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 15 nov. 2017 11:36

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Joyce Bulifant & Jack Klugman



2.16 - Roar from the Mountain

Réalisation : Earl Bellamy
Scénario : Carey Wilber & Franklin Barton
Guest Star : Jack Klugman & Joyce Bulifant
Première diffusion 08/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 4/10

Le pitch : Trampas découvre un homme mort près de Big Springs. Après avoir cherché des indices près du corps, Steve aperçoit des traces qui ne trompent pas, celle d’un couguar qu’il sera facile de traquer puisqu’il semble être blessé à une patte. Après que le chasseur qui menait la battue ait perdu ses chiens tués à leur tour par le félin, le groupe constitué par plusieurs membres du ranch Shiloh se disloque et seul Steve décide de poursuivre la recherche du tueur d’hommes. Epuisé après avoir perdu le cheval qui portait ses provisions, il arrive dans une ferme où une jeune femme (Joyce Bulifant) le recueille et le soigne…

Mon avis : Après l’excellent The Big Deal -avec Ricardo Montalban en inoubliable guest star de ce 4ème épisode de la série-, Earl Bellamy fera encore plus fort en nous octroyant à nouveau un magnifique épisode, d’une grande dignité et d’une belle hauteur de vue concernant la réflexion menée sur les thématiques du courage et de la justice, le superbe The Judgment avec un inoubliable et inquiétant Clu Gulager, le plus bel épisode de la première saison. Un réalisateur mésestimé car au cinéma il signera également durant les années 60 quelques très bons westerns dont La Parole est au colt (Gunpoint) avec Audie Murphy ou Sans foi ni loi (Incident at Phantom Hill) avec Robert Fuller et Dan Duryea. Le ratage que s’avère être Roar from the Mountain ne lui est aucunement imputable, reposant quasiment entièrement sur les épaules des deux auteurs dont Carey Wilber qui fut bien plus inspiré précédemment, ayant déjà écrit pour Le Virginien deux épisodes corrects. Espérons qu'il s'agit seulement d'un faux pas car le scénariste va être par la suite convoqué à de très nombreuses autres reprises.

Et pourtant l’épisode plongeait d’emblée le spectateur dans le vif du sujet. Pas de prologue à Medicine Bow ni à Shiloh : la première séquence nous amène directement en pleine nature sur les lieux de l’action -ou plutôt de l’inaction- puisque un cadavre est découvert par Trampas qui attend que l’on vienne le rejoindre. Il ne faut pas longtemps à Steve pour mener l’enquête et pour décréter avec assurance que le meurtrier est un redoutable félin, un couguar blessé à la patte et donc assez aisé à suivre par les traces qu’il laisse. La poursuite s’engage avec à la tête du groupe un chasseur aguerri qui s’est joint à la traque avec ses chiens. Ce dernier est un dénommé Dubois, un fermier d’origine française. Dès lors, on commence à s’inquiéter pour la qualité de l’épisode, le comédien interprétant cet homme s’avérant assez vite pénible avec son accent à couper au couteau et ses expressions ‘folkloriques’. Ses chiens se font éventrer par le couguar et il décide de ne pas poursuivre plus avant, ayant déjà trop perdu à son goût. Les hommes de Shiloh pensent que sans les bêtes, la chasse aura du mal à aboutir et que de toute manière un groupe sera moins discret et du coup moins efficace qu’un homme seul pour la traque du fauve. Steve se porte volontaire et dès lors exit Trampas, Henry Garth et le Virginien qui n’étaient là que pour se rappeler à nous le temps de quelques minutes. Et voilà notre cher Steve qui, décidant d'en faire une affaire personnelle par le fait d'avoir déjà eu des démêlés avec ce genre d'animal, sera le seul des protagonistes principaux à rester tout du long de ce récit qui débute comme un ‘survival’.

Le réalisateur sentant probablement que ça allait être difficile de meubler 80 minutes avec un script aussi mince commence à insèrer d’innombrables plans d’animaux alors que Steve entame son ‘voyage’ de plus de 200 miles. Il prend même un peu trop son temps à faire stagner ses plans sur les cieux nuageux ou sur les crépuscules, aussi beaux soient-ils. L’on sent qu’il faut faire du remplissage et notre inquiétude du début quant à la capacité du scénario à nous captiver plus avant ne fait qu’augmenter. Puis notre héros, harassé et affamé suite à la perte du cheval qui portait ses vivres, arrive aux abords d’une ferme où une jeune femme l’invite à entrer se restaurer. Elle lui apprend que son époux recherche lui aussi le félin depuis que ce dernier a tué son fils. Même s’il s’agissait de l’enfant d’un premier mariage de son mari, elle ne lui a jamais pardonné de ne pas être intervenu assez vite pour éviter le drame, l’homme ayant préféré perdre un peu plus de temps à aller chercher son fusil plutôt que de se jeter immédiatement dans la mêlée. A la réflexion, s’il avait choisi la seconde solution, il y aurait peut-être eu deux morts au lieu d'un seul ; les réactions sont non seulement peu crédibles mais également bien trop répétitives, la jeune femme n’arrêtant pas de revenir sur la lâcheté de son mari, expliquant à son invité -en cherchant d'ailleurs à fuir avec lui- qu’elle ne l’aime plus et le méprise même depuis ce temps là. Un vague triangle amoureux se met alors en place, le caractère romantique de l'épisode ne se révélant guère plus convaincant que la partie 'aventure' faute à une direction d’acteurs hésitante mais surtout à des personnages pas très bien écrits. Avec sa voix de canard à la Joanna Newson, Joyce Bulifant est assez craquante mais son personnage est tellement peu étoffé qu’il ne nous touche guère et qu'il aurait même in fine tendance à nous agacer. Jack Klugman qui interprète son mari n’est guère plus mémorable, les réactions de cet homme jaloux n’étant pas beaucoup plus vraisemblables, témoin la dernière séquence que je ne vous dévoilerais pas mais qui s’avère plus gênante que réellement angoissante.

A l’actif de cet épisode qui s'avère vite inintéressant et manquer singulièrement d’épaisseur, de beaux paysages et des séquences d’action plutôt efficaces mettant en scène le couguar, le cascadeur et le dompteur de la bête étant à féliciter pour leur travail. L’idée de la caméra subjective pour l’avancée du félin aurait été bien vue si elle n’avait pas été utilisée à outrance et si le monteur n'avait pas décidé de reprendre à chaque fois le même plan. Cette histoire aurait été parfaite pour un épisode de Au nom de la loi par exemple, avec des épisodes d’une durée inférieure à une demi-heure ; ici, l’on a essayé de meubler comme on a pu pour faire atteindre à cette fiction la durée réglementaire quasiment équivalente à celle d'un film de série B. Et autant dire que le temps semble long car l’ensemble se traine et que l’intrigue se révèle aussi ennuyeuse que peu captivante ; on préfèrera revoir le très curieux et envoutant Track of the Cat de William Wellman. En revanche, une notification assez curieuse, l’orchestration et la composition du morceau musical lors de l’attente nocturne auprès du point d’eau préfigure celui rythmique d’Ennio Morricone lors de la séquence pleine de suspense du piège tendu en pleine ville dans Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone. Le compositeur italien se serait-il alors souvenu de cet épisode du Virginien ?


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 16 nov. 2017 16:33

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Pat O'Brien



2.17 - The Fortunes of J. Jimerson Jones

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Carey Wilber
Guest Star : Pat O'Brien
Première diffusion 15/01/1964 aux USA - Date de la diffusion en France inconnue
DVD : VOSTF et VF
Note : 5.5/10

Le pitch : Après 20 ans de prospection sans succès, J. Jimerson Jones (Pat O’Brien) décide par dépit de faire sauter sa cabane. C’est alors qu’il découvre un gisement d’or qui se trouvait juste dessous. Le voilà riche ! Il se rend donc à Chicago pour commencer à profiter de la vie. Au même hôtel sont descendus le juge Garth et sa fille Betty. Cette dernière va avoir une amourette avec un jeune journaliste qui venait juste avant de se faire rabrouer par Garth tandis que notre nouveau millionnaire va être la cible d’un trio d’escrocs. Son honnêteté et sa naïveté vont faire échouer toutes leurs tentatives de filouteries…

Mon avis : En ayant lu tellement de mal, qu’après le plutôt mauvais Roar from the Mountain je m’attendais au pire de cette deuxième fiction 'virginienne' consécutive écrite par Carey Wilber. Du coup ma surprise certes toute relative fut pourtant bien réelle. Non pas que cet épisode soit une grande réussite -loin de là- mais malgré le fait d'être incontestablement mineur, je l’ai néanmoins suivi avec un certain coupable plaisir. Avant tout, il faut prévenir les aficionados du western qu’ils ne seront pas à la fête s’ils s’attendent à en visionner un, puisque exit tout ce qui pourrait se rapprocher de près ou de loin avec le genre, à l'exception de l'époque. Il s’agit ici plutôt d’une comédie dont l’intrigue, après un court prologue en extérieur, se déroule ensuite intégralement au sein d'un hôtel de Chicago, aucune séquence d’action -pas même la plus petite bagarre- venant s’y inviter. Les avertissements et précautions d’usage ayant été édictés, la pilule devrait pouvoir ainsi mieux passer. L’histoire s’engage en fait dans deux directions bien différentes n’ayant qu’assez peu de liens entre elles : une romance ainsi qu’une comédie de l’escroquerie, toutes deux débordantes de bons sentiments. Vous savez désormais à quoi vous attendre : amateurs de séquences mouvementées, vous pouvez passer votre chemin !

The Fortunes of J. Jimerson Jones débute alors qu’un vieux prospecteur d’or décide de faire sauter la cabane qu’il habite depuis 20 ans, totalement découragé d’avoir travaillé toutes ces années pour rien. Quelle n’est pas sa surprise lorsque sous les décombres il découvre un gisement ; il est désormais riche et décide de tout quitter pour aller vivre chichement à Chicago. Dans le train qui le conduit vers la grande ville, il rencontre le Juge Garth et sa fille en route pour la même direction pour quelques jours de vacances. Sur les conseils du juge qu’il avait connu à Medicine Bow, Jones descend au même hôtel. Deux intrigues vont ainsi pouvoir se dérouler simultanément -puisque se déroulant dans le même lieu confiné- pour ne converger qu’à de très rares moments. D’une part nous suivons les situations cocasses déclenchées par la naïveté, le manque d’éducation et de savoir vivre du personnage principal qui, de ‘bouseux’, doit se faire du jour au lendemain aux usages du grand monde. Pour prendre un exemple assez parlant, lorsqu’il s’attable pour la première fois au restaurant de l’hôtel, il ne sait déjà pas ce que représente un menu et ensuite commande une huitre et une douzaine de homards ; ce que les serveurs lui amènent sans sourciller après cependant lui avoir fait répéter à plusieurs reprises ses desideratas. L’on devine par cet exemple le genre de comique de situations mis en place par le scénariste. De même mais en un peu moins lourdaud, John fait échouer toutes les tentatives d’escroqueries à son encontre sans évidemment le vouloir et paradoxalement grâce à son honnêteté et ses scrupules ; je vous laisse découvrir comment en ne vous dévoilant rien de ces séquences finalement assez amusantes.

J. Jimerson Jones va ainsi déjouer successivement une tricherie à la bourse, une filouterie aux cartes et une tentative de chantage au mariage. Les escrocs s’avérant tenaces, alors qu’ils vont enfin réussir à s’emparer des millions du vieil homme, ce sont d’autres personnages qui vont les tenir en échec : une femme de chambre bien attentionnée tombée sous le charme de ce gentil millionnaire, ainsi que le juge et sa fille qui ne supportent pas de voir cet homme foncièrement bon se faire démunir par des canailles, un trio d’escrocs composé de deux hommes et une femme, cette dernière étant très bien interprétée par une savoureuse Jeanne Montgomery très à l’aise en intrigante vile et séductrice. L’autre piste scénaristique qui ne rejoindra la première qu’en toute fin d’épisode est la romance qui se noue entre Betty et un tout jeune journaliste (David Macklin) qui s’était fait vertement repoussé par le juge dès leur première rencontre alors que le jeune homme lui demandait une interview avec peut-être un peu trop d'apparente arrogance. Le principal intérêt de cette partie romanesque provient du fait de voir le juge sentir pour la première fois sa fille se détacher et lui ‘échapper’, devenir une femme attirante et désirable qui ne peut ainsi tout logiquement que s'éloigner de lui ; les séquences qui vont réunir Lee J. Cobb et Roberta Shore sont d’une grande tendresse ; et peu importe les bons sentiments lorsqu’ils sont mis en avant avec autant de douceur et lorsqu'ils parviennent à rendre l’ensemble aussi touchant.

La conclusion de cette sorte de fable est que la bonté, la générosité et l’amitié peuvent faire barrage à toutes sortes de pièges tendus par n’importe quels malfaiteurs, et que l’argent ne fait pas forcément le bonheur. Certains trouveront cette morale assez mièvre voire niaise, d’autres s’en délecteront ; le principal aura été de ne pas prendre tout ça au sérieux et que ce happy-end nous ait fait venir le sourire aux lèvres, ce qui a été le cas me concernant. Le postulat de départ était savoureux, la mise en place certes assez laborieuse et la mise en situations assez ‘lourdaude’ et peu nuancée mais in fine l’ensemble se sera avéré pas si désagréable qu’attendu. On remerciera Don McDougall qui une fois de plus a parfaitement bien su gérer le rythme de sa mise en scène et sa direction d’acteurs même si Pat O’ Brien aura pu au départ un peu agacer. Un épisode comédie un peu désuet mais assez amusant.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 20 nov. 2017 15:21

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Lee J. Cobb & Leo Genn



2.18 - The Thirty Days of Gavin Heath

Réalisation : John Florea
Scénario : Mel Harrold
Guest Star : Leo Genn
Première diffusion 22/01/1964 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7.5/10

Le pitch : Gavin Heath (Leo Genn), un immigrant britannique ayant autrefois été propriétaire d’un ranch aux environ de Medicine Bow, revient sur les lieux après s’être enrichi, bien décidé à se réintégrer à la communauté. Malheureusement il est mordu par un chien enragé et le médecin ne lui laisse comme espoir qu’environ 30 jours à vivre. Après une période dépressive chez le juge Garth, il décide de passer ses dernières heures en actions philanthropiques, néanmoins toujours torturé par son passé dans l’armée britannique où il fut considéré comme lâche ainsi que par un conflit avec Trampas qui ne semble pas avoir été résolu…

Mon avis : Vous venez d’être bénéficiaire d'une grosse fortune mais on vous apprend qu’il ne vous reste plus que 30 jours à vivre ? Qu’allez-vous faire de ce dernier mois sur terre et comment allez vous dépenser l'argent acquis ? C’est le postulat de départ que nous proposent le réalisateur de télévision John Florea en collaboration avec Mel Harrold dont cet épisode du Virginien sera le seul et unique travail en tant que scénariste, voire même sa seule activité pour le cinéma ou la télévision. Malgré la relative 'virginité' de l'auteur de l'histoire, autant dire d’emblée qu’il s’agit d’une des très belles réussites de cette deuxième saison, un épisode captivant et d’une densité assez étonnante, surtout que le résumé ci-dessus ne reflète que très partiellement tous les éléments mis en avant au cours de ce récit pétri d’une belle humanité sans pour autant tomber dans la mièvrerie. Sans trop en dévoiler, essayons cependant de vous en faire saisir toutes les richesses thématiques et d’écriture d’autant que tout ce qui va vous être raconté ci-après ne l’est absolument pas par ordre chronologique au sein de cette fiction ! Gavin Heath, citoyen britannique, prend part à l'âge de 19 ans à la fameuse charge de la brigade légère qui a lieu durant la guerre de Crimée en 1855. Faisant semblant d’être touché en tombant expressément de cheval, il se fait passer pour mort au tout début de la bataille ; accusé de lâcheté il est dégradé puis chassé de l'armée. Plus tard, après qu’il eut émigré aux USA, il acquiert un ranch proche de celui de Shiloh dans une vallée lui rappelant les lieux de cette bataille. Une autre couardise lui fait se mettre Trampas à dos ; honteux et désargenté, il part dans le Colorado où il fait fortune.

De retour dans la petite bourgade de Medicine Bow en homme désormais riche, il espère se réinstaller dans cette région où il s’était lié d’amitié avec la plupart des habitants et où il souhaite enfin se poser après avoir réglé quelques dettes non seulement financières mais aussi morales. En effet ses démons sont toujours présents, l’empêchant de goûter à la sérénité que sa fortune aurait du lui apporter, le tout renforcé par la froideur de Trampas à son égard, le cowboy de Shiloh ne semblant pas avoir encore digéré ce qui s'était déroulé voici trois ans en arrière et qui avait failli le tuer. Quoiqu’il en soit, Gavin décide de fêter en grande pompe sa richesse et son retour ; il reprend contact avec la plupart de ses anciennes connaissances et notamment avec Sally, une Saloon Gal au cœur d’or qui ne l’avait pas oublié (superbe personnage interprété par Ina Victor). Betty et Garth paraissent eux aussi ravis de ce retour et sont agacés par les réactions de Trampas à son encontre : "I don't hate him any more than I hate that mad dog--I just don't want to be around either of them." Tout aurait été pour le mieux si le jour où Gavin s'était rendu sur ses anciennes terres il ne s'était pas fait mordre par un chien dégoulinant de bave aux lèvres (celui dont parle justement Trampas dans la phrase précédente et qu'il avait croisé peu avant avec inquiétude). Un citoyen étant agonisant par le fait d’avoir attrapé la rage, les ‘chances’ pour que ce soit également le cas pour l’anglais sont très grandes ; le médecin lui annonce que si ça se confirme, il n’aura plus qu’une trentaine de jours à vivre. Sa première réaction est de se cloitrer volets fermés, de se replier sur lui et de désespérer. Sur quoi le juge Garth l’invite au contraire à profiter au maximum de son dernier mois sur terre et éventuellement de retourner mourir dans le Royaume Uni qu’il chérit tant.

Ayant beaucoup à se faire pardonner sur place et estimant ne pas avoir le temps d’entreprendre un tel voyage, il va avoir l’idée non seulement de se racheter de sa veulerie mais également de faire de Medicine Bow un petit coin d’Angleterre par quelques décisions philanthropiques mais aussi par des 'cocasseries' au contraire peu appréciées de ses concitoyens comme le fait de demander à hisser l’Union Jack en plein centre de la ville et surtout à deux jours du 04 juillet, fête de l’indépendance. A cette occasion, il se défendra avec une belle éloquence par un passionnant exposé historique, rappelant à ses concitoyens que sans les anglais, l’Amérique ne serait pas ce qu’elle est devenue, leur remémorant que la plupart de leurs ancêtres sont des descendants des habitants de l’Angleterre, qu’ils devraient ainsi aussi bien respecter son drapeau que lui respecte le leur. Je ne vous en dirais pas plus mais sachez que le final devrait plaire aux amateurs d’action, se déroulant alors que l’on se lance à l’attaque d’une bande d’indiens renégats qui se sont enfuis de prison après avoir pris Trampas en otage. Une séquence d’une belle efficacité, ample et pleine de panache, se terminant sur une note fortement émouvante. Si la direction d’acteurs s’avère parfaite, Leo Genn est admirable et domine l’ensemble de l'excellent casting par une prestation mémorable dans la peau de cet anglais richissime dépressif et en quête de rédemption qui se définit comme "a ghost of a man without a family, country, or soul" ; si son nom ne vous dit pas grand-chose vous connaissez surement le visage de cet comédien britannique qui tourna pour tous les principaux cinéastes anglais, de Carol Reed à Laurence Olivier en passant par Michael Powell et Zoltan Korda, et qui aux USA fut entre autres le Petronius du Quo Vadis de Mervyn LeRoy ou le Strabuck du Moby Dick de John Huston.

Un épisode au récit assez vertigineux qui en plus d’être d’une extrême gravité et bourré de références historiques provoque des réflexions sur la mort, la philanthropie, la seconde chance, la rédemption, le courage et la lâcheté grâce à d’excellents dialogues et à des déclamations enflammées de magnifiques tirades de Shakespeare ou Tennyson. Bien réalisé –avec notamment lors de la séquence de la fête une superbe contre plongée accompagnée d’un léger mouvement de caméra s’avançant sur Leo Genn resté seul dans le saloon à demi éclairé au milieu des bouteilles disséminées-, superbement écrit, magnifiquement interprété, une histoire non seulement totalement inédite dans un western, d’une densité assez étonnante pour seulement 70 minutes d’un épisode télévisé, mais également remplie d’émotion et de notations originales pour le genre comme ce décor du salon de thé ou ce pasteur au discours plutôt progressiste. Un must de cette deuxième saison !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1963 - Saison 2 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 29 nov. 2017 11:39

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Mariette Hartley & Leif Erickson



2.19 - The Drifter

Réalisation : Don McDougall
Scénario : Carey Wilber & Frank Fenton
Guest Star : Leif Erickson & Mariette Hartley
Première diffusion 29/01/1964 aux USA - 22/01/1967 en France
DVD : VOSTF et VF
Note : 7/10

Le pitch : S’arrêtant devant une ferme à l’abandon, le Virginien se remémore son arrivée à Medicine Bow sept ans plus tôt. Traversant les terres du ranch Shiloh, il se fait tirer dessus par les hommes de main du juge Garth qui le soupçonnent de faire partie des cow-boys de leur voisin et ennemi, Peterson (Leif Erickson). Se liant d’amitié avec un des hommes de ce dernier, le Virginien le sauve d’un passage à tabac ; pour le remercier Peterson lui offre un emploi. Il tombe amoureux de la fiancée de son régisseur ce qui met d’autant plus sa vie en danger qu’il commence aussi à entrevoir les dessous peu glorieux du conflit qui oppose les deux ranchs…

Mon avis : Après des épisodes 'flashback' qui nous avaient narrés comment Steve (Duel at Shiloh à la moitié de la première saison) et Trampas (Ride a Dark Trail qui ouvrait la deuxième saison) étaient arrivés à Medicine Bow, il fallait bien qu’un jour le personnage titre de la série ait aussi cet insigne honneur de se voir attribuer une fiction nous expliquant le parcours l’ayant mené dans cette région du Wyoming. Comme dans le premier épisode cité ci-dessus et qui était un remake de L'homme qui n'a pas d'étoiles (Man Without a Star) de King Vidor, ce semblant de 'pilote' se déroule à nouveau au travers un récit ayant pour thème principal une ‘War Range’ -autrement dit un conflit entre plusieurs éleveurs-, nos héros travaillant au début dans le ranch adverse à celui qu’ils intégreront plus tard, à savoir Shiloh que dirige le juge Garth. Une intrigue qui pour les aficionados du genre ne proposera certes que très peu de surprises mais que l’excellent scénariste Frank Fenton (L’aigle vole au soleil, Le Jardin du diable, Rivière sans retour, Fort Bravo…) réussit à mener jusqu’au bout avec une solide assurance dans l’écriture et une belle richesse dans la description des personnages. Bref, une bonne cuvée même si son manque d’originalité ne peut pas la faire côtoyer les sommets de la série.

C’est en s’approchant d’un domaine à l’abandon sur les terres du juge Garth que le Virginien se remémore ce qui s’y est produit sept ans auparavant. Lorsque, avant de plonger dans ses pensées et son passé, il dit à Steve que les habitants de cette ferme fantôme sont tous morts, on sait d’emblée que nous allons assister à un drame, le fatalisme de cette phrase apportant à l’épisode une sorte d’aura de mélancolie qui le rend encore plus poignant, le compositeur de la musique s’étant lui aussi engouffré dans ce ton. Le flashback peut alors débuter ! Le Virginien -dans une tenue autre que celle noire et rouge qu’il arbore dans quasiment tous les épisodes lorsqu’il n’est pas en costume de ville- galope dans les plaines du Wyoming lorsque qu’un coup de feu fait s’écrouler son cheval sous lui, raide mort. Ce sont des hommes de main travaillant à Shiloh qui l’ont pris pour un cowboy du ranch voisin avec qui ils sont en conflits depuis quelque temps sans que personne ne semble se souvenir de l’élément déclencheur. C’est ainsi que, un peu molesté, Le Virginien fait la connaissance de son futur patron, le juge Garth ; et autant dire que la rencontre s’avère glaciale. Puis notre héros sans nom se rend au saloon pour oublier dans un verre la réception peu cordiale qu’on vient de lui faire. Là, un homme lui demande de partager son moment de détente dans le seul but de pouvoir s’amuser un petit moment avant de se faire tomber dessus par un groupe d’inquiétants personnages l’attendant aux quatre coins de la pièce pour lui faire sa fête. Ayant pitié de lui et reconnaissant dans ces ‘bourreaux’ quelques uns de ceux ayant fait partie de son ‘comité d’accueil’, le Virginien fait en sorte qu’une bagarre générale se déclare pour 'brouiller les pistes' et attirer l'attention ailleurs ; ce qui donne lieu à une séquence aussi cocasse qu’efficace, la plupart du mobilier en faisant les frais.

L’on se rend ainsi compte d’emblée que, comme je l’avais déjà auparavant décelé, Don McDougall demeure l’un des meilleurs réalisateurs de la série, sa gestion de l'action, l'ingéniosité de ses placements de caméra et les effets qu'il obtient des cascadeurs s'avérant d'une redoutable efficacité. Cette dantesque bagarre sera l’une des dernières séquences avec un peu d’humour, le reste allant sombrer dans le drame et la plus profonde noirceur. Après une nuit en prison, le Virginien est délivré par le patron de l’homme qu’il a ‘sauvé’ d’un passage un tabac ; cet important rancher paie sa caution et rembourse les dommages occasionnés avant de lui offrir un emploi dans son domaine. Là, le Virginien va tomber amoureux de la fille de ce gros éleveur au grand dam du régisseur qui outre s’être fiancé à cette dernière avec de vilaines idées derrière la tête s’avère être celui par qui le conflit avec Shiloh est arrivé. Je ne vous en dirais pas plus afin de ne pas vous gâcher toute la découverte de ce récit formidablement bien mené sauf à vous dire que les morts violentes vont s’accumuler alors que dans le même temps le Virginien va se lier d’amitié avec son futur patron lors de scènes réellement émouvantes alors qu’ils se rendent compte s’être trompés sur leurs comptes respectifs. A cette occasion le Virginien sortira l’une des phrases emblématiques qui pourrait résumer la non violence et le progressisme de la série en disant en substance au juge qu’il rêvait d’un homme qui œuvrerait pour l’avenir mais qu’il n’en avait jamais connu avant lui, à savoir un gros rancher capable de travailler pour les générations futures avant de penser à lui-même.

Les aficionados du genre trouveront probablement l’intrigue déjà vue mais l’intelligence du scénario, l’efficacité de la réalisation et la qualité de l’interprétation font de cet épisode un très bon cru. Concernant le casting, outre un James Drury qui ne nous déçoit pas, on se souviendra surtout d’un Gregg Palmer inquiétant à souhait, d’un excellent Leif Erickson dans le rôle du rival de Garth ainsi et surtout de Mariette Hartley qui fut déjà le personnage féminin principal aux côtés de James Drury dans l’un des plus grands westerns de l’histoire du cinéma, Coups de feu dans la Sierra (Ride the High Country) de Sam Peckinpah. Ici elle a à nouveau la chance de s’être fait octroyer un personnage richement dépeint, celui d’une jeune fille aux idées modernes mais se trouvant seule et isolée par le fait d’être en quelque sorte ‘emprisonnée’ au sein de sa famille. Pour couronner le tout d’efficaces scènes d’action et des séquences de dialogues mémorables grâce à la complicité de Lee J. Cobb et James Drury. Ce mélange de romance malheureuse, de récit policier (qui a pu tirer les cartouches qui ont tué un certain personnage et blessé le Virginien ?) et de pur western devrait plaire au plus grand nombre d’autant qu’il permet de découvrir le background de notre héros-titre.


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