Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 13 févr. 2019 11:59

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John Dehner et John Anderson



4.22- Harvest of Strangers

Réalisation : Paul Stanley
Scénario : Leon Tokatyan
Guest Star : John Anderson
Première diffusion 16/02/1966 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 9/10


Le Pitch : Ryker doit quitter Medicine Bow quelques jours ; comme par hasard c’est le moment choisi par un groupe de canadiens français et d’indiens Crees dirigé par Chilton (John Anderson) pour s’installer un certain temps en ville. Les habitants voyant l’arrivée de ces étrangers d’un mauvais œil et la paranoïa s’emparant de la bourgade malgré la promesse de ces ‘métis’ de ne pas avoir l’intention de provoquer de troubles, la tension va monter jusqu’à provoquer violence et tragédies. Morgan Starr, le nouveau patron de Shiloh, ainsi que son régisseur le Virginien, vont tenter de faire de la médiation… sans grands résultats.

Mon avis : Après un deuxième tiers de saison mi-figue mi-raisin voici que la série nous offre l’un de ses plus grands épisodes, voire même le plus grand ; en tout cas le plus étonnant et le plus sombre depuis ses débuts. Nous en profiterons pour ceux qui voudraient découvrir la série par balayer à nouveau ce qu’elle a produit jusqu'ici de meilleur en en citant les sommets : Throw a Long Rope de Ted Post, Impasse de Maurice Geraghty ou The Judgment de Earl Bellamy dans la saison 1 ; It Takes a Big Man de Bernard McEveety, Siege de Don McDougall ou Another's Footsteps de R.G. Springsteen dans la saison 2 ; puis plus récemment Show me a Hero de Leon Benson ; mais Harvest of Strangers leur damne encore le pion, tout du moins pour ma part car sur imdb il est l’un des épisodes les plus mal noté ; à croire que l’ambition, le progressisme et le culot ne paient pas auprès des admirateurs de la série, et c’est bien dommage ! Mais qui sont ces métis comme se nomment eux-mêmes les membres du groupe qui arrive ce jour à Medicine Bow et qui semble terroriser tous les habitants qui ne veulent pas que la tranquillité de leur bourgade vole en éclats faute à des étrangers. Il faut dire que douze personnes puissamment armées qui viennent s’installer quelques jours en ville sans dire dans quel but avaient de quoi inquiéter les citoyens ; de là à susciter une telle paranoïa qui va virer à la folie furieuse, il n’y avait qu’un pas. Pour information, que ceux qui ne veulent pas se gâcher d’éventuelles surprises évitent de lire cet avis dans lequel je me suis senti obligé de spoiler tout du moins dans le dernier paragraphe !

Pour en revenir aux métis de ce récit, un tout petit peu d'histoire pour en apprendre davantage : ce sont des canadiens au sang mêlé français et indiens Crees qui vivaient sur la baie d’Hudson depuis longtemps mais qui dès 1867 se font fait déposséder de leurs terres par la confédération canadienne du gouverneur William McDougall, ce dernier devant alors faire face à une rébellion légitime due à l'opposition des colons encore majoritairement francophones qui n’avaient pas été consultés quant à l’annexion de ce qui deviendra la province de Manitoba, étant depuis ce jour considérés "plus mal que des chiens". Les Métis, sous la conduite de Riel, s’organisent pour reconquérir leurs territoires, les terres qui leur ont été confisquées ainsi que leurs droits. C’est ainsi qu'un petit groupe de ce 'peuple' arrive à Medicine Bow pour y recevoir une somme conséquente destinée à combattre ceux qui les ont spolié de leurs biens et accueillir celui qui a été désigné comme leur chef. Sauf qu'ils ne veulent pas ébruiter le but de leur visite, les espions canadiens étant déjà à leur recherche. Ces métis sont bruyants et remuants, parlent forts et boivent beaucoup mais, comme ils l’affirment haut et fort, ils ne sont pas là pour semer le désordre. La méfiance de la plupart des habitants pour des étrangers - qui plus est à moitié indiens - n’est pas ébranlée par leurs paroles qui se veulent pourtant rassurantes et ils vont trouver toutes les excuses pour les faire partir quitte à en passer par la violence. Le leader des citoyens excédés est interprété avec grand talent par Val Avery et son visage grêlé, comédien que l’on a souvent croisé dans le western, notamment dans le superbe Dernier train de Gun Hill de John Sturges ; celle par qui le drame va arriver est campée par une Barbara Turner qui aura parfaitement réussi à se faire haïr.

L’épisode va ainsi questionner le puritanisme, la xénophobie et le racisme qui régnaient à l’époque ; une femme va attiser le feu, faisant croire à son entourage avoir failli être violée : une femme mystérieuse qui ne semble pas très nette dans sa tête, une sorte de nymphomane sexuellement frustrée, attisant d’abord les hommes qu’elle croise avant de se refuser au dernier moment. Le comportement un peu exubérant de ces canadiens qui aiment faire la fête va vite les cataloguer et plus personne ne fera attention aux efforts de modération et de médiation du nouveau patron de Shiloh, Morgan Starr. Alors que nous avions été échaudés par son caractère lors du précédent épisode, espérant presque qu’il ne reste pas longtemps à son poste tellement il s’était avéré être bien moins humain que Garth - Harvest of Strangers revient d’ailleurs sur ce fait en tout début, ses hommes ne l’appréciant guère faute à sa façon dictatoriale de diriger le ranch : "la discipline passe avant tout" - il se montre ici sous un tout autre angle, notamment à propos des étrangers, outré à son tour par le comportement de ses concitoyens, prenant fait et cause pour les métis avant même de s’apercevoir que leur chef était un grand ami à lui : "Je sens fort bien que je ne fais pas encore partie de cette ville, mais après ce que j’ai entendu je n’ai pas envie d’en faire partie". C’est le seul avec le Virginien et une prostituée (superbe Jan Shepard, l’institutrice de l’épisode The Brothers) qui vient prendre la défense de ces nouveaux venus et qui n’en démordra pas jusqu’à la fin quitte à se retrouver presque seul contre tous. Et du coup, nous nous désolons de savoir qu’il ne fera pas de vieux os au sein de la série, beaucoup plus attachant et émouvant que lors de l'épisode précédent où nous faisions alors seulement sa connaissance.

Une fiction d’une profonde noirceur et d’une grande dignité, une tragédie pleine de bruit de de fureur, certains protagonistes se voyant même - certes accidentellement - obligés de tuer leur meilleur ami : nous n’oublierons pas de sitôt la mort de John Anderson – comédien une troisième fabuleux au sein de la série, nous délivrant ici un magnifique message de fraternité et de tolérance – ainsi que les larmes de détresse et de chagrin de John Dehner et Jan Shepard alors que retentit un poignant chant funéraire indien sur la petite ville dont la rue principale a été vidée de ses habitants, ces derniers s’étant tous rendus à un autre endroit pour brûler vif les étrangers aux abois. Ici Paul Stanley (le même homme qui avait précédemment mis en scène le plaisant Nobility of Kings avec Charles Bronson en Guest Star ainsi que le très attachant épisode sur le handicap mental, The Inchworm's got no Wings at all) signe une splendide mise en scène, l’utilisation des gros plans amenant des séquences d’une force peu commune, tout comme ses plans caméra à l’épaule sur les visages de la foule en délire venue assister au ‘spectacle’ de la tuerie des étrangers. Alors que le drame se termine, le Virginien dit à son patron qu’il reste sur place jusqu’à ce que l’incendie ait pris fin sur quoi Morgan Starr lui réplique que les flammes ne seront certainement pas éteintes avant une bonne cinquantaine d’années. Un épisode qui n’a rien à envier aux meilleurs westerns des années 60, sorte de parfait mélange entre une variation sur le Silver Lode d’Allan Dwan (pour montrer l’intolérance, la bêtise, la couardise et la peur irraisonnée de la populace qui font devenir ses membres des monstres sanguinaires) et les meilleurs discours progressistes pro-indiens. A signaler enfin des relations extrêmement émouvantes - et surtout sacrément culottées au sein d’une série familiale des 60's - qui se nouent entre le vieux chef des métis et la Saloon Gal. Aussi puissant, tendu et gonflé qu’émouvant, un remarquable petit chef d’œuvre du genre.


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Messagepar Moonfleet » 20 févr. 2019 9:09

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Doug McClure & Clint Howard



4.23- Ride a Cock-Horse to Laramie Cross

Réalisation : Anton Leader
Scénario : Clair Huffaker
Guest Star : Nita Talbot & Clint Howard
Première diffusion 23/02/1966 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 5.5/10

Le Pitch : Alors qu’il retourne à Shiloh, Trampas assiste au meurtre d’un vieil homme qui n’avait pas voulu révéler la cachette des enfants qu’il avait ‘enlevé’ au despotique 'El Supremo’, un chef de bandits mexicains ; ce dernier avait quelques temps auparavant tué le père des enfants pour trahison et dans le même temps banni leur maman ; c’est à sa rencontre que les enfants et leur oncle se rendaient, la mère s’étant réfugiée à Laramie. Trampas retrouvant les enfants avant les hommes de main de El Supremo, il décide de les conduire à destination avec l’aide d’une femme aux manières un peu rustres (Nita Talbot) rencontrée sur sa route…

Mon avis : C’est le scénariste Clay Huffaker, très prolifique dans le domaine westernien durant les années 60 - Les Sept chemins du couchant et Les Cavaliers de l’enfer avec Audie Murphy, Les Rôdeurs de la plaine de Don Siegel avec Elvis Presley, Les Comancheros de Michael Curtiz avec John Wayne, Rio Conchos de Gordon Douglas... - qui est pour la deuxième et dernière fois à l’écriture d’un épisode du Virginien après The Hero qui avait pour Guest Star l’excellent Steve Forrest et qui narrait une machination assez tordue pour arriver à faire chanter le juge Garth. Après le remarquable mais sombre Harvest of Strangers, on en revient à un ton plus léger et à une histoire mouvementée certes sympathique mais sans surprises et qui surtout pour cette raison a du mal à nous captiver plus que ça malgré ses nombreux rebondissements ; il s’agit d’un sorte de Buddy Movie avec Trampas et une femme un peu rustre qui se sont donnés pour mission de convoyer deux jeunes enfants jusqu’à leur mère, le petit groupe étant poursuivi à la fois par les hommes de main du grand-père dictatorial qui souhaite récupérer ses petits-enfants ainsi que par une bande d’indiens faméliques sur le sentier de la guerre. Ces deux petits – un bébé et un enfant de 5 ans – ont été ‘enlevés’ par leur oncle qui voulait les tirer des griffes de leur grand-père, un tyran mexicain qui avait auparavant assassiné le père pour trahison et banni la mère. Les deux bambins se retrouvant seuls après l’assassinat de leur oncle, Trampas les retrouve avant les bandits, se sent dans l’obligation de les prendre sous son aile et décide d’être leur chevalier servant.

Alors bien évidemment au vu du pitch, le récit est une sorte de mélange entre course poursuite et voyage semé d’embûches, un aspect survival cocasse découlant du fait que Trampas doive s’occuper d’abord seul de deux jeunes enfants dont un bébé qui ne parle ni ne marche encore. Contrairement à ce que nous aurions pu penser et au vu des travers dans lesquels sont tombés certains épisodes précédents, le talent de Clair Huffaker est tel que l’écriture ne sombre jamais ni dans la gaudriole ni au contraire dans la mièvrerie et que l’humour reste plutôt léger et bon enfant grâce surtout aussi au naturel tout à fait étonnant du jeune Clint Howard que les seniors connaissent surtout pour avoir été le craquant Mark Wedloe dans la série Mon Ami Ben (Gentle Giant) diffusée régulièrement dans les années 70, l’histoire d’une amitié entre un ours et un jeune garçon. Dans cet épisode, il est parfait dans le rôle de ce gamin de cinq ans débrouillard comme pas deux - y compris pour recharger un fusil - et qui se fait surnommer avec la tenue adéquate 'General Manuel Garcia Lopez de Maximilian Vargas' ! L’irruption de Nita Talbot dans le cours de l’intrigue ne modifie en rien le ton de l’épisode même si le comique de situation sera ensuite plus spécifiquement basé sur les gentilles rivalités entre Trampas et la jeune femme aux manières masculines qui s’invite à faire partie du voyage. Il s’agit d’une sorte de vagabonde dont on ne connaitra jamais vraiment l’histoire mais qui sera d’une aide bénéfique au groupe, sauvant par exemple la vie de Trampas alors qu’il se trouvera seul face à de dangereux indiens. Et à nouveau, même si la comédienne ne possède pas un talent extraordinaire et même si son personnage ne restera guère mémorable, la direction d’acteurs fait qu’elle n’en fait pas des tonnes et parvient à ne pas rendre Melinda trop pénible.

Au cours de cette fiction, on se sera amusé d’être témoin du minable talent de conteur de Trampas lorsqu’il s’agira de faire s’endormir les enfants - sa version de 'Boucle d'or et les trois ours' vaut son pesant de cacahuètes - ou à l’inverse de ses idées ‘pas très catholiques’ pour faire sombrer le bébé dans les bras de Morphée afin de lui éviter de crier à un moment tout à fait inopportun, en l'occurrence lors du passage à proximité de leur campement d’indiens qui cherchent à les abattre. On trouvera également cocasse la manière qu’utilisera ce même Trampas pour provoquer un affrontement et faire s’entretuer ses deux groupes d’ennemis, l’ensemble des indiens et vils chasseurs de primes finissants par passer de vie à trépas sans que ça ne gêne personne. Car effectivement il ne faut pas prendre cet épisode très au sérieux ; mais c’est là aussi que réside sa limite, le suspense qui s’invite parfois ne nous effrayant guère, les auteurs n’ayant pas nécessairement misé sur une forte tension dramatique, les ‘méchants’ de l'histoire ne nous paraissant pas bien inquiétants. Mais le travail qu’accomplissent Anton Leader à la réalisation et Clair Huffaker à l’écriture s’avère tout du long délassant à défaut d’être puissant et inoubliable, aucune thématique précise n’étant abordée, seul le divertissement étant ici mis en avant. Mais voir Trampas se transformer en baby-sitter n’aura pas été déplaisant.

Un épisode qui se déroule loin de Shiloh et qui ne met en scène qu’un des protagonistes récurrents de la série, à savoir le toujours sympathique Trampas que Doug McClure continue d’interpréter avec sa bonhomie habituelle. De beaux paysages traversés, de l’efficacité lors des séquences mouvementées, une plaisante bande musicale, des comédiens qui font très bien le boulot… nous sommes très loin des sommets de la série mais Ride a Cock-Horse to Laramie Cross nous aura néanmoins permis de passer un agréable moment. Les enfants entre les bonnes mains de Melinda qui les conduit à Laramie et après un début de romance avec la jeune femme qui a fini par abandonner ses manières hommasses, Trampas peut désormais repartir pour Medicine Bow le cœur tranquille. A signaler pour ceux qui préfèrent la version française à la version originale que parait-il Doug McClure a été doublé par un autre comédien que celui qui avait officié jusqu’ici.


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Messagepar Moonfleet » 28 févr. 2019 10:44

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Martine Bartlett



4.24- One Spring like Long Ago

Réalisation : Herman Hoffman
Scénario : Robert Sabaroff
Guest Star : Warren Oates & Martine Bartlett
Première diffusion 02/03/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7/10

Le Pitch : Morgan et Randy arrivent dans une réserve indienne où ils sont venus vendre 3000 têtes de bétail. L’agent aux affaires indiennes ne leur en achète finalement que 500, estimant que ce sera suffisant pour les indiens dont il a la charge. Cet homme malveillant a sous ses ordres un chasseur de primes (Warren Oates) qui ramène justement un membre de la tribu Oglala qui s’était échappé. Ce dernier a vu un immense troupeau de bisons et en informe ses congénères qui jubilent, présage de liberté pour leur peuple. Echappant à la vigilance des gardes, un vieux chef et son fils s’enfuient de la réserve pour voir ce miracle de leurs propres yeux…

Mon avis : Ce troisième tiers de saison semble vouloir amorcer un virage très adulte absolument passionnant ; non pas qu'elle ne l'ait pas prouvé déjà auparavant mais en ce début de l'année 1966 la série Le Virginien se fait peut-être encore plus ambitieuse que jamais. Après le remarquable Harvest of Strangers, les auteurs prennent à nouveau pas mal de risques de se couper de leur public familial habituel avec cet épisode mature et expressément peu distractif prenant fait et causes pour les indiens, un peu à la manière du superbe western de Richard Brooks, La Dernière chasse (The Last Hunt) avec Robert Taylor et Stewart Granger. One Spring Like Long ago est une fiction réalisée par Herman Hoffman dans laquelle l’on retrouve les qualités de l’épisode qu’il signa précédemment, Chaff in the Wind avec Ed Begley et Linda Lawson : soit un récit sombre mais assez doux, plutôt bavard mais au ton toujours juste, des auteurs compréhensifs et attachés à leurs personnages qu'ils ne jugent jamais avec sévérité - hormis bien évidemment l’agent aux affaires indiennes et le chasseur de primes qui ne méritent strictement aucune indulgence -, des interprètes remarquables au service d'une histoire pas spécialement mouvementée mais néanmoins sacrément captivante à condition d’accepter un scénario assez austère et qui se laisse tout le loisir de prendre son temps, ce qui est une décision fort appréciable des auteurs à une époque où il faut toujours que tout aille vite pour ne pas faire se décrocher l'attention des spectateurs.

Le prégénérique se déroule sans aucune paroles, un blanc semblant poursuivre un indien au sein de magnifiques paysages du Dakota du Sud, le plan les réunissant au final - chacun des deux venant d’un côté et de l’autre de l’écran pour se rejoindre sous un arbre décharné au milieu de l’image - s’avérant vraiment splendide. Nous ne savons toujours pas qui sont ces deux hommes et pourquoi ils se poursuivaient mais nous aurons été témoins que l’Indien a pu assister avec une joie non dissimulée à l’arrivée d’un troupeau de bisons ; suite à ça - et nous le comprendrons juste après - il pourra se laisser ramener à la réserve sans se plaindre, impatient au contraire d’annoncer la bonne nouvelle à ses compatriotes, ce retour des 'buffalos' présageant selon leurs croyances la reconquête de la liberté pour leur peuple. Puis nous découvrons Morgan Starr et Randy qui arrivent dans cette réserve indienne pour y vendre des bêtes. Le dialogue entre les deux hommes nous confirme la bonne impression que nous avait précédemment fait le remplaçant du juge Garth à la tête du ranch Shiloh depuis Harvest of Strangers, un patron certes pas très coulant mais pétri d’une profonde humanité. A la remarque étonnée de Randy quant aux regards vides des indiens, Morgan lui rétorque "que leur reste-t-il à regarder ?" avant de poursuivre par d’autres réflexions désabusées sur leur sort, le génocide des bisons et de leur peuple. A plusieurs reprises on reviendra avec beaucoup de lucidité et d’intelligence sur cette tragédie historique sans néanmoins que les auteurs s’appesantissent uniquement sur cette thématique malgré sa formidable densité. Les deux hommes de Shiloh s’étant fait voler leurs chevaux par deux indiens qui s’évadent de la réserve pour aller voir ce miracle annoncé de l’arrivée des bisons, ils partent à leur recherche pour récupérer leurs montures mais sans haine ni agressivité, étant au contraire de tout cœur avec eux quant à leur quête : "une selle que j'avais depuis 20 ans. Mais je leur souhaite bonne chance" dira Morgan. En route, ils s’arrêtent quelque temps et se font héberger chez une jeune veuve qui fait toujours son deuil de son époux et de ses deux enfants.

Une halte d’une délicatesse qui a aussi dû un peu déstabiliser les fans de la première heure de la série, le scénariste Robert Sabaroff ne les ménageant pas en ne tenant pas compte de leur envie de léger divertissement ; certains se demanderont l’intérêt de cette ‘pause’ mais la douceur de la comédienne Martine Bartlett - qui a travaillé principalement pour la télévision mais que l’on a aussi pu voir dans quelques films dont La Fièvre dans le sang de Elia Kazan - est telle que l’on ne regrette pas que cette bulle de sérénité ait eu lieu. Parmi les autres interprètes, Eduard Franz est plutôt convaincant dans le rôle du chef indien ; il faut dire qu’il est habitué de ce genre de personnages (La Lance brisée de Edward Dmytryk ; Plume blanche de Robert D. Webb ; La Rivière de nos amours de André De Toth…) et que dans un soucis de plus grand réalisme les auteurs ont décidé de ne le faire parler qu’en langage indien (assez rare dans une série de l’époque). Au sein de ce casting très intéressant on trouve également dans la peau du chasseur de primes l’excellent Warren Oates – un des acteurs fétiches de Sam Peckinpah, notamment le tueur à gages de son Apportez moi la tête d’Alfredo Garcia - qui sait ici parfaitement bien se faire détester, au moins tout autant que Garry Walberg dans le rôle de l’agent aux affaires indiennes qui ne comprend pas pourquoi Morgan Starr cherche à se faire "le champion de ces bons à riens" en parlant des indiens dont il est en charge. Clive Clerk dans le rôle de Tonka, le fils du vieil indien qui a été élevé chez les jésuites, est un peu moins convaincant par le fait que son grimage ne soit pas des plus subtils mais il aura quelques bonnes répliques à son actif comme lorsqu’il dit à Morgan Starr "vous êtes un homme chanceux, vous avez des droits." Quant à John War Eagle qui interprète l’indien de la séquence initiale, il a quasiment tenu le rôle de tous les grands chefs indiens au cinéma et à la télévision dans le courant des années 50.

Un épisode crépusculaire sur le génocide indien, grave et extrêmement mélancolique, d’une profonde tristesse et d’une grande dignité qui ne pouvait que se terminer dans la tragédie ; [Attention spoilers] en effet les indiens ayant des coutumes auxquelles ils ne veulent pas déroger et préférant mourir que d’être déshonoré, le vieux chef préfèrera combattre le jeune Randy pour venger la mort accidentelle de son fils tout en sachant très bien qu’il n’aura pas le dessus ; et d’ailleurs notre jeune héros se voit dans l’obligation de tuer le vieil homme pour sauver sa vie. Le récit aborde aussi le travail de deuil, la haine incompréhensible entre les hommes, l’honneur, les coutumes et l’obéissance aux ainés. C’est dense, parfois un peu empesé mais au final c’est l’émotion qui l’emporte ! Quelques touches d’humour n’auront cependant pas manqué, histoire de faire parfois retomber la tension comme lors de cette séquence assez cocasse chez l’épicier où Morgan Starr se fait roublard pour obtenir ce qu’il veut. Ambitieux, parfois un peu guindé et voulant peut-être courir trop de lièvres à la fois mais néanmoins une fort belle réussite qui fait honneur à la série.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 08 mars 2019 15:59

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Victor Jory



4.25- The Return of Golden Tom

Réalisation : Anton Leader
Scénario : Andy Lewis
Guest Star : Victor Jory
Première diffusion 09/03/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 5/10


Le Pitch : Medicine Bow se prépare avec excitation à accueillir Tom Brant (Victor Jory) qui est le personnage central du tableau présent dans le saloon et qui a immortalisé un sanglant règlement de comptes s'y étant déroulé. Après 35 années d'emprisonnement, le bandit est attendu non sans curiosités par les citoyens et un journaliste un peu mythomane ; mais quelle n'est pas leur surprise lorsqu'ils constatent qu'il est désormais devenu un vieillard presque sénile. Si ce dernier est revenu sur les lieux des ‘exploits’ qui l'ont conduit en prison, c'est pour aller visiter sa fille qu'il n'a en fait jamais vu, ayant quitté son épouse à l’époque de sa grossesse…

Mon avis : La série poursuit sur sa lancée de ces premières semaines de l’année 1966, à savoir qu'elle perpétue une période adulte très sérieuse et sans la moindre fantaisie, sauf que cette fois ci, après de remarquables réussites dont l'étonnant et puissant Harvest of Strangers, l’épisode écrit par Joel Rogosin et Andy Lewis se révèle être un semi ratage, pas inintéressant mais vite répétitif et au final guère passionnant : on ne peut pas gagner à tous les coups ! Il faut dire que Tony Leader n’est pas le plus doué des réalisateurs de la série et qu’il n’a pas le talent nécessaire pour rehausser le niveau d’une histoire qui se traine et peine à captiver le spectateur. Tout partait pourtant plutôt bien, les habitants de Medicine Bow attendant avec une impatience non dissimulée le retour dans leur bourgade d’un bandit ayant écopé de pas moins de 35 années de prison et dont le méfait qui l’y avait conduit avait été immortalisé dans une peinture qui trône toujours fièrement au centre du saloon, "le plus important règlements de comptes s'étant déroulé dans la petite ville". Les citoyens sont galvanisés par un journaliste du Missouri qui n’en est pas à une exagération près et qui s’en vante, estimant que parfois son métier peut l’entrainer à embellir la légende afin de capter l’attention de ses lecteurs : "truth doesn't sell newspapers ; I’ve been sent a thousand miles to perpetuate a lie." On voit d’emblée qu’une fois encore les auteurs de la série fustigent un peu la lâcheté et la curiosité malsaine des habitants des petites villes de l’Ouest de l’époque ainsi que la malhonnêteté de certains reporters qui se font une réputation aussi bien par la sur-dramatisation des évènements que par l'intermédiaire de mensonges éhontés ; un portrait somme toute assez noir de l'Ouest de cette fin du 19ème siècle !

Alors que le fameux hors-la-loi n’est plus désormais qu’un vieillard brisé, fourbu et au bout du rouleau qui montre des signes de sénilité, le journaliste (très bon Linden Chiles) va néanmoins attiser les convoitises en dévoilant à ses lecteurs que lors de son dernier coup qui s’est fini par la fusillade peinte sur le tableau, Tom Brant aurait caché un copieux magot qui n’a encore jamais été retrouvé. Bien évidemment que tous les malfrats alentours ainsi que les descendants des complices du vieil homme vont se précipiter en ville en espérant récupérer une partie du butin qui leur reviendrait. Certains parmi ces derniers vont également vouloir se venger, l’un d’entre eux (le comédien Kelly Thorndsen) estimant le vieil homme coupable de l’assassinat de son père. De plus, l'ex outlaw a laissé en ville un bébé qu’il n’a jamais vu et qui maintenant est une femme mariée ; il a décidé de la rencontrer. Mais cette dernière refuse catégoriquement qu'il mette les pieds chez elle, ne lui ayant toujours pas pardonné avoir abandonné femme et enfant, et ayant dû supporter toute sa vie la fâcheuse réputation de son père faisant d'elle une "fille de hors-la-loi" incapable par la même d’élever à son tour correctement sa progéniture. Elle sera même très dure à l'encontre de son père lorsqu’elle lui lancera en pleine face qu’elle aimerait bien qu’il se fasse descendre en pleine rue et qu’elle pourrait ensuite aller cracher sur son cadavre !

Tout ceci aurait pu aboutir à un épisode tendu et poignant, ce qui n’est malheureusement pas vraiment le cas même si l’ensemble se laisse regarder non sans plaisir, notamment grâce à Victor Jory –déjà excellent dans l’épisode Dark Challenge dans la saison 3 - qui nous octroie une jolie performance dans le rôle de cette vieille légende de l’Ouest, là où on aurait pu s’attendre à un abominable cabotinage, son maquillage peu subtil de vieil homme sénile n’étant pas là pour l’aider. Cet habitué des rôles de Bad Guy dans divers westerns - celui de La Caverne des hors-la-loi (Cave of the Outlaws) de William Castle, un de ceux parmi les très mauvais garçons dans Bad Men of Missouri de Ray Enright, une imitation de l'effrayant Quantrell dans Les Chevaliers du Texas (South of St Louis) du même réalisateur… - s’en tire avec les honneurs et forme d’ailleurs avec sa compagne à la ville comme à l’écran, la douce Jean Innes, un couple vraiment touchant. Un homme élevé au rang de légende pour de mauvaises raisons, un butin jamais retrouvé et que tout le monde veut s’approprier, la fille du bandit dont les relations avec ce dernier vont se transformer du jour au lendemain à partir du moment où elle comprend que son père pourrait être riche, le tout jeune fils de cette dernière qui ne peut être soigné faute d’argent (étonnement, on ne verra jamais ce jeune garçon à l’écran), l’idée de vengeance du fils d’un ancien complice, l’arrivée en ville de nombreux Gunmen venus ici appâtés par l’or… Il y avait de quoi accoucher d’une fiction pleine de bruit et de fureur ; les auteurs ont préféré faire tout en douceur malgré un teigneux combat à poings nus mais nous délivrent un épisode bien trop bavard et sans grande tension dramatique.

Chose assez curieuse, aucun des protagonistes récurrents de la série n’a été convoqué à l’exception de Ryker durant à peine une dizaine de minutes ; l’on sait depuis le début que chaque épisode peut aisément se regarder indépendamment des autres – ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose en soi - mais en l’occurrence celui-ci est presque entièrement décorellé du reste tellement les éléments constitutifs de la série sont quasi tous absents ; et c’est quand même bien dommage ! Quant au twist final, il demeure bien décevant lui aussi ! Bref, un épisode un peu lassant et répétitif, pas vraiment mémorable faute à une mayonnaise qui a du mal à prendre mais néanmoins et malgré tous ses défauts, plutôt honorable grâce à de bonnes intentions ainsi qu'à une interprétation d’ensemble tout à fait satisfaisante. Il serait néanmoins souhaitable que les auteurs nous offrent à nouveau une pause plus légère avec le retour en force des personnages auxquels nous nous sommes attachés. The Return of Golden Tom nous aura néanmoins offert une séquence délicieuse et assez cocasse, celle au cours de laquelle Tom Brant est invité à jouer au poker et qu’il étonne tout le monde par son génie des cartes. Pas honteux mais très moyen !



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Re: Le Virginien - The Virginian - 1965 - Saison 4 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 14 mars 2019 9:41

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Jay C. Flippen




4.26- The Wolves up Front, the Jackals behind

Réalisation : Paul Stanley
Scénario : Herman Miller
Guest Star : Jay C. Flippen, James Farentino & Donnelly Rhodes
Première diffusion 23/03/1966 aux USA
DVD : VOSTF - VF
Note : 7.5/10


Le Pitch : Dans le Montana pour y acheter une jument, Randy fait une halte à Prindiville où vit son ami d’enfance avec qui ils ont toujours eu le rêve de monter leur propre élevage. Mais ce dernier n’est plus motivé à autre chose qu’à s’extasier amoureusement devant la fille de Colby, le plus gros rancher de la région, la ravissante Dulcie. Randy se fait embaucher quelques jours par le père de la jeune fille espérant servir d’entremetteur pour son camarade ; sauf qu’il tombe sous le charme de Dulcie. La famille Colby va se voir bouleversée par le retour après 15 ans d’absence du fils prodigue (James Farentino), malfrat dont la tête est mise à prix…

Mon avis : Malgré nos souhaits, la fantaisie et la légèreté ne sont toujours pas de retour en cette fin de quatrième saison, mais lorsque l’on tombe sur des épisodes de cette qualité, nous n’allons tout de même pas faire la fine bouche ni le regretter. Et en effet Paul Stanley confirme à cette occasion être vraiment l’autre réalisateur incontournable de la série avec Don McDougall, leurs noms au générique aboutissant quasi systématiquement à des fictions télévisées inhabituelles et remarquablement adultes. C’est donc encore le cas de ce The Wolves up Front, the Jackals behind, ce titre étant repris d’une phrase dite par le personnage de hors-la-loi superbement interprété par James Farentino lorsqu’il explique sa vie de bête traquée, ses poursuivants acharnés se révélant n’avoir pas plus de scrupules que lui ; certes nous n’allons pas non plus nous apitoyer sur son sort, Frank Colby étant bel et bien une redoutable crapule violente et meurtrière ; mais là où Herman Miller marque un premier point, c’est que malgré la difficulté du défi, il parvient néanmoins à nous rendre attachant ce protagoniste pourtant très peu recommandable. Pour en revenir tout d’abord sur Paul Stanley, c’était le même homme qui avait précédemment mis en scène le plaisant Nobility of Kings avec Charles Bronson, le très attachant épisode sur le handicap mental, The Inchworm's got no Wings at all, mais surtout aussi le sommet récent de la série qu’était Harvest of Strangers avec John Anderson en Guest Star d’un épisode absolument exceptionnel sur l’intolérance et le racisme.

Ici, il nous offre à nouveau une splendide réalisation, sa formidable utilisation des gros plans amenant des séquences d’une force peu commune, tout comme ses plans caméra à l’épaule, l’originalité de ses cadrages, de ses effets de montage et de ses plans d’ensemble en plongées verticales. C’est donc déjà d’une part une grande satisfaction niveau technique ; quant au scénario par l’auteur qui avait déjà signé ceux de Morgan Starr et The Inchworm's got no Wings at all, c’est également une des très grandes réussites de la série. L’épisode est en gros divisé en deux parties, la première narrant la romance qui nait entre Randy et la fille d’un important rancher du Montana alors que le cowboy de Shiloh était resté dans les parages espérant servir d’entremetteur/marieur pour son meilleur ami, la seconde s’appesantissant plus gravement sur les tensions familiales qui se font jour au retour de l’enfant prodigue, un dangereux hors-la-loi qui revient au sein de sa famille espérant s’y cacher. Les deux parties pourtant assez différentes de ton s’avèrent au niveau de l’écriture tout aussi soignées l’une que l’autre. Le récit démarre par l’arrivée de Randy, guitare à l’épaule, dans une petite ville du Montana où il doit acheter une jument. Il en profite pour aller visiter Georgie, son ami d’enfance, qui est joué par Michael J. Pollard, surtout connu des cinéphiles pour avoir été l’un des amis de Bonnie and Clyde dans le film d’Arthur Penn. Georgie est un garçon au physique ingrat et par ce fait devenu très timide ; il s’était toujours dit qu’avec Randy ils mettraient un jour en place leur propre élevage, tous deux passionnés de chevaux ; Randy en profitant pour le relancer lors de leurs retrouvailles, Georgie lui explique qu’il n’a actuellement pas la tête à ça, trop préoccupé par la fille du plus gros éleveur de la région dont il est éperdument tombé amoureux mais qu’il n’ose aborder.

Avec son bon cœur habituel et poussé par Georgie qui l’incite fortement à aller se rendre compte de la beauté de celle qui lui fait passer des nuits blanches, Randy décide de travailler temporairement dans le ranch où elle vit en espérant pouvoir arriver à faire comprendre à la jeune femme qu’elle ne trouvera jamais meilleur partie que son doux et gentil camarade. Sauf que la blonde et ravissante Dulcie - craquante Peggy Lipton, surtout connu pour avoir été Lucie Barnes dans la série The Mod Squad, ainsi que, pour l'anecdote, avoir été l’épouse de Quincy Jones - tombe amoureuse de Randy qui n’est pas non plus sans lui trouver du charme. Quoiqu’il en soit, d’une remarquable loyauté, il va tout faire pour que Georgie puisse rencontrer Dulcie et pour encourager leurs relations… sans résultats… elle ne lui accorde aucun intérêt. Randy et Lucie vont alors tomber dans les bras l’un de l’autre, Georgie n’en tenant pas rigueur à son ami malgré l’inconfort de la situation, le scénariste peignant à cette occasion de superbes et touchants liens d’amitié entre les deux jeunes hommes. Dans le même temps on voit arriver en ville un inquiétant étranger qui se dirige en premier lieu chez le croque mort à qui il commande une pierre tombale pour un futur cadavre, un certain Colby. Qui est-il venu tuer ? De ce que l’on connait, ça pourrait être soit le rancher - interprété avec talent par Jay C. Flippen dont on ne compte plus les participations à grand nombre de chefs d’œuvres du western dont la série Anthony Mann/James Stewart, et qui à l’époque avait déjà perdu l’usage de ses jambes - soit sa fille Dulcie ou encore son fils Ben qui ne semble pas à l'aise, assez mal dans sa peau et ne sachant pas très bien se situer au sein de sa famille. L’on comprend peu de temps après que cet homme ténébreux et menaçant est leur frère parti depuis 15 ans dans une vie de meurtres et de rapines. Sa tête est aujourd’hui mise à prix et il a décidé de se terrer quelques temps dans le giron familial histoire aussi de se faire oublier.

Sauf que personne n’est ravi de le voir reparaitre, que des secrets et des non-dits vont refaire surface, que les tensions vont s’accroitre et des conflits se déclencher ; l’écriture est tellement subtile, le jeu des comédiens tellement convaincant – surtout Jay C. Flippen et plus encore James Farentino qui auront d’ailleurs ensemble une séquence mémorable ; un peu moins Donnelly Rhodes dans la peau du frère ‘mal aimé’ – que l’épisode reste captivant de bout en bout. Randy Boone aura été le seul protagoniste récurrent de la série à officier dans cet épisode ; il n’aura pas démérité aux côtés des talentueuses Guest Star et sa tendre romance avec Peggy Lipton restera marquée dans la mémoire des admirateurs de la série. Un mélange de mélodrame familiale, de récit d’amitié et de triangle amoureux qui aboutit à un des grands épisodes du Virginien.


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