Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 18 juil. 2017 19:18

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Howard Duff & Ida Lupino



1.25 – A Distant Fury

Réalisation : John English
Scénario : Howard Browne d’après une histoire de Roy Huggins
Guest Stars : Howard Duff & Ida Lupino
Première diffusion 20/03/1963 aux USA - ? en France
DVD : VF et VOSTF
Note : 5.5/10


Le Pitch : Ed Frazier (Howard Duff) vient d'être libéré de prison pour bonne conduite après avoir purgé une peine de trois ans ; il avait volé une somme de 30,000 dollars qui n'ont d'ailleurs jamais été retrouvé. Steve qui avait témoigné contre lui lors de son procès se sent en danger, pensant qu'Ed est revenu à Medicine Bow dans le but de se venger ; il semblerait pourtant d'après ses dires que ce ne soit pas le cas. Le soir, Ed rejoint en cachette la femme qu'il aime (Ida Lupino) dont la fille est courtisée par Steve. Un drame va avoir lieu qui va mettre le cow-boy du ranch Shiloh dans une situation embarrassante...

Mon avis : Roy Huggins étant devenu le producteur exécutif de la série après le départ de Charles Marquis Warren, il profite en ce dernier tiers de saison pour caser de nombreuses de ses histoires, des intrigues pour la plupart plus proches du film policier que du western ; il les signe sous le pseudonyme de John Francis O'Mara. Rappelons que sa seule et unique réalisation pour le cinéma fût Le Relais de l’or maudit qui nous faisait regretter qu'il n’ait pas persévéré dans ce métier. Il fût néanmoins remarqué dans le fameux 50 ans de cinéma américain de Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon, ces derniers écrivant à la rubrique scénariste : "Roy Huggins mérite d’être cité pour la nostalgie qu’il a gardée pour le film noir. Du thriller il a conservé l’ambiance trouble, les péripéties nombreuses, les points de départs étranges ou originaux, l’ambiguïté morale". Profitons pour lui rendre un rapide hommage à notre tour : professeur de l’université de Californie en 1939 puis ingénieur dans l’industrie pendant la guerre, Roy Huggins se tourna ensuite vers la littérature et écrivit trois romans policiers, des nouvelles puis des scénarios tirés d’abord de ses propres ouvrages. Il devient ensuite l’un des scénaristes les plus féconds de la Columbia : citons Gun Fury (Bataille sans merci) de Raoul Walsh, Three Hours to Kill de Alfred Werker, mais surtout l’un des plus beaux films noir romantiques des années 50, Pushover (Du plomb pour l’inspecteur -1954) de Richard Quine. En 1952, il met donc en scène pour une société indépendante un scénario dont il est entièrement l’auteur, l'excellent Hangman’s Knot, l'un des meilleurs westerns avec Randolph Scott. Il souhaite désormais avoir le contrôle total de ses films à une époque où cette pratique est vue de travers par les gros pontes des studios ; à force de persévérance il réussit à obtenir ce qu'il voulait, pas en tant que cinéaste mais en devenant scénariste et producteur de séries télévisées fort célèbres. Depuis 1961, il ne se consacre plus qu’à la petite lucarne et nous avons de nombreux aperçus de son travail grâce au Virginien.

Howard Browne qui a déjà adapté plusieurs de ses histoires dont la superbe If you have Tears avec Robert Vaughn, Dana Wynter & Nancy Sinatra, revient pour écrire cet épisode qui s'avère malheureusement assez moyen car au final assez peu captivant. Sa première partie est pourtant intéressante, abordant la paranoïa qui atteint Steve alors qu'il croit dur comme fer qu'un homme qui a été en prison faute en partie à son témoignage revient en ville pour se venger de lui. Ce qui peut se comprendre d'autant plus qu'il se sent suivi et qu'ils se retrouvent souvent sur les mêmes lieux ; mais comme lui rétorque l'ex-prisonnier, la ville n'étant pas très grande, il est logique qu'ils se croisent régulièrement. Comme par hasard, Steve courtise la fille d'une veuve qui semble avoir eu une romance avec Ed, son 'harceleur'. Bref, une situation assez tendue qui se termine à mi-parcours par un drame -un meurtre- dont le spectateur est témoin, coupant alors court à tout suspense concernant l'enquête qui va s'ensuivre. Mais comme nous avons pu le constater à de nombreuses reprises, cette forme d'écriture est régulièrement employée dans la série, les auteurs souhaitant se concentrer avant tout sur la psychologie des personnages en donnant de l'avance aux spectateurs qui connaissent d'emblée la clé de l'affaire et qui ne se focalisent alors plus que sur le questionnement de savoir comment les protagonistes vont pouvoir se tirer de cette difficile situation. Le mystère étant éventé assez vite, nous assistons alors à une investigation menée par Steve qui, même s'il a été relaxé par la justice, est toujours cru coupable par la population d'un crime dont il va s'évertuer à prouver qu'il en est innocent.

Faute à une absence de tension et d'une quelconque thématique passionnante, à deux romances auxquelles on a un peu de mal à croire par défaillance d'alchimie à l'écran au sein des couples formés, à un certain manque de rigueur dans l'écriture du scénario -dont une machination dont je ne peux pas vous dire grand chose au risque de vous dévoiler des éléments très important de l'intrigue- ainsi qu'à une interprétation assez moyenne de la jeune Joey Heatherton, l'épisode n'est guère captivant même si les Guest Stars -mari et femme à la ville- s'en sortent plutôt bien. Il s'agit du méconnu Howard Duff -très bon en Sam Bass dans La Fille des prairies de George Sherman aux côtés de Yvonne de Carlo- ainsi que de Ida Lupino que l'on ne présente plus et qui fut surtout célèbre pour avoir été l'une des premières femmes réalisateurs à Hollywood durant les années 50. Elle interprète ici une femme d'âge mûre qui veut par tous les moyens donner à sa fille la chance d'avoir un avenir radieux ainsi que la richesse qu'elle regrette de n'avoir jamais réussi à obtenir pour elle-même. Dans le rôle du shérif de Medicine Bow, Ross Elliott acquiert encore un peu plus de prestance, son temps de présence étant ici assez conséquent, son personnage faisant montre d'une grande assurance et surtout d'une autorité et d'une force de caractère qu'on ne lui connaissait pas. A plusieurs reprises nous sommes témoins qu'il sait se faire respecter y compris par Steve qui sort la tête basse de ses confrontations avec l'homme de loi ; ce dernier sait le remettre à sa place sans se démonter mais Steve ne lui en tiendra pas rigueur puisque l'épisode se terminera sur leur réconciliation autour d'un verre.

Pas grand chose à dire de la mise en scène du réalisateur britannique John English qui fut le principal collaborateur de William Witney à la Republic alors qu'ils tournaient tous deux les célèbres serials que furent Zorro's Fighting Legion et Dreams of Fu Manchu, et qui en solo réalisa d'innombrables westerns de séries avec Roy Rogers ou Gene Autry ; sa médiocre utilisation des décors en studio gâche la séquence de suspense mettant en scène Ida Lupino et qui semblait devoir être le climax de l'épisode. Parmi les petites surprises on notera que nos héros n'ont pas spécialement le beau rôle, que ce soit un Steve très soupe au lait ainsi que Trampas qui se fait reprendre par le Virginien faute à ses blagues parfois un peu douteuses en certaines circonstances. On signalera également la présence une deuxième fois consécutive de Paul Carr dans le rôle du procureur, à nouveau confronté au juge Garth. Pas mauvais ni désagréable à suivre mais guère passionnant surtout après que l'excellent Howard Duff ait dut quitter l'épisode.
Modifié en dernier par Moonfleet le 18 juil. 2017 22:45, modifié 2 fois.

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 18 juil. 2017 19:29

1.24- The Golden Door
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar lafayette » 18 juil. 2017 20:03

Le second épisode qui n'avait pas été traduit et montré en France révèle que le vrai père de la soi disante fille de LjCobb était celui joué par l'excellent Barry Sullivan. Fait caché à notre public qui a donc tout le temps cru à une filiation.
J'ai donc apprécié cet épisode même si j'aurais préféré une fin inversée. Je dois avouer que je n'ai jamais vraiment accroché à LjCobb en patriarche contrairement aux personnages de Drury et McClure que j'aimais beaucoup.
Barry Sullivan a dominé l'épisode d'une belle aura.

Nonobstant ma petite remarque, c'est une sacrée étude qui est faite ici et je me suis replongé après lecture sur les épisodes 1.9 et 1.10 avec de sacrés invités.
Pour moi la vie va commencer...

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 26 juil. 2017 10:45

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Bradford Dillman



1.26- Echo of Antoher day

Réalisation : William Graham
Scénario : Frank Fenton
Guest Star : Bradford Dillman & John Dehner
Première diffusion 27/03/1963 aux USA - 02/09/1983 en France
DVD : VF & VOSTF
Note : 7.5/10


Le Pitch : Sam (Bradford Dillman) revient à Medicine Bow après avoir purgé une peine de 5 ans de prison pour le vol de 50000 dollars dont il a toujours refusé de dévoiler la cachette. Il revoit son vieil ami Trampas qui à l'époque avait failli faire parti du coup. Lui devant la vie, Trampas le fait embaucher par le Virginien. Si Sam reste sur les lieux, c'est parce qu'il sait pertinemment que son complice (John Dehner) finira par le retrouver pour récupérer le butin ; Sam l'attend donc pour mettre un terme définitif à cette histoire et pouvoir enfin recommencer une nouvelle et honnête vie. Ce ne sera cependant pas sans dangers...

Mon avis : Ce magnifique épisode que constitue Echo of Another Day a été signé par un prolifique réalisateur de télévision qui pour le cinéma aura réalisé en 1967 une comédie westernienne produite par Blake Edwards, injustement mésestimée à mon humble avis, le très amusant L'Or des pistoleros (Waterhole #3) avec en tête d'affiche un inénarrable James Coburn. Ce 26ème épisode a été écrit par l'excellent Frank Fenton, déjà auteur du mémorable If You are Tears issu de cette même première saison, mais surtout célèbre comme nous l'écrivions précédemment pour avoir laissé son nom aux génériques de westerns prestigieux aux castings de rêve tels Vaquero de John Farrow (Robert Taylor/Ava Gardner/Anthony Quinn), Rivière sans retour d’Otto Preminger (Robert Mitchum/Marilyn Monroe/Rory Calhoun), Le Jardin du diable de Henry Hathaway (Gary Cooper/Susns Hayward/Richard Widmark) ou encore le sublime Fort Bravo de John Sturges (William Holden/Eleanor Parker/John Forsythe). Après plusieurs incursions dans les histoires policières, la série revient ici au western pur et dur au travers cet épisode rigoureux, tendu et presque dénué de fantaisie -hormis les habituelles séquences de 'drague' de Trampas- qui a pour principale qualité une direction d'acteurs irréprochable, Doug McClure comme James Drury s'avérant être à leurs sommets, pourtant supplantés par le duo de Guest Stars, Bradford Dillman et John Dehner.

Bradford Dillman -prix d'interprétation mérité à Cannes pour son rôle d'étudiant meurtrier dans le très bon Le Génie du mal (Compulsion) de Richard Fleischer ; excellent également dans la peau d'un lieutenant va-t-en guerre et orgueilleux dans The Plainsman (Les Fusils du Far West) de David Lowell Rich- interprète ici un homme qui autrefois travaillait dans le même ranch que Trampas mais qui, ayant accepté d'entrer dans un gang de voleurs de train, écopa de 5 ans de prison suite à un braquage. A sa sortie, il décide d'entamer une vie honnête ; mais pour se faire, il lui faut se racheter, ce qui ne va pas s’avérer si simple puisqu'il sait pertinemment que Bleeck, le complice qui a échappé à l'arrestation, va chercher à le retrouver puisque lui seul connait l'emplacement du butin. Plutôt que d'éternellement le fuir, il décide donc de l'attendre sur place et de le conduire jusqu'à la cachette où il est certain que Bleeck le provoquera en duel afin de ne pas partager. Alors seulement il sera obligé de le tuer pour pouvoir restituer les dollars au gouvernement et repartir pour une nouvelle vie en allant retrouver une épouse qui l'attend au Texas. En attendant, il doit trouver du travail sur place ; Trampas qui lui doit la vie va le présenter à son régisseur qui accepte de l'embaucher. A ce propos l'on constate une fois encore le progressisme des auteurs qui abordent le sujet de la réinsertion des voyous dans la société, le Virginien acceptant de faire confiance à l'homme qu'il est devenu, ne voulant pas se soucier de son passé.

Une splendide séquence réunira les deux hommes alors qu'ils nettoient un poulain nouveau-né en pleine nuit ; là le Virginien lui explique qu'il lui faut faire attention de ne pas replonger et que si jamais il est tenté de le faire, qu'il fasse bien en sorte de ne pas entrainer Trampas avec lui sur la mauvaise pente auquel cas il serait obligé d'agir sévèrement, son amitié pour son principal cow-boy passant par dessus tout. En magnifiques dialogues, ça donne ça : "We all think we've changed, we think we've become something better and different. We think we've grown up. Then something happens like a prairie catches fire or a herd bolts and stampedes or a star falls. And we find out we're back again to something we thought we'd forgotten..." Puis, alors que malgré ses conseils Trampas ait quand même décidé de venir en aide à l'ex-voleur qui allait se retrouver dans une situation trop délicate sans lui -belle leçon de camaraderie ici aussi-, Le Virginien prononce une phrase au shérif qui confirme cette indéfectible et puissante affection pour son homme de main : "Whether he's right or wrong I'm going to be here for him." Mais, pour ne pas que Trampas coure un risque, le Virginien serait capable de tout y compris de sacrifier la vie d'autres personnes ; ce qui renforce son caractère très déterminé voire même très dur ; culotté de la part des scénaristes de rendre leur héros aussi acariâtre, endurci et renfrogné, capable même de remettre en cause l'autorité du shérif en se montrant encore plus directif que lui. C'est à vrai dire assez fascinant pour les fans de la série qui se révèle à nouveau bien plus adulte que familiale comme on a un peu trop hâtivement eu tendance à la qualifier.

Quant à John Dehner, il nous gratifie ici dans le rôle de Bleeck de la performance de Bad Guy jusqu'à présent la plus inoubliable de la série même s'il y en eut précédemment d'autres de mémorables et notamment Clu Gulager dans The Judgement. Son personnage est d'autant plus puissant et inquiétant que son extrême méchanceté, son incroyable sarcasme et son implacable rouerie découlent d'une enfance malheureuse qu'il raconte sans complexes. La cerise sur le gâteau pour cet épisode à la mise en scène rigoureuse et efficace lorsqu'il s'agit d'emballer des séquences d'action, à l'interprétation de haut niveau et au scénario linéaire, resserré et tendu au cours duquel même le flash-back du début est remarquablement bien intégré. Il manque peut-être d'un peu d'humour, de fantaisie ainsi que d'une présence féminine mais il n'en est pas moins assez admirable et d'une humanité qui fait plaisir à voir, autant au travers la description de plusieurs touchantes amitiés que des thématiques de la possible réinsertion des délinquants ainsi que de la confiance en la seconde chance. A signaler dans la peau du détective une autre Guest Star en la personne d'Edward Asner. Quant à la conclusion, elle ne déçoit pas, d'une belle dignité de la part du personnage interprété par Bradford Dillman. Du tout bon !

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 26 juil. 2017 10:46

lafayette a écrit :
Nonobstant ma petite remarque, c'est une sacrée étude qui est faite ici et je me suis replongé après lecture sur les épisodes 1.9 et 1.10 avec de sacrés invités.



Merci :beer1:

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 04 août 2017 10:01

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Skip Homeier



1.27- Strangers at Sundown

Réalisation : David Friedkin
Scénario : Morton S. Fine, Roy Huggins & David Friedkin
Guest Star : Jocelyn Brando, Harry Morgan, Arthur Hunnicutt, Skip Homeier
Première diffusion 03/04/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 7/10

Le Pitch : De retour d'un voyage dans le Montana, le Juge Garth et sa fille Betsy rentrent à Medicine Bow en diligence. Celle-ci est attaquée par Pauk et sa bande, le conducteur tué. Les huit voyageurs ont le temps de se terrer à l'intérieur du relais de Sundown dirigé par le vieux Tom (Arthur Hunnicutt). Les bandits lancent un ultimatum aux réfugiés : leur livrer un certain George qui semble les avoir trahi et dont ils veulent la peau, auquel cas contraire ils n’hésiteront pas à faire un massacre pour le récupérer. Qui parmi les voyageurs se cache sous une fausse identité ? Doit-on livrer un homme à la mort pour sauver sa propre vie ?

Mon avis : A propos de The Man who wouldn't Die avec Vera Miles en Guest Star, j'écrivais que le réalisateur et scénariste du premier opus de la série revenait pour signer ce 19ème épisode, mélange de mystère policier et de romance et qu'avant cela, David Friedkin s’occupa également d’écrire le scénario de deux autres épisodes, le principal point commun à ces quatre titres étant l’intégration d’une histoire d’amour d’importance au sein de chacune de leurs intrigues. Ici l'on ne peut pas vraiment dire que la romance entre Skip Homeier et Evans Evans -Mme John Frankenheimer à la ville- soit absolument primordiale au sein de l'histoire, mais elle a néanmoins son rôle à jouer, n'est pas dénuée d'intérêt et s'avère à nouveau assez touchante puisque le couple est constitué par une ancienne prostituée et un jeune homme qui connait son passé mais ne veut pas s'en soucier. Autre élément 'fleur bleue' de cet épisode, un début qui voit la jeune Betsy s'émerveiller de la vie, s'extasier sur tout ce qui l'entoure plus elle se rapproche du ranch Shiloh... Cependant, contrairement à ce que nous aurions pu penser au vu de cette description, aucune mièvrerie mais une jolie sensibilité, d'autant que l'actrice Roberta Shore tout comme son personnage ont entre temps acquis une belle maturité. La première séquence qui vient casser ce tendre lyrisme est la tuerie d'une jeune biche par un des passagers de la diligence qui les ramène au Wyoming. Le spectateur est aussi choqué que la jeune fille et voit d'un assez mauvais œil ce vieil homme.

C'est l'une des qualités premières de cet épisode que de faire évoluer le regard que nous portons sur chacun des protagonistes, tous bien plus complexes et riches que ce qu'ils nous paraissaient être de prime abord. Cet homme marqué physiquement par la fatigue, on commence donc par le mépriser pour avoir abattu gratuitement un si doux animal ; mais nous nous mettrons à le comprendre une fois qu'il aura expliqué son geste plus loin dans le courant de l'intrigue : avec son épouse -excellente Jocelyn Brando-, il a travaillé durement pendant 25 ans pour essayer de faire pousser des cultures systématiquement détruites par ces biches et chevreuils. L'on repense alors au magnifique The Yearling (Jody et le faon) de Clarence Brown, le personnage joué par Malcolm Atterbury pouvant être celui de Gregory Peck avec quelques années de plus. S'ils sont du voyage c'est qu'ils ont pu bénéficier d'un héritage qui va leur permettre de pouvoir enfin vivre dignement dans une région plus clémente. Rappelons qu'ils font partie d'un groupe de huit 'touristes'qui se retrouvent d'un instant à l'autre 'prisonniers' dans un relais, cernés par une bande de brigands tenant à récupérer l'un des leurs qui se trouve être incognito parmi les voyageurs. Le blocus et le siège d'un relais de diligence est un des petits classiques récurrents du western ; parmi les plus connus citons surtout L'Attaque de la malle poste (Rawhide) de Henry Hathaway ; mais la situation de cet épisode ressemble bien plus à celle du superbe Hangman's Knot (Le Relais de l'or maudit), seul long métrage réalisé par Roy Huggins ; Roy Huggins qui rappelons-le est en cette année 1963 le producteur exécutif de la série et l'un des scénaristes de Strangers at Sundown.

Il s'agit en sorte d'une variation sur ce grand film de série B avec cependant un changement d'importance ; ce que cherchent à récupérer les bandits n'est donc pas un quelconque trésor mais l'un des leurs qui les a récemment trahis en livrant la bande à la police avec trois morts à la clé ; et cet homme se trouve 'caché' parmi les passagers réfugiés au sein d'un relais de diligence qui servait autrefois de prison ; situation assez cocasse puisque le dirigeant du poste n'est autre que le dernier homme qui était prisonnier en ces lieux, autrement dit le personnage interprété par Arthur Hunnicutt, un homme pragmatique et surtout un lâche qui s'assume. Avant d'arriver en cet endroit confiné, se déroule une poursuite entre la diligence -dont le conducteur est rapidement tué- et la dizaine de bandits ; une scène bien rythmée mais un peu gâchée par de nombreux plans en studio et bien trop d'invraisemblances, les passagers tirant devant alors que les poursuivants se trouvent en arrière, la diligence rejoignant le relais cinq minutes avant l'arrivée des bandits alors que ceux-ci les talonnaient. Mais peu importe, le huis-clos peut alors débuter et l'épisode trouver tout son intérêt, sa richesse et son ampleur à travers la description de ce petit groupe et le dilemme moral qui se pose à lui, à savoir s'ils doivent livrer ou non aux malfrats l'homme que ces derniers souhaitent récupérer pour le tuer, s'ils ont le droit de l'envoyer à une mort certaine sans se poser de problèmes de conscience. Le premier mystère aura consisté à deviner qui du groupe de voyageurs était cet homme recherché, ce qui n'est pas forcément évident ; mais le dénouement de cet intrigant suspense aura lieu avant même la fin du premier tiers. La suite sera principalement basée sur le choix de ces deux alternatives, la moitié voulant sauver leur vie en se débarrassant de la brebis galeuse, les autres estimant que ce serait un meurtre ; et parmi ces derniers bien évidemment le juge Garth qui va essayer de convaincre les autres et notamment sa fille. Je ne vous dirais rien de ce qui sera finalement décidé et ce dont il s'ensuivra, mais les discussions et les questions morales qu'elles amènent se révèlent assez passionnantes, les idées progressistes finissant une fois encore par l'emporter.

Parmi les passagers, outre Garth et sa fille ainsi que le couple de vieux pionniers, un homme qui n'a plus que 6 mois à vivre (Richard Anderson, futur 'patron' de L'Homme qui valait trois milliards et de Super Jaimie), un vendeur ambulant de machines à coudre (Harry Morgan qui demeurera assez ambigu jusqu'au bout, entre noblesse d'âme et pervers débauché), et enfin le couple composé de la prostituée et du jeune homme interprété par l'un des plus grands de la série B westernienne, Skip Homeier. Mais celui qui marque le plus les esprits est très certainement Paul Richards dans le rôle du chef des bandits ; il fallait le faire pour savoir se rendre attachant alors même que son personnage est prêt à massacrer tout le monde pour en arriver à ses fins ; le comédien avait déjà été remarqué dans le genre dans La Furieuse chevauchée (Tall Man Riding) de Lesley Selander avec Randolph Scott où il incarnait un tueur à gage inquiétant et efféminé. D'excellents comédiens, un scénario fort bien écrit avec la mise en avant de thématiques comme le courage, la lâcheté, la loyauté, la justice, la rédemption... des cascadeurs chevronnés dans de bonnes scènes d'action -dont la longue fusillade finale-, une bonne utilisation des décors naturels dont ces concrétions rocheuses faisant face et surplombant le relais de diligence en pierre, quelques captivants dilemmes moraux chers aux auteurs David Friedkin et Morton S. Fine... Très plaisant à défaut de faire partie des meilleurs épisodes.


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 06 août 2017 16:40

1.26- Echo of Antoher day
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1.27- Strangers at Sundown

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Richard Anderson en bas à droite
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 08 août 2017 11:18

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Dolores Hart



1.28- The Mountain of the Sun

Réalisation : Bernard McEveety
Scénario : Harry Kleiner d'après une histoire de Lou Morheim
Guest Star : Dolores Hart, Jeanette Nolan, Joe De Santis
Première diffusion 17/04/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOSTF
Note : 6.5/10

Le pitch : Au cours d’un voyage d’affaires en train jusqu’à la frontière mexicaine, le Virginien fait la connaissance de trois missionnaires dont la jolie Kathy (Dolores Hart). Elles doivent rejoindre le lieu nommé ‘The Mountain of the Sun’ et cherchent un guide pour les conduire dans cet endroit extrêmement dangereux où se terrent les farouches indiens Yaquis. Malgré les conseils du Virginien de rebrousser chemin, elles n’en font qu’à leur tête et embauchent un sale type qui venait juste d’avoir affaire au régisseur de Shiloh. Au lieu de rentrer, Le Virginien va se sentir obligé de les rattraper pour les conduire lui-même…

Mon avis : Troisième épisode écrit par Harry Kleiner -grand scénariste du film noir (Fallen Angel d'Otto Preminger, The Street With No Name de William Keighley ou encore Maison de bambou de Samuel Fuller et Bullitt de Peter Yates), auteur également de réussites du western comme Le Souffle de la violence de Rudolph Maté-, troisième semi-déception ; car même s’il s’avère éminemment plaisant, l’épisode ne s’aventure jamais vraiment très loin que ce soit en ce qui concerne la romance entre le Virginien et la jeune missionnaire que pour la partie aventureuse pourtant assez originale dans son postulat de départ. Mais cette fois la faute ne peut être totalement imputée à l'auteur, la relative faiblesse de l’ensemble pesant aussi et surtout sur les épaules du réalisateur Bernard McEveety qui fera néanmoins beaucoup moins bien dans le cinéma avec par exemple le minable Marqué au fer rouge (Ride Beyond Vengeance) avec Chuck Connors, sa deuxième contribution au septième art, un western tout à fait pitoyable qui fut assez mal reçu à l’époque notamment pour son extrême brutalité. Chose assez cocasse, un autre McEveety se trouvait exactement dans la même situation à la même époque, signant des épisodes des mêmes séries et réalisant lui aussi un western pour son deuxième long métrage ; rien de moins que son frère, Vincent. Sauf que Firecreek (Cinq hors-la-loi) aura été un western d’un tout autre calibre -l'un des meilleurs des années 60- et que ce cinéaste n’aura malheureusement pas signé d’épisodes de la série qui nous concerne ici.

Mais revenons-en à ce curieux The Mountain of the Sun, sorte de lointaine variation sur Convoi de femmes (Westward the Women) de William Wellman puisque l’épisode narre le périple de trois missionnaires conduites par Le Virginien dans des régions désertiques et dangereuses du Sud Ouest des États-Unis, croisant au cours de leur téméraire expédition bandits abjects et indiens faméliques. Trois femmes fortes qui se sont destinées à Dieu et dont la mission est de rejoindre un endroit où se trouvent les impitoyables indiens Yaquis qu’elles espèrent aider par leur présence et leurs soins médicaux. Il s’agit d’une tribu très agressive par le fait d’avoir toujours été spoliée par les mexicains depuis l’arrivée des conquistadors espagnols sur leurs terres, perpétuellement attaquée depuis par l’armée mexicaine, les deux ennemis rivalisant de cruauté et de massacres. Les missionnaires espèrent faire cesser ce bain de sang en faisant entendre raison aux deux camps adverses ; obstinées mais extrêmement imprudentes, elles n’écouteront absolument personne lorsqu’on leur dira qu’elles se dirigent tout droit dans la gueule du loup avec leur mort à la clé, une mort pas nécessairement paisible puisque les précédents religieux ayant tenté de raisonner les Yaquis ont été tué après qu’on leur ait coupé la langue et le talon d’Achille. L’on apprendra plus tard qu’il s’agissait des maris de ces trois femmes, ces dernières voulant alors absolument poursuivre la mission qui a fait perdre la vie à leurs aimés. Belles preuves d’amour et belle ténacité de la part de ces missionnaires qui -heureusement pour nous- ne mettent pas sans cesse Dieu en avant mais surtout l’injustice due aux mauvais traitements infligés aux Indiens.

Rien ne les arrêtera ! Pas plus l’erreur d’avoir choisi un guide qui les a volé et abandonné à la première occasion que les conseils répétés de tous ceux qu’elles croisent y compris ceux de leur nouvel accompagnateur qui n’est autre que le contremaitre de Shiloh, James Drury pouvant ainsi retrouver le devant de la scène après s’être fait un peu discret dans les épisodes qui ont précédé. The Mountain of the Sun s’aventure ainsi hors des sentiers battus, jusque vers les dangereuses villes frontières qui fourmillent de hors-la-loi puis vers les hasardeuses terres indiennes. Malheureusement les décors sont assez mal utilisés, la succession de plans en studios et plans en extérieurs n’étant absolument pas harmonieux, passant d’un plan à l’autre d’un lieu boisé à un endroit désertique, de la nuit profonde au jour glorieux, ces invraisemblances n’aidant pas à nous immerger dans cet épisode pourtant assez mouvementé et qui aurait gagné à avoir bénéficié d’un budget plus conséquent et si –une fois n’est pas coutume- l’accompagnement musical n’avait pas été aussi envahissant voire assourdissant : des défauts qui avaient été assez rares jusqu’ici ou tout du moins pas aussi rédhibitoires. Heureusement l’ensemble reste plus qu’honorable grâce à d’excellents comédiens, un message pro-indien d’une belle dignité et une histoire d’amour assez touchante –d’autant que vouée à l’échec- entre James Drury et la charmante Dolores Hart que l’on nommera plus tard ‘la femme qui préféré Dieu à Elvis’ puisque après avoir tourné à deux reprises avec le King –dont dans King Creole de Michael Curtiz-, elle se fera nonne juste après le tournage de cet épisode du Virginien.

Parmi les autres Guest Star, une actrice fordienne en la personne de Jeanette Nolan (Liberty Valance) ainsi que Rodolfo Acosta, grand habitué des rôles d’indiens. Avant d’entreprendre ce périple au sein du territoire Yaquis, le Virginien se sera confronté à un homme qu’il a réussi à dénicher dans cette ville frontière et qui avait autrefois dépouillé le juge Garth ainsi que Trampas ; les séquences qui vont les rassembler possèdent une grande vigueur et s’avèrent assez violentes. L'on trouve aussi des scènes très réussies au fort mexicain avec des notations historiques très intéressantes sur les Yaquis et leur interminable conflit avec les blancs. Dommage que d’autres le soient moins comme la partie un peu mièvre avec l’accueil d’une famille mexicaine dont la fille a perdu la raison ou encore la rencontre dans la grotte avec les bandits mexicains, pénalisée elle aussi par des décors factices et une description bien trop clichée des mexicains. Mais ne boudons pas notre plaisir, l’épisode est assez riche en réflexion -la religion, le courage, le sacrifice, le pacifisme, la condition indienne…- et le couple James Drury-Dolores Hart est assez attachant pour que l’ensemble se regarde avec grand plaisir d’autant que notre personnage principal nous dévoile d’autres facettes et nuances de son caractère, sacrifiant son travail pour protéger trois femmes imprudentes.


Avec illustration sur classik

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 14 août 2017 10:11

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Jeannine Riley & James Drury



1.29- Run Away Home

Réalisation : Richard L. Bare
Scénario : Jameson Brewer & Howard Browne d'après une histoire de Gene Roddenberry
Guest Star : Karl Swenson & Jeannine Riley
Première diffusion 24/04/1963 aux USA - Diffusé en France sans date connue
DVD : VF et VOSTF
Note : 7/10

Le Pitch : Le Virginien vient de vendre pour 40.000 $ de bétail. La banque étant en faillite, il n’y a plus de liquidités ; heureusement, le fondé de pouvoir de Garth avait prévu cette banqueroute et avait retiré la somme ; ce qui ne plait pas à Karl (Karl Swenson) qui estime qu’en tant que petit fermier dépouillé de ses économies, il a plus le droit que le juge de récupérer son argent. Il ne va alors avoir de cesse de poursuivre le Virginien pour ‘prélever’ le montant dont il a besoin. Le voyage de retour ne sera pas de tout repos pour le régisseur d’autant qu’il rencontre à bord du train une femme fantasque (Jeannine Riley)…

Mon avis : Arrivé quasiment en fin d’une première saison qui m’aura apporté mon comptant de plaisirs et de bonheur, une réflexion me vient pourtant : paradoxalement, afin de pouvoir encore mieux apprécier chaque épisode, il faudrait arriver à les visionner en oubliant que l'on se trouve devant une série mais comme s’il s’agissait de fictions indépendantes les unes des autres. En effet, au fur et à mesure où l’on avance et à cause des budgets assez limités comparativement à ceux alloués par les mêmes studios à leurs productions cinématographiques, on se rend de plus en plus compte que quelques soient les lieux où se déroulent les différentes intrigues -car nos héros quittent parfois Shiloh, Medicine Bow et même le Wyoming comme c’est le cas dans ce délicieux Run Away Home dans lequel l’on se déplace beaucoup-, on remarque que les gares, les rues, les bâtiments, les chemins de campagne ou les paysages sont les mêmes ; ce qui fait que pour le spectateur assidu, l’ensemble perd parfois un peu en rigueur et en crédibilité puisqu'il reconnait les mêmes endroits, qu’ils se situent au Texas ou en Californie et notamment ce tronçon de route descendante en virage à mi-chemin du ranch et de la ville. Ceci étant dit, si l’on parvient à regarder chaque épisode comme s’ils ne faisaient pas partie d’un ensemble, ce ne devrait plus poser aucun problèmes.

Cette réflexion étant close, cet avant dernier épisode de la première saison est à nouveau une bonne surprise, l’un des plus légers depuis le début de la série, cependant un tout petit peu moins satisfaisant que, dans le même ton, The Big Deal avec Ricardo Montalban ou encore Big Day, Great Day avec Aldo Ray, faute avant tout au réalisateur Richard L. Bare qui n’accomplit pas vraiment de miracles mais qui a eu en revanche la chance d'être très bien secondé comme c’était déjà le cas dans le précédent épisode qu’il signa, le superbe If You have Tears avec Dana Wynters. Comme dans ce dernier, James Drury entame ici une romance avec une charmante jeune femme ; mais alors que If You Have Tears s’avérait très dramatique, il n’en va pas de même de ce Run Away Home qui flirte parfois avec la Screwball Comedy grâce surtout aux relations qui unissent notre héros à une jolie fille très fantasque mais surtout affabulatrice, malicieuse et menteuse congénitale qui ferait presque croire au Père Noël même aux moins crédules de ses rencontres ; ici, alors qu’elle est née dans une famille de fermiers, elle s’invente un père Lord britannique et fait croire au vieux couple qui les accueille qu’elle est l’épouse du Virginien. Des galéjades qui amènent à maints quiproquos, à des sous entendus assez croustillants et à des situations tout aussi cocasses que touchantes dont notamment cette séquence presque digne des meilleures comédies américaines où nos deux ‘tourtereaux’ sont forcés de passer tous deux la nuit dans une grange. Juste dommage pour cette scène que Richard L, Bare se sente obligé d'utiliser de très gros plans sur les visages qui ne mettent pas spécialement en valeur nos comédiens faute également aux maquilleurs et aux éclairagistes moyennement inspirés.

Car sinon, il faut dire que le couple formé par James Drury et Jeannine Riley fonctionne à la perfection et que l’histoire écrite par le créateur de Star Trek -Gene Roddenberry- est non seulement délicieuse mais également remplie de réjouissants retournements de situations et d'un petit côté enquête pas désagréable, outre les multiples quiproquos amenés par les mensonges d’Amelia, le Virginien devant également résoudre le mystère de billets volés : je ne pourrais malheureusement pas vous en dire plus de peur de déflorer d’importants éléments d’une intrigue riche en surprises. Sachez seulement que l'épisode débute par un premier quart d'heure très solennel, rigoureux et ne déviant pas de son sujet puis, s'éloignant un peu du canevas initial, prend des sentiers de traverses humoristiques -mais jamais lourdingue- à partir du moment où le Virginien tombe sur Amelia dans le wagon d'un train de marchandises. 'Tombe' au propre comme au figuré d'ailleurs puisqu'il atterrit sur ses genoux en prenant clandestinement le train en marche. L'on fait alors la connaissance de cette jeune fille romantique qui rêve d'aventures et de terres lointaines mais que le Virginien fera constamment descendre de son petit nuage en lui cassant tous ses rêves par son pragmatisme rabat-joie. Le personnage acquiert d'ailleurs ici encore plus d'humanité par un défaut supplémentaire que nous lui découvrons : la suspicion presque paranoïaque lorsqu'il accuse son couple d’hôtes âgés de lui avoir dérobé l'argent qu'il avait dans ses sacoches, jusqu'à leur faire mettre leur maison sans dessus dessous afin de le retrouver, les obligeant même à ouvrir une malle qui se trouve contenir non le résultat d'un quelconque larcin mais les souvenirs de leur petite fille décédée. Séquence très émouvante et qui voit le Virginien s'excuser platement d'avoir été aussi méfiant. Car en revanche son honnêteté ne peut une fois encore être prise en défaut, ayant même auparavant laissé de l'argent dans la maison vide où il était allé se servir en nourriture.

L'épisode aurait facilement pu atteindre des sommets si le réalisateur avait été plus à la hauteur. L'on s'en rend compte par exemple lors de la bagarre finale entre Steve, Le Virginien, Amelia et leurs poursuivants, la séquence se révélant totalement illisible faute à un montage calamiteux et à un metteur en scène ne sachant ni diriger ni placer ses cascadeurs. En ce qui concerne les rares thématiques, l'on aborde le fait que lors des paniques financières -comme c'était le cas dans The Money Cage- ce sont les plus faibles qui en pâtissent le plus, les riches comme le juge Garth ayant la chance d'être secondés par des chargés d'affaires prévoyants ; du coup l'on peut aisément comprendre les revendications du fermier qui avec sa famille poursuit le Virginien pour lui subtiliser une partie de son argent. Il s'agit donc d'un épisode léger, sans grande violence ni véritable Bad Guy, le meilleur scénario d'Howard Browne jusqu'à présent avec savoureux dialogues à la clé, parfaitement bien interprété par Karl Swenson, James Drury et surtout Jeannine Riley qui trouve quasiment toujours le ton juste entre cabotinage et charme. Éminemment sympathique !


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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 18 août 2017 9:27

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Ulla Jacobsson



1.30 - The Final Hour

Réalisé par Robert Douglas
Scénario Harry Kleiner d'après une histoire de Bernard Girard & Ward Hawkins
Guest Star : Ulla Jacobsson
Première diffusion 01/05/1963 aux USA - Jamais diffusé en France
DVD : VOST
Note : 5.5/10

Le Pitch : Pour aller dans le sens du progrès, le Juge Garth a décidé qu’il allouerait une partie de ses terres à des travailleurs polonais souhaitant ouvrir une mine de charbon à ciel ouvert ; ce qui n’est pas du goût des autres ranchers de Medicine Bow qui non seulement verraient ainsi leurs pâturages se réduire et qui n’admettent pas non plus que des étrangers viennent se mêler à leur communauté. Trampas est missionné par le juge pour veiller à la bonne installation de ses ‘hôtes’ ; il va tomber amoureux de l’une d’entre eux, Polcia (Ulla Jacobson), qui était pourtant promise à l’un de ses compatriotes…

Mon avis : Et voilà que la première saison de la série Le Virginien vient se conclure après 30 histoires bien développées ! Certains ont regretté que le principal intéressé ne fasse qu’une brève apparition au sein de ce dernier épisode sauf que l’on sait désormais depuis le début que l’une des particularités de la série est que Le Virginien, Trampas ou le Juge Garth sont des personnages qui possèdent une importance égale et que chacun à leur tour montent sur le devant de la scène. Ceci est principalement dû à la longueur de chaque épisode qui a fait que la production avait d’emblée pris la décision que pour optimiser l’organisation qui permettrait qu’un rendez-vous quasi-hebdomadaire puisse avoir lieu sur le petit écran, deux épisodes devraient être tournés simultanément ; James Drury ayant été le protagoniste principal du savoureux Run Away Home, il a logiquement ici laissé sa place à ses ‘collègues’, Trampas étant le ‘héros’ de cette ultime intrigue de la saison 1. Un épisode qui, contrairement au précédent, ne fait aucunement ni dans la fantaisie ni dans la légèreté mais qui s’avère au contraire très sombre voire même tragique. L’on sait que dans ce domaine la série a précédemment accouché de magnifiques épisodes -et ce dès son entrée en matière- mais ce n’est malheureusement pas le cas de The Final Hour qui se révèle être l’un des plus faibles, le script ne parvenant pas à être à la hauteur de ses très louables intentions.

Faute en incombe principalement et pour une quatrième fois consécutive au scénariste Harry Kleiner qui, malgré ses immenses talents mis au service du film noir (Crime passionnel, L'impasse tragique, La Dernière rafale Bullitt...), se révèle être l’un des auteurs réguliers les moins satisfaisants de la série par le fait de n'être jamais arrivé à dépasser de bons postulats de départs ; certes les développements amenés ne sont jamais déplaisants mais Kleiner ne parvient pas forcément à nous les rendre très captivants, restant bien trop souvent à la surface des choses. Donc encore une semi-déception que ce The Final Hour même s’il s’avère cependant agréable à suivre et que les producteurs semblent lui avoir trouvé assez de potentiel pour décider de le sortir en salles en 1965 sans même en modifier le titre. L’épisode aborde des thématiques étonnements toujours très actuelles, à savoir le communautarisme et la xénophobie ("Polacks are different from us"), le juge Garth se retrouvant seul et contre tous à lutter contre cette peur inconsidérée de ses concitoyens, [Possible spoiler]allant néanmoins être suivi par le jury ayant eu à délibérer sur le cas d’un polonais ayant tué un habitant de Medicine Bow, tout le monde s’attendant à un verdict de peine de mort alors que les jurés statueront sur l’innocence et l’accident[fin du spoiler]. Tout ceci s’intègre parfaitement au progressisme de l’ensemble de la série avec également le fait que Garth prône la tolérance et le progrès en pensant aux générations futures ("Nothing stands still. If it doesn't grow, it dies"), et essaie de convaincre ses voisins d’aller de l’avant et de ne pas stagner dans leurs acquis et habitudes… mais l’on sait que les bonnes intentions ne font pas forcément les bonnes fictions.

Non pas que The Final Hour soit mauvais, loin de là, mais aux défauts de l’écriture s’ajoutant des comédiens peu convaincants, l’ensemble s'avère assez décevant malgré de superbes séquences et notamment les dix premières minutes qui nous montrent les hésitations et les décisions de Garth quant à l’accueil de mineurs polonais sur ses terres. Les réunions qui vont avoir lieu et les discussions qu’elles vont engendrer sont assez passionnantes et laissait à penser que l’épisode serait du niveau du superbe Throw a Long Rope signé Ted Post, le troisième épisode de cette saison ; sauf qu’à partir de l’arrivée de cette communauté à Medicine Bow, la rigueur va se relâcher un peu, les clichés vont poindre le bout de leur nez et l’intrigue va avant tout tourner autour des ravages opérées chez les 'mâles' l'entourant par la belle Polcia interprétée par une plus que charmante Ulla Jacobson. Fiancée malgré elle à un homme de sa communauté d’une jalousie maladive, elle va en même temps attirer les regards du fils d’un des ranchers qui était opposé à leur venue et tomber amoureuse de Trampas qui est chargé de les protéger le temps de leur installation, d’empêcher que des conflits surgissent entre mineurs et éleveurs. Seulement, que ce soit surtout Dean Fredericks -le fiancé-, mais aussi Don Galloway -le jeune homme qui tourne d’un peu trop près autour de la donzelle- et Ulla Jacobson -l’une des premières actrices 'bergmanienne'-, leurs jeux d'acteur n'est pas spécialement nuancé et du coup l'on se désintéresse assez vite de ce quadrilatère amoureux, seul Doug McClure se révélant une fois de plus excellent. Difficile de ne pas être ému par la séquence finale où il se fait consoler par le juge qui a déjà autrefois vécu ce genre de situation de perte d'un être cher, celle évoquée précédemment dans le deuxième épisode de la série, Woman from White Wing.

Quant à la mise en scène de Robert Douglas, elle n’est pas spécialement mémorable, le réalisateur ne sachant pas vraiment filmer ses séquences de combats à mains nues, bien moins efficaces que celles que l’on pouvait voir en début de saison, les cascadeurs et les monteurs semblant bien moins inspirés. Pour l’anecdote, Robert Douglas était un élégant comédien moustachu qui a tourné dans quasiment tous les films d’aventures prestigieux de la MGM dans les années 50 (La Flèche et le flambeau, Ivanhoé, Le Prisonnier de Zenda, Kim…), mémorable également dans Le Rebelle de King Vidor ou encore dans La Brigade héroïque de Raoul Walsh. Disons qu’au vu de ce seul épisode, il semblait avoir été plus à son aise devant que derrière la caméra ! D’autant plus dommage que les thèmes abordés –dont l’immigration- sont denrées assez rares dans le western, que la montée de la tension jusqu’au drame inévitable est plutôt bien gérée et enfin que cette histoire d’amour tragique sur fond d’incompréhension et d’intolérance aurait pu donner lieu à un sommet de la série avec un casting mieux choisi. En l’état, ce n’est cependant pas déshonorant du tout et c’est avec une grande confiance que nous allons pouvoir nous lancer tête baissée dans la deuxième saison.

Avec illustrations sur le site

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Moonfleet » 18 août 2017 9:36

Résumé noté de la saison 1 :

1.1 L'Exécution (The Executioners) réalisé par David Friedkin : 7.5/10
1.2 Woman from White Wing réalisé par Burt Kennedy : 7/10
1.3 Throw a Long Rope réalisé par Ted Post : 8/10
1.4 La Clôture (The Big Deal) réalisé par Earl Bellamy : 7.5/10
1.5 The Brazen Bell réalisé par James Sheldon : 7/10
1.6 Le Dernier combat (Big Day, Great Day) réalisé par Harmon Jones : 7.5/10
1.7 Les Héros (Riff-Raff) réalisé par Bernard Girard : 5/10
1.8 Impasse réalisé par Maurice Geraghty : 8/10
1.9 It Tolls for Thee réalisé par Samuel Fuller : 6.5/10
1.10 Un Joyeux Luron (West) réalisé par Douglas Heyes : 7.5/10
1.11 The Devil's Children (Les Enfants du diable) réalisé par William Witney : 6.5/10
1.12 Fifty Days for Moose Jaw réalisé par Maxwell Shane : 7.5/10
1.13 The Accomplice (L'accusatrice) réalisé par Maurice Geraghty : 6.5/10
1.14 The Man from the Sea (Tu as gâché ma vie) réalisé par Herschel Daugherty : 7/10
1.15 Duel at Shiloh (Duel à Shiloh) réalisé par Jerry Hopper : 7/10
1.16 The Exiles réalisé par Bernard Girard : 6.5/10
1.17 The Judgement (Le Verdict) réalisé par Earl Bellamy : 8/10
1.18 Say Goodbye to all that (Le Grizzly) réalisé par William Witney : 6/10
1.19 The Man who wouldn't Die (Le Mort a disparu) réalisé par David Friedkin : 6/10
1.20 If you have Tears (C'est moi qui l'ai tué) réalisé par Richard L. Bare : 7.5/10
1.21 The Small Parade réalisé par Paul Nickell : 7.5/10
1.22 Vengeance is a Spur (Vengeance) réalisé par Robert Ellis Miller : 6/10
1.23 The Money Cage réalisé par Alan Crosland Jr. : 7/10
1.24 The Golden Door réalisé par John Brahm : 6/10
1.25 A Distant Fury (Libération anticipée) réalisé par John English : 5.5/10
1.26 Echo of Another Day (Lui ou moi) réalisé par William Graham 7.5/10
1.27 Strangers at Sundown réalisé par David Friedkin : 7/10
1.28 The Mountain of the Sun réalisé par Bernard McEveety : 6.5/10
1.29 Run Away Home (Escapade) réalisé par Richard L. Bare : 7/10
1.30 The Final Hour réalisé par Robert Douglas : 5.5/10

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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar Cole Armin » 18 août 2017 22:09

Merci moonfleet pour cette première saison et ces critiques qui rendent justice à la qualité de la série.
"Attends d'être aussi vieux que moi pour parler comme moi"
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U.S. Marshal Cahill
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 19 août 2017 9:55

:applaudis_6: :beer1:

à propos de The final hour, on a aussi un ancien topic dédié => viewtopic.php?t=2031#p13053
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Re: Le Virginien - The Virginian - 1962 - Saison 1 - Les épisodes

Messagepar HART » 20 août 2017 10:02

Bravo et merci , Moonfleet , pour ce travail impressionnant.
C'est un véritable outil de référence que tu as crée ici en même temps qu'un appareil critique très agréable à lire.
Vraiment très apprécié.



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