La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

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La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 27 juin 2018 13:41

La Révolution Sergio Leone , catalogue de l'exposition de la Cinémathèque Française, Paris, octobre 2018.



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https://www.amazon.fr/Revolution-Sergio ... 9711&sr=8-

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 01 août 2018 16:35

GIAN LUCA FARINELLI , CHRISTOPHER FRAYLING
La révolution Sergio Leone
Présenté par Frédéric Bonnaud
Hors collection, La Table Ronde
Parution prévisionnelle : 04-10-2018
En accueillant l’exposition Il était une fois Sergio Leone – conçue par Gian Luca Farinelli, directeur de la Cineteca de Bologne –, la Cinémathèque propose un événement Sergio Leone pour le grand public, que promouvra une campagne de communication déployée dans la France entière. Films, conférences et rencontres se succéderont pendant quatre mois, et le livre-catalogue, dont la publication a été confiée aux Éditions de La Table Ronde, accompagnera cette rétrospective.
Co-écrit par Gian Luca Farinelli et Christopher Frayling, biographe attitré de Sergio Leone, l’ouvrage réunit des écrits du cinéaste, des textes critiques sur son œuvre, des entretiens avec certains de ses plus proches collaborateurs ainsi qu’une filmographie exhaustive. Il sera complété de documents issus des collections de la Cineteca et autres images illustrant le travail du réalisateur.
304 pages, ill., sous couverture illustrée, 140 x 205 mm

Présentation de l'ouvrage:
http://www.gallimard.fr/Catalogue/Table ... rgio-Leone

Un extrait, écrit par Frédéric Bonnaud, qui sert aussi de présentation à l'exposition sur le site de la Cinémathèque Française:

À L’OUEST, DU NOUVEAU
Genre donné pour mort dès le début des années 1960, passé avec armes et bagages à la télévision sous une forme appauvrie et sérielle, le western, autrefois « le cinéma américain par excellence » (pour reprendre le titre d’un célèbre article d’André Bazin), ne survivait que dans les rêves de ses adorateurs des salles de quartier et des cours de récréation.
Sergio Leone était de ceux-là et il le restera toute sa vie, même après les triomphes commerciaux, encore capable de demander à un Bernardo Bertolucci éberlué par tant de naïveté et de « premier degré », pendant le premier travail de défrichage du scénario d’Il était une fois dans l’Ouest (1968), comment dégainait-il, quand il était petit, son revolver-jouet, mimant les gestes de l’enfance : plutôt commeci ou plutôt comme ça ? Bertolucci se demandait si Leone plaisantait, se moquait de lui ou s’il était un peu idiot, un peu simple.

L’ÉCRITURE DU FANTASME
Cet étonnant mélange de croyance enfantine préservée et du très efficace savoir-faire d’un pur produit des studios de Hollywood-sur-Tibre est l’une des grandes contradictions leoniennes, mais aussi l’un des secrets de sa geste de cinéaste : Leone ne parodie pas le western, il ne s’en moque pas, le prend au contraire terriblement au sérieux et le réinvente patiemment, avec une ambition de plus en plus haute à chaque étape, parce qu’il en a besoin pour affirmer une écriture faite de défroques et de figures, une écriture qui se déploie seulement dans le fantasme, au pays de l’imaginaire.
Hâtivement qualifiés de « spaghetti » par des critiques désorientés et orphelins de leur propre enfance, ses westerns ne sont pourtant pas d’opérette et Leone n’aura de cesse de nourrir l’épure de Pour une poignée de dollars (1964), empruntée à Dashiell Hammett (La Moisson rouge) via Kurosawa (Yojimbo), d’une sorte de réalisme empirique et géographique – où le tournage espagnol conduit fatalement à la frontière mexicaine et au poncho de Clint Eastwood –, fait d’effets de réel inédits et outrés (la crasse, la bêtise, la violence) et d’anecdotes historiques encore peu traitées (les « bounty killers » de Pour quelques dollars de plus, 1965 ; la prison-camp de concentration d’Andersonville du Bon, la Brute et le Truand, 1966). À chaque nouveau film, le succès et les moyens aidant à l’ambition, Leone rajoute des couches de sens, d’Histoire et de références culturelles. Comme s’il lui fallait, après avoir revivifié et restitué à l’imaginaire collectif un genre à l’agonie, le rendre enfin sur-conscient de lui-même et capable de charrier un véritable torrent réflexif et critique.

MYTHOLOGIE CONTRE HISTOIRE
Sous Leone, le western renoue avec le lyrisme, celui de ses origines, mais il ne sera plus ni mensonger ni révisionniste. L’Histoire a été écrite, la légende maintes fois imprimée, et la contre-Histoire aussi : plus personne ne peut ignorer que cette nation a été bâtie sur un cimetière d’Indiens et il ne restera bientôt plus rien à démythifier – surtout après Arthur Penn (Little Big Man) et Ralph Nelson (Soldat bleu), qui interviennent tous deux en 1970, un an après Il était une fois dans l’Ouest, comme des réponses « de gauche » et anti-Vietnam à un film volontiers mythologique, que les Américains n’ont pas voulu voir tant ils étaient déjà passés massivement à la contre-culture et au dégoût d’eux-mêmes, alors que Leone se vautrait dans sa rêverie fordienne et ne finissait pas d’en jouir, encore et encore, jamais rassasié.

MÉLODRAME ET TRANSPARENCE BIOGRAPHIQUE
Nul besoin d’Indiens chez Leone, cette histoire-là n’est pas la sienne et lui n’a rien à se reprocher, mais beaucoup de véritables gangsters, d’entrepreneurs sans trop de scrupules et leurs hommes de main. Et aussi beaucoup d’enfants perdus. Car s’il attendra Il était une fois la Révolution (1971) pour afficher un certain scepticisme quant à la réussite des aventures collectives, s’attirant les foudres de la gauche italienne qui supportait mal que Leone joue ainsi au désenchanté, lui qui ne semblait s’intéresser qu’au cinéma et basta !, il a toujours peuplé ses récits d’images traumatiques, de pertes irréparables et de très vieux comptes à régler. C’est ainsi qu’on retrouve dans Il était une fois dans l’Ouest le petit garçon de Pour une poignée de dollars, silhouette fugitive privée de mère par le méchant, un enfant devenu Harmonica/Bronson, et rendu au néant une fois accompli le programme narratif : Frank/Fonda lui avait donné la meilleure des raisons de vouloir le tuer et aussi l’instrument de sa vengeance, l’harmonica qui avait d’abord servi de bâillon mortel puis d’« aide-mémoire ».
Leone est un vrai mélodramatique qui s’assume et il ne recule jamais devant aucune littéralité. Mais cette simplicité de l’intrigue, ce simplisme diront ses contempteurs, tandis que ses admirateurs renverront plutôt aux grandes émotions collectives du cinéma muet, ne peut jamais être taxée d’insincérité. Exposer Leone, c’est aussi raconter son histoire familiale et là encore, se heurter à une telle lisibilité du roman des origines qu’elle empêche d’interpréter quoi que ce soit. Montrer suffit, tout est là.
Dès Pour une poignée de dollars, Leone dit l’essentiel en signant Bob Robertson. Pas de secret, il avance à découvert, en tant que « fils de Roberti », père adoré et inventeur du western italien des années 1910 (La Vampire indienne, Roberto Roberti, 1913), avec la future maman de Sergio dans le rôle de la squaw ! Si on ajoute que la carrière de Roberto Roberti eut maille à partir avec le régime fasciste, et qu’elle ne fut finalement pas très glorieuse mais qu’il parvint après-guerre à mettre le pied à l’étrier à Sergio, dans un Cinecittà bientôt florissant… Fils de son père et désir de revanche, trajet à achever, pur ressort de mélodrame.

LEONE EXAGÈRE TOUJOURS…
… Oui, c’est sa force et sa signature, et son mélodramatisme originel, voire franchement primitif, le pousse à une écriture aussi sophistiquée que les intrigues resteront minces jusqu’à Il était une fois en Amérique, chef-d’œuvre ultime, récapitulation et mise en doute de tout le chemin parcouru en vingt ans de cinéma, film-cerveau détraqué où plus rien n’est sûr, ni le souvenir ni la conclusion de l’histoire. À sa littéralité coutumière répond toute une série de contrepoints et d’oxymores qui fonde l’écriture leonienne : le trivial et le lyrisme, bien sûr, la figure classique (le duel, exemple évident) et sa version expérimentale, tout juste sortie du laboratoire, le spectacle populaire et l’éloge de la lenteur, voire de la suspension temporelle, le goût de la grimace et de l’onomatopée et l’envolée vers le sublime. Tout cet arsenal contradictoire pour aboutir à la constatation de Luc Moullet dans un texte fondateur (« La majesté du trivial ») : Sergio Leone est un cinéaste d’avant-garde populaire, commercial et expérimental, « rare exemple filmique d’une avant-garde comprise et adorée par le plus large public ».

Frédéric Bonnaud

Extrait du catalogue La Révolution Sergio Leone
Coédition Les Éditions de la Table Ronde / La Cinémathèque française


http://www.cinematheque.fr/cycle/exposi ... e-462.html

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar Vin » 02 août 2018 8:45

Excellent, merci :)
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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 04 oct. 2018 11:07

:sad:

Format trop petit, imprimé à l'économie, dépourvu de document originaux et vraiment inédits, sauf quelques dessins de Marilu Carteny (très petits) ou de rares photos de tournage (comme beaucoup sont recadrées, on ne sait pas trop).... même des blogs, des captures de Blu Ray et des images de Youtube ont servi ! :lol: Les affiches, elles sont souvent sur ebay !

Le seul intérêt (?) de ce catalogue , dépourvu de bibliographie, est de recycler les entretiens orignaux (complets ?) que Ch. Frayling avait fait de collaborateurs de Leone, mais anciens et surtout dépassés par d'autres et de nouvelles informations. On trouve aussi une "masterclass" de 1986...

Peter Hanley peut dormir tranquille, son travail reste le seul au monde produit sur "la fabrique" Sergio Leone (The Good, the Bad, the Ugly. Behind the scenes).

viewtopic.php?f=14&t=17088

La Cinémathèque française sut en son temps faire de beaux catalogues (L'expressionnisme allemand), il n'en reste qu'une entreprise des plus médiocrement représentée ici, au rebours de la diffusion universelle et du génie esthétique des films de Sergio Leone (ceux qui n'iront pas à Paris ne verront rien, sous réserve qu'il y eut à voir ? ) .

(Qu'on en vienne pas me parler de budget, Hanley a auto-financé son livre lui-même, et le diffuse via amazon. tout seul.)

Le livre anglais inédit de Frayling à venir ne traite que d'Il était une fois dans l'Ouest, on verra donc dans quelques jours.

viewtopic.php?f=14&t=18278
Modifié en dernier par L.. le 04 oct. 2018 13:43, modifié 1 fois.

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar MARCHAND » 04 oct. 2018 12:05

26 euros 50, j'ai bien lu ?
Errare humanum est...

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 04 oct. 2018 12:09

C'est un recueil de textes, dont l'intérêt doit varier. Visuellement, c'est assez lamentable.

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 04 oct. 2018 15:07

...avec des textes bien incertains. Pour avoir lu les deux premiers, inédits, l'introduction de Frederic Bonnaud, qui redit en compliquant ce que tout de monde sait déjà, et de Gian Luca Farinelli et Antonio Bigini, qui commettent, en 2018, encore l'exploit de nombreuses erreurs, (Le colosse de Rhodes est tourné en 1960, avec des moyens très très confortables, et pas en 1961; Pour une poignée de Dollars est mis en chantier fin mars 1964 pour 9 semaines, tourné au village d' Hoyo de Manzanares, contrairement à ce qui est écrit parmi des choses déjà lues partout ailleurs, cela augure bien mal de ce qui peut-être nouveau....(beaucoup de textes sont des traductions d'interviews anciennes, ou des publications de textes épuisés.)

Sergio Leone avait souvent raconté n'importe quoi, visiblement ses commentateurs officiels d'aujourd'hui le suivent dans cette voie.

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 04 oct. 2018 17:34

Après consultation et lecture plus attentives, je confirme bien, hélas, la pauvreté du matériel iconographique inédit, le recyclage de textes anciens, certains déjà publiés en France -notamment dans le livre sur les métiers du cinéma de Laura Delli Colli édité par Liana Levi (1985)-.

On a même droit à la reprise d'un panorama critique français, travail déjà fait dans l'ouvrage de Gilles Cébé, sans qu'il soit même mentionné.

Utile à ceux qui n'ont pas déjà les textes originaux , utile pour la traduction des interviews de Christopher Frayling -une vingtaine d'années- pour la biographie de Leone qui sort à la fin du mois en français -donc redondants dans quelques jours- ou certains textes de Leone (l'interview donné à Carlo Verdone pour le découpage publié en Italie de Pour une poignée de Dollars.... utile pour quelques pages ou images documentaires inédites en France.

L'ensemble ressort d'un recyclage de matériel ancien, parsemé de quelques textes théoriques banals et sans grand intérêt, sans idées nouvelles voire sans idées du tout, donnant une forte impression de déjà lu.

Cela fait tout de même très léger.

L'ouvrage Sergio Leone de Gilles Cébé, chez Henry Veyrier (1984) reste bien mieux, on le trouve encore facilement, comme les Conversations de Sergio Leone avec Noël Simsolo, mais ces entretiens restent sujets à caution bien souvent (version leonesque des faits). Le matériel documentaire publié à Montpellier, en 1998 (Actes du Festival, consacré en grande partie à Leone) et livre de Carlo Simi sur ses décors, est aussi d'une qualité bien supérieure.

Après , c'est l'Italie et l'Espagne pour avoir de la documentation plus sérieuse, voir les nombreux livres cités sur ce sous-forum "Supports écrits et médias/Supports écrits, ils n'y sont pas tous d'ailleurs, certains étant complètement épuisés.

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 06 oct. 2018 8:22

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Ce qu'aurait dû montrer un catalogue d'exposition bien fait.... un problème de droits, où les Italiens se réservent la part du lion pour une publication ultérieure ?

(Cela n'excuse pas des génériques hasardeux dans la filmographie, l'absence de bibliographie et de source éditoriale des entretiens déjà édités, ni les carences du reste....)

(Document, Cinémathèque française, Paris.)

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Re: La Révolution Sergio Leone, catalogue d'exposition.

Messagepar L.. » 18 oct. 2018 20:41

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Précédent catalogue, ( exposition 2005, tr. fr. La Martinière) dont beaucoup de textes de cette Révolution Sergio Leone sont issus, épuisé et assez cher maintenant.



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