Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

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Arizona Kid
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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar Arizona Kid » 21 déc. 2019 21:01

Je termine à l'instant le visionnage de ce magnifique film, acheté ce matin à O'CD après plusieurs mois de regrettable hésitation.
Disons-le d'entrée de jeu: quelle claque, et quel script !
Sans doute avons-nous là l'un des plus beaux westerns de Kirk Douglas et peut-être un des plus beaux westerns tout court.
Car pour moi, et pour répondre au débat précédent, oui, il s'agit d'un western; " moderne " certes, mais aussi western que l'est à mes yeux Le plus sauvage d'entre tous avec Paul Newman.

A mon sens, c'est un western dans la mesure où le film de David Miller convoque toutes les figures du genre: un cow-boy solitaire et désabusé vivant selon ses propres valeurs, avec son cheval pour seul compagnon, un patelin hostile, des bagarres de saloon, une poursuite impitoyable -ici à travers la montagne- , une amie / amante esseulée...
En somme, tous les ingrédients d'un western plus classique, transposés en l'occurrence à une époque contemporaine -les années 50 en l'occurrence- pas si lointaine de la nôtre.

Un western, donc, qui nous offre une réflexion à la fois pertinente et effrayante sur notre société, qui se veut " civilisée " et " progressiste " mais brise volontiers les ailes de qui se risque à marcher hors des clous et à vouloir vivre d'une manière différente de ses pairs.
Jack Burns, superbement campé par un Kirk Douglas impérial, illustre à merveille cette liberté chérie, qui lui vaut d'être mis au ban de la société, en lui donnant un nom poétique de femme indienne: " Fais-ce-qu'il-te-plait ".
Et dans cette société américaine des années 50, à la pointe du modernisme dans tous les domaines, Burns, nostalgique de la grande époque des cow-boys et des pionniers -que, paradoxalement, il ne peut avoir connue étant donné son âge dans le film- fait figure d'anachronisme vivant.

Cette soif de liberté -et de grands espaces préservés de l'urbanisation nocive et galopante- le conduira logiquement à sa perte, traqué dans les montagnes par les hommes d'un shérif qui semble pourtant l'admirer (deux pouces en l'air pour Walter Matthau) , essayant même par moments de couvrir sa fuite éperdue.

Mais la " civilisation " aura finalement la peau de Burns: blessé suite à une chute de cheval au bord d'une route fouettée par une pluie diluvienne, le dernier des cow-boys meurt sous nos yeux au moment où l'on abat hors-champ son fidèle destrier, lui aussi salement amoché.
Un rôle en or pour Kirk Douglas, qui impressionne tout au long du film par son charisme et sa solidité physique.

Concernant le reste de la distribution, outre la performance de Walter Matthau, il faut saluer la prestation de Gena Rowlands dans le rôle touchant de Jerri, mère au foyer et peintre à ses heures perdues: bien que mariée à un ami de Burns, elle est amoureuse de ce dernier, et cherche à le persuader de renoncer à sa vie de marginal pour enfin rentrer dans le rang... tout en espérant secrètement qu'il ne le fasse jamais, car c'est justement cette obstination à être à tout prix celui qu'il veut qu'elle admire en lui.

Dans un tout autre registre, Guttierez, le maton sadique joué par George Kennedy, ne manque pas de pittoresque, notamment dans sa manie de prétexter un appel téléphonique pour extraire un nouveau détenu de sa geôle et le tabasser pour le plaisir entre deux coursives.
Un " traitement de faveur " dont le pauvre Burns fera les frais, pour mieux lui rendre oeil pour oeil -et surtout dent pour dent- , par un solide coup de crosse de sa Winchester.

En définitive, voilà un très beau western, servi par un scénario en béton signé Dalton Trumbo -l'un des plus illustres noms de la tristement célèbre liste noire d'Hollywood- et jouissant d'une hypnotique photographie noir et blanc.
Du western, du vrai et du bon !

icongc1
Modifié en dernier par Arizona Kid le 07 févr. 2020 13:44, modifié 2 fois.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

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Yosemite
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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely Are The Brave - 1962 - David Miller

Messagepar Yosemite » 06 févr. 2020 20:51

chip a écrit :Je me souviens d'une réflexion que l'on m'avait faite lorsque j'avais fait part dans un ciné-club de mon intérêt pour le western: "mais vous n'êtes jamais sorti de l'enfance ", les personnes qui avaient énoncé ce jugement définitif étaient deux enseignantes. Désolant.


Et finalement, les personnes qui se considèrent comme uniquement adultes ne sont-elles pas les plus insignifiantes qui soient ?
A ces deux enseignantes, la réponse qui me semblerait la plus appropriée de ma part et à mon âge serait : " Et alors ? "
Ce soir, je revois "Lonely are the brave". Au moins pour voir Kirk Douglas se régaler d’œufs au plat, ce passage m'a toujours plu et il s'avère qu'il est devenu une sorte de symbole à titre personnel.
Vive les œufs au plats.
Vive les enfants indomptés.
Vive Kirk Douglas.
Yo.
Modifié en dernier par Yosemite le 07 févr. 2020 11:18, modifié 1 fois.

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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar yves 120 » 06 févr. 2020 22:24

A ces deux enseignantes qui n 'ont jamais été des enfants en fait , jamais vraiment dans le bon sens profond du mot " enfant " ne sont pas plus
des " adultes " dans le sens également profond du mot , juste des gens évolués sans aucun ressenti c 'est d 'un commun ... ! :roll: aller , elles ne sont
pas sorties de l 'enfance car elles ne y sont même pas entrées alors encore moins adultes .
Toujours est t 'il merci et respect Kirk Douglas .
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar Yosemite » 07 févr. 2020 11:33

Un film splendide et très touchant revu avec un immense plaisir.
L'histoire d'un cow-boy devenu un Indien au fur et à mesure des années. Kirk Douglas y est magnifique, je soupçonne Joseph Losey de s’être inspiré de ce film en réalisant "Figures in a landscape"...
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Magnifique photographie N&B de P. Lathrop.
Délicieux oeufs au plat.
Yo.

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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 03 mai 2020 14:41

image choc !
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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar Yosemite » 07 mars 2021 20:43

Évoqué ce soir à l'émission "Le masque et la plume" sur France Inter. Évoqué et loué à juste titre selon moi. Contrairement à "La mission" et à tout aussi juste titre et toujours selon moi bien sûr ! :num1
Yo.

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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar limpyChris » 08 mars 2021 8:32

Ça, c'est sûr qu'il est plus aisé de dire du bien de "Seuls sont les indomptés", comme on enfonce des portes ouvertes ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

- You've seen too many westerns, old man.
- That doesn't exactly work in your favor.

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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar harry » 09 mars 2021 6:15

Pendant des années j'ai évité les westerns " contemporains " , surtout quand on voit des automobiles , donc ce western je me suis décidé à l'acheter version " Sidonis/Calista , et ce fut un choc tant il y a de belles choses, et joué formidablement , tout a été dit avant moi sur ce grand western et grand Kirk , j'ai laissé tombé mes préjugés sur les westerns se passant maintenant ou au siècle dernier , depuis j'ai beaucoup aimé " Trois enterrements " et d'autres ... , donc ce " Lonely are the brave " , ça , c'est du western :!:

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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar Yosemite » 09 mars 2021 16:51

limpyChris a écrit :Ça, c'est sûr qu'il est plus aisé de dire du bien de "Seuls sont les indomptés", comme on enfonce des portes ouvertes ...


Ah, ça rien n'est moins sûr. Même si ce western fait l'unanimité chez nous (sauf quant à son appartenance au genre bien sûr qui a suscité moult débats :roll: ),on voit bien que les avis sur tous les films divergent inévitablement et c'est tant mieux.
Pour s'en convaincre il suffit de parcourir le forum... ou, par exemple, de réécouter la récente émission du Masque et la Plume dans laquelle était évoquée "Les tontons flingueurs".
Ce dernier a fait l'unanimité-1, un des invités l'a, en résumé, qualifié de gros navet et ce, à la surprise des autres.
Yo.

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limpyChris
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Re: Seuls sont les indomptés - Lonely are the brave - 1962 - David Miller

Messagepar limpyChris » 09 mars 2021 19:54

Ouf, soulagé que tu aies/vous ayez compris que ce n'est/n'était ni toi/vous ni le Kid dont je voulais parler, mais des critiques ('parisianistes' -vu ailleurs- :) ) ... de la diversité ? Ben tant mieux, quand on reste correct et qu'on étaye. Mais ici, même Harry a décidé de sortir de sa réserve du XIXième Siècle pour dire son enthousiasme pour ce film, et qu'il allait agrandir sa sphère de confort ... Oups, y en a sûrement un qui va se ramener ... I' croira avoir entendu "Southern Comfort" ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

- You've seen too many westerns, old man.
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