La Mission du Capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis

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U.S. Marshal Cahill
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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 13 juin 2011 10:04

Abilène a écrit :Image


:D Chouette un beau coloriage à faire :sm57: :horse:
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hellrick
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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar hellrick » 01 août 2011 11:26

Film très décevant, avec quasiment aucune action et des personnages très clichés (même si les Indiens y sont présentés de manière relativement nuancée) et un Randolph Scott pas génial (il a raison, les autres ont tort, les pas d'accord prennent un poing sur la gueule et c'est réglé)...La fin laisse espérer un peu d'action ou de suspense mais finalement...non :cry: Mise en scène également très paresseuse
Pas grand chose de positif à part les paysages et les couleurs, ça se laisse voir mais faut être indulgent

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gilson
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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar gilson » 11 août 2011 14:54

Le titre français, ce n’est pas si fréquent, est très bien trouvé ou très bien venu. Cette mission, on attend que quelqu’un la confie à ce personnage en mal de réhabilitation (et encore une rédemption, une !!) dès le début, presque, à partir du moment où l’épouse d’un officier mort à Little Big Horn maudit Benson visitant, ébahi, un fort quasi déserté. De la même façon, les choses sont dites dès le départ : on est dans une sorte de suspension, pendant tout le film : temps suspendu de l’inspection du fort (jumelles puis panoramique, une fois que Benson est à l’intérieur), suspension malveillante jusqu’au procès militaire de Benson, après celui, très intéressant, des autres officiers présents autour de la bataille* ; incertitude sur l’échec ou de la réussite de la mission impossible qui lui est confiée ; suspension très originale lors de l’attaque au ralenti des Indiens, qui se contentent de tourner lentement autour des hommes, en attendant qu’ils meurent de soif, au lieu de bêtement se faire canarder comme ils font d’habitude, l’air assez content d’eux ; suspension aussi, avec un autre problème qui vient se greffer sur les autres : celui de l’obéissance en général et de l’obéissance à quelqu’un qui est déconsidéré ; suspens sur l’issue de la discussion entre le jeune Indien qui a connu l’école blanche et les soldats en mission ; et surtout, le plus important, tout le film me semble refléter un moment-clé dans l’histoire américaine : celui où on peut se prendre à hésiter : après Little Big Horn, est-on si certain de l’emporter ? Et, probablement, qui en découle, une brève, au moins, une brève remise en question de la présence blanche sur ce sol.** L’Histoire se mettrait à se gratter la tête en se disant : Après tout, pourquoi pas ? Espèce de match nul majuscule, provisoirement.

Richesse de la thématique***, en ce petit format (110 minutes), et soin dans la forme. Rien ne dépasse, rien qui traîne. On va droit aux choses, sans se perdre en route, et on s’efforce, LEWIS s’efforce, à une expressivité digne d’admiration : prenons rapidement toute la scène de la poursuite de l’Indien isolé, au début de l’expédition. Elle est précédée par un filmage du terrain que rencontrent les soldats sur leur route: LEWIS choisit ; il choisit des espaces menaçants, avec des bosquets propices aux éclaireurs, aux embuscades, bref, il montre un terrain disputé par l’ennemi, au rebours de celui qu’on voit au début du film, quand Benson arrive avec sa fiancée****, dans un paysage dégagé, même si la menace est là, sous la forme inoffensive d’une domestique indienne qui les suit. L’Indien isolé une fois repéré, Benson le poursuit et il s’en faut de peu qu’il ne lui échappe, profitant encore d’un bosquet pour se dissimuler. Le combat, corps à corps, est très long : l’Indien récupère plusieurs fois son couteau, et on a encore le sentiment, à cause de cette durée, d’une égalité provisoire entre deux parties, chaque combattant représentant tous les siens. Magnifique séquence aussi, que celle de la ronde funèbre des Indiens, au cours de laquelle LEWIS joue encore avec les codes, puisqu’on peut supposer que lui aussi en avait assez des chariots disposés en cercle niah niah niah : un plan est éloquent : roue et châssis de chariot en contre-plongée et, en haut du plan, les Indiens qui tournent interminablement : espace obturé, dominé par les Indiens, civilisation matérielle des Blancs mise en échec, immobilisée, marche en avant remise en question.

Un grand petit film, il me semble, donc, j’irais même jusqu’à : très grand. D’où vient qu’on ait, malgré tout, le sentiment, d’une démonstration, alors même que le constat de la richesse thématique nous en détourne raisonnablement ? C’est peut-être notre accoutumance à un format : il y a sans doute en nous quelque chose comme un calibrage de notre perception esthétique du cinéma : le 1h 45 nous a peut-être faits de sorte que nous nous trouvons incommodés par des durées moindres ; les 1h 45 font respirer la narration, avec des éléments secondaires qui donnent l’illusion du réel parce que les fils conducteurs s’y perdent un peu, comme dans la vie. Dans ce film, on n’a pas le temps : LEWIS a-t-il voulu ce format, lui a-t-il été imposé ? Je préfère le film tel quel, mais il secoue une habitude en nous, je crois.




*très intéressant car très réaliste, puisqu’en peu de phrases, on a une idée de la complexité d’une bataille. On pense au Fabrice de « La Chartreuse », dans le célèbre passage du bouquin où il parle de la presque impossibilité d’y comprendre quoi que ce soit quand on est sur un champ de bataille : ici, c’est un peu pareil, sauf que les officiers ont le point de vue du commandement et un problème plus précis : j’ai la responsabilité d’hommes ; qu’est-ce qui arrive si je déplace mes hommes, ne fût-ce que pour obéir à des ordres ? Est-ce vraiment la meilleure des choses à faire, compte tenu de ce que je suis sceptique sur la décision prise par le général en chef ? Dois-je hasarder mes forces, mes hommes alors que je ne crois pas à la sagesse de cette stratégie ou de cette tactique ? Tout cela et bien plus est dit, sobrement, très efficacement, sans que l’idée de responsabilité, de bouc émissaire fasse plus que venir à l’esprit pour en être immédiatement repoussée. Très fort, et sensible même si on n’est pas sorti de West Point.

**je dois encore dire des bêtises, et je vais encore m’entendre gentiment répondre qu’en fait ceci et en réalité cela. Allez-y, les gars, j’apprends des choses, et puis, avouez que … c’est bon, non ? Je veux dire : de corriger, pas de se faire corriger, même s’il en faut pour tous les goûts !!! Vous vous précipitez ! Je trouve cela sympa et amusant. Donc, je peux moi-même formuler la question : LBH a-t-il été vécu comme une péripétie ou bien comme un vrai coup de froid sur la confiance des Blancs en leur légitimité et en leur force ? Aujourd’hui, nous savons bien que rien ne pouvait arrêter le rouleau compresseur de l’avancée des Blancs. Mais à l’époque ?

*** et encore, je néglige le thème de la fidélité (de Benson à Custer), celui des jugements que porte l’Histoire sur les hommes, celui, mais c’est plus une mécanique qu’un thème, des relations Benson avec sa fiancée et celui des relations Benson et le père de la (future) mariée. Pas le moindre : une image des Indiens pleine de dignité, traités en égaux (vos croyances ne valent pas mieux que les nôtres, dit en substance le jeune Indien à Benson). On doit aussi parler de cet élément fantastique et sacré aux yeux des Indiens et qui relève du hasard le plus matériel pour les Blancs, le faux cheval de Custer : splendide idée qui montre l’opposition entre les mentalités, et a une fonction narrative, celle de dénouer le drame. Il y a de quoi faire, sans du tout qu’on ait l’impression que le sac est bourré.

****c’est très amusant, d’ailleurs : LEWIS commence où, d’habitude, on finit : ils vont être heureux. Normalement !! Il y a presque un exercice de virtuosité dans ce film : voyez tout ce qu’on peut mettre dans un film en restant précis, sobre, digne, original, en faisant de la « mise en scène », aussi, et non sans faire un pied de nez aux codes narratifs, ce code narratif-là s’intégrant parfaitement à l’histoire, puisque c’est justement parce que Benson ramène sa fiancée au fort que tout se déclenche, alors, rappelons-le, que ce devrait être la FIN de l’histoire.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"

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gilson
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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar gilson » 12 août 2011 9:35

Le mot de Limpy, dans un autre sujet, mot qui m’a vraiment surpris, m’amène à préciser quelque chose sur mon message précédent dans ce sujet-ci. Pas de second degré quand je parlais de correction de bêtises. Si j’en dis, quand j’en dis, plutôt, j’attends qu’on me le dise, si on me lit. Un ami m’avait corrigé deux fautes que je faisais ; je lui en suis reconnaissant. Quand je dis que vous vous précipitez pour corriger, ce n’est pas à une meute que je pense mais à une classe de forts en thème qui lève le doigt en même temps pour donner la réponse. Le savoir, la précision dans le savoir sont des choses que j’admire, et je les trouve ici. Pourquoi me contrarieraient-ils? Je les cherche tous les jours dans mes lectures. D’autre part, je le répète, chaque fois que c’est fait, chaque fois que quelqu’un corrige quelque chose (pas quelqu’un, ne confondons pas), c’est fait dans un excellent état d’esprit. Donc, j’espère que je n’ai choqué personne : ce que je disais était plaisanterie amicale. Et ce que j’ai ajouté sur la petite pointe de plaisir qu’il peut y avoir à faire une observation était, en même temps qu’une volonté de ne pas faire d’angélisme, puisque nous ne sommes pas des anges, si ?, une autre forme de plaisanterie.
"Words have too many shadows." (Little Dog, dans "La Plume Blanche"). Et j'ajoute: "Na!"



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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar Abilène » 06 nov. 2011 12:21

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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar Yosemite » 29 nov. 2011 23:06

Vu ce soir même chez Sidonis (une copine à moi) qui, au passage, a oublié le sous-titrage entre la 33 et 38ième minutes... Bon, pas bien grave.
Un peu tard pour en parler ce soir, mais j'avoue être d'accord avec P. Brion (cf. bonus du DVD) quant au choix du titre français que je n'aime pas beaucoup.
Sans dévoiler la fin à quiconque, j'aurai trouvé plus amusant un titre comme... "Un cheval nommé Homme" ou "un cheval nommé Custer",... :wink:



J'ai pour ma part bien aimé ce western. Certes le rythme n'y est pas ébouriffant, la musique de générique du genre flon-flon ne laissait rien présager de ce genre d'ailleurs, les scènes de bagarres ne m'ont pas non plus complètement convaincu pas plus que l'hommage rendu à Custer...

Bon je dis que j'ai bien aimé et voila que je ne débite que des critiques...

Une originalité qui m'a séduit est l'alternance forte de scènes de jours et de scènes de nuit. Plusieurs séquences se déroulent en effet dans l'obscurité et j'ai trouvé que cela donnait, si ce n'est un soutien au rythme du film au moins une qualité esthétique. Il y a, je crois une réelle recherche dans ce sens. Pour autre exemple, le témoin muet en est le mont enneigé que l'on voit plusieurs fois lorsque les scènes se déroulent aux alentours du fort. Il apparaît en arrière-plan, lumineux comme un clair de lune, juste entre Benson et le clairon Morrisson, lors de leur discussion de nuit. Il n'y a finalement que durant "la mission" qu'il disparaît du champ.
J'ai trouvé qu'il y avait vraiment une volonté de la part du réalisateur de le mettre en valeur, à bon escient d'ailleurs.
J'ai trouvé R. Scott à son aise dans ce rôle d'officier, non sorti de West point, mis au ban des accusés. Il ne tombe pas dans la caricature et reste crédible dans son intégrité.
De même pour la fin du film, que je ne dévoilerai pas bien sûr, je l'ai trouvé inattendue, pour le moins surprenante voire un tantinet simpliste mais amenée d'une façon respectueuse qui ne me semble ni moqueuse ni irrespectueuse vis à vis des croyances, voire des superstitions exprimées. Là non plus, l'exercice n'était pas gagné d'avance.
Un bon moment donc.
Côté technique : de façon assez surprenante, le sous-titre disparaît quelques minutes (peut-être est-ce pour cela que le studio de sous-titrage s'appelle "All-cuts studios" :num1 ?), les amateurs de VF chercheront désespérément celle-ci dans le menu où elle n'est pas proposée, quant à l'entretien avec P. Brion dans les bonus, il est vraiment trop court. Dommage.
Yo.

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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 30 nov. 2011 19:21

Yosemite a écrit :Vu ce soir même chez Sidonis (une copine à moi) qui, au passage, a oublié le sous-titrage entre la 33 et 38ième minutes... Bon, pas bien grave.
...Côté technique : de façon assez surprenante, le sous-titre disparaît quelques minutes (peut-être est-ce pour cela que le studio de sous-titrage s'appelle "All-cuts studios" :num1 ?), les amateurs de VF chercheront désespérément celle-ci dans le menu où elle n'est pas proposée, quant à l'entretien avec P. Brion dans les bonus, il est vraiment trop court. Dommage.
Yo.


c'est un bug reconnu par le fabricant qui accepte (et qui le doit légalement) de l'échanger...=> voir ici : viewtopic.php?f=3&t=11558&hilit=bug+benson&start=45#p138475
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Re: La Mission du capitaine Benson - Seventh cavalry - 1956 - Joseph H. Lewis - Randolph S

Messagepar Yosemite » 02 déc. 2011 22:47

Merci USMC, personnellement je ne ferai pas la démarche mais c'est toujours bon à savoir et, surtout, il est important de souligner ce genre de gestes de la part des fabricants car une anomalie de fabrication est toujours possible.
Au fond, c'est la brièveté du bonus qui m'a le plus dérangé. Dans cette collection, ils apportent vraiment une plus-value que je regrette lorsque je ne la trouve pas.
Yo.



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