Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

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Denroc
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Denroc » 05 mars 2018 10:07

Les trois Sergents n'a rien de remarquable. Il faut bien en convenir. L'histoire reprend la trame du film Gunga Din. On peut même parler d'un remake de Gunga Din. Il s'agit juste de transposer cette histoire dans l'Ouest américain (Utah) et de remplacer l'armée britannique par l'US Cavalry!
Il s'agit d'un film de potes , d'un film du Rat Pack pour le Rat Pack, avec le Rat Pack et produit par Sinatra et Dean Martin.
Ce film ne m'a intéressé que par la présence de Dean Martin.
Il faut bien reconnaitre que ce film n'est pas excellent, une comédie sans grand intérêt et juste prétexte de valoriser Sinatra & Co.

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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Loco » 13 juin 2019 9:57

Suite symphonique composée et dirigée par Billy May.

Loco : (1) fou - (2) chef apache chiricahua - (3) esprit du vaudou - (4) terme familier pour "locomotive"

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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Loco » 13 juin 2019 9:58

Edition vinyle de la bande originale, avec au verso un texte de William Riley Burnett.

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Loco : (1) fou - (2) chef apache chiricahua - (3) esprit du vaudou - (4) terme familier pour "locomotive"

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Moonfleet
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Moonfleet » 13 juin 2019 10:12

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Les Trois Sergents (Sergeants 3 - 1962) de John Sturges
UNITED ARTISTS


Avec Frank Sinatra, Dean Martin, Peter Lawford, Sammy Davis Jr.
Scénario : W.R. Burnett
Musique : Billy May
Photographie : Carl E. Guthrie, Winton C. Hoch (Technicolor 2.35)
Un film produit par Frank Sinatra pour la United Artists



Sortie USA : 10 février 1962


Medicine Bend, petite ville au flan des montagnes rouges du Dakota ; une brusque et violente attaque indienne décime les habitants. Avant de passer l’arme à gauche le télégraphiste a le temps de commencer à prévenir le fort McClelland du massacre en cours. Le commandant de cet avant-poste décide d’envoyer sur place une escouade commandée par les Sergents Mike Merry (Frank Sinatra), Chip Deal (Dean Martin) et Larry Barrett (Peter Lawford), trois amis inséparables, qui ne lésinent ni sur la bouteille ni sur les coups de poing. C’est d’ailleurs au milieu d’un saloon ravagé par leurs frasques que le Sergent Boswell (Joey Bishop), chargé de les ramener, retrouve leurs traces. Une bagarre générale a mis l’établissement sens dessus-dessous à cause d’un ancien esclave noir, Jonah Williams (Sammy Davis Jr), mis à mal par certains clients du bar. Les trois sergents ayant décidé de prendre sa défense, il s'en est suivi cette mêlée homérique. Jonah, joueur de trompette à ses heures, rêvant de s’engager dans la cavalerie, les suit jusqu’au fort malgré l’interdiction qui lui en a été faite. Il continue même de leur coller aux basques alors qu’ils se rendent pour leur mission à Medicine Bend où ils trouvent une ville fantôme. Peu après, ils sont attaqués à leur tour par les indiens faméliques de Mountain Hawk (Henry Silva)…


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3 Sergeants, après Ocean’s Eleven (L’Inconnu de Las Vegas) de Lewis Milestone, sera le seul des films du Rat Pack à réunir l’ensemble de ses cinq membres masculins les plus liés, à savoir Frank Sinatra, Dean Martin, Peter Lawford, Sammy Davis Jr et Joey Bishop. Peter Lawford sera évincé du groupe peu après, suite à une affaire privée l’opposant au leader Frank Sinatra. Parmi les films ultérieurs avec toujours deux ou trois membres réunis, on pourra encore s’arrêter sur Quatre du Texas (4 for Texas) de Robert Aldrich ou Les Sept voleurs de Chicago (Robin and the 7 Hoods) de Gordon Douglas. Détail amusant : tous les titres contiennent des chiffres ; serait-ce un genre d’hommages aux jeux de cartes tant appréciés des comédiens constituant ce groupe de joyeux lurons ?! Le western de John Sturges verra d’ailleurs se dérouler une partie de poker assez cocasse puisqu’elle aura pour mises non de l’argent mais les outils de travail du maréchal-ferrant qui se trouve être l’adversaire de Dean Martin à cette occasion. Si trois des films cités ci-dessus purent être vus et revus assez facilement, le western humoristique de John Sturges, qui pourtant obtint un relatif succès au box office, resta dans les placards durant plus de 40 ans pour une raison qui demeure assez obscure. Une grande partie de l’unanimité négative à son encontre remonte donc surtout à l’époque de sa sortie, les avis positifs sur ce film pouvant néanmoins aujourd'hui encore se compter sur les doigts d’une main, le public américain ayant pu redécouvrir le film depuis 2008 et sa sortie en DVD. Et pourtant 3 Sergeants n’est clairement pas le navet annoncé et ne méritait pas un tel lynchage. Non seulement le spectacle est plaisant mais, en espérant ne pas faire grincer trop de dents, il n’est même pas interdit de le préférer aux grosses machines réalisées par le cinéaste à la même époque, les précurseurs sans âme des blockbusters d’aujourd’hui que sont Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven) ou La Grande évasion (The Great Escape).


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Peut-être 3 Sergeants n’a plu ni à ceux qui s’attendaient à une comédie ni aux autres qui auraient préféré voir un traditionnel western de cavalerie du style de celui réalisé par Sturges lui-même en 1953, l’inégalé Fort Bravo (Escape from Fort Bravo). Car effectivement, 3 Sergeants, lointain remake westernien du Gunga Din de George Stevens, hésite constamment et ne s'avère être ni l’un ni l’autre ou plutôt un mix entre les deux, le film pouvant tout à fait être vu au premier comme au second degré. Le poème épique de Rudyard Kipling a été pour l’occasion transposé de l’Inde coloniale au Far-West des années 1870. Alors que se déroule le générique de début, l’on assiste au réveil d'une petite ville tranquille, les citoyens s’attelant à la tâche, accomplissant leurs gestes quotidiens avec quiétude. Un plan nous fait subrepticement découvrir sur les hauteurs, des indiens guettant l’activité de la bourgade puis faire un signe à un groupe de cavaliers situés de l’autre côté de la montagne. Ceux-ci s’élancent en une chevauché rapide et la caméra les suit traversant le canyon jusqu'à leur arrivée en ville. S’ensuit un massacre qui se termine dès la fin du générique sur une remarquable ellipse, un plan de coupe sur le télégraphiste qui sait sa dernière heure arriver puis sur son ‘collègue’ du fort qui constate que le message qu’il était en train de recevoir se termine brutalement. Une introduction remarquable qui met immédiatement en place les principaux éléments de la mise en scène très réussie de John Sturges : superbe appréhension de l’espace, magnifique utilisation du scope, placement millimétré des personnages dans le cadre, travellings et panoramiques très amples, le tout sur une musique très inspirée du méconnu Billy May, trompettiste et musicien de jazz qui collabora beaucoup avec Frank Sinatra et qui écrira encore pour lui l’excellent score du non moins jubilatoire Tony Rome est dangereux (Tony Rome) de Gordon Douglas. Contrairement à ce que j’ai pu lire ici et là, sa composition pour Sergeants 3 ne démérite pas en comparaison des superbes scores d’Elmer Bernstein, compositeur habituellement attitré de John Sturges, et se révèle même enthousiasmante de bout en bout, aussi bien pour les scènes légères que pour les scènes d’action ou de suspense.


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Tous ces éléments réunis aboutissent donc à une scène introductive d’une prodigieuse efficacité. S’ensuit une séquence au cours de laquelle on découvre nos trois Sergents ainsi que l’ex-esclave noir joueur de trompette et danseur de claquettes interprété par Sammy Davis Jr. Une scène qui comporte une bagarre homérique à la fois très efficace et très amusante, qui n’a pas à rougir aux côtés de celles célèbres de Les Ecumeurs (The Spoilers) de Ray Enright ou encore du Grand Sam (North to Alaska) de Henry Hathaway, tous deux avec John Wayne. John Sturges bénéficie ici aussi de cascadeurs chevronnés, d’un monteur plutôt doué et filme le tout avec tout le métier qu’on lui connait, nous ayant offert durant les années 50 une multitude de grands films parmi lesquels, outre l’étonnant Fort Bravo, les superbes Un Homme est passé (Bad Day at Black Rock), Règlements de comptes à OK Corral (Gunfight at the OK Corral) ou encore le mésestimé Le Dernier train de Gun Hill (Last train from Gun Hill). John Sturges avait l’habitude de dire que 3 Sergeants était la pire chose qu’il avait mis en scène. Une affirmation selon moi très exagérée ; il suffit pour s'en rendre compte de simplement le comparer avec l’autre film qu’il signa avec Frank Sinatra en 1959, La Proie des vautours (Never so Few), mélo de guerre aussi insupportablement ennuyeux que pesant. Son western humoristique avec le Rat Pack a au moins le mérite de ne pas se prendre trop au sérieux et de demeurer agréable ou amusant quasiment tout du long. Après la rixe épique que nous évoquions juste avant, Sturges nous prouve son génie à gérer un suspense avec l’arrivée de la troupe dans la ville fantôme de Medicine Bend. La très longue séquence de combat contre les indiens qui s’ensuit est spectaculaire, Dean Martin, comme déjà dans Rio Bravo, se mettant à utiliser des feux d’artifices puis des bâtons de dynamites. Toujours cette même science du montage, de la topographie, du cadrage et du placement des personnages. Une belle leçon de mise en scène que cette séquence qui, d'un abord très tendue, ne manque pas non plus d’humour.


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Après ces trois premiers quarts d’heure, les auteurs (dont l’excellent scénariste W.R. Burnett) passent à une partie se déroulant au sein du fort, bien plus légère, la principale occupation de Frank Sinatra et Dean Martin étant d’essayer d’empêcher leur pote Peter Lawford de quitter l’uniforme pour convoler en juste noce avec sa fiancée. Beaucoup de séquences savoureuses et assez drôles durant ce segment médian comme la 'tentative d’empoisonnement’ de Joey Bishop (très amusant en souffre-douleur ahuri des trois Sergents), l'irruption de Sinatra et Martin durant les répétitions de la cérémonie de mariage, la partie de poker entre Dean Martin et le maréchal ferrant, avec pour mises les outils de ce dernier... Tout ceci ne vole évidemment pas bien haut mais les comédiens semblent s’amuser comme des petits fous et Burnett nous octroie quelques punchlines et situations plutôt cocasses. On ne s’ennuie pas. Puis arrive la troisième et dernière partie, celle un peu plus lourdingue de la recherche du camp indien au sommet de la montagne avec force calamiteuses toiles peintes (celle du pont suspendu) et kitsch d’assez mauvais goût (toutes les séquences au sein de la grotte en carton-pâte). Néanmoins le final redevient assez spectaculaire (la bataille soldats/indiens) et Sturges de nous prouver une fois encore qu'il n'avait pas perdu la main à ce niveau. Excepté les décors en toiles peintes pas très glorieux de la dernière demi-heure, l'ensemble du film se déroule au sein de grandioses paysages naturels filmés dans le Bryce National Park en Utah que photographie superbement Winton C. Hoch ; le dépaysement est définitivement de la partie et finit de rendre ce western frivole, improbable patchwork d'action et d'humour, très fortement divertissant à défaut d'autre chose.
Modifié en dernier par Moonfleet le 13 juin 2019 10:24, modifié 1 fois.

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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Loco » 13 juin 2019 10:22

Belle chronique qui réhabilite le film, sans prétention mais distrayant, que j'aime tout particulièrement parce qu'il est le remake (pas si lointain, je trouve) de l'excellent Gunga Din.

Une coquille s'est glissée dans ton texte concernant le compositeur : c'est "Billy" May, pas "Brian" May, qui a déjà assez à faire en termes d'homonymie musicale, entre le guitariste de Queen (et astrophysicien) et le compositeur australien (des deux premiers Mad Max entre autres). :wink:
Modifié en dernier par Loco le 13 juin 2019 10:28, modifié 1 fois.
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Loco » 13 juin 2019 10:33

:sm80:
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 17 juin 2019 15:13

chip a écrit :Le rat pack en roue libre , à fuir...
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar lasso » 17 juin 2019 18:11

l'affiche allemande


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je ne devrais pas faire de la publicité de ce film qui laisse la bouche amère :twisted:

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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar pass » 18 juin 2019 13:46

Comment rendre une daube ou un navet plus élogieux, demander la recette à Moonfleet, il saura vous la rendre " magnifique " 6/10 qui a dit le Classikien de service !!.


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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar pak » 18 juin 2019 14:20

pass a écrit :Comment rendre une daube ou un navet plus élogieux, demander la recette à Moonfleet, il saura vous la rendre " magnifique " 6/10 qui a dit le Classikien de service !!.


Ah ben ça ne va pas recommencer...

Encore une fois ce n'est que l'avis de Moonfleet. Le "que" n'est pas utilisé pour le minimiser, mais pour insister sur le fait que ça correspond à celui d'une personne, qui peut être décalé par rapport au ressenti général.

Et pourquoi aller chercher une note qui n'est pas donnée ici ? A la limite, si ça te défrise autant cette note, va l'exprimer où elle est annoncée, sur DVDClassik ! :wink:

Bon, les gars, un volontaire pour expliquer pourquoi ce film est a priori une purge, dans un avis au moins aussi long que celui de Moonfleet ! :sm57:

Heu non, pas moi, pas vu ce film, déjà que j'ai détesté Sur la piste de la grande caravane (que Moonfleet a aussi relativement apprécié, bon ben il aime l'humour de John Sturges, c'est comme ça, on n'y peut rien... :mrgreen: )... Kiemavel ? Limpy ? Pas Loco, il a aimé... Quoi, vous aussi ? ? ? :lol:
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Loco » 18 juin 2019 15:03

Je l'ai cherché longtemps, et quand je l'ai trouvé, j'ai été déçu, évidemment, parce que c'était Sturges et parce que j'adore Gunga Din, où le même côté potache fonctionnait, à mon sens. Mais je réfute toujours le terme de "daube" ou "navet" pour les films ratés, et pour la plupart des films en général. Je crois en la sincérité de la grande majorité des cinéastes, de tout temps.

Une daube, POUR MOI, mais j'aurai tendance à dire aussi dans l'absolu, c'est un film de Max Pécas, un condensé de mauvais goût et médiocrité à l'état brut visant tenter d'exciter ce qu'il y a de plus avilissant chez l'humain. Je pourrais ajouter d'autre noms, mais on voit quel type de cinéma je vise. Pour citer Saint Ex, "je n'aime pas qu'on abîme les hommes", et c'est une forme de cinéma qui pour moi "abîme" ceux qu'elle cherche à séduire.

Le film de John Sturges est raté, il venait de faire un drame convenu (Par l'Amour possédé/By Love Possessed), allait enchaîné avec un autre drame, plus réussi, à mon goût, sans doute parce qu'il y a Laurence Harvey (Citoyen de null part/A Girl Named Tamiko) et avait déjà en tête son chef-d'oeuvre, La Grande Évasion. C'est d'ailleurs sans doute la qualité de quelques titres phares comme celui-ci, Les 7 Mercenaires, Règlements de comptes à OK Corral, qui nous auront rendus si durs avec lui par la suite, quand il s'est montré moins inspiré. C'est un cinéaste inégal, c'est indéniable, il pouvait perdre son intérêt pour un film en cours de route, et je doute qu'il en ait été pleinement responsable, mais c'est un autre débat, et j'ajouterais que Ford était dans une moindre mesure comme lui, même si les effets s'en firent moins sentir (malgré la débâcle de Permission jusqu'à l'aube), mais Sturges n'a jamais fait de "daube". Même une production hybride comme Chino, avec une équipe hétéroclite (pour ne pas dire disparate), comme l'écrivait Limpy, même McQ avec Wayne que je n'aime pas et n'ai pas revu depuis des décennies, même ses adaptations peu réussies d'Alistair MacLean (The Satan Bug, Ice Station Zebra, pas de mauvais films, mais pas des très bons non plus), même L'Aigle s'est envolé où le monteur a dû s'escrimer pour combler les manques de la réalisation sur certaines scènes, ne sont pas des daubes, ni des navets.

Ah, zut, Pak, tu m'avais demandé de pas le faire ou d'éreinter le film, mais j'y arrive pas, et pas juste parce que moi, dès qu'il y a une plume... comme dirait Moonfleet :beer1: , ou parce que j'ai gardé une âme d'enfant (pas tant que ça, en tout cas pas tant que je le voudrais), c'est seulement, je crois, une question de respect pour le travail de chacun. On sent, même dans une œuvre ratée, si elle a été bâclée ou si c'est un accident, ce qui, en art encore plus qu'ailleurs, est un risque toujours présent.

Dans le cas de Sturges, je pense que c'était quelque chose qu'il avait en lui, la même qui lui a permis de continuer contre vents et marées, et injonctions de la production, le tournage de La Grande Évasion qui sans cela aura bien pu ne jamais être terminé. Rien que pour ça, je lui pardonne le reste. :)

Bon, ben, je transmets la requête, quelqu'un pour dézinguer le film ?
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Longway
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar Longway » 18 juin 2019 17:11

Moonfleet a écrit :
Peut-être 3 Sergeants n’a plu ni à ceux qui s’attendaient à une comédie ni aux autres qui auraient préféré voir un traditionnel western de cavalerie du style de celui réalisé par Sturges lui-même en 1953, l’inégalé Fort Bravo (Escape from Fort Bravo). Car effectivement, 3 Sergeants, lointain remake westernien du Gunga Din de George Stevens, hésite constamment et ne s'avère être ni l’un ni l’autre ou plutôt un mix entre les deux, le film pouvant tout à fait être vu au premier comme au second degré.


C'est exactement ça, un film assis entre deux chaises, le western traditionnel sur les guerres indiennes et le western décontracté, lorgnant vers la comédie. Un curieux mélange qui prend ou ne prend pas, tout dépend du spectateur, qu'il soit entièrement intègre dans le code du genre dans lequel évidemment ça ne passera pas, ou bien ouvert à une certaine tolérance qui peut lui permettre d'accepter des légèretés bafouant ce même code.
Personnellement je suis dans cette deuxième catégorie.

Je ne pourrai donc pas dézinguer ce western, que je n'ai vu qu'une fois d'ailleurs, mais que je reverrai sans doute plus tard.
N'ayant pas été déçu, je ne le considère donc pas comme un navet.
Je m'attendais bien sur à ce fond semi humoristique avec pareils acteurs dans les rôles principaux, et c'est d'autant mieux que ce soit eux qui aient été choisi au générique, le résultat ayant sans doute été tout autre et plus décevant avec des stars du genre non rompus à ce genre d'exercice.
Là au moins nous fûmes prévenus d'avance.

Sturges maîtrise parfaitement les scènes, filme les extérieurs avec majesté comme il sait si bien le faire, des extérieurs sublimes que le cinémascope magnifient encore plus. Il faut voir la vue en plongée sur le fort, une vue d'ensemble de l'édifice et de ses détails comme on en voit finalement peu dans les westerns de cavalerie, celles-ci se limitant souvent à des visions de palissades frontales sans en nous faire découvrir l'intégralité.

De belles scènes d'action qui n'ont rien à envier à beaucoup de westerns cultes sur les guerres indiennes, les moyens sont là et Sturges ne les a pas négligé, une figuration nombreuse et intense qui prouve que la production n'a pas lésiné la dessus non plus. Le spectateur, rien qu'avec ça ne peut pas se sentir lésé, le film n'est pas fauché. Après, c'est autre chose, et chacun aura son propre avis sur le fond en général.
Pas un grand western mais pas un petit non plus.

limpyChris
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Re: Les Trois Sergents - Sergeants 3 - 1962 - John Sturges

Messagepar limpyChris » 19 juin 2019 0:31

Une phrase qui aura quand même eu le mérite de nous donner deux textes consistants de loco et du trop rare et/car sage Longway ... Si je prends le temps, j'en dirai quelques phrases ... sérieuses, touyours sérieuses ... et peut-être sentenc(h)ieuses.
That's all for tonight. Limpy, qui parle toujours de lui à la troisième personne, a assez travaillé pour aujourd'hui.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.



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