Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Voir tous les films critiqués
Règles du forum
Avant d'ouvrir un nouveau sujet de discussion, pensez à consulter la liste de tous les westerns critiqués sur ce forum

SVP : Pour les images larges et lourdes, utilisez IMG2 et non IMG pour faire une miniature. Pensez aux connexions lentes!
limpyChris
Marshall
Marshall
Messages : 2499

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar limpyChris » 09 mars 2016 22:17

:lol: :sm28:
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

Avatar du membre
pass
Desperado
Messages : 3004

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar pass » 09 mars 2016 22:52

lasso a écrit :Revu Montagne Rouge en VF, dans une copie médiocre (couleurs)


Pourtant la copie passée dernièrement sur P. Channel m'a parue assez raisonnable malgré un format recadré !! .

Avatar du membre
yves 120
Sorcier
Sorcier
Messages : 6135
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar yves 120 » 10 mars 2016 12:25

:lol: :sm28:
limpyChris a écrit ::lol: :sm28:
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
yves 120
Sorcier
Sorcier
Messages : 6135
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar yves 120 » 10 mars 2016 12:28

pass a écrit :
lasso a écrit :Revu Montagne Rouge en VF, dans une copie médiocre (couleurs)


Pourtant la copie passée dernièrement sur P. Channel m'a parue assez raisonnable malgré un format recadré !! .


D 'accord avec toi pass ! lasso devient difficile en vieillissant :num1 :lol:
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
Vince
Hors-la-loi
Messages : 681

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Vince » 23 sept. 2018 18:06

On fait la queue pour Alan Ladd !

Image

Avatar du membre
yves 120
Sorcier
Sorcier
Messages : 6135
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar yves 120 » 23 sept. 2018 18:14

Génial Vince , j 'essai de voir le nom du ciné ! ?
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
Vince
Hors-la-loi
Messages : 681

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Vince » 23 sept. 2018 18:20

Je crois que j'ai d'autres photos de façades de cinés avec Alan Ladd. Je les cherche de suite !

Avatar du membre
Vince
Hors-la-loi
Messages : 681

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Vince » 23 sept. 2018 18:25

yves 120 a écrit :Génial Vince , j 'essai de voir le nom du ciné ! ?


Il s'agit de l' Imperator (vers Ménilmontant).

Avatar du membre
yves 120
Sorcier
Sorcier
Messages : 6135
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar yves 120 » 23 sept. 2018 18:34

Ménilmontant ce n 'était pas trop mon coin , moi c 'était de la Place Clichy Place Blanche
Pigalle , Montmartre et les Grands Boulevards dit Boulevards des Italiens , mais bon il m 'arrivait souvent d 'aller un peu partout . :num1

Merci pour ça Vince
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
Longway
Lieutenant
Lieutenant
Messages : 7158

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Longway » 23 sept. 2018 20:14

Intéressant témoignage du début des années 50.
Remarquez les enfants au premier plan, l'un d'eux porte des pantoufles, sans doute habitait-il à proximité, mais c'était monnaie courante de descendre jouer avec les copains ainsi chaussé, certains allaient même à l'école avec ( quand il faisait beau ). Chose Inimaginable aujourd'hui !...

Avatar du membre
Arizona Kid
Marshall
Marshall
Messages : 2297
Localisation : Marseille, France

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Arizona Kid » 10 nov. 2018 18:28

Après Le Sorcier du Rio Grande, je termine à l'instant le visionnage de cette Montagne Rouge.
Réalisée par William Dieterle -un cinéaste allemand que je connaissais vaguement de nom, mais dont je n'avais encore vu aucun film- , voilà une série B plutôt sympathique, qui nous permet de retrouver plusieurs acteurs emblématiques
du genre que nous affectionnons: Alan Ladd, Arthur Kennedy (mémorable bad guy chez Anthony Mann) et John Ireland,
ici dans le rôle de l'inénarrable Général Quantrill, officier sudiste dévoyé à la tête d'une bande de francs-tireurs et d'assassins sanguinaires.

La prestation d'Ireland, si elle ne saurait à mon sens rivaliser avec celle du génial Brian Donlevy dans le très bon Kansas en feu de Ray Enright sorti un an plus tôt -avec Audie Murphy- n'est nullement déshonorante.
Quant à Arthur Kennedy, une fois n'est pas coutume, il campe un innocent accusé de meurtre, sauvé de la corde par le vrai coupable, qui n'est autre qu'Alan Ladd -dans le rôle d'un homme aux motivations pour le moins ambiguës, mais dont on apprendra à la toute fin qu'il était dans son bon droit.
Ouf ! Alan Ladd ne saurait tuer de sang-froid, que diable (sauf dans Tueur à gages, mais ce n'est pas un western) :lol:

Sans être le meilleur des westerns d'Alan Ladd -loin s'en faut-, je trouve que La Montagne Rouge possède les qualités d'un divertissement honnête et sans prétention, qui gagnerait à être édité dans une copie digne de ce nom, car visionner ce " rip " de VHS sur DVD fut une épreuve de force: master image aux couleurs quasi-inexistantes, issu d'une diffusion TV allemande, crédits en allemands et version française plaquée sur le tout...

Jean-Louis m'avait certes avisé de la qualité moyenne de cette source, et je suis néanmoins heureux d'avoir pu grâce
à lui découvrir une intéressante rareté, mais cette satanée VF de la vieille époque a bien failli avoir raison de mes pauvres tympans, tant cette adaptation cristallise tout ce que j'exècre dans les doublages de ces années-là: des voix pointues et nasillardes comme sur les grands boulevards parisiens, de grandes envolées ridiculement solennelles et pontifiantes, sans compter une avalanche de plus-que-parfait et d'imparfait du subjonctif...
On est au Far-West ou à la Comédie-Française, saperlipopette ?!

Bref, un supplice auditif en dépit d'un scénario réellement engageant et du plaisir de retrouver des figures familières
du western.
Tonton Sidonis, si tu m'entends, et puisqu'il parait que tu peux piocher dans la besace de Tatie Paramount...
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

Avatar du membre
Loco
Marshall
Marshall
Messages : 2724

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Loco » 10 nov. 2018 21:08

Arizona Kid a écrit :mais cette satanée VF de la vieille époque a bien failli avoir raison de mes pauvres tympans, tant cette adaptation cristallise tout ce que j'exècre dans les doublages de ces années-là: des voix pointues et nasillardes comme sur les grands boulevards parisiens, de grandes envolées ridiculement solennelles et pontifiantes, sans compter une avalanche de plus-que-parfait et d'imparfait du subjonctif...
On est au Far-West ou à la Comédie-Française, saperlipopette ?!


Moi, je trouve, à l'inverse, que les redoublages sont inécoutables, sans aucune personnalité, et que les grandes voix de l'époque leur font cruellement défaut. À l'époque, les comédiens osaient jouer, c'est ce qui fait le charme de ces adaptations.
Vouloir qu'on redouble, c'est comme si on demandait qu'on interprète Mozart au synthétiseur.

Avatar du membre
Arizona Kid
Marshall
Marshall
Messages : 2297
Localisation : Marseille, France

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Arizona Kid » 10 nov. 2018 21:55

Je suis d'accord avec toi, Loco, sur le fait que les doublages récents sur les vieux films sont la plupart du temps catastrophiques, tant les voix des doubleurs d'aujourd'hui s'accordent mal à la gestuelle et au physique des acteurs d'autrefois, et sonnent comme plaquées et artificielles (pas mieux pour ma part concernant les doublages d'époque).
Sans compter qu'il peut être " choquant " d'entendre les voix de doubleurs familiers -souvent sur des séries TV actuelles- derrière les visages d'acteurs qui sont parfois morts depuis trente ans ou plus.

Pour ce qui est du western, je citerai par exemple le redoublage récent du Traître du Far-West (1946) avec Joël McCrea et Brian Donlevy, présent sur le DVD Zone 2 Universal.
Mais de toute manière, en ce qui me concerne, je ne visionne les films étrangers des années 30 à 60 qu'en VOST ou VO pure, ne m'infligeant le supplice de la VF que si je ne puis vraiment faire autrement :wink:
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

Avatar du membre
COWBOY PAT-EL ZORRO
Texas ranger
Texas ranger
Messages : 5110
Localisation : Val-de-Marne
Contact :

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 11 nov. 2018 8:18

Bonjour Loco: je suis assez de votre avis sur les redoublages... Quand je revois LE TRAÎTRE DU FAR WEST (1946) avec Barbara BRITTON doublée par la voix d'Alyssa MILANO dans CHARMED j'ai du mal...
Les voix de jadis c'était bien différent et on sentait en effet une certaine "âme" derrière cela, pas un doublage "industriel" à la va-vite...

POUR LE FILM EN SOI JE NE L'AI PAS VU DONC JE NE PEUX DONNER UN AVIS;;;
Image

Avatar du membre
Moonfleet
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1900
Contact :

Re: Montagne rouge - Red Mountain - 1951 - John Ireland - Alan Ladd

Messagepar Moonfleet » 13 mai 2019 14:09

Image



Montagne rouge (Red Mountain - 1951) de William Dieterle
PARAMOUNT


Avec Alan Ladd, Lizabeth Scott, John Ireland, Arthur Kennedy
Scénario : George W. George & George F. Slavin
Musique : Franz Waxman
Photographie : Charles Lang (Technicolor 1.37)
Un film produit par Hal B. Wallis pour la Paramount



Sortie USA : Novembre 1951


1865. La Guerre Civile touche à sa fin. En Californie, loin des combats, un essayeur d’or de Broken Bow est retrouvé abattu dans sa boutique. Les soupçons se reportent immédiatement sur un ex-soldat confédéré venu prospecter dans la région, Lane Waldron (Arthur Kennedy). Ce dernier est alors poursuivi par la milice de la ville ; il est rattrapé et sur le point d’être lynché malgré son innocence clamée haut et fort. Il est cependant sauvé in-extremis par un coup de feu qui coupe la corde. Il prend la fuite avec son mystérieux sauveteur, Brett Sherwood (Alan Ladd), jusqu’à son habitation de fortune bien abritée des regards. Dans cette cachette arrive également sa compagne, la belle Chris (Lizabeth Scott), qui semble tomber sous le charme du sauveur de son époux. Comprenant qu’il s’agit peut-être du véritable assassin recherché, la seule façon pour lui de se disculper étant de le livrer aux autorités, Lane tente de faire prisonnier Brett. Après quelques retournements de situations, chacun des deux étant tour à tour le captif de l’autre, ils trouvent refuge dans une grotte après que Lane se soit cassé la jambe suite à une nouvelle altercation. Brett espère retrouver bientôt les troupes du Général Quantrill (John Ireland) qu’il avait dans l’idée de rejoindre pour poursuivre le combat à leurs côtés. Comme par hasard, elle passe justement en contrebas de leur refuge dès le lendemain matin. Mais leurs ennuis sont loin d’être terminés puisque l’égorgeur sudiste (il ne lutte plus pour la cause mais pour sa propre gloire) a recruté des Indiens pour l’aider à mettre la région à feu et à sang


Image

Image


"1865. In the South the Confederacy lay dying of the wounds Sherman slashed in the Valley of the Shenandoah. Northern armies pressed toward the inevitable victory....But in the vast no-man's-land of the West, Fate still hung in the balance. There, a last incredibly daring dream of Southern victory was attempted in the Battle of Red Mountain, by General Quantrell, Confederate hero, fanatical soldier and master of guerilla warfare." L’on comprend donc dès le générique que l’unique western réalisé par William Dieterle mettra une fois encore en scène William Quantrill (appelé tour à tour Quantrill, Quantrell ou même Cantrell selon les films), ce mythomane sanguinaire et illuminé, ce personnage peu recommandable qui utilisa l'uniforme confédéré pour mieux pouvoir commettre ses méfaits sanglants, tuer et piller à son gré. Il avait déjà été personnifié par Walter Pidgeon dans un honnête western de Raoul Walsh daté du début des années 40, L'Escadron noir (Dark Command), avant qu’en 1950 Brian Donlevy reprenne le flambeau avec une belle prestance dans Kansas en feu (Kansas Raiders) de Ray Enright. Ici c’est au tour du jeune John Ireland d’endosser la défroque de ce Général Sudiste dévoyé ; ce sera sans doute l’une de ses meilleures prestations, Wiliam Dieterle lui offrant à cette occasion l’un des ses rôles les plus importants juste après que Samuel Fuller lui ait confié la tête d’affiche de son premier film, I Shot Jesse James, dans lequel il interprétait Bob Ford. Le comédien ne percera néanmoins jamais vraiment, se contentant ensuite la plupart du temps de seconds rôles. William Dieterle fait partie de ses réalisateurs allemands émigrés aux États-Unis à la montée du nazisme. Il fut surtout connu dans les années 30 pour ses ‘biopics’ pour la Warner (Pasteur, Zola, Juarez, Edison, Reuter…) avant de continuer une carrière prolifique en abordant de très nombreux genres ; le titre le plus réputé de sa filmographie sera Le Portrait de Jennie (Portrait of Jennie), film 'fantastico-romantique' avec Jennifer Jones et Joseph Cotten. Le western qui nous préoccupe ici s’avère tout à fait honorable mais ne marquera probablement pas les esprits ; il est donc tout à fait logique qu’il ne soit pas plus connu.


Image

Image


Il s’agissait alors du troisième western interprété par Alan Ladd qui, dans le genre, aura eu une filmographie tout à fait remarquable, ses choix s’étant le plus souvent portés sur des films de grande qualité, que ce soit dans l’écriture et la mise en scène. Avant 1951, il avait donc déjà été en tête d’affiche du superbe et méconnu Smith le taciturne (Whispering Smith) de Leslie Fenton ainsi que de l’intéressant Marqué au fer (Branded) de Rudolph Maté. Même si un très grand professionnalisme se retrouve à tous les niveaux de ce Red Mountain, ce dernier se révèle cependant moins satisfaisant que les deux précédents malgré aussi la plus grande réputation de son réalisateur ; comme si William Dieterle avait un peu manqué de conviction pour n’avoir pas particulièrement été motivé à mettre en scène un western. Ce qui n’est pas improbable, la majorité des réalisateurs de cette époque des grands studios ayant l’obligation contractuelle de tourner des films de commande pour leurs producteurs, ce qui leur permettait ensuite d’avoir les coudées plus franches pour accoucher d’œuvres plus personnelles ou qui leurs tenaient plus à cœur. Du coup, malgré des qualités évidentes, Red Mountain manque cependant de l’ampleur et de l'enthousiasme suffisants pour en faire autre chose qu’un western de série certes honorable mais souvent privé de ce supplément d’âme qui fait souvent toute la différence. Car des qualités, le film n’en est effectivement pas privé ; rien déjà qu’en ce qui concerne la musique dynamique et très efficace de Franz Wawman ou encore la photographie remarquable de Charles Lang qui utilise à la perfection ces superbes décors extérieurs de Gallup au Nouveau-Mexique qu’il ne me semble pas avoir vu ailleurs, ces ‘Red Mountain’ du titre, des paysages rocailleux assez spectaculaires, non seulement rouge orangé assez vif mais également tout en impressionnante verticalité.


Image

Image


William Dieterle (suppléé par John Farrow le temps d’un ‘congé maladie’) s’acquitte parfaitement bien des nombreuses séquences d’action qu’il a à mettre en scène et notamment les scènes de poursuite à cheval durant lesquelles il sait parfaitement bien tirer partie des paysages insolites à sa disposition, arrive souvent à trouver le bon angle pour sa caméra, à nous octroyer de très beaux cadrages et à assurer un rythme constamment soutenu. En revanche, il semble un peu moins à l’aise et beaucoup plus guindé pour les scènes dialoguées, particulièrement toutes celles se déroulant à l’intérieur de la grotte dans laquelle certains personnages seront confinés quasiment toute la durée du film ; faute à un scénario des duettistes George W. George & George F. Slavin qui lui aussi manque un peu de conviction (le duo de scénariste n'a d'ailleurs jamais vraiment brillé dans le domaine). Car si l’intrigue est bien construite et constamment intéressante, notamment dans tout ce qui touche à l’évolution de certains personnages principaux et à leurs relations basées tour à tour (ou à la fois) sur le ressentiment, la méfiance, l’attirance et la répulsion, l’écriture de ces mêmes protagonistes reste cependant bien trop sage et sans grandes surprises. Il faut dire aussi que si John Ireland se révèle inspiré, Lizabeth Scott s'avère bien plus convaincante dans le film noir que dans le western (d’où une flagrante absence d’alchimie entre la comédienne et ses deux partenaires), et il ne fait aucun doute qu'Arthur Kennedy nous offrira des prestations bien plus mémorables. Quant à Alan Ladd, s’il est égal à lui-même, son personnage est bien moins touchant que les deux précédents malgré une certaine ambiguïté pas désagréable. Une faiblesse d'écriture de l'ensemble vraiment dommageable d'autant qu'il y avait un potentiel de départ assez riche quant aux relations entre ces quatre protagonistes.


Image

Image


Jugez plutôt ! Lane (Arthur Kennedy) est un ex-confédéré venant juste de trouver un filon d’or mais n'allant pas pouvoir en profiter car accusé à tort d’un meurtre pour le seul fait d’avoir été dans le camp ennemi ; une fois 'l'orage' passé, il se rend compte que sa jeune et jolie épouse est attirée par celui l’ayant tiré de ce mauvais pas qui allait se terminer non moins que par un lynchage. Chris (Lizabeth Scott), sa compagne, a autrefois été témoin du massacre de sa famille par les troupes sudistes ; elle semble tiraillée entre son mari qui faisait autrefois partie de ce camp et l’étranger (confédéré lui aussi) ayant sauvé la vie de son époux. Brent (Alan Ladd), le mystérieux ange gardien a également vu sa famille massacrée, mais par les nordistes ; il est bien décidé à garder Lane en vie malgré ses traitrises et même s'il a essayé de le livrer à la justice, probablement, en plus de sa droiture, pour plaire à l’épouse de son prisonnier. Le changement qui s’opère chez Brent au fur et à mesure qu’il découvre avec désillusion le vrai visage de Quantrell (John Ireland) est lui aussi très intéressant. L’on est témoin des problèmes de conscience qui commencent à poindre en raison des actes de son mentor ; lorsqu’il se rend compte des véritables motivations du Général qui a en fait des velléités ‘d’empereur’ et a désormais engagé un combat meurtrier dans le seul but de gloriole personnelle et non pour la cause sudiste, le jeune officier ne peut que s’en éloigner voire même lutter contre ses exactions pour mettre à mal tous ses rêves de grandeur qui font couler bien trop de sang à son goût. A signaler pour les tenants de la réalité que les scénaristes ont pris de sacrés distances avec elle ; en effet, il s’avèrerait par exemple totalement fantaisiste que le rebelle sudiste ait édifié des alliances avec les indiens de la tribu des Ute pour l’aider à perpétrer des massacres contre soldats nordistes et civils.


Image

Image


Red Mountain est donc un western réalisé avec un très grand professionnalisme par des artisans et artistes chevronnés, mais qui pêche un peu par insuffisance de relief, d’ampleur et de conviction, d’où une histoire finalement pas aussi captivante qu’on l'aurait souhaité. Une honnête série B mais qui ne devrait plaire qu’aux seuls amateurs du genre. Ceux qui en revanche ne jurent que par l’action devraient être à la fête puisque le film est loin d’en être dépourvu : bagarres à poings nus, Gunfights, escalades de rochers, batailles, chevauchées et autres séquences mouvementées sont bels et bien au rendez-vous. Un western qui ne laissera guère de trace mais qui s’avère tout à fait honorable et plaisant.



Retourner vers « Les Westerns : critiques et illustrations de films »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 8 invités