Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

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yves 120
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar yves 120 » 09 févr. 2017 16:03

chip a écrit :Là tu fayotes! en citant " the brass legend", je te soupçonne d'être allé voir dans la liste du top 10 de notre ami Hart :)


Non pas de fayotage chez moi ! pas besoin d 'aller voir dans sa liste de classement puisque c 'est lui qui me l 'a
envoyé :wink: et encore merci HART :D , mais j 'aurais pu tout autant parler de ton top 10 à toi c 'est du même niveau que " Brass Legend " avec un certain Stevens , non pas celui avec Alan , qui est dans ton top 10
également et là tu ne peux pas dire que je suis fayot :lol:
Modifié en dernier par yves 120 le 09 févr. 2017 16:52, modifié 2 fois.
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chip
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar chip » 09 févr. 2017 16:24

Tiens il me faudra aller voir ce qu'il y a dans mon top 10, les goûts évoluent parfois.

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HART
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar HART » 09 févr. 2017 16:52

Je suis bien content qu'Yves et moi divergions de temps en temps sur notre appréciation des films , c'est bien d'avoir des avis différents , c'est motivant et c'est ce qui rend les discussions intéressantes.
Pour " The Brass Legend " ( que je suis ravi d'avoir fait découvrir à mon contradicteur et ami ) , il n'est plus dans mon Top 10 , il doit être maintenant en n°13.
Depuis mon tout premier classement dans WM , j'ai découvert Law and Order de Cahn et revu Heaven's Gate et Decision at Sundown. Ces films ont modifié le classement initial.
Chip , je te recommande , en effet , de revoir de temps en temps ton Top 10 , peut-être seras-tu tenté , comme moi , de le modifier.

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chip
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar chip » 09 févr. 2017 17:09

Sage conseil, je me souviens y avoir inclus " the burning hills", que je vais certainement rétrograder, même si j'aime beaucoup le film...

kiemavel
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar kiemavel » 09 févr. 2017 23:05

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Le très jeune Cass Bunning vient de quitter pour la première fois la ferme familiale pour se rendre à Silver City. Il croise quelques bandits mais parvient sans encombre jusqu'à la ville, un refuge de hors-la-loi, très animée ce soir là car on attend l'arrivée de la diligence qui doit amener en ville la dernière trouvaille de Mamie, la propriétaire de la maison close. Effectivement, elle n'avait pas menti : la plus jolie fille vue dans le coin depuis un bon moment fait son apparition sous les collibets des autres prostituées ricanant au balcon du bordel. Une jeune fille apeurée se terre au fond de la diligence sous les regards des hommes surexcités qui attendent de lui faire escorte jusqu'à son lieu de travail. L'attraction du soir est perturbée par l'intervention de Cass qui enlève la jeune fille sous les yeux des habitants. Lui ayant permis d'échapper au bordel, Cass s'interroge sur les intentions de la jeune femme. Les deux jeunes gens apprennent à se connaitre et décident de tenter leur chance ensemble. Ils passent la nuit à Vinegaroon mais au matin ils sont arrêtés par les hommes du Juge Roy Bean qui accepte de fermer les yeux sur la situation illégale du couple en fuite à condition de les marier. Le jeune couple reprend la route et prenant confiance en lui, le jeune Cass révèle à sa jeune épouse, ses véritables intentions…

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Boetticher commence par nous montrer un pied tendre, un jeune homme naïf -croit-on- que l'on découvre en train de sauver un jeune lapereau prêt à être tué par une vipère qu'il abat d'un tir rapide et précis. Un indice peut-être ? Et avec les hommes ? Justement trois mines patibulaires apparaissent, se moquent de Cass, et le provoquent. Fait inhabituel, c'est Billy Timple, le très jeune homme au centre du groupe qui prend la parole. Ses compagnons ironisent d'ailleurs sur sa jeunesse mais c'est bien le Kid qui semble avoir l'ascendant sur ses compagnons. Ce n'est que le premier des Kid que l'on va croiser … L'arrivée dans la ville de Silver City à l'atmosphère assez survoltée et dans laquelle la violence semble pouvoir éclater à tout moment ne perturbe pas la quiétude apparente du jeune homme, pas plus que la première rencontre avec ses premiers bandits quelques instants auparavant. Le sauvetage de la jeune Nellie n'est d'ailleurs qu'une brève accélération du récit mais la tension retombe aussitôt après. Les deux jeunes gens font connaissance et s'interrogent sur leur avenir : Que faire dans ce monde là ? On improvise…mais plus le film avance, plus ils seront confrontés à un monde de violence dont ils essaieront de se tenir éloigné. C'est en tout cas ce que l'on croit. Entre deux mauvaises rencontres, entre Cass et la jeune fille, il va y avoir quelques moments idylliques, des parenthèses sublimes magnifiquement filmées par Boetticher (et Lucien Ballard, son directeur de la photographie). Durant ces séquences simplement mais joliment écrites, j’ai fréquemment pensé au jeune couple de Promenade avec l'amour et la mort pris eux aussi dans une époque peu propice aux amours "courtois". A chaque fois, l'harmonie est bien vite brisée par les adultes. Le soir même de l'enlèvement, Cass et Nellie dorment à l'hôtel de Vinegaroon et sont sortis de la chambre au petit matin par les hommes de Roy Bean, le juge de la petite ville où ils avaient trouvé refuge. Bien que Cass affirme avoir respecté Nellie, il est condamné alors que les hommes de Bean l'avaient surpris assoupi sur une chaise, une carabine entre les mains, gardant la porte de la chambre dans laquelle Nellie s'était endormie. Malgré tout, Bean qui venait de prononcer une sentence de mort à l'encontre d'un tout jeune homme incapable de prouver qu'il était le propriétaire du cheval qu'il montait la veille et qui est pendu sur la colline entourant la ville immédiatement après le jugement expéditif, il se montre plus clément pour Cass et Nellie mais ils sont néanmoins mariés de force.

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L'image du jeune homme vacille quand on apprend de sa bouche même que ce fils de fermier a été formé au tir par un père très habile un pistolet en main et qu’il avait fait rêver son jeune fils avec ses récits contant les exploits des légendes de l'ouest…et aujourd'hui le jeune Cass rêve de pouvoir enfin se mesurer à eux. Pourtant, s'il est habile pour tirer sur une cible immobile comme il l'avait déjà démontré dans le saloon de Silver City provoquant l'admiration des piliers de bar et s'il impressionne aussi Nellie un peu plus tard en lui faisant une démonstration de tir sur un cactus provoquant là aussi des exclamations enthousiastes, dès qu'il lui fait part de ses rêves, se mesurer aux légendes de l'ouest, elle prend peur et se fâche. Cette dispute est interrompue par 3 hommes. L'un d'eux, menaçant, prend la parole et on comprend immédiatement qu'il prend de haut le jeune homme. En raison des scènes précédentes, l'entrainement au tir très probant, la vantardise de Cass et les propos qu'il tient sur ses intentions, on s'attend la encore à un duel mais il n'en est rien. Boetticher joue avec nos nerfs et remet à plus tard les explications car Cass a, pour l'instant, encore besoin de recevoir une dernière leçon. L'homme qui prend la parole lui demande de jeter ses armes et de baisser son pantalon pour gêner ses mouvements et être ainsi en position de force. L’inconnu entend sans doute humilier Cass sous les yeux de sa jeune femme, mais une humiliation en douceur sans agressivité aucune, et il emploie surtout un ton professoral, le félicite pour son habilité au tir mais le sermonne pour s'être laisser surprendre puis finit par décliner son identité et celles de ses compagnons : Frank, Jesse James et Bob Ford. Quand James apprend que les deux jeunes gens ont l'intention de retourner à Silver City, il les dissuade, les prévenant que sa bande a l'intention d'attaquer la banque de la ville et Ils prennent enfin congés. Pour le jeune Cass, ce sera la dernière leçon, une sorte de « Masterclass » … mais il ne saura pas en tenir compte.

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On croise donc de nombreuses célébrités du western. Soit on en entend parler : les légendes de Lilly Langtree, Wes Harding et James Cantrill sont évoqués par Cass car son père les avaient croisé. Lily Langtree est à nouveau évoquée par Roy Bean puis on croise Jesse James et sa bande mais c'est la figure de Billy The Kid qui semble avoir le plus intéressé Boetticher. Si son nom est d’abord évoqué à plusieurs reprises, on en croise plusieurs de ces gamins tueurs, d'abord un premier Kid, le jeune Billy Pimple, mais le principal est bien sûr le jeune Cass qui n'est donc pas qu'une victime de l'époque puisque ce qui lui arrive, et par conséquent ce qui arrive au couple, il en est le principal responsable. Constatant l'accumulation de célébrités que l'on croise ou dont on entend parler, je ne comprenais pas pourquoi Boetticher avait ouvert son film par la confrontation potentiellement explosive -mais avortée- entre deux Kid "non historiques". Comme il se doit, l'explication et la raison d'être de ce choix curieux vient à la fin … C’est cette variation sur la culture de la violence en Amérique qui rend le film si passionnant. Le jeune Cass semble bien jeune, bien seul et bien peu armé (jeu de mot) pour survivre dans un monde comme celui qui est décrit mais finalement s'il fait de mauvaises rencontres, ce n'est pas ce qui le tue. Il rencontre même les moins recommandables qui soient, et pour finir l'un de ceux qui fout le plus les miquettes (Jesse James) mais si ce dernier l'humilie, c’est surtout pour dissuader Cass de jouer les durs. Il lui donne des conseils ; il le prévient pour le raid qui se prépare et il est donc absolument bienveillant avec les jeunes gens, ce qui était quand même un angle singulier pour montrer la "terreur" de l'ouest.

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Et finalement, ce ne sont pas les mauvaises rencontres avec ces "terreurs historiques" qui le faisaient fantasmer - tout comme ils faisaient fantasmer son père - qui cause la perte de Cass puisque c'est à un autre gamin que Cass doit sa perte. C'est sans doute qu'il aura été éduqué tout comme lui dans une culture de la violence (le père de Cass l'a nourri au mythe des grands flingueurs et l'a initié au tir rapide). Cette éducation lui aura été certes utile en une occasion puisque Cass se montre au moins une fois héroïque " à l'ancienne " (quand il enlève la jeune fille du bordel qui lui est promis) mais il y a un moment de rupture lorsque - en confiance - Cass confit à la jeune fille ses rêves de gloire et qu'il lui fait cette démonstration de tir qui soulève son enthousiasme. La fascination des armes ; la puissance qu'elles confèrent … Rideau. Irrécupérables. Si les petits garçons ont semble t'il le choix entre fermier et gunfighter, le sort des jeunes filles n'est pas beaucoup plus enviable. Ayant donc échappé de peu au bordel, Nellie déclare à Cass qu'il est difficile pour une fille de trouver un travail décent et que même si l'on croit parfois l'avoir trouvé, on tombe souvent sur des patrons qui ne le sont pas toujours … Alors la prostitution finalement…ou bien tiens, le mariage ! Boetticher montre donc certaines réalités de l'ouest qui furent longtemps occultées ou édulcorées dans le genre, par exemple la prostitution, et qu'il soit aussi explicite sur les perpectives d'avenir d'une jeune et jolie fille dans l'ouest américain à cette époque là n’était pas encore si courant.

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Il fait même preuve d’un brin de complaisance pour montrer la vulgarité des filles du bordel … Et plus tard, le bal qui suit le mariage forcé de Cass et Nellie tourne lui aussi à la boufonade : on y force Cass à danser avec la chaise vide dans laquelle est réputée s'être assise jadis Lilly Langtree. Ce dernier western de Boetticher - et même le dernier film de fiction tout court du metteur en scène - tranche donc singulièrement avec ses westerns de la décennie précédente mais c'est un film que devraient aimer les admirateurs des autres grandes oeuvres iconoclastes qui vont suivre (Juge et hors-la-loi, ceux de Altman …). On regrette quand même parfois un peu les épures du grand Boetticher. Le très grand classicisme et l'économie de moyen prodigieux que l'on pouvait voir notamment dans la série de chefs d'oeuvre tournés avec Randolph Scott sont remplacés ici un style affecté dont on perçoit un peu trop les intentions : jouer avec les codes du genre, avec certains stéréotypes que Boetticher s'amuse à traiter de manière décalée et en convoquant au passage une bonne partie des célébrités de l'ouest dans un récit pourtant très court, en partie pour s'en moquer ou pour tenter une démystification. Il maltraite surtout le juge Roy Bean, un alcoolique édentée qui la nuit laisse tremper son dentier dans un verre rempli de whisky ; dentier qu'il ôte et remet en place aussi souvent qu'il émet les sentences de mort à la chaine. Le rôle est joué de manière énoooorme par le vétéran Victor Jory. On ne retrouve pas tout à fait non plus la maitrise formelle du réalisateur, en terme de mise en scène, de montage, de construction du scénario. Mais d’une part, le film a été charcuté et - en amont- le manque de moyens semble évident. C’est d’ailleurs ce qui explique ce casting de jeunes inconnus qui tiennent les premiers rôles ... et surtout une bévue navrante car elle montre bien l'état de la carrière du metteur en scène au moment de ce tournage : L'arrivée de Cass à Silver City se fait de jour mais dans le prolongement de cette séquence, après avoir déposé son cheval chez le maréchal ferrant, on se retrouve…de nuit. Encore une fois, ce raté s'explique par le minuscule budget affecté à la réalisation de ce film produit d'ailleurs par Audie Murphy (remarquable en Jesse James) à une époque où Boetticher était ruiné.
Ce western dont la morale pourrait être : "Ne laissez pas vos gosses jouer aux cow-boys" est parfois maladroit mais encore passionnant et à voir ; et pas seulement par les complétistes. Final désespérant. Plus pessimiste, y'a pas. DVD gravé (vost)

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Scénario et réalisation : Budd Boetticher / Produit par Audie Murphy / Directeur de la photographie : Lucien Ballard / Musique : Harry Betts

Avec Richard Lapp (Cass Bunning), Anne Randall (Nellie Winters), Victor Jory (le juge Roy Bean), Audie Murphy (Jesse James), Robert Random (Billy Pimple), Beatrice kay (Mamie, la mère maquerelle)

Epilogue (attention : spoiler visuel)
Spoiler: Montrer
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Modifié en dernier par kiemavel le 20 juin 2017 18:35, modifié 1 fois.

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar pak » 09 févr. 2017 23:50

Qui tire le premier ?

Ben Kiemavel ! :sm57: :sm28: :applaudis_6:

Heu, j'ai pas lu le spoiler, merci d'avoir prévenu. :wink:
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


http://www.notrecinema.com/

Le quiz western 2014

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar kiemavel » 10 févr. 2017 0:39

le spoiler est uniquement un spoiler photographique. Mais les 4 photos en question en disent trop sur le final.

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yves 120
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar yves 120 » 10 févr. 2017 15:45

Dernier western de Budd Boetticher et même dernier film de fiction tout court du metteur en scène. Avec ce film qui anticipe certains westerns ultérieurs (Juge et hors-la-loi ou ceux de Altman), je vois à peu près ce que Boetticher a voulu faire mais je ne suis que partiellement convaincu. Le très grand classicisme et l'économie de moyen prodigieuse que l'on pouvait voir notamment dans la série de chefs d'oeuvre tournés avec Randolph Scott sont remplacés ici un style affecté dont on perçoit un peu trop les intentions : jouer avec les codes du genre, avec certains stéréotypes que Boetticher s'amuse à traiter de manière décalée et en convoquant au passage une bonne partie des célébrités de l'ouest dans un récit pourtant très court, en partie pour s'en moquer ou pour tenter une démystification. Cette démarche contredit presque tout ce qui faisait le style Boetticher, sinon ses intentions…et pourquoi pas n'en aurait-il pas le droit d'ailleurs, mais je trouve que c'est l'aspect le moins intéressant de ce film imparfait mais néanmoins encore passionnant.
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D 'accord avec tout ce que tu dis plus haut ,du moins presque :num1 mais pas sur tes derniers mots !
Tu dis : Je trouve que c 'est l 'aspect le moins intéressant de ce film imparfait mais néanmoins encore passionnant .

Ce qui veut dire que parce que c 'est tout le contraire de Budd que c 'est pour toi le moins intéressant que tu trouves le film avec ce qu 'il comporte car tu n 'en ais que partiellement convaincu il est malgré tout encore passionnant , et bien il a de la chance le Budd .

Pourquoi pas dire tout simplement qu'il y a quand même de bonnes choses dans ce western qui est plus que déroutant ( voire ) intrigant , passionnant non et je ne pense pas que tu le trouves passionnant , mais je peux me tromper , cela m 'arrive quelques fois ...
Cela dit c 'est juste pour te taquiner :num1 tout est tellement bien raconté et écrit que j 'en suis jaloux !
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar kiemavel » 10 févr. 2017 21:32

yves 120 a écrit :D 'accord avec tout ce que tu dis plus haut ,du moins presque :num1 mais pas sur tes derniers mots !
Tu dis : Je trouve que c 'est l 'aspect le moins intéressant de ce film imparfait mais néanmoins encore passionnant .

Ce qui veut dire que parce que c 'est tout le contraire de Budd que c 'est pour toi le moins intéressant que tu trouves le film avec ce qu 'il comporte car tu n 'en ais que partiellement convaincu il est malgré tout encore passionnant , et bien il a de la chance le Budd .

Pourquoi pas dire tout simplement qu'il y a quand même de bonnes choses dans ce western qui est plus que déroutant ( voire ) intrigant , passionnant non et je ne pense pas que tu le trouves passionnant , mais je peux me tromper , cela m 'arrive quelques fois ...
Cela dit c 'est juste pour te taquiner :num1 tout est tellement bien raconté et écrit que j 'en suis jaloux !

Ah ben si, je le trouve passionnant mais effectivement déroutant …et sans aucun doute décevant - et je peux le comprendre - pour les amateurs de westerns classiques (dont les Boetticher antérieurs). Toujours cette même histoire : "...imprimer la légende " … ce que d'ailleurs Ford n'a pas fait sur la fin. Je comprends bien pourquoi ce genre de westerns qui donnait à voir une autre version plus réaliste (OK, parfois jusqu'au sordide) de la construction américaine avaient de quoi décontenancer les amoureux fou du grand cinéma américain classique avec leurs histoires plus ou moins balisées laissant soigneusement de coté les cotés moins reluisants de la véritable histoire. Moi, j'aime les deux. Je ne mets rien au dessus des grands Boetticher - par exemple - mais j'aime aussi énormément les westerns qui ont secoué le mythe, quitte a faire remonter les poubelles, de Altman à Eastwood (Impitoyable) en passant par Cimino.

Ce film de Boetticher en fait partie, et c'est même un des premiers. Dans ce paragraphe que tu as isolé, je disais que le coté iconoclaste n'est pas ce qui m'a le plus intéressé. Je maintiens. Par moment, le dézingage de grandes figures américaines est un peu too much. Roy Bean : un vieux sénile édenté défoncé au whisky et rendant la justice comme un gland (St Louis, c'était bien sous un chêne. Copyright : Pierre Desproges), c'est un peu trop. Il faut surtout voir Victor Jory dans le rôle. Voilà pour mes limites.

Maintenant, j'ai bien aimé que Boetticher montre certaines réalités de l'ouest qui furent longtemps occultées, par exemple la prostitution et qu'il soit aussi explicite sur les perpectives d'avenir d'une jeune et jolie fille dans l'ouest américain à cette époque là. C'est sans doute exagéré ; soit … mais ça ne l'est pas plus - qu'à l'opposé - les ingénues plus ou moins nunuches qui trainent dans nombre de westerns.

Et surtout j'ai bien aimé le fond du discours sur la culture de la violence en Amérique. Le jeune Cass semble bien jeune, bien seul et bien peu armé (jeu de mot) pour survivre dans un monde comme celui qui est décrit mais finalement s'il fait des tas de mauvaises rencontres, ce n'est pas cela qui le tue. Il rencontre même les moins recommandables qui soient ; et en dernier, l'un de ceux qui fout le plus les miquettes : Jesse James. Mais que fait ce dernier. Il l'humilie, certes mais pour le dissuader de jouer les durs … Il le conseille, il le prévient (pour le raid qui se prépare) donc il est absolument bienveillant avec les jeunes gens. C'est quand même un angle singulier pour montrer la "terreur" de l'ouest.

Et finalement, ce ne sont pas les mauvaises rencontres avec ces "terreurs historiques" qui le faisaient fantasmer - tout comme ils faisaient fantasmer son père - qui cause la perte de Cass (en réalité, en dehors de Roy Bean, Boetticher ne maltraite pas les figures traditionnelles du western) puisque c'est à un gamin comme lui que Cass doit sa perte (1). C'est sans doute qu'il aura été éduqué tout comme lui dans une culture de la violence (le père de Cass l'a nourri au mythe des grands flingueurs et l'a initié au tir rapide). Cette éducation lui est utile en une occasion puisque Cass se montre au moins une fois héroïque " à l'ancienne " : quand il enlève la jeune fille du bordel qui lui est promis. Avec cette jeune fille, il va y avoir quelques moments idylliques, des parenthèses sublimes magnifiquement filmées par Boetticher (Et Lucien Ballard, son directeur de la photographie).

Mais il y a un moment de rupture, c'est lorsque - en confiance - Cass confit ses rêves de gloire à la jeune fille et qu'il lui fait une démonstration de tir qui soulève son enthousiasme. La fascination des armes ; la puissance qu'elles confèrent … Rideau. Irécupérables. Cette culture de la violence, l'apprentissage des armes à feu est un sujet toujours d'actualité … C'est notamment sur cette thématique là que ce Boettchier se hisse au niveau des films " d'avant", d'une autre manière. Car moins pur ... Aussi par le style. Je maintiens qu'on ne retrouve pas tout à fait la maitrise formelle du réalisateur, en terme de mise en scène, de montage, de construction du scénario. Ce n'est plus tout à fait le grand Budd Boetticher. Mais c'est sans doute au moins du en partie au manque de moyens, raison qui explique aussi le casting de jeunes inconnus qui tiennent les premiers rôles.

Passionnant, oui, oui ! :wink:

(1) Même si à l'évidence, le jeune Billy Pimple et Cass sont deux avatars de Billy le kid.

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar yves 120 » 10 févr. 2017 22:06

Moi aussi j 'aime les westerns qui ont secoué le mythe surtout Cimino ! qui est d 'ailleurs pour moi le top bien plus que Boetticher Altman et même Eastwood mon dieu Cimino quelle merveille :D et dire que dans un topic consacré à ce chef d ' oeuvre qu 'est la Porte du Paradis j 'ai dis qu 'il y avais des longueurs alors que justement les longueurs
sont utiles je vais en parler sur son topic à lui pour me racheté , car c 'est l 'un des plus" beau" films que j 'ai vu , il est merveilleux splendide etc ..... là oui oui je suis passionné car ce film est passionnant c 'est une " fresque "
Surtout la photo du Wyoming qui est comme si elle nous parlait belle et dure par moment majestueuse avec des effets de couchers de soleil au bord de la rivière , tout est beau et juste dans ce film surtout les dialogues une pure merveille de lucidité de Cimino

Moi aussi j 'aime les deux , il ne faut pas croire que j 'aime comme tu le dis plus haut ! enfin pas que pour moi ! je rectifie ,( La construction américaine avaient de quoi décontenancer les amoureux fou du cinéma américain classique) ce qui n 'est pas faux , mais un vrai amoureux avec le temps passe au dessus et aime le cinéma , Non !
Tout ça pour te dire pas passionnant malgré tout ce BUDD non , non ...
Modifié en dernier par yves 120 le 10 févr. 2017 22:45, modifié 3 fois.
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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar major dundee » 10 févr. 2017 22:31

Vu sur You Tube, je voulais surtout voir l'apparition du sympathique Audie Murphy (Jesse James ici), assez décousu dans l'ensemble comme film...à revoir dans de meilleures conditions.

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar chip » 03 mars 2017 14:55

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Richard Lapp, Anne Randall : " A time for dying " (1971)

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar kiemavel » 03 mars 2017 22:31

C'est Jesse James (Audie Murphy) qui force le gamin à baisser son pantalon

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar chip » 04 mars 2017 8:22

Si un éditeur pouvait mettre la main sur cette rareté, je serais :D

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Re: Qui tire le premier ? - A time for Dying - 1967 - Budd Boetticher

Messagepar Vince » 13 janv. 2018 9:22

D'accord avec Chip et de plus, la VF existe ! Un derniers westerns avec Audie Murphy (même s'il n'a qu'un petit rôle) qui n'a pas encore été édité en DVD chez nous.

Allez Sidonis...



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