Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

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Arizona Kid
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar Arizona Kid » 06 août 2017 20:43

Un DVD que j'ai longtemps recherché et que j'ai enfin dégoté hier matin :D

Et si Audie Murhy ne figure assurément pas dans mon palmarès d'acteurs de western, je reconnais qu'il campe plutôt bien ce mercenaire dont l'arrivée en ville suscite la paranoïa de tous les habitants, chacun redoutant d'être sa prochaine victime.

J'avoue que le twist du vieil impotent cloué dans sa chaise roulante m'a bien plu; j'avais pressenti qu'il y avait quelque chose avec ce personnage, car c'est toujours celui auquel on pense le moins de prime abord qui va se révéler important.

Bref, une agréable petite pépite de série B, comme la Universal en avait le secret icongc1
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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U.S. Marshal Cahill
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 04 juin 2018 16:59

critique et test dvd de LAL de ce mois
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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 04 juin 2018 19:54

Acheté également samedi dernier (j'avais la précédente édition simple dvd mais bon... Me suis lassé tenter, j'adore ce film). Pas encore vu pour comparer.

Concernant le film en lui-même (vhs enregistrée dans LA DERNIERE SEANCE en 1992 je crois trouvée en solderie par mon père, été 2001) j'ai toujours adoré et je pense que Murphy joue là un de ses meilleurs rôles qui le distingue de ses prestations de justicier (et moins excessif que dans LE VENT DE LA PLAINE ensuite).

J'adore notamment quand le banquier (Whitt BISSELL) et son associé (Karl SWENSON) persuadés que Murphy vient pour l'un d'eux tentent de négocier.
"On vous a dit qu'on pouvait m'acheter et vous venez me faire une offre..." ou quand ils insistent "Qui vous dit que je ne suis pas là pour vous ?!"

Côté casting j'ai été surpris et content de revoir Joan EVANS bien moins agaçante que dans ZORRO à la même période (Leonora, la fille tête à claques du Gouverneur de Californie fin de la saison 2 !!).
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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 01 août 2018 13:42

Revu en dvd nouvelle édition combo Blu-Ray dvd ce lundi.

Je trouve la version française audible sans difficulté comparé à la remarque des Années Laser...
Le film en soi... Je ne l'avais plus revu depuis un moment ce fut donc un plaisir ! Murphy est d'autant plus menaçant qu'il n'a ni l'allure ni la tête de l'emploi... C'est pas Jack PALANCE dans L'HOMME DES VALLEES PERDUES auquel Bertrand TAVERNIER fait référence dans son commentaire !

Quant au commentaire de Patrick BRION je suis d'accord avec lui c'est pas un "grand" western en apparence mais il en a bien le niveau. Je crois que c'est également lui, dans le livre LE WESTERN aux Editions de La Martinière, qui compare le film par moments au TRAIN SIFFLERA TROIS FOIS... Une histoire avec un homme seul dans une ville... Sauf qu'ici il a le mauvais rôle...

La peur visible à partir de peu de choses par chaque individu ayant des choses à se reprocher... Quand Murphy est au comptoir et que le gars qui dirige une mine se contente de le regarder... De loin on voit l'associé du banquier qui les voit terrifié et en tire de fausses conclusions...

La brève confrontation entre Murphy et le shérif... "Pourquoi ne pas me tuer ?"
MURPHY: JE SUIS PAS PAYE POUR CA !

Les brèves parties humoristiques avec les petits vieux peuvent paraître agaçantes mais j'adore...
"Réfléchis les yeux ouverts ! Ca fait vingt minutes que tu réfléchis !!" ou quand Murphy vient vers eux "tu mens comme un arracheur de dents !"-"M'en fous j'en ai plus !!" :lol:

A la rigueur je reprocherais juste la rapidité de la conclusion et le suspense sur le destin de Gant après...
Je pense que pour faire découvrir Murphy à quelqu'un qui ne le connaît pas le mieux serait ce film et éventuellement après essayer un Nathan JURAN ou un Jesse HIBBS...
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar Moonfleet » 28 avr. 2019 9:02

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Une Balle signée X (No Name on the Bullet- 1959) de Jack Arnold
UNIVERSAL



Avec Audie Murphy, Charles Drake, Joan Evans, Virginia Grey, Warren Stevens, R.G. Armstrong, Willis Bouchey
Scénario : Gene L. Coon & Howard Amacker
Musique : Herman Stein
Photographie : Harold Lipstein (Eastmancolor 2.35)
Un film produit par Jack Arnold & Howard Christie pour la Universal


Sortie USA : Février 1959


John Gant (Audie Murphy), cavalier mystérieux et peu loquace, arrive à Lordsburg. Les habitants ne l’ont jamais vu mais dès qu’ils apprennent son nom, ils se mettent tous à paniquer. En effet, il s’agit d’un tueur à gages notoire ayant déjà une trentaine d’assassinats à son actif. Sa manière d’opérer est toujours la même : il arrive dans une ville, fait une halte à l’hôtel, observe les habitants et attend que la future victime, par peur, craque et le provoque ; pour remplir son ‘contrat’, il n’agit plus désormais qu’en état de légitime défense et ne se trouve ainsi jamais hors-la-loi. Encore une fois à Lordsburg, il n’y a ‘No Name on the Bullet’ et beaucoup d’habitants se sentent visés car ayant tous quelque chose à se reprocher. La paranoïa commence à se répandre, les morts s’accumulent, mais un homme va tenter de s’interposer pour ne pas que la folie meurtrière s’empare plus longuement de ses concitoyens, le docteur Luke Canfield (Charles Drake). Il essaye de convaincre John Gant de quitter la ville mais ce dernier, impassible et indéboulonnable, décide de n’écouter personne et de poursuivre son ‘travail’ jusqu’au bout. Mais qui peut bien être le X que recherche cette fois-ci ‘l’ange exterminateur’ qu’est John Gant ? Le suspense sera maintenu jusqu’à la fin.


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Nous ne reviendrons plus ensuite sur Jack Arnold puisque No Name on the Bullet est son ultime western. Résumons sa carrière une dernière fois très rapidement. Il fut tout d’abord l'assistant de Robert Flaherty au Service Cinématographique de l'Armée puis, une fois embauché au studio Universal, devint sous la tutelle du producteur William Alland l’un des plus grands spécialistes du film fantastique et de science-fiction. En tant que cinéaste, il réalisera donc l’excellent Le Météore de la nuit (It Came from Outer Space) en 1953, puis les agréables et attachants L’Etrange créature du lac noir (Creature from the Black Lagoon) en 1954 et Tarantula en 1955. Il ne s’arrêtera d’ailleurs pas en si bon chemin puisqu’en 1957 il signera son chef-d’œuvre, toujours à l’intérieur de ce genre, L’Homme qui rétrécit (The Incredible Shrinking Man), dont l’acteur principal sera Grant Williams qui interprétait déjà dans Red Sundown (Crépuscule sanglant) le personnage le plus mémorable de ce western, un tueur sadique au visage d’ange dont le cynisme fait froid dans le dos. Avant donc Crépuscule sanglant, Arnold avait déjà réalisé un western, pas plus tard que l’année précédente, le très médiocre Tornade sur la Ville (The Man from Bitter Ridge) que je décrivais à peu près ainsi : "Nous nous trouvons donc devant une série B médiocre et indigente à presque tous les niveaux […] J’avoue avoir aussi quelques difficultés à suivre Bertrand Tavernier quand il s’extasie sur la mise en scène de Jack Arnold qui m’a semblé au contraire, à deux ou trois séquence près, d’une platitude et d’une mollesse incroyables…" Ce ne sera heureusement pas le cas pour son deuxième essai dans le genre, Red Sundown, bien plus convaincant, ni pour Une Balle signée X qui possède à peu près les mêmes qualités et défauts que son prédécesseur.


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Mais pour quelles raisons ce petit film de série B fauché a-t-il pu acquérir une aussi flatteuse réputation tant en France qu’aux Etats-Unis ? Loin de moi l’envie d’affirmer qu’elle est usurpée vu le très grand nombre d’aficionados qui ont certainement leurs raisons de l’apprécier autant, mais disons que j’ai du mal à adhérer et à comprendre cet enthousiasme pour un western que je considère comme se situant juste dans une honnête moyenne. Certes Audie Murphy sortait de ses sempiternels rôles de cow-boy durs au cœur pur ou de ces outlaws bien aimés pour interpréter ce coup-ci un tueur plutôt antipathique ; certes Jack Arnold s’était établi une certaine notoriété dans le domaine de la science-fiction et du fantastique ; certes le propos pouvait passer pour plutôt original même si ce n'était pas le premier à l'aborder… Pourtant tout cela ne peut être suffisant pour faire de No Name on the Bullet un chef-d’œuvre du genre, loin s’en faut. Attention, il ne s’agit pas non plus d’un mauvais film mais il est légitime d’éprouver une certaine frustration après avoir lu autant de dithyrambes à son sujet. Une honnête série B de la compagnie spécialiste du genre, ce n'est déjà pas mal !


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Le scénariste Gene L.Coon avait déjà écrit quelques épisodes de séries TV aussi célèbres que Zorro (avec Guy Williams) et Rawhide qui révéla Clint Eastwood. Par la suite, il se spécialisera dans la télévision et le nombre de séries cultes auquel il participa est assez impressionnant : Les mystères de l’Ouest, Bonanza, Star Trek, Kung Fu. Son script pour le film de Jack Arnold est plutôt bien construit, menant son suspense jusqu’au bout avec une certaine tenue et abordant des thèmes intéressants : "l’ange exterminateur" qui représente la mauvaise conscience des citoyens respectables et qui met à jour des culpabilités oubliées, la paranoïa provoquée par la peur et la folie meurtrière qui s’ensuit… mais il est en partie plombé par des dialogues trop abondants et qui plus est, ampoulés ou sentencieux. Ce qui nous donne une espèce de "sur-western" psychologique un peu pesant, se prenant très (trop) au sérieux (exceptés les échanges dialogués entre deux vieillards, pas le moindre humour ; ce qui n'est dans l'absolu pas un mal mais qui en l'occurrence rend ce film un peu trop solennel !) Si le budget avait été plus conséquent, Jack Arnold aurait pu nous offrir entre-temps quelques scènes d’action dignes d’intérêt ; il n’en est rien d’autant plus que la mise en scène s’avère bien trop sage pour un tel sujet, une mise en images manquant singulièrement d’imagination et de souffle. Elle n’en est pas pour autant déshonorante car nous pouvons y piocher quelques belles idées et beaux plans (l’arrivée de John Gant lors de la scène initiale), mais sans assez d’éclat pour arriver à nous passionner plus avant pour cette intrigue mélangeant les éléments du thriller et du western.


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Et Audie Murphy me direz-vous, après avoir été à l'affiche de tant d'autres westerns très plaisants ? Il s’agit peut-être de son rôle le plus célèbre avec ceux qu’il tenait dans La charge victorieuse (The Red Badge of Courage - 1951) et Le vent de la plaine (The Unforgiven - 1960), tous deux de John Huston. Les admirateurs de l’acteur (également héros militaire le plus décoré de l’histoire des Etats-Unis) parleront ici de "underplaying" et de sobriété. En effet, il pourrait bien en être question, ce qui nous donne au final une interprétation qui convient parfaitement bien au personnage, le comédien se révélant aussi convaincant dans la peau de ce personnage antipathique que dans la majorité de ses précédents rôles. John Gant est un personnage assez inhabituel : antipathique, froid, calculateur et assez réactionnaire ; ce qui permet d’offrir au scénariste de biens captivants développements. Le calme et l’assurance de John Gant ne sont jamais pris en défaut et provoquent la peur. Ce sont alors les autres qui deviennent suspicieux, provocateurs et se mettent à assassiner pour ne pas être tués à leur tour. Les habitants de Lordsburg ont l’air, pour la plupart , d’avoir tous un cadavre caché dans leurs placards. De quel côté notre sympathie doit-elle alors se tourner ? Vers le tueur impassible et sans problème de conscience ou vers les citoyens dont le scénariste nous montre les défauts et actions inavouables ? L’ambiguïté du propos est bel et bien présente, ce qui est un élément non négligeable pour que le film ne retombe pas dans l’anonymat le plus total ; le "non-jeu" voulu de Audie Murphy y contribue aussi, apportant une touche d’originalité supplémentaire, le seul fait de ne le voir jamais décocher un sourire arrivant à nous le rendre inquiétant.


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Le reste du casting n’est pas inoubliable mais néanmoins tout à fait honorable. Signalons l’excellent Willis Bouchey, déjà très bien dans Le port de la drogue de Samuel Fuller et que l’on retrouvera souvent dans les films de fin de carrière de John Ford tels La dernière fanfare, Les cavaliers, Le sergent noir, Deux cavaliers, L’homme qui tua Liberty Valance, et qui interprète ici avec conviction le rôle du shérif ne possédant pas assez de pouvoir ni de raisons valables pour arrêter le tueur. Charles Drake, dans la peau du médecin allant, pour une raison de "santé publique", s’interposer face à John Gant, se débrouille assez bien lui aussi. Il est celui qui représente la bonne conscience et les idées les plus humanistes sur la justice et la société. Mais ses phrases un peu didactiques et solennelles le rendent parfois un peu agaçant, ce qui n’était sûrement pas l’image de lui que voulait nous transmettre le cinéaste. En effet , il semble clair que les auteurs partagent les idées du médecin : il ne faut pas que ce genre de justice (celle du tueur) règne au risque de détruire la société ; même s’il y a trop de coupables, on ne peut pas tous les punir et surtout pas de cette manière ; une foule et un lynchage ne sont pas non plus une solution pour faire entendre raison… Les intentions sont évidemment fort louables mais n’atteignent que partiellement leur but par le fait d’être assénées sans trop de finesse et par l’intermédiaire d’un bavardage intempestif. Une honnête série B cependant qui devrait vous faire passer un bon moment mais qui peut se révéler décevante au regard de sa réputation. L’excellent final, que je vous laisse découvrir, nous montre le niveau qu’aurait pu atteindre ce western s’il avait été mené avec plus de conviction dans la mise en scène et plus de simplicité dans les dialogues. En l'état, ça reste cependant tout à fait estimable.

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 28 avr. 2019 15:22

MOONFLEET: Ta critique me donne envie de le revoir !

UNE BALLE SIGNEE X... J'avoue repenser aussi à une injuste critique de la carrière de Murphy dans le livre LE WESTERN avec John WAYNE dans RIO BRAVO lors de la fusillade en couverture: "on attend encore que la Balle signée X atteigne son but et nous débarrasse de cet acteur qui n'a guère sa place dans le genre..."(réédition).

On aime ou non, comme pour chaque acteur du genre (mon professeur de cinéma américain western en Seconde Année anglais détesta Randolph Scott "qui se prend pour John Wayne mais en a ni la carrure ni le style")... Mais on ne peut nier que la présence de Murphy est synonyme de menace... La plupart du temps involontaire (Lou Fraden persuadé que c'est le mari de sa compagne qui a engagé Murphy, le banquier et son associé persuadés qu'il est là pour eux et cherchent à l'acheter... "Qui vous dit que je ne suis pas là pour vous ?")...

Je vais sans doute me faire étriper en faisant ce genre de comparatif... Mais j'avais parfois trouvé quelques similitudes entre Audie et Giuliano GEMMA qui, chacun dans leur genre respectif, jouaient chaque fois le héros... Pouvaient changer de genre.

Dans ARIZONA COLT Giuliano incarnait un chasseur de primes antipathique prêt à débarrasser les habitants de Blackstone Hill de la bande des Scorpions contre prime... 500 dollars et une nuit avec la fille du patron du saloon (Corinne MARCHAND)... Après avoir été (et encore plus tard) le justicier...

Ici Audie, habituellement le brave cowboy face aux fauteurs de trouble, est le tueur à gages à ne pas sous-estimer malgré les apparences ("C'est lui ? Ce gosse ?!" :shock: ).
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar Arizona Kid » 13 sept. 2019 15:52

Après la déception causée hier soir par le médiocre Cattle Queen of Montana d'Allan Dwan, je suis revenu ce midi à une valeur sûre, à savoir ce cher Audie Murphy, pour déjeuner devant une nouvelle vision de cette petite perle Universal signée Jack Arnold.

Un cinéaste dont je tiens en haute estime les opus de science-fiction que j'ai pu voir, tels L'Homme qui rétrécit ou Le Météore de la Nuit, tous deux tournés pour le studio au globe; et dans le domaine du western, Tornade sur la ville, avec Lex Barker, et surtout Le Crépuscule sanglant avec Rory Calhoun.

Avec Une balle signée X, Arnold nous mitonne une série B d'égale qualité, servie par toute une galerie de personnages ambigus et moralement douteux, dominée par la prestation d'un Audie Murphy à contre-emploi dans ce rôle de tueur à gages implacable.
L'acteur à l'éternelle allure juvénile renoue ici en quelque sorte avec son tout premier western de 1949, dans lequel il campait Billy the Kid, ces deux anti-héros étant peut-être les seuls rôles négatifs de sa carrière au sein du genre qui a fait sa gloire à l'écran.

En à peine plus d'une heure, Jack Arnold embarque l'amateur dans un western à suspense doublé d'une intéressante réflexion sur le fait de tuer et de pourquoi tuer.
A ce titre, la confrontation intellectuelle entre Murphy et le bon docteur Canfield, forgeron à ses heures (Charles Drake, dans un rôle qui m'a rappelé celui de Willard Parker dans Quand les tambours s'arrêteront), ne manque pas d'attrait, les deux hommes s'estimant malgré une conception de la vie et de la mort radicalement opposées.

La scène finale, qui voit l'intègre Canfield triompher du rogue mercenaire, est en ce sens chargée d'un symbole fort: le marteau du forgeron, dans une allégorie de celui de la justice, fait sauter l'arme de la main du tueur, le délivrant en quelque sorte de sa propre malédiction; en privant Audie de sa main, il le guérit malgré lui de son habitude de tuer, lui offrant une chance de rédemption et l'espoir d'une vie normale, dénuée de violence.

Bien sûr, le spectateur ne saura rien de ce que deviendra le tueur blessé, le générique tombant sur sa silhouette s'éloignant à cheval, mais il se surprend à espérer qu'il saura jeter les colts aux orties pour sauver le peu d'âme qu'il lui reste.

Voilà en tous cas l'un des Audie Murphy à voir en priorité pour le néophyte qui voudrait découvrir cette légende du western...

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" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 14 janv. 2020 20:19

metek a écrit :Audie Murphy - No Name on the Bullet (1959)- Metek09-Artwork-Production (2020)

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Re: Une balle signée X - No Name on the Bullet - 1959 - Jack Arnold

Messagepar LordDécadent » 08 mai 2020 18:11

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