Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

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lasso
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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar lasso » 05 mars 2019 10:54

depuis février 2019 : édition en allemagne


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Moonfleet
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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar Moonfleet » 10 mai 2019 9:27

Chip, ne m'en tiens pas rigueur :oops:


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Collines brûlantes (The Burning Hills - 1956) de Stuart Heisler
WARNER


Avec Jeffrey Hunter, Natalie Wood, Skip Homeier, Eduard Franz, Earl Holliman, Claude Akins
Scénario : Irving Wallace
Musique : David Buttolph
Photographie : Ted D. McCord (Warnercolor 2.35)
Un film produit par Richard Whorf pour la Warner


Sortie USA : 23 août 1956


Après que le fermier Johnny Jordan se soit fait lâchement assassiner d’une balle dans le dos, son frère Trace (Tab Hunter) se lance sur la trace des meurtriers. Après avoir fait sa propre enquête, il découvre que sur les lieux du crime se trouvaient au moins trois hommes : un boiteux, un fumeur de cigarillo et un dernier portant des éperons mexicains. Son ami Miguel pense savoir de qui il s’agit ; ils se rendent donc sans tarder dans la ville d’Esperanza sur laquelle Joe Sutton (Ray Teal), un gros rancher, règne en maître. Et pour cause, il est de notoriété publique que depuis longtemps, Joe élimine sans scrupules tous les éleveurs et fermiers s’installant proches de ses terres. En arrivant dans cette petite cité sans shérif, Trace tombe sur des chevaux volés à son frère ; il est maintenant certain de l’identité des coupables et se rend directement chez Joe Sutton qui s’avère être le patron des tueurs. Trace le menace d’aller prévenir l’armée s’il ne livre pas ses hommes à la justice. Mais Trace blesse grièvement Joe après que celui-ci ait tenté de le tuer. C’est désormais au tour du jeune homme d’être traqué. En effet, Jack Sutton (Skip Homeier), le fils de Joe, se lance à sa poursuite avec sa bande constituée d’une dizaine d’hommes. Trace compte bien se rendre dans la garnison la plus proche afin d’informer les autorités des agissements malveillants de Sutton. Mais, blessé à l’épaule lors de son ‘évasion’, Trace s’écroule inconscient à l’entrée d’une mine abandonnée. Il est trouvé par la jeune Maria Colton (Natalie Wood) qui élève des moutons dans ce coin perdu avec l’aide de son frère et de son oncle. Son père fut autrefois tué par Joe Sutton ; une raison de plus pour assister Trace dans sa mission pour mettre fin au règne despotique de ce tyran local…


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De la part de Stuart Heisler, il y eut tout d’abord dans le domaine du western le divertissant Le Grand Bill (Along Came Jones) avec Gary Cooper et Loretta Young, une des rares incursions réussies de la comédie parodique légère dans le genre. Puis, toujours avec Gary Cooper, ce fut Dallas, ville frontière (Dallas) ; à son propos, j’écrivais qu’à partir du moment où le sérieux prenait le pas sur l’humour (qui se volatilisait d'ailleurs sans crier gare), on commençait sérieusement à se désintéresser de l’histoire, des personnages et de ce qui pouvait leur arriver, d’autant plus que le réalisateur n’arrivait jamais à faire décoller ni à donner du souffle à sa mise en scène bien terne. A croire que dans le western, Stuart Heisler ne s’épanouissait que dans l’humour ; ce que cet ‘on ne peut plus sérieux’ Collines brûlantes tendrait à nous confirmer, le film s’avérant cette fois laborieux de bout en bout ! En revanche, le cinéaste avait entre temps signé un film noir très sombre et très réussi, Storm Warning, qui fustigeait les actes odieux du Ku-Klux-Klan, avec pour têtes d’affiches les très convaincants Ronald Reagan, Ginger Rogers et Doris Day. Les intentions de The Burning Hills ne sont plus du tout pamphlétaires (ce qui n’est d’ailleurs pas forcément une tare surtout dans le genre qui nous concerne ici), les producteurs ayant surtout souhaités mettre en avant leurs récentes très jeunes recrues (Tab Hunter et Natalie Wood) et les auteurs ayant écrits une banale histoire de vengeance puis de chasse à l’homme avec, à la clé, une romance entre les deux 'héros' positifs de l'intrigue. Rien de bien neuf dans tous ceci si ce n’est l’âge des personnages principaux, plus proches de l’adolescence que de l’âge adulte !


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"… le film trouvant son originalité dans l'extrême jeunesse des deux protagonistes" écrivait d’ailleurs Jacques Lourcelles dans son dictionnaire du cinéma ; on aura beau chercher, il n'y a rien d’autre à trouver de ‘non conformiste’ dans ce western. Ce ne serait pas bien grave si par ailleurs le film s’avérait divertissant ; ce qui n’est pas le cas à mon humble avis, m'en étant très vite désintéressé, l'ennui étant apparu très rapidement. Cependant, il faut savoir que ce western compte néanmoins de nombreux admirateurs. En 1956, la Warner misa donc assez gros sur le potentiel financier qui pourrait résulter de films réunissant deux de leurs poulains les plus frais, Tab Hunter et Natalie Wood qu’ils firent non seulement tourner dans le western de Stuart Heisler mais également dans une comédie dramatique de David Butler, The Girl he Left Behind. Malheureusement pour le studio, aucun des deux films ne fit recette. Il faut dire que si Natalie Wood (alors âgée de 18 ans) avait fait forte impression juste avant dans les célèbres La Fureur de vivre (Rebel without a Cause) de Nicholas Ray La Prisonnière du désert (The Searchers), elle en fait ici des tonnes, affublée par-dessus le marché d’un accent mexicain à couper au couteau ; quant à Tab Hunter, s’il s’était révélé assez bon comédien dans l’étrange Track of the Cat de William Wellman, il manque ici singulièrement de charisme dans un rôle qui aurait nécessité un acteur plus chevronné ou tout du moins plus fougueux. L’une qui en fait trop, l’autre pas assez : résultat, aucune alchimie ne s’opère au sein du couple et au final une romance très peu convaincante et qui ne fait guère d’étincelles. Alors quand Bertrand Tavernier parle de ‘splendide ballade romantique’, je reste un peu perplexe. J’aurais évidemment aimé que ce western retrouve le ton par exemple de Les Amants de la nuit (They Live by Night) de Nicholas Ray ; j’aurais souhaité ressentir ce flamboyant romantisme annoncé. Mais non, le scénariste, les comédiens et le réalisateur ne font rien pour.


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Car on ne peut pas dire que la mise en scène de Stuart Heisler brille par son ingéniosité ou par son souffle ni que le scénario irradie d’originalité ou de finesse. A l’image de l’insupportable musique de David Buttolph qui nous casse les tympans à tout surligner avec ses gros sabots encore plus qu’à l’accoutumée (écoutez par exemple la cacophonie composée pour la scène du combat à poings nus dans la grange qui se termine par un mort ‘au crochet’), le plus gros défaut de Collines Brûlantes est qu’il manque singulièrement de subtilité : les personnages sont non seulement sans épaisseurs mais également caricaturaux au possible, que ce soient les 'Bad Guys' ou les ‘gentils’ (avec mention toute particulière à la famille mexicaine de Natalie Wood, son frère presque abruti et son oncle fainéant de naissance), alors que le scénario regorge de clichés et d’invraisemblances assez risibles. Le personnage joué par Tab Hunter se transforme en Sherlock Holmes du Far-West dès sa première apparition (en à peine une minute, il devine non seulement qu’il y eut trois hommes présents sur les lieux du crime mais découvre aussi leurs signes particuliers respectifs ; dès son arrivée en ville, il discerne immédiatement les marques trafiquées sur les chevaux…) avant de prendre la défroque de McGyver pour brouiller les pistes afin que ses poursuivants perdent sa trace. Entre temps, il se sera caché une bonne partie du film au sein d’une mine abandonnée en carton-pâte lors de séquences mises en scène par le producteur Richard Whorf guère plus inspiré que son réalisateur. L’intrigue mélangeant aventure (parfois ‘serialesque’ avec entre autre l’évasion totalement improbable de la mine), romance, histoire de vengeance puis de chasse à l’homme inversée (le traqueur devenant traqué) aurait pu donner un honnête divertissement car il partait aussi sur de bonnes bases avec cette entrée en matière assez sèche nous faisant assister à un meurtre de sang froid ; mais le scénario d’Irving Wallace manque totalement d’originalité ; c’était déjà le cas de son travail sur Gun Fury (Bataille sans merci) mais le métier de Raoul Walsh arrivait dans les grandes largeurs à transformer le plomb en ‘or’. Stuart Heisler est malheureusement loin de posséder son talent.


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Lui et son monteur ne semblent en effet pas avoir vraiment été enthousiastes, témoins les scènes d’action s’éternisant olus qu'elles ne devraient au point d'avoir hâte qu'elles se terminent ; c’est le cas notamment et surtout des quelques bagarres à poings nus parsemant le film dont la dernière (en surplomb d'une rivière tortueuse et fougueuse) ressemble beaucoup à la scène finale de The Naked Spur (L’âppat) d’Anthony Mann mais sans jamais lui arriver à la cheville. C’est aussi le cas de la bataille contre les indiens qui s’avère calamiteuse, les cascadeurs n’étant pas non plus au plus fort de leur forme. Alors que sauver de ce western manquant singulièrement de souffle, de vie, de relief et de tension ? Quelques beaux paysages ainsi que les 'Bad Guys', qui, quoique aussi caricaturaux et peu consistants que les héros, sont interprétés par des comédiens qui semblent avoir pris un plaisir fou à être aussi méchants que possible : outre Earl Holliman, c’est surtout Skip Homeier (rappelez-vous, celui qui tue Johnny Ringo dans le superbe La Cible humaine de Henry King) qui vole la vedette à ses partenaires dans le rôle du fils du despote, dangereux psychopathe qui n’hésite pas à tuer de sang froid, de tirer dans le dos de quiconque ne lui convient pas, y compris ses propres hommes : c’est l’assez bon Claude Rains qui en fera d'ailleurs les frais. Quant à Eduard Franz, on lui a attribué un rôle assez intéressant, celui d’un éclaireur indien dont on ne connaitra les motivations qu’en fin de film ; il est malheureusement aussi moyennement écrit que les autres personnages. Un bon potentiel de départ mais un western qui ne tient pas ses promesses : fade et sans la délicatesse ni le lyrisme tant attendus au vu de l’histoire.

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chip
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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar chip » 10 mai 2019 11:41

Je ne suis d'accord avec rien dans cette critique outrée, véritable entreprise de démolition du film. Au risque de me répéter j'aime beaucoup, mais alors beaucoup ce western, toujours dans mon top 10 du genre. Pas envie d'argumenter.

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yves 120
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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar yves 120 » 10 mai 2019 16:33

Ce que j 'aime chez Moonfleet , par exemple : Collines brulantes !
C 'est qu'il à le " don de par l 'écriture " de réveillé notre ( subconscient ) il nous apporte de la nostalgie enfouie et cela nous amènent à des réactions du conscient
que nous avons à l 'intérieur de notre vécu en tant que spectateur cinéphile !
et c 'est là que l 'inconscient survient comme toi chip d ' exploser en bien ou en
moins bien dans ton souvenirs pour " Collines brulantes " que tu adores !
c 'est justement ce j 'apprécie chez Mounfleet et ce que ne savent plus faire
Tavernier , Brion , etc .... Il amène à ses réactions un équilibre tout en ayant une lucidité contradictoire avec une certaine nuance qui fait son charme à ses écrits .
Bon je ne suis pas du tout bon pour coucher sur le papier mes états d 'esprits ,
c 'est clair , je ne suis pas Hart , ni Kiemavel , ni Musselschel ,ni limpy, ni Yo
et bien évidemment ni notre Ami Moonfleet qui nous régale avec ses merveilleuses
chroniques . En fait je suis meilleur en vrai !!! :lol:
Une chose est certaine c 'est que nous aimons le cinéma et ça se sent et plus çà ce ressent .
Tout le monde aura bien compris que là je dis ceci pour ceux qui analyse les westerns , il est bien évident que beaucoup d 'autres westerners sont excellents
dans leur prestations à chacun sur WM
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE


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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar persepolis » 10 mai 2019 20:37

Yves , c'est pas facile de te lire avec tes phrases qui reviennent à la ligne avant la fin. Dommage !

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yves 120
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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar yves 120 » 10 mai 2019 20:45

Me lire ce n 'est pas le problème !( avec facilité ou pas ) désolé ! l 'important c 'est de comprendre ! surtout te force pas , à ta place je laisserai tomber .
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar major dundee » 10 mai 2019 22:52

Ouais, je peux rien dire sur cette chronique un brin assassine...je n'ai vu "The burning hills" qu'une seule fois, et il y a longtemps en plus, ceci dit, je suis en général d'accord avec les analyses de Mouneflite :lol: et Chip en connait aussi un rayon, donc, y'a plus qu'a attendre de le revoir pour se faire une idée.

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar limpyChris » 11 août 2019 22:58

Ce qu'il y a de bien avec chip -entre autres- c'est que son top-ten à lui n'est pas extensible … :sm41:
Je viens donc de revoir ces "Collines brûlantes". J'ai plutôt de la sympathie -sans pouvoir vraiment dire pourquoi- pour Stuart Heisler (en fait, si ; pour certains de ses autres films). Et pour Natalie Wood aussi, bien sûr, come no …
J'aime bien aussi ces vieux routiers de Ray Teal, que je n'ai jamais encore pris en défaut, qui ne m'a jusqu'à présent jamais déçu, Claude Akins, qui a un rôle court mais bon, Eduard Franz généralement bon en Indien -au niveau du physique je préfère son tsiiyéeł dans "The Broken Lance/La lance brisée' plutôt que ses deux tresses maigrelettes dans ces "Collines", mais mieux que dans l'épisode du Virginien "One Spring Like Long Ago"-, les jeunes Skip Homeier et Earl Holliman, que j'apprécie depuis leurs rôles réciproques, vus avant ces "Collines ...", dans "Comanche Station" et "Last Train from Gun-Hill", Tab Hunter, que j'aime bien dans "Gunman's Walk" et "They Came to Cordura" …
Bref, tout pour plaire côté casting.
L'épisode avec les Indiens ne m'a pas du tout dérangé.
Et pourtant …
Je sais que cela ne ferait pas vaciller chip de son appréciation pour ce film, mais je ne détaillerai pas les bémols et reproches qui font que je n'arrive pas à être 'déçu en bien' en voyant ce film …
Je ne lui trouve pas de charme, que je trouve, peut-être bêtement, à "Night Passage" ou "Red canyon", pour ne citer que les deux auxquels j'ai fait référence dernièrement.
Je demanderais bien son avis à HART, mais ne veux pas risquer de le mettre en porte-à-faux.
Je regrette bien que chip se refuse généralement à expliquer ou argumenter … Cela me laisse sur ma faim, me frustre, me demandant ce que d'autres peuvent y voir, que je n'ai pas vu, à côté de quoi je passe … Dommage, vraiment … V' voyez, chip, moi, pour "Night Passage", par exemple, je leur donne du Tiomkin, un petit coup de pathos en parlant de Brandon De Wilde, je leur parle d'Olive Carey et du jaune des feuilles de bouleaux qui tremblent au vent d'Automne … Je vais même jusqu'à parler du 'jaune rutilant' ( :wink: à celui qui sait pourquoi -mais je ne vous laisserai pas dans l'ignorance, je vous expliquerai ce :wink: au lieu adéquat) des wagons ...
Je pense que chip est un grand romantique et qu'il n'aime pas se dévoiler ... Lui, il privilégie peut-être l'histoire d'amour entre deux jeunes gens purs et fait abstraction des scories que d'autres peuvent y voir ... ?
Je pense qu'il n'argumentera pas, effectivement, et ne peux que le regretter.
Chip, si usted pasando por aqui (là, yé bricole, yé bricole ...), je vous avertis que vous pouvez ne pas lire la suite, si vous ne souhaitez pas passer une mauvaise journée ... Il ne faudra pas y voir une attaque sournoise -je réserve cela à mon ami L. :wink: (même pas vrai, d'ailleurs)- je pense que vous le savez à présent.
Il y a quelque chose que j'ai du mal à comprendre : à plusieurs reprises, vous avez posté, à propos de "Rio Bravo", de Hawks, que vous n'aimiez pas la manière dont les Mexicains étaient traités dans ce film
Je n'aime pas la façon dont Hawks montre les mexicains, bavards, petits, moches, et serviles
, or, dans "The Burning Hills", ils sont à peu près en même nombre, et ne sont pas mieux traités ... Là, c'est une des choses avec lesquelles j'ai du mal dans ce film ... (sans, cependant, que cela devienne l'arbre qui ne me ferait pas voir la forêt).
Et, je le répète, ce n'est pas une manière de vous mettre en porte-à-faux (élue expression du jour) que de relever ceci et poser la question.
Ceci ne vise pas à ternir ce film que vous aimez, mais vous inviter, peut-être, à nous dire ce que vous y voyez, qui vous le rend si attachant et le classer dans votre top-ten.
Peut-être préfèrerez-vous une citation du genre "Ils ont des yeux et ils ne voient pas' ... ils ont un coeur, mais il ne bat pas ... ?
Sans rancune ?
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar HART » 12 août 2019 10:34

Puesto que estaba pasando por aqui ...
Penser à solliciter mon avis est me faire un honneur dont je suis loin d'être digne , compadre limpy , mais si c'est immérité c'est quand même agréable.
En fait , n'ayant pas vu " The Burning Hills " depuis au moins quatre décennies , il m'est difficile d'en parler aujourd'hui.
C'est toutefois un film que j'avais bien aimé , ça je m'en souviens , maintenant il me faudrait le revoir.
Je me souviens aussi avoir été étonné de voir ce western à la réputation limitée figurer dans le Top Ten de Chip.
Mais Chip ( je ne dis pas ça pour l'approuver , il n'a pas besoin de ça ) est un cinéphile à l'esprit ouvert , impression qu'il ne donne pas forcément d'ailleurs à chacune de ses interventions , mais les multiples discussions partagées avec lui m'en ont convaincu depuis longtemps.
C'est après en avoir longuement parlé avec lui que j'ai compris que " The Shooting " était l'un des plus importants westerns jamais réalisés.
Ceci dit , comme pour les autres expressions artistiques , le Cinéma ne me semble à considérer qu'en fonction de l'émotion qu'il fait ressentir ( ou pas ) et l'émotion cela ne se partage pas obligatoirement. C'est finalement ce que disait Yves un peu plus haut dans ce topic ...
On peut être enthousiasmé par " She wore a yellow ribbon " et être hermétique à " Navajo Joe " , on peut aussi aimer ces deux films pour des raisons qui n'ont pas de point commun hormis la personnalité de celui qui les voit.
Et ce qui est personnel , on n'a pas forcément envie de l'expliquer.

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar limpyChris » 12 août 2019 13:07

Héhé …
Merci pour cette première réponse, HART.
J'espère que rien dans mon texte ne pouvait laisser sous-entendre que je doutais des "qualités de cinéphile" de chip … Au contraire et c'est justement pourquoi j'ai voulu solliciter ses lumières, son point de vue … Mais, bon, pas envie de développer sur le forum, du coup …
Quant à
Ceci dit , comme pour les autres expressions artistiques , le Cinéma ne me semble à considérer qu'en fonction de l'émotion qu'il fait ressentir ( ou pas ) et l'émotion cela ne se partage pas obligatoirement. C'est finalement ce que disait Yves un peu plus haut dans ce topic ...
On peut être enthousiasmé par " She wore a yellow ribbon " et être hermétique à " Navajo Joe " , on peut aussi aimer ces deux films pour des raisons qui n'ont pas de point commun hormis la personnalité de celui qui les voit.
Et ce qui est personnel , on n'a pas forcément envie de l'expliquer.

Je pense que vous le savez, vous ne m'apprenez rien ; je ne disais d'ailleurs pas autre chose dans ma phrase finale, porte ouverte à une échappatoire ... regrettant juste, une fois couché, de ne pas avoir plutôt parlé de ressenti.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar HART » 12 août 2019 13:38

Héhé ....
Evidemment que je savais que je ne vous apprend rien limpy , le peu que je connais de vous à travers vos messages est suffisant pour me faire une idée.
Je comprends aussi que Chip n'ait pas envie d'intervenir ici , probable que si on me demandait d'expliquer pourquoi j'aime passionnément " Carnival of Souls " ou " Profondo Rosso " , je réagirais de la même façon.
Et pourtant , je suis moins cinéphile que lui , et sans doute moins tolérant en matière de films.
Il me reste donc à revoir ces " collines brûlantes " , ce que je ferai après avoir traversé la plantation des citronniers.

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar chip » 12 août 2019 14:07

" Collines brûlantes " voilà un titre d'actualité en ces temps caniculaires :) revois -le Hart et si tu n'aimes pas, je ne t'en voudrai pas, idem pour Moonfleet qui a éreinté le film :lol: sans parler de " Jack Slade ", que nous aimons tous les deux, mais pour celui-ci , il a promis de se ratrapper lors d' une seconde lecture, wait and see.

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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar Loco » 15 août 2019 20:55

UNE CHRONIQUE...

1956. Une année faste pour le western : L’Homme de Nulle Part, 7 Hommes à abattre, La Dernière Caravane, La Loi du Seigneur, La Dernière Chasse et bien sûr, La Prisonnière du désert. Au milieu de ces titres prestigieux et de ces grands noms du genre – Daves, Ford, Wyler, Brooks, Boetticher – un film – enfin quelques dizaines – de moins grande envergure, conjonction d’intérêts variés, plus ou moins louables, qui donneront naissance à un western de série B aujourd’hui encore, à l’évidence, controversé, Collines Brûlantes.

À l’origine du projet, la Warner Bros, et un des auteurs les plus emblématiques du genre, Louis L’Amour. En 1952, L’Amour a écrit The Gift Of Cochise, dont John Wayne et son associé Robert Fellows ont acheté (pour 4000 dollars) les droit et qui deviendra Hondo, L’Homme du désert à l’écran. Le film a été tourné en relief, et malgré son budget conséquent de 3 000 000 de dollars, il a rapporté plus d’un million de dollars de bénéfices, totalisant 4 100 000 dollars de recettes rien qu’aux États-Unis. En 1955, L’Amour – dont les écrits sont devenus beaucoup plus monnayables – et la Warner verraient d’un bon œil la mise en chantier d’un film reprenant la même formule. Le roman est choisi : The Burning Hills, une âpre chasse à l’homme dans le désert texan, et pour incarner le héros, c’est à John Wayne que tous pensent, évidemment, sous la direction d’un réalisateur prestigieux. Pourquoi pas William Wellman, avec qui Wayne a tourné L’Allée Sanglante et Aventure dans le Grand Nord, et dont la Batjac a produit Track of the Cat, avec Robert Mitchum et une jeune star montante, Tab Hunter ?

Mais Wayne n’est pas disponible, ou ne souhaite pas faire le film, et malgré l’annonce de sa présence au générique au moment du lancement du projet par le producteur Richard Whorf, c’est bientôt à Tab Hunter, justement, qu’échoit le rôle. Et pour le studio, qui dit Tab Hunter à l’époque, dit forcément Natalie Wood, une autre de ses protégées en devenir. Il faut pour expliquer ce choix revenir quelque temps en arrière, pour cerner le profil des deux jeunes gens.

Natalie Wood, née de parents russes, issue d’un milieu très pauvre, a fait ses débuts devant la caméra en 1943. En 1956, elle a déjà derrière elle 13 ans de carrière et surtout, un immense succès, en particulier auprès du public adolescent, La Fureur de Vivre, aux côtes de James Dean , qui a valu à la jeune actrice une nomination à l’Oscar. Elle vient par ailleurs de tourner pour John Ford La Prisonnière du désert – raison de plus de l’envisager dans un western, mais pas la principale pour le studio. En effet, si Natalie a un visage d’ange, elle a une réputation sulfureuse. On lui a prêté des idylles avec Dennis Hopper, Nick Adams (un proche de James Dean et futur héros de la série western The Rebel), Elvis Presley, mais aussi, des hommes beaucoup plus âgés : Nicholas Ray, pendant le tournage de La Fureur – il est de 27 ans son aîné et elle n’avait alors que 17 ans – mais aussi Raymond Burr, de 20 ans son aîné, et quelques autres. On parle aussi d’un viol par un réalisateur quelques années plus tôt. Toutes choses que les chargés de publicité du studio veulent à tout prix envoyer très loin sous le tapis pour ne pas ruiner l’avenir de leur star en devenir.

C’est là qu’intervient Tab Hunter. Lui aussi commence à se faire une place, et la Warner croit en lui. Et de lui aussi, elle ne veut pas voir l’avenir compromis à cause de rumeurs que colporteraient Hedda Hopper et ses coreligionnaires. Il ne fait pas bon sortir de la norme à l’époque en matière de mœurs, et l’on ne connaît guère d’aventures romantiques durables à Tab Hunter. Comme pour Doris Day et Rock Hudson ou Tony Curtis et Janet Leigh chez Universal, l’idée a germé dans l’esprit des publicistes de la Warner d’en faire le nouveau couple idéal, à la ville comme à l’écran. Déjà, on les envoie dans toutes les premières, faire la promotion de films où ils n’apparaissent même pas, on les voit dans toutes les soirées, et dans l’esprit du public toujours en quête de belles histoires, l’affaire est entendue, ces deux-là sont les nouveaux Bogart et Bacall ou Tracy et Hepburn.

Reste à leur trouver un « véhicule », et c’est là que se présente Collines Brûlantes, qui devra se passer de John Wayne, mais récupérera ces deux jeunes comédiens avec lesquels il a tourné durant l’année écoulée (dans le Ford avec Natalie, et dans Le Renard des Océans avec Tab).
Les têtes d’affiche trouvées, on complète la distribution avec de vieux routiers (Ray Teal, Eduard Franz) et des seconds couteaux confirmés ou prometteurs (Claude Akins, Earl Holliman, Skip Homeier). Le tournage est prévu pour mai, en Californie, sous la direction de Stuart Heisler, qui a déjà travaillé avec Hunter en 1952 pour Saturday Island a déjà signé plusieurs westerns – dont Le Grand Bill et Dallas Ville Frontière avec Gary Cooper. Il vient par ailleurs de réaliser le remarquable La Peur au ventre avec Jack Palance. Dans le reste de l’équipe technique, pas de grands noms, mais d’honnêtes artisans. Mais tous vont voir leurs idées créatives passer par le prisme du producteur Richard Whorf et du studio qui veut voir l’image de ses deux protégés préservée.

Stuart Heisler voudrait donne à Hunter une image un peu moins clean-cut dans le film – c’est un homme traqué – mais dès que le studio l’apprend, Steve Trilling, un des cadres de la production, édicte un mémo très clair : « Tab Hunter ne portera pas de barbe. » Whorf, en retour, promet qu’on « lui ajoutera juste un peu de transpiration et de poussière. » Hunter écrira plus tard : « On aurait cru que j’avais un rasoir électrique dans mon holster, pas un six-coups. Tant pis pour l’authenticité. »

Dans le même esprit, on décide que Natalie Wood aura un accent mexicain – certes, L’Amour note dans son roman que Maria Christina a un accent espagnol, mais aussi que son père est un Américain. Elle aurait fort bien pu être dispensée de cet accent assez ridicule, d’autant plus que les enfants élevés par des parents de deux langues différentes parlent en général les deux sans accent, acquérant les phonèmes en même temps. Mais soit, à demi mexicaine elle est, mexicain sera son accent. Quant à sa claire complexion héritée de ses origines slaves, elle sera cachée sous une épaisse couche de maquillage. Quand bien même, elle ne sera pas encore assez typée aux yeux du studio, qui envisagera de la faire doubler par une actrice hispanique, et le directeur du casting, Hoyt Bowers, se met en quête de la voix mexicaine de Natalie. Le projet sera finalement abandonné, de crainte que le public ne se sente floué de la vraie voix de l’actrice. Cependant, Natalie devra débiter des répliques écrites sans génie du genre : « Sales gringos ! Vous faites de cette ville un trou à rats, un nid de scorpions ! » - ce qui ne l’aidera pas, écrira Hunter plus tard.

Assez vite, les deux jeunes gens se rendent compte que leur marge de manœuvre artistique est assez limitée, d’autant plus que le scénario d’Irving Wallace a retirer au roman de L’Amour beaucoup de son âpreté, une rugosité exprimée autant par l’action et les personnages que par le cadre, les mesas brulées par le soleil, le désert aride, ce pays apache que Ford a si bien filmé… en pays navajo. Pour le reste, Wallace remet dans une trame bien linéaire le récit de L’Amour, rend l’ensemble plus convenu, avant que ne tombe le coup de grâce, dont Wallace n’est pas responsable : le film sera tourné au Warner Ranch, à Calabassas, en Californie, sur le flanc de collines et au fond de vallons bien verts. Ce n’est que pour le final, les 15 dernières minutes du film, que l’équipe gagnera Keyesville, dans le comté de Kern, sur la Kern River. Et ce sera une équipe réduite pour les comédiens : Mlle Wood et MM. Hunter, Homeier, Franz et McDuff, ainsi que les cascadeurs Jerry Gatlin et Jack Williams.

Le film est tourné en février et mars 1956, principalement à Calabassas. On terminera par Keyesville, plus au nord, et plus sujet aux températures hivernales. Pour la ville d’Esperanza, on reprend les décors du film Juarez de 1938, où l’herbe a repris ses droits, ce qui nous donne une curieuse architecture mexicaine typique du Nouveau-Mexique, du Texas ou de l’Arizona, dans un cadre aussi verdoyant que l’Irlande. De même, on chevauche sur des pentes herbeuses pratiquement sous les remparts du château des Aventures de Robin des Bois avec Errol Flynn. Difficile de croire que l’on se trouve au Texas – certes, John Wayne nous dira que c’est un pays vert et que tout y pousse, mais pas dans le sud de l’État, où l’action se déroule – l’architecture de la ville nous le prouve. De même, on sent que poursuivis et poursuivants vont et viennent dans quelques hectares, et jamais la caméra n’arrive, avant les séquences finales, à nous donner le sentiment d’immensité, propre aux grands espaces de l’Ouest américain.

Cependant, malgré les contraintes imposées par le studio, le tournage n’est pas une épreuve insurmontable. Durant une des prises de la bagarre entre Hunter et Holliman, ce dernier lance à Tab, juste avant qu’il ne le « tue », « Vite, embrasse-moi avant qu’ils coupent ! » Toute l’équipe éclate de rire, et évidemment, il faut refaire la prise. Sans doute Hunter aura-t-il trouvé la blague d’un goût moyen et en aura ressenti un certain malaise, mais le malheureux Holliman ne pouvait se douter qu’il commettait là une maladresse. Hunter savait que si son homosexualité était découverte, il pouvait dire adieu à sa carrière. Certains n’avaient sauvé la leur que de justesse, et au prix de celle d’autres. Universal avait sacrifié Rory Calhoun et ses frasques de jeunesse, ainsi que George Nader pour son homosexualité, pour sauver Rock Hudson, et si Calhoun s’en était remis – vol de voitures et marijuana pouvaient se pardonner – Nader avait dû s’exiler en Europe pour travailler.

Sur la Kern River, les conditions seront difficiles pour d’autres raisons. Natalie Wood a une phobie de l’eau, ayant échappé de peu à la noyade sur un tournage quelques années plus tôt. Le simple fait de traverser la rivière à gué la tétanise. Heureusement, les cascadeurs sont là pour les plans larges. Pour les plans rapprochés du combat après la chute depuis la falaise, dans les eaux tumultueuses de la Kern, Hunter et Homeier portent des combinaisons de plongée sous leurs costumes pour résister à l’eau glacée et sont attachés par la taille à des lignes de vie pour ne pas être emportés par le courant et entraînés vers les rapides en aval. Mais grâce aux doublures, personne ne boira la tasse et le tournage se termine sans incident.
Je n’ai pas réussi à trouver le budget exact du film (autour de 600 000 dollars), mais pour donner un ordre d’idée des dépenses engagées pour les comédiens, ses deux vedettes, sous contrat à la Warner, étaient alors payées… 750 dollars par semaine (qu’elles tournent ou non, certes, mais cela reste bien en dessous de ce qu’aurait exigé un John Wayne ou un autre acteur de plus grande envergure). Montage, musique, promotion, à grand renfort de photographies romantiques du couple tirées de leur prochain film ensemble – The Girl He Left Behind, tourné en mai 1956 – précèdent la sortie du film le 23 août 1956. Sans être ce qu’on appellerait aujourd’hui un blockbuster, il réalise cependant 1 500 000 dollars de recettes, un très beau succès qui laisse une belle marge à la Warner, et lui permet de sortir en toute confiance le film suivant de ses deux poulains, en octobre de la même année. Louis L'Amour, quant à lui vendra... près d'un million d'exemplaires du livre.

Pour les faits, voilà ce que l’on peut rassembler dans une rapide recherche sur le film. Les souvenirs de Tab Hunter sont précieux, mais pour Natalie Wood, à part sa sœur Lana, pas forcément objective, les témoignages de gens du métier l’ayant côtoyée sont rares. Un silence pudique ou clément qui peut vouloir en dire beaucoup, dans un milieu où la bienveillance n’est pas forcément la qualité la mieux partagée. On pourrait évidemment trouver d’autres informations avec plus de temps, mais je voulais seulement donner un exemple de ce qui pour est incontournable dans une chronique cinéma : replacer le film dans son contexte, permettre au lecteur de passer dans les coulisses, pour mieux appréhender, peut-être, ce qu’il voit à l’écran. Pas indispensable, mais intéressant, a posteriori en tout cas.

Pour ce qui est de l’analyse, je ne reprendrai pas point par point ce qu’en a dit Moonfleet, avec qui je ne suis pas d’accord sur tout, mais j’avoue en lisant ses critiques avoir tendance faire le dos rond et hérisser le poil avant la fin en sentant venir le coup de massue final. Celle d’Arizona Kid quelques messages plus haut m’a beaucoup plu, car après avoir revu le film, je me fais une réflexion similaire à la sienne. Lui se demande ce qu’Audie ou Rory ou Randy auraient fait dans/du film, je me suis pris à penser qu’on pourrait faire un très bon remake de Collines Brûlantes en en corrigeant les faiblesses.

Le sentiment que me laisse le film est qu’il y a une sorte de ventre mou au centre de ce dernier, entre le moment où Trace Jordan s’enfuit d’Esperanza après avoir tiré sur Sutton (Ray Teal) et celui où le huis-clos autour de la ferme de Colton prend fin et où la traque reprend enfin. Pourtant, cette demi-heure centrale aurait pu être un exemple de tension, mais pour une raison que j’ignore, j’ai le sentiment qu’Heisler a raté le coche. A-t-il mal dirigé les comédiens, ceux-ci ont-ils souffert du manque de force du scénario de Wallace, la Warner a-t-elle mis des garde-fous trop rigides, je n’en sais rien, mais tout ça manque à mon sens de conviction. Earl Holliman s’en tire bien, mais à mon sens, c’est le seul. La confrontation entre Homeier et Akins me laisse sur ma fin, et quand le même Homeier entreprend de violenter Natalie Wood, tout cela semble bien sage. Durant tout ce deuxième acte, la violence, physique ou psychologique, me semble maintenue à un degré bien inférieur à ce qu’aurait exigé l’intrigue.

C’est mon principal grief quant au film, avec, ainsi que je l’ai exprimé plus haut, mais ce n’est pas un élément négligeable pour l’art visuel qu’est le cinéma, et le western en particulier, le cadre. Sans doute motivé par des questions budgétaires, tourner à Calabassas a été une énorme erreur, sans laquelle le film aurait gagné à coup sûr en intérêt et en qualité. Ce choix a obligé le directeur de la photographie Ted McCord a travailler avec une palette très réduite, autant en termes de couleurs (que de vert, et pire encore, souvent le même !) et de lumière. J’imagine son soulagement en prenant la route pour Kernville, de pouvoir enfin travailler avec un ciel immense, une véritable profondeur de champ, et des couleurs minérales qui, si elles ne sont pas les ocres de Monument Valley ou leurs variantes de Kanab, ou les tons presque basaltiques du Colorado (puisque L’Appât a été à juste titre cité en référence). Tout à coup, dans ce dernier quart d’heure, on respire, l’écran semble enfin s’élargir, comme si le rideau s’ouvrait en même temps que nos poumons pour aspirer l’air des premiers contreforts des Sierras. D’un point de vue pictural, le film est pour moi bien en dessous de ce qu’est, par exemple, un western similaire sorti la même année, La Fureur des Hommes. Dans le film d’Hathaway, on me dit Texas et j’y crois. Là, je veux y croire, mais mon œil me dit : « Warner Ranch ! » et je m’attends à voir Clint « Cheyenne » Walker ou Ty « Bronco » Hardin apparaître au détour d’une crête.

Enfin, l’action, que Moonfleet éreinte, et l’intrigue, qu’il ne ménage pas non plus. Eh bien, elles ne m’ont pas gêné. Que Trace Jordan se transforme en détective ne me choque pas : il sait lire des traces, et la présence de cigarillos près du feu alors qu’aucun n’en fume dans son équipe est un indice objectif. Dans ma version du film, il arrive à Esperanza immédiatement après avoir quitté le campement (j’ignore s’il y a eu une coupe), ce qui est je le concède un peu abrupt, mais j’aime bien tout ce qui s’y passe, la confrontation dans le saloon, puis l’entrée dans l’hacienda, l’entrevue avec Ray Teal, la fusillade et la fuite. Jusqu’à l’entrevue Teal/Homeier. Après, ventre mou.

Ensuite, quand la traque reprend, l’évasion de la mine m’a bien plu – et continue à me plaire – les ruses utilisées pour semer les poursuivants aussi. L’attaque des Comanches – oui, des figurants blancs grimés de façon ridicule, comme dans 95 % des westerns – est à mon sens réussie. Je n’ai rien à redire sur le travail des cascadeurs : saddle falls (cavalier tombant de la selle), horse falls (cheval et cavalier tombant ensemble), on a presque tout. Il manque peut-être quelques backflips (le cavalier culbutant par-dessus la croupe, mais c’est une cascade plus difficile à effecteur qu’une saddle fall en avant ou en arrière. Quelques hasards font même bien les choses : un des hommes de Sutton roule sous les sabots du cheval d’un des Indiens, c’est très authentique. J’aurais aimé qu’on assiste à l’hallali du reste du groupe après la fuite des trois survivants, pour rajouter au cynisme du personnage de Jack Sutton.

Pour le combat final, au bord de la rivière, Jerry Gatlin et Jack Williams, les cascadeurs, font aussi du bon travail, à mon sens (même si Trace Jordan met du temps à perdre son chapeau pour leur faciliter la tâche). Certes, ce n’est pas le final de L’Appât (en effet, pas mal de similitudes entre les deux films), mais il n’aura échappé à personne qu’il est écrit à la fin du générique « Directed by Stuart Heisler » et non « Directed by Anthony Mann ». On sait donc dès le départ dans quelle catégorie le film joue, et si l’on en tient compte, ce n’est pas, me semble-t-il, un si mauvais film que cela. Et puis, quoi que l’on puisse dire de sa mise en scène, Heisler prend un plaisir évident à filmer Natalie Wood et le fait très bien. Certains plans ne peuvent laisser insensible, tant la beauté de cette jeune femme est saisissante, son sourire, irrésistible, et les hommes que nous sommes – pardon aux lectrices éventuelles – pas de bois.

Pour terminer sur le film, s’il faut donner un avis, Collines Brûlantes est pour moi une honnête série B, où beaucoup de choses auraient été perfectibles, mais où beaucoup auraient aussi pu être bien pires, et je sais que je le reverrai au moins une fois, d’ici 10 ou 15 ans, si je suis encore là, avec le même plaisir qu’enfant, jeune adulte, adulte d’âge mûr. Et Natalie sera toujours aussi belle.

Voilà, je retourne à mes bandes originales, désolé d’avoir été un peu long, merci à ceux qui seront allés jusqu'au bout, mais je crois que finalement, le film le méritait bien.
Soyons fous et soyons dignes ;
Soyons nous et soyons libres !


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Re: Collines brûlantes - The Burning Hills - 1956 - Stuart Heisler

Messagepar HART » 16 août 2019 11:08

Le fait de consacrer de si complètes analyses à un western aussi peu connu qu'apprécié par une majorité, démontre l'intérêt de certains de nos échanges.
Existe-t-il , tous ouvrages et sites confondus , des critiques aussi développées sur " The Burning Hills " que celles exprimées ici ? Je ne l'ai jamais constaté.
Plus surprenant encore , ces interventions contradictoires et argumentées , sont , au bout du compte , bien plus mitigées que laudatives.
Certains films sont si fascinants qu'on leur a consacré un livre entier ( The Searchers ) ou qu'on leur a dédié un site exclusif ( The Sand Pebbles ) , je doute que " The Burning Hills " ait un jour cet honneur , mais pense que le topic qui lui a été dévolu ici restera une référence.

Je ne sais pas si cela a été évoqué , le livre à l'origine de ce film est facilement disponible en traduction française : " Les cavaliers du désert " édité par Le Masque Western. Trop romantique à mon goût.
A mon humble avis , Louis L'Amour , auteur rendu trop lisse et prévisible par son succès ( bon , il fait ce qu'on attend de lui ... ) est très loin du niveau des grands romanciers du Western , mais pourquoi pas ?
Modifié en dernier par HART le 16 août 2019 16:52, modifié 2 fois.



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