Le Dernier train de Gun Hill - Last train from Gun Hill - 1959 - John Sturges

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pass
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Re: Le Dernier train de Gun Hill - Last train from Gun Hill - 1959 - John Sturges

Messagepar pass » 15 sept. 2020 14:58

U.S. Marshal Cahill a écrit :Image


Cette revue aurait pu mettre une photo correct par rapport au film sans mettre Kirk pendant le tournage de El Perdido (1961).


Image



Broderick Crawford dans La première balle tue (1956), d'ailleurs le sol en témoigne avec ses fameux sillons !!.


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Arizona Kid
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Re: Le Dernier train de Gun Hill - Last train from Gun Hill - 1959 - John Sturges

Messagepar Arizona Kid » 01 oct. 2020 7:19

J'ai enfin visionné hier soir ce Dernier train de Gun Hill que je recherchais depuis un moment, et dont j'ai fini par dénicher le DVD à ma boutique d'occasion habituelle, le week-end dernier.
Et bien que je n'aie jamais été un fervent admirateur d'Anthony Quinn -il y a des acteurs qui vous laissent parfois indifférent, allez savoir pourquoi- , j'ai passé un très bon moment devant ce western signé John Sturges et mené par le formidable et regretté Kirk Douglas en quête de vengeance.

Confronté à un dilemme insoluble -capturer le meurtrier de sa femme, qui n'est autre que le fils indigne de son meilleur ami- , l'acteur déploie un jeu pétri d'émotions et de nuances, tout en se laissant ponctuellement aller envers le coupable à des élans de violence qu'il s'efforce pourtant de dominer.
La manière dont il se délecte, en décrivant par le menu au jeune assassin qu'il séquestre la sensation éprouvée par un condamné lors de sa pendaison, demeure une des meilleures scènes que j'aie pu voir dans un western, et sans doute l'une des plus grandes performances de Kirk Douglas.

Outre la savoureuse et tragique composition de ce dernier et d'Anthony Quinn en patriarche tiraillé entre deux loyautés, le film de Sturges étonne par l'inventivité de sa mise en scène, alors qu'il se déroule pour une bonne partie dans une chambre d'hôtel bouclée à double tour.
Est-ce un clin d'oeil volontaire à 3H10 pour Yuma de Delmer Daves, sorti deux ans plus tôt en 57 ?
Toujours est-il que la séquence regorge de bonnes idées, telles que le lit -où se trouve menotté l'assassin- placé devant la fenêtre pour dissuader les snipers de tirer, ou encore le coup du miroir placé en vis à vis de la porte afin de voir quels porte-flingues se radinent par le corridor.

Tout cela jusqu'à l'inéluctable affrontement final, qui ne pouvait se régler que les Colts aux poings et qui signe de fait la mort de la vieille amitié entre Quinn et Douglas ; car à l'issue de cette double chasse à l'homme -l'un voulant à toute force venger sa femme et l'autre sauver la tête de son fils- , il ne pouvait y avoir de happy end.

En cette période de famine westernienne, les nouveautés se faisant de plus en plus rares dans ma collection, voilà donc un opus que je ne regrette pas d'avoir alpagué !

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" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:


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Re: Le Dernier train de Gun Hill - Last train from Gun Hill - 1959 - John Sturges

Messagepar limpyChris » 08 oct. 2020 11:02

Revu dernièrement sur ARTE dans une très belle copie ... J'ai du mal à comprendre (enfin, si j'y mettais de la bonne volonté, je comprendrais, mais quand j'aime, et d'autres pas, j'ai peut-être du mal à être de bonne foi) les arguments d'un certain nombre de critiques, de l'époque ou des années qui suivirent, qui méprisent ce film, le traitant de boursouflure prétentieuse, de remake de "3:10 to Yuma", une resucée de "Règlement de comptes ..." (eh ben, quitte à me faire honnir pour ça aussi, j'ose dire que je préfère ce dernier train au règlement de comptes), d'académisme suiviste et conformiste, de psychologie de comptoir ... etc.
Quant à "3:10 ...", à part pour ce qui est d'attendre un train, de psychologie plus que d'action ... Bigdede vous dira qu'un train peut en cacher un autre, qui, à part à un certain point où ils peuvent se croiser ou se dépasser, n'atteint pas la même destination que celui qu'il dépasse sur une voie un temps parallèle.

Ce "Dernier train ..." m'émeut à chaque fois ... Il y a bien sûr la scène citée plus haut par Arizona -Douglas contant par le menu les différentes étapes de la pendaison-, le 'superbe' incendie final, mais il y a le dilemme d'Anthony Quinn, Earl Holliman, en fils qui voudrait que son père soit fier de lui, mais qui n'a pas les épaules ou l'espace pour voler, prisonnier de l'image du père qu'il ne veut pas décevoir, conscient du regard comparateur des autres sur lui, étouffé par un père bourru qui voudrait bien faire, le rôle de Carolyn Jones, tiraillée elle aussi, battue mais amoureuse ... je trouve toutes ces interactions humaines bien tricotées, et des dialogues travaillés, sans que cela se sente ... certains diront que tout cela sent l'artifice, mais, serait-ce le cas, je me laisse avoir à chaque fois ... Suis-je une midinette ? Eh bien, soit.
Et puis, j'ai une interprétation perso sur l'un des personnages, mais je me la garde.

Gamin, j'aimais presque sans différence tous les 'acteurs de westerns' (sauf R. Scott, que je trouvais, sans connaître le mot, monolithique) ... Et puis, heureusement, on évolue, on voit davantage de films ... etc. J'ai donc changé en ce qui concerne mon appréciation de Randy S., qui sait même sourire dans quelques-uns ; j'aimais bien K. Douglas, et ai à présent du mal à supporter son 'abattage' dans un certain nombre de films ; en ce qui concerne Anthony Quinn, je 'l'adorais', gamin, justement à cause de cette truculence ... Puis, avec l'adolescence et la suffisance du jeune adulte qui croit qu'il sait tout et est un grand critique artistique, je l'ai considéré comme un histrion, un cabotin limite ringard ...
Anthony Quinn, qui a, durant des années, dû 'se contenter' de rôles ethniques, faute que les casting directors le voient dans d'autres rôles ; typecast, catalogué, enfermé dans un certain type de rôles ... Alors il en faisait des caisses, pour se faire remarquer, parce qu'on le lui demandait, qu'on l'engageait pour ça ... et puis c'est devenu sa marque de fabrique ... Il avait chargé son agent de repérer pour lui tous les rôles de 'métèques' qui lui permettraient d'être engagé haut la main. Mais plus je vois de films rares dans lesquels il a joué, plus je le trouve bon, émouvant. Je ne parle pas de sa fin de carrière, où il acceptait paresseusement tout ce qui lui permettait de nourrir sa famille et payer les factures sans trop se fatiguer, en tirant quelques ficelles du métier, mais il y a "La diablesse ...", "Car sauvage est le vent" ... (et même, presque "Buffalo Bill", "Seminole") etc. (le 'etc' pour masquer deux-trois autres titres, revus naguère, et qui m'échappent ...) et le film de ce fil, qui m'amène à en parler, comme dit Auda, 'pour mon plaisir'.

Bravo, donc, John S. ! Moi, celui-ci, je l'adore. Et si je m'appelais Harry, je dirais ÇA C'EST DU WESTERN !!
(Sans brouillon et sans relecture, comme toujours. Tant pis)
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.



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