Les quatre desperados - Los desesperados - 1969 - Julio Buchs

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Les quatre desperados - Los desesperados - 1969 - Julio Buchs

Messagepar Breccio » 08 août 2007 13:32

Attention ! petit chef-d’œuvre problématique à redécouvrir…

La guerre de Sécession fait rage. John Warner (George Hilton), caporal dans l’armée confédérée, apprend que sa fiancée Rosa vient de donner naissance à un fils. Il doit rentrer au pays de toute urgence afin de l’épouser de peur que son honneur ne soit souillé. Mais il est rattrapé et arrêté pour désertion. Il réussit à fuir avec l’aide de son ami Sam (Antonio Pica) et d’un autre condamné, Lucky Boy (Alberto de Mendoza). Hélas ! il n’arrive à l’hacienda des Sandoval que pour apprendre la mort de Rosa. Aveuglé par la haine, Don Sandoval (Ernest Borgnine) le chasse ainsi que son fils nouveau-né.

Ce n’est que le début de ses épreuves : le choléra fait rage dans la région, et John et Lucky Boy – que rejoint El Padre (Leo Anchoriz), un moine défroqué – sont chassés de partout. Comme on pouvait s’y attendre, le nourrisson succombe à la faim, et John, bouleversé, jure de se venger de Sandoval. Il se retrouve bientôt à la tête d’un groupe de six hors-la-loi – Sam, qui l’a rejoint après avoir été arrêté et s’être évadé, et deux autres réprouvés – qui sème la terreur dans la région et provoque la colère de Don Sandoval.

L’affrontement mano a mano est inévitable…

Voici un exemple achevé de western latin, plus précisément espagnol. Dans le volume 3 de Western all’italiana, Antonio Bruschini nous apprend que l’histoire s’inspire de faits réels, survenus dans la Sierra Morena. On suppose que ces faits se sont déroulés durant les guerres napoléoniennes, tant les scènes de charniers et de panique évoquent irrésistiblement l’imagerie associée à cette période (on pense à Goya). Les décors, bien évidemment, sont ceux que nous connaissons tous, et, comme pour mieux nous faire comprendre qu’on est bien en Espagne et non au Mexique, il y a cette coquille sur le fronton de la propriété des Sandoval, signe que Saint-Jacques de Compostelle n’est pas loin.

Le scénario est celui, classique, d’une tragédie. Les deux antagonistes sont clairement campés et leur affrontement ne peut déboucher que sur la mort. Du coup, l’agencement de l’intrigue pèche un peu en ce sens qu’il s’éloigne parfois de l’essentiel – si l’on peut comprendre la nécessité de définir (même vaguement) la personnalité des compagnons de John, l’épisode où Guadalupano (Gustavo Rojo) occupe le premier plan de la scène paraît bien superflu. La mise en scène est lyrique à souhait, et la musique (due à Gianni Ferrio) est à l’avenant (les oreilles les plus fines y percevront des échos du célèbre Concerto pour Aranjuez).

Petit chef-d’œuvre problématique, disais-je en introduction. Le problème, c’est le talent d’Ernest Borgnine. Il écrase littéralement les autres acteurs, y compris ce pauvre George Hilton, qui est censément la vedette. Un monstre sacré, c’est ça.

Une précision pour finir. J’ai vu ce film sur un DVD Zone Zéro américain sorti par VCI Entertainment, où sa durée est de 91 minutes. Or, il en faisait initialement 108 selon Giré. Le site de Sundances nous apprend qu’il manque toute une intrigue secondaire mettant en scène l’actrice Annabella Incontrera – que l’on aperçoit bien dans la bande-annonce figurant en bonus de ce DVD, mais que l’on cherchera en vain dans le film. On ne saurait donc se former une opinion définitive sur ce dernier tant qu’on n’en aura pas vu la version intégrale.

Tel quel, ce Bullet for Sandoval (pour citer le titre américain) reste d’une très bonne tenue, avec un final extraordinaire qui n’est pas sans évoquer celui de La Horde sauvage. Signalons pour finir que certaines sources attribuent la coréalisation de ce film à Lucio Fulci. Là encore, le jury n’a pas délivré son verdict.

Breccio a dit : allez-y voir de plus près.

PS : voir ici :
http://www.sundances.net/spaghetti/sandoval.php
pour un compte rendu technique du DVD VCI, avec résumé (en anglais) des scènes manquantes et lien vers des captures d’écran.

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Messagepar Breccio » 10 août 2007 18:44

Zut ! j'ai failli oublier...
A signaler la présence de Lorenzo Robledo dans un tout petit rôle, où il n'est ni tabassé ni torturé.
C'est peut-être pour ça que j'ai failli oublier :mrgreen:
B

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Sartana
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Messagepar Sartana » 15 août 2007 15:14

Ce 3ème de Julio Buchs sort immédiatement du lot des productions courantes. De part son originalité de scénario (l’histoire de vengeance est classique mais son introduction est assez surprenante) et par le traitement de la violence.
Aucune concession n’est faite : si un pistolero se prend une balle dans la tête, le trou est visible en gros plan. Surenchère dans les effets ou volonté de montrer l’horreur de la violence ? Sans doute un peu des deux.

Le film est estampillé espagnol : corrida, fiestas, peones et gros propriétaires à sombreros sont au rendez-vous. Leo Anchoriz est là, comme Lorenzo Robledo ou Tito Garcia. Peu d’italiens finalement, exception faite de George Hilton qui se démène effectivement pour en remontrer à Ernest Borgnine, mais ils n’ont pas été à la même école : l’un a fait des cours de théatre, l’autre la Randall Scholl of Drama. Cherchez la différence… :roll:
Les héros sont des salopards tous autant qu’ils sont, le personnage d’Ernest Borgnine, hormis le fait qu’il a une conception très « latine » de l’honneur surprend par sa loyauté, si bien qu’on lui attribue le statut de héros bien plus facilement qu’à la bande d’Hilton.

Côté technique, la mélodie des morceaux composés par Gianni Ferrio est à noter, tant le lyrisme est prenant, on ne peut qu’adhérer alors à l’atmosphère dégagée par ce film. La réalisation ose des plans assez insolites, mais l’inutilité de certaines scènes (voir ci-dessus toujours) empêche de classer ce film à la hauteur d’un Petroni ou d’un Sollima.

Néanmoins, pour moi, Les 4 desperados n’est pas loin derrière ces films, et peut-être la version longue nous permettra de découvrir un nouveau film, ou tout au moins un film qui justifie plus la présence de certaines scènes et qui ajoute un peu de profondeur à l’ensemble.

7/10 (peut changer)
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
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Messagepar Breccio » 15 août 2007 17:49

Petite correction, ami Sartana : George Hilton est uruguayen--ce qui ne donne que plus de force à ta remarque.
Alberto de Mendoza, lui, est argentin...
B

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Messagepar Sartana » 15 août 2007 18:37

Breccio a écrit :Petite correction, ami Sartana : George Hilton est uruguayen--ce qui ne donne que plus de force à ta remarque.
Alberto de Mendoza, lui, est argentin...
B

Je ne corrige pas en éditant : on verra ainsi que nos messages sont spontannés !!
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Messagepar tepepa » 17 août 2007 11:54

Bon petit texte d'inisfree sur ce film:

http://inisfree.hautetfort.com/archive/ ... haine.html

:D

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Messagepar Breccio » 17 août 2007 13:35

Merci pour le lien, Tepepa !
Et bravo à Inisfree, comme d'hab !
B

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Messagepar Inisfree » 17 août 2007 14:14

C'est marrant que nous nous soyons tous mis à parler de ce film au même moment. Je vous signale donc, du 14 août, un article en anglais et portugais sur http://dollarirosso.blogspot.com/.

Sinon, je suis heureux de voir que nous avons vu les mêmes choses dans ce beau film (Goya ! oui). Je ne suis pas sûr que les scènes coupées apporteraient beaucoup plus dans la mesure ou elles développent une sous intrigue supplémentaire sans éclairer les quelques zones confuses du film. mais ça me semble secondaire tant est puissant l'affrontement entre les deux protagonistes principaux.
Sur la violence, contrairement à Sartana, j'ai plus vu les effets visant à la mettre hors champ que les effets directs. nous sommes loin du traitement qu'en font Corbucci ou Questi (par exemple). j'ai trouvé le film assez "pudique" sur ce plan, ce qui ne l'empêche pas de baigner dans une atmosphère tendue et violente.
Tepepa, tu dois voir ce film, il est disponible sur Amazon pour la moitié du prix d'un Evidis d'occasion, et c'est de bien meilleure qualité :)

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Messagepar Sartana » 17 août 2007 16:13

Inisfree a écrit :Sur la violence, contrairement à Sartana, j'ai plus vu les effets visant à la mettre hors champ que les effets directs. nous sommes loin du traitement qu'en font Corbucci ou Questi (par exemple). j'ai trouvé le film assez "pudique" sur ce plan, ce qui ne l'empêche pas de baigner dans une atmosphère tendue et violente.

Certes, mais pourtant la scène de corrida improvisée avec ce pauvre Ernest, ou encore la balle dans la tête en gros plan ou la scène de noyade forcée sont tout de mêmes sans concessions !
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Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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Messagepar tepepa » 20 août 2007 9:41

Inisfree a écrit :Tepepa, tu dois voir ce film, il est disponible sur Amazon pour la moitié du prix d'un Evidis d'occasion, et c'est de bien meilleure qualité :)


OK OK, puisque tu insistes, je me le suis acheté!
Modifié en dernier par tepepa le 15 oct. 2007 14:16, modifié 1 fois.

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Messagepar Inisfree » 27 août 2007 16:36

Tepepa, j'espère que ça te plaira ! On mitraille l'armée mexicaine alors ça devrait aller.

Sartana, je ne voudrais pas avoir l'air de dire que le film n'est pas violent, il l'est. Mais je ne l'ai pas ressentit comme démonstratif sur ce point. Le finale est à l'opposé, dans l'esprit, de celui de La Horde sauvage. La scène du baquet de lait est assez terrible, effectivement, mais je ne suis pas arrivé à retrouver la balle dans la tête. Si tu peux me resituer le moment.

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Messagepar tepepa » 27 août 2007 16:58

Inisfree a écrit :Tepepa, j'espère que ça te plaira ! On mitraille l'armée mexicaine alors ça devrait aller.



:mrgreen: C'est terrible d'avoir des goûts aussi basiques!

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Messagepar tepepa » 15 oct. 2007 14:10

A mon tour, j'ai écris tout le bien que je pense de ce bon film bancal. Mais comme vous avez déjà tout dit, j'ai préféré m'apesantir sur celui qui, selon moi, gâche tout : George Hilton.

http://tepepa.blogspot.com/2007/10/les- ... rados.html

J'espère que vous ne m'en voudrez pas :D : !

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Messagepar Breccio » 15 oct. 2007 19:13

Ote-moi d'un doute, Tepepa : serais-tu sceptique quand au talent de George Hilton ? :mrgreen:
B
PS : au fait, quelle édition DVD as-tu visionnée ? Si c'est celle de VCI Entertainment...
http://xploitedcinema.com/catalog/bulle ... -4529.html
... c'est du Zone 0, et elle est incomplète (manque l'intrigue secondaire avec Annabella Incontrera, comme je l'ai écrit).

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Messagepar tepepa » 15 oct. 2007 19:20

Oui c'est bien cette édition. Zone 0 effectivement, mais c'est bien du NTSC et j'ai un sérieux doute sur les couleurs, qui me paraissent bien criardes par moment, surtout au niveau des visgaes.



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