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Le goût de la violence - Febbre di Revolta - 1960 - Robert Hossein

Posté : 01 juil. 2007 18:48
par edocle
Le goût de la violence ( Febbre di Revolta ) – 1960 – Robert HOSSEIN

D’aucuns vont nous dire que ce n’est pas un western : si ! au même titre que El chuncho, Viva la révolution, Viva Zapata sont des westerns !
D’autres vont dire, que ce n’est pas un western spaghetti, si ! c’est une production franco italo allemande tournée en Yougoslavie !
Oui, mais on ne retrouve pas les codes du western spaghetti … ben et pour cause en 1960 ils n’étaient pas encore définis et pourtant …
Robert Hossein en jette un certain nombre sur la pellicule et quand on dissèque le goût de la violence on s’aperçoit que l’ ami Leone lui-même s’est inspiré de la manière de raconter et de filmer de Robert Hossein ! ( mais on sait que ces deux là étaient amis ).
Et quelques années plus tard on retrouvera dans les films de Sergio ces longs plans séquences sans aucune parole mais soutenus par une musique obsédante et omniprésente, cette violence rentrée et latente qui explose quand on s’y attend le moins, ce ranch familial objet de tous les bonheurs et de toutes les horreurs, cette fuite en avant ou le vainqueur est aussi le perdant et s’en retourne seul vers son destin, sans parler de cet impossible amour ! Non, nous ne parlons pas d’ « Il était une fois dans l’ ouest », nous somme en 1960 !!! :wink:

L’histoire : Un pays d’Amérique centrale, que l’on suppose être le Mexique est en pleine révolution et une bande de rebelles commandés par Perez (Robert Hossein) capture Maria (Giovanna Ralli) la fille du président. Afin de l’échanger contre 50 de leurs compagnons, ils doivent traverser des contrées en guerre pour rejoindre leur QG. La route est longue et dangereuse et lors du voyage un des compagnons Chamaco ( Mario Adorf) veut tuer Perez pour s’emparer de Maria et l’échanger contre des espèces sonnantes. Mais la révolution en décide autrement et Perez tombe amoureux de Maria. Après une halte au ranch familial pour embrasser sa mère (Madeleine Robinson) Perez libère Maria et malgré une défaite sanglante s’en va poursuivre son combat …

Le film : C’est une longue et émouvante route que filme là Robert Hossein. Tourné en Dyaliscope ( un concurrent du cinémascope ) et en noir et blanc ce film est plein de sensibilité. La photo de Jacques Robin sert parfaitement les scènes intimes comme les grands espaces. La durée de 80 minutes, relativement courte permet de donner au scénario concocté par Robert Hossein, Claude Desailly et Louis Martin toute sa densité et sa force. Nous noterons quelques moments très fort comme l’ attaque du train filmée toute en évocation, la fuite dans les maïs en flammes mainte fois reprise par la suite, et les superbes séquences au bord de la mer magnifiées par la musique de André Hossein, le papa de Robert à qui nous devons une BO très originale !

Ou le voir : Pas de DVD ni de VHS commercial. Ce film complètement oublié par les diffuseurs et les éditeurs est néanmoins passé à la TV il y a quelques années et les aficionados en ont réalisé un superbe DVD-R : la copie est parfaite, au format et intégrale. Le film a du être tourné en bolobolo et si l’on constate une légère désynchronisation labiale sur quelques séquences la bande son est d’excellente qualité !

Oui j’aime ce film et le Robert de cette époque !
A voir d’urgence !
:applaudis_6: :applaudis_6:

:beer1:

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Posté : 01 juil. 2007 19:11
par Fredge
Bien noté, Edocle!

Fredge

Re: Le goût de la violence ( Febbre di Revolta ) – 1960 – Robert HOSSEIN

Posté : 01 juil. 2007 19:28
par Sartana
edocle a écrit :A voir d’urgence ![/b][/i]

Donne-moi quelques semaines cool

Posté : 02 juil. 2007 7:07
par Personne
Alléchant tout ça! :D

J'avais trouvé le 45 T il y a quelques temps en brocante!

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Posté : 02 juil. 2007 10:38
par Liko
Musique de André Hossein, je pense que ca doit être le père de Robert Hossein. Lui même ecrira une musique dont R.H se servira pour son second western "Une corde, un Colt".

Posté : 02 juil. 2007 15:49
par Breccio
Bravo et merci à Edocle pour cette pépite !
B

Posté : 03 juil. 2007 14:18
par edocle
Liko a écrit :Musique de André Hossein, je pense que ca doit être le père de Robert Hossein. Lui même ecrira une musique dont R.H se servira pour son second western "Une corde, un Colt".


ben oui c'est son Papa :mrgreen:
Je l'ai d'ailleurs écrit dans ma critique, mais je constate que tu es completement sous la vague avec tout ton stock de nouveautés ! :wink:

a plus et amitiés. E :beer1: :beer1:

Posté : 03 juil. 2007 15:29
par Fredge
:mrgreen:

Fredge

Posté : 03 juil. 2007 21:11
par Liko
En plus j'avais lu la critique en entier :shock: Un GRAND besoin de vacances le Liko :lol:

sabata94

Posté : 03 juil. 2007 22:26
par sabata94
superbe critique j'adore une autre,une autre :applaudis_6:

Posté : 07 juil. 2007 23:17
par Personne
Clair que Hossein est pas mal influencé par Viva Zapata! Mais j'ai trouvé que cette ambiance, ce jeu du noir et blanc, ces lenteurs, pouvaient faire penser à un film Japonais également! Un road movie de 3 samouraïs et de leur prisonnière avec toutes les embûches inérante au genre!
1960 c'est aussi l'année du remake des Sept Samouraïs par Sturges et un peu plus tard celui de Yojimbo par Leone.
Je suis quasiment certain qu'Hossein et Leone ont découvert le cinéma Japonais ensemble, le premier à en tirer partie fut Hossein, peut être un peu trop en avance sur son temps.

En tous cas moi j'ai adoré! Merci Monsieur E! :D

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Re: Le goût de la violence ( Febbre di Revolta ) – 1960 – Robert HOSSEIN

Posté : 06 déc. 2009 18:38
par hugues
J'ai eu la chance de revoir ce film récemment, au festival d'Amiens. J'avais envie de vous en dire quelques mots (même si Edocle en a déjà réalisé une critique très juste).


D'abord, voilà mon avis:

Malgré des longueurs, une trop grande multiplicité de réflexions, d’émotions et de messages, Hossein réalise un petit joyau du cinéma classique, un beau film, un hymne à la vie.
Son film comporte de grands moments, parfois stupéfiants (l’entrée dans le village des suppliciés), souvent lyriques, tout cela sous la magnifique musique d’André Hossein.

La vision d’Hossein sur son film :
Robert Hossein a revu le film en public durant le festival d’Amiens 2009, un film qu’il juge « bourré de défauts » et qui n’est pas son préféré. « Mais j’avais l’excuse de la jeunesse, dit-il, seulement 34 ans. À l’époque, il fallait tout de même du courage pour défendre un pareil message, ainsi je suis un peu passé pour « anar » à la sortie du film. »
Durant la projection, Hossein a visiblement pris pourtant beaucoup de plaisir à revoir certaines scènes épatantes, notamment celles où Mario Adorf complote sans grande subtilité.
Il rend d’ailleurs, après la projection, hommage aux 2 acteurs allemands du film, Adorf et Neubert, disparus aujourd’hui. Il a aussi un mot pour Madeleine Robinson et surtout Giovanna Ralli, actrice « Fellinienne » qui avait pourtant accepté de tourner pour lui.
Hossein indique aussi que le film avait été bien accueilli par la critique. Il reconnaît son amour pour le cinéma de genre et que ses modèles français sont plutôt du côté de Marcel Carné ou de Julien Duvivier.
Il explique enfin le ralentissement de son activité de réalisateur à partir de la fin des années 60 :
« La tendance était de réaliser des petits films, ce que savait faire la nouvelle vague. Moi, j’avais besoin de donner une certaine ampleur à mes projets. Je voulais faire Gengis Khan… »

Re: Le goût de la violence ( Febbre di Revolta ) – 1960 – Robert HOSSEIN

Posté : 06 déc. 2009 18:53
par L..
Alain Douarinou, cadreur de Matras (Oeil pour oeil, Lola Montes) a travaillé sur ce film, et raconte le tournage dans son livre "Un homme à la caméra", France-Empire, 1989 (épuisé).

Hossein, lors de la présentation dans "Cinéma de Quartier", insistait sur le tournage improvisé à l'aventure en Yougoslavie (Dubrovnik) , fuyant dans les contrées les plus reculées les contraintes financières de la Franco-London de Jules Borkon qui commençaient à peser sur le film.

Gaumont éditera-t-il le film en DVD un jour ?

Selon lui-même, Hossein devait être réalisateur de deuxième équipe sur le projet "Leningrad" d'un certain Sergio Leone, mort fin avril 1989.

Robert HOSSEIN, partout et nulle part à la fois.

Posté : 06 déc. 2009 19:23
par L..
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Débat hilarant, sur le forum de http://www.spaghetti-western.net/forum/ ... 79.60.html pour savoir si ce figurant andalou perdu dans les plaines de Cabo de Gata (Dieu pardonne moi pas, été 1967) est ou n'est pas Robert Hossein !


Après Chris Frayling, qui reconnut Leone dans Un colt une corde dirigé par Hossein, sur la vision d'une VHS de dernière génération, et l'écrivit dans sa Leone's biographie , un nouvel exploit à mettre au compte de notre héros Bob.

Re: Le goût de la violence ( Febbre di Revolta ) – 1960 – Robert HOSSEIN

Posté : 31 oct. 2010 16:01
par EthanEdwards
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Diffusion au cinéma en France :

Sortie à Paris le 30 aout 1961 distribué par Gaumont aux Cinémas : "Français" - "Marignan"


Dossier de presse de 1961 quelques extraits :
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