Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

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Yosemite
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Re: Track of the cat - 1954 - William Wellman

Messagepar Yosemite » 28 nov. 2011 12:07

Oui en effet, un côté très théâtral, d'où une grande importance des décors et ce jeu un peu statique des acteurs (qui effectivement, dans un logique de western, peut apparaître ennuyeux) et aussi avec les fantaisies de répétition qui animent la toile de fond : l'éternel chercheur de bouteille(s) en l'occurence...
Merci Cow-Boy Pat-El Zorro.
Yo.

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lasso
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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar lasso » 23 mai 2012 14:43

J'ai lu les critiques controverses des membres du forum, qui divergent beaucoup. Wellmann voulait créer un film d'auteur, moderne, qui divergeait
avec le genre que nous connaissions de lui, format, couleur, expériments pour montrer des scènes en couleurs s'approchant du noir et blanc.
Un Western ? non, par rapport au genre que nous connaissons et surtout des siens qui comptent dans les meilleurs.
Les scènes se jouent au Colorado? la fille qui est venue au ranch pour marier Harold, le plus jeune, vient d'Aspen qui était en ce temps une ville avec
des mines d'or, d'argent et de plomp. Un vieux indien faisant partie du personel du ranch, prédit qu'avec les tempêtes de neige le mytique cougar
noir géant va faire son apparition. Personne ne l'a jamais vu, mais ils arrache régulièrement les vaches du ranch. Le fils ainé Curt et son frère
Arthur, avec la bénédiction de leur mère vont partir pour le chasser et rapporter la fourrure... Laissé seul pour surveiller le cougar, Arthur ne survivra
pas. Curt l'attache sur le cheval qui rentre seul au ranch. En arrivant la mère pense d'abord que le mort est son Curt, celui-ci avait changé les
vestes, le cheval était trop effrayé par l'odeur de cougar, de la veste d'Arthur. Enterrement. Curt continue la chasse tout seul.....

C'est un drame familial, ou la mère domine toute la famille, elle a toujours préféré Curt à ses frères et soeur. C'est pour cette raison que Curt
est le leader de la famille et décide tout avec l'accord de sa mère. Son mari ne pouvant plus la supporter, s'est donné à la bouteille pour se consoler.
Même la jeune Gwenn arrivée pour son mariage avec Harold, est malmenée, la mère pensant que Curt serait un meilleur mari pour elle.

Cette histoire aurait pu jouer aussi en France, on aurait changé le cougar par un grand loup. Des histoires de familles en en connait.

C'est certainement un bon film, mais pas dans la cathégorie Western.

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WYOMING
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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar WYOMING » 24 mai 2012 19:31

Bonsoir à tous,

J'ai pris personnellement du plaisir à visionner ce western. On peut comprendre certains membres à s'être ennuyés car les stéréotypes n'y sont pas.
Mais il faut comprendre ce western comme un western confiné, presque prisonnier car, au fond, c'est ben le couguar qui dirige le film et qui entraîne le blanc
dans son piège avec en complice la nature et la neige. et puis il y a l'indien, l'indien qui sait et qui a tout compris, qui disparaît et qui réapparaît
un peu comme un fantôme. Seuls les blancs sont encore dans l'erreur de croire qu'ils représentent le bien en voulant tuer cet animal.
Oui, j'ai aimé le confinement, le mystère, la peur, le couguar et l'indien.
Spécial certes, mais ce sont mes goûts.
Je suggère à ceux qui n'ont pas aimé de le revisionner et, regarder bien le jeu de l'indien...


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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar persepolis » 15 avr. 2017 16:44

pas compris ,pas aimé ce film. Y a t-il un sens caché à ce film ? J'ai bien aimé en revanche les planques du whisky du grand-père.

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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar Compte Supprimé 0A » 09 juin 2017 21:19

Atmosphère lourde et oppressante pour la pression familiale, quasi huis-clos de ce western, et pour ce dernier et jeune frère de cette famille.

Mère très croyante, castratrice et possessif surtout pour le fils Mitchum, ce dernier a moitié tarée différent des deux autres frères, qui est comme l'élément perturbateur de cette famille.

Le père qui a lâché prise, et qui se noie dans ses bouteilles cachés a des endroits comiques. Seul le plus grand reste flegmatique, et la sœur ( il me semble ) qui réalise aussi. Leur seul espoir c'est le jeune frère qui, lui, trouve une femme.

Il y a aussi ce vieux indien sombre et mystérieux, qui a la fin révèle comme un message ambigu mais intéressant au dernier frère. Spécial. Inhabituel venant de Wellman.

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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar lasso » 08 avr. 2019 14:16

revu ce film de W.W. toujours suivi avec intérêt. Drame d'une famille vivant sur un Ranch de Haute Montagne, Une jeune fille,
venue pour se marier, devra se défendre entre une mère possessive et ses 3 fils en solitude...occupés par une Panthère imaginaire !!

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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar Moonfleet » 17 avr. 2019 21:32

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Track of the Cat (1954) de William Wellman
BATJAC


Avec Robert Mitchum, Teresa Wright, Diana Lynn, Tab Hunter, Phillip Tonge, Beulah Bondi
Scénario : A.I. Bezzerides d’après un roman de Walter Von Tilburg Clark
Musique : Roy Webb
Photographie : William H. Clothier (Warnercolor 2.55)
Un film produit par Robert Fellows & John Wayne pour la Batjac


Sortie USA : 27 novembre 1954

En cette fin d’année 1954, avec Track of the Cat, William Wellman nous livre son ultime western. Il ne tournera après ça plus que quatre autres films, terminant sa carrière par Lafayette Escadrille, film de guerre semi-autobiographique avec comme acteur principal, Tab Hunter, déjà présent ici dans le rôle du frère cadet de Robert Mitchum. Avant de quitter ce très grand réalisateur hollywoodien, revenons rapidement sur son cursus dans le genre, l’un des plus passionnants qu’il nous ait été donné de voir jusqu’à présent. Un superbe palmarès d’où se distinguèrent trois immenses chefs-d’œuvre réalisés dans un laps de temps d’à peine trois années : La Ville abandonnée (Yellow Sky), Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) et Convoi de femmes (Westward the Women). Trois films aussi différents qu’admirables, ayant pour autre point commun une perfection plastique de tous les instants, confirmant le talent d’esthète de Wellman, un esthète souvent austère (façon Dreyer) et non clinquant. Avant ça, il avait commencé en 1943 par le puissant L’Etrange incident (The Ox-Bow Incident), pamphlet impitoyable contre le lynchage, se distinguant déjà par une sobriété exemplaire et une belle et rigoureuse recherche esthétique. Si son Buffalo Bill était un peu décevant, il n’en était pas déshonorant pour autant, lui aussi un véritable régal pour les yeux. Il en est d’ailleurs de même pour Track of the Cat, probablement son film le plus stylisé. Œuvre unique et étrange, elle est dans l’ensemble l’une de plus mal-aimées de sa filmographie au point de n’être jamais sortie en salles en France. Sans évidemment atteindre les sommets des westerns précités, Track of the Cat mérite néanmoins qu’on s’y arrête.


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Fin du 19ème siècle en Californie dans un ranch détenu par la famille Bridges, perdu au milieu des montagnes enneigées. Le vieil indien Joe Sam, homme de main de la famille, alerte les frères Bridges qu’avec l’arrivée des premières neiges, 'la panthère noire' est très probablement revenue pour décimer le bétail. Art (William Hopper) et Curt (Robert Mitchum) se préparent à aller traquer la bête malfaisante. Avant de partir, toute la famille se réunit pour le petit déjeuner ; c’est à cette occasion que l’on fait la connaissance de ses membres et que l’on s’aperçoit des tensions qui règnent entre eux, tous plus ou moins tyrannisés par leur mère (Beulah Bondi) et le fils qui a sa préférence, monstre de cruauté et d’égoïsme, Curt. Le patriarche (Philip Tonge) a préféré s’adonner à la boisson pour oublier cette ambiance délétère ; Grace (Teresa Wright), toujours vieille fille, retrouve un peu de joie de vivre par le fait de côtoyer Gwendolyn (Diana Lynn), voisine et petite amie de Hal (Tab Hunter), son frère cadet. Pourtant, il n’est pas question pour la matrone que les deux jeunes gens pensent au mariage d’autant qu’elle avait dans l’idée de la faire épouser par Curt. Ce dernier prend un plaisir pervers à humilier Gwendolyn devant Hal tandis que son père n’hésite pas à lui jeter des regards concupiscents. C’en est trop pour Gwen qui demande à Hal de choisir entre elle et sa famille ; sa sœur Grace le pousse elle aussi à s’émanciper. Quoiqu’il en soit, tandis qu’au ranch l’ambiance est plus que tendue, les deux frères sortent rendre visite à leur troupeau ; effectivement, comme le pressentait l’indien, les bêtes ont été massacrées par un félin géant qui s’en prend bientôt à Hal qui, attaqué par surprise, succombe à son tour. Curt poursuit seul la piste du ‘monstre’…


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Contrairement à ce que l’on pourrait penser au vu de l’histoire, il ne faut pas s’attendre ici à un ample film d’aventure en plein air, la traque de la bête sauvage n’étant pas ce qui occupe la plus grande place dans le cours de l’intrigue, plutôt recentrée sur le psychodrame familial théâtralisé qui se déroule au sein d’un ranch isolé en pleine nature ‘de studio’. Mais attention, tout cela est voulu et nous y reviendrons après avoir évoqué brièvement la genèse du film. Dès 1949, après que Wellman eut fini de lire le nouveau roman de Walter Von Tilburg Clark (déjà auteur du livre à l’origine de son premier western, L’étrange incident) et en être tombé amoureux, il voulut immédiatement l’adapter au cinéma. Mais il se rendit bien vite compte qu’aucun producteur ne voudrait se lancer dans une telle aventure. Il persévéra, pris son mal en patience jusqu’à ce qu’une opportunité se présente cinq ans plus tard. L’énorme succès de Ecrit dans le ciel (The High and the Mighty), mélodrame pourtant bien médiocre ayant été nominé plusieurs fois aux Oscars y compris dans la catégorie ‘Meilleur réalisateur’, lui ouvrit les portes de son rêve. John Wayne, à la tête de la Batjac, lui donna carte blanche pour tourner ce qu’il voudrait et à sa manière, lui promettant que la Warner le distribuerait. Il ne s’attendait néanmoins pas à ce que Wellman tourne Track of the Cat de la sorte, véritable film expérimental pour l’époque. Wellman imposa en effet ses conditions : tourner en scope et dans un "glorious black and white-colour " ! Même si Wellman fut content de son travail et du résultat obtenu, le film reçut un accueil pour le moins mitigé, aussi bien de la part du public que des critiques et fut un échec commercial. Il devint ensuite un film culte pour sa rareté : comme pour la plupart des films du catalogue Batjac, les descendants de John Wayne le gardèrent sous clé pendant une longue période, sa première diffusion en France ayant eu lieu par le biais du cinéma de minuit de Patrick Brion.


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Le fameux ‘noir et blanc en couleurs’ s’avère être une idée audacieuse et un sacré tour de force ; le résultat est parfaitement convainquant dans sa recherche constante de l’anti-naturalisme. Avec son chef opérateur William Clothier, Wellman a décidé d’atténuer toutes les couleurs et d’en saturer quelques rares autres afin de faire ressortir ces dernières par contraste, avec entre autres buts recherchés le symbolisme (rouge flamboyant de la veste d’un Curt machiste en diable ; rouge du feu allumé pour sauver Curt mais qui paradoxalement provoquera au contraire sa chute et sa mort) ou pour le suspense (le bleu des bouts d’allumettes lors de la séquence digne d’un Hitchcock au cours de laquelle Robert Mitchum n’en dispose plus que trois pour allumer son feu et ne pas mourir de froid). Pour le reste, pour en arriver à un intriguant monochromatisme, l’équipe technique a construit de magnifiques et sobres décors, a érigé quelques splendides toiles peintes et s’est même mis à colorier les feuilles des arbres en noir sur certains extérieurs ! Le tournage en studio a été expressément voulu pour tout ce qui concerne les alentours du domaine familial et le résultat est assez étonnant, dépouillé à l’extrême pour accentuer la théâtralité et cette impression de solitude, d’étouffement et de mesquinerie qui pollue l’atmosphère. Pour les séquences de la traque, Wellman utilise à merveille l'écran large en privilégiant de superbes extérieurs réels mais sans trop chercher à les magnifier (peu de longs panoramiques ni de grands plans d’ensemble) pour garder cette impression de claustrophobie et de menace ; les plans en studio lors de ces séquences sont parfaitement bien intégrés et ne dépareillent pas l’ensemble, n’enlevant rien à l’intensité dramatique que le cinéaste a réussi à instaurer. Le retour incessant de ce plan d’un même et inquiétant sommet montagneux (à la silhouette de tête de chat) fait le même effet qu’un leitmotiv dans le domaine musical et vient constamment ponctuer l’action, servant de transition entre les séquences au ranch et celles dans la neige. D’ailleurs l’excellente partition écrite par Roy Webb fait beaucoup penser à une symphonie ; quasiment omniprésente mais jamais envahissante, se mariant parfaitement bien aux images et à l’intrigue. Bref, du point de vue formel et plastique, la réussite est difficilement contestable.


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On pourra en revanche trouver à redire sur le fond ; Pascal Pernod dans le Positif N°377 parlait d’une "expérience limite et non exempte d'insuffisances". Il faut dire que, dans son enthousiasme à tourner son film, William Wellman n’aurait parait-il pas laissé son scénariste revenir sur la première mouture de son travail d’écriture alors même qu’il n’en n’était pas pleinement satisfait. Ce qui fait de ce mélange assez iconoclaste et unique de western, film d'aventure, théâtre et psychodrame, le tout à la lisière du fantastique, une œuvre parfois boursouflée, verbeuse et statique manquant un peu de subtilité ; mais c’est aussi ce qui fait le charme de cet étrange OVNI. L’aspect fortement théâtral du film (tout se déroule en quelques jours dans deux lieux uniques avec à peine une dizaine de personnages) est tellement présent qu’il s’agit probablement du seul western a avoir été ensuite joué sur une scène ! Sorte de mixture improbable entre Eugène O’Neill et Tennessee Williams, Jacques Tourneur (pour le fait de jouer sur la peur de ce qu’on ne voit jamais) et Dreyer (pour son austère rigorisme), Track of the Cat raconte surtout les relations délétères qui se tissent entre les membres d’une même famille recluse dans un lieu clos : "Un ranch familial perdu au milieu des étendues neigeuses de Californie est menacé à la fois par des conflits internes et un dangereux prédateur…". Au sein de ce drame familial, on y parle d’amour contrarié, de tentative d’émancipation, d’alcoolisme, de jalousies, de mesquineries, de puritanisme… Le New-York Times parlait meme de "Western with Greek overtones". L'obsession de la bête (quasi surnaturelle comme le croit farouchement le vieil indien fantomatique qui disparait et réapparait sans que l’on s’y attende, un peu comme le shérif interprété par Harry Carey dans L’Ange et le mauvais garçon de James Edward Grant) joue un peu le rôle de catalyseur des haines et rancœurs qui existent dans le cœur de la plupart des membres de cette famille un peu stérile, privée d’amour, de liens et d’attention. Dès que la traque au chat sauvage est lancée, tout le monde étant sous pression, les problèmes ressurgissent avec violence et cruauté. Dans cette description sans concession, presque personne n’est épargné et surtout pas la mère qui est à l’origine de cette ambiance délétère.


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Formidable Beulah Bondi qui se délecte à priori d’avoir eu à jouer ce personnage hautement déplaisant, une manipulatrice qui ne demande qu’à ce qu’on l’écoute et lui obéisse ; pour échapper à son entreprise tyrannique, son mari se sentant dans cette propriété "comme un poisson hors de l’eau" a préféré sombrer dans l’alcoolisme d’où le fait de le voir chercher tout au long du film les bouteilles de whisky qu’il cache dans tous les recoins de la maison ; touches humoristiques assez bienvenues au sein de cette atmosphère d’une forte âpreté. Dans la peau de ce patriarche sans autorité, il faut avoir vu le très bon Philip Tonge en haut de l’escalier se mettre à chanter des chants religieux à tue-tête comme s’il s’agissait de chansons à boire. Les trois fils, ce sont Curt (Robert Mitchum, impérial en beau salaud machiste et égoïste), le véritable chef de famille désigné et protégé par sa mère, se plaisant à humilier ses autres frères et sœur dès qu’il en a la moindre occasion ; Arthur (William Hopper), c’est tout le contraire, un homme doux et bon, poète à ses heures, qui ne souhaite pas intervenir ni se mêler des conflits mais qui malheureusement en fera les frais ; quand au cadet, Tab Hunter lui prête sa silhouette de beau gosse et pourtant son personnage reste assez effacé, manquant singulièrement de charisme. Sa sœur restée vieille fille sans l’avoir voulu (superbe Teresa Wright, comme à son habitude) le pousse à s’émanciper, à fuir sa famille en prenant pour épouse la jolie Gwen avec qui elle s’entend à merveille. On parle parfois d’interprétation d’ensemble assez fade ou statique concernant surtout Tab Hunter mais son personnage requérait un tel jeu d’acteur. Il s’avère donc au contraire très bon, très sobre, tout comme la comédienne qui joue sa fiancée, superbe Diana Lynn chez qui tout passe par le regard. Tous deux forment un couple qui offre au film quelques respirations romantiques assez convaincantes ; leurs gestes tendres et la séquence au cours de laquelle ils vont faire l’amour pour la première fois sont assez touchants.


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Reste un dernier protagoniste, celui assez symbolique de l’indien, représentant en fait, non sans quelques lourdeurs, l’histoire de son peuple et son anéantissement. Un homme qui aurait vécu les guerres indiennes, ayant vu sa famille décimée d'une part par les américains, de l'autre par la panthère, croyant dur comme fer depuis ce temps que le félin géant n’est autre que l’esprit du mal venu pour se venger des atrocités commises par les blancs envers la nation indienne. Personnage fantomatique et mystérieux tout comme l’est la bête traquée du titre que l’on ne verra jamais, ce que regrettera d’ailleurs William Wellman, seule chose sur laquelle il n’aurait pas eu gain de cause. Un western psychologique lorgnant vers le mélodrame métaphysique poisseux et vénéneux mais non dénué d’onirisme (les toiles peintes). Il pourra probablement en ennuyer certains mais surement en fasciner d’autres, notamment ceux pour qui la forme importe beaucoup. En effet, en plus de sa plastique épurée inhabituelle, Track of the Cat leur offrira d’autres éléments susceptibles de les réjouir : plans insolites, montage ‘symphonique’ audacieux, utilisation efficace de la musique ou des plages de silence… S’il ne s’agit pas loin de là du meilleur film de Wellman, il n’en demeure pas moins un envoutant et oppressant exercice de style se jouant du naturalisme avec une certaine jubilation !

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 22 avr. 2019 9:27

Le film étant repassé sur Paramount Channel j'en ai profité pour le revoir il y a peu...
Je me souviens que j'attendais ce film avec impatience avant sa sortie dvd car le scénario me plaisait... Ma désillusion n'en fut donc que plus grande et avant cette rediffusion sur Paramount je ne me souviens pas l'avoir revu depuis ma dernière critique sur cette page consacrée...

Le fait de ne pas voir la bête mais les conséquences de ses attaques (le frère tué même si là non plus on ne voit pas le corps, on a que le descriptif) seulement ne me rebutait pas trop... Mais le manque de retournements de situation et ce huis-clos avec la mère aussi aimable que ma grand-mère avec des ami(e)s (je ne déblatère pas car j'avais vraiment l'impression de la voir !!) et le père qui cumule les bouteilles et semble miraculeusement survivre à sa consommation ("Où est ma bouteille ??!!")... Franchement j'en venais à me demander comment la petite amie de Hunter supportait tout ça...

Mitchum... Bah je trouve qu'il est bien ici, odieux, néfaste à l'image de môman...
On est en droit de préférer BUFFALO BILL ou L'ETRANGE INCIDENT concernant WELLMAN mais je pense qu'après des années de repli lorsqu'on redécouvre un film on revoit les choses différemment. Je ne dis pas l'apprécier désormais mais juste le juger un peu moins sévèrement...
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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar chris57950 » 06 juil. 2019 20:10

je suis entrain de le regarder sur paramount, j'aime bien. pour moi c'est plus un drame qu'un western

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 09 juil. 2019 13:52

Revu moi aussi sur Paramount Channel il y a quelques jours...

Même si il ne figure pas parmi mes westerns préférés (j'ai parfois eu plus un coup de cœur pour le poignant L'ETRANGE INCIDENT ou pour AU-DELA DU MISSOURI) j'ai décidé de lui redonner sa chance...
Western huis-clos dû à la neige et la menace qui me rappelait un peu LA FELINE de Jacques TOURNEUR avec le vieil Indien qui dit juste "NEIGE VIENT... PANTHERE NOIRE VIENT...".
La famille en elle-même apparaît presque plus comme la vraie menace pour le jeune couple entre la mère coincée et odieuse, le frère odieux (MITCHUM) et le père alcoolo qui ne renonce pas à son vice en farfouillant partout dans des cachettes improbables (" Où EST MA BOUTEILLE ?!" semble être sa seule vraie phrase...

Il y a bien des aspects amenant davantage l'histoire vers le drame familial que vers le western lui-même... Je trouve cependant que les extérieurs sont superbes et collent bien à la menace invisible du gros matou...
Le cheval de Robert MITCHUM, BLACK DIAMOND de son vrai nom (KENTUCK dans le film) n'était plus tout jeune lors du tournage si je me souviens bien du bonus du dvd (interview de la fille de MITCHUM sur le tournage et son entraînement avec ce cheval) mais convaincant...

Le final est un peu décevant car on s'attend un peu à une vraie confrontation avec la bête... Bon ok pour ça... On a le final du BISON BLANC avec Charles BRONSON et Jack WARDEN...
Je redis, pas mon WELLMAN préféré, j'ai toujours du mal avec ce film mais une fois de temps en temps...
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Re: Track of the cat / L'Empreinte du chat - Track of the cat - 1954 - William A. Wellman

Messagepar Yosemite » 06 sept. 2019 16:29

J’ai revu “Track of the cat” hier et je me suis régalé. C’est un des films de Wellman que je préfère. J’aime beaucoup sa façon de filmer, dès le générique de début, on perçoit le soin mis dans les angles de vues et le choix des objectifs, les personnages sont loin, ce qui met en valeur les paysages majestueux, et en même temps leurs déplacements sont nets, efficaces et en quelques secondes ils passent hors-champ. Je trouve que dans ce film particulièrement, Wellman fait montre d’une maîtrise exceptionnelle dans l’art de filmer.

Un autre point fort, qui ne sera pas partagé par les forumeurs (en tout cas, bien moins, je suppose que le précédent), est la densité des scénarios et l’écriture des personnages wellmaniens. C’est une constante dans ses westerns, ceux que j’ai pu visionner tout du moins, il y a toujours de l’épaisseur dans l’histoire, tant dans le contenu de l’histoire que dans l’animation qu’en font les personnages, principaux et secondaires.
Un détail dans Track of the cat, les vêtements des deux frères : la peau de vache et le manteau en laine rouge et noir. Ce n’est quand même pas banal, en même temps, attifer les acteurs de la sorte concentre forcément l’attention sur eux, il y a donc intérêt à ceux qu’ils aient quelque chose à nous montrer dans leur jeu. C’est un vrai risque en somme.

Alors voilà, je me suis régalé, jusqu’avec la musique originale, le thème de Roy Webb est vraiment bien inspiré et là, ça change de celui de « Yellow sky », comme déjà évoqué sur le forum.
Yo.



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