La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

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Arizona Kid
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Re: La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

Messagepar Arizona Kid » 22 août 2018 17:48

Merci à vous deux pour ces intéressantes précisions.
C'est tout de même étonnant que le Duke n'ait rien tourné de vraiment significatif entre The Big Trail en 1930 et Stagecoach en 39.
Raoul Walsh lui avait pourtant bien mis le pied à l'étrier -si j'ose dire- en dépit du flop commercial du film.
Pour ma part, je ne puis que me réjouir que Stagecoach se soit fait avec Claire Trevor, n'étant guère fan de Marlène Dietrich -la " Shleue " , comme disait le père Gabin :lol:
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

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major dundee
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Re: La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

Messagepar major dundee » 23 août 2018 11:00

La photo sur le coffret collector Montparnasse...n'est pas tirée du film, ça laisse pantois.

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Moonfleet
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Re: La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

Messagepar Moonfleet » 01 mai 2019 10:25

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La Chevauchée Fantastique (Stagecoach, 1939) de John Ford
WALTER WANGER


Sortie USA : 15 février 1939

Les Apaches de Géronimo ont quitté leur réserve et semblent vouloir reprendre le sentier de la guerre. Malgré cette menace, plusieurs personnes décident de prendre place à bord d’une diligence assurant la liaison entre Tonto et Lordsburgh. Dans un premier temps escorté par la cavalerie, ce groupe hétéroclite se compose du shérif de Tonto, d’un conducteur débonnaire, d’un médecin alcoolique, d’une prostituée expulsée de la ville, d’un banquier malhonnête, d’un mystérieux joueur sudiste, d’un timide représentant en whisky, de l’épouse enceinte d’un officier de cavalerie. En cours de route, un nouveau passager vient se joindre à eux, Ringo Kid, hors la loi malgré lui qui cherche à se venger de la mort de membres de sa famille… Et les spectateurs du monde entier découvrirent à cette occasion les paysages uniques et majestueux de Monument Valley, lieu devenu emblématique du western classique !


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"C’était durant l’une de ces années où, dans le territoire, les signaux de fumée des Apaches montaient en spirale des sommets rocheux des montagnes et où plus d’un ranch n’offrait plus que quelques mètres carrés de cendres noircies sur le sol ; alors, le départ d’une diligence de Tonto marquait le début d’une aventure dont la fin heureuse n’était pas garantie…" Tel est le début de la nouvelle "Stage to Lordsburgh" de Ernest Haycox paru dans le Saturday Evening Post et dont les personnages vont séduire John Ford. Il se décide à l’adapter même s’il la trouve par ailleurs assez mal construite et même si le récit comporte de troublantes similitudes avec "Boule de suif" de Maupassant. Les producteurs, David O Selznick en tête, se montrent réticents et refusent de s’en laisser imposer par un réalisateur quel qu’il soit. Ils accepteraient éventuellement si Marlène Dietrich et Gary Cooper étaient de la partie mais Ford ne veut rien savoir. Heureusement, il trouve dans le producteur Walter Wanger, un homme qui décide de prendre le risque. Le jeune John Wayne pense que ce serait lui faire trop d’honneur de se faire offrir le rôle du Kid mais Ford le pousse à accepter. Le Duke ne le regrettera jamais puisque ce sera le film qui fera de lui une star. Sa stature en impose immédiatement et son jeu s’est bien amélioré depuis The Big Trail


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On ne compte plus les textes, exégèses, critiques et autres analyses qui ont fleuri depuis lors sur ce classique intemporel et universel. Ce film tient effectivement une place d’une très grande importance dans l’histoire du cinéma, un western à la fois ambitieux et divertissant, intimiste et spectaculaire, passionnant par la richesse de ses personnages, la qualité de sa réalisation et la mise en place d’un maximum de jalons et thèmes traditionnels qui traverseront toute l’histoire du genre. Mais en Amérique, ce classique n’a pas tout de suite été reconnu à sa juste valeur, les spectateurs n’étant au départ pas très enthousiastes : on lui reproche trop de psychologie au détriment de l’action, une couleur locale atténuée, moins de schématisme réconfortant, tout ce pourquoi justement le film se démarquait des westerns antérieurs. C’est surtout grâce à son accueil européen que le film a acquis une telle réputation : André Bazin disait par exemple "équilibre parfait entre les mythes sociaux, l’évocation historique, la vérité psychologique et la thématique traditionnelle de la mise en scène western. Aucun de ces éléments fondamentaux ne l’emporte sur l’autre".


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En redécouvrant ce film aujourd’hui, même si l'on est en droit de lui préférer bien d'autres westerns à venir y compris de John Ford (ici le ton est encore un peu sec), force est de constater que la mise en scène nous apparaît toujours aussi précise, millimétrée, à la fois moderne et classique : Ford soigne toujours autant ses cadrages et nous offre des gros plans de toute beauté. Les scènes d’extérieurs tournées en seulement 4 jours portent la marque inimitable du réalisateur : la vision des hommes, diligence et chevaux disséminés au milieu de ces paysages grandioses de Monument Valley, les travellings passant brutalement d’un plan d’ensemble sur la diligence perdue au milieu de l’immensité du ciel et de la terre aux gros plans sur les Indiens cachés au sommet des montagnes sont inoubliables. Au milieu de ces espaces vierges, Ford nous concocte une scène anthologique de poursuite dans laquelle Yakima Canutt accomplit des prouesses et nous étonne par ses cascades. Le reste, filmé en studio, est souvent du même niveau : la scène nocturne du duel final, loin de tout dramatisme outrancier, est d’une sécheresse et d’une sobriété exemplaire. L’autre scène nocturne de la demande en mariage de la prostituée par le hors la loi est empreinte d’une belle sensibilité et d’un romantisme encore assez rare chez Ford à cette époque.


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Vivacité, précision et rigueur de la mise en scène mais aussi personnages tous efficacement présentés, finement observés et croqués, qui se révèlent malgré tout un peu trop typés. L’intérêt réside surtout dans les rapports qui s’établissent au sein du groupe au fur et à mesure de l’avancée du voyage et de ses périls. Quelques phrases seulement suffisent pour ébaucher un caractère ou éclairer une situation. Ford utilise un système dramatique déjà employé et qui sera encore utilisé à foison par la suite, la réunion de caractères différents dans un espace restreint et dans une situation tendue avec la certitude qu’il en naîtra des réactions nombreuses et variées. Nous sentons Ford rempli de compassion pour tous ces personnages, en quelque sorte victimes de la société, hormis pour le banquier qui représente tout ce que le capitalisme peut avoir de nuisible. Dallas et le docteur, joués par Claire Trevor et Thomas Mitchell, sont tous deux des figures déchues, "victimes de préjugés", qui retrouveront leur dignité au cours des évènements, par le regard que leur porteront alors ceux qui étaient les plus réticents au début du voyage. L’estime pour la prostituée que l’on lira au moment de l'accouchement dans le regard de la "jeune mère" auparavant excessivement froide envers elle, est une marque de la sensibilité de John Ford : Lucy s’humanise au contact d’une réprouvée et ses préjugés moraux s’évanouissent petit à petit. Que de beauté aussi dans la tendresse amoureuse du joueur, interprété par un John Carradine longiligne et mystérieux, pour Lucy. Mais c’est évidemment de John Wayne dont on se souvient le plus. Il vole la vedette à la tête d’affiche Claire Trevor par sa simple et première apparition dans ce mouvement d’appareil inoubliable qui zoome sur lui en gros plan.


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Beaucoup des archétypes du western traditionnel seront posés à cette occasion et en deviendront des bornes incontournables. Il ne restera plus aux grands réalisateurs du western que de se les approprier et d’en faire avec leurs différentes personnalités respectives autant de chefs d’œuvres du genre. Enfin pour l’anecdote, et pour comprendre pourquoi le cinéma n’a pas pour principale mission de chercher le réalisme à tout prix, Frank Nugent, le scénariste de ses plus grands chefs d’œuvres, demandant à John Ford à propos de la poursuite, pourquoi les Indiens ne se contentaient-ils pas d’abattre les chevaux de la diligence, le réalisateur répliqua "En réalité, c’est probablement ce qui se serait passé mais s’ils l’avaient fait, le film se serait terminé à ce moment là." Assurément un grand film mais qui manque encore de l’ampleur que j’aurais souhaité trouver pour qu’il me transporte encore plus.

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Loco
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Re: La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

Messagepar Loco » 24 juin 2019 10:24

Suite symphonique composée par Richard Hageman.

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Loco
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Re: La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

Messagepar Loco » 19 août 2019 14:59

Adaptation radiophonique avec John Wayne et Claire Trevor.

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lasbugas
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Re: La Chevauchée Fantastique - Stagecoach - 1939 - John Ford

Messagepar lasbugas » 04 avr. 2021 10:14

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