La Trahison du Capitaine Porter - Thunder over the plains - 1953 - André De Toth

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Yosemite
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Re: La Trahison du capitaine Porter - Thunder over the plains - 1953 - André De Toth

Messagepar Yosemite » 20 mars 2020 14:59

Très bonne idée en effet de proposer ce western que je ne connaissais pas. Pour les inconditionnels de Randy, dont je suis, on s'inquiétait un peu de l'imaginer incarnant un traître mais bon, je ne dévoile rien...
Un film intéressant en premier point par l'épisode historique qu'il relate et des abus et réactions qu'il a engendré. Ce point de départ est un atout car il capte immédiatement l'attention du spectateur tant par la découverte historique qu'il propose, que par la révolte qu'il fait naître et du parti pris qui va avec pour le spectateur.
A ce titre l'écriture soignée des personnages répond bien au propos, ceci est tout particulièrement vrai pour Ben Westman et les principaux personnages de sa bande. Qui plus est, nous nous réjouissons régulièrement des westerns prenant parti en faveur des Indiens, ici, nous sommes plutôt face à une rareté car je ne me souviens pas avoir vu de films louant les vertus des habitants du Texas. J'ai en tête "Geronimo" de Walter Hill avec le personnage d'Al Sieber qui, en découvrant le massacre d'une famille indienne pour prélever leurs scalps, affirme qu'un tel acte ne peut avoir été commis que par des Texans !
Ça avait dû leur plaire lorsqu'ils ont vu le film en 1994...

Bref, nous sommes donc ici dans une oeuvre tout à fait originale et éminemment agréable à regarder. Randolph Scott est superbe, il incarne un personnage qui a fort à faire et on ne peut que saluer la solidité de son interprétation, oscillant du chef militaire tiraillé au doux mari, "doux" mais sévère vis à vis des importuns trop entreprenants, comme on on pourra le constater. Une panoplie de sentiments et de positionnements entre lesquels il ne doit pas être facile d'aller et venir mais dans laquelle Randy est toujours impeccable.

La réalisation est superbe, je dirai que son atout majeur est une sorte de cohérence systématique entre les situations, les dialogues et les actions avec laquelle De Toth évite tout surlignage, tout effet superfétatoire et réussit ainsi à produire de l'efficacité sans effort apparent.
Une démonstration, si besoin était, que les séries B sont régulièrement synonymes de splendides réussites.
Yo.

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Re: La Trahison du capitaine Porter - Thunder over the plains - 1953 - André De Toth

Messagepar chip » 20 mars 2020 18:50

Pas le plus réussi des 5 westerns De Toth- Scott, à mon avis très en dessous de " man in the saddle " et " riding shotgun ", mais Phyllis Kirk a du talent en plus d'être ravissante.

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Arizona Kid
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Re: La Trahison du Capitaine Porter - Thunder over the plains - 1953 - André De Toth

Messagepar Arizona Kid » 27 juin 2020 6:48

Oups, je me rends compte que j'avais oublié de publier mon avis au sujet de ce Capitaine Porter, déniché jeudi dernier à O'CD.
Trouver ce DVD dans cette boutique fut d'ailleurs une vraie bonne surprise, car avec la pandémie de coronavirus, je doutais que le film, prévu pour le mois de mars, eût atteint les linéaires des grandes surfaces pour pouvoir se retrouver si vite revendu sur le marché de l'occasion.
En tous cas, étant fan de notre cher Randolph Scott, je n'ai pas hésité une seconde et j'ai sauté sur ce western dès que je suis tombé dessus -pour 9€, il n'y avait pas à hésiter !
Je l'ai visionné sitôt rentré chez moi, et cette série B d'André De Toth fut une bien agréable surprise: primo, Randolph Scott portait la tunique bleue avec élégance, comme nous l'avions déjà constaté dans La Mission du Capitaine Benson -si c'est pas des titres à se mélanger les pinceaux, ça...

Deuxio, ce western très court a le mérite de bien développer le contexte de l'immédiat après-guerre civile, et de jeter un regard édifiant sur le sort réservé aux rebs, les vaincus du Sud, harcelés par les profiteurs de guerre yankees, plus connus sous le nom de carpetbaggers, qui les inondent de taxes insensées pour mieux s'emparer de leurs biens.
L'intègre Capitaine Porter (Randolph Scott), Texan de naissance, est ici raillé et rejeté par ses compatriotes pour avoir choisi l'uniforme bleu de l'Union plutôt que d'adhérer au gris de la noble " Cause ".
Mais sous la tunique bleue palpite toujours un vrai coeur du Sud, et le brave Porter mettra un point d'honneur à défendre les Texans opprimés par ces profiteurs éhontés venus les spolier de leurs biens.

Tertio, le film nous régale d'une rivalité inattendue entre Porter et un jeune coq pommadé fraîchement émoulu de West Point, le Capitaine Hodges (fringant Lex Barker) , qui commet l'erreur fatale de dragouiller Norah, la femme de ce dernier (une jolie mais terne Phyllis Kirk).
Bien entendu, ce petit différend se concluera par une bonne explication virile à poings nus, ce qui nous vaudra le plaisir cocasse de découvrir les deux acteurs parés d'un magnifique oeil au beurre noir, ce qui est plutôt rare pour être souligné.
Enfin, l'ignoble complot ourdi par les carpetbaggers éclatera au grand jour et le bon Capitaine Porter, un temps tombé en disgrâce, sera rétabli dans ses fonctions tandis que le Texas rejoindra l'Union pour sceller une réconciliation jusqu'alors inespérée.

J'étais très curieux de découvrir ce western du tandem Scott / De Toth, et ma foi, je n'ai pas été déçu, d'autant que le film nous est proposé dans une copie tout à fait méritoire aux belles couleurs, peut-être un poil trop granuleuse, mais c'est vraiment histoire de pinailler.
Saluons une fois encore la démarche du petit éditeur LCJ qui, après nous avoir sorti Le Cavalier traqué, nous régale à nouveau d'un Randolph Scott made in Warner, studio pourtant peu enclin à déléguer l'édition de ses films à des prestataires extérieurs.
Ce qui nous permet peut-être d'espérer un jour une édition digne de ce nom de Colt. 45, un Scott jusqu'ici uniquement disponible en Zone 1 ou bien sur un Zone 2 ignoble siglé Zylo, dans une médiocre copie noir et blanc nantie d'une chiche et unique VF toute moisie.
Allons, gentil petit LCJ, venge-nous de cette bande de sagouins !

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" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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