Sur le territoire des Comanches - Comanche Territory - 1950 - George Sherman

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Moonfleet
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Re: Sur le territoire des Comanches - Comanche Territory - 1950 - George Sherman

Messagepar Moonfleet » 14 mai 2019 21:19

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Sur le Territoire des Comanches (Comanche Territory, 1950) de George Sherman
UNIVERSAL



Avec Maureen O’Hara, MacDonald Carey, Will Geer, Charles Drake, Pedro de Cordoba, Ian Mac Donald, Rick Vallin, Parley Baer, James Best…
Scénario : Oscar Brodney et Lewis Meltzer d’après une histoire de ce dernier
Musique : Frank Skinner
Photographie : Maury Gertsman (Technicolor)
Montage : Frank Gross
Une production Leonard Goldstein (Universal)
Couleur - 72 mn - 1950


Sortie USA : 01 mai 1950

Même si la nation indienne avait été déjà à maintes reprises décrite sans paternalisme et avec la plus grande des dignités (dans les films de John Ford entre autres, les deux premiers de la trilogie dite ‘de cavalerie’), avant même La Flèche Brisée (Broken Arrow) de Delmer Daves et La Porte du Diable (Deevil’s Doorway) d’Anthony Mann, Comanche Territory de George Sherman pourrait bien avoir été le premier western ‘pro-indien’ à sortir sur les écrans américains, quelques mois avant ses prestigieux successeurs. Comme nous le disions, beaucoup d’autres auparavant avaient été respectueux de ces natifs américains mais aucun film n’avait encore pris comme thème principal cette prise de position bien tranchée en faveur des Indiens et contre les hommes blancs venant sans vergogne s'emparer de leurs terres. S’il ne s’agit pas d’un grand film, il aura au moins eu le mérite de prétendre à cette primauté d’autant qu’il s’avère très plaisant par la même occasion.


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Jim Bowie (MacCarey Donald) est envoyé par le Président des Etats-Unis en territoire Comanche afin de s’assurer que le récent traité de paix passé avec le chef indien Quisima (Pedro de Cordoba) est bien respecté. Seulement, on a découvert des gisements d’argent sur cette terre et les colons installés à proximité aimeraient bien mettre la main dessus. Les plus envieux, qui semblent menés par Katie Howard (Maureen O’Hara), la fougueuse patronne du saloon, et son frère Stacey Howard (Charles Drake), décident même d’attaquer les Comanches afin de s’emparer du minerai. Jim Bowie, avec l’aide d’un ex-membre du congrès, Dan Seeger (Will Geer), venu dans les parages avec un traité remis au goût du jour, décide de se ranger du côté des Comanches tout en essayant d’éviter la reprise des guerres indiennes...


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George Sherman avait déjà à son actif plus d’une quarantaine de westerns de série avant de réaliser celui-ci tourné juste après La Fille des Prairies (Calamity Jane and Sam Bass) datant de l’année précédente et qui sera inclut sous peu dans la première partie de ce parcours. Ce fut un des réalisateurs les plus prolifiques du genre mais niveau qualitatif, on ne peut pas dire qu’il ait laissé grand-chose à la postérité. Il est né à New York en 1908. A 24 ans, il est déjà l’un des assistants de Mack Sennett pour des films avec W.C. Fields. Il devient ensuite l’un des réalisateurs les plus féconds de la Republic entre 1937 et 1944, puis de la Columbia entre 1944 et 1947. La suite de sa carrière le voit naviguer entre les compagnies Universal, 20th Century Fox et United Artists ; il y tourne toutes sortes de films d’aventure à petits budgets mais son genre de prédilection restera toujours le western (quelques 70 à son actif), y compris à la télévision dans les années 1960 au cours desquelles il mettra en boite plus de 250 épisodes de diverses séries dont Daniel Boone.


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« Mack Sennett, avec lequel il travailla, ne semble guère l’avoir influencé et il est difficile de dire du bien de la plupart de ses films tant il semble les tourner à la va-vite, en pensant à autre chose. Il bâcle aussi facilement une histoire de courses de voitures qu’un drame guerrier. Pour lui, tous les genres se valent, du moment qu’on peut les traiter par-dessus la jambe... Sherman est passé du western traditionnel au film antiraciste avec le même manque de talent. » Nous ne serons pas aussi méchants que Bertrand Tavernier et Jean-Pierre Coursodon dans leur "50 ans de cinéma américain" car George Sherman s’avère parfois un honnête artisan même s'il s'est révélé bien plus souvent médiocre derrière la caméra, sans aucun style et parfois incapable de la moindre idée de mise en scène ; beaucoup de ses films valent ce que valent ses scénarios et (ou) ses acteurs. Il faut néanmoins mettre à son actif un effort pour tourner dans des décors naturels splendides qu’il utilise d’ailleurs avec beaucoup de talent, un antiracisme estimable, une immense sympathie pour la nation indienne et une prédilection pour les héros historiques et légendaires tels Jim Bowie, Crazy Horse, Jim Bridger ou Joaquin Murieta dont il narrera les exploits dans des aventures plus ou moins fictives.


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En 1950, dans Sur le territoire des Comanches, il prend justement pour protagoniste principal l’un des futurs héros de Fort Alamo, le fameux Jim Bowie et son célèbre couteau dont on apprend en détail la fabrication lors d’une des premières séquences assez cocasse du film. Un personnage qui aura par la suite les traits d’Alan Ladd dans La Maîtresse de fer (The Iron Mistress) de Gordon Douglas et de Richard Widmark dans Alamo, le chef-d’œuvre de John Wayne relatant la fameuse bataille. Donc, quelques semaines avant Delmer Daves et Anthony Mann, George Sherman propose lui aussi sur les écrans américains l’un des premiers westerns pro-Indiens. Ne pouvant rivaliser avec ces deux autres prestigieux westerns (quoique, je réserve cet avis pour quand j'aurais revu le Mann), Comanche Territory n’en est pas moins un film plaisant à défaut d’être inoubliable, grâce à un bon scénario cependant sans surprises signé Oscar Brodney (déjà auteur du plaisant Texas de George Marshall), à de splendides décors naturels de l’Arizona superbement mis en valeur, à des dialogues assez pétillants, parfois assez proche de la comédie, et à un casting relativement plus convaincant que ce à quoi nous aurions pu nous attendre à sa lecture.


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En effet, hormis Charles Drake qui nous offre un bien terne "bad guy", après sa très belle performance dans La Chevauchée de l’Honneur (Streets of Laredo) de Leslie Fenton, le méconnu MacCarey Donald dans la peau de Jim Bowie, même s’il ne possède pas vraiment le physique de l’emploi du héros charismatique, s’en sort relativement bien ; ses joutes verbales avec une Maureen O’Hara très énergique dans le rôle d’une femme de tête au fort tempérament ne manquent pas de piquant. A leurs côtés, Will Geer (futur compagnon âgé de Robert Redford dans Jeremiah Johnson) est également excellent dans le rôle picaresque du vieux politicien. Pittoresque sans jamais sombrer dans l’exagération, grâce à la gestion sobre de l’acteur pour son personnage humoristique, le film ne tombe quasiment jamais dans la grosse farce, excepté lors de cette bagarre de saloon non seulement dispensable mais également ratée comme quasiment toutes les scènes d’action à mains nues dans les films de George Sherman. Trop peu nerveux, s’entourant de mauvais monteurs et de cascadeurs peu doués, ne possédant aucun sens du rythme, il n’est pas l’homme de la situation et ses séquences mouvementées se révèlent trop souvent involontairement drôles et arrivenr à gâcher l’ambiance sérieuse que les scénaristes avaient réussi à instaurer.


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Les séquences de combats à poings nus sont ainsi souvent râtées s alors que le cinéaste s’en sort au contraire plutôt honnêtement lorsqu’il s’agit de filmer des chevauchées, le montage calamiteux laissant ici souvent la place à des travellings cinégéniques et à des transparences très bien utilisées et qui se font très discrètes (il s'agit là d'un des aspects très positifs que l'on retrouve dans la majorité des productions Universal). Au final, peu de suspense ni de réelles surprises dans cette intrigue assez banale et bavarde et qui se traîne un peu trop vers son milieu, mais pas vraiment d’ennui non plus malgré l’absence de nervosité de la mise en scène. On admire la beauté des paysages et des costumes indiens (ils n’ont encore jamais été aussi beaux et aussi richement décrits) rehaussés par le chatoiement du Technicolor, on déguste de bons dialogues dits par d’honnêtes comédiens, on assiste à une efficace bataille finale après que, autre point positif non négligeable, Maureen O’Hara nous ait poussé la chansonnette d’une manière fort agréable. Et puis, sans machisme aucun, la séquence au cours de laquelle elle se fait botter le train avec ardeur par MacDonald Carey est assez réjouissante. Mélange de film d’aventure, de western et de comédie, un film vraiment agréable. On laisse George Sherman pour le moment mais nous aurons maintes occasion de le retrouver sur notre chemin. En tout cas voici le style de western idéal pour faire découvrir le genre aux plus jeunes enfants.

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Arizona Kid
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Re: Sur le territoire des Comanches - Comanche Territory - 1950 - George Sherman

Messagepar Arizona Kid » 15 mai 2019 8:55

Un des premiers westerns fifties que j'ai achetés, il y a trois ans déjà, avec Tomahawk, L'Attaque de la malle-poste et Calamity Jane et Sam Bass, alors que je débutais mon exploration du genre.
Peut-être pas le meilleur opus de Sherman -un de mes artisans préférés du western- mais une sympathique et estimable série B, à l'intrigue concise et bien conduite.

Comme Moonfleet, j'ai un peu tiqué au départ avec Mac Donald Carey, mais j'ai fini par m'y faire, bien que je le trouve plus intéressant dans La Chevauchée de l'Honneur -remake de La Légion des Damnés- et La Caverne des Hors-la-loi.

Sans oublier Maureen O'Hara, dont je trouve le rôle assez similaire à celui qu'elle tiendrait peu après dans La Belle Rousse du Wyoming.
Ça m'a donné envie de me le revoir un de ces jours... :cool:
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Sur le territoire des Comanches - Comanche Territory - 1950 - George Sherman

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 15 mai 2019 22:01

J'ai acheté ce dvd il y a bien des années... Autant le dire de suite, si la présence de Jim Bowie en lieu et place de Davy Crockett dans ce récit ne me dérangea pas malgré une histoire qui semblait plus dans le style du célèbre trappeur et si Mac Donald CAREY (que je découvris ici) ne semblait pas trop mauvais... J'ai souvent eu du mal, en particulier à cause de Maureen O'HARA (bon sang quand Bowie lui file des coups de pompe au c... quand elle est bloquée sous la table que je l'enviais !! :lol: ).

OK... Les indiens sont présentés de façon correct et on a de belles idées notamment l'accord entre BOWIE et eux et la façon dont ils apprennent comment fabriquer des couteaux comme le sien... Mais on déplorera aussi le fait d'avoir des méchants un peu plat et Charles DRAKE sera meilleur plus dans d'autres productions comme UNE BALLE SIGNEE X face à Audie MURPHY...

Pas un film déplaisant mais pas non plus une grande réussite et je pense que si on veut une meilleure représentation de l'histoire de Bowie mieux vaut se rabattre sur LA MAÎTRESSE DE FER ! Il n'est cependant pas inintéressant de noter, comme Moonfleet le signala justement... Qu'on évoque en effet au début les idées de la conception du célèbre couteau... Mais la description est encore vague... Enfin c'est déjà ça...
Mais aussi une chose que je précise... Je sais que certain(e)s préfèrent la VF à la VOST mais franchement ici si ce n'est pas un massacre avec des prénoms français comme dans DALLAS VILLE FRONTIERE("Marcel", William et "Guillaume" MARLOWE :lol:) "Jim BOL" (ou en tout cas prononcé ainsi) au lieu de Bowie... :shock:
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