L'Homme de la Sierra - The Appaloosa - 1966 - Sidney J. Furie

Voir tous les films critiqués
Règles du forum
Avant d'ouvrir un nouveau sujet de discussion, pensez à consulter la liste de tous les westerns critiqués sur ce forum

SVP : Pour les images larges et lourdes, utilisez IMG2 et non IMG pour faire une miniature. Pensez aux connexions lentes!
Avatar du membre
lafayette
Sorcier
Sorcier
Messages : 6936
Localisation : Landais expatrié 91

Re: L'homme de la sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar lafayette » 07 mai 2014 1:44

Vu ce soir. Marlon Brando n'est pas au niveau de La vengeande aux deux visages et il en est de même de sa partenaire qui fait se pâmer certains.
En revanche, très bonne prestation de John Saxon et de ses hommes.
Ce film profite de somptueux paysages et n'est pas à mésestimer. Le scénario est simple et il n'en faut pas plus pour faire un bon film au lieu de compliquer les choses comme dans Coups de feu dans la Sierra. Il semble que Saxon et ses hommes ne sont pas loin de la fratrie monstrueuse de ce dernier film, mais ils n'apparaissent pas aussi abjects et un beau monologue de John Saxon explique l'attitude des hommes de son village envers les gringos qui les ont souvent pillés. Ce qui n'explique pas l'esclavagisme dont il fait preuve envers la belle mexicaine.
Dommage que Marlon Brando ait souvent un peu l'air absent (Je ne sais pas qui lui a fait sa coiffure au départ, donnez moi l'adresse que je n'y aille surtout pas!), mais à certains moments ressort le grand acteur notamment après la mort du vieux peon qui d'ailleurs a fait une belle prestation.
Le cheval Appaloosa vaut le détour, mais aurait pu être mieux mis en valeur.
Le film semble lent à certains, ce qui n'est pas faux, mais je pense que le film aurait pu développer un peu plus les relations de Brando avec sa famille, dont la seule présentation en rang d'ognions et une conversation houleuse avec la compagne ne suffisent pas à faire entrer le spectateur dans l'atmosphère familiale.
Mais rien ne m'a rebuté comme dans Coups de feu dans la Sierra dont la prestation des acteurs est quand même meilleure dans l'ensemble.
Dans la VO, j'aimerais savoir de quelle boisson il est question quand John Saxon propose du cognac.
Et le coup du tesson de bouteille de vin pour couper les bras et faire gicler le venin du scorpion avec le sang était bien vu! J'aimerais savoir s'il y a des statistiques de survie avec ce procédé antiscorpion! ;)
Ariadna Gil et John Wayne icongc1

Avatar du membre
yves 120
Sorcier
Sorcier
Messages : 6162
Localisation : antibes juan les pins " capital du jazz "

Re: L'homme de la sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar yves 120 » 07 mai 2014 13:28

Perso dans l ' Homme de la Sierra ce que j 'ai beaucoup aimé est la photographie , sublime les prises de vue sont exceptionnelles , quand au cognac je pense que cela veut faire référence au Brandy ? au USA Brandy = cognac mais suis pas bien certain :roll:
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

Avatar du membre
lasso
Rancher
Rancher
Messages : 8054
Localisation : oregon

Re: L'homme de la sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar lasso » 21 sept. 2015 12:28

Ce Western de Sidney J. Furie nous raconte une bien belle histoire d'un homme ayant enfin trouvé une occasion pour se revancher du secours et
de son éducation par le père de Paco. Ensemble avec la famille de Paco, il veut s'installer comme rancher, pour l'élevage de chevaux, grâce à
son étalon indien Appaloosa, un tout beau cheval, qui lui sera volé par un Mexicain.

Dommage que le film aime à présenter les têtes et dos des acteurs, en avant plan, avec leurs chapeaux mexicains, un peu à l'italienne.
Pour moi c'est un film Culte, surtout le Culte de Marlon Brando. Aussi je trouve que l'actrice Anjanette Comer n'a guère d'expression,
couvert sous une couche épaisse de Fard (poudre).

Dommage aussi, qu'on n'a pas vu d'avantage le très beau Appaloosa, qui devait être le prrincipal attraît du film.


Image

Matt arrivant à son domicile a l'air plutôt d'un clochard
Image
Image
Image


Image

Affiche allemande du film APPALOOSA



Image

et une autre

Titre : Sud-Ouest, vers Sonora

persepolis
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1399
Contact :

Re: L'homme de la sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar persepolis » 22 janv. 2017 13:40

Western que je juge moyen ,la première heure est lente et pauvre en action ,la dernière demi heure montre en revanche quelques belles scènes (comme celle avec les scorpions) ,belle performance des acteurs qui jouent les mexicains , prestation sans saveur de l'actrice principale. Je préfère Brando dans la ''vengeance aux 2 visages''.

Avatar du membre
lafayette
Sorcier
Sorcier
Messages : 6936
Localisation : Landais expatrié 91

Re: L'homme de la sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar lafayette » 11 mars 2017 0:45

Franck Silvera est ici aux antipodes de son rôle dans le vieux polar Le baiser du tueur. :sm32:

Je garde ma 1ere opinion. Marlon Brando est mieux dans La vengeance aux deux visages, côté western, comme le pensent plusieurs d'entre nous, et pour les films de guerre c'est dans Morituri, son rôle dans Apocalypse Now m'a trop rebuté.

J'ai vu que Lasso a regretté comme moi que l'Appaloosa magnifique ne se voyait pas suffisamment dans ce film qui porte d'ailleurs son nom dans le titre original.
Ariadna Gil et John Wayne icongc1

Avatar du membre
Arizona Kid
Marshall
Marshall
Messages : 2336
Localisation : Marseille, France

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar Arizona Kid » 11 nov. 2017 20:14

Hello, amigos :sm57:

Ce matin, j'ai acheté trois DVD de westerns à O'CD: Les Cinq hors-la-loi (1968) de Vincent McEveety, La Route de l'Ouest (1967) d'Andrew V. McLaglen, et enfin, après avoir un moment hésité avec Le Solitaire de Fort Humboldt (1976) avec Bronson, j'ai finalement opté, au petit bonheur la chance, pour cet Homme de la Sierra (1966) signé du réalisateur canadien Sidney J. Furie.

De Sidney J. Furie, je n'ai longtemps connu que deux films: Ipcress, Danger immédiat (1965) -par ouï-dire, car je n'en ai jamais vu que des photos- et surtout le tristement célèbre Superman IV, Le Face à Face (1987) produit par la Cannon, soit l'archétype du film maudit, sacrifié par ses producteurs: un budget raboté de moitié en plein tournage, des effets spéciaux logiquement médiocres et, surtout, un montage amputé de plus de quarante-cinq minutes, achevant de rendre le résultat bancal et totalement incohérent.

Difficile pour moi, à la vision de ce seul film de commande -mutilé de surcroît- , de me faire une opinion concrète du travail de cinéaste de Sidney J. Furie.
La première fois que j'ai entendu parler de ce dernier, c'est justement dans les pages d'un Mad Movies d'octobre 1987 consacrant un reportage à la sortie de Superman IV: dans une interview, Furie revenait sur son style de mise en scène, et notamment sur sa marque de fabrique, à base d'angles insolites, qu'il avouait avoir étrennée sur Ipcress afin de compenser les failles d'un scénario constamment réécrit au fil des prises de vues.
Un style très personnel, qu'il devait retrouver sur son film suivant, L'Homme de la Sierra , dont il est ici question.

J'avais souvent pensé acheter ce western, ne fût-ce que par curiosité, histoire de voir un " vrai " film de Sidney J. Furie, mais la présence de Marlon Brando en vedette m'a longtemps rebuté.
J'avoue ne pas apprécier Brando, tant l'homme, que j'ai toujours trouvé humainement exécrable, que le comédien, selon moi largement surestimé.
Et si j'ai goûté le remake des Révoltés du Bounty (1962) de Lewis Milestone, c'est moins pour la présence de Brando, dans le rôle de Fletcher Christian, que par l'intérêt de voir cette histoire parée des feux chatoyants du Technicolor.

Et pourtant, force m'est de reconnaître qu'il ne m'a pas trop déplu sous le poncho poussiéreux de cet Homme de la Sierra, bien que l'acteur, c'est flagrant, nous donne l'impression de se foutre éperdument de son rôle et de faire acte de présence pour empocher sa poignée de dollars contractuelle.

Néanmoins l'histoire, suffisamment accrocheuse, et la mise en scène de Sidney J. Furie, plutôt intéressante -n'en déplaise à ses détracteurs de l'époque- , permettent de passer un agréable moment devant ce western américain atypique, car visuellement très imprégné de la patte " léonienne ".

N'oublions pas que le western-spaghetti était alors en pleine éclosion en Europe, notamment grâce au succès des deux premiers volets de la fameuse Trilogie du Dollar.
Un vent nouveau soufflait sur le western, dont la branche américaine originelle devait fatalement s'inspirer afin de rester " dans le coup ".
Sam Peckinpah et sa sanglante Horde Sauvage (1967) sont là pour nous le prouver.

Le film de Furie, s'il n'use d'aucune effusion d'hémoglobine ni ne verse dans une violence outrée -hormis lors du meurtre gratuit des brebis du vieux berger, en hors-champ cependant- ne se pare pas moins du nouveau " langage " visuel que le maestro transalpin a imprimé au genre: ainsi, L'Homme de la Sierra procède -trop?- souvent du plan rapproché, voire du très gros plan.
Gros plans sur les visages suants, les moustaches hirsutes, les yeux torves et autres ongles crasseux...
Le tout " magnifié " par la superbe copie, proche de la HD, que nous propose le DVD édité par Sidonis.

Tout cela pour vous dire que je ne regrette pas du tout mon achat, et que je suis content d'avoir enfin découvert un film totalement maîtrisé de Sidney J. Furie, un cinéaste qui, sans être une grande pointure -soyons justes, pour reprendre une formule chère à notre ami Patrick Brion- , mérite amplement que l'on jette un petit coup d'oeil à son oeuvre.

icongc1
Modifié en dernier par Arizona Kid le 26 sept. 2019 22:38, modifié 9 fois.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

Avatar du membre
pak
Harmonica
Messages : 4251
Localisation : Massy town
Contact :

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar pak » 11 nov. 2017 20:54

Sidney J. Furie était un réalisateur intéressant dans les années 1960-70, du moins de ce que j'en ai vu.

J'ai effectivement été aussi assez agréablement surpris par L'Homme de la sierra alors que j'ai longtemps hésité à le regarder. Effectivement l'effet Brando n'y est pas étranger, acteur que j'apprécie par ailleurs, mais j'avais des doutes concernant le western.

Mais j'avais vu d'autres films de Furie qui m'ont décidé : Ipcress - Danger immédiat (The Ipcress file) avec Michael Caine, Chantage au meurtre (The Naked runner) avec Sintra, L'Ultime randonnée (Little Fauss and Big Halsy) avec Robert Redford, Les Boys de la compagnie C (The Boys in company C) régulièrement oublié quand on cite les films sur la guerre du Vietnam, le glaçant L'Emprise (The Entity)... Jamais de grands films, mais des films solidement réalisés et rarement ennuyeux.

Puis en 1986, il y a eu Aigle de fer (Iron Eagle), film complètement couillon (j'adore les films d'aviation pourtant), en plein dans le délire américain des années 1980 du gendarme du Monde, puis le désastre de Superman IV. En faisant la suite d'Aigle de fer juste après, il s'est définitivement tiré une balle dans le pied. Il ne se remettra jamais des années 1980, même s'il n'a jamais cessé de tourner jusqu'à nos jours, avec parfois des éclipses de quelques années. Il a par contre remisé toute ambition artistique...
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


http://www.notrecinema.com/

Le quiz western 2014

Avatar du membre
Arizona Kid
Marshall
Marshall
Messages : 2336
Localisation : Marseille, France

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar Arizona Kid » 11 nov. 2017 21:27

J'aimerais beaucoup découvrir Ipcress, Danger immédiat, mais j'ai lu que le Blu-ray avait un défaut assez rédhibitoire: le disque s'arrêterait net et reviendrait au menu à quelques minutes de la fin du film...
Un problème d'authoring lors du pressage, à ce qu'en disent Les Années Laser :?

Ah! Aigle de fer ou les délices des soirées nanars de RTL 9... J'aimerais bien voir cette série, également: ça m'a l'air de bonnes séries B d'action, bien bourrines et terriblement 80's :mrgreen:

Quant à Superman IV, j'espère qu'un jour la Warner acceptera de le restaurer (montage complété et effets spéciaux refaits), à l'instar de la réédition d'Highlander II, The Renegade Edition.
En outre, je me demande pourquoi ce quatrième opus est à ce point ostracisé: il n'a plus été diffusé sur les chaînes françaises depuis 1994, et les rédacteurs des magazines TV parlent de la " trilogie " Superman de Christopher Reeve, comme si le IV n'existait pas.
Pourtant, Batman et Robin, un autre IV, tout aussi unanimement détesté, passe régulièrement à la télévision.

Aux dernières nouvelles, Sidney J. Furie, comme tu l'as dit, se contente de cachetonner en tournant des téléfilms d'action de série B, notamment avec Dolph Lundgren.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

Avatar du membre
Bat Lash
Marshall
Marshall
Messages : 2186

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar Bat Lash » 11 nov. 2017 22:40

oui il a dirigé Dolph Lundgren dans le mauvais Détention et le sympa Direct Action, dont Lundgren finit le tournage quand Furie tomba malade et c'est ainsi que le sympathique suédois fit ses débuts de metteur en scène, plutôt doué d'ailleurs .
Le dernier film de Furie The Dependables (sic !) met en scène des véterans comme Bo Svenson (Walking Tall 2 & 3, Inglorious Bastards), Seymour Cassell (Acteur fétiche de Cassavetes), Margot Kidder (Soeurs de Sang, Superman) et Lou Gossett Jr (héros de la série des Aigles de Fer)

Image
Image
Image

Avatar du membre
pak
Harmonica
Messages : 4251
Localisation : Massy town
Contact :

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar pak » 12 nov. 2017 0:34

Bat Lash a écrit :oui il a dirigé Dolph Lundgren dans le mauvais Détention et le sympa Direct Action, dont Lundgren finit le tournage quand Furie tomba malade et c'est ainsi que le sympathique suédois fit ses débuts de metteur en scène, plutôt doué d'ailleurs .


Mouais, m'enfin faut pas être trop difficile non plus...

Bat Lash a écrit :Le dernier film de Furie The Dependables (sic !) met en scène des véterans comme Bo Svenson (Walking Tall 2 & 3, Inglorious Bastards), Seymour Cassell (Acteur fétiche de Cassavetes), Margot Kidder (Soeurs de Sang, Superman) et Lou Gossett Jr (héros de la série des Aigles de Fer)


Ce n'est pas son dernier, mas oui, des vétérans puisque c'est une pauvre parodie d'Expendables dont le principe est de l'action avec des vétérans du film d'action mise en scène par un vétéran du genre...
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


http://www.notrecinema.com/

Le quiz western 2014

Avatar du membre
Bat Lash
Marshall
Marshall
Messages : 2186

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar Bat Lash » 12 nov. 2017 1:08

Dans le domaine de la série B ,Dolph se débrouille pas mal malgré des budgets faibles et de nombreuses difficultés avec ses producteurs (voir l'étalonnage affreux de Missionary Man) . Le gunfight final de The Mechanic est vraiment bon et se conclut par un dernier plan superbe.

Avatar du membre
Le Gaucher83
As de la gâchette
Messages : 585
Localisation : Quelques part dans l'ouest

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar Le Gaucher83 » 12 nov. 2017 10:04

Totalement d'accord avec ça. :D

Quant à Ipress c'est clair que pour moi c'est le meilleur film de Furie. Maîtrisé de bout en bout et Caine est génial dedans.

Pour revenir à L'homme de la Sierra, j'ai vu ce western il y a longtemps chez un pote et j'avais beaucoup aimé le côté crépusculaire, la photographie soigné et surtout John Saxon en méchant mexicain. :sm32:
De la bonne série B quoi.
Billy Clanton : T'es tellement saoul que tu tiens à peine ton arme. J'parie qu'imbibé comme t'es, tu m'vois double.
Doc Holliday : Mais j'ai deux colts, alors je t'aurai tous les deux.

Avatar du membre
pak
Harmonica
Messages : 4251
Localisation : Massy town
Contact :

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar pak » 12 nov. 2017 11:14

Concernant Dolph, je parlerai plutôt de série Z que B, dans le même panier que JCVD, Wesley Snipes ou Steven Seagal...

Furie, c'était quand même d'un autre calibre avant les années 1980...
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


http://www.notrecinema.com/

Le quiz western 2014

Avatar du membre
Moonfleet
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1899
Contact :

Re: L'homme de la Sierra - The Appaloosa - Sidney J. Furie - 1966

Messagepar Moonfleet » 06 mai 2019 13:04

Image



L'Homme de la Sierra (The Appaloosa - 1966) de Sidney J. Furie
UNIVERSAL


Avec Marlon Brando, Anjanette Comer, John Saxon, Emilio Fernandez
Scénario : James Bridges & Roland Kibbee d'après une histoire de Robert MacLeod
Musique : Frank Skinner
Photographie : Russell Metty (Technicolor 2.35)
Un film produit par Allan Miller pour la Universal


Sortie USA : 14 septembre 1966


1870. De retour de la Guerre Civile, fatigué de ce climat de violence et du sang qu’il a dû faire couler, Matt Fletcher (Marlon Brando) souhaite désormais se ranger et fonder un ranch, destinant son Appaloosa à devenir le premier d’une lignée de chevaux de race qu’il élèvera avec la famille de son ami Paco chez qui il vivait avant de partir se battre. Arrivé à la ville frontière d’Ojo Prieto, il se retrouve involontairement pris à partie par l’inquiétant chef de bande Chuy Medina (John Saxon) qui croit que Matt a tenté de poser la main sur sa ‘fiancée’ (Anjanette Comer). Cette dernière avait inventé ce mensonge afin que Chuy relâche son attention et qu’elle puisse enfin ‘s’évader’. Tentant de s’enfuir avec le cheval de Matt, elle est rattrapée par les pistoleros de Chuy ; afin de ne pas perdre la face, Chuy leur fait croire qu’elle ‘essayait’ le cheval ayant l’intention de le lui acheter si le test s'avérait concluant. Mais Matt refuse absolument de s’en séparer, ce qui vexe profondément le bandit mexicain. Peu de temps après, alors que Matt est arrivé chez ses amis auprès de qui il a décidé de s’installer définitivement, Chuy vient voler l’Appaloosa et humilie son propriétaire en le torturant et en le laissant presque pour mort. Matt n’a désormais qu’une idée en tête : récupérer son pur-sang…


Image


The Appalosa (encore une fois nous préférerons n’utiliser au cours de ce texte que le titre original, bien plus représentatif, le cheval de race étant au plein centre de l’intrigue puisque tous les drames et motivations découleront de son existence) pourrait être un parfait exemple pour démontrer que l’exécrable réputation d’une œuvre ne devrait jamais nous empêcher d’aller jeter un œil par nous-mêmes, d’autant plus en l’occurrence lorsque l’on porte une admiration sans bornes à son comédien principal dont il s’agit ici du deuxième western. En 1961, Marlon Brando avait déjà abordé le genre à la fois devant et derrière la caméra ; c’était pour La Vengeance aux deux visages (One-Eyed Jacks), western assez singulier pour l’époque et qui, s’il manquait quelque peu d’émotion et si la construction paraissait parfois chaotique n’en était pas moins une jolie réussite, un film ambitieux, mûri et fascinant sur une quête obsessionnelle de la vengeance qui devient l’unique raison de vivre pour son principal protagoniste. Ce très beau film complètement charcuté par les producteurs fut malheureusement un fiasco critique et financier.


Image


Il en a été de même pour The Appaloosa, le film n’ayant eu que peu de soutien journalistique si ce n’est aux Etats-Unis celui non négligeable de Pauline Kael. Le western italien n’ayant à cette époque pas encore traversé l’Atlantique, le style du réalisateur canadien Sidney J. Furie a probablement dû déstabiliser les spectateurs puisqu’il s’inspirait effectivement grandement de celui de cinéastes comme Sergio Leone. Rythme lent et hiératique, cadrages bizarroïdes ou biscornus, placement millimétré des personnages dans le cadre, utilisation totalement nouvelle du format large avec amorces incongrues de visages, animaux ou objets en très gros plan, photographie excessivement contrastée surtout en extérieurs nuit avec ce bleu intense des cieux nocturnes, violence exacerbée des comportements, visages en sueur et grimaçants, vêtements et décors poussiéreux… Comme pour son précédent film -la première aventure d’espionnage du personnage d’Harry Palmer génialement campé par Michael Caine, l’insolite Ipcress danger immédiat (Ipcress File)-, ce western sera très mal reçu en France, la plupart parlant de pénible maniérisme et revenant sans cesse sur cette filiation honteuse avec le ‘western spaghetti’ qui –et sa dénomination le démontrait- était lui aussi était très loin d’avoir bonne presse à l’époque. Si la vapeur s’est renversée concernant les débuts de Leone et le premier Harry Palmer, The Appaloosa n’a pas encore été réévalué à l’orée de ce qui s’est fait entre temps dans le genre.


Image


Et c’est bien dommage car si le film de Sidney J. Furie fait effectivement penser sur la forme aux westerns italiens du début des années 60, il n'en est rien sur le fond, ne possédant ni leur cynisme ni leur violence morale, s’avérant être au contraire un western extrêmement touchant avec pour personnages principaux des laissés-pour-compte ayant soufferts dans leur jeunesse, et se concluant même en un happy-end inattendu. Le scénario épuré de James Bridges & Roland Kibbee (Vera Cruz), avec sa ligne directrice d’une limpide clarté, se révèle d’une simplicité enfantine. Un homme, écœuré par la guerre, revient chez lui avec pour but de fonder un élevage de chevaux à partir de son pur-sang. Malencontreusement, à cause d’une femme dont il tombera plus tard amoureux, il sera confronté sans l’avoir voulu à un bandit mexicain tenant la région sous sa coupe et qui lui subtilisera son cheval Appaloosa. L’homme n’aura de cesse d’essayer de le récupérer, sans au départ avoir aucunement dans l’idée de tuer ses adversaires malgré la brutalité de ces derniers. Il devra finalement en passer par là mais non par pure vengeance, plutôt pour une question de survie. La jeune femme par qui son malheur arrive fut vendu dans sa jeunesse par ses parents au redoutable hors-la-loi ; et c’est en voulant fuir son ‘maître’ et amant qu’elle déclenchera la haine que vouera le bandit mexicain au yankee. L’itinéraire de ces deux exclus se rejoindra pour se souder après le tendu mais lumineux climax final se déroulant au milieu du blanc immaculé d’un superbe paysage de neige. Le couple ainsi constitué pourra commencer une nouvelle vie de paix et de tranquillité.


Image


Atypique mélange de violence assez sadique et d’une mélancolie empreinte d’une grande douceur comme l’était déjà La Vengeance aux deux visages, le film de Furie est également déroutant pour son rythme inhabituellement lent, ses longues plages de silence et sa mise en scène très formaliste alors que l’histoire et les différents éléments scénaristiques le font donc quand même pas mal s’éloigner des westerns italiens. L’interprétation de Marlon Brando participe également de cette étrangeté/originalité. Certains détracteurs du comédien aimant à dire qu’il n’avait accepté de faire le film que dans le but de pouvoir payer les pensions alimentaires de ses deux ex-épouses, ayant probablement pris connaissance comme quoi en plus il s’était très mal entendu avec son réalisateur sur le tournage, diront qu’il a fait le strict minimum, se contentant de marmonner et de montrer son ennui et son manque total de motivation à l’écran. Et pourtant, Brando fait ici… du Brando ; c'est-à-dire un mélange unique (et pour ma part tout simplement génial), paradoxal et parfaitement contrôlé d’underplaying et de cabotinage. Ici, dès qu’il émet une ligne de dialogues, nous sommes collés à ses lèvres, chacun de ses gestes ou froncements de sourcils en disent long sur ses sentiments. Son personnage d’homme revenu de tout, n’aspirant désormais qu’à la tranquillité et déterminé à tout pour y arriver s’avère fortement émouvant. Son cheval étant en quelque sorte un symbole d’espoir en la possibilité d’une nouvelle vie à laquelle il rêve, il est évident qu’il fera tout pour le récupérer quitte à en passer une fois de plus par la violence lorsque son vieil ami fera les frais de sa décision et de sa mise en œuvre. Touchantes aussi les relations qu’il entretient avec son hôte et sa famille (a-t-il eu autrefois une histoire avec la femme de Paco comme John Wayne dans The Searchers ?), avec le vieil homme qui le recueille et le soigne, et surtout avec la ‘fiancée’ de son ennemi, la magnifique Anjanette Comer qui sera plus connu dans nos contrées l’année suivante pour son rôle très ressemblant dans La Bataille de San Sebastian d’Henri Verneuil où elle avait pour partenaire Anthony Quinn.


Image


Pour faire face à Brando et contraster avec l’interprétation toute en intériorité de ce dernier, les auteurs ont eu la bonne idée de faire appel à John Saxon qui nous offre ici une prestation bien plus extravertie et presque tout aussi mémorable dans la peau du rancher cruel et sadique. Le duo qu’ils forment est haut en couleurs et leurs intenses séquences de confrontation toutes puissamment captivantes jusqu’à ce final abrupt et expéditif mais finalement très réaliste et crédible ; une dernière séquence qui se déroule dans des paysages neigeux alors que jusque là nous nous déplacions dans des contrées désertiques, sèches ou poussiéreuses. A noter d’ailleurs un choix de décors naturels absolument remarquables que Russell Metty photographie avec un extraordinaire talent, de très nombreux plans se révélant oh combien somptueux ! La bande originale signée Frank Skinner, composée pour une part de rythmes traditionnels mexicains, n’est pas en reste. On appréciera un peu moins l’exagération (devenue un véritable cliché du western) sur les visages ricanants des bandits mexicains, l’interprétation outrée de Emilio Fernandez (futur inquiétant Mapache dans l’un des chefs-d’œuvre de Peckinpah, The Wild Bunch – La Horde sauvage) et quelques idées de cadrages effectivement un peu gratuites et maniérées… éléments cependant absolument pas rédhibitoires, n’empêchant aucunement la tension et l’immersion du spectateur au sein de cette jolie histoire d’amour, de rédemption et de retour aux sources.


Image


Un western à mon avis injustement boudé et méprisé, critiqué un peu exagérément pour son aspect ampoulé et son influence transalpine alors que, si cette dernière est bel et bien présente, elle est très astucieusement transposée dans le western classique sans que cette mixture assez novatrice ne soit 'inharmonieuse'. Ne révolutionnant en rien le genre, probablement pas non plus un sommet du western mais, grâce surtout au jeu déstabilisant de Brando et une puissante identité visuelle, une curieuse et humble réussite à la mise en scène légèrement décalée, à la trame narrative d’une grande clarté et au ton doux/baroque assez unique. A découvrir ou redécouvrir en oubliant sa réputation bien trop sévère.

Avatar du membre
lasso
Rancher
Rancher
Messages : 8054
Localisation : oregon

Re: L'Homme de la Sierra - The Appaloosa - 1966 - Sidney J. Furie

Messagepar lasso » 11 juil. 2020 15:41

Aprés 5 ans, revu ce Western "Marlon Brando"

l'histoire du vol d'un étalon Appaloosa au Texas par un bandit sadiste Mexicain! Le lésé se met en route vers Sonora
au Mexique pour récupérer son bien, afin de pouvoir réaliser son projet d'élevage de chevaux, mais la femme du
sadiste complique les choses, en hésitant de choisir son camp, l'Appaloosa récupéré et le bandit tué, les choses
vont s'arranger pour Brandi avec la femme en plus à nourrir.

Un film nihiliste pour Marlon Brandi..... je vois, avec peu de succès sur WM.



Retourner vers « Les Westerns : critiques et illustrations de films »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : tepepa et 4 invités