La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

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metek
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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar metek » 27 sept. 2012 1:03


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pass
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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar pass » 05 oct. 2012 11:47

Première représentation à Paris le 8 Août 1956 en version française et originale .

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Yosemite
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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar Yosemite » 21 oct. 2012 21:04

Inoubliable plan d'introduction. Plusieurs lui feront écho durant le film d''ailleurs.
Nous sommes au tout début de "The searchers", mue par on ne sait quelle sensibilité féminine, Martha sent que, dehors, un événement se profile...
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Poussée par la caméra (et suivie par nous, spectateurs) elle s'avance doucement sur le seuil de sa maison.
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La caméra oblique un peu, le champ s'élargit...
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Et accompagnée par la splendide musique de Max Steiner, Martha découvre ce paysage dans lequel un cavalier progresse vers sa maison.

Durant les quelques dix minutes qui suivent, la caméra ne bougera plus.
Tout sera filmé en plan fixe jusqu'à l'arrivée du révérend Samuel Johnson Clayton.
Et là, à partir de cet instant où l'approche des cavaliers est perçue dans la maisonnée :
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Un zoom avant nous rapproche des personnages (et de la porte) :
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De la même façon que dans le plan de début, un angle se crée :
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Qui nous dirige tout droit vers l'extérieur :
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Entretemps, il se sera agi de nous montrer qu'un intérieur sans mouvements, sans grande vie, sans richesse en fait. Le plan fixe apporte tout l'austérité à ce propos.
Les deux mouvements de caméras, assez semblables dans leur trajectoire, soulignent, si ce n'est saluent, l'arrivée de deux personnes d'importance.
Et quand le révérend entre en scène, changement de caméra !
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A noter : durant cette séquence, Ethan (John Wayne) n'est pas présent. L'événement de son arrivée (environ 8mn avant) ne se dilue pas dans l'arrivée du révérend. C'est important en termes de positionnement de personnages.
Il arrivera un peu pus tard. par la porte du fond et dans l'axe du plan. Plein centre.
Une façon de filmer proprement sublime de la part de Ford. :sm43:
Yo.

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar Yosemite » 23 oct. 2012 20:44

Au cinéma, comme ailleurs je pense, la force et la beauté d’un plan réside moins dans ce qu’il nous montre mais dans ce qu’il annonce.
Lorsque Martha Edwards (Dorothy Jordan) nous est enfin montrée de face, après que nous l’avons presque poussée dehors, mue qu’elle était par sa curiosité à laquelle nous étions substituée par l’usage d’un plan en caméra semi-subjective qui est une pure merveille (un peu compliquée ma phrase...).
Nous voici rendus ici :
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Une merveille en annonçait bien une autre…
Que de lumière. Une main qui hésite à se placer au dessus des yeux tant ce visage semble n’avoir pas vu le soleil depuis longtemps. Il ne s’est pas déroulé deux minutes, nous n’avons vu qu’un personnage, un autre est en train d’approcher et nous savons déjà que nous allons avoir droit à un moment westernien exceptionnel.
L’arrivée des autres membres de la famille va se faire de façon très lente et très théâtrale et manifestement dirigée en main de maître par Ford. Chacun prenant place dans le champ de façon à occuper toute la terrasse ; c’est un positionnement qui n’est pas sans similitudes avec celui qu’utilisera Leone pour les hommes de mains de Franck qui viennent (eux aussi, mais d’une autre façon) accueillir l’Harmonica dans « Il était une fois dans l’ouest ».
Une autre similitude est également notoire avec les perdrix qui s'envolent juste avant le raid indien, une scène tout à fait reprise lorsque Franck et ses hommes approchent de la ferme deBrett McBain.
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Le fait que ce soit Martha qui la première pressente l’arrivée d’Ethan (« pressente » car il est plutôt suggéré qu’elle ne l’a pas vu mais bien deviné au moment où elle sort de sa maison) est important je pense. Il est important car dès les premières secondes, un personnage féminin teinte la narration. Plus exactement, c’est l’attente d’une femme qui nous est montrée. Ce n’est pas anodin eu égard au propos du film. Il est jalonné par l’attente de femmes. Bien entendu et en premier lieu celle de Debbie Edwards (la superbe Natalie Wood) mais également par celle de Laurie Jorgensen (la sémillante Vera Miles) qui, lasse d’attendre, s’apprêtera à se marier avec Charlie.
Nul doute que si c’était un homme qui nous avait été montré s’avançant dans cette introduction il y aurait eu quelque chose de moins, nous n’aurions tout simplement pas démarré sur la même clef.

Martha, ne se retournera pas, elle reculera pour précéder le plus respectueusement qui soit Ethan au moment d’entrer dans la maison. Ce choix de la faire reculer, outre l’importance donnée à l’accueil d’Ethan, maintient son personnage dans la lumière du jour. Nous l’avons suivie lorsqu’elle se dirigeait vers l’extérieur et ensuite, son visage ne nous est plus caché de toute la séquence.
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Son visage et son être sont passés de l’ombre et de la crainte à la lumière et au ravissement. Une attente vient de se terminer et cette façon de filmer les personnages (Martha notamment) nous permet d’envisager quelle importance a ce retour et subséquemment quelle fut la pesanteur de l’attente.
Le ton pour la suite est donné, Debbie nous sera cachée durant une heure de film (la durée qui s'écoule entre sa disparition enfant et le moment où nous la revoyons dans la tente de Scar ; et nous pourrions même dire qu'elle ne réapparaît pas pendant 1h30 tant jusqu'à la fin, nous ne savons pas si elle ne va pas choisir de rester chez les indiens ou de se faire tuer), et pour autant, nous, spectateurs, ne pourrons pas l’oublier.
Cette séquence de début sert à pincer la corde d’un ressenti qui vibrera jusqu’à ce qu’Ethan et son frère Martin la retrouvent et la ramènent.
Du bien beau cinéma M. Ford !
Yo.

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar Yosemite » 26 oct. 2012 20:20

Une série de captures où apparaissent des plans qui donnent une sorte d'effet "tunnel" assez typiques de ce western.
Quoi d'étonnant que ce choix d'ailleurs pour illustrer une telle attente ?

Des départs entre espoir et lassitude :
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Des retours chaotiques :
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Jusqu'au dernier d'entre-eux...
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Et une paisibilité enfin retrouvée, retour à un encadrement de porte qui rappelle le plan de début, pause décontractée, souriante...
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Et un départ à pied du Duke et de sa fameuse démarche... vers où donc ? En tout cas, il n'a pas l'air pressé...
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Des images qui parlent d'elles-mêmes et qui ne nécessitent pas nombre de commentaires.
Ce contraste sans cesse renouvelé entre intérieur et extérieur entre ombre et lumière. Cette focalisation sur le personnage qui envahit le champ au point que rien n'existe d'autre que le sujet fixé par l'objectif et qui, selon les cas, oscille entre obsession et plénitude...
Yo.
Modifié en dernier par Yosemite le 27 oct. 2012 0:25, modifié 1 fois.

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar Yosemite » 26 oct. 2012 20:32

Une plénitude qui se résume en cette petite phrase en fait :
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Vraiment un beau western.
Yo.

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar Yosemite » 02 nov. 2012 22:52

Si le sentiment général de ce western me semble résolument être tourné vers l'avenir et son incertitude ("The searchers" :arrow: les chercheurs) je crois que cet avenir a un ancrage, une prise qu'il capte dans un présent bien sûr (c'est toujours le présent qui nous est montré ici) mais aussi dans un passé.
Un passé qui est à peine suggéré au début du film, il ne nous en est pas dit grand chose mais peu après qu'Ethan arrive chez son frère Aaron, une fois les enfants couchés, ils ont une évocation du passé.
Du devenir de cette ferme.
D'autres qui sont partis.
D'argent également puisque tout ceci est largement une affaire de pauvreté.
Ethan lui demande même s'il doit comprendre qu'il doit repartir.
Et là, il y a un plan impeccable, Ethan est dehors (hors de la maison familiale donc) en compagnie du toutou, assis et donc légèrement en contrebas.
A cet instant donc, nous est montré Aaron allant se coucher, et refermant la porte de sa chambre (je suppose) :
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Un effet de caméra subjective superbe. On ne sait pas trop qui regarde qui. Lorsque Ethan nous est montré la dernière fois, il tourne le dos, s'est-il donc retourné pour faire face à son frère ?
N'est-ce pas le cas et sommes-nous dans l'intimité d'une caméra qui nous montre Aaron tel qu'Ethan ne le ne voit pas ?
Ambiguïté volontaire et recherchée, renforcée par cet entrelacs de murs et de cloisons en pierre qui forment une sorte de labyrinthe entre les deux frères.
Labyrinthe au travers duquel ils s'observent malgré tout, c'est bien ce que nous suggère la caméra.
Une liaison entre-eux nous est ici montrée qui prend racine dans les méandres du passé, dans la mémoire, dans l'obscurité de ce qui n'a pas été dit ni donc éclairci de leurs choix antérieurs.
Mais le plus fort peut-être encore, c'est que le film ne provoquera aucune occasion d'éclaircir tout ceci. La disparition brutale enterrera à jamais et sans deuil aucun tout ce qui n'a pas été dit.
Et le passé, on le sait, pèse toujours sur l'avenir des chercheurs.
Yo.

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar lasbugas » 23 nov. 2012 19:38

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 30 avr. 2013 21:20

The Searchers: The Making of an American Legend
http://www.amazon.com/The-Searchers-Mak ... 1608191052
un livre en anglais de 416 pages édité par Bloomsbury USA en février 2013

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"Book Description :
Release date: February 19, 2013 - Edition: 1
In 1836 in East Texas, nine-year-old Cynthia Ann Parker was kidnapped by Comanches. She was raised by the tribe and eventually became the wife of a warrior. Twenty-four years after her capture, she was reclaimed by the U.S. cavalry and Texas Rangers and restored to her white family, to die in misery and obscurity. Cynthia Ann's story has been told and re-told over generations to become a foundational American tale. The myth gave rise to operas and one-act plays, and in the 1950s to a novel by Alan LeMay, which would be adapted into one of Hollywood's most legendary films, The Searchers, "The Biggest, Roughest, Toughest... and Most Beautiful Picture Ever Made!" directed by John Ford and starring John Wayne.
Glenn Frankel, beginning in Hollywood and then returning to the origins of the story, creates a rich and nuanced anatomy of a timeless film and a quintessentially American myth. The dominant story that has emerged departs dramatically from documented history: it is of the inevitable triumph of white civilization, underpinned by anxiety about the sullying of white women by "savages." What makes John Ford's film so powerful, and so important, Frankel argues, is that it both upholds that myth and undermines it, baring the ambiguities surrounding race, sexuality, and violence in the settling of the West and the making of America."

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***

de superbes photos sur ce site :

=> http://mitteleuropa.x10.mx/filmlocations_searchers.html

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CAHILL, UNITED STATES MARSHAL
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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar Tecumseh » 01 mai 2013 13:35

Musselshell a déjà écrit un petit topo sur ce livre ici : :wink:

http://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?f=20&t=12544&p=185432#p185432

A voir si on n'ouvre pas un topic dédié dans la rubrique "Livres" du forum.
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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar lasbugas » 27 août 2013 20:32

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar lasbugas » 31 août 2013 8:33

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar metek » 09 sept. 2013 2:54


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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar lasbugas » 24 sept. 2013 20:27

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Re: La Prisonnière du Désert - The Searchers - 1956 - John Ford

Messagepar lafayette » 24 sept. 2013 21:02

lasbugas a écrit :Image

Un petit faible pour cette belle photo!

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