L'Escadron noir - Dark command - 1940 - Raoul Walsh

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MARCHAND
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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar MARCHAND » 30 sept. 2018 10:05

D'accord avec Lafayette sur sa conclusion. :wink:
Un peu étonné que personne sur ce forum, et sauf erreur, n'ai relevé que le dvd Atlas propose une copie noir et blanc avec des sous-titres jaunes, un peu voyants dans ce cas, mais plus confortables à l'oeil que le blanc, et pas colorisé comme la jaquette l'indique. Ce n'est malheureusement pas un cas unique...
Errare humanum est...

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Yosemite
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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar Yosemite » 04 avr. 2019 17:03

Tout comme Pak sur le fil de la discussion, Bertrand tavernier, dans les bonus de l’édition de Sidonis, cite également « Chevauchée avec le diable » de Ang Lee comme étant le film le plus fidèle à ce qu’a été Quantrill. Personnellement, je ne l’ai pas vu.
Quoiqu’il en soit, et pour revenir au western qui nous concerne ici, il me semble flagrant que le manque d’approfondissement nuit considérablement à l’intérêt du film de Walsh. Non qu’un western se doive d’être fidèle à la réalité historique, mais a minima qu’il propose une vision, même fictive, un tant soit peu cohérente. Le récit de la fin du personnage de William Cantrell est ici complètement bâclé et durant tout le film, on sent le déséquilibre du scénario qui tente de mêler romance, humour, drame et récit historique et qui, finalement, sombre dans la platitude faute de ne pas avoir décidé d’une vraie orientation.
Certes, Walsh filme avec brio plusieurs séquences, le fameux plongeon de la diligence par exemple, mais faute d’un scénario solide et d’un parti pris plus net, je n’ai pas ressenti de réelle accroche à cette histoire par trop diluée.

Le personnage interprété par Claire n’aide pas il faut bien le dire, mal écrit et voguant de ci de là elle ne fait que renforcer la faiblesse scénaristique. Moins central mais plus intéressant me semble être celui de la mère de Cantrell, joué par Marjorie Main. Quelque part, le personnage profite de son âge plus avancé ! Moins mobile, elle ne s’éparpille pas à droite à gauche et plus sage, elle observe clairement les agissements de son fils ce qui l’amènera à se positionner fermement face à lui.
Walter Pidgeon est bon, le duo Wayne-Rogers est plaisant et les deux acteurs tirent très bien leur épingle du jeu.
Petite déception donc que ce Dark Command.
Yo.

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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar pale rider » 04 avr. 2019 20:11

" L'escadron noir" souffre certes d'un manque de scénario solide mais reste un film de bonne facture grâce au savoir-faire de Raoul Walsh et à ses acteurs (Hayes toujours aussi truculent, Wayne qui prend de l'assurance, Pidgeon tire son épingle du jeu et Claire Trevor fait ce qu'elle peut avec son personnage mal écrit). J'ai passé un très bon moment en visionnant ce film.
Le personnage de Quantrill, souvent rebaptisé Cantrell, a quasi toujours été aseptisé dans les westerns. "L'escadron noir" ne fait pas exception. C'est une version "romantique" qui est donnée du personnage. La réalité historique est diamétralement à l'opposé. Quantrill était un guérillero sanguinaire qui a massacré hommes, femmes et enfants au Kansas (notamment lors du massacre de Lawrence) à la tête de sa bande de partisans. Parmi eux : "Bloody Bill" Anderson, qui scalpait ses victimes, Archie Clement, les frères Jim & Cole Younger et Frank & Jesse James. Finalement, la meilleure représentation du personnage impitoyable de Quantrill apparait dans le dyptique BD de la jeunesse de Blueberry "les démons du Missouri/Terreur sur le Kansas" de Jean-Michel Charlier & Colin Wilson.

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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar major dundee » 10 avr. 2019 10:45

Ouais Quantrill est souvent représenté, et "aseptisé" en effet, bon il faudrait recenser ses apparitions, memes furtives dans les films (je ne pense pas avoir tout vu), à noter cependant une évocation assez réussie du personnage (secondaire ici) dans le très bon "Chevauchée avec le diable" (le film de Ang Lee de 1999), on y voit Quantrill justifier le raid meurtrier sur la ville de Lawrence suite à l'incendie de la prison de Kansas City, ou des épouses de miliciens Sudistes avaient trouvé la mort, j'ignore toutefois si cette "excuse" est réelle, on entend plus souvent la version d'une vengeance personnelle suite à son éviction de la ville ou il était professeur (!) avant la guerre.

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Ici déjà : viewtopic.php?f=47&t=18488&hilit=QUANTRILL

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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar Moonfleet » 18 avr. 2019 8:30

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L'Escadron Noir (Dark Command, 1940) de Raoul Walsh
REPUBLIC


Sortie USA : 15 avril 1940

Après King Vidor et Michael Curtiz, c'est au tour de Raoul Walsh de nous proposer son western de l'année. Après Stagecoach et Allegheny Uprising, la couple John Wayne/Claire Trevor se reforme mais alors que dans le précédent les deux acteurs semblaient complètement perdus, on les retrouve à nouveau en pleine forme, John Wayne nous dévoilant même une facette humoristique sous laquelle on ne l'attendait pas.

1859. Le Kansas est en proie aux prémices de la guerre civile. Bob Seton (John Wayne), simple cow-boy bagarreur, devient shérif de Lawrence au détriment de l’instituteur Will Cantrell (Walter Pidgeon). Dépité, ce dernier se jette dans le trafic d’armes avant de tirer profit du début des hostilités entre le Nord et le Sud, se plaçant à la tête d’une bande de mercenaires sans foi ni loi pour mettre la région à feu et à sang en prétendant lutter pour la cause de la Fédération. Le shérif n’aura alors de cesse de le traquer, d’autant plus qu’ils sont amoureux tous deux de la même femme (Claire Trevor).


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Au début de la décennie, la Republic ne produit encore que des films de série B avec des budgets ne s’élevant pas au-dessus de quelques dizaines de milliers de dollars. L’année précédente, la carrière de John Wayne s’envole grâce au film de John Ford La chevauchée fantastique. Herbert J Yates, patron du studio, veut achever de faire de lui une véritable star et n’hésite pas pour cela à mettre sur pied un film de grande envergure, le premier vrai film de série A de la compagnie. Il débloque 750 000 dollars, acquiert les droits d’un roman de W.R. Burnett, engage une écurie de 4 scénaristes et Raoul Walsh lui est délégué par la Warner pour assurer la mise en scène. Il se fait prêter Walter Pidgeon par la MGM, engage le cow-boy chantant Roy Rogers et le faire valoir habituel du Duke, George ‘Gabby’ Hayes (précurseur des personnages pittoresques qu’interpréteront, surtout chez Hawks, Arthur Hunicutt et Walter Brennan). Opération réussie puisque ce film sera l’un des plus gros succès de l’année et du studio.


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Biographie parmi tant d’autres du chef de bande Quantrill qui prit d’assaut vers 1860 la ville de Lawrence, ce western ne peut raisonnablement être comparé ni à l'épique Piste des Géants ni, en anticipant un peu, avec les grands chefs d’œuvre que Walsh réalisera durant cette décennie. Face à ces derniers, L’escadron noir fait évidemment pâle figure et cette mauvaise réputation qu’il a en France pourrait être due au fait qu’il ne soit sorti sur nos écrans qu’à la fin des années 40 après tous ces monuments. Avec le recul, Walsh s’en tire pourtant relativement bien quand on sait que le studio réclama de sa part un strict alignement sur le style de la firme connue jusque là pour sa conception d’un western stéréotypé aux recettes expéditives. C’est Raoul Walsh qui avait offert à John Wayne son premier rôle marquant dix ans plus tôt dans The Big Trail. Il le dirige à nouveau ici en lui faisant jouer un personnage de cow-boy fruste, honnête et courageux qui se trouvera confronté à un homme intelligent et cultivé. Cet antagonisme préfigure, avec cependant moins de subtilité, celui de Liberty Valance, et comme dans ce dernier, ce sont la force tranquille, la tradition et le courage qui auront la préférence du metteur en scène sur l’intelligence, la modernité et le savoir. Pour Bob Seton, il y a trop de lois alors que tout ce dont la ville a besoin, c’est d’homme comme lui, capables de neutraliser les fauteurs de troubles.


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Cette vision un peu stéréotypée est due à un scénario qui s’avère être le maillon faible du film, hésitant sans cesse entre le sérieux historique et les démêlés sentimentaux du triangle amoureux. Les deux sont également intéressants mais la construction est assez maladroite, mal équilibrée et l’ensemble manque de cohérence surtout dans la dernière demi-heure où les évènements s'enchaînent un peu trop rapidement. Le final est même pour le moins bâclé, Walsh oubliant un peu l’aspect politique du film pour un happy end trop abrupt. Après sa terne prestation dans Le Premier Rebelle, John Wayne se révèle ici totalement convaincant et plein d’humour. Il faut l’avoir entendu sortir ses innombrables dictons ou tenter maladroitement de faire sa cour à Claire Trévor pour se rendre compte à quel point le Duke possédait un réel talent dans le registre comique. La dernière réplique, très drôle, prouve l’autodérision dont il était capable contrairement aux idées reçues. Roy Rogers lance cette phrase « Comme Shakespeare l’a dit : Tout est bien qui finit bien » sur quoi Bob ‘Wayne’ Setton répond « Shakespeare…Ah oui, ce devait être un texan, il y a longtemps qu’on dit ça là bas ». Pour le reste, son charisme fait encore mouche et s’il interprète un personnage d’une intelligence limitée (« I’m a dumb » répètera-t-il à plusieurs reprises), il nous reste constamment sympathique. Il est entouré par l’élégant Walter Pidgeon, moustachu et tout de noir vêtu, jouant avec une grande classe le méchant de service, instituteur le jour et pillard la nuit, par Claire Trevor en femme forte, et par Roy Rogers qui s’en sort étonnement bien hors de son rôle de cow-boy chantant des films de séries habituels.


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La mise en scène du borgne le plus enjoué d’Hollywood est tout ce qu’il y a de plus dynamique, nerveuse et rythmée, aidée en cela par le remarquable travail de cascadeur de Yakima Canutt. La scène au cours de laquelle la diligence pique droit d’une falaise dans la rivière est impressionnante et sera pillée à maintes reprises. De nombreuses autres scènes d’action sont efficacement réalisées, Walsh utilisant avec professionnalisme l’important budget mis à sa disposition. Malgré les faiblesses du scénario et une construction assez aléatoire, un honnête divertissement réalisé avec l’efficacité habituelle d’un Walsh, exécutant ici avec vigueur, le travail de commande d’un studio jusque là cantonné dans la série B, et qui, même s’il ne nous transporte pas, nous procure notre comptant de plaisirs westerniens.

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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar persepolis » 23 avr. 2019 21:26

Est-ce que le DVD sidonis est meilleur (son , image) que celui de Atlas ? icongc1

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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar Moonfleet » 23 avr. 2019 21:52

Tu devrais t'en rendre compte au vu des captures.

Sinon il y a ça ou ça pour t'en convaincre ; d'autant qu'il y a les comparatifs :wink:

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Re: L'Escadron Noir - Dark Command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar metek » 18 juil. 2019 18:54

Porter Hall - Dark Command (1940)

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Re: L'Escadron noir - Dark command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar lasbugas » 27 oct. 2019 19:31

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Re: L'Escadron noir - Dark command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar persepolis » 01 nov. 2019 10:56

Beaucoup d'action, mais on au final on s'ennuie un peu. La fin est bâclée. Rien de remarquable . Je l'ai vu aux éditions Atlas et la qualité du film est bonne pour le DVD.

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Re: L'Escadron noir - Dark command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar Arizona Kid » 01 nov. 2019 20:27

Même constat pour mézigue: un John Wayne à l'intérêt sporadique, clairement pas le haut du panier dans la filmographie de Raoul Walsh, qu'on a connu plus inspiré.
Mais il faudrait que je le revoie un jour, faute de mieux sous la main; bien que pour le coup, je ne pense pas changer d'avis.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:


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Re: L'Escadron noir - Dark command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar Le Gaucher83 » 25 mai 2020 15:45

Scénario faible sans doute du au fait qu'il y a trois scénaristes. Je ne pense pas que ça aide pour avoir de la cohérence. Par contre curieux de lire un jour le livre écrit par Burnett. Peut être dans la collection Western de chez Actes Sud si Bertrand Tavernier arrive à mettre la main dessus. :lol: (voir le bonus du dvd Sidonis)
Sinon le film se suit avec plaisir. C'est dynamique et Wayne est plein de charisme dedans. Et puis le noir et blanc est vraiment joli tout comme Claire Trevor. Bref j'ai passé un agréable moment devant le film. icongc1
Billy Clanton : T'es tellement saoul que tu tiens à peine ton arme. J'parie qu'imbibé comme t'es, tu m'vois double.
Doc Holliday : Mais j'ai deux colts, alors je t'aurai tous les deux.

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Re: L'Escadron noir - Dark command - 1940 - Raoul Walsh

Messagepar LordDécadent » 22 juin 2020 17:56

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