Il était une fois... La Révolution - Giù la testa - Sergio Leone - 1971

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar tepepa » 18 juin 2009 17:48

J'ai pu vérifier sur un ancien enregistrement télé la présence du "Planquez-vous connards". Et je me souviens aussi que ça avait fait rire les gens quand je l'avais vu en salle. Mais il est absent de mon DVD. Ce que je voudrais savoir, c'est si mon DVD est défectueux, ou si c'est le cas sur tous les DVD!

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar Breccio » 18 juin 2009 17:52

En vrac :
-- Benito Stefanelli : je ne l'ai pas vu ; une raison pour visionner le film une N+1ème fois :mrgreen:
-- "Planque-toi connard" : désolé, j'ai regardé le film en version anglaise -- ce qui m'a permis de constater que "Duck, you sucker" était systématiquement traduit dans les ST par "mèche courte, connard" :shock: De même, dans la version anglaise, pas d'ambiguïté : le personnage de Coburn s'appelle John et rien que John... (Bon, pour faire plaisir à Tepepa, je vais vérifier, mais pas tout de suite -- j'ai une relecture de trad à boucler pour ce soir.)
-- film à voir sur grand écran : L a parfaitement raison ; bon, cela dit, je le visionne sur mon ordinateur portable et je suis à 30 cm de l'écran (genre pub pour "crétin.fr" :mrgreen: ), ce qui procure grosso modo les mêmes sensations.
Ai-je dit que les paysages almerienses sont filmés de façon splendide ? Oui, maintenant, je l'ai dit.
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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar tepepa » 18 juin 2009 17:58

L.. a écrit :Le bouton au milieu de front, c'est la fascination de Leone pour le détail incongru, le génie de l'hyperbole, mais détail qui trouble aussi la figure.


Je me suis toujours demandé si c'était voulu. J'ai cherché des photos de David Warbeck sur Google image, et apparemment il n'a aucun bouton sur le front. On dirait bien que le coup du bouton est intentionnel.

Breccio a écrit :-- "Planque-toi connard" : désolé, j'ai regardé le film en version anglaise

Je trouve la version anglaise exécrable. Steiger se donne un accent hispanisant caricatural totalement ridicule. Je me demande même comment Leone pouvait supporter ça! Il me semble que Wallach fait de même dans Le Bon...

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar tepepa » 18 juin 2009 18:25

Comme je l'avais dis déjà à Vincent sur Inisfree, j'ai l'impression que je pourrais voir Giu la testa sur écran de téléphone portable que je trouverais toujours ça aussi bien :lol:

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar Breccio » 18 juin 2009 19:02

tepepa a écrit :J'ai pu vérifier sur un ancien enregistrement télé la présence du "Planquez-vous connards". Et je me souviens aussi que ça avait fait rire les gens quand je l'avais vu en salle. Mais il est absent de mon DVD. Ce que je voudrais savoir, c'est si mon DVD est défectueux, ou si c'est le cas sur tous les DVD!

Vérification faite, sur mon DVD, ce passage est muet en VF (enfin, y a que la musique). En version anglaise, Rod Steiger dit bien "Duck, you suckers !" lorsqu'il s'éloigne de la porte après avoir posé ses bâtons de dynamite.
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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar tepepa » 18 juin 2009 19:11

Rhaaah, c'est une honte. Cette version va sans doute être celle désormais diffusée à la télé, servir aux prochaines éditions etc, ça va devenir la norme. :sm1:
Le film de Leone est désormais amputé d'un gag en VF, peur-être pour toujours ! :evil:

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar old timer » 18 juin 2009 20:10

Le problème des versions différentes de ce film (que j'adore) est infernal...
La phrase finale prononcée par Juan "et moi alors ???" (effet garanti sur fond d'envolée morriconnienne) que j'avais entendue au cinéma (à 10 ans, pendant des vacances à la mer! Marqué à vie !) n'existe pas dans la version internationale qui est hélas la plus souvent diffusée à la télé (sur M6 les 2 dernières fois si je ne me trompe). C'est un vrai foutoir ! Il n'existe nulle part de version de référence du film, chaque pays coupait ce qu'il avait envie d'enlever! Et on parle de Leone, pas d'un tacheron obscur du spagh... ça fait peur quand même...

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar scorpio99 » 18 juin 2009 20:18

sans parler du flashback final carrément coupé sur certaines versions :gun:

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Zaitchick
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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar Zaitchick » 12 août 2009 18:51

Revu en DVD.
Pas fait attention au "planquez-vous connards !" dans la banque...
Par contre, la fin du film est muette.

Je trouve Rod Steiger particulièrement émouvant dans la scène de la grotte.
Et aussi dans ses rapports en père bourru avec le plus jeune de ses fils, ce qui donne plus de poids encore à la disparition de ses enfants.
"Ils étaient six. Je les avais jamais compté."
Son abattement provoque un effet d'attente.
C'est quand Coburn entre à son tour dans la caverne et regarde les corps des révolutionnaires massacrés que les paroles de son compagnon sur les révolutions prennent tout leur sens.
Rien que pour cette scène ponctuée par les détonations lointaines d'un affrontement et la musique de Morricone, ce film est un de mes westerns préféré.
Enfoiré de voleur de poulets !

Maman ! Je suis de nouveau sur SUPERPOUVOIR.COM

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar ivanovitch2a » 27 août 2009 1:33

La première fois que j'ai vu Il était une fois la révolution à sa sortie en salle, j'avoue avoir eu une réaction mitigée. Nous avions pris en pleine figure Il était une fois dans l'ouest, son esthétisme, son rythme incroyable et là, rien de vraiment nouveau. Ce n'est qu'en le revoyant que j'ai fini par le considérer comme le film le plus personnel de Leone, en tout cas celui dans lequel il nous livre le plus de réflexions personnelles. Mais avant de faire tout commentaire il convient de replacer la création de ce film dans son contexte. Truffaut en parlait comme d'un grand film malade et ce n'est pas tout à fait faux.

Leone écrit pour son assistant metteur en scène Tonino Valerii (qui tournera plus tard Mon nom est personne) le scénario d'IEUFLR. Hélas le film est victime de retards et Leone est sommé par la production de tourner ce film. Il voulait Malcolm McDowell pour jouer Sean, il aura James Coburn poids moyen de Hollywood, il voulait Eli Wallach il aura Rod Steiger. Malgré cela, l'entente entre les trois hommes sera excellente et Leone louera la gentillesse et la disponibilité de ses deux stars. Pour la musique, Morricone composera les thèmes au fur et à mesure sur le plateau dans l'urgence.

Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de voir le film en entier sans les mutilations des censeurs et distributeurs,il convient d'abord de préciser un détail d'une importance capitale : on comprend à la fin du film que Sean n'a pas le remords d'avoir tué son ami qui l'avait trahi, mais bien d'avoir dénoncé son ami aux anglais par jalousie amoureuse. Ils font un ménage à trois, mais le regard lourd de Sean sur son ami qui embrasse leur "fiancée" commune en dit long et éclaire tout son parcours et la raison pour laquelle il ne condamne pas le médecin qui torturé à dénoncé les révolutionnaires mexicains. Il ne peut pas le faire car l'autre à l'excuse de la torture, lui a dénoncé par jalousie et pur intérêt personnel. Il est Caïn qui tue Abel pour ne pas être montré du doigt comme un mouchard. Leone avait une admiration sans borne pour John Ford et les références au film "Le mouchard" avec Victor MacLaglen sont évidentes.

D'autre part, le film sort en 1971, 3 ans après mai 68 et dans une période où les intellectuels européens prônent une révolution culturelle. On a souvent taxé à l'époque IEUFLR de film gauchisant alors qu'au contraire on pourrait plutôt y voir un film réactionnaire. Un des participants de ce post a qualifié ce film de nihiliste et sombre, et c'est ce qu'il est. Lorsque Sean parle à Juan de révolution, ce dernier réplique : "Ah, elle est belle ta révolution ! Qu'est ce que c'est : des beaux messieurs qui savent lire dans les livres qui vont voir ceux qui ne savent pas lire, les pauvres types. Et ils leurs disent il faut qu'il y ait du changement, alors les pauvres types ils font la révolution. et puis les beaux messieurs se mettent autour d'une table, et ça parle, et ça bouffe, et ça parle, et ça bouffe. Et puis à la fin le changement, ben il ne vient pas ! Et les pauvres types ? Et bien, ils sont MORTS !". A la fin de la scène, Sean jette dans la boue le livre de Bakounine sur la révolution.

Tout le sens du film est là. Leone est le fils d'un metteur en scène de l'ère mussolinienne qui a souffert des exactions dont son père a été victime à la fin de la guerre. Je suppose que lui même a du en ressentir quelques difficultés au début de sa carrière, car il n'est jamais facile d'être le fils d'un réprouvé. Il sait à quel point le peuple est manipulable et il doit regarder les événements post 68 avec une certaine circonspection. Nous sommes aussi en pleine période des brigades rouges et je suis certain que Leone craint une "romantisation" de leur cause. Leone, metteur en scène respecté et quasiment adulé à cette époque, livre donc sa vision d'un mouvement qu'il sait condamné.

Outre le monologue de Juan, l'autre moment clé du film (et certainement ce qui en fait, malgré ses défauts, un chef d'oeuvre) est cette longue séquence de près de 20 minutes sur la révolution après la découverte de la mort de fils de Juan. On y voit des exécutions sommaires, des foules qui fuient les persécutions. En 20 minutes il n'y a qu'une seule phrase, quand Sean fait s'évader Juan il lui dit :"duck you sucker!" (dans la VF : "mêche courte"). C'est le seul dialogue, tout le reste ne sont que musique, bruits, bribes d'ordres de fusillade noyés dans le vacarme ambiant de la révolution. Ce bruyant silence sera interrompu par Juan qui dira à une colombe (symbole de paix) qui lui a déféqué dessus :"pour les riches tu chantes", traduction : "pour les pauvres il n'y a pas de salut ni de paix possible".

Dans cette scène (ainsi que la précédente sur la mort des fils de Juan avec ce merveilleux travelling sur fond de valse triste) Leone fait preuve d'une maîtrise de l'image et du montage absolue. C'est là que le film devient un grand film. Au delà des passages burlesques qui ne font que renforcer le caractère dramatique du film et de quelques moments un peu "commerciaux", Leone se lâche complètement, il fait preuve d'une virtuosité totale, il reprend les rênes du film, il impose sa marque, son style, sa vision. Il est Sergio Leone.

Parce que ces quelques 25 minutes d'un film de près de 2h40 sont sublimes, parce que le discours global est original, non conventionnel (pour l'époque) et argumenté de main de maître, on peut qualifier "Il était une fois la révolution" de chef d'oeuvre.

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Vin
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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar Vin » 27 août 2009 7:27

Sur les qualités du film, je suis tout à fait d'accord avec ce que tu écris.
J'ai aussi un gros gros faible pour ce film.

Par contre, quand tu y vois un film réactionnaire; j'avoue ne pas partager cette vision.
Soit je n'ai pas compris ce film, vu une demi-douzaine de fois, soit il est temps pour moi de le revoir.

Je ne pense pas que le fait d'énoncer qu'une révolution soit faite par des pauvres pour des bourgeois/notables puisse être une pensée qualifiable de réactionnaire.
Il en a été ainsi de toutes les révolutions, y compris celle de 1789, dans laquelle une grande partie des leaders, de Desmoulins à Robespierre, en passant par Danton, avaient fait de belles études, et étaient juristes.

C'est un fait, un constat. Peut être faut-il un minimum d'organisation, de vision globale, non pas pour qu'une révolution existe, mais pour qu'elle aboutisse.
Bakounine, que tu cites, était d'ailleurs lui-même un fin lettré, d'origine noble.

Sans penser ( et d'ailleurs celà m'indiffère un peu ) que Leone soit où ne soit pas un dénonciateur de causes perdues, je constate quand même dans l'ensemble de son opus une propension à dénoncer, peut être à des fins commerciales, certains travers des sociétés dans lesquelles il situe l'action de ses films.

L'oppression est souvent présente, de la misère des premiers mexicains jusqu'à la pauvreté des jeunes juifs de Il Etait une fois l'Amérique.

Et ses héros, à leur manière, combattent souvent ce système, depuis Eastwood, dont l'outrance dans sa recherche du dieu dollar n'empêche pas ( parfois !) les mouvements du coeur, jusqu'à Bronson, poor lonesome cowboy, qui laisse derrière lui femme, argent, avenir, pour continuer son chemin de péon rapide de la gachette.

Maintenant, à l'exception de certains réalisateurs qui ont parfois des prises de postions très nettes, je pense en toute sincérité que souvent les messages subliminaux que nous sommes tentés de voir dans de nombreux films n'existent pas.
Tel ou tel réalisateur et producteur va utiliser une corde sensible, une situation de crise, pour renforcer l'action dramatique, et au passage se prendre de la monnaie.

Dans le même registre "mexicain", je m'amuse de voir dans le Villa rides de Kulik que son film a été fait en l'honneur d'un grand homme, etc...
Je ne suis pas certain que les profits du film aient été reversés aux mexicains nécessiteux.

C'est Hollywood, ou Cinnecita, machines à rêves et à monnaie.

Je cite toujours l'exemple de Robert Heinlein, écrivain SF, traité de fasciste après la sortie de son "Etoiles, garde à vous", dont on a tiré un navet, et qui, peut être par humour, a écrit ensuite l'un des bouquins de SF les plus révolutionnaires jamais publiés, Révolte sur la Lune.

J'aime ses bouquins, il n'est pas pamphlétaire, il en est de même avec Leone; il nous propose des spectacles de grande qualité souvent, je me laisse aller à mon plaisir, je ne me demande pas s'il est réac ou anar.

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar Breccio » 27 août 2009 8:08

Tiens, on n'a pas fini de discuter de ce film et c'est tant mieux.
Quelques petites corrections par rapport à la contribution du maestro ivanovitch2a :
-- c'est Giancarlo Santi et non Tonino Valerii qui devait initialement réaliser le film ;
-- selon plusieurs sources, les relations entre Leone et Steiger sur le plateau étaient du genre orageux plutôt qu'amical (par contre, Leone s'est très bien entendu avec Coburn, et celui-ci est devenu un ami très proche de Romolo Valli) ;
-- il me semble, à ma dernière vision du film, d'avoir remarqué que Coburn s'appelait John et non Sean -- voir l'article de journal que trouve Juan en fouillant dans sa sacoche. Mais alors, qui est Sean ? Eh bien, c'est tout simplement le personnage interprété par David Warbeck !
-- John/Coburn a-t-il trahi Sean/Warbeck en Irlande ? Selon moi, rien dans la vision du film ne permet de le déduire -- mais si le sous-texte fordien incite à cette hypothèse... (tout cela m'évoque une célèbre nouvelle de Borges, "Le Thème du traître et du héros") ;
-- rappelons que, selon certaines interprétations, le personnage féminin dans les flash-back irlandais est une allégorie de la révolution...
-- maintenant, si nous nous rappelons que les films de Leone sont souvent construits autour d'un trio de personnages, nous pouvons faire un parallèle entre les deux trios Coburn/Warbeck/la femme et le trio Coburn/Steiger/Valli -- serait-ce la même tragédie qui se répète ?

Pour passer à la dimension politique, il me semble que les nombreuses interviews de Leone sur le sujet permettent de conclure que ce film n'a rien de gauchiste. Je crois bien que le bouquin de Simsolo est à ce titre définitif.

B

PS qui n'a rien à voir à l'intention de Vin : je te recommande vivement l'ouvrage dUgo Bellagamba & 'Eric Picholle, Solutions non satisfaisantes, une anatomie de Robert A. Heinlein (voir site de l'éditeur). A noter aussi que la revue Bifrost prépare un numéro spécial sur cet auteur.
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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar Vin » 27 août 2009 8:12

Hello Breccio.
Comme je l'écrivais, le fait que Leone soit de gauche ou de droite m'indiffère totalement.
:wink:

Merci pour l'info sur Heinlein, j'aime beaucoup ce type, j'ai même lu ses bouquins pour adolescents en étant adulte. :oops:
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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar ivanovitch2a » 27 août 2009 8:35

Quand j'écris
on pourrait plutôt y voir un film réactionnaire
, je pense à une réaction contre les idées révolutionnaire de 68 et à des idées de la part de Leone qui sont celle d'une droite italienne républicaine et démocrate qui ne doit pas être confondue avec une droite fascisante. Mais bien sur, je me replace dans le contexte d'une époque où une grande fraction de la bourgeoisie était encore effrayée par les idées de gauche et où les premières exactions des brigades rouges, de la bande à Baader et de Septembre noir avaient créé un véritable traumatisme en Europe.

Maintenant, il s'agit d'une opinion sur le film qui n'engage que moi, et mon analyse ne vise certainement pas à être une leçon ou une vision ultime et indiscutable de ce grand film.

Je ne pense pas que le fait d'énoncer qu'une révolution soit faite par des pauvres pour des bourgeois/notables puisse être une pensée qualifiable de réactionnaire.
Il en a été ainsi de toutes les révolutions, y compris celle de 1789, dans laquelle une grande partie des leaders, de Desmoulins à Robespierre, en passant par Danton, avaient fait de belles études, et étaient juristes.

C'est un fait, un constat. Peut être faut-il un minimum d'organisation, de vision globale, non pas pour qu'une révolution existe, mais pour qu'elle aboutisse.
Bakounine, que tu cites, était d'ailleurs lui-même un fin lettré, d'origine noble.
Je suis entièrement d'accord avec toi sur ce sujet et on peut continuer la liste en citant Che Guevara (médecin(, Castro (avocat), Lénine (fils d'un haut fonctionnaire anobli), la liste est longue... Celà dit, j'aurais du ajouter que la scène d'ouverture du film est là pour nuancer son propos car il annonce clairement la couleur : "je vais vous parler de la révolution, mais attention, je ne suis pas du coté de ces bourgeois puant qui traitent le peuple comme on pisse sur une fourmilière".

Sans penser ( et d'ailleurs celà m'indiffère un peu ) que Leone soit où ne soit pas un dénonciateur de causes perdues, je constate quand même dans l'ensemble de son opus une propension à dénoncer, peut être à des fins commerciales, certains travers des sociétés dans lesquelles il situe l'action de ses films.
C'est en effet une évidence, il reste que son propos est aussi de dénoncer le déferlement de violence qui en résulte et de dire que ce n'est pas là que se trouve la solution, même s'il faut en passer par là. Le duel de Il était une fois dans l'ouest est extraordinairement "paisible" (même si la tension est à son comble), mais surtout le film se termine par une jeune femme qui porte de l'eau à la foule des ouvriers en souriant, tandis que les hommes qui vivent dans la violence meurent dans l'isolement et s'éloignent. "Toute oeuvre signifie quelque chose" (Simone de Beauvoir)

Je cite toujours l'exemple de Robert Heinlein, écrivain SF, traité de fasciste après la sortie de son "Etoiles, garde à vous", dont on a tiré un navet, et qui, peut être par humour, a écrit ensuite l'un des bouquins de SF les plus révolutionnaires jamais publiés, Révolte sur la Lune.

J'aime ses bouquins, il n'est pas pamphlétaire, il en est de même avec Leone; il nous propose des spectacles de grande qualité souvent, je me laisse aller à mon plaisir, je ne me demande pas s'il est réac ou anar.
J'adore Heinlein qui a écrit des oeuvres d'une grande poésie (je pense à Une porte sur l'été) toutefois il reste néanmoins qu'il a une vision très "colonialiste" de la conquête des étoiles, mais, encore une fois, replacé dans son contexte on ne peut le condamner pour ça.

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Re: Il était une fois la révolution (Giu la testa) - Sergio Leone - 1971

Messagepar ivanovitch2a » 27 août 2009 8:43

-- il me semble, à ma dernière vision du film, d'avoir remarqué que Coburn s'appelait John et non Sean -- voir l'article de journal que trouve Juan en fouillant dans sa sacoche. Mais alors, qui est Sean ? Eh bien, c'est tout simplement le personnage interprété par David Warbeck !

Sean, Juan, John un seul et même prénom. On pourrait aussi se dire tout simplement que dans l'article d'un journal anglais, le prénom gaëllique Sean a été remplacé par son équivalent anglo-saxon, comme on francisa en France les noms régionaux des villes et villages (comme en Corse et en Bretagne). C'est aussi peut être pour Leone une façon de faire le lien entre Sean et Juan, car à l'époque (même si'un certain Sean Connery était déjà une star) ce n'était pas encore un prénom répandu dans le reste de l'Europe.

C'est vraiment super de voir que 38 ans plus tard, on peu encore parler avec passion de ce film...



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