Never grow old - 2018 - Ivan Kavanagh

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Never Grow Old - 2018 - Ivan Kavanagh

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 01 août 2019 14:02

La sortie semble maintenue pour le 7 août prochain mais je n'ai vu aucune bande annonce hier avant Comme des Bêtes 2... Je ne pourrai pas le voir là où je serai en vacances mais si il est encore en salle à mon retour j'essayerai...
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Yosemite
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Re: Never Grow Old - 2018 - Ivan Kavanagh

Messagepar Yosemite » 24 août 2019 23:01

Vu ce soir, ouf, il était temps ! Diffusé à Paris dans deux salles, le Chaplin Saint Lambert et au Studio Galande, grosso modo au rythme d'une projection tous les deux jours, j'espère que le producteur à les reins solides. Si je n'avais pas entendu parler de ce western au Masque & la Plume, je crois d'ailleurs que je serai passé à côté.
Il est un peu tard ce soir pour en parler plus avant, j'y reviendrai donc, mais autant le dire tout de suite, je me suis régalé.

kiemavel a écrit :Je vais être HS mais j'ai moi même touché mes limites avec la découverte toute récente de la série Deadwood (la 1ère saison). J'avoue qu' à ma grande surprise j'ai été par moments dérangé par la noirceur de cette série mais malgré des scènes chocs que je trouve inutiles, j'ai beaucoup aimé et j'en redemande (pas encore commandé les saisons suivantes mais ça ne saurait tarder)


Bah, à mon avis tu peux en faire l'économie.
J'ai justement pensé à Deadwood en regardant "Never grow old", la mainmise sur une petite ville par un type dénué de scrupules qui tient un lupanar constituant un point d'entrée scénaristique commun aux deux, et je me suis dit qu'il y avait ici à peu près tout ce que la série avait loupé.
Yo.

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Yosemite
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Re: Never Grow Old - 2018 - Ivan Kavanagh

Messagepar Yosemite » 26 août 2019 11:18

« Never grow old » s’inscrit dans la lignée de nouveaux westerns qui ne répètent pas le genre mais qui le poursuivent en abordant les événements de l’Ouest avec un regard, sans doute plus réaliste, même si une œuvre de fiction ne se doit pas de l’être, ou tout au moins avec un point de vue moins pousse-au-rêve dirons-nous.
Comment peut-on imaginer un instant que les femmes qu’on prostituaient dans les arrière-salles des saloons puissent se présenter souriantes, belles comme des cœurs et pleines d’enthousiasme à l’idée d’avoir un rapport sexuel avec des types crasseux, souvent patibulaires et fatalement violents pour quelques-uns d’entre eux ?
On ne le peut pas, la décence ne le permet pas.

Alors comment montrer toute cette détresse et cette misère dans une œuvre fictionnelle ?
C’est forcément un irrémédiable dilemme et c’est malgré tout ce à quoi font face les réalisateurs comme Tommy Lee Jones, Scott Cooper et ici, Ivan Kavanagh. L’intérêt qui découle de ce regard est de renoncer à tout manichéisme dans l’écriture des personnages. Certes, il n’y a pas grand-chose à sauver dans celui de John Cusack mais là n’est pas la question puisque la transformation qu’il apporte à la ville, aussi détestable et condamnable puisse-t-elle être, ne semble pas nuire aux affaires de celle-ci.
Alors, des deux approches opposées que sont celle de Dutch Albert et celle du rigoriste et fort antipathique révérend Pike (qui tuera sans doute au final plus de monde que Dutch Albert) laquelle faut-il choisir ?
Le film ne répond bien entendu pas à cette question et laisse le spectateur face à ce perpétuel dilemme sans pouvoir choisir entre un mal et un bien.

Il est bien sympa ce charpentier, et on ne peut pas lui en vouloir d’avoir peur non plus, après tout, tout le monde n’est pas Clint Eastwood qui aurait dégommé tout ce beau monde sans coup férir, mais pourtant on se pose la question de savoir à quel moment il a failli, aurait-il dû dire « non » pour ne pas se salir, lui qui finalement ne fait que son métier de charpentier et… de croque-mort.
Et cette mère qui perdra sa fille dans les conditions les plus abominables que l’on puisse imaginer, de quoi est-elle coupable finalement ? Après tout, personne ne semble l’avoir aidée parmi cette communauté, a priori pétrie de bons sentiments, pour sortir de sa détresse… on n’en finirait pas de chercher un coupable dans cette histoire finalement, au jeu de La faute à qui ? il n’y aura pour sûr aucun gagnant.

« Never grow old » est un film noir de par son climat bien entendu, mais il est avant tout un film noir parce qu’il nous expose des aspects désespérants de l’âme humaine. Et il le fait, sans aller chercher bien loin finalement, sans s’aventurer dans les tréfonds de cerveaux de personnes malfaisantes ou démoniaques, non, simplement en mettant des êtres humains dans des situations de détresse ou de convoitise somme toute ordinaires.
Je trouve que là réside la force de ce cinéma, je citais en début de message les réalisateurs de « The homesman » et de « Hostiles » mais, hors du western, « Night Call », de Dan Gilroy est dans la même veine me semble-t-il.

Allez, pour conclure le jeu de La faute à qui, je vous donne la réponse : c’est la faute au cheval qui meurt au début du film. S’il était resté en vie ce canasson, Patrick Tate et sa famille auraient pu quitter ce patelin pour se rendre en Californie.
On tient le coupable de tous ces maux !
Yo.
Modifié en dernier par Yosemite le 26 août 2019 14:02, modifié 1 fois.

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COWBOY PAT-EL ZORRO
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Re: Never Grow Old - 2018 - Ivan Kavanagh

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 26 août 2019 13:53

Je suis rentré de "vacances" mercredi dernier et je pensais regarder les horaires du UGC CINECITE à Créteil pour voir si il le passait et quand mais après avoir lu ça...

Merci pour ces éclaircissements Yosemite...
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Hannie Caulder
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Re: Never Grow Old - 2018 - Ivan Kavanagh

Messagepar Hannie Caulder » 05 janv. 2020 23:33

Honnêtement, je ne suis pas surpris par l'aspect sombre et violent de ce western. Je veux dire, c'est depuis longtemps une habitude, voire une manie, de représenter les westerns modernes sous cet aspect.

Je précise que je sais apprécier des westerns sombres et violents comme Impitoyable, le Grand Silence, la Horde Sauvage, The Proposition ou l'Homme des Hautes Plaines. Mais je ne peux m'empêcher d'être actuellement fatigué de cette série de westerns modernes employant chaque fois la même recette : noirceur, cruauté et violence. Bien que je sois encore dans la vingtaine, je regrette cette époque où les westerns étaient plus majestueux, plus lumineux et plus optimistes.

C'est lors d'un de mes trajets dans le métro, à Paris, que j'ai repéré l'affiche de Never Grow Old. Je n'ai pas pu le visionner lors de sa sortie, ayant d'autres choses plus importantes à faire et surtout, je crois me souvenir qu'il n'était pas diffusé dans le cinéma le plus proche de chez moi (Versailles).

Puis récemment, grâce à mon père, j'ai pu le visionner sur VOD.

Je ne m'attendais à rien au moment de le visionner. À vrai dire, je redoutais de voir un western trop dépressif, un peu comme Brimstone que j'avais détesté pour cet aspect là.

Alors, Never Grow Old est encore une fois (est-ce une surprise ?) un western sombre et violent. Après propose-t-il quelque chose d'intéressant ? La réponse est oui. Il exploite une figure du western généralement en retrait à savoir le croque-mort.

L'intrigue propose un dilemme aussi cruel qu'irrémédiable. Dutch fait revenir les jeux d'argents, l'alcool et les prostituées dans une ville engoncé dans un puritanisme véhiculé par le fanatique pasteur Pike. Celui-ci condamne fermement ce retour à l'immoralité et emploiera les méthodes radicales pour faire respecter la "volonté" de Dieu. Le film n'indique aucunement de quel côté des deux on doit se ranger, mais en fait, je pense qu'il montre clairement qu'aucun côté n'est préférable à l'autre, et n'exclut donc pas la possibilité d'une autre alternative. Et cette alternative, ce sera au spectateur de se la faire lui-même, puisque même une fois que le héros aura régler son compte à l'antagoniste, le film ne laissera glisser aucune information quant au devenir de la ville. Et le héros dans tout ça ? Il gagne sa vie, mais sur le dos des victimes de ces hors-la-loi qui font couler le sang. Il profite involontairement du crime sans être responsable des meurtres qui s'alignent. Donc, point de manichéisme.

Je crois avoir compris la signification de la fin. Elle n'indique pas à priori si le héros va survivre ou non, si sa blessure est trop grave ou pas, ou si le médecin arrivera à temps ou non pour le sauver. Mais outre qu'elle laisse une lueur d'espoir exprimé à travers cet échange entre le père et le fils - le père affirmant son fils fera un bien meilleur homme que lui-même- l'écoute d'un lointain choeur apparemment religieux et le plan ultime du regard du héros face à la caméra , comme s'il voyait venir devant lui le spectre de la Mort venu l'emporter, peut-être vu comme la venue imminente de sa propre mort et de son entrée dans le Paradis. Moi, c'est comme ça que j'ai interprété la fin.

Donc, au final, c'est un petit western plus qu'intéressant, proposant quelques idées nouvelles et originales. Mais en même temps son nihilisme et sa noirceur m'ont quand même un peu embarrassé, bien que moins que dans Brimstone. Je continue de penser qu'il serait bon de revenir à l'optimisme et à la chaleur des bons vieux westerns des années 1940-50, même si je sais pertinemment que les chances de voir ce retour sont bien faibles.
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