La Loi de la haine - The Last hard men - 1976 - Andrew V. McLaglen

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metek
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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar metek » 26 nov. 2013 3:52

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lasso
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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar lasso » 25 août 2015 10:59

Ce "late Western", se déroule vers 1910,une histoire peu convaincante se déroulant en Arizona. Grimaces et cruautés à l'Italienne. Automobiles
téléphones apparaissent comme nouveaux ustensiles. Un Charleston Heston mûr pour Lyles. Un James Coburn carictural, trop d'exagération.
Invraisemblance : une quarantaine de prisonniers enchaînés aux pieds pose des rails de chemin de fer ....à quelle distance de la prison
de Yuma? surveillé par deux gardes armé chacun d'un fusil. Aprés avoir poignardé le 1er garde avec un clou de fixation de rail, le deuxième garde
est tué par la balle du fusil du premier. Pas de réaction de la prison......? ni d'autres gardes !, rien ne s'oppose à l'évadation.
Provo, le métisse, promet à ses comparses de déterrer un magot, qu'il avait jadis enterré dans la région, où il prévoyait attirer Burgade, le Sheriff
en retraite. Pour l'attirer dans cette embuscade, il enlève sa fille et permet à ses comparses à la violer....
Dialogues grossiers. Un film sans aucun intérêt, on peut économiser ces Euros pour faire une autre acquisition.

Le Dernier des Hommes Durs
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Coburn avec son colt dernier modèle
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Abilène
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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar Abilène » 16 oct. 2015 19:39

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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar Yosemite » 09 nov. 2016 21:29

Je n'ai jamais été convaincu par James Coburn pour ma part et je dois dire que ce western ne m'aidera pas à changer d'avis.
Pour ce qui est de la réalisation, pas mieux à en dire... Un rythme curieux dans le découpage du film qui ne me semble pas coller avec celui que des fugitifs envisageraient, des personnages mal incarnés et ce (notamment), par James Coburn qui joue vraiment trop au violent imprévisible et qui, finalement, en devient l'inverse, des dialogues expédiés et pour clore le tout des positionnements et des déplacements d'acteurs qui me laissent un peu perplexe.
J'ai eu l'impression que l'expression, ne correspondait pas au propos. Quelque chose qui ne colle pas pour le dire plus simplement...
Ne suis pas arrivé au bout en fin de compte, sans doute trop proche des westerns à la Peckinpah voire même à l'italienne.
Je range et j'oublie.
Yo.

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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar Hombre » 10 nov. 2016 17:50

Yosemite a écrit :
Ne suis pas arrivé au bout en fin de compte, sans doute trop proche des westerns à la Peckinpah voire même à l'italienne.
Je range et j'oublie.
Yo.


Yo, je trouve que ce film médiocre n'est pas du tout proche de Sam Peckinpah.
Tu devrais revoir ses films calmement et peut-être mieux les situer dans leur temps.
Par rapport à James Coburn, il a joué dans au moins deux westerns remarquables,
Il était une fois la révolution et Pat Garrett et Billy The Kid.
En attendant le Beaujolais Nouveau... :D

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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar Yosemite » 11 nov. 2016 23:52

Allez, je fais une concession, ce film "médiocre" n'est sans doute pas à rapprocher de ceux de Peckinpah, tu as raison. En fait, je n'aime guère Peckinpah mais cela ne suffit pas à un rapprochement, je l'admets.

Pour ce qui est de Coburn je le trouve vraiment trop limité dans ces expressions. Reproche qu'on peut faire à d'autres (A. Murphy bien sûr) mais chez Coburn je trouve vraiment qu'il se donne toujours un côté caricatural soit trop fermé soit grimaçant qui nuit à ses personnages.
Pour ce qui est de "Il était une fois la révolution", je ne suis pas vraiment fan, je viens de revoir la trilogie des $ et concluait que, pour moi, le meilleur western de Léone reste "Il était une fois dans l'ouest".
La trilogie est plaisante mais sans plus dirais-je, quant à "Il était une fois la révolution"je le situerais bien derrière.

Enfin, concernant "Pat Garrett et Billy The Kid" de Peckinpah donc, il faudrait que je le revois. Je ne pense pas en avoir parlé ici d'ailleurs mais bon, dans mon souvenir il ne réhabilitera ni Peckinpah, ni Coburn.

Sinon, l'ai déjà goûté le beaujolais... en avant-première. Comme chaque année, il est délicieux tu penses ! :num1
Yo.

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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar Bat Lash » 12 nov. 2016 0:16

Coburn était un sacré acteur ,il suffit de le voir ,outre chez Leone et Peckinpah ,dans Les 7 Mercenaires et dans La Chevauchée Sauvage de Richard Brooks ,sans parler de ses prestations hors western !Par contre dans La Loi de la Haine ,c'est une curieuse idée d'en avoir fait un métis :sm57:

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lafayette
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Re: La Loi de la Haine - The Last Hard Men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar lafayette » 05 mars 2018 13:48

Je démarre le dvd et j'espère que Macron sera moins violent avec le personnel du train que Coburn très efficace dans l’intro du film avant comme dit Lasso « l’évadation » !
:sm57:

Yosemite reste logiquement intransigeant avec Coburn et ce film comme il l’avait été pour les 7 mercenaires!
J’aime bien Coburn et le doubleur de Coburn et je suis moins fan de Charlton Heston. Voyons comment il est ici.
Déjà il a de belles rouflaquettes! Un personnage au poil pour lui?

Aïe ! Heston prend un revolver et Coburn un pistolet et une belle chemise rouge pour qu’on le voit bien!


Je sais que j’avais vu ce film mais l’avais oublié.
Finalement un bon western et Charlton Heston est plutôt sobre alors qu’il m’énerve quand il en fait des tonnes genre fier à bras la plupart du temps.
On a fait un pas dans la violence et pas qu’un pas, mais il y a pire ne serait-ce qu’avec la Horde sauvage.
Bien sûr le viol dérange, surtout ces temps-ci, mais il y a eu plus cru dans le genre. Le suspens est très bon à ce moment-là car on croit jusqu’au bout qu’il sera empêché d’une façon ou d’une autre. Le cinéaste est sans pitié puisque le viol aura lieu.
Les violeurs seront les 1ers punis dont le 1er voué aux flammes de l’enfer. L’épisode de terre brûlée et les événements qui en découlent sont bien tournés.
Mais on n’en veut pas à Coburn dont le rôle de malfrat métis a un motif légitime de vengeance avec la mort de sa femme fusillée aveuglément dans un Hogan, apprend-t-on, mais il meurt tel que l’avait prédit Burgade joué par Heston qui ne meurt pas dans ce film contrairement à ce que j’ai lu plus haut, puisqu’on peut penser que sa fille et son futur gendre, bien joué par Christopher Mitchum, vont le sauver malgré blessures et chute.
En plus, on n’a pas du tout l’impression d’un film spaghetti comme évoqué aussi plus haut.
On regrettera que le gentil de la bande ait été aussi tué, mais ce n’est pas le 1er film où ceci arrive.
Bref ai passé un bon moment. Sur ce je vais en courses et sortie cinéma.
Ariadna Gil et John Wayne icongc1

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HART
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Re: La Loi de la haine - The Last hard men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar HART » 18 oct. 2020 16:43

Il a été dit ici tant de mal de ce film qu'il parait utile , sinon de le réhabiliter , au moins de le défendre.
Au regard de ses qualités , les griefs qui lui ont été adressés me semblent bien minces.
La répulsion des jets d'hémoglobine , l'évaluation d'une oeuvre à l'aune de la réputation d'une autre , la participation à l'ostracisme qui frappe l'un des interprètes ou le martèlement d'appréciations tranchantes ( " film réactionnaire !" ) contribuent peut-être à une critique , mais est-ce suffisant ?

Examinons le film sous un autre angle. Ce qui me semble remarquable ici , c'est la justesse d'une démonstration.
La violence qui régit les comportements est d'abord expliquée par des situations , qu'elle soit endossée par des personnages devient secondaire.
Et quand cette violence devient une condition de survie , elle échappe aux courants moralisateurs.
Il semble qu'ici les concepts de bien ou de mal n'existent plus. Il n'y a que des réactions primitives et successives.
Tuer , se haïr , se venger , tuer. La boucle est bouclée.
Il y a des bourreaux ( Burgade et Provo ) et des victimes ( la fille de l'un , la femme de l'autre ). Au final , tous sont détruits , d'une façon ou d'une autre.
Pas nouveau , mais rarement exprimé aussi clairement et justement.

Le shérif Burgade et le hors-la-loi Provo sont le résultat d'une époque , d'une culture , d'un environnement.
Par nécessité ou par hasard , ils sont devenus ce qu'ils sont. Burgade s'est-il demandé si les lois qu'il défendait étaient justes ou adaptées ? Pas sûr.
Mais il sait que ne pas les faire respecter , c'est remettre en cause un système social , et sa propre place au sein de celui-ci.
Provo ne peut simplement pas exister dans ce contexte.
Seul point de contact entre les deux hommes : l'affrontement et la destruction.
Cette illustration implacable du Déterminisme mérite d'être soulignée. Certes , McLaglen n'est pas Spinoza , mais sa démonstration vaut le détour.
Passionnante également l'exposition de la conséquence de cette violence inévitable : le néant.
La haine s'éteint faute de combattants. Et c'est tout.

Ce film est bien l'un des plus sombres qui soient. Dans ce sens ,il va beaucoup plus loin que les westerns de Peckinpah , qui , entre désespoir apparent et romantisme authentique , conservent dans leur conclusion une ouverture , une lumière totalement absentes ici.

Andrew V. McLaglen s'est enfin débarrassé de l'encombrant héritage fordien.
J'ai toujours eu du mal avec John Ford , sa prodigieuse générosité me transporte , mais ses facilités et ses mesquineries occasionnelles m'exaspèrent.
Mais bon , Ford , c'est Ford.
McLaglen , me semble-t-il , a plutôt caricaturé que magnifié l'oeuvre de son mentor. Parfois , la bonne volonté ne suffit pas.
Mais ici , bien servi par un script plus ambitieux que ne le laisse penser une lecture superficielle , il livre un film complexe , dérangeant et passionnant.
Modifié en dernier par HART le 18 oct. 2020 19:38, modifié 3 fois.

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Re: La Loi de la haine - The Last hard men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar yves 120 » 18 oct. 2020 17:29

Ah là si je suis en osmose avec toi , c 'est pour " John Ford " :lol: La Loi de la haine je ne l 'ai pas vu !! mais ta façon d 'en parler aiguise ma curiosité
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: La Loi de la haine - The Last hard men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar Loco » 18 oct. 2020 19:42

Eh bien, Hart, bravo pour ces lignes. En effet, comme l'a écrit Yves, ça donne envie de le revoir. Allez, hop, sur la To See List.

C'est un western qui n'a en effet rien à voir avec les précédentes réalisations de son auteur, qui restait du côté d'un certain classicisme, en particulier lorsqu'il travaillait avec Wayne, à la même époque. Tiens au passage, pour ce qui est Ford, messieurs, en garde * ! :wink: Le "Gentle Giant" comme on l'appelait sera quand même loin de Ford quand il nous donnera Les Oies Sauvages 3 ans plus tard - et loin de tout avec Le Commando de sa Majesté. :wink: Fin de la parenthèse, on reparlera de Ford ailleurs, le débat risque d'être passionnant.

Le film avait dérouté la Fox à l'époque, et par sa violence, et par la musique composée par Leonard Rosenman, à tel point qu'elle a été remplacée par un mix de morceaux de Jerry Goldsmith (100 Rifles, Rio Conchos, Stagecoach et même un morceau de Morituri !) C'est ce qui m'avait le plus gêné sur le film. Il semble aussi qu'on ait réduit sa durée (là, c'est une info que je n'ai pas pu vérifier autre qu'à travers des témoignages). La musique de Laurence Rosenman est sortie depuis, elle aurait été parfaite avec le film.

Pour finir (que rajouter après Hart ?), une anecdote de tournage, qui n'amusera que les anglophones, et encore, à l'esprit mal tourné.

Le film se tourne à Old Tucson et dans les collines environnantes. Plusieurs tournages sont en cours. Un matin, sur la place où attendent les figurants des différentes productions, c'est le brouhaha et les chargés des casting figuration ont du mal à y remettre de l'ordre. Sur le film de McLaglen, c'est une assistante qui s'y colle. Elle se plante devant le groupe, bien campée sur ses jambes, les points sur les hanches, et lance d'une voix sonore : "OK, now, I want all the Last Hard Men on me !" Moment de flottement, puis fou rire parmi les figurants, et grand moment de solitude pour l'assistante. Leur demandant de se concentrer sur elle, elle avait, du même coup, invité tous les messieurs encore verts à venir... sur elle. :wink:

* en français dans le texte

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Re: La Loi de la haine - The Last hard men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar musselshell » 18 oct. 2020 21:02

HART a écrit :Il a été dit ici tant de mal de ce film qu'il parait utile , sinon de le réhabiliter , au moins de le défendre.
Au regard de ses qualités , les griefs qui lui ont été adressés me semblent bien minces.
La répulsion des jets d'hémoglobine , l'évaluation d'une oeuvre à l'aune de la réputation d'une autre , la participation à l'ostracisme qui frappe l'un des interprètes ou le martèlement d'appréciations tranchantes ( " film réactionnaire !" ) contribuent peut-être à une critique , mais est-ce suffisant ?

Examinons le film sous un autre angle. Ce qui me semble remarquable ici , c'est la justesse d'une démonstration.
La violence qui régit les comportements est d'abord expliquée par des situations , qu'elle soit endossée par des personnages devient secondaire.
Et quand cette violence devient une condition de survie , elle échappe aux courants moralisateurs.
Il semble qu'ici les concepts de bien ou de mal n'existent plus. Il n'y a que des réactions primitives et successives.
Tuer , se haïr , se venger , tuer. La boucle est bouclée.
Il y a des bourreaux ( Burgade et Provo ) et des victimes ( la fille de l'un , la femme de l'autre ). Au final , tous sont détruits , d'une façon ou d'une autre.
Pas nouveau , mais rarement exprimé aussi clairement et justement.

Le shérif Burgade et le hors-la-loi Provo sont le résultat d'une époque , d'une culture , d'un environnement.
Par nécessité ou par hasard , ils sont devenus ce qu'ils sont. Burgade s'est-il demandé si les lois qu'il défendait étaient justes ou adaptées ? Pas sûr.
Mais il sait que ne pas les faire respecter , c'est remettre en cause un système social , et sa propre place au sein de celui-ci.
Provo ne peut simplement pas exister dans ce contexte.
Seul point de contact entre les deux hommes : l'affrontement et la destruction.
Cette illustration implacable du Déterminisme mérite d'être soulignée. Certes , McLaglen n'est pas Spinoza , mais sa démonstration vaut le détour.
Passionnante également l'exposition de la conséquence de cette violence inévitable : le néant.
La haine s'éteint faute de combattants. Et c'est tout.

Ce film est bien l'un des plus sombres qui soient. Dans ce sens ,il va beaucoup plus loin que les westerns de Peckinpah , qui , entre désespoir apparent et romantisme authentique , conservent dans leur conclusion une ouverture , une lumière totalement absentes ici.

Andrew V. McLaglen s'est enfin débarrassé de l'encombrant héritage fordien.
J'ai toujours eu du mal avec John Ford , sa prodigieuse générosité me transporte , mais ses facilités et ses mesquineries occasionnelles m'exaspèrent.
Mais bon , Ford , c'est Ford.
McLaglen , me semble-t-il , a plutôt caricaturé que magnifié l'oeuvre de son mentor. Parfois , la bonne volonté ne suffit pas.
Mais ici , bien servi par un script plus ambitieux que ne le laisse penser une lecture superficielle , il livre un film complexe , dérangeant et passionnant.
Je cite tout, tellement les termes sont bien choisis.
Comme Yves, je n'ai pas vu ce Mc Laglen. C'est donc rapport à Peckinpah et Pappy que les choix syntaxiques m' épatent...


Envoyé de mon ONEPLUS A6013 en utilisant Tapatalk
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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pak
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Re: La Loi de la haine - The Last hard men - 1976 - Andrew V. McLaglen

Messagepar pak » 19 oct. 2020 15:50

Je ne dirai pas que McLaglen ait caricaturé Ford. Je ne sais pas trop. Il ne l'a pas parodié ou moqué.

Je dirai plutôt qu'en élève consciencieux, il a suivi les leçons du doyen. Sauf que l'élève, bien qu'appliqué, plein de bonne volonté et sympathique, n'est malheureusement pas surdoué, ni mauvais ni excellent, mais moyen. Un Walter Hill digérera mieux l'univers d'un Peckinpah puisque ce dernier est cité, parce que Hill avait sa propre personnalité, plus libéré de l'influence du "maitre".

Il faut aussi admettre qu'en dirigeant des légendes hollywoodiennes, John Wayne bien-sûr, mais aussi James Stewart, Kirk Douglas, Robert Mitchum, Richard Widmark, William Holden, Maureen O'Hara, Lola Albright, etc... arrivés à des âges où on n'a pas forcément envie de prendre des risques vis-à-vis de son image, il ne s'est pas rendu la tâche aisée. Allez faire jouer un rôle d'une manière que John Wayne refuse de faire, si ça dérapait, ce n'est pas Wayne qu'on aurait viré.

Ce n'est pas pour rien qu'un de ses meilleurs films des années 1970 est (de mon point de vue) Liquidez l'inspecteur Mitchell, sans grosses stars du gabarit des sus-cités, même si j'aime bien Joe Don Baker, Martin Balsam, John Saxon... Film qui porte un peu les germes de la violence de La Loi de la haine.


La Loi de la haine est un film bancal, mais pas inintéressant ni totalement mauvais. Comme l'a justement souligné Hart, c'est un scénario basé sur la haine motivée par le désir de vengeance. La haine n'aboutit que sur le néant, une fois la cause éliminée. Et si elle ne l'est pas, alors cette haine perdure. Comme c'est une fiction, il faut bien qu'elle aboutisse. Et donc c'est un carnage. Le film m'avait bluffé à ce sujet quand je l'ai découvert car il ne dévie pas de sa trajectoire. Je ne m'y attendais pas vu le duo à l'affiche. Charlton Heston et James Coburn ont des personnages qui sont chacun dans leur genre assez antipathiques, même si on peut comprendre, sans toujours excuser, leurs motivations. Leur comportement a de ce fait une influence sur les autres personnages, car au final, leur haine n'apporte aucun garde-fou et laisse la porte ouverte aux éventuels dérapages des uns et des autres.

Pour une fois, le titre français est approprié, même si peu en rapport avec le titre original. C'est bien la loi de la haine qui régit les relations et les actes des personnages, plus que les derniers hommes durs, titre qui pourrait être celui de n'importe quel film portant sur la fin d'une époque violente en cours de mutation. La haine et la vengeance sont d'ailleurs des thèmes récurrents de l'auteur du roman ici adapté, Brian Garfield, dont on connait les résultats à l'écran des adaptations de Death Wish et de Death Sentence. Bien-sûr les critiques ont été les mêmes pour ces dernières que ce qu'on peut lire sur ce western. Le mot "réactionnaire" est revenu régulièrement, et ces films se trainent une réputation propre à se faire juger sans visionnage.

Pourtant, un western basé sur la justice expéditive motivée par de mauvaises raisons (si tant est qu'il puisse y en avoir de bonnes) est de mon point de vue plus supportable qu'une histoire similaire racontée dans un milieu urbain contemporain, car les repères visuels sont moins marqués, et participent à plus de distanciation face à la violence montrée (du moins jusqu'à un certain point).

Après, est-ce qu'Andrew V. McLaglen était la personne la plus indiquée pour mettre en images ce déferlement de haine et de violence ? Pour sûr non, lui qui s'enfermait dans le classissisme alors que le "nouvel Hollywood" explosait les codes de la narration et les tabous autour de lui depuis la fin des années 1960. On sent quand même bien que les artifices sanguinolents et les effets de mise en scène, peut-être (sûrement ? ) influencés par le cinéma de genre européen, sont ajoutés pour appuyer (trop fort et sans nuances) le propos. La fin est particulièrement démonstrative à ce sujet, flirtant avec le ridicule, gâchant, et même décrédibilisant, le reste du film.

Pour prendre un réalisateur de la vieille école, un Gordon Douglas s'est mieux adapté (plus épanoui ?) à ces changements, voir Rio Conchos ou Chuka le redoutable par exemple. Sans parler d'un Phil Karlson, très à l'aise avec la violence. Et on me chuchote à l'oreille : et Michael Winner ? Oui, bien-sûr, pas le genre à reculer devant la polémique, et d'ailleurs on pourrait très bien s'imagnier que Burgade est une extension du Bannock de L'Homme de la loi tandis que Provo aurait très bien pu être celle du métis Chato du film Les Collines de la terreur...

Mais oui, vain exercice de se dire que ce film aurait été autrement si tel ou tel y avait participé à la place de, donc restons sur l'oeuvre existante qui, comme beaucoup de productions américaines des années 1970, va au-delà des stéréotypes du western des années 1950, non parce que c'est mieux, mais juste parce que c'est désormais permis. Pas une raison suffisante pour faire un grand film, certes, mais peut-être pour apprécier à travers cette tentative ratée l'évolution du cinéma américain dans une décennie riche en expérimentations, reflet cinématographique de l'évolution d'une société. Car que la Fox produise et distribue un tel film, ça en dit long et pas seulement sur le devenir du western...
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


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