War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

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Winchester73
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar Winchester73 » 06 nov. 2014 8:46

Joan Taylor:

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lafayette
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar lafayette » 06 nov. 2014 15:06

My Taylor is rich!


Les spécialistes traducteurs pourraient-ils se laisser aller à des sous-titres? ;)
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gall
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar gall » 13 nov. 2014 18:31

Bonsoir
j'ai le film WAR PAINT en VOST car j'ai fait les sous titres et je les ai collé au film :) :) :) :) :)

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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar lafayette » 13 nov. 2014 18:48

Il suffisait de demander! ;)
:applaudis_6:
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lasso
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar lasso » 28 mai 2015 16:15

Revu cet excellent Western militaire en VO.

Les américains n'ont certainement pas approuvé la fin du film, patrouille à travers le désert, guidé par le fils de Gray Cloud et sa soeur.
Qu'il les a malmenés et surtout, de ne pas vouloir divulger les puits d'eau, alors que les soldats étaient a bout de forces à cause de leur soif,
ils l'ont simplement assassiné avec un poignard dans le dos !!!

Spoiler: Montrer
La Squaw, va prendre le relais, pour anéantir la troupe. Amoureuse du lieutenant, (il a convaincu l'indienne que lui il n'est
pas d'accord avec le Gouvernement et fera tout pour protéger les indiens) il est le seul à être épargné de la mort. La Squaw lui offre de vivre
ensemble avec les indiens en regagnant un grand village avec beaucoup de tipis.


Enfin un Western où les blancs sont les grands perdants...

Domage qu'on nous dit pas la tribu des indiens, Kiowa ou Comanches ??? qui pourra nous le dire avec précision ??? merci
Modifié en dernier par lasso le 31 mai 2015 10:56, modifié 1 fois.

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pass
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar pass » 30 mai 2015 13:34

lasso a écrit :
Domage qu'on nous dit pas la tribu des indiens, Kiowa ou Comanches ??? qui pourra nous le dire avec précision ??? merci




Déjà , il faudrait voir de quel roman est tirée cette histoire , parce que moi je ne vois que 2 possibilités :

région Liano Estacado ou région Est de l'Utah / Ouest du Colorado , ces deux régions ont des endroits à elles seules assez désertiques . Les 2 personnages qui jouent le rôle d'indiens ont des vêtements de ceux " des plaines " et de plus à la fin du film il me semble que l'on voit un village de tipis donc à mon avis ce sont des nomades et chasseurs de bisons !!! .

Si c'est la région du Liano Estacado , c'est donc des Comanches *, c'est trop au Sud pour que cela soit des Kiowas . Et deuxième possibilité qui à mon avis est la plus plausible c'est la région Est de l'Utah et Ouest du Colorado parce que là , c'est le territoire des Utes qui étaient eux aussi des chasseurs de bison , à proscrire toutes les tribus environnantes comme Les Païutes , les Gosiutes qui étaient des chasseurs de petit gibier et des cueilleurs . C'est trop au Nord en ce qui concerne Les Shoshones et les Bannocks pour l'histoire de ce western qui est à mon sens " survival " , le manque d'eau en est la preuve . Lorsque L. Selander à réalisé ce film il a démontré que la région était très montagneuse , abrupt et désertique tandis que le Liano Estacado il y a des mesas ou plateaux rocheux mais pas véritablement des MONTAGNES comme il est montré dans ce western .

Je ne sais pas si j'ai été assez clair lasso :?: :!: , il y a limpyChris qui pourrait te répondre assez précisément , il si connaît un peu en Natives . Il y avait bien deux autres Forumeurs assez calé en la matière mais ils sont partis depuis pas mal de temps .


* : voir Le Sabre et la flèche 1952 de André de Toth .

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lasso
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar lasso » 30 mai 2015 13:41

merci pass - on opte alors pour les Comanches - Selander a tourné la plupart des scènes dans Death Valley CA

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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar chip » 30 mai 2015 13:48

Le film fut entièrement tourné dans la vallée de la mort (CA). Voir le livre de Ronald Bergan " UNITED ARTISTS story " (page 144).

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pass
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar pass » 30 mai 2015 14:40

lasso a écrit :merci pass - on opte alors pour les Comanches - Selander a tourné la plupart des scènes dans Death Valley CA



Tandis que moi , je reste sur ma conviction : des UTES .



chip a écrit :Le film fut entièrement tourné dans la vallée de la mort (CA). Voir le livre de Ronald Bergan " UNITED ARTISTS story " (page 144).



:lol: , je le sais bien chip mais ce que je voulais dire à lasso c'est que Selander a voulu nous démontré que l'histoire se passe dans une région aride et montagneuse ( certaines séquences du film nous le montre ) et ce n'est pas le cas du Liano Estacado qui ne comporte que des Mesas donc je proscris la possibilité de COMANCHES .
Tu prends le cas de " Fort bravo " de Sturges ou à 80 % il fut tourné à Death Valley , en aucun cas Sturges a fait des plans sur les montagnes de la vallée de la mort comme Selander l'a fait pour " War paint " , parce que l'histoire de " Fort bravo " se passe dans le Sud Est de l'Arizona . Cette région comporte des plateaux rocheux et non des montagnes .

limpyChris
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar limpyChris » 30 mai 2015 22:17

J'ai revu ce film, histoire de voir si un État, un fort, etc. n'était pas cité, pour situer, mais rien, je crois.
Alors, il faut se fier à d'autres choses :

- dans les dialogues ?
La jeune femme dit : "My people do not attack at night."
Si l'on recoupe avec ce que dit un personnage dans "Comanche" (1956), de George Sherman ; "Comanches hold up at night : it’s bad medicine for them."
Mais si l'on en croit les Comanches de "Jake Wade and the Law / Le Trésor du Pendu" ... ils attaquent la nuit ...
(Première preuve)
(Les noms des personnages non plus ne peuvent être fiables.)

- Les lieux de tournage ?
Le lieu de tournage, on le sait, peut rarement servir de preuve dans l'un ou l'autre sens ; des Cheyennes Navajos dans Monument Valley en guise d'Oklahoma, et des Comanches dans Lone Pine pour "Comanche Station", la charge de Little Big Horn en Californie ("They Died with their Boots on") ou en Espagne ... etc, ETC. exemples à l'infini ...
(Deuxième preuve)

- Les costumes ?
Les différentes cultures amérindiennes étaient extrêmement différentes et facilement identifiables d'après leurs costumes, et les tribus faisant partie du même environnement culturel, identifiables, pour ceux des Plaines, par exemple, par le choix des couleurs des perles (certaines privilégiant le rose, le vert, le bleu pâle et le blanc, d'autres le bleu ciel, le greasy yellow ... etc.) et les motifs qui décoraient leurs vêtements (pour certains, les motifs floraux, pour d'autres les dessins géométriques ... etc. simplifications rapides) : à l'intérieur de chaque tribu, des codes vestimentaires indiquaient d'autres choses sur la vie de chaque individu, son statut au sein de la tribu, des incidents personnels .. etc.
Qu'en est-il donc ici ?
Une de mes connaissances, un westerner-indianiste, lorsqu'on lui demandait "A quelle tribu appartient ce perlage ?" et qu'il ne savait pas la réponse ou ne voulait pas avouer à la personne qui débutait dans le perlage et avait pris comme modèle des motifs vus dans un Winnetou, "C'est Tête-Plate" ... Une plaisanterie avec un autre était de dire "C'est Chitimacha", ce qui, en général, laissait l'interlocuteur sans voix.
Eh bien, à l'analyse des costumes des deux Indiens, le pagne porté par Keith Larsen apparaît dans d'autres westerns, dont un porté par un Iroquois ... Le bandeau avec jolie frise porté par le même Keith est du plus bel effet made in la machine à coudre Singer d'une petite main du studio, le collier de Joan made in trading post californien et la ceinture me semble hopi -mais la qualité de l'image, des photos ne me permet pas d'être affirmatif-... bref, du plus pur style 'Hollywood tribe', any 'Indian' garb will do.
Comme me l'avait dit mon vieil ami Don à qui j'avais prêté le bouquin "My Life as a Hollywood Indian" -biographie d' Iron Eyes Cody (à une époque où il n'avait pas encore été découvert) -: en me le rendant, il dit simplement "and that's just what he is : a Hollywood Indian".

Il s'agit donc, ici aussi, de la tribu des Hollywood Indians.
(sinon, question déduction, il me semble que celle de pass se tient, d'autant que le cheval de Keith est un appaloosa, non ?)

Lesley Selander n'a sans doute pas jugé bon de nommer une tribu en particulier ... "Indien" suffit, car cela généralise le propos, et il pourrait être remplacé par "Pachtoune" ou "Touareg" ou ... (et en plus, ça évite d'avoir à être un minimum attentif à l'authenticité des costumes)
Bref, il n'y a rien ici d'historique, pas besoin de l'ancrer avec une tribu particulière, une histoire d'êtres humains, simplement. ('Indians' just come in handy)
À mon avis, le nom de la tribu a peu d'importance, d'intérêt (et c'est un euphémisme -oui, c'est un nouveau mot que j'ai appris, alors je le case à chaque post), ici, je crois, mais enfin, ce n'est que mon avis. En tout cas, moi, je m'en fiche.
Et je suis de l'avis de ceux qui ont bien aimé. Mais ne vais pas développer, le temps qui m'est imparti ...
PS : Joan Taylor interprète également -et entre autres- une jolie petite indienne, plus douce, plus ingénue, mais avec costume beaucoup plus 'authentique' dans "The Savage / Le Fils de Géronimo" ... Mais les costumes ne font pas les films.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar lasso » 31 mai 2015 11:43

peut être que lympyChris a raison : dans ce Western les indiens sont des Hollywood Indians :lol:

on a quelques indications dans le film : Gray Eagle (Grey) et Fort Kirby (imaginaire ?)

Dans The Savage les Français avaient de l'imagination en titrant ce film sur les Sioux : Le fils de Geronimo
effectivement le nom du père du fils adoptif est prononcé dans le film....

voici le synopsis de War Paint sut TCM movies

http://www.tcm.com/tcmdb/title/17838/Wa ... opsis.html
Modifié en dernier par lasso le 13 janv. 2016 11:18, modifié 1 fois.

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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar lafayette » 10 juin 2015 23:19

La fin du film nous montre Billings proche d'un village de tipis.
Près de Billings, ce ne peut-être qu'un village Crow... d'autant plus que l'on voit un crotale dans le film...

J'avais d'ailleurs les crocs quand j'ai commencé voir le film devant mon dîner. Il m'a donné bien soif.

Je me rapproche de l'opinion de Hart, page précédente, le scénario de ce petit film ayant toujours une idée pour poursuivre la longue marche sous le soleil tout en réduisant au fur et mesure le budget acteurs, sans nous ennuyer. Une patrouille perdue qui n'aurait jamais dû suivre un type couvert de peinture et qui a fini par s'autodétruire plus vite que ne l'ont fait les deux indiens du film.

A bien réfléchir, l'hypothèse Crow ne marche pas si 'lon se base sur les couleurs de guerre de l'indien du film.
Blanc, rouge, jaune sont des couleurs Mdewakanton et Grey Cloud a aussi été un nom attribué à des Mdewakanton, siouplaît!
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Sauf que ça nous rappelle les couleurs du guerrier de la Prisonnière du Désert... un Comanche? Ben non il était en fait un allemand donc un vert de gris... Nuage Gris était peut-être un colon allemand fait prisonnier par les indiens... bref d'Hollywood.

Sinon, j'ai apprécié que la fin du film nous prouve que par ailleurs Stack/Les Incorruptibles était plus fort que Graves/Mission Impossible.
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar kiemavel » 13 janv. 2016 10:10

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Alors que le détachement de cavalerie qu'il commande regagne le fort après une longue patrouille, le Lt. Billings reçoit l'ordre de se rendre au poste de traite le plus proche et de remettre au commissaire aux affaires indiennes Kirby un traité de paix qui doit être impérativement remis au chef indien Grey Cloud dans les 10 jours sans quoi la guerre risque de reprendre. Au comptoir de traite, on lui apprend que Kirby ne s'est pas montré depuis un mois ce qui oblige Billings malgré la fatigue de son détachement à se charger de la mission, au moins en attendant de retrouver le messager initialement prévu. Elle semble toutefois moins difficile à accomplir quand se présente au comptoir Taslik, le fils de Grey Cloud, qui accepte de les guider jusqu'à campement de son père. Le détachement se met en route…

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Malgré les moyens dérisoires ; malgré la réalisation en 10 jours par le serial tourneur Lesley Selander, spécialiste du western à la chaine (quoique cette année là il ne tourna "que" 6 films) ; malgré la monotonie d'un western tourné intégralement dans les entendues désertiques de la vallée de la mort (ce qui tourne à l'avantage du film sur sa durée) et enfin malgré la menace indienne représentée par deux indiens, un frère et une soeur (ce sont les seuls que l'on verra jamais en dehors d'une vieille indienne au comptoir de traite), ce western est remarquable, surement un des meilleurs que Lesley Selander aura réalisé, si ce n'est le meilleur.

La séquence d'ouverture presque sans dialogues est d'une violence et d'une fulgurance digne de Fuller. Dans un paysage de dunes, un indien et une indienne font face à deux soldats et s'échangent des tirs. Alors qu'il est allongé derrière une dune, une balle frappe le sable devant un des soldats. Il est atteint par ricochet et aveuglé. Les yeux ensanglantés, Il sort de son abri précaire, appelle au secours le Lt. Kirby et est abattu par l'indien, avant que son officier ne le soit quelques instants plus tard. L'indien surgit, se penche sur un cadavre, empoigne la tête avant de la renverser en arrière, sort un couteau et le scalpe, la caméra fixant en gros plan le visage de l'indien tout en saisissant ses mouvements méthodiques, avant que le titre War Paint n'apparaisse en lettres de sang sur l'écran ! Cette séquence livre deux informations capitales au spectateur. Que Billings ne risque pas de retrouver Kirby, le commissaire aux affaires indiennes ; que certains indiens ne semblent pas vouloir que le traité de paix parvienne à Grey Cloud…et que Billings vient de faire rentrer le ver dans le fruit puisque évidemment l'indien tueur est Taslik (en ce qui concerne le rôle que va jouer l'indienne qui l'accompagne, je préfère rester évasif ).

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L'aspect qui m'avait plus particulièrement marqué à la 1ère vision, c'est à dire l'attention portée aux moindres personnages et leurs caractérisations m'apparait moins évident. La définition minimale de certains personnages convient bien de toute façon aux moyens limités de quelqu'un comme Robert Stack : il est obstiné et rigide mais c'est un bon chef expérimenté qui prend plutôt les bonnes décisions sauf qu'en l'occurrence son guide n'est volontairement pas d'une grande fiabilité et il va commencer à voir ses décisions discutées par ses hommes. Quand il sera un peu débordé de ce coté là, son plus proche allié sera le sergent interprété par Charles McGraw qui est sur la même ligne que lui même s'il se fait tout de même le porte parole des hommes et réclame un peu plus d'humanité, ce qui consiste essentiellement à alléger un peu les restrictions imposées par son supérieur. Du coté des soldats, on apprend relativement peu de choses mais les quelques informations sont assez fortes. On n'apprend presque rien de Tolson (Peter Graves) sinon qu'il semble être le plus frondeur du groupe mais il jouera un rôle important par la suite. Allison (Walter Reed) et Clancy (Douglas Kennedy) sont au contraire les soldats réguliers, ceux qui a on peut tout demander. Grady (Robert Wilke), le messager venu du fort qui se retrouve intégré à la patrouille, c'est le bon vivant moqueur et égrillard. Il ne parle que de femmes. Charnofski (John Doucette) évoque sa Pologne natale. Perkins (Paul Richards) dont la femme vient de mettre au monde un enfant en son absence est le plus dépité de ne pouvoir rentrer au fort, une permission qui lui est refusée par Billings. Le cartographe Hamilton (Charles Nolte) va d'ailleurs délaisser ses cartes un soir et croquer le visage d'une femme puis celui d'un enfant et le donner à son ami. Au fur et à mesure du périple, les signes d'humanité disparaissant progressivement, c'est d'abord le nécessaire à dessin qui va disparaitre puis c'est celui du bébé que l'on verra abandonné dans le sable au moment du départ d'un bivouac lorsqu'il n'y aura plus lieu de le garder.

C'est que le terrain traversé pour tenter de rejoindre le campement de Grey Cloud est l'un des plus difficiles et arides que l'on aura pu voir dans un western. Ce n'est pas un de ces parcours certes pénibles mais qui s'effectue à travers des paysages très divers ou passant par des sites spectaculaires, ces "arrêts Kodak" qui sont d'ailleurs souvent un des petits plaisirs secondaires de l'amateur de westerns. Dans ce film tourné intégralement dans la vallée de la mort, les paysages traversés sont d'un grande monotonie et sont, à tous les sens du terme, d'une grande aridité. La troupe, victime de la chaleur écrasante, va se retrouver de plus en plus démunie, privée notamment de toutes ses montures avant la mi-parcours. Et surtout, ne trouvant aucun point d'eau sur le trajet en dehors d'une source empoisonnée, les restrictions vont devenir de plus en plus sévères à mesure que la troupe va avancer. La soif va avoir des conséquences terribles, Selander filmant avec une grande crudité : les rictus de douleur d'un homme empoisonné secoué par des spasmes effroyables ; celui qui préfère la mort aux souffrances endurées ; ceux qui deviennent fous à force de privations (ce qui explique le comportement de certains des hommes de la troupe dans la partie finale).

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Mais l'aspect le plus impressionnant de ce film, c'est ce que Selander et ses scénaristes arrivent à dire sur les guerres indiennes avec une économie de moyens étonnante. Le récit permet de montrer et d'expliquer le point de vue de chaque partie de manière juste et équilibré, ceci n'empêchant nullement Selander de montrer la profondeur des antagonismes. En effet, malgré ce que pouvait laisser supposer la violence du préambule et les actes qu'on leur voit parfois accomplir, Taslik puis Wanima s'acharnant par tous les moyens à empêcher la troupe de soldats d'atteindre le campement de leur père, le film montre de manière honnête le point de vue des indiens mais sans une once d'angélisme. La violence de la scène pré-générique était surtout le fait de Taslik mais de manière beaucoup plus inhabituelle, Wanima sa soeur va aussi se révéler être une guerrière redoutable et impitoyable. Elle va, elle aussi, tuer un homme à l'issu d'une lutte d'une extrême brutalité pour une scène impliquant une femme. De l'autre coté, les soldats ne seront pas en reste lorsque, par exemple, ils vont menacer de bruler les yeux de Wanima pour la faire parler. Quant à la folie qui va s'emparer de certains hommes dans la dernière partie, je n'en dis rien…

Après les actes, les premières paroles ne seront pas plus conciliantes mais là encore, les deux cotés ne sont pas épargnés. Quand au soir de la 1ère journée de cheval, les soldats vont interroger Taslik sur la raison pour laquelle il a recouvert son visage de peintures de guerre, il va rétorquer : vous portez bien des vêtements militaires ! Puis, quand les soldats n'auront plus aucun doute sur les véritables intentions de Taslik, il s'exprimera très peu mais il dira qu'il ne veut pas d'un traité de paix qui sera trahi une fois de plus par les blancs, ce qui affaiblira encore un peu plus son peuple. Et d'ailleurs, malgré l'obstination qu'il met à accomplir sa mission, Billings ne semble lui même pas dupe si l'on en croit l'échange qu'il avait eu avec le commerçant du comptoir de traite au tout début du récit, puisque à son interrogation au sujet du nombre de traités déjà conclus avec Grey Cloud, il répondra : ce sera le 15ème ! Bien plus tard, la nuit étant propice à la confidence, Billings et Wanima vont se livrer, non sans avoir une fois de plus d'abord exprimés leur hostilité mutuelle. Wanima confie la très mauvaise expérience qu'elle avait eu enfant chez les blancs ou elle avait été scolarisé (on comprend à demi mot qu'elle a été violé)…mais d'un autre coté, elle ne cache pas le coté belliqueux de son peuple. Elle semble regretter la puissance ancienne de ces grands conquérants qui eux aussi négociaient des traités de paix avec d'autres tribus lorsqu'ils y avaient intérêt. C'est donc en parfaite connaissance de cause qu'à la suite de son frère, Wanima va à son tour affirmer que les traités de paix ne sont jamais respectés par les blancs, un argument auquel Billings ne saura pas répondre. Il va néanmoins réitérer son intention de porter son message puisque c'est sa mission et qu'elle doit être accomplie puisque c'est le seul espoir, certes fragile, de parvenir à une paix. Une parole sincère qui va convaincre peut-être provisoirement Wanima. Car malgré leurs intérêts divergents, la détermination et la fermeté de l'officier, ressemblant à sa propre détermination, va entrainer une forme de respect pour l'adversaire, voir de l'admiration pour le capitaine prêt à risquer sa vie et à s'opposer à ses propres hommes pour remplir sa mission…mais sans se faire d'illusions et d'ailleurs elle le dit.

Peut-être que les confidences nocturnes de Billings au sujet des difficultés de sa vie personnelle ont pu aussi jouer un rôle (la nuit précédente, il avait aussi évoqué ses problèmes conjugaux. Pfff…encore un militaire dont le femme se barre. Ça donne envie de s'engager !). Que ce soit avant et après cette conversation décisive, tout le final est absolument remarquable, offrant une succession de scènes d'action superbement mises en scène par Selander. L'interprétation de Robert Stack est comme d'habitude, à quelques exceptions près, assez faible ; même dans la confidence, il ne fait passer aucune émotion. Les autres sont au minimum corrects et Peter Graves, un autre acteur dont je ne suis pas fou est même plutôt convaincant. Quant aux deux indiens, si Keith Larsen est très bien, Joan Taylor est excellente (et c'est une des plus jolies indiennes que j'ai vu à ce jour). vu en vost. Ce film inédit en France était sorti en Belgique sous le titre : Le loi du scalp

Réalisation : Lesley Selander / Production : Howard W. Koch (Bel-Air Productions). Distribution : United Artists / Scénario : Richard Alan Simmons et Martin Berkeley / Photographie : Gordon Avil - Musique : Arthur Lange et Emil Newman

Avec Robert Stack (le Lt. Billings), Joan Taylor (Wanima), Charles McGraw (le Sgt. Clarke), Keith Larsen (Taslik), Peter Graves (le soldat Tolson), Robert Wilke (le soldat Grady), John Doucette (le soldat Charnofski), Walter Reed (le soldat Allison), Douglas Kennedy (le soldat Clancy)

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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar chip » 13 janv. 2016 13:21

Aucune restriction, sur cette analyse, je souscris. Pour moi, mais je l'ai déjà dit, ce western est le meilleur du prolifique Lesley Selander, supérieur au très bon " Shotgun" , au méconnu " the outlaw's son" (1957), et au très vanté (ailleurs :wink: ) "Fort Osage".
" War paint" et " the outlaw's son" sont disponibles en dvd zone 1, sans s/t, chez MGM limited edition collection.

kiemavel
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Re: War paint - 1953 - Lesley Selander avec Robert Stack

Messagepar kiemavel » 14 janv. 2016 14:20

chip a écrit :Aucune restriction, sur cette analyse, je souscris. Pour moi, mais je l'ai déjà dit, ce western est le meilleur du prolifique Lesley Selander, supérieur au très bon " Shotgun" , au méconnu " the outlaw's son" (1957), et au très vanté (ailleurs :wink: ) "Fort Osage".
" War paint" et " the outlaw's son" sont disponibles en dvd zone 1, sans s/t, chez MGM limited edition collection.

Je n'ai pas un grand souvenir de tous ses Fort…En revanche, j'ai toute une cargaison de westerns en vo de Selander pas encore vus mais en regardant vite fait de quoi il retournait il y en a bien deux ou trois que faisaient envie…Mais ça va être dur de trouver aussi bien que War Paint.



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