Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Voir tous les films critiqués
Règles du forum
Avant d'ouvrir un nouveau sujet de discussion, pensez à consulter la liste de tous les westerns critiqués sur ce forum

SVP : Pour les images larges et lourdes, utilisez IMG2 et non IMG pour faire une miniature. Pensez aux connexions lentes!
Avatar du membre
lasbugas
Baron du bétail
Baron du bétail
Messages : 12431
Localisation : TOULOUSE
Contact :

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar lasbugas » 21 sept. 2013 8:13

Image
Image

Avatar du membre
lasbugas
Baron du bétail
Baron du bétail
Messages : 12431
Localisation : TOULOUSE
Contact :

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar lasbugas » 27 sept. 2013 22:32

Image
Image

Avatar du membre
Abilène
Chercheur d'or
Chercheur d'or
Messages : 4167
Localisation : Moulins (Allier)

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Abilène » 31 déc. 2013 17:00

Image

Avatar du membre
Longway
Sorcier
Sorcier
Messages : 6436

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Longway » 29 nov. 2014 22:42

Fiche Télé 7Jours.
Diffusion : Dimanche 15 Février 1970 sur la première chaine de L'ORTF.

Image

( Collection Pass )

Avatar du membre
Abilène
Chercheur d'or
Chercheur d'or
Messages : 4167
Localisation : Moulins (Allier)

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Abilène » 27 oct. 2015 22:48

Image

Avatar du membre
Abilène
Chercheur d'or
Chercheur d'or
Messages : 4167
Localisation : Moulins (Allier)

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Abilène » 30 janv. 2016 22:04

Image

Avatar du membre
Trane
Chasseur de primes
Messages : 782
Localisation : Région Parisienne

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Trane » 16 févr. 2016 13:35

nathan a écrit :le 15 Jan 2005
--
Un très beau western avec un scénario des plus croustillants. Véritable hymne à la survie mais aussi bel hommage aux femmes , ce film bénéficie d'une excellente interprétation de Robert Taylor qui s'en tire avec tous les honneurs face à l'irrésistible Denise Darcel .
--

Django a écrit : le 12 Fév 2010
--
Ce western est bien construit, sans temps mort et aborde un sujet rarement traité dans le western. J'ai trouvé que le film regorgeait de situations plausibles et réalistes dans leur mise en scène. Les scènes terribles endurées par ces femmes sont désamorcés par un humour qui est le bienvenue.--

Yosemite a écrit :le 19 Nov 2011
Personnellement j'aime beaucoup Wellman. Je trouve que ses films ont vraiment beaucoup de profondeur, voire d'audace.--
Et puis bon, autant de femmes, joliment filmées, dans un western... C'est unique si je ne me trompe pas.
Oui, un beau western, vraiment. Vaste et élégant. J'aime beaucoup.
Et puis quand même, Denise Darcel est si belle...


Nouvelle vision, plaisir permanent. En particulier je trouve que c'est une des meilleures prestations de Robert Taylor qui est beaucoup moins "monolithique" que d'habitude, et Denise Darcel est parfaite, alors que je n'apprécie pas sa prestation dans mon film favori (Vera Cruz).
"Ce qui me surprend le plus chez l'homme et la femme occidentale c'est qu'il ..vit comme s'il ne devait jamais mourir, et il meurt comme s'il n'avait jamais vécu."
Dalaï Lama

Avatar du membre
lasso
Lieutenant
Lieutenant
Messages : 7095
Localisation : oregon

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar lasso » 29 mai 2016 11:32

Pour prendre le goût à mon prochain voyage au Wyoming, Utah, Nevada, Nord de la Californie, Oregon...
j'ai revisité ce formidable Western de William A. Wellman, qui me satisfait sur tous les points...

J'avais signalé un livre sur un convoi partant d'Independance vers la Californie, par l'Oregon Trail, où tous
les hommes du convoi sont mort à mi chemin, les femmes suivent à eux le périple voyage, les uns vers
l'Oregon, les autres vers la Californie. Je ne sais pas si le livre a été traduit en français!
ici
viewtopic.php?f=14&t=17370

Avatar du membre
major dundee
Marshall
Marshall
Messages : 2213
Localisation : depts 13 et 05

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar major dundee » 29 mai 2016 13:58

17h15 le dimanche dans les 70's...je savais pas qu''ils passaient des films à des horaires pareils,cela justifiait de payer sa redevance.

La fiche T.V est plus détaillée aussi,avec des photos commentées,le spectateur potentiel est mieux considéré quand même...

Avatar du membre
Compte Supprimé 0A
Tunique bleue
Messages : 307

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Compte Supprimé 0A » 06 mai 2017 15:49

Wellman nous fait encore du très bon western, légèrement en dessous de la trilogie vu précédemment pour moi ( l'étrange incident, au-delà du missouri, la ville abandonnée )
Robert Taylor joue un personnage extrêmement dur, militaire, j'ai beaucoup aimé sa relation avec Ito le petit, même si le début de la relation m'a un peu géné, la complicité s'installe à notre grand plaisir
Comme d'habitude, John McIntire est impeccable, a chaque fois qu'il parle dans un film c'est passionnant, on dirait un conteur
Le film se déroule sur une sacrée odyssée, où les femmes prouvent leur HONNÊTETÉ et qu'elles valent autant que des hommes.
Odyssée pleines de péripéties et surprises, ou moi même je me disais quel enfer.
Avec sa comme d'habitude de grandes scènes, et j'ai particulièrement apprécié les 5 dernières minutes qui clos le film.

Avatar du membre
Arizona Kid
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1597
Localisation : Marseille, France

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Arizona Kid » 22 mai 2017 19:52

Samedi passé, j'ai déniché à la brocante hebdomadaire le DVD de ce Convoi de femmes (1951) , dont j'avais souvent entendu parler par le truchement de Patrick Brion et Bertrand Tavernier, les deux " Messieurs Bonus " de chez Sidonis/Calysta.

En règle générale, j'apprécie beaucoup les films de convois, mes trois favoris étant La Piste des Géants (1932) de Raoul Walsh, Le Convoi maudit de Roy Rowland, et naturellement Le Convoi des braves de John Ford, tous deux sortis en 1950.

J'ai trouvé très intéressant le film de William Wellman, qui permet -outre de passer un très bon moment devant un fort beau western, mené par un Robert Taylor minéral à souhait- de mesurer à quel point les mentalités de ce temps-là étaient très éloignées de celles qui sont les nôtres aujourd'hui: ces femmes désespérées qui, par souci du devoir et des conventions sociales, se choisissent des maris sur photographies (sorte de Meetic avant l'heure) , les embrassent sur la bouche puis passent devant Monsieur le pasteur dans le quart d'heure suivant leur première rencontre... avant, on le devine aisément, de passer à la casserole fissa fissa, histoire de peupler ce patelin un rien pelé démographiquement parlant...
J'imagine sans peine la gueule que tireraient les " assoss " féministes et autres ligues bien-pensantes si on leur projetait ce film :mrgreen:

Cet aparté refermé, j'ai retrouvé tous les éléments que j'aime dans les films de convois: tensions entre les membres de la caravane, exacerbées par les aléas de la traversée d'un monde sauvage, les accidents tragiques, les imprévus, les embûches naturelles (la pluie, la chaleur du désert, les passages périlleux) ...
Seul bémol, à mon sens tout au moins: l'attaque des Indiens, qui est davantage suggérée que montrée, ce qui est évidemment voulu mais qui aurait, selon moi, conféré au film un éclat un peu plus spectaculaire.

Au niveau des personnages, le petit jeu de chien et chat entre Robert Taylor et notre compatriote Denise Darcel fait mouche, les deux acteurs nous régalant de piques aussi vénéneuses que drôlissimes; mention spéciale à cet acrimonieux " Vous êtes noir de crasse du matin au soir " , lancé par la french lady au taciturne chef du convoi.

Autre savoureux duo avec les interactions de Robert Taylor et d'Henry Nakamura, alias Ito, l'affable et pragmatique cuistot chinois: d'abord moqué et marginalisé par Taylor en raison de sa petite taille, Ito finit par gagner l'amitié et le respect de ce dernier, avec lequel il se paiera une bonne cuite de derrière les fagots.

Mais pour moi, la scène la plus touchante de Convoi de femmes restera celle où Ito retrouve le petit chien accompagnant le convoi, lequel cabot est prêt à se laisser mourir de chagrin sur la tombe de fortune de son pauvre maître, un garçonnet italien accidentellement tué par sa propre mère, qui ne savait pas manipuler un fusil...
Si je ne devais retenir qu'une seule scène de tout le film, ce serait probablement celle-ci.

Pour conclure, je dirais simplement que Convoi de femmes, s'il n'a pas à mes yeux l'ampleur épique de La Piste des Géants et souffre quelque peu de la froideur de Robert Taylor par rapport au Joël McCrea du Convoi maudit, n'en demeure pas moins un excellent western, tant dans son thème que dans le traitement qui lui est appliqué, et sans doute -à juste titre- l'un des opus majeurs de la filmographie de William Wellman qui, du reste, est loin d'être avare en pépites cinéphiliques.

icongc1
Modifié en dernier par Arizona Kid le 29 avr. 2019 13:44, modifié 2 fois.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
:sm70:

Avatar du membre
Loco
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1512

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Loco » 16 nov. 2018 9:17

Final et générique de fin.
La musique me dit quelque chose...
Loco : (1) fou - (2) chef apache chiricahua - (3) esprit du vaudou - (4) terme familier pour "locomotive"

Movie Soundtrack Suites

Avatar du membre
major dundee
Marshall
Marshall
Messages : 2213
Localisation : depts 13 et 05

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar major dundee » 16 nov. 2018 9:48

Ca y est, je viens de comprendre la vanne de "bigdede" par l'intermédiaire de "loco"...mais vu que j'avais pas participé au jeu de "longway", je risquais pas de trouver...

Avatar du membre
Moonfleet
Eclaireur 
Eclaireur 
Messages : 1870
Contact :

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Moonfleet » 29 avr. 2019 13:09

Image



Convoi de femmes (Westward the Women, 1951) de William Wellman
MGM


Avec Robert Taylor, Denise Darcel, Hope Emerson, John McIntire, Julie Bishop
Scénario : Charles Schnee d’après une histoire de Frank Capra
Musique : Jeff Alexander
Photographie : William C. Mellor
Une production Dore Schary pour la MGM


Sortie USA : 31 décembre 1951


Belle année 'westernienne' que celle qui voit sortir pour la clore en apothéose le soir de la Saint-Sylvestre l’un des plus beaux fleurons du genre ! Excellente cuvée 1951 qui, après Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri), sacrait avec Convoi de femmes, William Wellman comme réalisateur le plus marquant de l’année tout comme la précédente, toujours concernant le western, avait été dominée par John Ford et surtout Anthony Mann. Après la vie quotidienne des 'Mountain Men' au-delà du Missouri, le franc-tireur William Wellman se penche sur le long et harassant voyage (plus de 3000 kilomètres), à travers montagnes et déserts, d’une caravane de 150 femmes-pionnières qui, au prix d’efforts surhumains, parties de Chicago pour fuir un passé encombrant ou douloureux, sont arrivées en Californie où elles ont épousé des cow-boys dont elles n'avaient vu que les photos et qui avaient besoin de compagnes pour adoucir leur quotidien et fonder un foyer.


Image


Une histoire véridique pour laquelle Frank Capra s’était passionnée et qui, s’il l’avait réalisé comme il l’aurait souhaité, aurait donné l’occasion de voir un western signé par l’immense réalisateur de New York-Miami (It Happened One Night) ou La Vie est belle (It’s a Wonderful Life) avec même Gary Cooper prévu en tête d’affiche. Mais la Columbia refusa prétextant qu’elle ne faisait pas de western, qu’elle n’avait pas la logistique pour et encore moins de chevaux. Des excuses totalement bidons qui dégoûtèrent Capra et qui le poussèrent à aller raconter cette incroyable odyssée à son ami William Wellman qui put faire financer le projet par la MGM à condition qu’il le réalise. Capra donne son accord. Deux cent femmes furent engagées pour un tournage en décors naturels de onze semaines qui fut aussi éprouvant que les aventures réelles de ces héroïnes de la conquête de l’Ouest ; le résultat sur l’écran étant ainsi criant de réalisme, très fière, la MGM fit un court métrage, ‘Challenge the Wilderness’, consacré au tournage du film ; actrices obligés à apprendre à manier le fouet, conduire un chariot, à tirer, réparer attelage et roues... Avant de parler plus longuement du film, voici la trame de l'intrigue concoctée par le cinéaste de Monsieur Smith au Sénat.


Image


1851. Roy Whitman (John McIntire) est le grand propriétaire d’un ranch dans une vallée californienne isolée. Ses hommes sont d’honnêtes et efficaces travailleurs ; la seule chose qu’il leur manque est un foyer avec une épouse aimante. Il conçoit alors l’idée d’aller chercher des femmes à Chicago destinées à se marier avec sa centaine de cow-boys. Il demande à son contremaitre, Buck Wyatt (Robert Taylor), de l’accompagner pour cette longue mission, lui qui connaît parfaitement le parcours pour y avoir déjà convoyé des pionniers à de nombreuses reprises. Sauf que jusqu’à présent, les pionniers étaient des hommes et qu’il pense que les femmes ne pourront pas supporter cette odyssée dangereuse et harassante. Les inscriptions sont néanmoins très nombreuses pour ce périlleux voyage ; certaines femmes pour échapper à la misère de leurs situations actuelles, d’autres pour commencer une vie nouvelle... Parmi ce convoi de 150 femmes (car on compte sur pas moins de 1/3 de pertes), Patience Hawley (Hope Emerson), la veuve d’un capitaine de marine, Fifi Danon (Denise Darcel), ancienne prostituée d’origine française, Rose Meyers, enceinte d’un enfant illégitime, Mrs Maroni, veuve italienne accompagnée de son fils âgé de 9 ans… Ils devront faire face à de nombreux dangers, obstacles aussi bien humains (cow-boys émoustillés, indiens sur le sentier de la guerre, dureté du convoyeur) que naturels (déserts, tempêtes, descentes de canyons…). Malgré les morts qui émaillent la piste, malgré la dureté du voyage, les femmes, prenant leur courage à deux mains, refusent de faire demi-tour comme le leur conseille Roy Whitman. Après avoir affronté tous ces périples, l’accueil que l’on fera aux survivantes fera chaud au cœur et sera amplement mérité…


Image


… Car le happy-end de ce film se révèle vraiment miraculeux et n’aurait pas dépareillé au sein des finals poignants de beaucoup de films de Frank Capra dont les personnages, après avoir subis différentes et difficiles épreuves, se voient récompensés de la plus belle des manières. Sans jamais forcer la note, Wellman termine son film sur une séquence inoubliable, tout en retenue, sobriété et émotion. Mais nous y reviendrons ! Tout de suite après un générique traditionnel, le film débute, sans grandiloquent prologue écrit ou parlé, par une séquence qui donne d’emblée le ton et le style du film : simplicité, noir et blanc peu glamour et refus du spectaculaire au profit d' une plus grande et âpre véracité. Plus de musique (comme pour tous ses westerns en noir et blanc, il n'y en aura plus aucune) et une attention de documentariste pour filmer des cow-boys faire entrer les chevaux à l’intérieur des enclos. Pas de chichi, aucun folklore mais une volonté de réalisme. S’ensuit une conversation entre John McIntire et Robert Taylor, tous deux agenouillés auprès d'une barrière, triturant en parlant des épis de blé. Une scène qui ressemble énormément à une des premières d’un autre convoi, celui des braves de John Ford. Mais contrairement à ce dernier (et superbe film), quasiment aucun pittoresque chez Wellman ; tout dans la retenue. Puis on assiste au discours du rancher à ses cow-boys, les avisant qu’il allait partir leur chercher des femmes mais que la condition serait de se comporter envers elles avec attention, tendresse et douceur ; ce seront les ferments de cette nouvelle terre. Très belle et simple oraison qui amène à la séquence suivante, à Chicago, l’embauche de ces femmes prêtes à traverser l’Amérique pour changer de vie. Quelques traits d’humour qui ne débordent jamais (il n’y aura aucune séquence du style de celle de la bagarre généralisée dans Across the Wide Missouri), quelques situations cocasses mais surtout une fois encore, une attention extrême portée sur des personnages pour lesquels le cinéaste semble s’être pris d’affection. Une succession de séquences ayant chacune leur propre rythme, comme différents chapitres, la liaison entre chacune étant d'une grande fluidité grâce à une écriture scénaristique rigoureuse et sereine. Avec toujours autant d'harmonie dans l'enchainement des scènes, le périple commence mais Wellman ne cherche pas plus ici le spectaculaire ni le plan fulgurant. On le regrette parfois pensant qu’il n’est pas de taille à rivaliser avec Ford sur ce point mais c’est sa volonté de ne pas avoir cherché la facilité, d’avoir filmé à hauteur d’homme sans jamais chercher à nous en mettre plein la vue.


Image


En effet, comme s’il avait pensé que les spectateurs se feraient la réflexion, à mi-parcours, il semble avoir voulu prouver que s’il le voulait, il était capable de rivaliser avec les plus grands et du coup nous scotche à notre fauteuil par l’intermédiaire d’une séquence plastiquement et rythmiquement splendide, époustouflante de virtuosité, celle de la poursuite à cheval de Denise Darcel par Robert Taylor dans le fond d’un canyon. Succession de plans tous plus étonnants les uns que les autres (notamment cet immense plan d’ensemble filmé sans doute du haut du canyon), montage d’une totale efficacité et final de la séquence d’un lyrisme échevelé qui fait penser à du King Vidor (la gifle puis le baiser passionné). Puis, une fois qu’il a fait retourner ses deux personnages réconciliés (voire plus si affinités) au campement, Wellman reprend son convoi là où il l’avait laissé, filmant la fin du voyage aussi sobrement qu’avant cette scène qui semblait là pour démontrer la parfaite maîtrise cinématographique d’un réalisateur qui sinon, dans ses meilleurs films comme ici, préfère ne jamais céder à la facilité. La preuve, cette séquence virtuose a fait louper au spectateur ce qui s’est passé pendant ce temps là au sein du convoi, tout simplement, le plus gros drame qu’il ait eu à subir depuis son départ, ses plus grosses pertes : les indiens ont attaqués et ont laissés pour mort une dizaine de personnes. Comme si Wellman nous disait : « vous voyez ce que c’est que de faire l’intéressant et de s’extasier devant la pure virtuosité ; pour la peine, je vous priverais de la grande scène de bataille du film pour le fait d’avoir cautionné mon péché d’orgueil. » Qu’à cela ne tienne ; Wellman est un roublard et nous offre néanmoins à cet instant l’un des moments les plus intensément poignants du film, cette litanie des morts, sa caméra glissant à chaque nom, du visage de celle qui le prononce vers le cadavre. Sobre mais très belle idée de mise en scène, comme pour se faire pardonner d’avoir dévoilé trop généreusement son brio.


Image


Bien entendu, j'affabule en imaginant les états d’âme du réalisateur ! C’était juste pour appuyer un peu lourdement sur le fait que ce western est expressément assez rêche esthétiquement parlant (car William C. Mellor avait prouvé à maintes reprises son génie plastique au travers par exemple de son maniement du Technicolor lors du précédent western de Wellman, Across the Wide Missouri) et que le cinéaste ne cherche jamais la joliesse dans sa mise en scène pour trouver un ton plus juste, plus vrai, plus réaliste, sa caméra semblant silencieuse, son regard simplement admiratif. Rien de grandiose ni de majestueux lors de la descente des chariots le long de la montagne comme pouvait l’être la séquence similaire dans La Piste des géants (The Big Trail) de Raoul Walsh. Juste un filmage sec à hauteur d’homme (même carrément à l’intérieur du chariot) qui nous fait mieux appréhender l’effort et la tension qui régnèrent durant cette épreuve surhumaine. A ce moment là, on se dit comme d’ailleurs tout au long du film, comme Jean-Louis Rieupeyrout dans sa grande histoire du western qu’il s’agit probablement du « plus beau monument cinématographique élevé à la gloire de la femme-pionnier ». Un film qui exalte les vertus de ces femmes, leur courage, leur héroïsme, leur endurance et leur envie de liberté ; elles n’en restent pas moins humaines et femmes avec ce qui les caractérisent le plus, leur coquetterie, leur jalousie, leur détermination et leur amour filial. Sans oublier leur force de caractère et leur persévérance : alors que Buck, après le massacre d’une partie du convoi par les indiens, leur propose de rebrousser chemin, elles se lèvent toutes ensemble pour refuser, préférant finir ce qu’elles ont commencé, aller jusqu’au bout de leur rude et dangereux périple, pleine d’espoir dans l’avenir qui les attend. Les préjugés machistes de Buck fondront d’ailleurs au fur et à mesure qu'il les côtoiera et apprendra à mieux les connaître, lui qui les jugeait au départ avec beaucoup de dédain et de condescendance.


Image


Buck, c’est Robert Taylor qui, après son inoubliable interprétation de l'indien Lance Poole dans La Porte du diable (Deevil’s Doorway) d’Anthony Mann, prouvait à ses détracteurs qu’il allait désormais falloir vite oublier sa réputation frelatée de terne bellâtre, de beau gosse romantique. Dans cet autre personnage à contre-emploi, il s'avère une nouvelle fois fabuleux ; il est le convoyeur rustre, intransigeant, hirsute et mal rasé qui n’accepte cette mission que pour l’argent, dur et impitoyable avec les membres du convoi, que ce soient les hommes chargés de l’aider (il en tuera deux ou trois de sang froid pour avoir désobéi à ses ordres ; à ce moment là, on se dit que la folie n'est pas très loin) ou les femmes avec qui il se croit devoir imposer une discipline de fer afin qu’elles s’endurcissent et qu’elles puissent ainsi ne pas succomber à la fatigue et aux divers dangers qu’elles rencontreront. Sa volonté à vouloir coûte que coûte vaincre les obstacles le pousse à être aussi dur qu’eux. Les femmes ne lui en voudront pas et, par juste retour des choses, ce sont elles qui pousseront plus tard ‘leur tortionnaire’ à ne pas flancher ; le sourire de Buck lorsqu’il se rend compte de l’extraordinaire force morale de ce groupe de femmes, de ce qu’il est arrivé à faire d’elles, est inoubliable, mélange de fierté, de bonheur mais aussi d'immense respect. L’autre homme à l’origine de ce convoi, plus altruiste, c’est John McIntire dans le rôle du rancher magnanime qui pense avant tout au bien-être de ses travailleurs ; moins présent à l’écran, il n’en est pas moins excellent. Quant au cuisinier japonais, on aurait pu craindre que Wellman s’en serve comme faire valoir comique ; s’il est à l’origine de quelques saillies ou situations amusantes, il n’en est cependant rien. Le personnage, très sympathiquement interprété par le petit Henry Nakamura, est au contraire porteur de sagesse et de patience, de franchise et de réflexion ; une sorte de Jiminy Cricket temporisateur pour le rude contremaitre qui d’ailleurs écoute avec attention ce qu’il a à lui dire. Outre les scènes de dialogue qu'il aura avec Robert Taylor, le cinéaste lui offre des séquences rien qu'à lui comme celle, très attendrissante mais aucunement mièvre, où il vient récupérer le chien retourné sur la tombe de son jeune maître tombé tragiquement alors qu'il apprenait à manier le fusil à sa mère.


Image


Reste le premier rôle pour une fois attribué à cette galerie de femmes demandant avec insistance leur liberté de choix (de vie, d'époux...) avec à leur tête l’actrice d’origine française Denise Darcel que William Wellman avait déjà fait tourner dans un autre de ses chefs-d’œuvre, Bastogne (Battleground), mais qui ne fera malheureusement pas une grande carrière, son rôle le plus connu allant lui être donné deux ans plus tard par Robert Aldrich dans Vera Cruz. Dans Convoi de femmes, elle interprète une ancienne fille aux mœurs légères et se révèle splendide dans tous les sens du terme. Filmée souvent en contre plongée, comme vue subjectivement par les yeux du convoyeur qui voit en elle une des fortes têtes du convoi, elle possède un charme fou et surtout un formidable charisme qui éclate dans la séquence déjà citée de la course-poursuite dans le canyon. Son ultime scène, celle qui clôt aussi le film, est inoubliable. A ses côtés, comment ne pas dire un mot sur Hope Emerson dans le rôle de la veuve d’un officier naval, maîtresse-femme au physique ingrat mais qui ne s’en laisse pas compter et qui a gardé de son mari de rudes expressions maritimes ; elle représentera aussi la sagesse, dénonçant la stupidité du crêpage de chignon qui donne lieu à une bagarre à poings nus d’une violence et d’une sécheresse digne de celle qui oppose des hommes dans de multiples autres westerns. Au sein du groupe, d’autres portraits très attachants comme celui de cette jeune femme enceinte qui trouve parmi les cow-boys un homme qui accepte de l’épouser et dont l’accouchement en plein désert va être l’occasion d’un des moments les plus émouvants de cette épopée humaine. On trouve aussi cette maman italienne qui après une traversée qui lui sera tragique trouvera sans doute le bonheur auprès d'un compatriote exilé lui aussi ; et bien d'autres encore...


Image


Convoi de femmes, c'est aussi un peu un retour aux sources du western, quand celui-ci, à ses débuts, nous proposait des fresques à la gloire des pionniers et de la conquête de l'Ouest. Des histoires sur la conquête de ses immensités âpres et rudes par des hommes et des femmes rapidement façonnés et endurcis à leur contact et obligés d'être impitoyables pour pouvoir ensuite survivre ; une marche vers le Far-West au cours de laquelle le danger ne provenait pas seulement de l'agressivité des Indiens (qu'on peut d'ailleurs comprendre) mais de l'hostilité de la terre elle-même, du climat, du soleil ardent et donc de la soif. Des films donnant un rôle prépondérant aux décors naturels comme l'avait déjà fait Across the Wide Missouri, encore et toujours lui. Des films prônant l'Amérique comme la terre de tous les possibles, de tous les rêves, celle de nouveaux départs, de la seconde chance et bien évidemment aussi, du melting-pot ; ici se côtoient japonais, italiens, français et américains. Une fois traversées toutes ces épreuves, les femmes arrivent donc à bon port en Californie (où Hope Emerson dit "Il sent bon l’homme, ce coquin de vent qui vient de là-haut") et l'avenir leur appartient. Mais avant de rencontrer leurs futurs époux, dans un élan de coquetterie qui leur fait honneur, elles souhaitent leur apparaître dignes, donc propres et bien vêtues. Elles obligent donc Buck à leur ramener tous les tissus qu'il pourra afin qu'elles se fabriquent de nouveaux vêtements neufs. Ellipse et les voilà toutes bien mises, rassemblées à l'intérieur des chariots qui entrent en ville. S'ensuit la séquence d'une douceur et d'une sensibilité toute 'capraesque' du choix des hommes par ces femmes courageuses. Et c'est un déluge d'émotion qui nous submerge jusqu'à la dernière seconde. Après de telles épreuves, une telle intensité dramatique, ces femmes admirables sont peut-être en train de retrouver la sérénité et le bonheur et ce happy end ne nous semble absolument pas galvaudé mais nous réjouit au contraire ; il récompense les efforts consentis par ces femmes que nous avons appris à connaître et à aimer et il s'avère être pour elles totalement mérité. La profonde humanité que leur voue le cinéaste trouve son point d'orgue lors de ce mémorable final au cours duquel les hommes les accueillent avec respect, tendresse et gentillesse.


Image


Attention cependant, contrairement à ce que j'aurais pu vous laisser croire lors de ma description du ton et du style du film, l'économie narrative et la pudeur de la réalisation n'empêchent pas des cadrages constamment maîtrisés, une mise en scène jamais répétitive et de nombreuses séquences d'une grande force dramatique, captivantes et tendues (l'orage dévastateur, la descente des chariots dans une pente très raide, l'affolement des mules, l'accouchement en plein désert, le viol d'une ex-prostituée et le 'meurtre' du violeur par Buck...) Presque deux heures durant, Wellman va tour à tour nous émouvoir, nous émerveiller, nous fait rire, sourire et nous scotcher à notre fauteuil. Quant au magnifique final, il devrait vous faire vous lever de votre fauteuil, les larmes aux yeux, exultant de bonheur ! Un western atypique, vibrant hommage à ces pionnières, mélange de réalisme sec, de tendresse, de vigueur et de l’humanisme typique de l'auteur de l'histoire. Le mélange des styles et des univers aussi opposés que ceux de Wellman et Capra pouvait sembler incohérent sur le papier mais l'âpreté de l'un accolée à la douceur de l'autre se révèle finalement être une mixture totalement harmonieuse, et le résultat en est ce formidable et puissant chef-d’œuvre !

Avatar du membre
Yosemite
Chercheur d'or
Chercheur d'or
Messages : 4863
Localisation : Paris (Texas ?)

Re: Convoi de Femmes - Westward the women - 1951 - William A. Wellman

Messagepar Yosemite » 12 sept. 2019 11:22

Je m’étais mis en tête de revoir tous les westerns de Wellman qui figurent dans mes étagères, c’est fait. En terminant par Westward the women, c’est donc une fin en beauté, un western dont je ne me lasse pas et que j’avais découvert à la télé il y a fort longtemps.
Pas grand-chose à rajouter après l’analyse fort complète de Moonfleet, j’ai également retrouvé toute l’essence du genre dans cette œuvre qui concentre l’épopée de la conquête de l’Ouest. Et puis quand même, quelle belle histoire qui naît ici du rêve de Roy Whitman parlant avec une emphase touchante de « sa terre », la meilleure du monde, tout simplement.
Et ensuite, quelle belle idée d’adapter cette épopée dans un genre où, il faut bien le reconnaître, les femmes ne sont pas toujours bien représentées.

Alors voilà, à l’arrivée nous avons un chef-d’œuvre en effet.
Yo



Retourner vers « Les Westerns : critiques et illustrations de films »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 4 invités