L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

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Compte Supprimé 0A
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Compte Supprimé 0A » 16 nov. 2015 17:13

Le meilleur western d'Anthony Mann. J'attendais "L’Appât" comme une sorte de huis clos psychologique, FAUX, ça n'est pas du huis clos, contrairement à ce que l'on pense, le film se déroule dans pas mal d'endroits différents, une sorte de mini aventure, pour qu'Howard Kemp ( oui vous l'aurez compris c'est mon pseudo :) ) ramène le hors la loi pour la prime.

Alors il y a beaucoup de choses a dire sur ce film, déjà il y a un coté convivial et intéressant, car finalement beaucoup de personnages participent à cette aventure, aux cotés de Kemp, il y a aussi énormément de rebondissements, du au coté psychologique, ou forcément, Vandergroat ( Robert Ryan ) tente de sauver sa peau par toutes les façons, avec sa une femme entre les deux hommes.

Le rôle joué par James Stewart est très intéressant, sorte d'anti-héros, perdant, dans la dure réalité de la vie, mais qui ne renonce pas. Après voilà je pense aussi au prospecteur a ses cotés, confident, et le déserteur Ray Anderson intrigant. Un groupe de personnages qui passent, là et là, et qui évoluent. Ensuite les paysages sont juste MAGNIFIQUE, c'est un film très vert et rocheux. La fin est très sympa aussi.

Spoiler: Montrer
Un seul regret qui serais la mort des deux alliés de Kemp.

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lasbugas
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar lasbugas » 02 avr. 2016 17:50

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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar lasbugas » 01 mai 2016 7:09

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lasso
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar lasso » 02 mai 2016 17:56

Revu, mais toujours dérangeant, Stewart (Kemp)Cocu, ayant perdu son ranch, en étant trop confiant à sa fiancée, lors de son départ pour le guerre civile, veut se venger d'un meurtrier hors-la-loi du Kansas et ce seulement pour encaisser la prime de
$ 2000, qui en fait est de $ 5000, mais ceci il veut le cacher, pour ne pas attirer le gain trop important, pour d'éventuels
concurrents. Par astuce il force un vieux chercheur d'or, malchanceux, à lui mener main forte, ainsi qu'à un jeune officier
dégradé et renvoyé. Il sera contraint à partager la prime de 5000$ avec ces deux énergumènes, qui se montrent plus
courageux que lui-même, qui lui n'est qu'un coureur de jupe, femme, dont il a besoin pour faire le ménage dans le nouveau
foyer en Californie.

Un personnage vraiment antipathique. Blessé, il peut même "crowler" plus vite que que Ryan dans la grotte. Un petit Superman.

Quand à : "entièrement tourné dans les Rockies au Colorado", j'avais l'impression, dès le générique, qu'on a utilisé pas mal
de coulisses, fonds d'écrans.

le très amoureux
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the Naked (Hot) Spur
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Re: L'Appât - The Naked Spur - Anthony Mann

Messagepar U.S. Marshal Cahill » 16 avr. 2017 9:23

le dvd italien
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CAHILL, UNITED STATES MARSHAL
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar metek » 26 avr. 2019 2:18

James Stewart, Janet Leigh - The Naked Spur (1952)

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Moonfleet
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Moonfleet » 26 avr. 2019 7:30

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L’Appat (The Naked Spur, 1952) de Anthony Mann
MGM


Avec James Stewart, Robert Ryan, Janet Leigh, Millard Mitchell, Ralph Meeker
Scénario : Sam Rolfe & Harold Jack Bloom
Musique : Bronislau Kaper
Photographie : William C. Mellor (Technicolor)
Un film produit par William H. Wright pour la MGM


Sortie USA : 06 février1953

Winchester 73, La Porte du diable (Deevil’s Doorway), Les Furies (The Furies) et Les Affameurs (Bend of the River) : déjà quatre westerns à l’actif d’Anthony Mann, déjà quatre éclatantes réussites ! Et bien, les fans ont du être rassurés en ce mois de février 1953 puisqu’ils purent constater avec contentement que le suivant n’allait pas démériter. Mais, si tout le monde est d'accord pour dire que le niveau de ce corpus westernien (James Stewart inclu ou non) côtoie les sommets, chacun en fonction de ses goûts ou de ses attentes est néanmoins en droit de préférer tel à tel autre. Si The Naked Spur fait partie du fameux cycle de westerns que le réalisateur a tourné avec comme acteur principal James Stewart, il a toutefois également un point commun avec le précédent western MGM d’Anthony Mann, La Porte du diable. Tous deux sont de parfaites épures en ce sens qu’ils ne dévient à aucun moment de leur sujet principal et foncent droit au but jusqu’au final sans quasiment s’arrêter sur une quelconque romance, sans en passer par une quelconque digression. Dans The Naked Spur, pas de ville, pas de ranch, aucun intérieurs (saloon ou autres), pas de seconds rôles ni d'intrigues secondaires ; nous assistons à un véritable huis-clos en plein air avec seulement cinq personnages, trois des cinq se trouvant devoir en convoyer un quatrième pour toucher la prime prévue pour son arrestation. L’intrigue ne consistera qu’en une seule chose ; pour le prisonnier, à faire se monter ses trois geôliers les uns contre les autres et pour ces derniers à ramener le bandit en prison, le cinquième protagoniste n’étant autre qu’une jeune femme accompagnant le hors-la-loi (elle n’en aura pas moins une importance capitale puisque elle se révèlera être la force rédemptrice de Kemp.)


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Rien que par l’intermédiaire du générique et de sa musique, on pouvait pressentir que L’Appât ne serait pas dans la même lignée que le précédent western d’Anthony Mann, le sublime Les Affameurs. A la majesté et à la sérénité du thème principal de Hans J. Salter se substitue un score de Bronislau Kaper d’un tout autre style [dommage que le thème attribué à Lina, reprise d'un air célébrissime dont je ne retrouve plus l'origine au moment où j'écris, soit aussi peu raccord et mal choisi]. Alors que les noms des cinq acteurs défilent sur fond de vastes paysages montagneux, c’est tout juste si l’on entend la musique, les premières mesures presque imperceptibles s’avérant d’une 'douce austérité'. Puis, de ce très large plan d’ensemble, un violent et très rapide panoramique nous fait passer à un très gros plan sur les éperons d’un cavalier, la partition devenant à la même seconde stridente et torturée. Ce n’est plus comme le somptueux thème de Bend of the River, une invitation sans grandiloquence au voyage, à l'aventure et aux grands espaces mais ce qui ressemblerait plus à une plongée vertigineuse au sein des cerveaux tourmentés des protagonistes de cette œuvre amère et sombre, plus proche du film noir que les précédents westerns de Mann et qui, par le fait, devrait mieux convenir à ceux qu’habituellement le western classique de ces années là rebute. Avant d’en arriver au pitch, laissons parler le réalisateur qui explique l'origine du titre de son western lors d’un entretien paru dans Les Cahiers du Cinéma : « Nous étions dans une région magnifique, Durango, et tout se prêtait à l'improvisation. J'ai voulu montrer la montagne et les torrents, les sous-bois et les cimes, bref, retrouver tout un climat "Daniel Boone" : les personnages en sortent grandis. En ce sens, le tournage m'a donné de réelles satisfactions. Le piton rocheux sur lequel ont été tournées les dernières séquences s'appelle effectivement "The Naked Spur" [L'éperon nu]. Je me suis dit : "Un éperon doit être l'arme décisive qui ponctuera le drame". C'est là toute l'origine du combat final entre Robert Ryan et James Stewart. »


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Trois hommes se rencontrent fortuitement au sein d’une nature verdoyante et rocailleuse ; ce sont Howard Kemp (James Stewart), un fermier taciturne dépossédé de son ranch par sa femme alors qu'il était parti à la guerre et qui souhaite désormais se refaire un petit pactole par tous les moyens pour récupérer son bien ; Roy Anderson (Ralph Meeker), un ex-officier nordiste à la moralité douteuse, déchu pour avoir violé une jeune indienne et du coup recherché par la tribu voulant lui faire payer cet affront ; enfin Jesse Tate (Millard Mitchell), un vieux prospecteur à la perpétuelle recherche d'un bon filon. Les voilà réunis pour aider Kemp à appréhender Ben Vandergroat (Robert Ryan), un hors-la-loi dont la tête est mise à prix pour 5000 dollars. Ils réussissent d’autant plus vite à s’en emparer que Ben était tombé à cours de munitions. Ce dernier est accompagné de Lina (Janet Leigh), la fille d’un de ses complices qu’il a pris sous son aile suite à la mort de ce dernier ; paraissant amoureuse de son ‘tuteur’, elle croit en tout cas dur comme fer à son innocence. Nos trois ‘chasseurs de primes’ improvisés doivent maintenant conduire leur captif vers une ville lointaine du Kansas pour toucher la récompense mais le voyage sera parsemé d’embûches, d’autant plus que les tensions sont palpables entre les membres de cet improbable quintet ; il faut dire que le prisonnier fait tout pour instiller la jalousie et la méfiance dans les esprits, espérant ainsi semer la discorde entre ses trois geôliers...


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Dans l'ordre d'apparition à l'écran, nous rencontrons en premier lieu Howard Kemp (James Stewart). Taciturne, pas spécialement sympathique, il pourrait s'agir d'un des premiers ‘Bounty Hunter’ de l'histoire du western, l'un de ces fameux chasseurs de primes immortalisés la décennie suivante par Sergio Leone. Comme il en sera pour tous les autres protagonistes, nous n'apprendrons des bribes de son passé et nous ne connaitrons ses motivations que de manière très parcellaire, l'ambigüité du personnage (comme celle de tous les autres) n'étant jamais vraiment levée. Si Kemp se fait passer en premier lieu pour un shérif, on découvre bientôt qu'il ne s'agit que d'un rancher bafoué, trahi, dépossédé de ses biens alors qu'il se battait dans les rangs de l'Union durant la Guerre de Sécession. A son retour des combats, il trouve sa ferme et ses terres vendues, son épouse partie avec un autre homme. Désespéré et rempli d'amertume (on ne le serait à moins), depuis ce jour, il cherche par tous les moyens à se refaire une fortune mais de manière rapidement amassée, celle qui consiste donc à chasser les hommes dont la tête est mise à prix ; bref, comme le lui reprochera Lina, en se mêlant de ce qui ne le regarde pas, prêt à tuer un homme qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam, même pas certain de sa culpabilité et s'en fichant d'ailleurs comme d'une guigne du moment que la prime tombe dans sa poche. Nous sommes loin des héros purs et durs du western traditionnel car Kemp s'avèrera non seulement guère très aimable mais dans le même temps névrosé et violent, voire inquiétant et parfois odieux. Mais, comme dans Bend of the River, ce chemin parsemé d'embûches et de cadavres, l'amènera à la rédemption, ici par l'intermédiaire de Lina.


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Lina est personnage un peu en retrait, une jeune femme habillée et coiffée à la garçonne, toute entière dévouée à celui qu'elle prend pour son bienfaiteur. Il s'agit d'ailleurs du seul protagoniste totalement positif, témoignant même d'une profonde humanité ; les seuls actes de malveillance qu'elle pourra commettre seront le résultat de sa naïveté et de sa trop grande confiance en l'homme qui l'a recueilli après la mort de son père. On peut donc tout à fait comprendre cet attachement presque amoureux. Au fur et à mesure de l'avancée du périple, elle va se rapprocher de Howard Kemp dont elle finit par apprendre le passé, ce qui lui permet de mieux comprendre ses motivations sans cependant les excuser. C'est néanmoins par le fait de vouloir au final le suivre en faisant table rase de son passé qui va faire prendre conscience à Kemp, touché par ce désintéressement, qu'il se fourvoie et qu'il prend une mauvais chemin. Car, comme le dit si bien Ben lorsque Kemp lui donne le choix entre la pendaison et la balle dans la tête, "Choosin' a way to die ? What's the difference ? Choosin' a way to live -- that's the hard part". Ben, c'est le mauvais garçon non dénué de charme et de séduction, toujours le sourire aux lèvres (même s'il s'agit d'un sourire cynique) et qui semble ne penser qu'à sa survie, à juste titre d’ailleurs (n'ayant plus longtemps à vivre dans le cas contraire). Malgré son air canaille, on se prend parfois à se demander s'il est bien coupable du meurtre dont on l'accuse ; la confiance que lui porte aveuglément Lina, la tendresse qu'il semble avoir à son égard, nous le font prendre un moment en sympathie. Et pourtant cet homme arrogant et roublard ne cherche qu'une seule chose : à insidieusement semer la zizanie parmi ses "sentinelles", à gangrener uniquement par la parole (puisqu'il aura les mains liées quasiment tout du long) les relations qui pourraient se tisser entre eux en faisant ressortir leurs plus vils instincts : la cupidité, l'avidité, l'égoïsme et la jalousie. Si le pittoresque est quasiment absent du film, voir ce longiligne acteur assis sur son âne restera pourtant une image assez cocasse.


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Empathie qui aura en revanche du mal à se manifester envers le personnage opportuniste joué par Ralph Meeker, un soldat déchu de l'armée pour avoir violé une jeune indienne. Pareillement cynique mais capable devant nous de provoquer un massacre d'indiens d'une tribu pourtant pacifiste. Il trouvera néanmoins à se faire excuser par ses compagnons en leur disant que c'était ça ou sa propre mort puisque ces guerriers étaient à sa recherche pour lui faire payer sa mauvaise conduite envers une 'squaw' de leur tribu. Mais la violence et le plaisir avec lesquels il mène ce carnage nous font nous demander si le chasseur n'est pas une bête plus féroce que le bandit qu'il ramène pour être jugé. Quant au cinquième larron, il s'agit d'un prospecteur que l'on croirait tout droit sorti du Trésor de la Sierra Madre, Jesse faisant beaucoup penser au personnage joué par Walter Huston dans le film de son fils, mais dépourvu de l'aspect picaresque que Huston pouvait avoir. Pas spécialement méchant mais il n'hésitera pas à abandonner ses compagnons de route quand on lui fera miroiter un filon ; il sera néanmoins puni par son avidité. Bref, quatre personnages masculins égoïstes, individualistes à l'extrême et peu recommandables, mus par l'appât du gain ou par l'instinct de survie mais auxquels on peut cependant parfois s'attacher.


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Puisqu'il s'agit d'un âpre huis clos en grands espaces, n'oublions pas le sixième protagoniste du film, presque aussi important que ceux de chair et de sang qui le traversent, les Rocky Mountains, ce cadre sauvage, aéré et somptueux, cette nature omniprésente au sein de laquelle nous voyons se déchirer ces antihéros et qui peut se révéler menaçante et insidieuse. Paysages montagneux admirablement filmés par Anthony Mann, subtilement photographiés par William C. Mellor qui décidément a une prédilection pour les forêts de bouleaux ; c'était déjà lui qui les magnifiait dans Au-delà du Missouri (Across the Wide Missouri) de William Wellman. Impossible de les oublier ainsi que le torrent 'catalyseur' du final. Si l'on peut juger les scénarios de Borden Chase un peu plus fins dans la description des personnages, le premier travail du duo de scénaristes Sam Rolfe & Harold Jack Bloom est pourtant grandement satisfaisant, d'une assez belle richesse psychologique malgré des personnages un peu trop fortement caractérisés. On regrettera juste un Robert Ryan souvent au bord du cabotinage (son interprétation était un tout petit peu plus subtile dans Horizons West de Budd Boetticher où il tenait déjà le 'mauvais rôle') et une Janet Leigh un peu trop en retrait. Sinon, James Stewart se révèle grandiose, nous délivrant une performance extraordinaire et surtout sacrément étonnante ! Envolés les héros immaculés de Capra, place à un homme névrosé, rongé par la haine et la colère ; difficile d'effacer de sa mémoire cette séquence où, au sein d'un plan fixe de paix nocturne, la tête du comédien apparait brusquement en bas du cadre, Howard Kemp criant comme un forcené au sein d'un délire qui dure quelques longues secondes. Un très grand numéro d'acteur dans lequel James Stewart, avec sa veste élimée, son regard fatigué mais farouche, son visage hirsute et son inquiétante détermination, casse une fois de plus son image de "bon américain" de la plus surprenante des manières.


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Si la simplification de l'intrigue à l'extrême, l'austérité et l'âpreté du ton peuvent rendre The Naked Spur moins immédiatement plaisant que les précédents westerns d'Anthony Mann, si le manque d'empathie envers des personnages tous outrancièrement individualistes peut aisément se comprendre et créer une certaine distance entre le film et le spectateur, il pourra pour ces mêmes raisons plaire à ceux qui apprécient quand un réalisateur les prend à rebrousse poil, quand les protagonistes ne leur sont pas immédiatement sympathiques. Mais si quelques éléments du scénario peuvent poser problème (l'étirement un poil trop long de la scène dans la grotte), l'unanimité se fera probablement à propos de la mise en scène, toujours aussi rigoureuse et virtuose. On s'émerveillera très souvent devant la perfection et le soin apportés à tel cadrage, la beauté de tel plan, la soudaineté de tel travelling, la parfaite gestion de la topographie, l'efficacité des scènes d'action ; à ce propos on reconnaitra l'importance que le cinéaste accorde aux séquences de fusillades dans les rochers (plus encore que celle concluant Winchester 73, les deux séquences qui encadrent l'Appât sont absolument fantastiques, la parfaite gestion du temps, du rythme et de l'espace nous donnant des moments de suspense imparables) et on sera stupéfié par les éclairs de violence surgissant au moment où on s'y attendait le moins (voir la mort de Jesse ou l'éperon fiché dans la joue) et parfois même alors que la quiétude semblait avoir envahi l'écran (voir la séquence du délire de James Stewart déjà décrite ci-avant). Le travail sur le son est tout aussi remarquable ; on n'oubliera pas de sitôt l'impression que nous aura laissé le silence de mort qui suit le massacre des indiens, le bruit des rochers qui dévalent en avalanche ou celui tumultueux du torrent lors du dernier quart d'heure.


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Tourné avec très peu de moyens financiers, L'âppat fit faire de gros (et mérités) bénéfices à la compagnie qui le produisit, la MGM, studio trop souvent villenpidé pour la mièvrerie de ses films modelés pour la famille et trop régulièrement accusé de chercher à ratisser le plus large possible. En ce qui concerne sa production de western, on peut affirmer que c'est tout le contraire qui a eu lieu ; s'il n'a pas été le plus prolifique, loin de là, c'est jusqu'à présent le studio du lion qui a presque été le plus culotté dans ce domaine, le plus adulte. Et le film de Mann est une nouvelle preuve de ce que j'affirme ici. Il ne se conclura pas moins par un happy end qu'il est tout autant difficile de rejeter tellement il s'avère touchant. Affranchi des fantômes de son passé, libéré de ses bestiales pulsions, Kemp accepte le 'sauvetage' moral de son âme par une femme qui se donne toute entière à lui en lui faisant comprendre qu'elle a déjà tout effacé de son esprit et qu'elle souhaite repartir à zéro. Superbe image finale après que Kemp ait versé des larmes libératrices qui nous sont allées droit au cœur ! Un superbe exercice de style en même temps qu'une captivante étude de caractères. Pas le film d'Anthony Mann auquel j'accroche spécialement le plus mais néanmoins encore une sacré réussite !

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Arizona Kid
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Arizona Kid » 08 juil. 2019 19:07

Des cinq opus du cycle Mann / Stewart, je dois avouer que L'Appât était jusqu'à présent celui que j'appréciais le moins.
A cela une bonne raison: tout comme L'Homme de la Plaine -largement réévalué depuis-, je me le suis farci jusqu'à l'overdose en cours de cinéma au lycée, durant l'année 2004: Monsieur Brilland, sympathique prof au demeurant, n'avait de cesse de nous le faire analyser sous toutes les coutures et d'en tirer des interprétations aussi oiseuses que tirées par les cheveux (je vous fiche mon bifton que si le père Mann avait eu en tête tout ce que le prof lui a fait dire post-mortem, il n'aurait jamais eu le temps de tourner son film) :roll:

Du coup, j'avais envie de pendre Anthony Mann à la première branche venue -mais pas de bol, le bougre était déjà mort- et je ne pouvais plus encadrer James Stewart, que j'affectionnais pourtant déjà chez Hitchcock.
Ces cours rabâchés de semaine en semaine m'avaient sans doute inconsciemment dégoûté du genre, puisque je ne devais revenir vers le western -américain j'entends- que plus de dix ans plus tard, en 2016, plus ou moins conjointement avec mon inscription sur ce forum.

Depuis lors, je continuais donc à nourrir une certaine défiance vis-à-vis de cet Appât, alors que Les Affameurs, L'Homme de la Plaine, Je suis un Aventurier et même Winchester 73 (classement purement personnel) avaient rejoints la liste de mes Stewart westerniens favoris.
Deux visionnages du DVD ayant échoué à me réconcilier avec ce film, ce n'est qu'aujourd'hui, au terme d'un troisième essai motivé par le désoeuvrement face à l'absence de nouveauté dans ma collection, que je puis enfin annoncer y avoir pris un petit plaisir.
Oubliant la frustration de mes cours barbants et dogmatiques, je me suis concentré sur la qualité du scénario et de l'interaction entre ces cinq protagonistes, dont on peut dire qu'aucun, en définitive, n'est réellement sympathique.

Chacun est charismatique à sa manière, tout en étant motivé par l'appât -hé hé- du gain, qui sera d'ailleurs fatal à trois d'entre eux.
Réflexion faite, je pense d'ailleurs que James Stewart trouve là le rôle le plus moralement ambigu de son quintet " mannien ", plus radical que son personnage de pistolero repenti des Affameurs, et plus loin encore de la figure du frère en quête de vengeance de L'Homme de la Plaine et de Winchester 73.

C'est à un véritable drame en vase-clos à ciel ouvert que nous assistons, presque à une pièce de théâtre qui aurait pour décor les somptueux panoramas verdoyants du Colorado et des Montagnes Rocheuses.
Cinq acteurs principaux, une poignée de figurants indiens et quelques chevaux: le western sauvage dans toute sa sécheresse.
De James Stewart à Millard Mitchell, de Robert Ryan à Janet Leigh via Ralph Meeker, chacun de ces anti-héros semble damné par le destin, cadenassé dans une malédiction dans laquelle il s'est lui-même embourbé, au point de ne plus pouvoir faire machine arrière.
Et si, comme d'habitude, la rédemption arrivera in extremis pour notre cher James Stewart, nul doute que, le rideau retombé sur le traditionnel The End, le personnage de Kemp se souviendra tout le reste de son existence de cette périlleuse aventure, au cours de laquelle il aura manqué de laisser non seulement la vie, mais surtout l'âme.

Enfin, je dirai que si L'Appât ne comptera jamais parmi mes westerns préférés d'Anthony Mann, je suis heureux d'avoir pu réviser mon jugement à son sujet, et d'en admirer les qualités qui m'étaient jusqu'alors masquées par mes souvenirs de frustration lycéenne.

icongc1
Modifié en dernier par Arizona Kid le 23 oct. 2019 18:54, modifié 2 fois.
" Personne ne t'empêchera de partir si c'est ce que tu veux; mais laisse-moi te donner un conseil, fiston: dans ce pays, c'est très mal vu de toucher au cheval d'un autre homme... " (Joël McCrea, Cattle Drive, 1951)
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar chip » 08 juil. 2019 22:31

Le western de Mann que je préfère, mais tous sont remarquables .

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Longway
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Longway » 09 juil. 2019 11:05

Comme Arizona Kid, c'est le western d'Anthony Mann que je place en dernière position derrière les quatre autres ayant pour vedette James Stewart.
C'est aussi celui que j'ai visionné le moins de fois ( deux je crois ). Peut-être le western le plus personnel de ce réalisateur. Il ne m'a jamais vraiment accroché.
La musique également, surprenante pour le genre, mais par contre je la trouve adaptée au contexte du film.

J'aimerais pourtant le réévaluer, mais toutes les éditions DVD ou enregistrements TV jusqu'à présent proposés sont décevants.
Impossible de le projeter sur grand écran, la définition étant médiocre, le sixième protagoniste si bien mentionné par Moonfleet, à savoir les paysages majestueux des " Rocky Mountains ", sont dévalorisés par une image floue en arrière plan.
Pour moi, rien que ce défaut gâche le plaisir d'une redécouverte enfin positive de ce western.

Une complète restauration s'imposerait, avec bluray à la clé.

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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Moonfleet » 09 juil. 2019 12:19

Longway a écrit :
Une complète restauration s'imposerait, avec bluray à la clé.



C'est clair : en l'état difficile de pouvoir l'apprécier à sa juste valeur.

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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar chip » 09 juil. 2019 13:59

Dvd très net sur mon téléviseur (101 cm) nul besoin de bluuuray :D

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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar lasso » 09 juil. 2019 14:35

mon DVD d'origine Belge aussi bien net :D

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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Arizona Kid » 09 juil. 2019 15:52

Pour ma part, j'avais parfois une image un poil pâteuse et pixellisée, notamment sur les panoramiques un peu rapides, mais mon DVD -pourtant lu sur une platine Blu-ray- était il est vrai restitué sur une TV UHD 4K, ce qui en général ne fait guère de cadeaux aux " simples " sources SD.
Mais ne boudons pas notre plaisir, nous avons tous vu ici des DVD de westerns de bien plus mauvaise facture :wink:
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Re: L'Appât - The Naked spur - 1952 - Anthony Mann

Messagepar Longway » 09 juil. 2019 19:55

chip a écrit :Dvd très net sur mon téléviseur (101 cm) nul besoin de bluuuray :D
lasso a écrit :mon DVD d'origine Belge aussi bien net :D

Je m'attendais à ces réponses, je ne suis nullement surpris. :lol:

J'ai également un 101 cm HD, parfaitement bien réglé sur l'option " image cinéma ", alimenté par un lecteur bluray Sony.
Même avec tous ces avantages, l'image n'est pas d'une grande qualité visuelle.
Quant à le voir en vidéoprojection, ce n'est même pas la peine d'en parler.
Désolé de vous le dire, mais depuis l'avènement de la HD, je suis devenu très difficile, et ce dvd de " L'appat" ne correspond pas du tout aux normes actuelles de confort visuel.

En définitive, peu de différence avec la copie du commerce sur vhs, si ce n'est la définition supérieure acquise grâce au support dvd.
J'ajoute qu'il est même préférable de le visionner sur un ancien téléviseur cathodique, c'est tout dire !

Mais bon, si cela suffit à votre bonheur... je suis heureux pour vous amigos ! :sm57:



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