Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

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Longway
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar Longway » 16 juin 2018 14:54

Article paru dans l'hebdomadaire " Tintin " du 6 Avril 1961.
Si quelques mois plus tôt " Alamo " eut droit à tous les honneurs avec 5 pages consacrées au film, il n'en fut rien pour les " 7 mercenaires ".
Une seule page, ce western mythique aurait mérité mieux.


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Et pour Arizona Kid, voici la couverture de ce numéro.

N°650
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harry
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar harry » 29 mars 2019 8:30

Je crois comprendre ceux qui trouvent Les 7 mercenaires trop " commercial " et aussi ceux qui pensent que ce western ouvre la voie au western européen
, d'accord avec eux , reste une réunion d'acteurs anciens et nouveaux formidables , une musique exceptionnelle , de l'action et des scènes inédites ( le défi de Robert Wilke à James Coburn) , et également le sens de l'honneur et de la dignité envers les paysans et avec les mercenaires envers eux mêmes . :o
Pour l'apprécier encore plus , je l'ai acheté en blu ray ( de 2011 ) . Encore une fois je dis que la musique de Bernstein est primordiale dans ce succès . :D
Pour tous ceux qui aiment les bandes originales de films , et surtout des westerns , pourriez me répondre et citer vos meilleurs BO ?
Je me permet de citer mes préférées : La conquête de l'ouest , Les grands espaces , il était une fois dans ... etc ) .
Question aux spécialistes : le mécano de la générale , sur le site, n'est pas un western , pas d'accord !
Merci d'avance pour vos réponses et critiques . :-x

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Longway
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar Longway » 30 mars 2019 12:39

harry a écrit :Pour tous ceux qui aiment les bandes originales de films , et surtout des westerns , pourriez me répondre et citer vos meilleurs BO ?
Je me permet de citer mes préférées : La conquête de l'ouest , Les grands espaces , il était une fois dans ... etc ) .


[ service modération ]

Il existe un topic ouvert depuis longtemps pour les réponses que tu attends.
Voici le lien : https://forum.westernmovies.fr/viewtopic.php?f=16&t=1759

Pour ceux qui veulent répondre, merci de le faire dans cette rubrique.

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Moonfleet
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar Moonfleet » 02 mai 2019 8:02

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Les Sept mercenaires (The Magnificent Seven - 1960) de John Sturges
UNITED ARTISTS


Avec Yul Bryner, Steve McQueen, James Coburn, Brad Dexter, Charles Bronson, Robert Vaughn, Horst Buchholz
Scénario : William Roberts d’après Les 7 samouraïs de Akira Kurosawa
Musique : Elmer Bernstein
Photographie : Charles Lang (DeLuxe 2.35)
Un film produit par Water Mirisch pour la United Artists


Sortie USA : 23 octobre 1960


Dans le Nord du Mexique à la fin du 19ème siècle. Un petit village de paysans reçoit fréquemment la visite peu amicale de Calvera (Eli Wallach) et ses quarante bandits qui pillent à chaque fois une bonne partie des récoltes, laissant juste aux habitants de quoi survivre. Ce jour-là, un paysan ayant voulu se rebeller est abattu par le chef des brigands. C’en est trop pour la communauté qui décide d’aller chercher de l’aide pour ne plus avoir à subir les exactions de Calvera. L’ancien du village a pour idée d’envoyer trois de ses concitoyens aller acheter des armes aux États-Unis avec le peu d’argent que les habitants ont pu réunir. Dans la première ville qu’ils atteignent, les trois péons assistent à une violente et meurtrière altercation d’où sort grand vainqueur Chris Adams (Yul Brynner). Ayant entendu parler du problème des mexicains, Chris leur propose, plutôt que de payer des armes dont ils ne sauraient se servir, de louer les services de mercenaires qu’il se chargerait de commander. Positivement surpris par les exploits de Chris dont ils viennent d'être témoins, ils ne disent pas non. Le recrutement débute et le groupe est finalement formé de sept hommes rétribués de seulement 20 dollars chacun ; outre Chris, l’équipe est constitué de Vin (Steve McQueen), Bernardo (Charles Bronson), Lee (Robert Vaughn), Britt (James Coburn), Harry (Brad Dexter) et le jeune Chico (Horst Buchholz). Ils ne leur reste plus qu’à se rendre au village et à enseigner à ses habitants le maniement des armes dans le but de se préparer à la bataille qui se profile...


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Sept hommes partis à la défense de paysans engagés dans une bataille sans merci contre des bandits qui les spoliaient depuis trop longtemps. Sur ce postulat de départ, Akira Kurosawa avait réalisé Les Sept samouraïs en s’inspirant du western américain. John Sturges prend à son tour pour modèle ce chef-d’œuvre pour en faire une adaptation westernienne que l’immense cinéaste japonais applaudira avec force, offrant même en cadeau à son homologue américain une arme de son pays pour le remercier de cette réussite. La boucle était bouclée mais la comparaison entre les deux films n’a pas nécessairement lieu d’être autrement que pour se rendre à l’évidence de la supériorité écrasante du film japonais à tous points de vue. Christian Viviani écrivait dans son excellent ouvrage sur le western "The Magnificent Seven, jetant un pont improbable entre le western et le film de samouraï, faisait au genre un mal dont il aura des difficultés à se relever. En fait il le vidait sans même lui conférer cette poésie de la décadence que Peckinpah sut lui insuffler." Si j’aurais tendance à être en phase avec lui, je n’irais néanmoins pas dénigrer ici trop longuement ce western grâce auquel beaucoup sont venus au genre, l’ont découvert et apprécié. Il existe certainement très peu d’adolescents n’ayant pas porté le film au pinacle lorsqu’ils tombèrent dessus pour la première fois ; et je dois avouer l’avoir adulé moi aussi, John Sturges ayant même été un temps l’un de mes cinéastes préférés grâce également à un autre de ses grands spectacles, La Grande évasion (The Great Escape), qui réutilisait de nombreux des jeunes acteurs du western entre temps devenus des stars. Aujourd’hui, ces deux films ne me procurent plus guère de plaisir alors que le cinéaste reste toujours au sommet de mon panthéon concernant le genre pour sa fabuleuse décennie 50, de Fort Bravo (Escape from Fort Bravo), son chef-d’œuvre, au Dernier train de Gun Hill (Last Train from Gun Hill), y incluant même le western moderne qu’était le splendide Un Homme est passé (Bad Day at Black Rock).


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Si contrairement au rédacteur de la revue Positif, je ne parlerais pas de déchéance ou de décadence, car beaucoup apprécient au contraire ce tournant pris par le western à cette occasion, ce que je peux tout à fait comprendre, Les Sept mercenaires marque cependant le réel commencement d’une certaine bifurcation du genre et plus globalement du film d’aventure hollywoodien au sens le plus général du terme (incluant donc film de guerre, western, film d’action, film d’aventure…) vers le spectaculaire à outrance. Beaucoup de ces films à très gros budget (sortes de ‘pré-blockbusters’), champions des rediffusions télévisées en France, me semblent malheureusement pour la plupart sans chair et sans âme. De l’honnête ouvrage certes mais qui en général (car je généralise consciemment et subjectivement) finit par fortement ennuyer dès leur seconde vision par manque d’aspérités et de personnalités que ce soit au sein des scénarios ou des mises en scène, l'esbrouffe et le déploiement de moyens n'arrivant que rarement à cacher l'absence d'idées et d'efficacité dans la réalisation. Le plus gros problème (‘danger’) avec Les Sept mercenaires (et nombreux autres westerns des années 60), ce serait que tous ceux n’ayant pas apprécié penseraient pouvoir juger le genre au travers de ce titre emblématique et se tromperaient lourdement en estimant que tout ce qui a précédé lui ressemblerait peu ou prou, se coupant du coup de tout un pan du cinéma qui aurait éventuellement pût leur plaire, de Anthony Mann à John Ford en passant par William Wellman ou Budd Boetticher. Il me fallait le redire afin que la curiosité soit pour certains plus grande qu’une première malheureuse rencontre. Si Les Sept mercenaires semble loin de valoir les westerns précédents de Sturges, serait-ce dû au fait que le cinéaste, étant pour la première fois producteur de son propre film, se serait plus préoccupé de cette nouvelle fonction que de sa mise en scène proprement dite ? Ce ne sont que des suppositions mais les difficultés qu’il a rencontré lors de la postproduction et du tournage pourraient éventuellement expliquer le manque de motivation et d’engagement que j’ai cru déceler au travers de sa réalisation.


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Au départ, ce serait la maison de production de Yul Brynner qui aurait bloqué les droits de l’adaptation du film de Kurosawa, annonçant d’emblée que le comédien serait de la partie et que la United Artists le distribuerait. Le producteur Lou Morheim affirme de son côté que c’est lui qui aurait originellement acquis les droits pour qu’Anthony Quinn en soit la future vedette. Puis des bruits coururent comme quoi Yul Brynner dirigerait Anthony Quinn, d’autres parlant simultanément de Clark Gable, Stewart Granger, Glenn Ford ou Anthony Franciosa pour tenir le rôle principal, celui de Chris. C’est finalement à Yul Brynner qu’il revint, celui-ci étant remplacé à la mise en scène par Martin Ritt, 'délogé' à son tour par John Sturges qui se voit offrir par la même occasion le poste de coproducteur, la Mirisch Company étant désormais la compagnie productrice. C’est d’ailleurs Walter Mirisch qui décide d’embaucher Steve McQueen après que celui-ci ait feint un accident de voiture sur le tournage de la série Au nom de la loi (Wanted dead or Alice) pour gagner du temps pour pouvoir tourner le western de John Sturges ; ses relations avec Yul Brynner seront assez tendus, le jeune comédien tentant de voler la vedette à son aîné. Le gouvernement mexicain, ayant estimé que Vera Cruz d'Aldrich avait donné une image trop négative de son peuple accepta d’accueillir le tournage à condition que soient présents sur le plateau des huissiers mandatés spécialement pour vérifier qu'on ne nuirait cette fois-ci pas à l'image des Mexicains. Bref, un tournage mouvementé mais des gains phénoménaux qui firent rapidement oublier tout ça. La Mirisch Company et l’United Artists engrangèrent tellement de bénéfices qu’ils décidèrent de produire et ditribuer trois suites ou séquelles, Return of the Seven en 1966 dirigé par Burt Kennedy toujours avec Yul Brynner, Guns of the Magnificent Seven en 1969 réalisé par Paul Wendkos, George Kennedy reprenant le rôle de Chris, et enfin en 1972 The Magnificent Seven Ride! signé par George McCowan et dans lequel Chris est cette fois interprété par Lee Van Cleef. Dans les années 2000, une adaptation télévisée est mise en chantier qui aura pour acteurs principaux Michael Biehn et Eric Close. Une belle manne financière que ces "Magnificent Seven" dont seul le film de John Sturges est néanmoins demeuré célèbre !


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Pourquoi ce western est-il devenu mythique ? D’abord pour son casting génialement bien choisi, le charisme des comédiens et la forte caractérisation de chacun de leurs personnages. Tout ceci n’est malheureusement pas forcément une qualité. En effet, comme dans un conte ou une histoire pour enfants, chacun des protagonistes n’est quasiment pourvu que d'une caractéristique marquante, bonne ou mauvaise ; ils deviennent ainsi tellement typés et artificiels qu’ils ressemblent plus à des pantins (ou, sans vouloir faire preuve de cynisme mais pour en rester à l'exemple du conte, aux sept nains de Blanche Neige) qu’à des êtres humains, les acteurs n’ayant finalement que peu d’occasions de véritablement leur apporter de l’épaisseur mais également peu le temps pour pouvoir s’exprimer à leur aise. Les diverses motivations de leurs personnages pour reprendre du service s’avèrent un peu plus intéressantes mais tout ceci est également aussi vite oublié qu’expédié. Chris/Yul Brynner, c’est le chef au fort charisme tout de noir vêtu, puissamment déterminé mais au caractère très sombre, déplorant de sembler traîner la mort derrière lui. Sa vie très (trop) solitaire semble exclusivement consacrée à aider ceux qui en ont besoin et qui le payent pour le faire. Vin/Steve McQueen est la conscience du groupe, jamais à court d’anecdotes de phrases toute faites, s’avérant finalement un agaçant moralisateur. Il accepte la mission car il s’est rendu compte ne pas être fait pour un travail laborieux. Britt/James Coburn est un homme taciturne, spécialiste du lancer de couteau, ne trouvant plus d’adversaire à sa taille et, lassé de devoir tuer aussi facilement tous ceux qui le provoquent ne sait plus quoi faire pour retrouver le goût de vivre hormis se lancer dans cette nouvelle bataille espérant y trouver des rivaux dignes de ce nom. Lee/Robert Vaughn est un homme mystérieux et élégant aux goûts de luxe, désormais handicapé par le fait de ne plus avoir les nerfs assez solides pour pouvoir continuer à exercer son métier de mercenaire dans de bonnes conditions, craignant désormais la mort à chaque instant. Apporter de l’aide à des gens dans le besoin et sans toucher un gros salaire lui permettrait de mourir dignement.


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Bernardo/Charles Bronson est un homme courageux, dur à la tâche et qui estime que 20 dollars à une époque où on ne l’embauche plus pour autre chose que pour couper du bois est une somme suffisante pour reprendre du service. Il s’humanisera au contact de ces paysans et notamment de leurs enfants qui le rendront charitable, leur faisant part quant à lui son expérience en leur faisant comprendre que les véritables héros ne sont pas les mercenaires mais leurs parents qui se tuent au travail pour les élever correctement. Harry/Brad Dexter, c’est le seul véritable mercenaire du groupe, lucide et conscient de la difficulté de ce qui les attend mais travaillant uniquement par appât du gain ; si la ‘récompense’ proposée s’avère certes ridicule, il rejoint la bande persuadé qu’un trésor se trouve dans les montagnes alentour. Enfin Chico/Horst Buchholz, c’est le jeune chien fougueux et inconscient du danger qui rêve devant les ‘exploits’ de ses aînés, qui les admire sans retenue et veut à son tour leur prouver sa valeur. Peu attiré par le salaire, il ne pense qu’à imiter Chris et à connaître le même train de vie que son 'héros'. Il représente le pistolero utopique tel que les autres se voyaient dans leur jeunesse. A voir où ils en sont arrivés, l’avenir pour un mercenaire n’est guère reluisant, témoin les deux ou trois rares et courtes séquences au cours desquelles nos ‘Magnificent Seven’ laissent tomber le masque, se laissent à dévoiler leurs états d’âme. Il existe un autre personnage principal qui n’est autre que le chef des bandidos, l’ignoble Calvera. John Sturges et ses scénaristes s’enorgueillissait du fait que la plus grosse différence qui existait entre le film de Kurosawa et le leur était la figure du méchant de service, quasiment anonyme dans le film japonais, ayant au contraire un temps de présence important dans le western. "Nous avons typés chacun des sept mercenaires - leur donnant un passé - et créant le rôle du chef des bandits". Calvera est dépeint comme un homme haut en couleurs, Eli Wallach en faisant des tonnes dans le cabotinage. Le résultat est malheureusement inverse à l’intention de départ ; en ayant fait un monstrueux bouffon, Sturges et William Roberts ont atténués son côté inquiétant, la force du chef dans Les Sept Samouraïs provenant justement du fait qu’on ne le connaisse presque pas.


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Un Eli Wallach assez pénible, des seconds rôles mexicains assez ternes et un groupe de sept acteurs qui pour certains font illusion par leur fabuleuse présence physique (Yul Brynner, Steve McQueen, Charles Bronson) mais n’arrivent jamais à enrichir leurs personnages sans grande originalité et très peu finement croqués, la psychologie étant aux abonnés absents alors que c’était ce qui faisait l’un des grandes forces des westerns de Sturges des années 50. Le personnage de Brad Dexter est quasiment sacrifié, Horst Buchholz s’avère un comédien très moyen et, hormis celui interprété par Robert Vaughn, les autres sont un peu tous bien trop monolithiques. Le manque de finesse se retrouve aussi dans le scénario d’ensemble, les quelques réflexions intéressantes à propos de l’engagement, de l'héroïsme, du sens de la vie et des responsabilité se retrouvant à doses homéopathiques au milieu d’une histoire simpliste, avant tout destinée au pur divertissement au point d’avoir laissé passer des invraisemblances grosses comme une maison (l’infiltration de Chico dans le campement de Calvera !). Mais ceci ne serait pas très grave si nous nous étions retrouvés devant un film formellement et rythmiquement ‘couillu’ comme il était de bon ton de dépeindre ces films des années 60/70 sans modération de testostérone signés par exemple par Robert Aldrich, Samuel Fuller ou Sam Peckinpah. Car non, connaissant l’histoire par cœur, je me suis concentré plus attentivement cette fois-ci sur la mise en scène et je n’y ai pas trouvé l’efficacité tant vantée par ailleurs, excepté dans la seule séquence vraiment digne du talent coutumier de Sturges, celle en début de film de l’enterrement de l’indien avec la conduite du corbillard jusqu'au cimetière par Yul Brynner et Steve McQueen se terminant par une violente fusillade. Pour le reste, les séquences d’action sont plus confuses qu’autre chose et l’on ne retrouve quasiment jamais l'intensité dramatique que le cinéaste arrivait à installer, non plus que sa fabuleuse appréhension de l'espace, sa science dans l’utilisation des paysages, son génie de la topographie et dans le placement des personnages à l'intérieur du cadre. Au lieu de ça, on nous place devant une mise en scène non seulement moyennement bien rythmée mais aussi sans aucune personnalité et pour tout dire extrêmement terne, en tout cas tout le contraire d’efficace ; un comble pour le réalisateur de Fort Bravo, western qui au contraire comporte parmi les scènes d’action les plus fabuleuses de l’histoire du genre.


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A tous les niveaux le western de John Sturges manque donc de finesse ; finesse pas même rattrapée ni par une romance aussi fadasse qu’inutile entre Chico et une mexicaine, ni par des rebondissements finalement très convenus, ni même par le savoir-faire de la mise en scène qui manque singulièrement de nervosité et d’éclat. Et l’on pourrait d’ailleurs en dire de même de l’élément pourtant toujours porté aux nues y compris par les détracteurs du film, la musique d’Elmer Bernstein. Si elle semble presqu’intouchable, elle ne m’a guère plus convaincue. Certes efficace par contre, elle manque elle aussi d’âme et a beaucoup de mal à nous toucher, finissant même par devenir lassante par son pompiérisme outrancier. Le grand compositeur fera bien mieux par la suite et nous démontrera par exemple au travers de sa partition pour Du silence et des ombres (To Kill a Mockinbird) de Robert Mulligan qu’il était capable de nous faire venir les larmes aux yeux. Mais je vais arrêter là car en tant que grand admirateur de John Sturges je suis le premier peiné à devoir dire du mal d'un de ses films même s'il avait fait bien pire même auparavant (La Proie des vautours). Ce petit 'égratignement' d’un film aussi mythique ne lui fera néanmoins pas grand mal, ses fans se comptant par ailleurs par millions. N’empêche qu’il marque pour moi le début d’un virage pour le western qui ne me plaît guère, lui faisant perdre ses plus grandes qualités, remplacées ici par une succession de bons mots assez poussifs et de 'One Man Show' successifs. Immense déception que ce western ultra conventionnel qui faisant mine de nous en mettre plein les yeux ne s’avère être qu’une banale série B facticement gonflée par son imposant budget et privée de vie : une coquille vide par manque de substance, de finesse et de profondeur ! A force de vouloir plaire au plus grand nombre… Quoique l’on en pense, Les Sept mercenaires aura eu le mérite de contribuer à la notoriété de pas moins de quatre futures stars : Steve McQueen, Charles Bronson, James Coburn et Robert Vaughn.
Modifié en dernier par Moonfleet le 30 juin 2019 17:13, modifié 1 fois.

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pak
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar pak » 05 mai 2019 18:19

Étant modérateur, je ne peux laisser cet avis négatif sur ce grand film exister sur ce forum.

Nous allons donc procéder à sa destruction. :evil: :twisted: :roll: :? :num1 :D :lol:

Bon, ok, je laisse... :beer1:
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar chip » 06 mai 2019 8:37

Le western le plus jouissif grâce à un formidable casting et une musique que l'on n'oublie pas. :applaudis_6:

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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar Chris » 06 mai 2019 9:57

Moi, j'adore ce film!!!

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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar major dundee » 06 mai 2019 10:54

J'adorais quand j'avais 10/12 ans...mais franchement, je trouve que Moonfleet à raison sur plein de points.
Il y a des scènes très réussies, et d'autres complètement baclées, enfin, c'est l'impression qu'elles donnent...et un changement de rythme plombant la moitié du film aussi...je crois que c'est les acteurs qui sauvent l'ensemble.

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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar COWBOY PAT-EL ZORRO » 06 mai 2019 11:02

Pour ce qui est des avis négatifs j'en ai entendu de bien pire notamment un jour à la Fnac où un gars cherchait le film de Kurosawa... Le vendeur s'excusant car il n'y avait que le Sturges... "Ah non LES SEPT MERCENAIRES c'est de la merde !!".

Le seul aspect négatif que j'ai pu trouver au film ce fut en apprenant que le gouvernement Mexicain trouvait que le rôle de leurs concitoyens était mal interprété dans VERA CRUZ...
Sérieusement ont-ils seulement bien vu le film ? Ce sont des peones qui combattent dès le début quand on encercle Lancaster et sa bande puis qui attaquent le palais, des combattants sans uniformes ! Bon je m'écarte mais je dois dire qu'en comparaison les peones des Sept Mercenaires font le minimum jusqu'au moment où ils s'arment et participent au premier combat contre Eli WALLACH... Pour en reparler après ok ils sont là mais quand l'équipe se fait piéger et revient finalement pour sauver le village... Vous avez bien remarqué ? Ils bougent quasiment pas avant la fin... Deux mercenaires abattus, un autre blessé, Wallach abattu et là on attrape ce qu'on a sous la main et on tabasse les deux pelés et un tondu qui tardent à fuir... Vous avez vu l'assaut final de VERA CRUZ ?? Ces peones-là en avaient dans le cale-bute...

BON... A part cela il m'est difficile de faire une critique négative de ce qui fut le premier western que je me payais de ma poche avec également VERA CRUZ (vhs WARNER WESTERN à l'été 1997)...
Les suites et la série je les aime bien personnellement mais je ne vais pas déborder...

Certains passages me mettent encore comme une boule dans la gorge: la mort de Bronson avec les enfants qui lui demandent pardon...
Celle de Coburn, et quand Brynner le voit et reprend le couteau...
Et, je vais surprendre mais malgré tout ça me peine... La mort d'Eli Wallach "Vous êtes revenu... Pour ces paysans ? Pourquoi... Un homme comme vous... Pourquoi ?", ok c'est le méchant mais sur tous les films je trouve qu'il fut le plus charismatique...

Il est toujours difficile de juger un classique et encore moins un film auquel on s'attache, je me serais donc contenté de donner mon avis...
La série télé reprendra bien l'idée de ce film dans son pilote tout en ne se contentant pas d'en faire un remake modifié ou "bien pensant" comme le dernier remake en date rediffusé il y a quelques temps sur France 2... En piquant aussi au passage certains moments cultes ou répliques ("Jusqu'ici ça va" et le défi de rapidité au corral)...
Je pense donner un avis plus constructif une autre fois, je n'aime guère me lancer dans la rédaction de pavés aussi indigestes que la cuisine de certains amis de mes parents, cuisine qui vous reste soit longtemps sur l'estomac soit disparaît vite si les commodités sont proches... Amis de la poésie soyez rassuré je stoppe ici...

Les Mercenaires resteront cependant une équipe plus mythique que ces satanés Avengers en ce qui me concerne et leur légende aura inspiré bien des variantes y compris chez PIXAR avec 1000 PATTES les "Mercenaires") ou dans le domaine du western comique avec le sympathique TROIS AMIGOS ! de John LANDIS en 1986 avec Steve MARTIN, Martin SHORT et Chevy CHASE...
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar major dundee » 06 mai 2019 11:15

Yul B. aurait du enlever son chapeau une ou deux fois, pour pimenter quelques scènes.

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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar yves 120 » 06 mai 2019 11:19

Perso , j 'aime tous les westerns de John Sturges et il y en a pas mal , sauf quatre
que je n 'aime pas : Sur la piste de la grande caravane , les 3 Sergents ,
Joe Kidd et Chino qui est passable .
" Qu' est - ce qu 'un revolver ? Ni pire ni mieux qu 'un autre outil , une hache , une pelle ou une pioche .
Qu 'il en sorte du bien ou du mal dépend de qui s'en sert . " SHANE

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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar Moonfleet » 06 mai 2019 11:33

Revu Joe Kidd récemment et je l'ai trouvé pas mal du tout contrairement à mon souvenir de l'adolescence. Superbe musique en tout cas.

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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar pak » 06 mai 2019 11:57

Moonfleet a écrit :Le plus gros problème (‘danger’) avec Les Sept mercenaires (et nombreux autres westerns des années 60), ce serait que tous ceux n’ayant pas apprécié penseraient pouvoir juger le genre au travers de ce titre emblématique et se tromperaient lourdement en estimant que tout ce qui a précédé lui ressemblerait peu ou prou, se coupant du coup de tout un pan du cinéma qui aurait éventuellement pût leur plaire, de Anthony Mann à John Ford en passant par William Wellman ou Budd Boetticher. Il me fallait le redire afin que la curiosité soit pour certains plus grande qu’une première malheureuse rencontre.


Pas super convaincu par cet argument, d'autant que tu dis juste avant que ce western a amené nombre d'adolescents au genre western. Et soit dit passant, pourquoi des adolescents uniquement ? Ce n'est pas un film pour enfants dans le sens strict du terme. Limite ça sous-entend qu'adulte on ne pouvait pas apprécier. Je pense que ce film est nettement plus à même d'amener des curieux au genre que des films plus austères comme les Wellmann, ou graphiquement plus violents comme les Peckinpah, voir plus classique (en apparence) comme les Mann.

Là où je te rejoins (un peu), c'est que le film a moins de profondeur que certains films de Boetticher ou d'anciens de Sturges. Je pense (mais c'est opinion personnel) qu'un film choral (car c'en est un) a pour handicap d'avoir trop de personnages pour permettre un développement psychologique trop fouillé, sinon le film durerait trois heures. Un peu le point commun de ces super-productions des années 1960. On voit bien ne nos jours que ce sont les séries télévisées qui s'en sortent le mieux sur cet aspect du fait de la multiplicité des épisodes qui permettent des développements qu'un film ne peut se permettre, coincé dans sa durée calibrée pour une exploitation salles. Et donc, comme souvent, c'est l'action quasi non-stop qui va compenser. Mais est-ce un défaut ? Quand c'est bien fait comme ici, je ne le pense pas.

Et dire que Les 7 mercenaires est sans âme, je trouve ça injuste. Car il est comme une transition entre le western classique d'avant les années 1960 et son évolution vers ce qu'on appelle désormais (et depuis trop longtemps) le western crépusculaire. Ses personnages de mercenaires sont tous des hommes dépassés par leur légende, du moins leur réputation. Ils sont des solitaires dans une société qui tend à devenir collective, donc "civilisée". Ce sont des autistes sociaux qui sont survécu à la conquête de l'Ouest, et qui ne savent rien faire d'autre que tuer et survivre. Une survie qu'ils doivent à leur individualisme. Dès lors où ils vont s'engager pour défendre autre chose que leur peau, ils vont en payer le prix fort. Des hommes tellement au bout de leur chemin que même un salaire de misère les fait revenir dans cet univers de violence, qu'ils connaissent et dans lequel ils sont plus à l'aise que dans ces villes qui finiraient par les emprisonner.

Sans le savoir en fait, la plupart d'entre eux sont déjà morts, car ils n'auraient pas survécu dans ce nouveau monde qui se construit. S'ils acceptent la proposition de Chris, quelque part c'est pour choisir leur mort. C'est évident pour le personnage de Vaughn, mais c'est aussi en filigrane chez les autres. Peckinpah poussera cette logique encore plus loin avec ses personnages jusqu'au-boutistes, mieux, je suis d'accord, mais Sturges n'a pas à rougir car cet aspect est assez nouveau dans le western. Certes, tout cela est ripoliné dans un manteau hollywoodien tout public, mais pourtant c'est présent et palpable. C'est même finalement assez fort d'injecter des éléments assez noirs dans un western ayant un tel budget.

Et que dire du beau paradoxe de la belle partition de Bernstein, non pas pompière ni même sans âme. Elle habille par anticipation le souvenir que laisseront ces mercenaires. Elle est le contrepoint parfait d'agissements finalement pas très beaux, des hommes en tuant d'autres pour de l'argent, certes pour défendre la veuve et l'orphelin, mais ça reste une tuerie. Donc on tue et on apprend à tuer. Et quand ça arrive, la musique vient magnifier ces mercenaires car après les faits, il restera la légende. Elle anticipe l'aura qu'aura, un temps, ces hommes, dans le souvenir des survivants. Ce que finalement est la réalité, qui a longtemps vu des gens comme Custer ou Wyatt Earp plus beaux qu'ils ne l'étaient, des légendes qui ont dépassé leurs réels agissements dans l'esprit collectif. C'est ce que suggère pour moi le thème principal.

A voir les suites du film, on se rend compte alors de la hauteur de la marche qualitative de laquelle elles dégringolent afin, pour le coup, de donner des films sans âmes, vidés de toute substance autre que capitaliser sur un concept unique.


Bon, bref, suis pas trop en phase avec ton point de vue, mais ça tu le savais déjà... :wink:
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

Gary Cooper


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pak
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Re: Les Sept Mercenaires - The Magnificent Seven - 1960 - John Sturges

Messagepar pak » 06 mai 2019 12:04

yves 120 a écrit :Perso , j 'aime tous les westerns de John Sturges et il y en a pas mal , sauf quatre
que je n 'aime pas : Sur la piste de la grande caravane , les 3 Sergents ,
Joe Kidd et Chino qui est passable .


Ah ouais, celui-là je n'y arrive pas. J'ai eu du mal à aller au bout. Pas vu Les 3 sergents qui a effectivement mauvaise réputation. J'aime bien les deux autres.


Moonfleet a écrit :Revu Joe Kidd récemment et je l'ai trouvé pas mal du tout


Ah, pareil.
Quand on joue dans un western, on peut embrasser le cheval mais pas l'actrice.

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