Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

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Abilène
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar Abilène » 31 mai 2014 21:27

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metek
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar metek » 13 août 2016 6:15

Ben Johnson - Fort Defiance (1951)

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MARCHAND
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar MARCHAND » 04 déc. 2017 6:49

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Pas vraiment une histoire de fort, dans ce film où Peter Graves est remarquable en aveugle.
Errare humanum est...

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pass
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar pass » 28 mars 2018 14:34

lasso a écrit : Cette histoire de vengeance est présenté à l'avant du drame avec les Navajos, qui sont déportés vers des régions arrides de l'Oklahoma.


Déterrage de Post :mrgreen: .

Non, l'exode des Navahos s'est déroulée du nord de l'Arizona pour se terminer à Bosque Redondo au Nouveau-Mexique pendant la guerre de sécession mais en aucun cas en Oklahoma !!. Peut-être que tu as fais une confusion avec " La piste des larmes " qui effectivement s'est terminée en Oklahoma mais pour le coup c'était des tribus de l'Est * et non de l'Ouest.

* : Cherokees, Creeks, Choctaws, Chickasaws et Séminoles dit aussi les 5 tribus civilisés.

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lasso
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar lasso » 28 mars 2018 14:47

tu as raison pass, les Navajos ont pu garder leur territoire, la Navajo Nation Indian Reservation.

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lasso
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar lasso » 10 nov. 2018 11:38

c'est Rawlins, qui raconte cette histoire dans le film : les Navajos sont sur le pied de guerre,
à cause de la menace, de les faire déporter vers une réserve en Oklahoma, ceci après la guerre
de sécession (puisque le film se passe après cette période).
Comme Rawlins traite les Navajos dans son film d'une façon secondaire, il n'a pas fait attention
aux faits historiques.


Image :sm32:

le titre allemand est : Keine Gnade für Johnny T = Pas de Pitié pour Johnny T

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lasbugas
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar lasbugas » 23 déc. 2019 7:45

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kiemavel
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar kiemavel » 27 déc. 2019 0:00

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Ben Shelby, un vétéran de la guerre de sécession, arrive au ranch de la famille Tallon près de Fort Defiance en Arizona. Au vieux Charlie et à Ned, son neveu aveugle, il se présente comme un ancien compagnon d'armes et un ami de Johnny, l'autre neveu, qui est attendu au ranch, lui aussi de retour de la guerre. Malgré la méfiance de Charlie, après que Ben leur soit venu en aide, il reste au ranch pour y travailler en attendant le retour de Johnny. Ned parle avec fierté des médailles et des honneurs reçus par son frère mais Charlie apprend à Ben Shelby qu'en réalité Johnny est devenu un hors-la-loi, puis qu'il serait mort. C'est alors que celui qui était devenu plus qu'un employé du ranch, un ami de la famille et un nouveau modèle pour Ned, révèle son véritable dessein lorsqu'il s'était installé chez eux : tuer Johnny qu'il pensait responsable de la mort de tous les hommes de sa section – dont son frère - lors de la dernière bataille de la guerre, suite à une trahison de Johnny. Bientôt, Dave Parker – un des notables de Fort Defiance - et ses hommes arrivent au ranch, eux aussi pour se venger de Johnny et qui, par défaut, veulent abattre Ned. Tandis que Charlie protège leur sortie, Ned et Ben prennent la fuite. C'est alors que Johnny, finalement bien vivant, fait sa réapparition …

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Dane Clark, épisode 1 :
Une histoire de vengeance qui du début à la fin ne cesse de s'enrichir, de se complexifier et sur laquelle vient en permanence s'agréger des éléments extérieurs au « drame familial », en particulier le contexte historique : la guerre de Sécession et les guerres indiennes, sans jamais nuire au cœur du film mais ajoutant simplement des situations donnant, d'une part, de très bonnes séquences d'action mais obligeant surtout à souder provisoirement les ennemis intimes contre des ennemis plus immédiat ce qui retarde l'affrontement prévisible entre Ben et Johnny qui, en cours de route, en plus du conflit né de la guerre, sont aussi devenus rivaux en raison des liens qui se sont noués entre Ned et Ben, ce dernier se substituant progressivement à un frère « de sang » finalement semble-t-il bien moins admirable que le souvenir qu'il avait laissé de lui avant de partir à la guerre et de ce que Ned avait su de son comportement au cours de celle ci.

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Dès le début, le film se montrait déjà très fort sur ses personnages, très bien écrits, au sein d'un scénario très structuré qui installait de manière très habile les prémisses du drame : l'arrivée de Ben qui progressivement tissait – presque malgré lui – des liens fraternels avec le frère de son ennemi juré, chacun d'eux se trouvant mutuellement un frère de substitution puisque Ben avait donc perdu le sien lors de la dernière bataille de la guerre, celle là même où Johnny aurait déserté et du coup, il se montre à la fois satisfait et gêné par cette situation car s'il n'a pas repris sa vie d'avant (il est marié et sa femme bien que jusqu'au bout invisible est un personnage à part entière du film) c'est pour tuer un « traître » … celui là même qui, dans un premier temps, est idolâtré par Ned …

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Mais avant même que Ben ne s'installe au ranch, scénariste en metteur en scène amènent le doute et l'incertitude, même sur lui (dans la séquence d'ouverture, devant le panneau indiquant le ranch Fallon, Ben recharge son revolver, attitude qui contredit sa présentation à la famille qui survient juste après). En cause aussi et surtout, tout ce qui a trait à Johnny : la façon dont Charlie Fallon se méfie de voir quelqu'un qui se présente comme un ami de son neveu, ce qui visiblement le surprend, puis diverses petites touches par la suite commencent à esquisser un portrait de Johnny, avant même son retour, qui contredit les histoires que racontent Charlie sur ce neveu qui se serait conduit de manière héroïque à la guerre … ce qui est à la fois vrai (car il fut notamment décoré par Lincoln)… et faux (sur ce point là, c'est aussi au fur et à mesure que l'on apprend ce qui c'est vraiment passé et presque jusqu'aux derniers instants du récit, on en apprend davantage et notre opinion change et évolue)

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Progressivement, Ned découvre donc que son frère n'est pas seulement le héros multi décoré dont son oncle racontait les exploits mais un homme qui aurait finit par déserter entraînant la mort de centaines de soldats avant de devenir un hors-la-loi à la fin de la guerre. Et parallèlement, naissent des liens d'amitié de plus en plus forts entre Ben et Ned sans qu'à aucun moment rien ne soit fait pour que le personnage du handicapé n'attire spécialement la sympathie sur lui, encore moins la pitié et d’ailleurs Peter Graves – souvent assez pâle – se montre très à son avantage dans ce qui était l'un de ses premiers films. Le handicapé est juste ici un personnage vulnérable moins attendu car c'est ici un jeune homme et pas un enfant, une femme ou un homme vieillissant. Vulnérable, Il le devient encore davantage hors du ranch familial et du coup, à partir du moment où les deux hommes sont en fuite, Ned étant bien plus exposé, il est concrètement plus dépendant de Ben, ce qui renforce leurs liens.

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La fuite de Ben et Ned intervient après l'attaque du ranch par les hommes d'un personnage secondaire plus convenu de « potentat local » qui lui aussi à eu un de ses frères tué à la guerre -dit-il- à cause de Johnny et qui vient tuer un Tallon … sans préférence … Ce personnage de vengeur qui finit par défendre la famille de son pire ennemi contre un autre vengeur plus enragé n'est que le premier événement assez imprévisible d'un film qui en comporte beaucoup … Cet événement, puis, juste après, seulement au bout d'une demi heure, l'arrivée « surprise « de Johnny (pour les protagonistes, pas pour le spectateur attentif au générique :wink: ), présumé mort, relancent donc l'histoire et coïncide avec une accélération du récit. Celui ci prend alors des directions imprévisibles, divers événements retardant le règlement de comptes inévitable (quoique ...) entre Ben et Johnny, notamment l'arrivée des indiens car alors que les Tallon avaient toujours cohabité avec les Navajos à qui ils offraient volontiers quelques têtes de bétail pour leur permettre de survivre, ceux ci se sont révoltés depuis que le gouvernement américain a décidé de les rassembler pour les déplacer vers une réserve de l'Oklahoma.

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Pourchassés par des tueurs, les deux hommes fuient donc un danger immédiat … pour aller au devant d'un autre encore plus grand : les Navajos … Ils récupèrent rapidement un allié : Johnny, qui les retrouve, mais qui se trouve être aussi un ennemi de l’intérieur pour Ben (même si c'est uniquement Ben qui veut toujours manifestement tuer Johnny …. et s'y essaye). Mais la supériorité de Johnny sur Ben, la compréhension par Johnny de l'attachement de Ned pour son rival qui en son absence l'a évincé et les événements extérieurs les forcent sans cesse à ne pas aller au bout du solde du conflit : une première escarmouche avec les indiens, une patrouille de tuniques bleues, la défense d'une diligence attaquée par une bande de navajos bien plus imposantes …

Cet incident apporte un ingrédient de plus : la romance, elle aussi pas très ordinaire puisque Ned est séduit par une femme dont l'apparence montre à l'évidence qu'elle est une saloon girl, ce que Ned, aveugle, ne peut savoir. Sans donner dans la mièvrerie, le film accuse peut-être un peu plus son temps dans le traitement de l'idylle car la pauvre fille, avec son vécu, culpabilise un peu d'abuser de la confiance d'un jeune homme naïf et "aveugle " à son passé. Mais elle est rassurée par Ben … et Johnny, après avoir été étudiée par ces derniers.

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Oui, même Johnny car l'homme est loin d'être celui que l'on attend après tout ce qui est dit sur lui, même si lorsqu'il apparaît brutalement, on craint d'avoir affaire à un méchant très caricatural. Mais finalement, il n'en est rien et au contraire, Dane Clark interprétait là le personnage le plus complexe qu'il aura eu à jouer dans un western. Des tas d’événements ajustent et font reconsidérer en permanence notre perception de Johnny, avant même qu'il n' apparaisse ; avec d'un coté, la violence et les sarcasmes :
Aux hommes de Parker, il se présente ainsi :
« Je suis le représentant de l'ange Gabriel. Avez vous entendu parler de lui ? Mon travail consiste à contrôler les dernières funérailles « puis ajoute : « “Si on peut parfois mourir de morts naturelles, quelquefois ma mission consiste à accélérer le processus » ( il revient au ranch au moment même où les hommes de Parker sont en train de finir de mettre des pierres sur la sépulture de son oncle Charlie et plaisantent sur le cadavre et il les piège, les force à dégainer et les abat en affichant un rictus de satisfaction)

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Mais la plupart de ses sarcasmes, il les réserve à Ben qu'il appelle ironiquement "Mr. Only Survivor" (de la bataille) et des paroles, les deux hommes passent aux actes (ils se bagarrent, d'aucuns trouveront une fois de trop) mais il se révèle vite plus complexe qu'il n'y paraît et son attitude oscille en permanence entre provocations (à destination du rival, celui qui devient sous ses yeux le nouveau modèle de son frère : c’est Ben que Ned appelle lorsqu'il se sent en danger) et les attitudes plus révélatrices de ses blessures : il est touché par la mort de Hankey, son unique compagnon de route (qui disparaît très vite) puis, alors que l'on pense qu'il va demander à la fille facile d'oublier son frère, il se montre compréhensif et cherche simplement à la jauger). D'autre part, à plusieurs reprises, le « lâche » se montre au contraire très courageux, notamment en se portant seul face à une attaque indienne (la séquence est d'ailleurs admirablement et spectaculairement mise en scène par Rawlins, Johnny se jetant au sol à la renverse se retrouvant couché dos au sol au moment de faire feu avec ses deux revolvers à la fois). Et surtout, alors qu'il est à l'évidence plus puissant et surtout meilleur tireur, il ne supprime pas son rival...en partie par égard pour son frère. Face au laconique Ben (remarquablement interprété tout en sobriété par l'excellent Ben Johnson) et au « bon » et doux Ned, Johnny n'est en tout cas pas du tout « la brute ». Il le prouvera plus d'une fois, son désir de rachat étant mis en évidence à plusieurs reprises dans des détails que je ne révèle pas sauf partiellement en ce qui concerne le final qui se révèle une fois de plus riche car à la fois très spectaculaire, touchant et empreint d'un certain romantisme noir (inédit dans ce film … qui surprend donc encore dans son épilogue. Et même d'ailleurs jusqu'à son image finale)

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Bon, pour un tel film, j'en ai encore 50 lignes sous le pied mais je les épargne aux quelques lecteurs qui seraient arrivés jusque là. Un petit mot sur la photographie. Le travail de Stanley Cortez est tellement remarquable et les paysages sont tellement magnifiques (notamment les falaises rouges de la région de Gallup, Nouveau Mexique) que l'on regrette l'emploi du procédé Cinecolor qui est probablement responsable des ocres et des rouges trop intenses et uniformes des extérieurs et des bleus nuits des intérieurs. Sinon, presque à chaud, c'est pour moi le meilleur western de Dane Clark (mais je n'ai pas vu Thunder Pass, 1954) et le meilleur film de John Rawlins que j'ai vu. Et pas d'un peu. Pas un chef d'œuvre, non, mais des séries B comme celle ci, il n'y en a pas tant restant à éditer (quand même au moins une cinquantaine :wink: ). Vu (à peu près) en vost

Patrick Brion, trouvant dans son encyclopédie que le film "... finit par être réellement fascinant … et que Dane Clark est magnifique en héros marqué à tout jamais par le destin" … on peut espérer qu'il entreprenne un éditeur pour sortir ce film, véritable coup de cœur récent.
Modifié en dernier par kiemavel le 27 déc. 2019 10:30, modifié 1 fois.

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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar lasso » 27 déc. 2019 10:29

content de te relire Kiemavel :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6:

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chip
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar chip » 27 déc. 2019 11:06

Tout lu ! :wink: On sent l'engouement de l'auteur de cette critique pour ce western somme toute assez méconnu, et on a envie de le partager. J'avoue avoir vu ce film, il y a de nombreuses années, l'avoir apprécié, mais sans plus, la copie vhs explique peut-être cette réserve...Là , j'ai envie de le redécouvrir, merci.
John Rawlins (1902-1997) est aussi le réalisateur du beau et émouvant " Massacre river " (la rivière des massacre)(1949), beau personnage de saloon girl joué par Carole Mathews.

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HART
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar HART » 27 déc. 2019 13:49

Oui , cette intervention de Kiemavel m'aurait également donné envie de revoir le film , si je ne l'avais pas fait , par pur hasard , la semaine dernière.
Ce nouveau visionnage m'a fait réévaluer le film , que je trouvais assez anecdotique.
Pas grand chose à ajouter après la critique approfondie , comme de coutume , de Kiemavel.

J'ai quand même toujours du mal avec Dane Clark dans un western ( à l'exception notable de " Massacre " ) .
Je reconnais que mon approche de sa prestation , lors de mon post de 2014 était excessive voire injuste , mais Il me semble que son physique , assez ordinaire , qui fait merveille dans le film noir ne l'aide pas à être convainquant dans le western .
Oui , les véritables et authentiques personnages de l' Ouest ne ressemblaient pas tous à Gary Cooper ou John Wayne et je sais que Billy the Kid était un gamin et Bat Masterson un petit gros ( du moins à ce que j'ai lu ).
Les personnages historiques ne sont pas forcément cinématographiques. Dommage.
Dane Clark , c'est un peu comme Richard Conte , il me parait un peu " déplacé " dans l'Ouest , et pourtant ce sont deux très grands acteurs.
Pourtant certains acteurs de films noirs qui auraient pu être peu crédibles en raison de leur attitude et de leur physique dans le western sont devenus des interprètes notables de ce dernier genre.
Deux , au hasard ( si , si , ...) : Mark Stevens par l'intensité de son jeu est totalement crédible dans les deux genres , et Alan L. ( hé ,hé , Yves n'a pas accès à son ordinateur en ce moment , je me lâche ...) servi par une beauté presque féminine et un détachement incroyable réussit contre tout apriori à devenir une icône à la fois du western et du film noir. Dans ce dernier cas , je n'ai pas d'explication , c'est de la magie pure.

En tous cas , merci Kiemavel d'avoir remis ce western à l'honneur et de si belle façon.
J'ai encore une petite divergence avec toi , il y a un film de Rawlins que je préfère à " Fort Defiance " , c'est " Michael O'Halloran " , un pur mélo , assez obscur ,que je ne me lasse pas de voir.
Mais tout se discute...

kiemavel
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar kiemavel » 27 déc. 2019 17:19

Merci (collectif)

chip a écrit :Là , j'ai envie de le redécouvrir, merci.

Il est sur YouTube (beaucoup de copies) mais il existe ailleurs en meilleure qualité Et surtout, malgré la présence parfois de sous titres auto en anglais (cc), on perd quand même beaucoup sur un tel film ayant d'aussi bons dialogues
John Rawlins (1902-1997) est aussi le réalisateur du beau et émouvant " Massacre river " (la rivière des massacre)(1949), beau personnage de saloon girl joué par Carole Mathews.

J'avais bien aimé mais j'avais quand même trouvé que le film souffrait d'un manque de cohérence et de justesse dans la caractérisation de certains personnages
viewtopic.php?f=10&t=1937&p=265541&hilit=la+rivi%C3%A8re+des+massacre#p265541

HART a écrit :J'ai quand même toujours du mal avec Dane Clark dans un western ( à l'exception notable de " Massacre " )

Disons que sa personnalité moins complexe, sa prestation plus "neutre" ou en tout cas moins voyante risque moins de provoquer des admirations ou des aversions marquées. C'est d'ailleurs encore plus le cas dans Barricade de Godfrey dans lequel il est carrément quasiment transparent, en tout cas assez terne comparé à Raymond Massey. En exagérant probablement un peu, dans le positif comme dans le négatif ...
Au delà du cas Dane Clark, j'aime bien Massacre, moins Barricade

Je reconnais que mon approche de sa prestation , lors de mon post de 2014 était excessive voire injuste , mais Il me semble que son physique , assez ordinaire , qui fait merveille dans le film noir ne l'aide pas à être convainquant dans le western

On venait d'évoquer le film avec Chip (par ailleurs) et il m'avait dit que tu n'avais pas aimé l'interprétation de Clark. Du coup, j'y avais été voir et je t'avoue que j'avais été très surpris tant je me retrouve la plupart du temps dans tes avis.

Quant à son physique, c'est vrai. Il n'avait pas une "tête à western" … mais c'est " moins pire" que Conte (que tu cites) … ou Cagney, Bogart ... pour moi.
Sa taille, en revanche, m'indiffère. Et même je trouve qu'au contraire, sur le film de Rawlins, cela crée un contraste entre le caractère dominant du personnage et son apparence physique puisqu'il est bien plus petit que Johnson et Graves.
J'ai encore une petite divergence avec toi , il y a un film de Rawlins que je préfère à " Fort Defiance " , c'est " Michael O'Halloran " , un pur mélo , assez obscur ,que je ne me lasse pas de voir.
Mais tout se discute...

Je ne peux pas, je ne l'ai pas vu (et je vois 0 vote sur IMDB :shock: ). Pour le coup, la remarque (le meilleur film …) était même superflu car je n'en ai pas tant vu de Rawlins.

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chip
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar chip » 27 déc. 2019 19:03

En phase avec Hart sur Mark Stevens dans le western, mais il faut noter aussi que ses rôles dans le genre ont un côté NOIR très prononcé, sauf peut-être " Fusillade à Tucson ", quoique son début tragique et sa fin violente et tragique pour la femme aimée, ne soit pas vraiment un happy end.
Dane Clark ? je l'apprécie dans le genre noir et le western, c'est un peu comme Widmark, ils excellent dans ces deux genres, par contre je ne les vois pas dans une comédie, Widmark ne s'y risqua qu'une fois et ce fut un bide " Père malgré lui " (tunnel of love)(1958).

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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar kiemavel » 28 déc. 2019 14:22

En ce qui concerne Mark Stevens et ses westerns "noirs", c'est juste … Et c'est probablement dans ses rôles les plus sinistres qu'il était le plus marquant. J'ose l'affirmer … quitte à enfoncer des portes ouvertes :wink:
Il est d'ailleurs possible que quelqu'un qui aurait découvert MS dans Gun Fever ou Cry vengeance aurait peut-être eu du mal à l'imaginer gai et souriant :wink: Cela dit, parmi les "portes d'entrée" - ses films les plus faciles à voir, édités ou passages TV oblige, il y a du noir dans lesquels il est moins grave : The Dark Corner, Between Midnight and Dawn ... Et il était très bien hors de ces rôles à tendances noires. Dans un registre plutôt dramatique (en l'occurrence, presque "romantique") : From This Day Forward. Beaucoup plus léger (sans parler de pure comédie) : Reunion in Reno. Par exemple.

Cela dit, j'ai survolé une des comédies de Dane Clark et il y est très bien. A suivre … En revanche, d'accord pour Widmark

Pour revenir - après HART - sur les physiques atypiques des héros de western, pour m'en tenir à la petite taille, elle est même exploitée de manière très sensible dans le scénario d'un très bon petit western des 50th : Showdown at Boot Hill, une autre découverte de cette année et un autre coup de cœur. Avec un Charlie "la menace" Bronson qui m'a positivement épaté. Mais c'est encore plus étonnant de la part du metteur en scène Gene Fowler, celui de Les comanches passent à l'attaque et d'autres daubes, que l'on ne reconnait pas ici. C'est même carrément sidérant ! (même si la même année, il avait réalisé un petit film criminel honorable, encore avec Charlie : Gang War, presque l'ancêtre de ses futurs "renvenge movies"

Pour revenir au sujet, après coup je me suis penché sur l'intérêt suscité par John Rawlins chez les spécialistes du ciné US …. Et ben, mon vieux, il n'a même pas d'entrée dans le 50 ans de cinéma américain ni dans Le cinéma américain de Ciment et Passek. Par exemple.
Je proteste : Non, il était pas nul :wink:

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HART
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Re: Le Fort de la vengeance - Fort Defiance - 1951 - John Rawlins

Messagepar HART » 28 déc. 2019 18:39

Mark Stevens est resté dans le registre " westerns noirs " jusqu'à la fin de sa carrière . Dans le rare et méconnu " Tierra de Fuego " ( 1965 ), il est du bon côté de la loi , mais il est encore marqué par un destin des plus funestes. Les dernières images du film le montrent amer , physiquement blessé , et moralement dévasté ... fidèle à sa légende en quelque sorte ...

Oui , Kiemavel , tu fais bien de parler de From This Day Forward , une merveille de délicatesse et d'émotion avec un Stevens fragile , et surtout Joan Fontaine inoubliable en jeune femme issue d'un milieu modeste ( ce qu'elle n'était évidemment pas , mais c'est ça une grande actrice ...) déterminée à devenir heureuse. Encore un film dont je dois la découverte à Chip.

Je connais les deux films de Gene Fowler avec Bronson dont tu parles , le western ne m'a pas laissé un grand souvenir , mais Gang War est étonnant , le " Charlie " anticipant avec 20 ans d'avance sur " Death Wish ". Un cinéma qui rappelle celui de Corman , sec et souvent agressif .

John Rawlins ne semble pas intéresser grand monde , en effet. Il a plutôt travaillé pour de petites compagnies et bien peu de ses films sont passés à la postérité. C'est ce qui fait tout le charme et le plaisir de leur (re)découverte.
Je parlais plus haut de " Michael O'Halloran " , et effectivement , il n' y a pratiquement rien sur ce film. Pourtant deux adaptations de ce petit classique de la littérature américaine ont été produites , l'une dans les années 30 ( chez Republic , sauf erreur ) , l'autre ( celle de Rawlins ) , dans les années 40. Les goûts du public changent , et les films s'effacent de la mémoire collective avant de disparaitre.
Modifié en dernier par HART le 29 déc. 2019 9:16, modifié 1 fois.


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