Les Portes de l'enfer - Hellgate - 1952 - Charles Marquis Warren

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Yosemite
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Re: Vallée Ardente - Les portes de l'enfer - Hellgate - 1952

Messagepar Yosemite » 10 oct. 2017 20:38

Gil (Sterling Hayden) est en train, non pas de croupir mais de rôtir dans ce four à chauffage naturel :
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Contre-plongée sur le mécanisme de chauffage :
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Et pour plonger le spectateur dans, qui sait, un abîme de réflexion ou peut-être dans un vertige face à une telle violence, un plan somptueux au dessus de la prison de Hellgate :
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Comment, un réalisateur qui propose des plans aussi simples, aussi beaux et aussi bien enchaînés peut-il s'être rendu coupable d'autant de maladresses voire de négligences dans le piètre "Charro" ?

Certes, la qualité de la distribution est d'un tout autre niveau ici, mais sur ces trois plans, qui me semblent illustrer un savoir-faire incontestable, les acteurs ne jouent (si je puis dire) aucun rôle.

Je voulais revoir ce film que j'avais aimé après je visionnage de "Charro" et je confirme : "Hellgate" est un magnifique western.
Yo.

MARCHAND
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Re: Vallée Ardente - Les portes de l'enfer - Hellgate - 1952

Messagepar MARCHAND » 12 févr. 2019 19:04

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Affiches suédoise et finlandaise.
Revu en vost. Une belle réussite de Charles M. Warren assisté sur ce film par Andrew V. McLaglen. Sterling Hayden colle bien au personnage et le préambule à cette prison originale, qui constitue le principal attrait de l'histoire, n'est pas du luxe pour expliquer l'erreur judiciaire à la base de son emprisonnement, et l'état d'esprit nordiste de l'époque. Belle interprétation également de Ward Bond, qui passe de la haine justifiée vis à vis des rebelles sudistes, à une plus grande lucidité, sous l'influence de son adjoint et de la pression des autorités militaires. En résumé, un western de prison- il y en a d'autres- bien ficelé.
Errare humanum est...

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Moonfleet
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Re: Vallée Ardente - Les portes de l'enfer - Hellgate - 1952

Messagepar Moonfleet » 02 mai 2019 10:20

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Les Portes de l’enfer (Hellgate, 1952) de Charles Marquis Warren
LIPPERT PICTURES


Avec Sterling Hayden, Ward Bond, Joan Leslie, James Arness, Peter Coe, John Pickard, Robert J. Wilke, James Anderson, Richard Emory
Scénario : Charles Marquis Warren et par John C. Champion
Musique : Paul Dunlap
Photographie : Ernest Miller (noir et blanc 1.37)
Un film produit par John C. Champion pour la Lippert Pictures


Sortie USA : 05 septembre 1952

Hellgate est le deuxième film réalisé par Charles Marquis Warren qui fut également un écrivain consacrant de nombreux de ses romans à l’histoire de l’Ouest, privilégiant les faits peu connus, les thèmes originaux et les personnages atypiques. Quant au début des années 50, on lui proposa de passer derrière la caméra, il demanda des conseils à Budd Boetticher (recommandations qu’il ne semble pas avoir bien suivi au vu de ses mises en scène manquant singulièrement d’efficacité et de rigueur). Il se spécialisera néanmoins à nouveau et très logiquement dans le western, passant du scénario à la réalisation, du cinéma à la télévision (Gunsmoke, Rawhide…). Il est resté tristement célèbre pour son troisième film, Le Sorcier du Rio Grande (Arrowhead), peut-être le western le plus haineux et raciste de l’histoire du genre. Sinon, il signera quelques scénarios très efficaces tel celui du réjouissant La Mission du Commandant Lex (Springfield Rifle) d’André de Toth. On a souvent dit qu’Hellgate était un remake de The Prisoner of Shark Island (Je n’ai pas tué Lincoln) de John Ford ; c’est peut-être un peu exagéré même si la situation de départ est assez similaire, celle d’un homme injustement accusé et, victime d’une justice expéditive, envoyé dans un établissement pénitentiaire où les conditions de détentions sont très dures. Ayant des notions de médecine, c’est grâce à lui qu’une épidémie s’étant déclarée au sein de la prison sera enrayée. Remake ou non, il s’agit d’un des rares exemples de western ayant flirté avec le film de prison. Amateurs de ce dernier sous-genre (sans que cette appellation ne soit aucunement péjorative), vous pourriez donc être fortement intéressés.


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Kansas 1867. La Guerre de Sécession est terminée depuis peu mais des renégats sudistes n’ayant pas supporté la défaite sillonnent toujours la campagne, commettant encore quelques actes ‘terroristes’ à l’encontre des civils. Le vétérinaire Gil Hanley (Sterling Hayden) vit paisiblement avec son épouse (Joan Leslie) dans un coin isolé quand un groupe de ces rebelles vient frapper à sa porte, l’un d’entre eux (James Anderson) étant blessé. Hanley le soigne sans se montrer curieux quant à la raison de sa plaie mais peu après des soldats de l’armée américaine viennent l’arrêter. Ils ont retrouvé derrière sa maison une sacoche d’argent volé, perdue par les hors-la-loi, et l’accusent d’avoir aidé des bandits en fuite, voire même de faire partie du gang traître à la patrie, lui-même ayant été un ex-soldat confédéré. Il est condamné à être retenu prisonnier à Hellgate, une prison militaire du Nouveau Mexique qui se trouve perdue au milieu de nulle part à l’intérieur d’une montagne sise au centre d’une région désertique et où officie l’impitoyable Lieutenant Tod Voorhees (Ward Bond). Ce dernier hait les ‘guérillero’ depuis que ces derniers ont incendié sa maison dans laquelle son épouse et sa fille ont péri. Autant dire que toutes les conditions sont réunies afin qu’il soit presque impossible de s’échapper d’Hellgate d’autant plus que des indiens de la tribu Pima sont payés pour ramener les éventuels fuyards, la prime étant plus élevée s’ils sont pris morts plutôt que vifs ! Mais les conditions de détention sont tellement pénibles que Hanley décide, malgré les réticences à son encontre, de s’associer avec son compagnon de cellule George Redfield (James Arness) pour organiser une évasion…


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Le film débute par un prologue nous faisant penser que l’intrigue qui va nous être contée serait tirée d’un fait réel et qu’il vaudrait mieux pour tout le monde qu’une telle histoire ne puisse plus se reproduire. Après maintes recherches, il s’avère que non, que ce ne serait que pure fiction. A la limite, ça nous est égal ! Une petite roublardise de la part du scénariste/réalisateur qui veut ainsi faire d’emblée monter la pression, semblant vouloir nous dire : « Vous allez voir ce que vous allez voir » ! C’est de bonne guerre en terme de marketing mais finalement, cet ‘avertissement moralisateur’ dessert un peu le film car nous aurons beau attendre des éléments de l’intrigue d’une force considérable, rien ne viendra jamais vraiment ou alors rien de bien nouveau ; rien en tout cas qui ne fut déjà fait avant et avec une toute autre puissance ! Alors bien évidemment que de telles conditions de détentions sont déplorables et inacceptables tout autant que le fait qu’un innocent ait été victime d’une justice aussi expéditive. Mais, pour ne citer qu’un seul exemple similaire, repensez à Je suis un évadé (I am a Fugitive from a Chain Gang) de Mervyn LeRoy qui s’avérait autrement plus efficace pour faire passer ce message humaniste. Mais il est finalement tout aussi malhonnête de ma part de vouloir comparer ces deux films, Charles Marquis Warren ayant tourné son western avec un minuscule budget pour une firme distribuée par l'un des studios de la Poverty Row, à savoir la Lippert Pictures, la toute petite compagnie qui avait produit les premiers films de Samuel Fuller (J’ai tué Jesse James et Le Baron de l’Arizona). Dans de telles conditions, on peut dire que Hellgate réussit néanmoins son pari, recréant avec talent cette prison peu banale.


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Mais avant d'arriver jusqu'à cet étonnant établissement pénitentiaire, il aura encore fallu patienter durant un petit quart d’heure introductif assez routinier (l’innocent envoyé en prison) qui s’avère finalement inutile si ce n’est pour passer un peu de temps avec la charmante Joan Leslie dans le rôle de l’épouse aimante de Sterling Hayden. Non seulement il n’amène rien au film mais en plus ils se termine sur une invraisemblance grosse comme une maison : pourquoi le chef de gang sachant ses jours comptés s’acharne t’il sur le pauvre homme qui lui avait précédemment sauvé la vie en faisant croire aux autorités que ce dernier fait partie de ses complices ?! Aucune raison plausible à cet état de fait, ce qui nous fait dès lors émettre un doute quant aux qualités d'écriture de Marquis Warren. Il me semble que le film aurait gagné en densité et en force s’il avait été amputé de cette introduction ; les faits rapportés de prime abord auraient par exemple pu l’être par l’intermédiaire du personnage de Sterling Hayden narrant les causes de son emprisonnement à ses codétenus. Le cinéaste aurait d’ailleurs pu supprimer tout ce qui se déroule en dehors de la prison et ses alentours, le final n’étant guère plus convainquant, cassant un peu le ton sec et violent qu’il avait réussi à instaurer pour un final assez mièvre et évacuant tout climax, en tout cas détonnant trop avec ce qui avait précédé. Cette histoire d’épidémie de typhus n’est guère passionnante d’autant qu’une invraisemblance au moins aussi importante que la première citée arrive pour nous sortir une fois de plus du film. Le personnage de Ward Bond, dont la haine envers Sterling Hayden n’a d’égale que son sadisme envers les prisonniers ("Vous n’aimerez pas le sort que je vous réserve ; vous voudrez vous échapper", les provoquant ainsi pour avoir une occasion de pouvoir leur tirer dessus), laisse pourtant Hanley partir sans escorte à la recherche de l’eau qui mettrait fin à la maladie ; un retour de confiance absolument pas crédible. Entre temps, lors d’une tentative d’évasion, les fuyards trouvèrent comme par enchantement des chevaux qui les attendaient bien sagement au détour d’un rocher. Tous ces exemple pour argumenter le manque de rigueur de l’écriture, défaut que l'on retrouve aussi dans la description des personnages dénuée de finesse.


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Ceci dit, et pouvant également trouver à redire à propos de la mise en scène manquant singulièrement d’inventivité et bien trop sage au regard du sujet, l’exploitation du décor de la prison est superbe et mérite à elle seule que l'on jette un œil à ce western ‘claustrophobique’ un peu frustrant à force de ne pas tenir ses promesses mais néanmoins fort plaisant à suivre. Une colonie pénitentiaire comme vous n’en avez jamais vu et comme vous n’en reverrez probablement jamais. Essayons de vous la faire imaginer ! Une montagne aux falaises hautes de plusieurs centaines de mètres sur les crêtes desquelles des soldats sont placés en surveillance ; en son centre une espèce de canyon où sont montées quelques tentes dans lesquelles vivent ces gardiens. Tout autour de cette montagne isolée, le désert à perte de vue. L’eau étant absente, elle est acheminée chaque mois par un convoi ; il faut donc bien la rationner afin d’éviter les manques en fin de mois. Quant aux cellules, pour y arriver, il faut pénétrer par une entrée de grotte au centre de laquelle une trappe en bois s’ouvre, sorte de porte vers les enfers (d’où le titre parfaitement bien trouvé), entrée vers les geôles s’enfonçant dans les entrailles de la terre. Même si le budget alloué fait que l'aspect carton-pâte est bien visible, les décors sont plutôt très réussis, apportant une touche de poésie fantastique à l'ensemble. Une seule entrée, le désert chaud à perte de vue, aucune source d'eau, des gardiens impitoyables, un commandant intraitable (« Vous n’allez pas l’aimer mais il ne va pas vous aimer non plus »), des postes de guets surplombant et des indiens chasseurs de prime employés à poursuivre et tuer les éventuels fuyards : autant dire que le spectateur n’aura pas le temps de s’ennuyer ; pas plus que les prisonniers qui n’auront qu’une envie, s’enfuir !


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Vils traîtres, matons cruels, gardiens sadiques et provocateurs, punitions, humiliations, tentatives d’évasion… le lot traditionnel des films de prison est réuni ici pour le plus grand bonheur des amateurs qui trouveront aussi, avant Le Pont de la rivière Kwai, un ‘four’, une boîte métallique en plein soleil dans laquelle les prisonniers récalcitrants sont enfermés pendant un certain laps de temps. Si dans le film de David Lean, cette cabane sera debout, ici, elle se présente comme un cercueil, couchée. Pas mal de détails nouveaux, une trame intéressante pour un film qui, même s’il ne tient pas toutes ses promesses, permet de passer un bon moment grâce à son formidable décor mais aussi à une très bonne performance de Ward Bond et à d’autres comédiens chevronnés à défaut d’être particulièrement talentueux tels James Arness, Robert Wilke ou Sterling Hayden dont la prestance est pour l’instant encore plus impressionnante que son jeu d’acteur toujours un peu terne. On ne s’ennuie jamais tout en regrettant que le film n’arrive jamais vraiment à décoller faute à la mise en scène et à l’écriture. Mais plus globalement, un honnête divertissement que ce western assez brutal signé Charles Marquis Warren.








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