Rio Grande - 1950 - John Ford

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harry
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par harry »

12 pages magnifiques pour un film qui l'est tout autant , je l'ai en dvd et je vais le commander en blu-ray , car c'est un western à la gloire de la cavalerie Américaine , tourné dans des décors grandioses qui mérite la haute définition !
Je le commande bientôt et donnerai mes impressions , même s'il ne reste que des miettes à écrire :lol:
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chip
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par chip »

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Ben Johnson, Maureen O'Hara, Claude Jarman,jr., Harry Carey,jr.
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JoDel
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par JoDel »

Pour ce troisième volet de la trilogie, je vais donc encore une fois aller à l’encontre de la majorité, et rejoindre Pass qui semble être l’un des seuls à avoir préféré Rio Grande aux deux autres.
Même si Fort Apache m’a également bien plu, Rio Grande me touche davantage.

En effet, les thèmes évoqués dans ce film sont plus à ma portée que le départ en retraite ou les divergences militaires. Le film est certes un film sur la cavalerie mais il est surtout un décor pour aborder les thèmes du mariage, de la famille et de l’amitié.

Esthétiquement parlant, c’est aussi celui qui m’a le plus embarqué, déjà la qualité de mon DVD est bien meilleure que Fort Apache par exemple, ce qui joue pas mal sur mon plaisir, mais Ford nous fait également beaucoup plus de plans de portraits, beaucoup plus de scènes intimistes plutôt que de grandes scènes d’actions ou de chevauchées de la colonne. On trouve également beaucoup plus de scènes de la vie courante du Fort : l’arrivée des recrues, l’entraînement à cheval, les soirées avec sérénades ou chansons sous le chariot, la bagarre derrière l’enclos, ou le retour de mission des troupes. Ce sont toutes ces scènes qui me font le passer en première position.

Second élément : les personnages. Pour moi le duo Ben Johnson et Harry Carey Jr. fonctionne à merveille (tout comme dans Wagon Master), le couple John Wayne et Maureen O’Hara également, on retrouve sans surprise Victor McLaglen toujours dans le même rôle, et le jeune Claude Jarman Jr. en fiston qui veut rendre fier son paternel est très crédible tant en fils qu’en camarade de troupe. Le tout mis bout à bout, c’est donc, des trois, le film qui m’a le plus plu.

On retrouve donc John Wayne pour la troisième fois, et là encore, dans un rôle qu’il interprète très bien, celui du père qui a fait carrière et a donc délaissé sa famille, et se retrouve quinze ans plus tard confronté aux conséquences. Le personnage est vraiment très bien écrit sur les trois facettes de sa personne. On le trouve forcément très crédible en Chef du régiment, mais là dessus on est assez habitué, John Wayne en colonel de Cavalerie qui impose le respect, on en attendait pas moins. Là où je le trouve excellent, c’est la façon dont il arrive à être tout aussi crédible en mari qui a perdu de vue (et pas que) sa propre femme, suite à l’exécution d’un ordre venant d’en haut (qui était quand même de brûler les terres de Madame) mais pour qui il a toujours des sentiments, et qui mettra en œuvre de récupérer le cœur de celle qu’il aime. Ajouté à ça le père rude et militaire de carrière qui voit débouler son fils dans son unité après son échec au concours d’entrée de West Point et se retrouve coincé entre son envie de retrouvailles et son impartialité voire même encore plus de rudesse envers ce jeune volontaire. Il passe d’un registre à l’autre avec extrêmement de facilité et nous livre un personnage très attachant, voire même maladroit comme par exemple quand il avoue à sa femme que ce n’est absolument pas lui qui a demandé la sérénade en son honneur… Alors qu’elle était justement attendrie pensant que c’était son idée. J’ai également apprécié le moment où il compare sa taille à celle de son fils quand il sort de la tente, en marquant d’un crayon l’endroit où chacun d’eux arrive. Également les quelques « aller/retour » émotionnels : quand il arrive en vitesse par inquiétude pour son fils lors de l’entraînement à cheval, s’arrête net, et en officier supérieur, surveille de loin sans intervenir ; ou quand Tyree choisit son fils pour mener à bien le sauvetage des enfants, on voit qu’il va protester, et au dernier moment, se ravise et ne pipe pas mot. Pour moi cela reste l’une de ses meilleures prestations, enfin de ce que j’ai vu bien sur, mais c’est un rôle beaucoup plus fin et plus fouillé que de camper le héros impeccable de shérif ou autre justicier.

Maureen… Ah… Maureen… Y a pas à dire, à chaque fois je tombe sous le charme. Le duo avec Wayne fonctionne à merveille, elle a naturellement ce côté un peu rebelle, revêche (qu’on retrouvera encore dans The Quiet Man ) de femme forte qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Le couple qui est divisé, non seulement par le choix de carrière, mais aussi par les idéaux, puisqu’elle est une sudiste, dont son mari a de plus, brûlé les terres, ce qui a de quoi vous mettre en pétard. D’ailleurs j’ai lu pas plus tard que tout à l’heure que cette histoire est en fait réellement arrivé à la famille de l’épouse de Ford, Mary, la plantation de la famille ayant été incendié par le Général Sherman.
Mais peu à peu elle se radoucie, jusqu’à finalement retomber dans les bras de son mari. Elle passe elle aussi du registre de femme forte, à celui de mère en détresse qui veut sortir son fils de l’armée alors que ni le père, ni même le fils ne souhaite l’y aider, et elle se retrouve à chaque fois devant un mur. Mais comme le happy-end n’est jamais loin, tout finira bien, même après ce petit moment de suspense où elle se joint aux femmes qui regardent leurs maris rentrer de mission, redoutant justement que l’un d’entre eux ne soit pas du voyage retour. Ce moment, que l’on voit également au début, fait parti des scènes fortes du film, même si c’est du déjà vu, on a rarement pris autant de temps pour montrer ce retour, filmer les visages des femmes qui attentent avec inquiétude et scrutent chaque homme à la recherche du sien. Je retrouve ce que j’aime chez John Ford dans sa manière de filmer les foules.

Le duo Carey-Johnson. Il se passe un truc entre ces deux acteurs, quelque chose de naturel, qui va au-delà du cinéma je trouve, une alchimie toute particulière. Pour ma part, la scène de l’entraînement où on les voit monter debout à cheval et sauter les obstacles est l’une des plus réussie. Je me doutais que Ben Johnson la ferait sans doublure, mais je ne savais pas Harry Carey si bon cavalier. Autant monter debout sur un cheval, c’est un coup à prendre mais ça va, et encore s’il reste au pas, autant sur deux faut quand même avoir une sacré maîtrise, et alors sauter les obstacles alors là j’étais scotché devant l’écran, droit comme un I. C’était vraiment un super moment pour moi. J’ai trouvé les deux personnages très attachant, l’un d’une nonchalance à en foutre en rogne n’importe quel officier de l’armée (et pas mal l’idée, on lui dit de répondre par « Yo » à l’appel, il te le resortira a toutes les sauces en guise de réponse jusqu’à la fin du film), et l’autre rusé comme un renard, pourchassé par un marshall qui veut le boucler.
J’ai noté les « réticences » de certains sur l’histoire de Tyree, l’histoire dit bien que c’est de la légitime défense, il ne se soustrait à la justice que temporairement, pour ne pas faire vague parce que sa sœur se marie, mais il est bien dit qu’il prendra par la suite un avocat, par l’intermédiaire de Madame York, pour être blanchi, pas du tout qu’il s’est enrôlé parce que l’armée cautionnerait ou l’aiderait à se soustraire à la justice.

Et bien sur on retrouve McLaglen en Sergent pyromane, qui reprends son rôle depuis le début de la trilogie (sauf qu’il s’appelle différemment dans le premier volet).

Les petits intermèdes avec The Sons of the Pioneers ne m’ont pas déplu, d’une part parce que Ken Curtis chante vraiment bien, puis parce que c’est raccord avec l’histoire du couple. Bon, l’un des joueurs de sérénade aimait les rousses, un autre devait aimer les généraux, chacun ses goûts !

Enfin, les indiens sont les méchants, certes, mais là encore, ça ne m’a pas vraiment choqué, les ennemis dans les films de cavalerie, ce sont les indiens, c’est comme ça. Je n’ai pas vu beaucoup de films américains qui se passent pendant la guerre froide où le héros est Russe et les américains méchants. Non ?
Puis on retrouve un indien récurent chez Ford dans le rôle de Natchez, avec de superbes scènes et des plans portraits, et son fils si je ne m’abuse, est l’éclaireur indien décoré à la fin du film. En soi, je trouve que c’est plutôt sympa, pour un réalisateur raciste ^^

En conclusion donc, un très bon Ford pour ma part, sans dire qu’il est au dessus des autres, mais en tous les cas un film qui rassemblait le bon cocktail de ce que j’aime chez ce réalisateur. Pour être parfait j’aurais remis à McLaglen un comparse, même s’il a ici Chill Wills, un peu plus de consistence à Jack Pennick peut être, comme la petite bande qu’il forme avec ce dernier, P. Armendariz et D. Foran dans Fort Apache, histoire de mettre encore un peu plus de piment. Car même si je ne suis pas très comédie-western, et que c’est un côté qui m’a déplu dans Yellow Ribbon, dans Rio Grande il y a des scènes comiques mais je les ai vraiment apprécié, car peut être plus subtiles, moins théatralisées, davantage dans les dialogues que dans la scène elle même.

Voilà pour moi, et comme je suis un type très logique, je vais terminer maintenant par le dernier de mon cycle, qui est en fait le premier chez Ford, Fort Apache.
Modifié en dernier par JoDel le 24 juin 2022 22:19, modifié 1 fois.
C est comme ce gars que j ai connu à El Paso, un jour il s'est jeté dans les cactus après s'être mis tout nu, je lui ai demandé moi aussi pourquoi... Il m'a dit qu'à ce moment là, l'idée l avait tenté

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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par JoDel »

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John Wayne............ Colonel Kirby York

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Maureen O’Hara......... Kathleen York

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Ben Johnson............. Soldat Travis Tyree

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Harry Carey Jr............ Soldat Daniel 'Sandy' Boone

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Claude Jarman Jr......... Soldat Jefferson 'Jeff' York

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Victor McLaglen........ Sergent Major Timothy Quincannon

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J. Carrol Naish.......... Général Philip Sheridan

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Chill Wills................... Docteur Wilkins

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Grant Withers............ Le Marshall

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Peter Ortiz.................Capitaine St Jacques

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Steve Pendleton........... Capitaine Prescott

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Karolyn Grimes.............. Mary Margaret
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par JoDel »

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Ken Curtis............. Donnelly

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The sons of the pionneers........ La chorale
Avec (j'espère ne pas me planter sur ce coup) : les frères Hugh et Karl Farr au 2eme rang, et avec Ken Curtis, Tommy Doss et Lloyd Perryman

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Alberto Morin.......... Le lieutenant Mexicain

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Jack Pennick.......... Le Sergent qui amène les recrues

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Stan Jones............. Un Sergent à l entrainement

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Fred Kennedy.......... Soldat Heinze

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Patrick Wayne......... Un petit garçon pris en otage

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Cliff Lyons.............. Un officier

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Chuck Roberson....... Un officier
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Qui déguisé en indien essayera de se débarrasser de son supérieur

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Shug Fisher.......... Un Clairon

Et avec les cascadeurs

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Frank McGrath.......... L autre Clairon

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Chuck Hayward .......... Un officier

Et non mentionnés

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William Steele.......... L'officier qui a rasé sa moustache

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Many Mules Son......... L'éclaireur indien décoré (qu'ils appellent par son nom en V.O donc je pense que c'est lui)
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pale rider
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par pale rider »

Merci pour tes trombinoscopes JoDel !!!
Alors j'ai regardé, et sur un cheval pâle se dressait son cavalier nommé Mort et la mort l'accompagnait.
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par JoDel »

Merci Pale!! C'est avec beaucoup de plaisir que je les réalise et fait les recherches d identifications, et encore davantage que je les partage ici avec des gens que ça intéresse :beer1:
D'ailleurs il m'en manquait trois, que voici


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Natchez..... Celui qui n'est pas, contrairement à ce qu'on trouve sur internet, Barlow Simpson

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Lui c'est plus dur, c'est un cascadeur, c'est lui qui fait la démonstration à cheval "à la romaine", et qu'on retrouve dans les trois volets de la trilogie, une recrue dans Fort Apache et un des hommes tentant de sortir (sans succes) McMaglen du bar dans Yellow Ribbon
Le seul cascadeur mentionné pour les 3 est Bob Rose, mais je ne pense pas que ce soit lui, il est un Bugler dans The Quiet Man identifié comme Billy Jones, mais dans Rio Grande il est appelé Slim, et donc il y a des chances que ce soit Bryan 'Slim' Hightower, cascadeur ayant de nombreuses fois travaillé avec John Ford. A confirmer

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Et enfin le seul barbu du film..... Ben on ne sait pas!!!
Après plusieurs pistes je suis toujours un peu dans le brouillard. Peut être C.E. Anderson avec quelques années de plus qui est aussi souvent chez Ford mais aucune certitude. De mémoire on a un vieux militaire barbu au début de The Horse Soldiers... qui sera donc mon film bonus de fin de semaine.

To be continued ......
:beer1:
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par limpyChris »

Et enfin le seul barbu du film..... Ben on ne sait pas!!!
Et ça,

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c'est pas de la barbe, peut-être, Monsieur ?! taillée à la Française ... Pas de l'ébourrifage hirsute américain ... (en Français dans le texte)

:wink:
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par JoDel »

Euh..... Je ne pense pas qu'on puisse comparer ce léger duvet bien taillé à la belle barbe de mon vieux Sergent !
Puis je suis jaloux de cette superbe mèche d'abord
:lol: :beer1:
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par limpyChris »

Tous ceux qui ont vu ce film ne peuvent qu'avoir gardé en mémoire la scène d'introduction ...
J'ai pensé à vous faire un petit comparatif, sans prétention de classement ou comparaisons quelconques, autres que visuelles de trois films qui ont cette scène en commun, à savoir l'arrivée/le retour d'un détachement au Fort avec des prisonniers apaches :

Dans "Trooper Hook", elle est réglée en une quinzaine de secondes et cinq, six plans :

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Dans "Only the Valiant / Fort Invincible", cela prend une quarantaine de secondes et quelques plans de plus ...

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(To be continued ...)
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par limpyChris »

Et John Ford, donc ...
"Rio Grande" : Arrivée, entrée : 1minute 30 à 40 sec.

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(À suivre ...)
... mais en attendant, avez-vous remarqué ... ?
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par limpyChris »

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et, la femme rassurée ayant quitté le champ, cela laisse à présent toute la place à la femme inquiète, qui occupe le centre du cadre
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Ajoutez-y la musique de Victor Young et quelques tintements de la cloche de Margaret Mary ...
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par HART »

Bravo et merci pour ces dioramas comparatifs , limpy.
On voit dans ces quelques images la différence entre un Maître et de bons artisans.
Là où Warren et Douglas présentent une reconstitution soignée , mais empreinte d'un certain artifice dans les postures des acteurs et des figurants , Ford donne l'impression de voyager véritablement dans le temps et transmet une émotion , une véracité qui semble inaccessible aux deux autres.
C'est presque comme un reportage ( ah ! cette poussière qui saupoudre tous les plans ! ) , mais transcendé par la vision d'un artiste qui y associe un frémissement par une approche particulièrement sensible et pudique à la fois.
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par JoDel »

:applaudis_6:
Je n'arrivais pas à mettre en ordre ma pensée, je n'en aurais pas besoin, le commentaire de Hart est parfait.

Il est vrai que chez Ford l'utilisation des figurants m'a toujours marquée, elle fait la différence. Je n ai aucune idée de s'il y avait des castings pour figurants, s'ils étaient choisis en fonction de leur capacité à transmettre telle ou telle émotion, ou si c'est justement du travail de direction d'acteur qui fait cette différence, mais chez Ford quand on a de scènes de foules, on s'y croirait à chaque fois, et c'est une chose que j'apprécie énormément chez ce réalisateur.
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Re: Rio Grande - 1950 - John Ford

Message par limpyChris »

Je n'arrivais pas à mettre en ordre ma pensée
Ah, vous aussi, ça vous le fait. La différence, c'est que vous, vous vous en rendez compte et évitez alors de poster, tandis que moi, rien ne m'arrête ! (Moi : :) ; les autres, et moi : :( )
Enfin, ici, j'ai évité de commenter, vous avez vu. J'aurais pu dire que, pour un cinéaste militariste, comme il était étiqueté il y a à peine quelques lustres encore, il pense beaucoup aux femmes et aux enfants en filmant ces attentes ou retours de guerres. Et cette poussière, dont parle HART. Bien sûr, on pourra m'objecter 'sensiblerie', qui ne vaut même pas la peine que je soulève une paupière ... ou qu'il ne nous montre pas les femmes et enfants indiens en contrepoint ... "Et v'là qu'ils nous parlent de la poussière, maintenant ... Non, mais ..."
Mais faites confiance à M'sieur HART pour vous trousser des remarques bien vues et bien écrites ... "Des fins lettrés", qu'il nous traite, le Grand Chef et moi, sur un autre fil ... des fins lettrés ... !! i' s' moque, ou quoi ? et quand tu vois comment il écrit ses billets ... Enfin, bref, trève de "passez-moi la pommade, je vous passerai le miel" ... :wink:
Pour ce qui est des 'castings pour figurants' chez Pappy Ford, je n'en ai, moi non plus, aucune idée ... Je dirai que pour les uns, ils faisaient partie de la famille d'un acteur pour lequel il avait de l'estime, avec qui il avait des affinités (la famille Carey), il y avait ceux repérés dans d'autres films et qui donnèrent satisfaction chez lui aussi sur un film, et qu'il garda/rappela, il y avait ceux qui acceptaient d'être des souffre-douleur (Walter Brennan ne fit qu'un tour chez Ford), ceux qui étaient recommandés par les intermédiaires, et qui étaient de la famille de ces intermédiaires, et qui avaient une 'gueule' comme recherchée (les Navajos, les frères Bradley -traducteurs- amenant les Stanley et Many Mules), ceux qui l'impressionnèrent par l'une ou l'autre de leurs capacités (Ben Johnson, un vrai cavalier, un vrai cowboy ; Jack Pennick, du point de vue de ses connaissances militaires, et qui, en plus, avait, lui aussi 'une gueule' ; Pierre/Peter Ortiz pour sa carrière militaire et conduite pendant la Guerre ...), ceux qui tenaient l'alcool, celui qui jouait sur son accordéon de vieux airs folklo-militaires à la demande, celles et ceux qui devaient l'avoir touché, mais qu'il ne reconnaîtrait jamais l'avoir été ... sans oublier celles et ceux que connaissaient son frère, l'autre réalisateur :wink: et j'en oublie ...
Constituer autour de lui une espèce de famille au fur et à mesure des films devait un peu 'rassurer' ce grand anxieux de Ford, sans oublier un mouchoir sur lequel mâchonner.

Pour qu'on y croit, il faut, je dirais, mais je n'y connais rien -là, il nous faudrait une intervention de Bigdede-, qu'il y ait 1) assez d'argent pour avoir assez de seconds rôles, silhouettes, figurants, 2) qu'il y ait un metteur en scène avec une vision d'ensemble de la famille, de la société qu'il veut décrire avant et afin d'exiger des figurants qu'ils donnent ce qu'il attend d'eux , un metteur en scène qui ait pensé 'plus grand, plus large', plus humain que le simple scénario, qui ajoute de la chair, de l'humain autour du sujet principal, comme dans la vie 3) ... j'ai oublié, au fil que je tapais ...
et si on y ajoute des gens qui sont contents de se retrouver et savent qu'ils ont été choisis par et jouent pour un metteur en scène qui a "une conception personnelle de l'ouvrage" ( :wink: pour HART, quand il aura déballé son "La grande vadrouille"), ça doit aider à y mettre tout son savoir, ou à défaut, tout son coeur ...
M'est avis qu'un Mussel devrait aussi avoir là-dessus son avis ... et un Compte malheureusement supprimé en aurait sans doute à ajouter, corriger ...
Je ne sais pas si ça se tient un peu ou si je suis HS ... ? Les adultes pourront rectifier.
Je vous laisse, j'ai un podcast à réécouter.
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