Le Bandit - Naked dawn - 1954 - Edgar G. Ulmer

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Yosemite
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Re: Le bandit - The Naked Dawn - 1954 - Edgar G. Ulmer

Messagepar Yosemite » 11 déc. 2018 13:04

Après avoir regardé récemment « Ruthless » (L'Impitoyable), film noir d’Edgar George Ulmer, j’ai continué avec ce réalisateur en remettant dans le lecteur ce fameux « Naked down ».
J’ai l’impression de l’avoir encore préféré cette fois-ci.
Un aspect, qui n’a pas été relevé sur le fil de la discussion me semble-t-il, est la qualité des dialogues. La qualité des dialogues et la diction d’A. Kennedy qui présente une palette de tons absolument éblouissante, je pense que cela contribue largement la crédibilité de son personnage. La crédibilité et l’aspect touchant, sincère de celui-ci.

La scène où il rencontre B. St John au bord de la rivière est un moment de grâce qui inaugure toute la suite du film. Une si jolie femme, seule voyant un type pareil arriver, devrait me semble-t-il se montrer, si ce n’est craintive, au moins méfiante, et ce, plus encore, lorsque ce type sorti de nulle part s’empresse de la suivre jusqu’à chez elle (sans même avoir pris le temps de faire boire ses chevaux à la rivière comme il demandait la permission de le faire).
A cet instant, le jeu des acteurs, la distance très étudiée entre eux lorsqu’ils marchent, le dialogue qui se construit peu à peu, sont une pure merveille. Au travers de ces quelques minutes, E. G. Ulmer met en place toute la psychologie des deux personnages et ensuite, en nous faisant pénétrer plus avant dans l’intimité de ce jeune couple, Ulmer nous révèle tout le malaise qui y règne et cette découverte du spectateur comble l’étonnement qu’a pu susciter le peu d’effarouchement montré par Maria au bord de la rivière. Finalement, pour elle, tout ce qui vient d’ailleurs ne peut guère être qu’une promesse de meilleur.
Yo.

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lasbugas
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Re: Le Bandit - Naked dawn - 1954 - Edgar G. Ulmer

Messagepar lasbugas » 10 mars 2020 17:33

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harry
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Re: Le Bandit - Naked dawn - 1954 - Edgar G. Ulmer

Messagepar harry » 12 avr. 2021 21:33

Revu ce film avec mon enregistrement de 2011 de bonne qualité, et ma première vision du " Bandit" m'avait laissé mitigé , mais je ne sais pas si c'est le fait de vieillir , mais j'ai trouvé cette fois un chef- d'œuvre du genre et un exceptionnel Arthur Kennedy , plus grand chose à dire tellement les commentaires précédents sont élogieux et pertinents , l'atmosphère de ce film est formidable et prenant pendant 1h19 , alors western ou pas western , la ligne est fine , mais content qu'il soit répertorié sur ce site , car ce " The naked dawn " , ça, c'est du western :!:

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Re: Le Bandit - Naked dawn - 1954 - Edgar G. Ulmer

Messagepar Moi ? Personne... » 27 juin 2022 0:08

Très belle découverte ce Bandit d’Edgard G. Ulmer. Le Bandit est un magnifique western moderne et atypique, lent et contemplatif, et d’une grande force psychologique, ce qui s’annonce dés la scène d’ouverture : un pillage silencieux d’un train par deux truands mexicains dont l’un, Santiago, sort de prison. Son complice abattu par un veilleur de nuit friand de tacos, il lui tient compagnie tout le long de son agonie et lui assure le paradis dans un dialogue qui trahit le sentimentalisme du héros : Santiago, derrière sa carapace de bandit violent est en effet très humain et l’argent qu’il vole n’a pour lui que peu d’importance comparé à ses valeurs et aux plaisirs de la vie. Arthur Kennedy est superbe et arbore la “gouaille” du petit truand mexicain, alternant la modération et l’exagération.

La scène suivante présente “en chanson” Maria (Betta St. John), une femme touchante vivant à la sueur de son front et qui ne saisira qu’au fil de l’histoire la vraie nature de Santiago. Un détail : elle apparaît auprès d’une rivière, comme souvent j’ai l’impression les indiennes et les mexicaines dans les westerns, ce qui donne lieu à de superbes images.

Santiago se retrouve à loger chez le mari de la fille : Manuelo Lopez, interprété par Eugene Iglesias qui crève l’écran et est très expressif, un péon d’apparence travailleuse, honnête et dévouée, qui accompagnera son hôte chez son receleur. Trompé par ce dernier, Santiago empoche son magot avec l’aide de Manuelo, et c’est l’évènement qui entraînera les trois personnages dans une sorte de fable tragique en petit comité... En effet, Santiago réveille involontairement la rapacité de Manuelo qui tente par tous les moyens d’obtenir une part du magot, la colère de Maria et son besoin de liberté étouffé par son mari et déchaîne la haine et la passion qui animent le couple.

L’aspect le plus intéressant de ce film, c’est les mentalités radicalement opposées de Manuelo et Santiago qui sont un peu le financier et le savetier (de Gotlib ! :mrgreen: ). Manuelo se revendique économe et voulant la stabilité de sa future famille, mais est surtout animé par sa folie pour l’argent dés qu’il est en contact avec lui. Santiago lui est un voyou au grand cœur un peu fatigué, mais idéaliste et empathique ce qui attire l’amour de Maria. Pour lui, l’argent n’est qu’une occasion de vivre toujours plus au jour le jour, de boire, jouer et faire la fête. Ainsi, il est tout de suite un personnage sympathique et il éveille les rêves d’épanouissement de Maria. Et en effet la description idyllique de Vera Cruz aussitôt abandonnée par Santiago quand Maria décide de l’y suivre en est un bon exemple.

Mais si Maria pense à son bonheur, Santiago fait preuve d’altruisme jusqu’au bout : la preuve (attention spoiler)
Spoiler: Montrer
Le Bandit meurt seul sans un regard de ses “compagnons”, ce qui rappelle qu’il a accompagné son camarade jusqu’à la mort au début du film.


Outre un choc entre deux mentalités, ce western est aussi pour moi une réflexion sur le monde moderne par des réfractaires qui n’ont pas pu évoluer avec. On assiste un peu aussi à l’arrivée d’un héros tout droit sorti du vieux Mexique dans une période marquée par une nouvelle forme de violence organisée, représentée par les magouilles du receleur et ses complices policiers.

Si ce film apparemment à petit budget est pauvre en action, c’est compensé par de belles images et des plans bien filmés, mais surtout par des dialogues riches et variés (et équilibrés ! :mrgreen: ). IL y a également des scènes saisissantes sans pour autant user de grands moments d’actions. Particulièrement la séquence effrénée de la Pulqueria, où Santiago fait découvrir à Manuelo les joies des femmes, de la danse et de la téquila. La scène de la danse survoltée et aérienne estre Santiago et la fille du bar est super bien filmée je trouve, puis celle de la bagarre à laquelle participera joyeusement un Manuelo saoul et hilare d’un grand potentiel comique très réussie aussi. On a ensuite le revers de la médaille de cette euphorie : la nuit de délire et de violence où Manuelo devient un monstre avide de Pesos.

Je confirme également que le fait que l’action se situe vers 1940 ne fait pas moins de ce film un western excellent et un chef œuvre !

Betta St John et Arthur Kennedy

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Eugene Iglesias

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Betta St John

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Si tu n'as pas une sale affaire à te mettre sous la dent tu t'en inventes une et après l'avoir liquidée, tu en abandonnes le mérite à un autre comme ça tu peux continuer à être toi-même. C'est à dire Personne
:sm60: :bullet1:

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lasso
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Re: Le Bandit - Naked dawn - 1954 - Edgar G. Ulmer

Messagepar lasso » 30 juin 2022 9:48

Revu ce magnifique film d'Edgar G. Ulmer, avec un Grand Arthur Kennedy
Il m'est venu à l'esprit un autre grand acteur Wallace Beery, qui joua en 1937 dans Arizona Bill (Bad man of Brimstone) un Bandit
sympathique et humanitaire.

La musique dans ce "Western Mexicain" The Naked Dawn est très bien choisie et mémorable :applaudis_6: :applaudis_6: :applaudis_6:


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