L'Étalon sauvage / Le Cheval indompté - Thunderhoof - 1948 - Phil Karlson

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Moonfleet
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Re: L'Étalon sauvage / Le Cheval indompté - Thunderhoof - 1948 - Phil Karlson

Messagepar Moonfleet » 19 juin 2019 15:59

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L’étalon sauvage (Thunderhoof - 1948) de Phil Karlson
COLUMBIA


Avec Preston Foster, Mary Stuart, William Bishop
Scénario : Harold Jacob Smith & Keneth Gammett
Musique : Mischa Bakaleinikoff
Photographie : Henry Freulich (1.37 Noir et blanc)
Un film produit par Ted Richmond pour la Columbia


Sortie USA : 08 juillet 1948

Dans le désert mexicain, Scotty (Preston Foster) est à la recherche d’un étalon sauvage nommé Thunderhoof qu’il rêve d’attraper et d’en faire le premier cheval de son futur cheptel. Il est accompagné de sa jeune épouse Margarita (Mary Stuart) ainsi que de The Kid (William Bishop), son homme de main à qui il autrefois sauvé la vie et qui est entre temps tombé amoureux de Margarita. The Kid ne voulant pas poursuivre la poursuite du cheval, Scotty veut l’empêcher de s’en aller et pour se faire ils se battent à poings nus en haut d’une falaise. Au moment où la bagarre devient dangereuse, ils aperçoivent l’étalon tant recherché. Ils parviennent à le capturer non sans dégâts puisque Scotty se casse la jambe. Il faut néanmoins qu’ils retournent au Texas ; ce qui ne se fera pas facilement d’autant que les tensions entre les trois personnages vont en grandissant et que tempêtes de sable et fièvre typhoïde se profilent…


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Si Phil Karlson fut surtout associé au film noir, genre au sein duquel il œuvra majoritairement et qui le firent aduler des amateurs de séries B, il réalisa également cinq ou six westerns dès 1947, quasiment tous inconnus au bataillon –y compris Thunderhoof qui passait même un moment pour invisible, perdu et donc inaccessible-, avant Le Salaire de la violence (Gunman’s Walk) qui sortit à la sauvette en France, fut accueilli très tièdement par la critique et resta aux abonnés absents de quasiment toutes les bonnes anthologies du genre. C’est assez récemment que sa cote de popularité commença à remonter, et ce regain d’intérêt n’était qu’amplement mérité au vu des très grandes qualités que cette œuvre recélait à quelque niveau que ce soit. Quasiment dix ans après avoir donc signé l’un des plus beaux westerns psychologiques des années 50, Phil Karlson réalisait cette fois l’un des plus mauvais westerns de la décennie suivante avec La Poursuite des Tuniques Bleues (A Time for Killing), entérinant sa réputation de cinéaste très inégal.


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Comme précédemment avec par exemple les superbes Quand les tambours s’arrêteront (Apache Drums) ou Joe Dakota, les westerners les plus chevronnés ont probablement eu la salive aux lèvres en apprenant la sortie prochaine sur galette numérique d’un autre western devenu culte pour à la fois sa rareté et sa prestigieuse réputation, le Thunderhoof qui nous concerne, rebaptisé -inutilement- L’étalon sauvage par Sidonis pour sa sortie DVD. Quelle tristesse lorsque le temps est enfin venu de sa découverte d’avoir l’impression de ne pas avoir vu le même film que celui louangé ici et là ! Pensant être passé côté et avoir été déçu par le fait d’en avoir peut-être trop attendu, motivé par la présentation dithyrambique de Bertrand Tavernier en bonus du DVD, le deuxième visionnage consécutif allait-il pouvoir me remettre sur les rails ? Peine perdue, au deuxième essai ce western de Phil Karlson m’a tout aussi peu captivé et tout autant ennuyé ; après ça, j’ai eu beau lire et relire tous les textes superlatifs à son propos, je ne suis absolument pas arrivé à me retrouver dans les descriptions et analyses qui y étaient faites. De là à dire que je détiens la vérité, il y a un gouffre que je ne franchirais pas. Certains ont comparé pour son ton et son minimalisme ce film à The Ride Back (La Chevauchée du retour) d’Allen H. Miner et aux films de Budd Boetticher avec Randolph Scott ; il pourrait y avoir un peu de ça sauf que les uns m’ont grandement à la fois passionné et touché, celui ci pas.


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Pour ne pas peiner les nombreux admirateurs et parce que je n'ai pas grand chose à en dire, je ne vais donc pas m’appesantir longuement sur un film que j’ai trouvé non seulement ennuyeux et peu captivant mais également sans grand intérêt ni tension, pas plus convaincu par une mise en scène certes honorable mais sans grandes fulgurances que par un scénario finalement plus original par son minimalisme (3 personnages et 2 chevaux) que pour son intrigue qui aurait peut-être pu donner lieu à un grand film si l’écriture avait été moins répétitive et si elle avait donné plus de reliefs à des personnages pour lesquels j’ai eu du mal à éprouver la moindre empathie. Faute aussi à une direction d’acteurs pas totalement aboutie, les trois comédiens n’étant pas spécialement mauvais mais n’arrivant néanmoins pas à relever l’ensemble, pas plus l’excellent Preston Foster -ici parfois assez pénible avec son sempiternel ‘rire de chacal’- que les intéressants William Bishop et la charmante Mary Stuart dont on soupçonne les talents mais qui ne m’ont guère non plus séduits plus que ça. Si l’on ajoute une musique assourdissante lors des séquences mouvementées et qui gâche en partie ces dernières comme le pourtant teigneux Fistfight en haut de la falaise, la déception est presque totale, la torpeur qui m’a pris ne m’ayant pourtant pas empêché d’apprécier le superbe travail de Henry Freulich à la photo et quelques superbes plans en extérieurs, notamment ceux en plongées sur les chevaux.


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Mais ne me faites surtout pas confiance -d’autant que les films noirs de Karlson ne m'ont jamais franchement convaincu non plus- et faites vous votre propre avis en vous souvenant que la grande majorité des amateurs de westerns ne tarissent pas d’éloges à son égard, s’extasiant sur son histoire allégorique aux forts enjeux et aux différents niveaux de lecture, son ton âpre et tendu, son ‘intensité oppressante’, l’ambiguïté des personnages et de leurs relations, son climat unique en faisant une sorte de ‘fable existentielle claustrophobe’, sa ‘force minérale’, son ‘lyrisme dépouillé’, ou encore sur son inventivité et sa puissance. Avec tous ces exemples d'apologies, j’imagine qu’aucun aficionados ne voudra plus ne pas juger sur pièces sans tenir compte de ce qui a été écrit dans les trois paragraphes précédents ; et si jamais l’un d’entre eux reste sur le bord de la route sans être plus enthousiaste que ça, il se sentira moins seul.

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zach
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Re: L'Étalon sauvage / Le Cheval indompté - Thunderhoof - 1948 - Phil Karlson

Messagepar zach » 14 sept. 2021 0:02

Revu ce western que j'ai probablement vu cinq ou six fois depuis 2019. Autant dire que c'est un film que j'adore, et lorsque j'ai envie de voir un excellent western, court, dense et passionnant, je me tourne vers celui-ci.

Je trouve que c'est une réussite totale, tant plastique, que la copie de Sidonis permet d'apprécier à sa juste valeur, que scénaristique avec des personnages complexes bien servis par des acteurs bien connus des amateurs de westerns.
D'ailleurs, il me semble difficile de parler de good ou bad guys ici, avec deux personnages masculins qui ont une belle densité, avec leurs bons et mauvais cotés. C'est le périple autour de la capture de Thunderhoof et le retour à la civilisation qui les fera évoluer et les amènera à se révéler.
Quand à la fin, est-elle si conventionnelle que ça ? Le personnage de Preston Foster se comporte en dominateur avec sa femme et n'oublie jamais de rappeler au Kid ce qu'il lui doit. Il se montre écrasant, mais finira par être blessé et tributaire des autres, sa faiblesse remettant en cause les liens entre le trio, et incitant sa femme et son complice à se remettre en question et à faire des projets communs. Leurs comportements respectifs, leurs hésitations privent le récit de naïveté puisque tous leurs sentiments ne sont pas des plus nobles, et c'est une grande qualité du cinéaste et de ses scénaristes de ne pas avoir proposé aux spectateurs des personnages d'un seul bloc qui auraient affadi leur film.
Que les circonstances amènent le Kid a se révéler sans scrupules, tandis que Preston Foster quels que soient ses défauts est intègre, renforce sa relation avec sa femme.

Bref, c'est un excellent film, avec de magnifiques images, l'omniprésence des chevaux, un récit parfaitement mené. Dans mon panthéon personnel, un des meilleurs westerns des 40's.
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limpyChris
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Re: L'Étalon sauvage / Le Cheval indompté - Thunderhoof - 1948 - Phil Karlson

Messagepar limpyChris » 14 sept. 2021 22:25

Ce bel enthousiasme incite à le revoir ... ou à le voir. J'en ai relu les avis précédents, il ne fait pas l'unanimité ... deuxième atout pour le revoir ... ou le voir. Merci Zach d'avoir remis un coup de projecteur sur ce film.
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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zach
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Re: L'Étalon sauvage / Le Cheval indompté - Thunderhoof - 1948 - Phil Karlson

Messagepar zach » 14 sept. 2021 23:50

Pas d'indien ici, mais une belle authenticité tout de même :wink:

Dommage finalement que la fin ait été ouvertement discutée ici, cela évente une partie du récit, mais il reste quelques surprises quand au sort des personnages.
Il me semble que l'on trouve ici tout ce qui peut faire la noblesse du western américain, avec l'importance de la nature, la mise en valeur des chevaux, une évidente science du récit.

Parlant d'un autre film, Bertrand Tavernier exposait son point de vue quand au travail de André De Toth en se situant en tant que cinéaste, disant qu'il ressentait quand le réalisateur mettait tout en oeuvre pour utiliser toutes ses ressources de metteur en images pour combattre les conventions et valoriser le scénario à sa disposition.
De mon modeste point de vue, j'ai souvent la même perception quand à des réalisateurs comme Phil Karlson ou George Sherman, qui n'ont bien sûr pas que des réussites à leur actif, mais qui proposent des oeuvres de grande classe techniquement.
Et ici, je trouve que l'on a une oeuvre d'une évidente exigence visuelle.
Des metteurs en scène plus pantouflards auraient certainement ajouté des plans de studio, ou les quelques scènes d'intérieurs auraient pu trancher avec le naturel des extérieurs. Ici, on sent la volonté d'offrir une oeuvre de qualité, l'ambition d'un honnête artisan qui offre à ses spectateurs le meilleur spectacle possible sans céder à la facilité.

Après, que l'on soit sensible ou non au récit, c'est à la sensibilité de chacun de parler, mais rien que pour la fluidité du récit, à une époque où la technique était plus rudimentaire qu'aujourd'hui, respect M. Karlson. :sm80:
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limpyChris
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Re: L'Étalon sauvage / Le Cheval indompté - Thunderhoof - 1948 - Phil Karlson

Messagepar limpyChris » 15 sept. 2021 0:14

Pas d'indien ici
:D Non, non, je sais, Zach, je l'ai vu à sa sortie chez Sidonis. Je ne suis pas monomaniaque, vous savez, il m'arrive de regarder des films français, coréens ... etc.
Pas une plume dans "Le promeneur d'oiseau", par ex... euh, enfin, vous voyez ce que je veux dire ... :wink:
Et je ne regrette pas d'avoir relancé, ce qui nous a valu une suite ... :D
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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