L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

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Sartana
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L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Sartana » 01 févr. 2009 15:16

Pour ceux qui ne connaissent pas le film, par ICI

Attention, les SPOILERS sont autorisés, donc ne lisez pas ce topic avant d'avoir vu le film.


Tous les documents sont à poster dans ce topic:
viewtopic.php?f=20&t=7940

Que le débat commence!
"Il suffit de franchir les limites de la violence individuelle qui est criminelle,
pour atteindre la violence de masse qui... qui fait l'histoire..." Brad Fletcher dans Le dernier face à face
Personne a écrit :Sartana, tu as un coeur de pierre!

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musselshell
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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar musselshell » 01 févr. 2009 16:00

Shane est probablement le western le plus "cher" aux Américains…car le plus proche des gens, oui, des « gens »(oui, bon, blancs surtout…), grâce à son époustouflante superposition du mythe et de la quotidienneté, exposant pleinement les ressors du premier tout en les mesurant à l’aune de données pleinement humaines ,elles mêmes doublement inscrites en un temps, un lieu (le Wyoming au pieds des Tetons dans les années 1880, la guerre entre homesteaders et grands propriétaires) et dans l’inévitablement banale, puisque éternelle, superposition du rêve, du désir,de l’illusion et de la réalité (plus le prisme formant/déformant du souvenir) que traverse toute existence, à toute époque, n’importe où. …Plus que Rio Bravo ou the Searchers, le film de Stevens relève de l’alpha et de l’oméga, en racontant l’histoire la plus basique susceptible de condenser la mythologie du genre, dans sa double dimension flamboyante et crépusculaire. Le film relève avant tout du poème, superbe d’élégance limpide et trouble à la fois. Un western, totalement, et un western sur le western. Tout repose sur une mise en scène dont la richesse, jamais ostentatoire, permet tous les niveaux de lecture, sans en imposer un seul…ou plutôt, en ménageant dès le premier niveau (le mythe) l’ouverture vers les suivants, qui sont ceux de la bête complexité de l’ici-bas…pour mieux regonfler le mythe. Complexité des rapports humains, quand un enfant en est le témoin, quand le spectateur voit dans le cadre, au sens propre, la géométrie des sentiments, des enjeux, des rapports de force, tant individuels que collectifs. Ce film dont le scénario assume la pure allégorie parvient à pleinement l’illustrer tout en l’humanisant , en la ramenant à une dimension qui est celle de la terre, de ses cycles, qui sont ceux du temps, donc de la vie et de la mort, le renoncement entre les deux…Shane est devenu une icône, Joe Starrett une autre, Jack Wilson aussi…Ryker est le gros propriétaire par excellence, mais il n’est pas d’un bloc, pas caricaturé…Joey est le regard, enfance et souvenir de l’enfance, Marian est le pivot, puisque comme plus tard Hallie, elle organisera les modalités du drame. Alan Ladd tient peut-être là son plus grand rôle, grâce à un metteur en scène qui l’a justement fait travailler sur ses limites…
Il est des films que l’on peut étudier plan par plan, et la leçon sera profitable. Shane en fait partie…
Ca n'interdit pas les anecdotes, surtout quand elles concourent à expliquer des choix de mise en scène (l'arrivée au pas de Jack Wilson, saccadée, à la Nosferatu: Palance avait des problèmes au trot et au gallop! les difficultés de Ladd avec les armes auraient privilégié, eux aussi, une certaine façon de filmer quand il dégaine, et tire...)
:sm32:
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Pike BISHOP
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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Pike BISHOP » 01 févr. 2009 18:57

Bon, puisque l'ami MUSSELSHELL a tout dit... On peut clore le débat sur "SHANE" !! :D

Il faut avoir vécu, tout petit garçon (plutôt que fille sans doute, pour elles l'équivalent devait être SISSI !) la sortie de "L'HOMME DES VALLEES PERDUES"
pour en réaliser l'importance... Il a du arriver chez nous vers fin 53 ou en 54... Et même avant que tous ne l'aient vu, on en connaissait la plupart des
ingrédients par le bouche à oreille et par les jeux en cour d'école....
ALAN LADD était une star à son apogée, "SHANE" a sans doute été son pic de popularité... Tous les gamins étaient Shane réglant son compte au tueur Wilson
à la face reptilienne... que certainement peu connaissaient encore, qui se nommait à l'époque Walter Jack PALANCE...
Bien sûr, nous avions tous bouffé du western, du John Wayne sabrant les indiens, ou du Henry FONDA maintenant l'ordre à Tombstone...
Mais dans celui là, les coups de feu claquaient fort, un homme abattu à bout portant faisait un bond en arrière de 3 M... Les coups de poings
laissaient des marques.. On y croyait dur comme fer...Et certainement on y est tous allé de notre larme à la fin, quand le petit Joey (Jacky in french)
hurlait de revenir...
Avec le temps, "SHANE" est parti dans les souvenirs au rayon des classiques...
En revoyant le DVD à sa sortie, il me semblait tellement le savoir par coeur, que je l'ai mis avec les commentaires off... puis, particulièrement repris
je l'ai revu, et pensé encore par rapport au film d'EASTWOOD qui en est son remake, avec six fois ou plus d'ingrédients et de symboles...
"SHANE" est la conjugaison de stéréotypes et d'un univers tellement crédible que ces personnages schématiques semblent vivants, nous donnent l'impression
d'avoir existés, d'avoir étés de chair et d'esprit plutôt que d'image... Sans surenchère, il est plus fort et plus prenant que le film d'EASTWOOD ( que je ne
trouve pas mauvais pour autant) et je trouve qu'il gagne encore à chaque vision... miracle des opportunités, ou volonté supérieure de son metteur
en scène George STEVENS ?
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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar limpyChris » 01 févr. 2009 23:03

Ben dites donc, y en a qui n'ont pas traîné ... On sent qu'ils devaient piaffer d'impatience que Janvier se termine, et comme celui-ci n'a que 28 jours ...
Raconte encore comment c'était dans l' temps, Pappy Pike ...
Je suis un vieux Peau-Rouge solitaire qui ne marchera jamais en file indienne.

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Vin » 01 févr. 2009 23:34

Bon, je vais essayer de ne pas me prendre de tomates..Je n'aime pas Shane, à cause de Ladd, que j'ai toujours trouvé insipide.
Mais promis, je vais revoir le film, afin de donner un avis un peu plus objectif sur le reste.
Image

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Vixare » 01 févr. 2009 23:35

A la manière de LimpyChris, je ne peux qu'encourager Pike à continuer :lol: Et aussi tous ceux qui ont eu la chance de vivre la sortie ciné de Shane alors qu'il n'étaient pas beaucoup plus grands que Jacky. A la manière de Pike comment avez-vous vécu ça ? J'imagine que ça doit etre assez troublant pour un enfant.
Pour ma part j'ai un peu de mal avec Shane, paradoxalement peut-être un peu moins avec Pale Rider qui me parle plus, mais le côté mythique reste le même ...
" Leboeuf j'te conseille de pas te trouver sur ma route ou tu t'rendras compte que j'suis pas encore fini et que j'ai encore une bonne dose de dynamite dans les poings !"

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar chip » 02 févr. 2009 9:10

George Stevens porté aux nues dans son pays , snobé en France, dans les deux cas c'est excessif, mais "Shane" et " a place in the sun" sont de GRANDS films et Ladd dans "Shane" est tout bonnement fascinant, quoique très éloigné du personnage créé par Jack Schaefer.
Bien avant de voir le film, le roman que j'avais lu à l'âge de 13 ou 14 ans (bibliothèque verte, je l'ai encore) m'avait fortement impressionné, le film , je ne l'ai découvert que deux plus tard.

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Tecumseh » 02 févr. 2009 10:05

J'ai une affection très particulière pour Shane, ce fut d'ailleurs mon premier achat de dvd Z1.

Je me souviens encore d'un passage télé qui m'avait marqué à l'époque, et je ne devais pas être le seul car comme le dis Pike, dès le lendemain le film était rejoué dans la cour de l'école. Autre souvenir fort, les larmes de mon petit frère à la fin du film et je me rappelle avoir dû inventer le soir une histoire pour que Shane revienne........

Dans mon cas, ce film reste fortement ancré à la magie de l'enfance.
ImageImageImage

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Pike BISHOP » 02 févr. 2009 12:20

Difficile de réaliser ce qu'était une séance de cinéma des années 50. On en a une représentation minimaliste avec "La dernière séance"
de Monsieur Eddy, cela ressemblait plutôt chez moi à "Cinéma PARADISO" ou la séance de "FELLINI ROMA"....
NICE était certainement la ville la plus cinéphile de France (pendant la guerre, pratiquement toute la profession s'était réfugiée sur la côte d'azur
et travaillait à la Victorine, studios de Nice).. Proportionnellement à la population, il y avait environ 70 salles à Nice peut-être plus...Plus qu'à Paris.
Il y avait les grandes salles d'exclusivités avec 4 voire 5 séances à horaires fixes, les "permanents" qui passaient en boucle de 10 H du matin à 24 H
les salles de quartier qui changeaient 2 à 3 fois de programme dans la semaine...un film tous les soirs de la semaine..le film du jeudi (c'était le jour sans école)
pour les gosse et le programme du week end après-midis et soirées à 21 H...A cela il fallait ajouter les salles associatives et paroissiales ...
Deux ou trois salles étaient plus spécialement ouvertes à un public US, la 6° flotte avait sa base à coté à VILLEFRANCHE, L'armée de l'air atterrissait à NICE
la ville était toujours pleine de "popeyes" de GIs et de PM...Les films étaient en VO et des fois sous-titrés, mais étaient souvent différents des circuits français...
Le problème des salles pour les yankees, c'est qu'ils parlaient, hurlaient, fumaient pendant toute la séance...
Dans cette masse de films hebdomadaires il y avait bien 10 à 20 westerns toutes les semaines...
"L'HOMME DES VALLEES PERDUES" est sorti dans des salles d'exclusivité et a eu tout de suite un énorme succès.. Tous les cinémas étaient pratiquement complets
à toutes les séances.. Dans les permanents on pouvait rester plusieurs séances d'affilée, mais quand les files d'attente se faisaient trop grandes, les directeurs de
salle et les ouvreuses chassaient les numéros trop anciens des billets pour faire de la place, et les petits resquilleurs...
CHIP m'a rappelé le roman paru en bibliothèque verte (je pensais rouge et or, mais c'était bien la verte) certainement expurgé pour la jeunesse...
Mais à la sortie du film, toute une presse en parlait..Le journal de TINTIN avait sorti un encarté spécial avec le film raconté en images, à ma connaissance c'est
la seule fois que ça a eu lieu..Toute la presse BD spécialisé cow-boy (Far-West de Marijac..) en parlait... et même plus tard nous avons eu la surprise de
découvrir un album LUCKY LUKE inédit dans SPIROU (en fait paru dans Le MOUSTIQUE en Belgique mais nous ne pouvions le savoir) PHIL DEFER (Le faucheux...
certainement pour "La faucheuse") dans lequel le gentil LUKE abattait de sang froid le tueur alors qu'il enfilait ses gants... Le Tueur c'était WILSON (PALANCE)
et pour que MORRIS veuille le tuer, fallait qu'il l'ait marqué et qu'il en éprouve une sacré répulsion (jamais plus LL n'a tué dans ses BD)
Mes parents ont du m'amener voir "SHANE" un samedi soir sur l'Avenue, dans un grand cinéma..Bien que nous nous y soyons pris à l'avance, la file d'attente
était déjà considérable... Nous avons fini au balcons du ciné, mes parents n'y allaient jamais, ma mère disait qu'elle avait peur que trop enthousiaste je
passe par dessus la rampe, mais en fait c'était parce que c'était plus cher qu' à l' orchestre et qu'on ne roulait pas sur l'or...
Le cinémascope n'était pas encore arrivé, mais l'image (focale qui rapprochait les montagnes, et faisait croire à une vallée encaissée, alors qu'on est dans
une immense plaine) superbe, enveloppée de la musique (un poil redondante) de Victor Young m'emmenaient déjà très loin dans l'Ouest sauvage...
Un début à la "JODY et le FAON" puis l'apparition du Chevalier Blanc....
Pour que mes parents m'aient payé la séance dans un cinéma cher.. puis le "LUCY LUKE" (que j'ai toujours !!) un album BD même souple.. c'était une rareté
à l'époque et ça coûtait cher.. fallait que j'eusse bien travaillé à l'école et que le film m'ait drôlement plu pour qu'on m'offre tout ça !!!!
Bon, voilà.. On va pas faire "les souvenirs de Papy Pike" plus longtemps... Faut rentrer dans le lard du film maintenant....
Je pense que tous les gosses l'ont vu avec les yeux de JOEY(Jacky) sans réaliser que l'étranger qu'ils admiraient risquer de briser ce foyer....
Mais dans la cour de récré, ils se prenaient tous pour Alan LADD...
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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar chip » 02 févr. 2009 12:53

Comme a dit Martin Scorsese " ceux qui ont connu le cinéma des années 50 n'en sont pas encore revenus"

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Vin » 02 févr. 2009 12:54

Joli moment d'émotion,Pike. :wink:
La seule chose qui me raccroche vraiment à Nice, que je connais mal, c'est Dick Rivers...

On avait aussi une base ricaine, une aérienne, dans le coin de Chinon, où j'allais (déjà) le week-end et en vacances, mais pas trop de cinés.Alors, on était plutôt musique, avec les GI's, et putain que j'en ai découvert des rockers en 45T importés direct..
Jusqu'à ce que le Grand Charles mette un terme à la plaisanterie..
:(

Bon , stop à l'émotion, on va y aller de notre larme..

Revenons à Shane...

Vous savez que vous m'inquiétez tous énormément! Quoi, vous voyez un film, et le lendemain, hop, crac dans la cour de l'école.
Je tremble quand j'imagine ce qui s'est passé lors de la sortie d'Emmanuelle alors!
:mrgreen:

(Pirouette, bye bye) :sm32:
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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar edocle » 02 févr. 2009 13:48

Pike BISHOP a écrit :Mais dans celui là, les coups de feu claquaient fort, un homme abattu à bout portant faisait un bond en arrière de 3 M... Les coups de poings laissaient des marques.. On y croyait dur comme fer...

Certain qualifiait ainsi le western spaghetti...
En serait-ce un ??? :lol: :lol:
Amicalement E.
:beer1: :beer1:
Quand les colts fument ... on l' appelle Cimetière !

" Quelque soit la couleur de la peau, le sang est rouge pour tous !"
(Au-delà de la haine de Alessandro SANTINI - 1972)

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar chip » 02 févr. 2009 14:36

Revu récemment "l'homme des vallées perdues " m'a fait penser et cela peut paraître bizarre à " Théorème" de Pasolini....On devine qu'après le passage de Shane, la vie et les gens de la vallée ne seront plus tout à fait les mêmes, à commencer par le couple qui l'a hébergé et surtout Joey dont il difficile encore aujourd'hui de ne pas entendre son cri d'appel: " Shane, Shane , reviens..." et la silhouette de Ladd blessé partant mourir à l'abri des regards.
Un film vu à travers le regard d'un enfant, un film rêvé.

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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar Pike BISHOP » 02 févr. 2009 15:06

chip a écrit : " m'a fait penser et cela peut paraître bizarre à " Théorème" de Pasolini

J'en ai parlé au sujet de "PALE RIDER" où c'est encore plus flagrant...
"SHANE" devait avoir des prémisses de film Italien, mais pas du genre de ceux d'Edocle :beer1:

On en parlera plus tard, mais "l'ange" ou le "chevalier pâle" n'est en fait qu'un tueur(ou gunman au moins) dans l'errance,
qu'il aille mourir ou pas à la fin, il s'est placé lui-même de part sa "profession" hors du monde, hors du bonheur (?) tranquille
de la société paysanne qu'il traverse...Morale puritaine ou pas, il doit payer pour ses actes passés , il aller si ce n'est vers
l'au-delà, vers le pays du renoncement...
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Re: L'hommes des vallées perdues - Shane - 1953 - Georges Stevens

Messagepar musselshell » 02 févr. 2009 15:56

Le regard de Joey est celui de l'enfant qu'il était, mais qu'il n'est plus...et Stevens travaille très bien là dessus, sans pour autant jouer d'une voix off qui aurait alourdi l'ensemble. Joey est le premier à voir Shane, et aussi le dernier. Les scènes dont il est le témoin ne sont pas toujours, stricto sensu, regardées de son point de vue ...mais plutôt signalées comme telles par Stevens, qui montre la présence du môme, mais ne construit pas toujours le cadre, ni ne fait écrire les dialogues, en fonction de ce qu'il interpréterait...Le monde des adultes existe en dehors du regard de Joey. Evidemment les scènes dans lesquelles il est absent, mais aussi les scènes clés autour des Starrett...Stevens lie admirablement tout çà...Les minutes qui suivent le combat entre Shane et Joe sont à cet égard assez révélatrices :

Marian: Didn’t you say you were through with gun-fighting?
Shane: I changed my mind.
Marian (presqu’en chuchotant): Are you doing this just for me?
Shane (respectueusement): For you, Marion - for Joe - and little Joe.
Marian: Then we'll never see you again?
Shane: Never's a long time, ma'am. Tell him, tell him I was sorry.
Marian: No need to tell him that.


Là, Marian s’approche, et le visage de Jean Arthur en dit long...

Joey : Mum !

Il n’y aura pas ne serait-ce qu’un baiser…
Et c’est finalement plus fort, là, que ce que fera Eastwood dans Pale Rider…si vous voyez ce que je veux dire.
La poésie du film doit beaucoup à çà, à ce qui aurait pu être mais n’a pas été, au fait qu’ il n’y a là dedans ni bien, ni mal . Que le bien de l’un aurait été le mal de l’autre, et vice versa. Qu’il faut donc que quelqu’un, toujours quelque part, renonce.

Le «That’s my kind of game Joe, maybe you ‘re a match for Ryker, but you’re no match for Wilson » de Shane à Joe ... sort de ses lèvres au moment où il a compris que Marian attendait çà de lui, tout en le redoutant...

Le triangle amoureux est là, à mon avis, plus subtilement "humain" (faible, contradictoire, sans solutions…) que dans Pale Rider…

Bref, c'est pour dire qu'en dehors de la dimension "western", il se passe d'autres choses dans le film...qui ne sont pas pour rien dans sa façon de perdurer... :sm32:
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.



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