Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

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Vin
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Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Vin » 04 nov. 2008 17:15

Les Cheyennes (Cheyenne Autumn) est un film américain réalisé par John Ford, sorti en 1964.

Depuis leur reddition, les Cheyennes végètent dans une région aride de l'Oklahoma, une réserve administrée par le bureau des affaires indiennes. La population souffre d'un défaut de vivres et de soins pourtant assurés par l'accord conclu. A force de promesses non tenues, les cheyennes décident de fuir pour rejoindre leurs terres dans le Dakota. Ils entament alors un long périple à travers le pays, traqués par l'armée américaine.

Fiche technique
Titre : Les Cheyennes
Titre original : Cheyenne Autumn
Réalisation : John Ford
Scénario : James R. Webb d'après le roman de Mari Sandoz, et celui, non crédité au générique, de Howard Fast intitulé The Last Frontier, racontant des faits véridiques
Production : John Ford et Bernard Smith
Société de production : Warner Bros. Pictures
Musique : Alex North
Photographie : William H. Clothier
Montage : Otho Lovering
Décors : Darrell Silvera
Maquillage : Norman Pringle
Pays d'origine : États-Unis
Format : Couleurs - 2,20:1 - Mono - 35mm
Le film a été tourné à l'origine en panavision 70mm et son stéréo.
Genre : Western
Durée : 154 minutes
Date de sortie : 3 octobre 1964

Distribution
Richard Widmark : Capitaine Thomas Archer
Carroll Baker : Deborah Wright
Sal Mineo : Red Shirt
Dolores del Rio : Spanish Woman
Ricardo Montalban : Little Wolf
Gilbert Roland : Dull Knife
Patrick Wayne : Lieutenant Scott
Mike Mazurki : Sergent Stanislaus Wichowsky
Karl Malden : Capitaine Oskar Wessels
James Stewart : Wyatt Earp
Arthur Kennedy : Doc Holliday
Elizabeth Allen : Miss Plantagenet
John Carradine : Jeff Blair
Edward G. Robinson : Carl Schurz
George O'Brien : Major Braden
Sean McClory : Docteur O'Carberry
Judson Pratt : Le maire Dog Kelly
Victor Jory : Tall Tree

Les Cheyennes est le dernier western réalisé par John Ford.

A vous de jouer!
Modifié en dernier par Vin le 04 nov. 2008 17:32, modifié 1 fois.
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Longway
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Longway » 04 nov. 2008 17:27

Juste une petite remarque pour la fiche technique. A rajouter si possible.
Le film a été tourné à l'origine en panavision 70mm et son stéréo. Je l'ai vu tel quel lors de sa sortie en France en 1965.

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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Vin » 04 nov. 2008 17:31

Merci. :wink:
Je l'édite dans la fiche.
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Vin » 04 nov. 2008 17:38

Allez tiens, j'ouvre le bal par un des aspects du film, et non pas une critique d'ensemble.

Il s'agit de la scène avec Jimmy Stewart.


"Patrick Brion souligne que la très longue séquence de Dodge City qui apparait comme un moment de pittoresque détente et tranche avec la gravité du film, est loin d'être inutile. Elle montre au contraire comment les Indiens pouvaient souffrir et sembler déjà anachroniques dans une Amérique en pleine mutation."(citation).

Pour ma part, je ne partage pas cet avis.
Si je comprend bien ce que veut dire Brion, je trouve par contre que la scène alourdit le film, le rend burlesque alors que le propos est sérieux.

S'agit-il d'un choix fordien volontaire afin de "détendre" le spectateur?
D'un clin d'oeil à un genre western plus classique?
D'un hommage à Jimmy?
D'une réflexion un peu désabusée de Jonh Ford sur le déclin de l'Ouest?
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar musselshell » 04 nov. 2008 17:47

Je vais répéter ce que j'ai déjà écrit il y a un peu plus d'un an: Cheyenne Autumn n'est pas un grand Ford...Les images sont trop belles vu le propos, qui aurait pu s'illustrer plus âprement, le rythme trop contemplatif (au point où on se demande si c'était si voulu que çà...), les protagonistes essentiellement conçus pour, qu'au bout du compte, l'Amérique n'ait pas trop mauvaise conscience...On a là un beau livre d'images, trop obstensiblement "remingtoniennes" pour qu'on puisse comprendre, s'identifier, compatir...Un peu vaines, pour tout dire, même si c'est dur d'écrire un truc comme çà...
Au point où l'intermède à Dodge City, que d'aucuns jugent inutile et inconséquent, me parait le seul moment où ça vit un peu, hors imagerie ou bons sentiments...
Ford a eu du mal avec ses vélléités de rétablissement de la vérité, avec l' anti -racisme d'une façon plus générale. C'est beaucoup plus efficace dans the Searchers, où il dépeint au combien subtilement les préjugés du monde blanc, en les ressituant ds le contexte texan, en peignant l'Indien (l'autre) en creux, à distance...Dans Cheyenne Autumn, ça ne passe pas...On reviendra là dessus.
Surtout qu'on a le droit de ne pas être d'accord...

Joli petit coup de dé, ami Vin. :beer1:
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Pike BISHOP » 04 nov. 2008 17:48

On va commencer par les exclus du générique ;
D'abord HOWARD FAST auteur du roman "THE LAST FRONTIER" sur lequel s'appuie en majorité le film
Roman proche des faits historiques, même de l'épisode controversé de Dodge-City, mettant en héros une
"conscience" US, un capitaine honteux d'accomplir son devoir....
Problème Howard FAST avait été communiste, emprisonné et bien qu'auteur de l'oscarisé "SPARTACUS"
Les WARNER ne voulaient pas en entendre parler.. John FORD s'est alors appuyé sur un roman semblable
de MARI SANDOZ " The CHEYENNES" qui racontait à peu près la même histoire sur un ton plus romanesque
Il en avait acquit les droits pour 10 000 dollars... FAST fut floué, bien que le film s'appuie à 75 % sur son
oeuvre et le reste sur le roman de SANDOZ... On lui fit savoir que ce qu'il racontait était historique
et donc du domaine public !!
Autre floué le propre fils de FORD, PAT qui a travaillé des années sur le scénario d'après FAST...
En conflit avec son père, il ne s'est fait payer que 10 000 $ aussi et supervisa les scènes de cavalerie
La WARNER engagea J.WEBB pour 100 000$ et une participation aux bénéfices pour qu'il remanie le script.
Autres absents BEN JOHNSON et HARRY CAREY jr qui recomposent le duo de cavaliers de "RIO GRANDE"
FORD avait tenu à l'écart BEN avec qui il s'était fâché une dizaine d'années avant.. Là BEN rentrait en grâces
mais FORD ne lui donnait ni à lui, ni à son pote HARRY des rôles titrés.. Ils changent de noms tout le long
du film.. SMITH, MURPHY..ect.. et ne seront pas crédités au générique...
ça ne commençait pas sous les meilleurs hospices !!!
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar musselshell » 04 nov. 2008 18:09

Soyons prosaïques: Ford commencait à être fatigué. De toute évidence, le film n'est pas "tenu", si tenir un film est autre chose que savoir filmer des colonnes de cavaliers, où des Navajos (pardon, des Cheyennes) hiératiques, épuisés et dignes attendant les rations distribuées par l'armée...Toutes ces scènes sont belles, c'est bien le moins, mais il n'y a pas de rythme, pas d'inventivité de montage, pas de ligne réelle...La comparaison est cruelle avec TMWSLV, deux ans plus tôt, où papy est sur l'un des sommets de son art. Pourtant, le roman de Dorothy Johnson était loin de pouvoir laisser envisager un tel film...et ce ne sont ni Bellah ni Goldbeck qui en ont fait ce qu'il est...mais bien le traitement du réalisateur.
A partir du bouquin de Sandoz, il était possible de faire autre chose. Le roman, sommes toutes mineur, est même plus poignant que le film! Personne n'aurait l'idée de dire un truc pareil de celui de D. Johnson!
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.

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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Vin » 04 nov. 2008 18:21

Je comprend ce que tu veux dire, du moins je le pense,Musselshell.
Un point me taraude toujours dans ce film...Et si Le rôle de Richard Widmark avait été interprété par le Duke? (mettons de côté le fait que Jonh Wayne aurait été trop âgé pour le rôle).

Ce que je veux dire par là, c'est que Widmark n'est pas vraiment un homme de décisions dans le film (scénario) mais que de plus sa façon de le jouer, toujours un peu hésitant, rend cette posture un peu pénible.

Dans Les Cheyennes, Widmark est en fait entraîné par les événements, il ne pèse quasiment jamais dessus.

Seule sa décision d'aller rendre visite au secrétaire d'Etat est un acte volontaire, mais celà sent le "coup" arrangé pour passer la ficelle de la fin.

J'aime beaucoup le blond ricanant, mais j'aime à penser à un acteur moins indécis dans le rôle principal de ce film-là.
Par contre, le reste de la distribution me va vraiment bien, les frères ennemis cheyennes en tête (Ricardo Montalban et
Gilbert Roland) , mais aussi un très bon Malden (comme d'habitude).
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Pike BISHOP » 04 nov. 2008 18:34

On va pas reprocher à FORD de faire de la "Belle image"
Il fait ce qu'il a toujours fait, le problème est qu'il vieillit, qu'il a ses tics
et que pas mal de gens interfèrent sur ce tournage et lui qui ne cédait jamais
commence à dire amen à Bernard Smith, à Jack Warner qui lui mettent à
disposition un budget confortable, des caméras 70 mm, une durèe de film prévue 3H...
Il s'appuie sur un scénario boiteux, mais pour la forme il reste fidèle à ce qu'il a
toujours fait, de superbes images de Monument Valley.. Un camp militaire de tentes
qui est exactement le même que celui de "Stage Coach" (les premiers plans) et qui
était déjà dans "IRON HORSE"..
Il représente ses Cheyennes hiératiques et minéraux comme il a toujours fait, mais ils ne sont
pas en grande tenue.. Ce sont bien des clodos, pour les mieux vétus en salopettes, qui viennent
demander leur bouffe !!! Pour la forme, je n'y voit à redire que ce qu'il a dit lui-même
"on lui a imposé des mexicains pour jouer ses premiers rôles de cheyennes (excepté JORY)"
moi, je trouvent qu'ils s'en sortent assez bien (MINEO en fait un peu beaucoup)
Je suis beaucoup plus rétif quand je les entends parler Navajo !! D'où vient cette stupidité ?
L'armée est la même que dans ses précédents, les illusions en moins, la honte en plus.
Les "va-t'en guerre" (Pat WAYNE, O'BRIEN) se prennent vite leur gifle...
Je tique sur WIDMARK, toujours aussi bon, mais dans un rôle en prolongement de "TWO RODE
TOGETHER" Beaucoup trop âgé, pour jouer les jeunes officiers célibataires... Ceci dit, il aurait
eu John WAYNE, il avait l'autorité, mais un papy quand même...
Je trouve que pour la première partie, tout va bien, c'est lent, c'est hiératique, dramatique
on est dans la bonne tragédie... c'est à partir de DODGE CITY (et je ne suis pas si contre...)
que ça part en live !!!
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar musselshell » 04 nov. 2008 18:45

Vin a écrit :Je comprend ce que tu veux dire, du moins je le pense,Musselshell.
Un point me taraude toujours dans ce film...Et si Le rôle de Richard Widmark avait été interprété par le Duke? (mettons de côté le fait que Jonh Wayne aurait été trop âgé pour le rôle).

Ce que je veux dire par là, c'est que Widmark n'est pas vraiment un homme de décisions dans le film (scénario) mais que de plus sa façon de le jouer, toujours un peu hésitant, rend cette posture un peu pénible.

Dans Les Cheyennes, Widmark est en fait entraîné par les événements, il ne pèse quasiment jamais dessus.

Seule sa décision d'aller rendre visite au secrétaire d'Etat est un acte volontaire, mais celà sent le "coup" arrangé pour passer la ficelle de la fin.

J'aime beaucoup le blond ricanant, mais j'aime à penser à un acteur moins indécis dans le rôle principal de ce film-là.
Par contre, le reste de la distribution me va vraiment bien, les frères ennemis cheyennes en tête (Ricardo Montalban et
Gilbert Roland) , mais aussi un très bon Malden (comme d'habitude).


C'est vrai que Widmark est balladé par les évènements. Mais pourquoi pas...dans le contexte de l'époque, un caractère fort qui aurait voulu, au sein de l'armée, modérer ou s'opposer au cours des choses aurait eu bien peu de chances, voir aucune...Les autres acteurs: Caroll Baker ne joue pas mal...mais son personnage emblématise tant la bonne conscience possible qu'elle en est dérangeante. Edward G Robinson ds le rôle du Secretaire d'Etat? là encore, rien à dire contre l'acteur, mais plutôt contre ce qu'on lui fait endosser (la fameuse interrogation du portrait de Lincoln...avant que tout ce beau monde ne se réconcilie en pleine nature, c'est trop), Karl Malden en officier obtus est impeccable...mais là encore, son absence totale d'empathie concourre au dédouanement du reste...Les acteurs ne sont pas responsables, encore une fois, du semi-échec du film...Car ils emblématisent plus qu'ils ne campent, victimes de l'absence d'un véritable point de vue...Et sans point de vue, Ford n'est pas Ford. Et il ne s'agit pas ici de regretter quelque chose de net ou de tranché...Un point de vue s'accomode encore mieux de la conscience de la complexité...Cette dernière peut aller jusqu'à le constituer! Là aussi, c'est raté...
Ceci dit...Papy n'était pas mort. En 1966, il finit sur un chef d'oeuvre...
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Pike BISHOP » 04 nov. 2008 19:08

J'aimerai qu'on ne cavale pas si vite vers la fin (+ ou - catastrophique) et vers les interprétations
de ROBINSON et MALDEN... Il y a pas mal à dire sur le début.. Une belle controverse sur le milieu
et on peut se déchaîner sur la deuxième partie, avec ses temps forts, très forts (Fort ROBINSON)
et faibles (le final)...
Pour en revenir à WIDMARK, au début, malgré sa révolte intérieure, ce n'est qu'un officier subalterne
aux ordres... De plus , même si ils les estime, c'est un ancien combattant d'indiens.. Tant qu'il peut
le faire, il obéit aux ordres et quand son commandant taré se fait stupidement abattre, il reste tant
que possible dans le respect du règlement.. Le problème est le fait du scénario qui ne focalise ni sur
ses atermoiements de conscience, et n'en fait pas le personnage central, ni qui se concentre sur les
Cheyennes.. Le fait de sauter des uns aux autres déstabilise la narration.
Autre "romanesque à la Hollywood" la love story avec la quaker...
D'avoir mis en rivalité les deux fils du chef ( en réalité DULL KNIFE et LITTLE WOOLF n'étaient pas
parents, mais chefs de 2 tribus différentes) et le triangle adultère avec Sal MINEO...
Est-ce que tout ça apporte beaucoup à la tragédie des Cheyennes ?
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Vin » 04 nov. 2008 19:22

Pour la tribu cheyenne, en fait Ford n'a pas grand chose à nous dire..Je n'ai jamais été convaincu de l'amour que pouvait porter Ford aux indiens.
Comme il ne s'intéresse dans le film que de très très loin au mode de vie, aux croyances, au quotidien des cheyennes, il nous colle une petite histoire d'amour assez peu crédible entre Mineo et l'une des épouses de Montalban.
Celà meuble, et je suppose que dans son esprit, celà devait rendre ses indiens plus "humains".

Encore une fois, il nous fait un coup que je n'aime guère chez lui en général > la femme évoluée de la tribu, celle qui peut parler avec les blancs (sauf les deux frères) et bien celle-là, hop, on la nomme "femme espagnole" (du moins dans la version VF, je n'ai pas vu la VO depuis très longtemps.

On aime les indiens, mais on reste sur sa réserve (je sais, elle est nulle) : un indien évolué a quelque chose de blanc...
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar musselshell » 04 nov. 2008 19:28

Tiens...sur le début justement. Pas l'attente des Cheyennes, mais le trio institutrice quaker/petits Cheyennes/officier de cavalerie ennamouré...Tout est là: la patience, la beauté, le dévouement d'une part, les petits apprenants bien mignons (qui bientôt ne pourront plus aller à l'école)...et la déclaration sur le tableau noir. Mine de rien, ça ne part pas très bien, c'est pas encore rédhibitoire, mais la crainte s'installe. On peut concevoir l'idylle amoureuse comme indispensable à la convention, bien sûr...mais alors regardons ce que Ford a su en faire dans Young Mister Lincoln, où ce n'était pas le sujet du film (quoique...), rien d'approchant ici...Les enfants et l'école: les parents les retireront, mais eux aiment bien leur institutrice...pourquoi pas, encore une fois...mais quelque chose sonne faux, sonne conventionnel, sonne "bons sentiments"...encore affaire de traitement!
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Pike BISHOP » 05 nov. 2008 10:46

Je ne pense pas que FORD ait eu un désintérêt de l'indien américain, il l'a mieux représenté en tant
qu'ennemi du pionnier, que en martyr de la colonisation...
Bien sûr, il le fait avec sa vision d'homme blanc, un poil condescendant !! C'était il y a plus de 40 ans
Pas question de faire parler les indiens leur langue et sous-titrer, aucun spectateur n'aurait suivi...
Ford n'a pas osé, pas voulu, pas eu la matière, pas passé les directives des producteurs pour approcher
l'indien de manière plus naturelle comme l'auraient et l'ont fait DAVES et WELLMAN...
Il n'empêche, malgré ces scènes assez ridicules où MONTALBAN, ROLAND ou Dolores DEL RIO (Spanish Woman)
parlent avec "les mots des blancs" qu'il magnifie toujours ses Cheyennes ("SES" navajos !!) même dans la misère
ils posent, immuables, fiers à en mourir, il les filme la plupart de temps en contre plongée, les grandissant
jamais en plongée, les écrasant...
Bien sûr, c'est la vision du blanc, le film fait par les indiens et montrant leur point de vue n'est pas encore
réalisé à ce jour (malgré COSTNER et tout ce qui a suivi)...
Dès le générique et toutes ces vues sur une sculpture qui évoque REMINGTON ou RUSSELL, magnifiées par le
concerto lent et ample de Axel NORTH (qui est plus adepte des musiques dissonantes), ce sont des visions
du blanc américain sur son prédécesseur sur la terre américaine... Paternaliste soit, méprisante jamais.
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Re: Les Cheyennes- Cheyenne Autumn-1964- John Ford

Messagepar Vin » 05 nov. 2008 12:42

Je ne sais pas...
Pour moi, Ford (que j'adore pour d'autres raisons) n'a jamais été réellement un "ami" des indiens.
En fait, nous avons deux options:
- soit il l'était, et s'est déjugé seul lors de ses autres films (quelque soit le film, on ne peut qualifier Ford de pro-indien)
- soit il ne l'était pas, ce que je pense, et a fait "Les cheyennes" pour s'autodédouaner.

Citation:

"Je voulais le faire depuis longtemps, précise le cinéaste, j'ai tué plus d'Indiens que Custer, Beecher et Chivington réunis (...) et j'ai voulu montrer ici le point de vue des Indiens, pour une fois ".
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