de Longway le 19 Déc 2007 0:22
Un bel album d'images coloriées, pour petits et grands. Telle pourrait être le dénomination la mieux appropriée.
Ce western raconté sous forme narrative nous livre un des plus bel ode à la nature, tout s'harmonise en un seul élément: le ciel, les prairies, les forêts, les montagnes, et... les humains qui s'y fondent au milieu.
C'est un hymne à un ouest encore inviolé, où l'homme blanc y fait ses premiers pas, à travers des territoires vierges et demeurant inconnus pour lui, où seul l'habitant primitif qu'est l'indien règne encore en maitre absolu.
Cette belle histoire en forme de BD peut séduire toute personne qui garde un coeur de jeunesse, aimant s'égarer dans les immensités sauvages, qu'elles soient menaçantes ou rassurantes, peu importe du moment que l'on trouve ce que l'on vient y chercher.
Flint Mitchell est un trappeur accompli, fier et heureux de vivre dans ce milieu, il ne fuit pas une civilisation qui l'a déçu, il ne recherche pas une impossible issue qui lui permettrait d'atteindre un bonheur inaccessible à ses yeux. A cela il est bien différent de Jeremiah Johnson. La vie solitaire ? Il la refuse ! Il a besoin d'être entouré par d'autres partageant les mêmes valeurs que lui.
La réunion annuelle en est un bon exemple, chacun se retrouve pour parler de ses exploits de chasse, de ses rencontres ( bonnes ou mauvaises ) avec les indiens, le tout rythmé de danses, de beuveries , et de bagarres bon enfant. Comme le dit Musseshell, on n'échappe pas ici à l'image d'Epinal, mais ce film date de 1951, période d'après guerre où l'on avait encore une soif et un droit bien légitime au rêve. William Wellman l'a bien compris et s'en donne à coeur joie dans cette simplicité doublée de sincèrité à nous décrire les évènements majeurs qui jalonnent le film.
Les indiens nous sont montrés dans une mesure que je ne qualifierai pas de juste, mais d'équilibrée: leur fond est pacifique, ils acceptent l'homme blanc, et le respect est mutuel. Les anciens ont trop souffert antérieurement, et la réflexion est une vertue chez eux car ils savent que la guerre ne peut apporter que désolation. Les jeunes au contraire, craignent ( peux t'on les blâmer ? ) l'avancée de l'homme blanc, ce qui est synonyme d'accaparation de leurs terres encestrales. A cela la violence est l'unique issue pour repousser l'intrus. La sagesse de l'ancien ( Ours Intrèpide ) l'emportant finalement sur la fougue aveugle de la jeunesse ( Coeur D'Airain ). Mais que l'ancien meurt, tué stupidement sans raison par un trappeur voulant venger son frère ( ce qui se produit ) et ce fragile équilibre est malheureusement remis en cause.
A cela l'affrontement final entre trappeurs et indiens ( même si l'attaque n'est pas un modèle de crédibilité, mais je le répète la réalisation date de 1951 ) est explicite. La femme de Mitchell qui est indienne est frappée en premier, car elle est le symbole d'une partie de la perte d'identité de la race, et l'enfant né de cette union va plus devenir un blanc qu'un indien ( même s'il est de sang mêlé). Coeur d'Airain l'a bien compris, c'est pour lui l'exemple parfait à ne pas suivre, synonyme de l'extinction progressive de son peuple. Et quand la mule transportant l'enfant s'enfuit affolée par les détonnations, l'occasion est trop belle pour Coeur d'Airain d'éliminer dans sa totalité ce qui est pour lui une transgression à la pureté de la race indienne.
Pour finir, ce western est un message d'espoir. Mitchell voudrait garder son fils avec lui et l'élever comme il l'a été lui même, mais il sait que le monde change, la civilisation le rattrapera tôt ou tard, et une éducation prise suffisament en avance ne pourra qu'aider son fils à trouver sa véritable place dans une société où il sera souvent en déséquilibre du fait de son métissage.