Je commence donc
Je viens en effet de revoir le film ce soir
Dès le début du film le ton est donné "tuer c'est naturel" déclare robert taylor, "mais non ce n'est pas naturel" lui rétorque stewart granger. Mais c'est à un dialogue de sourd auquel nous assistons car taylor n'écoute déjà plus son interlocuteur (il en sera ainsi durant tout le film). Partagé entre une forme de paranoïa et d'arrogance, le personnage de robert taylor (Charlie) se coupe systématiquement des autres. Ce refus de communiquer se double d'une méfiance envers les autres "la paix ce n'est qu'un répit" déclare enfin taylor pour justifier selon lui le fait que tuer est finalement la seule chose qui donne un sens à la vie. Car le paradoxe est bien là : Charlie à besoin de tuer pour donner un sens à sa vie qui n'en à pas. Dans le fond il n'est qu'un bon à rien, un être primaire aux manières grossières, incapable d'aimer ou de faire confiance aux autres. Lorsqu'il rencontre le jeune indien son premier réflexe est de vouloir le tuer, Stewart granger (Sandy) s'y oppose, pour lui il est évident que le jeune homme est inoffensif "ça se lit dans ses yeux "dit-il, mais pour charlie une telle analyse est impossible. Il attrape la femme indienne (debra paget) ou l'enfant par la force mais souffre de voir Sandy s'amuser avec eux.
Arrive ensuite l'épisode du bison blanc qui stigmatise toute la haine de charlie envers les indiens. Pourquoi les indiens au fait ? parce qu'ils sont justement capables de communiquer avec la nature (ainsi que nous le montre de nombreuses scènes du film : offrandes au soleil, prières dans les arbres. Ce lien privilégié avec la nature allié à leur statut d'être non civilisé (thème récurrent du film, lors des rixes en ville) occasionne dans l'esprit de charlie un trouble profond : comment se peut-il que les indiens puissent faire ces choses que lui ne sait pas faire, alors qu'il se considére justement comme leur étant supérieur. Pour chaque indien que charlie tue dans le film il accomplit toujours le même geste : il se penche sur le cadavre et le contemple avec une expression d'incompréhension sur le visage. Charlie n'aime pas ce qu'il ne comprend pas et pas plus qu'il ne comprend les indiens, il n'arrive à comprendre les bisons dont l'utilité lui paraît dérisoire. Il n'aura de cesse d'ailleurs de comparer les premiers aux seconds, et au final dans cette frénésie de meurtre il arrivera jusqu'au point de non retour.
Avec le bison blanc, c'est là que tout bascule, cette croyance indienne va prendre des allures de malédiction. Charlie s'en moque en apparence mais pourtant tout à la fin c'est bien à l'image d'un bison qu'il est confronté devant la grotte dans laquelle sandy à trouvé refuge. Ce n'est pas sur Sandy qu'il tire mais sur le bison. Le bison son ennemi de toujours est finalement celui contre lequel il livre le vrai duel.
Sandy aura finalement été son seul vrai ami, témoin impuissant du combat mental auquel se livre charlie tout au long du film. C'est alors que le parallèle avec Shining de Stanley kubrick me saute alors aux yeux (l'impuissance à créer de l'écrivain jack nicholson et son problème à communiquer avec les autres dés le début du film comme pour taylor, sa lente descente vers la folie magistralement soulignée par les bruits sourds de la machine à écrire et pour taylor par le bruit du tonnerre qu'il confond avec le bruit des bisons, la malédiction indienne dans les deux cas : l'hôtel de Shining construit sur un cimetière indien et le bison blanc pour the last hunt, les flots de sang de l'hôtel et les carcasses des bisons à perte de vue témoigant des deux formes d'extermintaion et enfin la punition finale : tous les deux figés dans la glace pour l'éternité sous la forme d'un totem indien de glace symbolisant un quelconque esprit démoniaque). Kubrick aura sans doute fait un petit clin d’œil en forme d’hommage au film de Richard Brooks.
il faudra que je me penche sur les commentaires de kubrick pour voir s'il nous parle de la derniére chasse
