de musselshell le 04 Mar 2010 8:52
Comme l’a dit Vin, difficile exercice…surtout (essentiellement) si l’on ne veut pas répéter toute la glose suscitée par le film…
Stagecoach est le western classique par excellence. Soit. On a dit çà, on a rien dit. On ne va pas s’amuser à redéfinir ce qu’est un classique . Ou ce que l’on croit être un classique. Il se pourrait bien qu’ici l’arbre (l’idée qu’est devenu le film au fil du temps) cache la forêt…le produit fini lui-même.
Stagecoach est autant un western qu’une métaphore sociale, humaine, éthique. L’illustration par un auteur d’une vision d’un monde en particulier, inscrit dans l’humanité en général. Avec les purs moyens du cinéma,ici celui que Bazin considérerait comme l’ « américain par excellence ». Le film est en effet admirable , en tout premier lieu, par sa mise en scène, qui, toujours, dit quelque chose au-delà de la dimension narrative. Toujours, dans le choix des plans, les fondus, le montage.
Tout est histoire de rencontre, de croisement, de retournement, d’alliance, d’inversion…
Le microcosme de la diligence ne se contente pas d’exister comme superposition scénaristique. Ce lieu d’échange, de méfiance, de répulsion est filmé en fonction de ce que Ford veut en dire. Ce n’est pas un hasard si les plans à l’intérieur de la diligence au départ de Lordsburg sont toujours en diagonale, associent l’un avec l’autre ou choisissent d’isoler. Gatewood avec Dallas puis le même avec Lucy Mallory. C’est l’argent et la morale . L’argent qui recouvre des réalités différentes, la morale qui fait qu’on met dans le même champ (plan) tantôt l’apparence de respectabilité avec une vague respectabilité tout court, tantôt l’argent véreux du pseudo respectable et le corps de celle qui se vendait …Peacock et Boone sont filmés littéralement collés l’un à l’autre : affaires… le whisky bien sûr. Mais aussi l’allure, le nom (toutes ces références à l’ouest et aux archétypes dans ces deux noms – tout le monde se plante en nommant Peacock, jusqu’à le nommer Haycox…Hicock n’est pas loin …Boone le toubib n’est pas Daniel…).
Hatfield en diagonale, mais seul.
Ringo sera plus tard le seul filmé de face.
Derrière cette géométrie se construit un regard.
On assiste à la même chose, plus subtile encore, à l’arrêt de Dry Forks. Car là il faut choisir : faire demi-tour ou continuer. Autour de la table, le jeu de la caméra va révéler les alliances, celles des caractères, celles issues de la naissance…tout en inscrivant dans le décor et les ombres l’idée même de croisée des chemins...qui se retrouvera immédiatement après dans les extérieurs.
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musselshell le 05 Mar 2010 11:28, édité 1 fois.
C'est beaucoup trop 255 caractères. Je renonce à apposer une signature.
Ah...c'est la limite haute...
Je renonce quand même. Je sais pas quoi dire, de toutes façons.